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  • : Solutions politiques (ou + de 400 propositions de réformes politiques...)
  • Solutions politiques (ou + de 400 propositions de réformes politiques...)
  • : Analyses et propositions de réformes politiques institutionnelles, économiques, fiscales, sociales, juridiques, et autres, issues de ma pratique professionnelle et de la vie tout simplement ; pour vraiment changer...
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Sommaire

 

Sélection partiale des derniers articles mis en ligne

Faire-part...

À mes lectrices et lecteurs : avertissements importants !

« Après moi le déluge ! » : constats « navrants » sur plus on sait et plus on est con...

Changer par la loi et pour une « vraie révolution fiscale »... sans sortir de l’Europe...

« La société du spectacle » et « No future », nos seuls avenirs ?...

L’irrésistible progression des souverainistes et des nationalistes : l’horreur absolue... Qui est responsable ?...

Homoparentalité et « mariage pour tous » : de la réalité à la loi...

« Nul ne peut s’enrichir sans cause » : une jurisprudence malheureusement oubliée...

Rapport Gallois et compétitivité... De qui se moque-t-on ?...

« Double contrainte » : 40 ans d’accords internationaux et de lois, qui rendent fou...

La propriété privée et la finitude : des nœuds systémiques centraux...

 

Quelques classiques et textes fondateurs

Imprécis précis de fiscalité… pour en finir avec les « croyances populaires »… si, c’est possible…

(3) - Mises au point et compléments sur la TVA sociale… 

Les dettes publiques : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c’est quoi la pensée virtuelle ?

Histoires de dettes interbancaires : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c'est quoi l'économie virtuelle ?…

Exercises appliqués d’analyse systémique sur la mondialisation et à propos de la décroissance…

À ceux qui prônent un retour au Franc… et aux autres, qui manquent d’arguments pour leur répondre…

(1) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche... (début)

(1) Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur... (début)

(1) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (début)

 

Une toute petite sélection d'articles qui aurait pu figurer sous une rubrique « On ne vous dit pas tout »

Le faux débat sur l'évasion fiscale et les paradis fiscaux...

Solidarités sociales et retraites : ce qu’il faut savoir et ce qu'on ne vous dit pas ou si peu...

Vélib' : problèmes d'arithmétique élémentaires, niveau CM1…

 


Tout les articles publiés (regroupés dans l'ordre de leur parution par catégorie : du plus ancien au plus récent)

  A - Préambules

Introduction et justifications de ce blog

D’où je viens, comment je me situe, philosophie et cadre général des propositions

Petites mises au point pour comprendre la logique de ce blog et des 400 propositions…

 

B - Le programme de réformes

1 - Les institutions

2 - Les institutions

1 - Economie et fiscalité

2 - Economie et fiscalité

Santé, Sécurité Sociale et retraites

1 - Droit du travail

2 - Droit du travail

Formation - Éducation - Recherche

Justice

Emplois

Sécurité et qualité de vie

Europe

Plan de mise en œuvre des propositions

Pour conclure provisoirement

 

D - Anecdotes, réflexions et solutions suggérées

Voirie parisienne : l’honneur perdu de Delanoë qui cautionne l’ayatholisme de Baupin et Contassot

(1) - Déficit de la Sécurité Sociale… mes expériences dans l’univers kafkaïen des services de "santé" (début)

(2) - Déficit de la Sécurité Sociale… mes expériences dans l’univers kafkaïen des services de "santé" (fin)

Violence des cités… : Quand on n’a pas les mots et qu’on a tous les maux, il reste le passage à l’acte violent…

A propos d'éducation - Une lettre à Science & Vie

Médias : leur responsabilité dans l'absence de pensée…

Politique internationale : Attentats du 11 Septembre - Au-delà du bien et du mal, il me manque les mots…

Politique internationale : Combien de temps encore nous ferons-nous la guerre pour les fautes des pères ?

(1) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche… (début)

(2) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche… (fin)

Perversions des systèmes : la démocratie en danger

Nicolas Hulot : l'équation économique insoluble et insolvable…

Quelques problèmes auxquels, je réfléchis sans vraiment trouver de remède pratique…

Un problème qui me pose vraiment problème : la société du spectacle, c'est maintenant…

Suite aux présidentielles : politique-fiction sur le mode de scrutin...

(1) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (début)

(2) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (fin)

(3) - Mises au point et compléments sur la TVA sociale…

(1) - Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur... (début)

(2) - Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur… (fin)

À propos de l’intéressement des salariés aux résultats de l’entreprise…

Pour redonner à la monnaie son équivalence travail et empêcher qu’elle soit gérée comme une marchandise, faut-il éliminer les spéculateurs ?...

Souvenirs d'un vieux con, à propos du féminisme... + Épilogue

Tribune de l'action...

Tribune de l'action : rêvons un peu… avec les banques…

Divagations sur la crise... L'inconscient, cette donnée incontournable oubliée par la politique...

Le faux débat sur l'évasion fiscale et les paradis fiscaux...

Solidarités sociales et retraites : ce qu’il faut savoir et ce qu’on ne vous dit pas ou si peu…

Juste deux ou trois choses qui personnellement me soucient bien plus que l’avenir des retraites !

(1) - Burqa et loi : un débat démocratique entre citoyens - Catherine Kintzler et Incognitototo (début)

(2) - Burqa et loi : un débat démocratique entre citoyens - Catherine Kintzler et Incognitototo (suite et fin ?)

Réchauffement climatique global ou pas ? Religiosité et politique : les Verts et Europe Écologie, la nouvelle secte des béni-oui-oui…

À ceux qui prônent un retour au Franc… et aux autres, qui manquent d’arguments pour leur répondre…

(1) - Euro contre Franc : un débat démocratique entre citoyens - Laurent Pinsolle et Incognitototo (début)

(2) - Euro contre Franc : un débat démocratique entre citoyens - Laurent Pinsolle et Incognitototo (suite et fin ?)

Exercices appliqués d’analyse systémique sur la mondialisation et à propos de la décroissance…

La « lutte des places » : la septicémie de notre démocratie...

Histoires de dettes interbancaires : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c'est quoi l'économie virtuelle ?…

Les dettes publiques : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c’est quoi la pensée virtuelle ?

