Solutions politiques ou + de 400 propositions de réformes politiques
Rubriques :
Sélection partiale des derniers articles mis en ligne
● C - La propriété privée et la finitude : des nœuds systémiques centraux...
● D - Croyances et politique : variations et élucubrations sur un second tour...
● C - 13 (3) - Mises au point et compléments sur la TVA sociale…
Quelques classiques et textes fondateurs
● A - 3 - Petites mises au point pour comprendre la logique de ce blog et des 400 propositions...
Une toute petite sélection d'articles qui aurait pu figurer sous une rubrique « On ne vous dit pas tout »
● C - 21 - Le faux débat sur l'évasion fiscale et les paradis fiscaux...
● C - 22 - Retraites : ce qu’il faut savoir et ce qu'on ne vous dit pas ou si peu...
● C - 26 - Réchauffement climatique global ou pas ? Religiosité et politique : les Verts et Europe Écologie, la nouvelle secte des béni-oui-oui…
● F - Vélib' : problèmes d'arithmétique élémentaires, niveau CM1…
● A - 1 - Introduction et justifications de ce blog
● A - 2 - D’où je viens, comment je me situe, philosophie et cadre général des propositions
● A - 3 - Petites mises au point pour comprendre la logique de ce blog et des 400 propositions…
● B - Le programme de réformes
● B - 1 - Les institutions (début)
● B - 1 - Les institutions (fin)
● B - 2 - Economie et fiscalité (début)
● B - 2 - Economie et fiscalité (fin)
● B - 3 - Santé, Sécurité Sociale et retraites
● B - 4 - Droit du travail (début)
● B - 4 - Droit du travail (fin)
● B - 5 - Formation - Éducation - Recherche
● B - 8 - Sécurité et qualité de vie
● B - 10 - Plan de mise en œuvre des propositions
● B - 11 - Pour conclure provisoirement
● C - Anecdotes, réflexions et solutions suggérées
● C - 4 - A propos d'éducation - Une lettre à Science & Vie
● C - 5 - Médias : leur responsabilité dans l'absence de pensée…
● C - 8 - Perversions des systèmes : la démocratie en danger
● C - 9 - Nicolas Hulot : l'équation économique insoluble et insolvable…
● C - 10 - Quelques problèmes auxquels, je réfléchis sans vraiment trouver de remède pratique…
● C - 11 - Un problème qui me pose vraiment problème : la société du spectacle, c'est maintenant…
● C -12 - Suite aux présidentielles : politique-fiction sur le mode de scrutin...
● C - 13 (3) - Mises au point et compléments sur la
TVA sociale…
● C - 16 - À propos de l’intéressement des salariés aux résultats de l’entreprise…
● C - 18 - Souvenirs d'un vieux con, à propos du féminisme... + Épilogue
● C - 19 - Tribune de l'action...
● C - 19 - Tribune de l'action : rêvons un peu… avec les banques…
● C - 21 - Le faux débat sur l'évasion fiscale et les paradis fiscaux...
● C - 22 - Retraites : ce qu’il faut savoir et ce qu’on ne vous dit pas ou si peu…
● C - La « lutte des places » : la septicémie de notre démocratie...
● C - La propriété privée et la finitude : des nœuds systémiques centraux...
● D - Investiture socialiste, quand les vieux gouvernent la France,… étonnant, non ?
● D - A propos de la Démocratie Participative...
● D - Un débat presque oublié… Ou comment choisir notre futur(e) président(e) ?
● D - Tramway parisien, ils persistent et ils signent... et les conneries continuent...
● D - Mon raisonnement à la con pour choisir un Président…
● D - Delanoë menteur et médias complices !!!
● D - Débat télévisé des présidentiables… le degré zéro de la politique...
● D - Quelques sentiments et idées en vrac, avant la mise en sommeil…
● D - Hommage à Madame Benazir Bhutto…
● D - Constitution européenne : Appels contre le traité de Lisbonne et le déni de démocratie
● D - Edvige, Cristina et tous les autres...
● D - Crise financière mondiale et faillite de la banque Lehman Brothers
● D - Revue de presse et informations complémentaires sur les retraites…
● D - L’Islande, oubli ou désinformation ?... La révolution, dont (presque) personne ne parle…
● D - Islande, les suites de leur révolution… ou les débats que nous évitons en France…
● D - Mitterrand : l’imposture de la gauche - 10 mai 1981 : la commémoration du deuil de la gauche…
● D - Les dettes souveraines : l’arnaque d’un demi-siècle de mensonges, ou de qui se moque-t-on ?…
● D - 11 septembre : la commémoration des amnésiques…
● D - Primaires socialistes : allez-y...
● D - « Votez, pour eux !... »
● D - Croyances et politique : variations et élucubrations sur un second tour...
● E - Émotions, sentiments, humeurs, rires...