Imprécis précis de fiscalité… pour en finir avec les « croyances populaires »… si, c’est possible…

La propriété privée et la finitude : des nœuds systémiques centraux...

Tous les extrémistes sont de dangereux malades mentaux...

Sciences et politique : un mauvais mélange... Le cas des réchauffistes...

« Double contrainte » : 40 ans d’accords internationaux et de lois, qui rendent fou...

Rapport Gallois et compétitivité... De qui se moque-t-on ?...

« Nul ne peut s’enrichir sans cause » : une jurisprudence malheureusement oubliée...

Homoparentalité et « mariage pour tous » : de la réalité à la loi...

La politique virtuelle contre « l’économie réelle »...

L’irrésistible progression des souverainistes et des nationalistes : l’horreur absolue... Qui est responsable ?...

« La société du spectacle » et « No future », nos seuls avenirs ?...

Changer par la loi et pour une « vraie révolution fiscale »... sans sortir de l’Europe...

« Après moi le déluge ! » : constats « navrants » sur plus on sait et plus on est con...

 

G - Actualité

Investiture socialiste, quand les vieux gouvernent la France,… étonnant, non ?

A propos de la Démocratie Participative...

Un débat presque oublié… Ou comment choisir notre futur(e) président(e) ?

Tramway parisien, ils persistent et ils signent... et les conneries continuent...

Mon raisonnement à la con pour choisir un Président…

Delanoë menteur et médias complices !!!

Quelques réflexions en vrac sur les résultats du premier tour des présidentielles… et notre système démocratique.

Débat télévisé des présidentiables… le degré zéro de la politique...

Quelques sentiments et idées en vrac, avant la mise en sommeil…

Hommage à Madame Benazir Bhutto…

Constitution européenne : Appels contre le traité de Lisbonne et le déni de démocratie

Edvige, Cristina et tous les autres...

Crise financière mondiale et faillite de la banque Lehman Brothers

Burqa : la liberté et le doute doivent-ils profiter à l’obscurantisme ?… Réflexions et solutions alternatives…

Revue de presse et informations complémentaires sur les retraites…

L’Islande, oubli ou désinformation ?... La révolution, dont (presque) personne ne parle…

Islande, les suites de leur révolution… ou les débats que nous évitons en France…

Mitterrand : l’imposture de la gauche - 10 mai 1981 : la commémoration du deuil de la gauche…

Les dettes souveraines : l’arnaque d’un demi-siècle de mensonges, ou de qui se moque-t-on ?…

11 septembre : la commémoration des amnésiques…

Primaires socialistes : allez-y...

« Votez, pour eux !... »

Croyances et politique : variations et élucubrations sur un second tour...

En vrac...

Compte-rendu d'étape de la présidence Hollande : toujours plus de la même chose : 1 / changement : 0,001

C’est la rentrée... Tous les gens qui s’offusquent de l’incivisme ou de l’immoralité de Bernard Arnault m’emmerdent...

Tribune de l’action : séparer les activités des banques (urgent et important !)... 

Fin de la souveraineté économique des pays et de la démocratie européenne...

À mes lectrices et lecteurs : avertissements importants !

 

E - Émotions, sentiments, humeurs, rires...

Une lettre anonyme que l'INSEE ne recevra pas...

Europe, après la victoire du "non" : les politiques me fatiguent et les journalistes aussi...

Nouvelles cartes grises : carton rouge aux eurocrates qui ont encore frappé très fort…

Quelqu'un connaît-il un descendant de Champollion ? Ou de quoi parlent 2 amis experts-comptables quand ils se rencontrent ?

Insécurité routière... pardonnez-moi, je me défoule...

Je n’ai rien à dire… ou presque…

Lettre à la direction d’un hôpital ou comment sont utilisés nos impôts...

Sarkozy élu… pour partager ma bile… et message(s) à cette gauche atteinte de crétinisme avancé…

Tous derrière Delanoë… pour sauver le monde en plantant des carottes…

Tramway parisien : le bal des cocus continue… et la mascarade passe…

ASSEDIC (et autres) : qui sont les crétins qui écrivent les directives ?...

Une journée dans les bas-fonds de la justice française...

Michel Onfray… Au secours ! La pensée dogmatique et l’ostracisme sont de retour…

Juste pour rire... le langage politique… 

Service des urgences de l’hôpital Tenon : la « honte » de nos services de santé…

Divagations sur le consentement, la sexualité et autres considérations sociales…

Partage d’émotions : quand les humains comprennent ce qui les réunit plus que ce qui les divise...

Une symbolique de 2012 : pour rire jaune… 

Récréation philosophique…

Mes interrogations du moment... ou quand le vide politique ne présage rien de bon...

Nouvelles du « monde du travail » dans la France d’aujourd’hui… interdit au moins de 18 ans…

Nouvelles de la barbarie, de l’individualisme et de l’indifférence…

11 Novembre, hommage et mémoire…

Chine-USA : « Une guerre sans limite »…

Spécial vœux 2012, le temps des bilans… hommage posthume au Diceros bicornis longipes...

"L’Université des Va-nu-pieds", quand les hommes comprennent ce qui les relie…

Faire-part de vie...

Être un homme de gauche, par Alex Métayer...

Le pouvoir des banques, le cas d’école : Goldman Sachs...

Des vœux pour 2014 que je fais miens !...  

Faire-part...

 

  F - Ville de Paris : urbanisme et politique...

Informations sur la catégorie : "Ville de Paris : urbanisme et politique..."

Voirie parisienne : l'honneur perdu de Delanoë qui cautionne l'ayatholisme de Baupin et Contassot

A propos de la Démocratie Participative...

Violence des cités... : Quand on n'a pas les mots et qu'on a tous les maux, il reste le passage à l'acte violent...

Tramway parisien, ils persistent et ils signent... et les conneries continuent...

Delanoë menteur et médias complices !!!

Insécurité routière... pardonnez-moi, je me défoule...

Tous derrière Delanoë… pour sauver le monde en plantant des carottes…

L’Omerta sur Michel Charzat, liste différente de Paris 20ème

Tramway parisien : le bal des cocus continue… et la mascarade passe…

Vélib' : problèmes d'arithmétique élémentaires, niveau CM1…

 

H - Livre d'or des commentaires et autres...

 

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25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 11:00


  
Comment ne pas essayer de comprendre, d'expliquer l'indicible… Pourtant, j'ai beau lire et écouter ce qui se dit sur les évènements de New York et la guerre qui se prépare, rien ne me satisfait. Qui nous dira ce que voulaient ces kamikazes ? Qui nous expliquera comment on peut en arriver là ?
 
Notre monde n'est pas facile à décrypter, parce que sans nous en rendre compte, nous avons depuis longtemps dépassé tous problèmes manichéens, cette conception du monde éminemment relativiste ; les terroristes d'hier deviennent les légitimistes d'aujourd'hui et il devient très compliqué de jeter la première pierre. C'est peut-être d'ailleurs également pour ça que la politique est devenue si plate et consensuelle.
Certainement comme beaucoup de gens, je pressens qu'il ne s'agit plus d'une question de morale, de bien ou de mal, mais je ne sais pas encore nommer de quoi il s'agit.
 
Il y a encore des mots à inventer pour dire et s'expliquer ces funestes chaos dont seuls les "humains" sont capables...
Cependant, une chose reste sûre pour chaque camp, il coexiste toujours deux catégories : ceux qui décident et ceux qui meurent. Ce serait une grave erreur que de croire que ce sont les mêmes motifs qui les animent.
 
Les explications sociopolitiques voudraient nous faire admettre qu'au fond, il ne s'agirait une fois de plus que d'un "simple" problème d'accaparement des richesses ou d'extension de zone d'influence. C'est vrai c'est la propriété qui a engendré les guerres modernes et qui encore aujourd'hui fait que toutes les expériences sociales différentes que j'ai expérimentées ont lamentablement échoué pour cause, entre autres, d'avidité humaine. Mais ces analyses ne me satisfont pas.
Non pas qu'elles soient fausses, non pas qu'elles ne suffiraient pas une fois de plus à auto-légitimer le mépris le plus total des droits et de la vie des populations, mais parce qu'elles ne suffisent pas à donner des solutions ; et si elles ne suffisent pas c'est qu'elles sont incomplètes.
Même ceux qui parlent de haine ne mesurent pas qu'à ce niveau - se suicider en tuant 3 000 personnes – c'est un argument un peu faible, car au fond nous avons dépassé tout entendement humain… la haine est un sentiment humain, elle doit survivre à ses méfaits pour jouir de ses actes ; mourir et tuer pour elle, de sang-froid, c'est faire un pas de plus qui nécessite une conformation d'esprit qui dépasse largement son cadre.
 
L'histoire est pleine de ces déchaînements meurtriers au nom de la raison, de l'idéologie, de la foi, de la loi, … au nom de la certitude que mon monde doit te tuer ou te laisser mourir pour que "je" et ce qui me constitue (ma famille, mes amis, ma civilisation, ma patrie, ma religion, ma propriété, …) puissent vivre.
 
L'Islam est une religion jeune (fondation en l'an 630). Les chrétiens (comme d'autres religions plus anciennes) ont eu leurs "fous de dieu" (les Cathares et autres sectes hétérodoxes), leurs croisades, leur Saint Barthélemy, leurs bûchers et leurs délires obscurantistes meurtriers. A quelques années près, certains islamistes répètent ces errances et la croisade qui se prépare en Afghanistan a tout l'air d'être celle des Albigeois. Malheureusement, les moyens de destruction actuels sont d'une autre envergure qu'il y a quelques siècles et les conséquences d'une escalade de la terreur également… Il y a fort à parier que si les Cathares avaient eu nos moyens de destruction actuels, ils les auraient utilisés sans aucun état d'âme.
 
Pourtant, tous les textes sacrés des religions monothéistes préviennent qu'il n'y a pas de dieu sur terre qui mérite qu'on l'idolâtre ou qu'on agisse en son nom. C'est une interdiction absolue qui a été diversement interprétée par les théologiens de tous bords. Probablement pas par hasard, c'est même un des commandements qui est le plus développé et répété dans la Bible, mais bizarrement (à ce que je connais) également rarement commenté en profondeur par les théologiens. Pourquoi cette insistance des textes sacrés sur ce point précis, si ce n'est pour prévenir l'homme contre une maladie de l'âme qui le conduirait à oublier tous les autres commandements et à déchaîner des forces contre lesquelles aucune raison ne saurait résister. Il s'agit en fait, sous peine de devenir fou, d'une prévention contre le fait que les réalités psychiques ne doivent jamais être transférées dans les actes, ni rechercher des supports réels qui les auto-justifieraient.
J'ai toujours été étonné que la Bible, dans son intégralité, recèle tant d'horreurs. Je me demande aujourd'hui, si elle n'est pas un des premiers mémentos psychiatriques exhaustif de l'âme humaine. Ce qui a été fait "en son nom" après est une autre histoire, comme c'est le cas pour tous les textes, messies et prophètes, qui ont prôné la libération.
Une des "vraies maladies" de l'homme est probablement d'avoir toujours voulu matérialiser en réalités palpables, sa vie et des expériences qui ne devraient être qu'intérieures ; de vouloir confondre sa réalité psychique avec les faits.
Une de mes phrases de réflexion préférée est celle de Paul Watzlawick dans "La réalité de la réalité" qui a écrit : "L'élément le plus meurtrier de l'histoire de l'humanité est sans doute l'illusion d'une réalité "réelle" avec toutes les conséquences qui en découlent logiquement".
 