● E - Une lettre anonyme que l'INSEE ne recevra pas...
● E - Europe, après la victoire du "non" : les politiques me fatiguent et les journalistes aussi...
● E - Nouvelles cartes grises : carton rouge aux eurocrates qui ont encore frappé très fort…
● E - Insécurité routière... pardonnez-moi, je me défoule...
● E - Je n’ai rien à dire… ou presque…
● E - Lettre à la direction d’un hôpital ou comment sont utilisés nos impôts...
● E - Sarkozy élu… pour partager ma bile… et message(s) à cette gauche atteinte de crétinisme avancé…
● E - Tous derrière Delanoë… pour sauver le monde en plantant des carottes…
● E - Tramway parisien : le bal des cocus continue… et la mascarade passe…
● E - ASSEDIC (et autres) : qui sont les crétins qui écrivent les directives ?...
● E - Une journée dans les bas-fonds de la justice française...
● E - Michel Onfray… Au secours ! La pensée dogmatique et l’ostracisme sont de retour…
● E - Juste pour rire... le langage politique…
● E - Service des urgences de l’hôpital Tenon : la « honte » de nos services de santé…
● E - Divagations sur le consentement, la sexualité et autres considérations sociales…
● E - Une symbolique de 2012 : pour rire jaune…
● E - Récréation philosophique…
● E - Mes interrogations du moment... ou quand le vide politique ne présage rien de bon...
● E - Nouvelles du « monde du travail » dans la France d’aujourd’hui… interdit au moins de 18 ans…
● E - Nouvelles de la barbarie, de l’individualisme et de l’indifférence…
● E - 11 Novembre, hommage et mémoire…
● E - Chine-USA : « Une guerre sans limite »…
● E - Spécial vœux 2012, le temps des bilans… hommage posthume au Diceros bicornis longipes...
● E - "L’Université des Va-nu-pieds", quand
les hommes comprennent ce qui les relie…
● F - Ville de Paris : urbanisme et politique...
● F - Informations sur la catégorie : "Ville de Paris : urbanisme et politique..."
● F - A propos de la Démocratie Participative...
● F - Tramway parisien, ils persistent et ils signent... et les conneries continuent...
● F - Delanoë menteur et médias complices !!!
● F - Insécurité routière... pardonnez-moi, je me défoule...
● F - Tous derrière Delanoë… pour sauver le monde en plantant des carottes…
● F - L’Omerta sur Michel Charzat, liste différente de Paris 20ème
● F - Tramway parisien : le bal des cocus continue… et la mascarade passe…
● F - Vélib' : problèmes d'arithmétique élémentaires, niveau CM1…
● G - Livre d'or des commentaires et autres...
Vous connaissez mon peu de goût pour rentrer dans les polémiques idéologiques sociétales… Autant, je me sens à l’aise, pour parler économie, fiscalité, droit, urbanisme, ... et même psy, autant chaque fois qu’un débat idéologique touchant à du droit privé fait la une des médias, je me sens rarement le droit (et même l’envie) de parler de sujets que j’estime, à tort ou à raison, secondaires.
Par exemple, à part pour l’aspect exécrable de la manipulation politique (dans la droite ligne du non moins nauséeux pseudo-débat sur l’identité nationale), je ne sais pas quoi penser de ce nouveau rideau de fumée médiatique à propos de l’interdiction du port de la burqa et autres nikab. Si, on me demandait tout de go, de prendre une décision, je répondrais : « noui, je ne suis pas d’accord d’être d’accord avec le port de l’interdiction de la burqa »… et moi-même au bout de ma décision/position, je ne saurais plus, si j’ai bien fait… Bref, ce genre de questions me met dans des états d’incertitude normande (peut-être bien que oui, peut-être bien que non). J’admire et je me demande comment font tous ceux qui arrivent à avoir des positions aussi tranchantes que des rasoirs.
Puis, je suis tombé sur un article de Bénédicte Desforges… Au-delà du fait qu’elle a tranché (elle est contre l’interdiction), en fonction d’une logique qui est la sienne et toujours avec la même verve à l’emporte-pièce, je restais sur ma faim pour trouver des arguments de fond qui m’auraient convaincu moi-même. La lecture des 119 commentaires et réponses et d’autres articles (pas difficile à trouver : 549 000 entrées pour « interdiction burqa France » sur Google, un vrai raz-de-marée !!!), au lieu de m’apporter quelques éclaircissements, n’a fait que rajouter à mon trouble. Il y a tellement de positions et de points de vue qu’il est impossible de les résumer tous (ni même de les lire tous), cependant que je me demande toujours, pourquoi de tels sujets déchaînent tant de passions… Serais-je à ce point insensible et fermé, à ce qui semble être une question essentielle et même de vie ou de mort (symbolique) pour certains ? Serais-je trop con pour comprendre des enjeux que tout le monde, à part moi, semble maîtriser à la perfection ?