Après 20 siècles d'histoire, de meurtres et de terreurs en tout genre au nom des certitudes, nous arrivons au nazisme et au stalinisme, à l'industrialisation, la rationalisation et la généralisation de l'horreur.
Au fond, le procès de Nuremberg ne nous a rien appris. Il ne nous a pas assez alerté sur ce dont est capable l'humain qui est placé et éduqué dans des conditions particulières : nous avons oublié un peu vite que la seule défense des bourreaux était de répéter inlassablement "qu'ils n'avaient fait qu'obéir aux ordres". Des ordres considérés comme des commandements absolus et venant d'un "dieu vivant" ; comme le font les schizos qui sont victimes de leurs voix intérieures impérieuses. Est-ce qu'on ne s'est pas trompé de mot en ne voyant dans ces actes que de la haine. Est-ce qu'un psychopathe hait sa victime ? La haïr ce serait déjà lui donner une réalité humaine… La haine pour tuer de sang-froid est un sentiment accessoire ; c'est un prétexte ou une conséquence pas une cause. On a également parlé de folie, sans dire de quelle folie il s'agissait.
Robert Merle (dans "la mort est mon métier") a décrit "l'âme" et les méandres psychiques des bourreaux avec une implacable et terrifiante précision ; Primo Levi (dans "si c'est un homme") a, lui, exploré ceux des victimes. Outre sa souffrance, se plonger dans ces zones obscures de la psyché humaine ne fut pas sans conséquence, il s'est suicidé, malheureusement comme beaucoup d'autres qui ont essayé de témoigner et de comprendre : Walter Benjamin, Stefan Zweig, Paul Celan, Bruno Bettelheim, Jean Améry, … Qui y a-t-il de si désespérément effroyable dans la nature "humaine" ?
 
L'ordre, l'obéissance, le sacrifice de soi et des autres : seraient-elles les valeurs suprêmes, ciment de toutes les civilisations ? Mais encore une fois, distinguons bien ceux qui donnent les ordres de ceux qui les exécutent.
Qui sont ces gens prêts à mourir et à tuer pour des idées ? Ne sont-ils tellement personne qu'ils sont prêts à accepter de devenir un autre ?
Oui, ils sont prêts à devenir un autre pour être enfin quelqu'un. Le problème est qu'ils semblent bloqués alors qu'ils sont adultes, dans un processus psychologique et affectif que tous les enfants du monde doivent subir et dépasser pour s'individualiser et grandir : celui de l'obéissance et d'identification à l'autorité. C'est ainsi que le psychisme se structure, se soumet à la raison, mais également s'individualise, pour en principe au final faire la différence entre moi et l'autre, entre ma vie psychique et la réalité. La crise de l'adolescence marque la sortie de cette dépendance nécessaire et constructive pour devenir quelqu'un. Quand tout cela se passe bien (et c'est assez rare) nous en ressortons avec un sentiment d'intégration des lois sociales, d'être quelqu'un, de vivre et de savoir par nous-mêmes ce qui est bon pour nous.
Malheureusement, la très grande majorité d'entre nous semblent ne jamais devoir terminer ce processus, qui se perpétue de génération en génération. La misère psychique des parents qui se prolonge dans leurs enfants est la plus grande source de malheurs du monde.
Nos modèles de société sont à l'image de ces enfants qui n'ont jamais fini de grandir. Toute notre vie, nous aurons besoin d'un patron, d'une autorité morale, d'un prêtre, d'un chef politique, d'un ami, d'un psy, d'un mari, d'un grand timonier, de la télé, de la police, de la justice et que sais-je encore, pour nous dire qui nous sommes, ce que nous devons faire, sentir et penser. Pour compléter cet atavisme millénaire, la plupart d'entre nous espéreront trouver dans la consommation des biens matériels la reconnaissance de leur existence qu'ils ne trouvent pas en eux-mêmes.
Ces fanatiques qui rejettent notre matérialisme nous dérangent et nous interrogent au plus profond de nos psychoses socialisées autour des "biens de consommation". Ces fanatiques nous affirment que nos démocraties et leur idéologie de liberté nous éloignent de la "vraie" libération ; et d'un certain point de vue c'est vrai pour tous ceux qui confondent le chemin avec le but à atteindre.
 
Le paradoxe et l'utopie constructive de nos démocraties sont de demander aux personnes de prendre en main leur destin, même si des dérives en résultent par ailleurs. Alors même que nous savons qu'une grande majorité de personnes n'atteindront jamais leur "majorité psychique", tous les citoyens majeurs et capables juridiquement ont le droit de vote.
Un des échecs des utopies collectivistes (qui se sont empressées de recréer des idoles) est d'avoir cru qu'on pouvait, en imposant un idéal social, changer des schémas sociaux nécessaires à la structuration psychique et aussi vitaux que le désir de se sentir quelqu'un… Malheureusement, c'est depuis toujours une constante : "Une société, un groupe social, fonctionne toujours au niveau le plus bas, du plus bas de ces membres" (de mémoire dixit Piaget ou Rogers, je ne me rappelle plus).
 
Quand ce processus d'individuation, cette quête psychique fondamentale se double de l'illusion que le sacrifice total de soi et / ou des autres pourra conduire à ce que la figure d'autorité daignera enfin porter un regard d'amour sur le sacrifié, tout devient possible ; même de bafouer le commandement qui ordonne de respecter la vie.
"Etre quelqu'un" est un besoin préalable et nécessaire à la possibilité d'être aimé et d'aimer les autres.
 
Et ceux qui dirigent, qui manipulent ces "presque humains" qui sont-ils ? Il suffit d'entendre et de voir Le Pen sympathiser avec tous les dictateurs du monde, fussent-ils arabes et talibans, pour comprendre tout de suite de quelle engeance ils proviennent. Eux sont paranoïaques, mégalomanes, haineux, eux ont des Œdipe mal digérés, et leur terrain de recrutement préféré se trouve bien chez tous les schizos, hystériques, refoulés sexuels, psychopathes et autres psychotiques qui cherchent désespérément à s'individualiser. Ils agissent comme des sauveurs, en leur proposant de matérialiser leur théâtre psychique et d'abolir ainsi leur souffrance.
De victimes, ils leur proposent de devenir persécuteurs en obéissant à leur sauveur, c'est d'ailleurs une bonne part des mécanismes qui fondent les dérives des religions et des sectes (cela a également été décrit par ailleurs par S. Karpman dans son "triangle dramatique" en analyse transactionnelle).
Bien sûr pour que le "jeu" puisse continuer, ils ne leur proposeront jamais de devenir ce qu'ils sont. Ils ne leur diront jamais que ce jeu est sans issue parce qu'il les enfonce dans une situation paradoxale (obéir à quelqu'un d'autre pour devenir soi-même) et qu'il va chercher à l'extérieur un processus d'individuation qui ne peut être qu'intérieur.
 