Un vrai défi, pour moi, que d’essayer de comprendre à travers cette question de l’interdiction, ou pas, du port de la burqa, quels sont les problèmes qui me font tourner en rond dans des raisonnements sans fin sur ce genre de problème, pour aboutir au final à des « certitudes molles »… Aussi plus qu’une dissertation sur cette question, je vous propose plutôt de me suivre dans mon introspection pour essayer d’y voir plus clair (si c’est possible) dans mes incertitudes. Ça n’est qu’un essai pour essayer de savoir comment je réfléchis, sans valeur d’exemple ou de vérité. Je précise qu’en commençant ce texte, je n’ai absolument pas de position arrêtée sur la question de la burqa et que je ne sais pas où je vais… À vos risques et périls, donc, si vous lisez la suite ; et si vous me suivez jusqu’au bout, ce sera au final à vous de juger, si j’ai été convaincant ou pas, et si mes raisonnements tiennent la route.
1 - D’où je parle ?
Non pas, d’où je parle en définissant « l’autorité » que me donnerait un savoir, des diplômes, des connaissances, une position sociale, … mais d’où je parle en tant que personne avec mon vécu subjectif et mon histoire personnelle ; car, il me semble que la plupart de ceux qui nous disent qu’ils savent, oublient toujours de nous donner les éléments qui nous permettraient de resituer leur pensée dans son contexte.
Alors, on y va ? Pour moi, c’est relativement simple à résumer.
Dans mes jeunes années, j’ai été un militant athée et libertaire, au point que j’ai même fait de l’entrisme pour déstabiliser les religieux et notamment les Témoins de Jéhovah. Avec l’âge et la maturité (l’impuissance des vieux, diront certains jeunes cons), disons que je me classe plutôt, aujourd’hui, chez les agnostiques.
Je n’ai pas la foi et je me fous de savoir qu’il y a des gens qui croient à l’hypothèse d’un Dieu ou qu’ils soient persuadés qu’il existe. De la même façon, je me fous des croyances des uns ou des autres, même s’ils croient aux extraterrestres salvateurs, tant qu’ils n’essayent pas de me les refourguer. Pire, même si je pense que croire n’est pas savoir et que tous les phénomènes de croyances sont de l’ordre du délire socialisé et/ou de la misère culturelle, je ne vois aucun mal à ce que des humains y trouvent ce qu’il y cherchent. D’ailleurs, jamais je n’empêcherai quelqu’un de prier pour moi, des fois qu’il arrive à me faire gagner l’Euro-Millions (avis aux amateurs, je ne serai pas un ingrat) ou à me rendre mon poumon, je suis prêt à tout prendre, tout accepter, tout tester (mais n’essayez pas pour mon âme, je « crois » que c’est foutu depuis longtemps).
En matière psychique, on est très loin de tout savoir ou de pouvoir tout expliquer, alors je reste ouvert. Par exemple, j’ai fait des expériences de conscience particulières qu’on pourrait qualifier de « mystiques » et il m’arrive même de penser que la prière peut être utile, toujours sans devenir croyant pour autant ; ce qui s’explique par le fait que ma culture psy me conduit à comprendre les expériences et les préceptes religieux, dans un contexte plus large.
Pour résumer, les croyances sont une forme de « gestion et d’économie psychique » pas sur le même plan que celle proposée par Freud (ou d’autres psys), mais assurément au même titre par rapport au rôle qu’elles jouent dans l’organisation psychique. Si on sait reconnaître les passerelles et concordances qui existent entre le plan spirituel et le psychologique, il est évident qu’on peut agir sur ce qu’on est ou ressent, à partir d’un des deux plans. D’ailleurs, une de mes thèses est que la Bible est un des premiers traités quasi exhaustif des psychopathologies cliniques, le premier manuel qui prévient les humains contre ses maladies mentales et propose des solutions.
Cependant, je laisse cette lecture particulière et ce décryptage aux spécialistes ; au final, les phénomèmes et les doctrines religieuses ne m’interpellent que quand ils commencent à empiéter sur le politique ou quand ils veulent dicter aux humains des conduites de vie qui sont susceptibles d’interférer avec la mienne.
Alors, vous pourriez me dire, le débat est clos, le choix du port de la burqa par une minorité n’interfère pas avec ta vie, ni avec le politique, donc tu es contre l’interdiction ?
Bé non, c’est pas si simple…
2 - Qui je suis ?
Là encore, pas qui je suis, à travers ce que je fais ou j’ai fait dans ma vie, ni ma position sociale, mais qui je suis quand je réagis avec mes tripes, mon cœur, mon cerveau reptilien, mes gonades, et toutes autres fonctions qui se déroulent le plus souvent à mon insu…
En « bon occidental », mon paysage social, du moins celui de mon enfance, était essentiellement constitué par des signes chrétiens et c’est sûr que j’ai été plus conditionné à croiser un prêtre, plutôt qu’un rabbin orthodoxe ou un imam… Il est assez évident pour moi que je peux m’adresser sans problème intérieur à une sœur en cornette (sauf, si elle stationne dans le bois de Boulogne), avec un peu de gêne à un moine bouddhiste, mais que jamais (sauf par défi personnel) je n’oserais même demander ma route à une femme en burqa. C’est con, mais c’est comme ça… le poids des conditionnements sociaux.
Mais au fond, si, j’écoute mes tendances fachos, celles-là mêmes que j’affirme combattre en étant un antireligieux (admirez le paradoxe), je serais assez pour l’interdiction de toutes les manifestations et signes religieux dans la sphère publique et quand je dis toutes, c’est toutes [01], sans distinction de dogme : plus de croix sur les torses, de kippa, de foulard, de soutane, de toge orange, … et pourquoi pas de barbe et de papillote. Fini les manifestations bruyantes à la sortie des églises pour les mariages et tout autres signes de célébration religieuse dans les rues… Je ne veux pas connaître ce que ceux que je croise croient (non, non, il n’y a pas de contrepèterie, c’est juste pour exercer votre diction), tolérance zéro dans la sphère publique et point barre !
Bon d’accord, c’est une position totalement impossible à défendre et encore plus à tenir, sauf si on estime que l’aliénation du peuple commence dans les églises, les temples, les pagodes, les synagogues et les mosquées… ça, ne vous rappelle rien ? Les multiples visages des dictatures (à l’exception, pour des raisons que je ne connais pas, des fascismes hispaniques ou sud-américains) ont toujours eu, peu ou prou, comme bouc émissaire toutes les religions à l’exception de celle d’origine de leur dictateur, et le communisme est la seule doctrine qui les exclue vraiment toutes. Combien de souffrances et de morts pour des croyances ? Comment certains peuvent-ils encore aujourd’hui penser que leur doctrine exclut de facto toutes les autres ?
Alors, quand je contrôle mes tripes, que mon cœur et ma raison l’emportent (je vous rassure, c’est l’état dans lequel je suis majoritairement), c’est évident pour moi, que la vie est plus importante que tout, que la liberté est plus précieuse que d’avoir raison, et que s’il y a une position de vie qui doit dominer toutes les autres, c’est « vivre et laisser vivre ». Point barre, également !
Ouf, me direz-vous, alors finalement t’es toujours contre l’interdiction du port de la burqa ?
Bé non, la liberté c’est pas tout, après il y a les lois, celles que les hommes se donnent parce qu’ils pensent que c’est ainsi qu’ils feront des progrès dans l’humanité et la civilisation ou tout simplement parce qu’ils « croient » que c’est ainsi qu’ils vivront mieux ensemble…
3 - Les lois, comme fondement structurant de nos évolutions sociétales
Je ne suis pas un spécialiste de l’histoire des lois, et c’est dommage, car, je trouve passionnant de comprendre comment en fonction des contextes, elles se créent, évoluent, bougent, meurent ou, même parfois, s’inversent. Cependant, il me semble que je comprends depuis longtemps à quoi elles servent. Depuis, la Bible (ou d’autres textes révélés), jusqu’à « De l’esprit des lois » ou « Le contrat social » en passant par le Surmoi de Freud, toutes les pensées quelles soient philosophiques, spirituelles, politiques, sociologiques ou psychologiques, ont toujours accordé aux lois une place centrale et incontournable qui guide la destinée humaine (et les sciences également).
Pour généraliser abusivement (car, il est impossible de rentrer dans cette matière très dense et complexe de manière exhaustive), les lois humaines ont une fonction structurante qui vise à installer un système d’interdictions, de contraintes et de récompenses, pour nous permettre de tenir et canaliser nos pulsions, ainsi que nos travers les plus barbares. Pas de civilisation, ni de société organisée, sans lois… Pas un acte, une intention, une pensée ou une envie humaine, auquel ne corresponde une loi qui dit ce qui est bien et ce qui est mal, ce qu’il faut faire ou pas ; et s’il n’existe pas de lois formelles et légiférées, il existe un tas de sous-ensembles qui font office de loi pour les individus : la morale, les usages, l’éducation, les croyances, la culture, et cetera...
Par rapport à la burqa, on remarque immédiatement deux choses :
- la burqa et celles qui la portent ou qui la prônent, s’intègrent dans le corpus des usages et des croyances ; et même si elle peut heurter ou déplaire à d’autres usages et croyances, elle ne remet en cause (pour l’instant) aucune Loi de la République,
- si, on devait légiférer sur cette pratique, on rentre immédiatement dans un engrenage sans fin et à mon avis pervers, comme une sorte de régression conceptuelle. Je m’explique.