Combien sont-ils, sommes-nous, de par le monde, à ne pouvoir vivre sans obéir à des modèles extérieurs ? Nous avons "socialisé" nos comportements, mais les processus sont-ils si différents ? L'engouement, le fanatisme que provoquait un Gandhi est-il si différent de celui qui conduit à obéir à un Ben Laden ? Ces kamikazes sont en tous les cas certainement plus proches de nous dans leurs actes d'idolâtrie et leur façon désespérée de devenir quelqu'un, que voudraient bien nous le laisser croire nos médias intoxiqués. A ce propos nos mises en scène médiatiques ne font que susciter de nouvelles vocations. Grâce à l'imbécillité et à l'ignorance des médias, ces "souffrants" deviennent des "stars" à l'échelle planétaire. A posteriori, cela justifie leur acte de mort narcissique.
Guy Debord nous avait prévenus dans la "société du spectacle" : "Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation". C'est ce que nous vivons aujourd'hui qu'il annonçait : nos existences, nos morts et celles des autres deviendront de plus en plus virtuelles à mesure que les outils de représentation et de communication se développeront… Ce n'est plus le savoir et l'humanité qui, dans l'échelle des valeurs, tiennent la première place, c'est la notoriété ; et nous avons raison de nous faire du souci sur les conséquences terrifiantes de ce changement de paradigme. Tout le monde peut devenir célèbre, même et surtout en faisant un acte insensé ; qui dans "le peuple" admire encore un Pierre-Gilles de Gennes ou un Georges Charpak, qui connaît Claude Cohen-Tannoudji (prix Nobel de physique 1997) ?
L'attentat du World Trade Center est notre punition pour l'insouciance des caméras, des dirigeants et des consciences, qui préfèrent le spectacle à la connaissance, et qui, plus grave, détournent pudiquement leurs objectifs, leurs pensées et leur humanité de tous ceux qui meurent sans nom, tous les jours oubliés.
 
La macabre liste est longue, comme l'a si bien exprimé Gérard Prémel, de toutes ces minutes de silence qui ont été manquées, en mémoire de toutes ces souffrances anonymes et innommées.
 
Pour autant, est-ce qu'on peut tendre l'autre joue si l'autre, aveuglé par sa folie, est tout prêt à nous en mettre une autre ?
Jésus s'est fait crucifier, Gandhi assassiner, Martin Luther King idem et le Tibet est toujours occupé, ... là aussi la liste est longue des absents qu'on souhaiterait encore présents qui ont refusé tout compromis avec la violence.
Alors oui, foutons-leur sur la gueule, mais surtout pas au nom du bien contre le mal. Pour une fois soyons vrais : au nom de mon droit à te survivre, au nom du droit du plus fort sur le plus faible, au nom de mon égoïsme de nanti, au nom du fait que je ne suis pas prêt à te céder quoi que ce soit pour que tu puisses devenir quelqu'un… ta mort m'arrange, elle m'autorise à avoir l'illusion de me croire meilleur.
 
Je comprends mieux aujourd'hui ce proverbe italien que répétait mon père qui a fait la guerre du bon côté de la barrière : "tra la tigna e la rogna bisogna a volte scegliere" (il s'agit de la teigne et de la gale en italien), qu'il traduisait par "entre la peste et le choléra, il faut parfois choisir" ; … mais je continue à le trouver insupportable.
 
Peut-être un jour nos dirigeants et nous-mêmes ou plus probablement nos descendants saurons faire que tous les habitants de la terre deviennent quelqu'un ; même dans l'horreur la plus absolue, on peut toujours rêver…
 
Le 06 / 10 / 2001 - Un citoyen de l'univers
 
Le 07 / 10 / 2001
 
Hasard ou coïncidence : les Etats-Unis commencent les bombardements sur l'Afghanistan…
 

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commentaires

jasmin 25/12/2007 16:07

@ Inco...Argumente...Bin oui. C'est bien joli toutes ces pensées profondes sauf qu'elles sont inapplicables et pas d'actualité  dans la société où on vit.Si on se résigne à "balayer devant sa porte" comme dit M.Martin, ce qui est très honorable, le parvis sera certainement impeccable, mais c'est ailleurs que ça se passe.Et le rouleau compresseur de la Société ne s'arrête pas au parvis des penseurs. Peut-être s'agit-il du rôle que chacun s'attribue : acteur passif ou actif ...?

Incognitototo 26/12/2007 13:57

Ha, c'était donc ça... et pourquoi pas d'actualité ? Si les responsables de tous bords, politiques ou non, voulaient bien pratiquer un peu d'introspection sur leurs vraies motivations, tu sais nous aurions quand même beaucoup moins de cons ou de malhonnêtes aux manettes...Tu as raison "y faut pas rêver"... et non, "oui il faut rêver"... (tu suis toujours ?) c'est quand la pensée du plus grand nombre converge vers un seul but que celui-ci se réalise... Mais bon, là nous sommes dans des espaces métaphysiques qui nous dépassent... alors inutile d'en parler...Le Père Noël existe, il se trouve dans notre pensée... Alors Bonnes Fêtes itou, en espérant que le Père Noël t'aura apporté une couverture chauffante ou un corps "calinorifuge"...

jasmin 25/12/2007 15:53

@ Michel Martin,Eh...non. C'est faux de penser que tu ne me plaîs pas. J'aime te lire et comme Inco nous invite tous à discuter ou débattre sur son blog, je ne me prive pas. En fait, si tu traduis mon exaspération, ma profonde exaspération par "de la souffrance", note que je n'y vois pas d'objection.Comme on n'a pas tous les mêmes sensibilités, on ne peut pas tous ressentir les mêmes émotions. Et c'est tant mieux. Sinon qu'est ce que ce serait em...Quant à ton histoire de "chataignes". je laisse les bogues trop piquantes et blessantes où elles sont, et je me régale de la crème. J'adore ça, surtout sur des crèpes. Merci pour le bisou.Je constate la bêtise et la crétinerie  galopantes et ça me consterne plus que ça ne me fait souffrir aujourd'hui. Mais j'en ai souffert. Ca c'est sûr. Le prix payé est exorbitant.Je pense qu'il s'agit plus de colère que de souffrance.Mon ti'Inco, c'est gentil de me réchauffer, mais je me gèle quand même. Bisous à tous et JOYEUX NOEL !!!!!!!