L’évolution de nos lois, selon nos principes hiérarchiques de classification de valeur, se dirigeait vers toujours plus de tolérance et d’acceptation des diversités qui composent la sphère privée. On a décriminalisé l’avortement, les seins nus sur les plages (bizarrement, on en voit de moins en moins), l’homosexualité, le divorce, l’adultère, … On gomme ou criminalise petit à petit toutes les ségrégations et exclusions, comme les inégalités homme/femme ou en fonction d’une appartenance religieuse ou culturelle. On déclare que le racisme est un crime… Bref, conformément aux trois principes fondateurs de notre République (« Liberté, égalité, fraternité »), on supprime ou on aménage les lois, pour que nos fondements deviennent des réalités ou se réalisent. Souvent maladroitement et pas sans contradictions [02], ni soubresauts, régressions ou perversions, mais quand même c’est bien ce fil rouge que nous suivons depuis l’avènement de la démocratie et des différentes Républiques.
Cette tendance est si forte dans le droit civil [03], qu’on a pu remarquer à quel point nos tribunaux et nos lois deviennent inadaptés, quand on leur demande de se prononcer sur l’annulation d’un mariage parce que l’épouse n’était pas vierge. Il commence cruellement à manquer d’une loi civile (elle existe en droit pénal, c'est le « non-lieu ») qui pourrait répondre aux parties : « tel que vous nous demandez de nous prononcer, ce n’est pas notre problème, démerdez-vous » ; une sorte de supra loi qui pourrait définir ce qui est recevable ou pas aux yeux de la loi, qui ferait la distinction entre les usages privés et les lois qui s’appliquent à tous ; et pourquoi pas, qui définirait en quoi l’État est compétent ou pas.
Au vu de cette évolution du droit civil, que personnellement je considère comme positive, légiférer sur la burqa serait donc une régression, de celles qui datent de l’époque où l’État s’immisçait dans la sphère privée, pour nous dire comment mener nos vies.
Bon alors, ça y est, tu as tranché, me dires-vous, tu es définitivement contre une loi sur l’interdiction du port de la burqa ?
Heu… désolé, mais, pour moi, il subsiste un doute qui pourrait tout remettre en cause...
4 - Le « droit ou devoir d’ingérence »
Le voilà, cet argument qui est si difficile à cadrer… parce que dès qu’on en parle, personnellement, je ne sais pas comment décider de la place du curseur. À quel moment, l’État a-t-il le devoir d’agir pour empêcher les individus d’adopter des comportements antisociaux, ainsi que des croyances ou usages délirants, compte tenu du contexte majoritaire de l’environnement social. Et qui décide de la norme ? On voit bien que les dilemmes et paradoxes qui se posent sont du même ordre que ceux de l’interventionnisme international ; mais, aborder ce dernier point, dans le cadre restreint de notre sujet nous conduirait trop loin.
N’est-ce pas de la non-assistance à personne en danger que de laisser des femmes continuer à croire qu’en se couvrant intégralement, elle respecte un précepte de leur Dieu ? D’ailleurs, d’un certain point de vue psy restrictif, pour celles pour lesquelles c’est délibéré et volontaire, elles sont « bonnes à enfermer »… Problème, il y a tellement de comportement et de gens qui sont « bons à enfermer » et pour lesquels ça ne se voit pas toujours d’une manière aussi évidente, que se pose le problème de l’égalité devant la Loi... Autre problème, si on fait une loi pour les femmes en burqa, alors, c’est la porte ouverte à tous ceux qui ont des systèmes normatifs quelque peu plus restrictifs :
- les puritains qui pensent que tous les libertins sont en grand danger moral, pourraient exiger le retour de l’interdiction de tous les actes ou comportements qu’ils jugent obscènes ;
- les psys normatifs pourraient exiger que nous ré-enfermions dans les HP un grand nombre de pathologies qui vivent aujourd’hui dans la cité ;
- tous les costards-cravates et BCBG pourraient exiger que les SDF, les punks, et autres catégories à tenues folkloriques ne sortent dans la rue que dans une tenue digne et propre ; comme, ils pourraient exiger que tous ceux qui ne tiennent pas la porte à celui ou celle qui les suit soit passible d’une amende ;
- les communistes français pourraient exiger que l‘URSS soit recréée ;
- et moi, je voudrais que celui qui a inventé le Père Noël soit envoyé dans des mines de sel, pour m’avoir causé la plus grande déception de mon enfance et de ma vie d’adulte, …
Au-delà des plaisanteries faciles, on comprend vite qu’il n’y a pas de raison que ça ne soit pas du tout ou rien. Une loi sur la burqa serait assurément le cheval de Troie des réacs en tout genre… et nous passerions notre temps à nous disputer sur des projets de loi portant sur des « normes » qui au fond ne regardent absolument pas l’État ; du moins, tant que ces normes ne nuisent pas à d’autres, nous dit notre Constitution à travers la Déclarations des droits de l’homme et du citoyen (articles IV à VI). Et comment se définit la nuisance ? À l’exception du droit du travail qui a introduit, il n’y a pas si longtemps, le délit d’harcèlement moral, force est de constater, que (contrairement aux pays anglo-saxons), c’est une tendance lourde de notre droit civil et des jurisprudences de considérer que le préjudice moral est accessoire, que les seuls vrais préjudices sont ceux des conséquences de la violence (sous toutes ses formes), ceux qui laissent des traces physiques ou psychologiques ou des pertes financières.
On peut assurément le regretter dans certains cas, mais, on ne peut pas nier d’une façon plus générale le rôle pédagogique de ce « désintérêt » qui nous dit en substance : « vous êtes assez grand pour régler vos problèmes moraux tous seuls » et « nous n’avons pas la capacité de distinguer ce qui pour quelqu’un sera un préjudice moral et pour un autre rien du tout » ; un peu comme pourrait le faire un parent quand, il refuse d’intervenir dans une dispute d’enfants, renvoyant dos-à-dos les protagonistes et les obligeant ainsi à trouver soit des solutions négociées, soit à faire le travail psychique interne qui permettra de faire face aux désagréments, d’une façon ou d’une autre.
Ouf, ouf, me direz-vous, donc, au final pas de loi ?
Oui là, je suis d’accord avec moi-même, pas de loi ! Juste pour nous apprendre à vivre avec des différences encore plus visibles et prononcées… La France est plurielle et les Français aussi, il serait temps que nous l’intégrions. Je dis « nous », car je ne dissimule pas non plus que ce genre de différences m’emmerde.
5 - Pas de loi sur une interdiction du port de la burqa, mais d’autres points quand même à aménager
Il reste deux points, en rapport avec la question intiale, qui restent cependant à aménager…
Ce serait de la non-assistance à personne en danger, de laisser des hommes rétrogrades imposer à des femmes non consentantes des coutumes archaïques. Il faudrait pouvoir demander à chacune de ces femmes si leur tenue vestimentaire est un choix personnel ou pas… Et dans le cas d’un aveu de faiblesse, leur proposer des solutions acceptables par elles, pour s’extraire de leur carcan oppressif. Prévention, information, éducation, propositions alternatives, et répression des oppresseurs… Oui, c’est, vraiment, notre devoir de ne pas laisser ces femmes seules face à leurs oppresseurs, si c’est dans ce contexte qu’elles portent leur burqa.
Il manque des structures d’accueil pour les femmes opprimées et que les lois sur les violences faites aux femmes évoluent comme elles l’ont fait, par exemple, de façon exemplaire, en Espagne.
De même, nous n’avons pas épuisé le débat définissant les sectes (les salafistes en font partie), ainsi que les mesures légales qu'on pourrait prendre contre elles où pour en extraire leurs adeptes ; là aussi, beaucoup de travail en perspective.
Prendre de vraies mesures contre l’oppression masculine, continuer à travailler sur les sectes et proposer des solutions alternatives à leurs membres sont, à mon avis, quelque peu plus important que de faire une loi pour cacher les problèmes.
Le dernier argument porte sur la sécurité dans les espaces publics… Ridicule… Je ne vois pas ce que ça changera d’interdire la burqa dans les espaces publics. Bon, ça veut dire qu’un casse ou un attentat terroriste ne pourra pas être fait en burqa, mais, il continuera à pouvoir être fait avec un masque de Zorro ou en étant grimé… Absolument ridicule… Pour tous les autres bâtiments qui nécessitent une identification et une fouille avant que les personnes rentrent, une loi ne rajoutera rien puisque les porteuses de burqa sont déjà soumises aux mêmes obligations que tous les autres, sous peine de rester dehors ou de terminer au poste, si elles refusent de s’identifier. De même, pour toutes les opérations civiles qui nécessitent une identification : pas d’identification à visage découvert, pas d’opération, simple non ?
Enfin, il y a aussi les entreprises. Elles ont la possibilité d’introduire des normes vestimentaires pour certains postes d’accueil et de contact avec le public ou les clients ; en revanche, toute exigence vestimentaire pour d’autres postes serait considérée comme discriminatoire. C’est pourquoi c’est bien le seul cas qui nécessite un petit aménagement législatif pour qu’on puisse introduire dans le règlement intérieur des entreprises cette « discrimination », ou pas, au choix des dirigeants et pourquoi pas des représentants du personnel, s’il en existe. « Maître chez soi », ça reste quand même une « discrimination » acceptable.
À l’issue de ce dernier chapitre, je comprends mieux pourquoi j’étais dans un état d’incertitude en commençant cette réflexion ; je me suis fait piéger, enfermer, par la question. Comme trop souvent dans certains débats de société, la question et les choix possibles sont mal posés.