Michel MARTIN 23/12/2007 17:21

Hé hé, on dirait que Krishnamurti ne fait pas du tout le même effet sur tout le monde! Tant mieux. Moi il me fait un effet terrible, apaisant. Sans me voiler la face, bien au contraire, il m'aide à balayer devant ma porte et je suis directement en phase avec ce qu'il dit. Pour moi, c'est d'ailleurs tout simple, ce qu'il dit: arrête de te prendre le choux et observe sans juger, arrête une minute de gigoter, laisse toi être pénétré du monde extérieur et intérieur, c'est tout. Et toi, Jasmin, t'as pas un truc pour calmer tes colères, ton indignation qui te fait tant souffrir? Et les bisous de Toto? Et le Genièvre d'Infree? Il me semble que tu n'accroches pas trop avec moi. Pas grave, on ne peut pas plaire à tout le monde. Je t'embrasse quand même. J'ai une petite histoire que je me raconte quand je n'accroche pas trop avec quelqu'un. Je me représente les relations comme une bogue de chataigne. Comme ça , je vois les piquants et je vois quand même les chataignes. Et je me dis que moi aussi, je dois faire l'effet d'une bogue de chataigne à celui ou celle à qui je ne plais pas trop. @Toto,Youssef Courbage et Emmanuel Todd, qui sont deux démographes, ont sorti un bouquin qui s'appèle "Le rendez-vous des civilisations" en phase avec certaines affirmations de ton article sur les soubressauts du monde musulman actuel, signe d'une entrée dans la modernité.Rare qu'un livre nous sorte le nez du guidon de l'actu a ce point et nous éclaire autant sur le passé, le présent et, je le crois, sur l'avenir. Le titre est particulièrement bien choisi puisqu'il répond au livre "Le choc des civilisations" qui nous laissait entrevoir un affrontement entre musulmans et "occidentaux". Au contraire, ce livre nous montre, statistiques nombreuses et pertinentes à l'appui, le formidable mouvement vers la modernité de tous les peuples. A la base de cette thèse, l'alphabétisation des hommes, puis des femmes entraîne le contrôle des naissances pour converger vers un taux de fécondité situé entre 1,5 à 2,5 enfants par femme. Les communautés musulmanes, fort diverses, ne montrent aucune spécificité comparées aux autres communautés. Ce mouvement d'alphabétisation et de contrôle des naissances entraîne une remise en question de l'ordre ancien et est propice aux révolutions ou tout au moins à des soubresauts politiques et sociaux. Chaque culture, chaque identité réagit à sa manière, avec son génie propre souvent empreint des anciennes structures familiales, à ce tremblement de terre social. La révolution française, russe, iranienne et bien d'autres en sont des illustrations très bien décortiquées dans le livre.Je ne sais pas si j'ai un lecteur Daemon comme tu dis, je me renseigne.Amitiés à tous.Michel.

jasmin 23/12/2007 10:40

@ Michel Martin...texte très profond...oui, sauf que ce n'est pas vrai. ...Très beau ? BofPourquoi faut-il que ce soit aussi tragique.

Incognitototo 23/12/2007 13:37

Jasmin,Be, pourquoi ce n'est pas vrai ??? Argumente... Mais peut-être que tu veux dire que ce n'est pas encore vrai... et que ce n'est pas demain la veille que l'état de conscience qu'il décrit sera partagé par le plus grand nombre...Pour la beauté, je ne me prononce pas... les goûts et les couleurs...Par contre sur l'aspect tragique... oui... comment veux-tu faire le genre de constat qu'il fait (ou que je fais à travers mon article) sans ressentir à quel point le monde marche sur la tête... et sans savoir que cette folie des hommes les conduira encore et encore à s'entretuer dans 99,99 % des cas, pour des fantasmes...Tu sais le jour où l'humanité prendra conscience de toutes les forces inconscientes qui la régit (et notamment de son besoin de chefs), il n'y aura pas besoin de faire de révolution, la révolution sera faite...Grosses bises chaudes à toi (puisque "tu te les gèles")Toto