On s’attaque aux symboles ou symptômes, sans jamais parler du fond et des « vrais » problèmes. Un peu comme si, un médecin voulait soigner une infection bactérienne chronique, en ne donnant que des médicaments symptomatiques et pas d’antibiotiques (un vrai résumé de la « pensée » et de « l’action » politique depuis trop d’années). C’est typiquement le genre de problème soulevé par ceux qui ne voient le monde qu’en blanc ou noir, sans vouloir savoir que dans le spectre chromatique, le blanc est constitué par toutes les couleurs et que le noir est une absence de couleur. On en arrive à des paradoxes terriblement piégeant, où, pour traiter d’un fait de société, les seules solutions qui se proposeraient à nous, seraient de faire des lois pour ne pas « voir » le problème, alors même, qu’il pourra tranquillement continuer son chemin souterrainement. Un vrai déni d’intelligence, une véritable démission des politiques, une vraie non-assistance à personnes en danger autrement plus graves que de supporter quelques fantômes dans nos rues…
S’il en était besoin, ça se confirme : quand on réfléchit à des problèmes et à des solutions à partir des idéologies, on se trompe d’ennemis et fatalement de solutions…
Pour conclure
À part ça, dans une démocratie, c’est simple, c’est la majorité qui l’emporte (enfin, pas toujours comme on a pu le constater pour la constitution européenne) et peu importe ceux qui ne se sont pas prononcés et peu importe que la majorité puisse se tromper… et si on veut changer le sens de la Constitution en imposant des normes sur des comportements qui étaient permis avant par elle, il faut l’accord des citoyens… Chiche ! Un référendum sur la question, je suis pour… Une excellente façon de se compter pour savoir ce qu’il reste encore comme gens qui comprennent leur Constitution, dans ce pays.
Voilà, j’ai conclu, je suis contre une loi qui interdirait le port de la burqa et pour des lois qui protègent encore plus de l’oppression et des sectes. Et vous ?
Pour vous aérer la tête…
Je vous propose de visionner ce magnifique et émouvant diaporama qui donne tout son sens au mot « fraternité » ! En cliquant sur le lien qui suit : Visages du monde
Mais, pourrions-nous accueillir toutes ces diversités chez nous ? Quand nous aurons envie qu’ils viennent pour nous rendre visite et même qu’ils s’installent chez nous, plutôt que de ne les aimer que quand nous les voyons chez eux, alors l’humanité aura fait un grand pas… C’est tout ce que je nous souhaite.
Cependant, avouez quand même que ce qui suit n’est pas très fraternel, ni amical…
Quelle différence avec les Visages du monde, me rétorque ma Chouette-Chouette ? Il y en a une de taille ! Vous remarquerez que dans les « Visages du monde », on voit les visages et même le niqab est moins agressif, car on voit au moins les yeux !!! Il y a donc une vraie différence avec une burqa qui oppose une fin de non-recevoir et refuse de facto toute possibilité d’échange… C’est bien pour ça que je disais (en partie, malicieusement) qu’elles sont « bonnes à enfermer », car, c’est exactement le message qu’elles nous transmettent en s’enfermant elles-mêmes. C’est une maladie psy de l’ordre de l’autisme et/ou d’un exhibitionnisme inversé… rien à voir, avec les échanges que nous pourrions avoir avec les humains qui composent les « Visages du monde », eux n'ont pas peur de s'exposer au regard des autres, ni d'assumer leur histoire et ce qu'ils sont à travers leur apparence…
Cependant, cette fermeture aux autres est-elle vraiment pire que celle-la ?
Ou celle-là ?
Et, au final, est-ce vraiment pire que ça ?
C’est tout, pour aujourd’hui…
--> Si vous avez le courage, vous pourrez lire, avec profit, à la suite de cet article : "C - 24 - Burqa et loi : un débat
démocratique entre citoyens - Catherine Kintzler et Incognitototo (début)" ; c'est une compilation des échanges (toujours en cours) que j'ai eus avec Catherine Kintzler qui propose une autre
vision du problème et une solution d'interdiction originale.
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[01] - Sans aller, jusque-là j’ai quand même proposé qu’on supprime du calendrier des jours fériés toutes les fêtes religieuses pour les remplacer par une journée libre par mois (une des propositions dans : B - 4 - Droit du travail (fin))
[Cliquer ici pour le retour au texte]
[02] - Par exemple, heureusement, l’excision est un crime, mais pourquoi pas la circoncision, ni même le piercing ou les scarifications qui sont pourtant des mutilations au même titre que l’excision ?