Michel MARTIN 23/12/2007 10:24

Bonjour Toto,Le seul personnage que je connaisse qui propose quelque chose de radicalement différent, de radicalement libérateur du connu est Krishnamurti. Il a toujours refusé d'être un quelconque Gourou et a appliqué pour lui son enseignement. Je l'ai découvert quand j'avais un peu moins de 20 ans et je n'ai rien trouvé de mieux depuis pour me "nettoyer l'esprit" que de le relire ou de méditer, l'esprit vide, devant une pièce d'eau. Attention, la perception profonde de ce texte peut être bouleversante, sans blague.L’essence de l’enseignement de Krishnamurti est contenu dans sa déclaration de 1929 où il dit « la Vérité (on peut comprendre "le réel" qui me semble être une meilleure traduction que "vérité" qui a un passif religieux très fort dans notre langue) est un pays sans chemin »."Aucune organisation, aucune foi, nul dogme, prêtre ou rituel, nulle connaissance philosophique ou technique de psychologie ne peuvent y conduire l’homme. Il lui faut la trouver dans le miroir de la relation, par la compréhension du contenu de son propre esprit, par l’observation et non par l’analyse intellectuelle ou la dissection introspective. L’homme s’est construit des images religieuses, politiques ou personnelles, lui procurant un sentiment de sécurité. Celles-ci se manifestent en symboles, idées et croyances. Le fardeau qu’elles constituent domine la pensée de l’homme, ses relations et sa vie quotidienne. Ce sont là les causes de nos difficultés, car, dans chaque relation, elles séparent l’homme de l’homme. Sa perception de la vie est façonnée par les concepts préétablis dans son esprit. Le contenu de sa conscience est cette conscience. Ce contenu est commun à toute l’humanité. L’individualité est le nom, la forme et la culture superficielle que l’homme acquiert au contact de son environnement. La nature unique de l’individu ne réside pas dans cet aspect superficiel, mais dans une liberté totale à l’égard du contenu de la conscience. La liberté n’est pas une réaction ; la liberté n’est pas le choix. C’est la vanité de l’homme qui le pousse à se croire libre par le choix dont il dispose. La liberté est pure observation, sans orientation, sans crainte ni menace de punition, sans récompense. La liberté n’a pas de motif ; la liberté ne se trouve pas au terme de l’évolution de l’homme mais réside dans le premier pas de son existence. C’est dans l’observation que l’on commence à découvrir le manque de liberté. La liberté se trouve dans une attention vigilante et sans choix au cours de notre existence quotidienne. La pensée est temps. La pensée est née de l’expérience, du savoir, inséparables du temps. Le temps est l’ennemi psychologique de l’homme. Notre action est basée sur le savoir et donc sur le temps, ainsi l’homme se trouve toujours esclave du passé. Quand l’homme percevra le mouvement de sa propre conscience il verra la division entre le penseur et la pensée, l’observateur et l’observé, l’expérimentateur et l’expérience. Il découvrira que cette division est une illusion. Alors seulement apparaît la pure observation qui est vision directe, sans aucune ombre provenant du passé. Cette vision pénétrante, hors du temps, produit dans l’esprit un changement profond et radical."Un autre texte très profond et très beau:"Seule l’innocence peut être passionnée. Les innocents ignorent la douleur, la souffrance, même s’ils ont vécu des milliers d’expériences. Ce ne sont pas les expériences qui corrompent l’esprit, mais les traces qu’elles laissent, les résidus, les cicatrices, les souvenirs. Ils s’accumulent, s’entassent les uns sur les autres, c’est alors que commence la souffrance. Cette souffrance, c’est le temps. Le temps ne peut cohabiter avec l’innocence. La passion ne naît pas de la souffrance. La souffrance, c’est l’expérience, l’expérience de la vie quotidienne, cette vie de tortures, de plaisirs éphémères, de peurs et de certitudes. Nul ne peut échapper à ces expériences, mais rien n’oblige à les laisser s’enraciner dans le terreau de notre esprit. Ce sont ces racines qui suscitent les problèmes, les conflits et les luttes incessantes. La seule issue, c’est de mourir chaque jour au jour précédent. Seul un esprit clair peut être passionné. Sans passion, on ne voit ni la brise qui joue dans le feuillage, ni l’eau éclaboussée par le soleil."

Incognitototo 23/12/2007 13:27

Merci Michel,Je connais très bien Krishnamurti... il faisait déjà partie de mes lectures quand j'étais adolescent... Et pour cause, je le percevais comme un anarchiste à sa manière : ni Dieu, ni Maître... et surtout pas lui qui a refusé de devenir un guru, malgré la pression de tous ses adeptes... D'ailleurs, comme tu as pu le remarquer, c'est exactement ce que je développe dans cet article...Au moins, je sais quel cadeau tu recevras pour noël... As-tu un lecteur de fichier ISO genre Daemon ?Amicalement. Toto

Infreequentable 28/02/2007 18:46

Putain de machine ! Je viens de tout perdre...
Je tentais de t'expliquer que j'avais lu ce papier, à une époque où il n'y avait pas de commentaire et où j'avais tout lu ou presque (peut-être dérangé ici ou là par des inopportuns) à la "recherche du fil rouge" de l'ensemble du site.
Or, ce texte navigue entre plusieurs contraires, un vrai slalom, très intelligeamment fait, et que je tentais de remettre en perspective, sans y parvenir tellement, celui là et d'autres, sont riches !
Je constate qu'il est commenté. et j'en suis ravi. Je constate que tu mets le doigt avec infiniment de doigté sur un point que tu ne nommes pas et qui pourtant saute aux yeux tout au long de la lecture (qui est linéaire par nature) : L'homme n'est qu'un animal qui passe son temps à oublier qu'il va mourir !
Un animal de la création, parmi beaucoup d'autres, doté d'un outil époustouflant de destruction qui fait peur, car contrairement à tous les autres animaux, il tue, non pas pour se nourir, mais... pour diverses raisons, que tu nommes, d'ailleurs. Et il est bien le seul !
Pour avoir rencontré et croisé le regard de "tueurs", des vrais, de ceux qui te glacent le sang, que tu en sens tous les poils qui se dressent, je me pose la question de savoir si c'est de l'infantilisme (comme tu le penses à travers le problème de l'indentité), comme tu l'expliques assez bien pour les bourreaux nazis (et tous les autres bourreaux : il suffit de revoir le film "I comme Icard" avec Montand qui s'appuie sur des expériences très réelles du MIT) ou si ce n'est pas autre chose.
Jasmin a-t-elle croisée le regard d'un fauve dans son afrique, qui te regarde comme un tas de viande fraîche ? Sait-elle ce que sait quand tu sais que tu vas mourir "pour être" bouffé comme de la viande et rien d'autre ?
Bref, il y a une raison, forcément, au fait que l'homme est un animal prédateur redoutable. et qu'on ne m'explique pas qu'il s'agit d'une condition de nécessité pour la survie de l'espèce. Nous avons largement dépassé ce stade et concept au 21° siècle : l'espèce n'est pas menaçable autrement que par elle même. Et pour autant elle n'a aucune défense naturelle (ni croc, ni griffe, ni fourrure, ni hampe, ni venin, ni écaille, ni carapace, elle ne vole pas, court lentement, nage gauchement, etc. : nulle ! elle n'a qu'un cerveau, assez limité en plus) !
C'est donc autre chose. Mais quoi ? Divin ? Je n'y crois pas une seconde, tout en remarquant que toutes les religions révélées, (et même les autres pour parler d'harmonie) ont mis le point d'orgue central sur l'amour d'autrui (au minimum le respect d'autrui, même quand t'es goy ou un infidèle...), c'est-à-dire exactement le contraire de son défaut majeur (la haine, la violence gratuite, la morbidité générale)
La réponse ne serait-elle pas dans le cosmos. N'aura-t-on pas besoin de cet instinct là un jour ou l'autre quand nous saurons capables d'aller assez loin pour être confrontés à d'autres fromes de vie encore plus destructrices ?
J'arrête de spéculer... Je n'ai pas de critique à faire, sinon que te trouver dans ce texte relu un des éléments qui te "bloque" aujourd'hui (février 2007) pour aller plus loin (pour nos gosses) : Tu te demandes inconsciement à quoi cela va-t-il bien pouvoir servir ! Qu'est-ce qui va en sortir ? Une autre monstruosité ?
Oui, c'est sûr, peu ou prou. C'est toujours à redouter... A nous d'être intelligent et de faire grandir nos gosses en "homme debout". J'ai reçu (peut-êre) ça en héritage, toi aussi. Alors pourquoi désespérer de l'Humain ! Il est aussi capable du meilleur...
En l'écrivant, tu me fais penser au 5ème élément, le film bourré de symbole (très premier degré, d'accord). Mais je l'ai pris comme un premier pas... Ca oeuvre dans le bon sens.
Bon courage (et excuse moi si je suis un peu provocateur : c'est une façon de nous mettre des coups de pieds au cul !)

jasmin 06/01/2007 19:51

@ Nabu

Les idéologies ont toujours existé. Religieuses, politiques, économiques, philosophiques...elles orchestrent le monde en n'oubliant pas de changer de registre, de pupitre ou de chef d'orchestre.
Et c'est en leur nom qu'on se massacre depuis une éternité sur Terre. Vive la foi !!
Je ne peux pas avoir une vision particulièrement optimiste du fonctionnement de l'Humanité quand on voit ce à quoi on assiste.

La question : voir ou croire ?

nabu 06/01/2007 16:46

Les dictateur passent, les idéologies restent...
Les idéologies et la foie deviennent si importante, qu'elles se suffisent à elles même. Les dictateurs sont inutile maintenant....Ce qui est encore plus inquietant.
si jamais, on ne lit que la moitié d'un texte d'incognitototo, l'on à un sentiment  tres pessimiste sur le monde et surtout sur la capacité de ce dernier à changer. Mais les réponses apportées "pour changer le monde" sont tellement pleines de bon sens, que cela ne peut que nous faire espérer dans un monde meilleur bien que nos années soit comptés.

jasmin 21/12/2006 17:59

Eh bien tu vois.
Les politologues et sociologues observent que les "grands dictateurs" disparaissent les uns derrière les autres, sans pour autant en générer d'autres.
On ne va pas pleurer, ni aller fleurir leurs tombes.
Mais parallèlement, les génocides sont en montée spectaculaires !

Il y a quelque chose qui fait masse, non ?
Bizzz

jasmin 21/12/2006 01:40

Inco,

Ce n'est pas l'article qui est désespérant, c'est ce qui anime l'humanité.
Il faut chaque fois ouvrir une porte, avec l'espoir de trouver la solution de l'énigme. Puis une autre porte...et encore une...et ainsi de suite.

Et on passe à côté de tant de merveilles qu'on piétinne avec ignorance, sans même savoir qu'elles étaient vivantes.

Les merveilles s'épuisent.

Incognitototo 21/12/2006 16:22

Mon sentiment, c'est plutôt le mythe de Sisyphe... on n'a jamais fini, on recommence sans cesse, on répète sans arrêt les mêmes erreurs, les mêmes errances... Après 39-45 et la Shoah, on aurait même pu croire que plus jamais ça n'arriverait... et puis, il y a eu le Vietnam, la Corée, l'URSS, la Serbie, le Rwanda, le Soudan, l'Éthiopie, ... et toutes ces guerres et massacres oubliés... le 20ième siècle réunit à lui seul plus d'assassinats que 20 siècles de guerres (à l'exception du massacre des Indiens d'Amérique)... et on continue, la prochaine étant la confrontation avec les intégristes...Quand est-ce que ça s'arrêtera ???...

jasmin 20/12/2006 21:01

Dommage qu'il n'y ait pas eu de réaction depuis....

L'Homme a toujours été manipulé par l'Homme.
Généralement pour le pire, sauf erreur de ma part.
Mais (sans fiel ni rancoeur), j'aimerais savoir comment nous avons été programmés ?
Toutes les idées et toutes les options ont émergé un jour ou l'autre.

Alors pourquoi faut-il que l'humanité vive de telles tragédies pour faire une pause obligatoire, tellement la douleur et l'horreur sont dures à digérer.
Et puis...qu'a-t-elle gagné ou qui a-t-il a gagner ?

Je pense qu'elle a perdu beaucoup de temps et d'énergie.
Pendant les vingt années que j'ai passées en Afrique, je crois avoir vu toutes les merveilles et toutes les horreurs que l'humanité est capable d'engendrer.
Et pourtant, si la Paradis existait sur Terre, je pense que c'est là bas qu'il se trouve.
Mais là bas, des subtils disaient : "ah c'est pas demain que ce pays va devenir civilisé".
Ah bon ?...

Personnellement je pense qu'il y a eu un beug plutôt qu'un bang dans le système de formation de l'Univers et tout ce qui va avec.

Mais tu as sans doute raison, faisons avec et améliorons le.....
Je suis lasse.



Incognitototo 20/12/2006 22:54

Tu es probablement la première à avoir lu cet article sur les évènements du 11 septembre jusqu'au bout... Je viens de le relire moi-même, pour voir, et je te comprends, c'est vrai qu'il est désespérant... Oui, nous avons été conçus avec un bug, celui qui essaye de nous faire croire que nous pourrions être autre chose que des animaux ; alors que 70 % de nos réactions, de nos pensées et de nos émotions sont dictées par des atavismes que nous ne voulons pas reconnaître en nous... Et tout ce que nous ne voulons pas reconnaître en nous, constitue les barreaux de la prison qui nous empêchent d'être libres...
C'est pour ça que toutes mes propositions ont été conçues en pensant à ce que nous avons de plus mauvais en nous et non pas à ce que nous avons de meilleur...
Ne désespère pas Jasmin, on y arrivera... du moins je l'espère... tant que j'aurai encore un dentier pour mordre, je me battrai pour que ça change...