Ou encore, comment est-ce possible que la « loi sur le délit d'occupation de hall d'immeubles » n’ait pas été déclarée anticonstitutionnelle, alors que nos déclarations fondatrices exigent explicitement qu’un acte ne peut être interdit que s’il est nuisible pour d’autres (article IV de la Déclaration des droits de l'homme), or, sans autre acte, je ne vois toujours pas où est le crime ou la nuisance dans le fait de se réunir dans un hall d’immeuble...
Et tant d’autres…
[Cliquer ici pour le retour au texte]
[03] - Ce qui est paradoxal, c’est que concomitamment, depuis une trentaine d’années, le droit fiscal, social, du commerce et d’autres, sont devenus d’une complexité sans borne, au point qu’on peut relever de nombreuses contradictions entre les différents textes, entre eux, mais également avec ceux du civil. Un transfert de valeur ? Bien suspect et assez catastrophique à bien des égards, comme si, la sphère économique devenait la principale préoccupation de nos législateurs !… Sans oublier les « innovations » de Sarkozy qui pénalise à tour de bras tout ce qu’il peut en s’appuyant sur les ressorts les plus sécuritaires du pays… et qui voudrait bien, par ailleurs, dépénaliser les crimes et délits financiers… Une vraie cacophonie, pleine de contradictions, qui en dit long sur la façon, dont ces messieurs gèrent les priorités des Français et « l’intérêt général »…
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● "L’insanité consiste à refaire toujours la même chose et croire, à chaque fois, que le résultat sera différent !"
● "On ne règle pas un problème en utilisant le système de pensée qui l'a engendré."
● "La théorie, c'est quand on sait tout et que rien ne fonctionne. La pratique, c'est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi. Ici, nous avons réuni théorie et pratique : Rien ne fonctionne... et personne ne sait pourquoi !"
● "C'est la théorie qui décide de ce que nous sommes en mesure d'observer."
● "L'effort d'unir sagesse et pouvoir aboutit rarement et seulement très brièvement."
● "Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue."
- A. Einstein -
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● "Prions l’autorité de rester dans ses limites, qu’elle se borne à être juste. Nous nous chargerons d’être heureux."
- Benjamin Constant -
● "Tout le monde savait que c'était impossible à faire. Puis un jour, quelqu'un qui ne le savait pas est arrivé et il l'a fait !"
● "Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées."
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) -
● "Si le savoir peut créer des problèmes, ce n'est pas l'ignorance qui les résoudra."
● "Pour convaincre, la vérité ne peut suffire."
- Isaac Asimov -
● "Seuls ceux qui sont assez fous pour penser qu'ils peuvent changer le monde y parviennent."
- Henri Dunant -
● "L'élément le plus meurtrier de l'histoire de l'humanité est sans doute l'illusion d'une réalité "réelle" avec toutes les conséquences qui en découlent logiquement."
- Paul Watzlawick dans "La réalité de la réalité" -
● "Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d'accepter les choses que je ne peux changer, le courage de changer les choses que je peux, et la sagesse d'en connaître la différence."
- Marc Aurèle -
● "L'enfer est pavé de bonnes intentions."
- Saint Bernard ? -
● "Nulle bonne action ne reste impunie."
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● "Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles."
- William Arthur Ward -
● "Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton."
- Lettre de Gustave Flaubert à George Sand, Croisset, vers le 15 juin 1867 -
● "Il faut s'endurcir, sans jamais se départir de sa tendresse."
- Ernesto "Che" Guevara -
● "Un pays qui n'ose pas interdire la chasse à courre, les combats de coqs ou les courses de taureaux a-t-il le droit de se prétendre
civilisé ? On peut en douter."
- Théodore Monod -
● "La liberté d'autrui étend la mienne à l'infini."
- Michel Bakounine -
● "La réalité du monde se découvre quand nous nous heurtons à lui, quand il y a choc, rupture, brisement. Alors nous savons que le
monde n'est pas tel que nous l'imaginons."
- Françoise Dolto -
● "…Nous nous sommes libérés de la foi qui exclut la science, alors s'est renforcé en nous cette foi à laquelle Marx faisait
référence lorsqu'il disait que les communistes sont capables de "prendre le ciel d'assaut". Lorsque cette foi tiédit, lorsqu'on devient incrédule, on cesse d'être communiste. Voilà la vérité."
- Irène Falcon citée par Jorge Semprun dans "Autobiographie de Federico Sanchez" -
● "Que cette épouvantable aventure des humains qui arrivent, rient, bougent, puis soudain ne bougent plus, que cette catastrophe qui
les attend ne les rende pas tendres et pitoyables les uns pour les autres, cela est incroyable."
- "O vous frères humains" de Albert Cohen -
● "Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes."
- Bossuet -
● "Personne ne sait combien de temps peut durer une seconde de souffrance."
● "Souffrir est un délit."
● "Le désespoir est le prix qu'il faut payer lorsqu'on s'est fixé un but impossible."
● "On ne peut pas se fier à ses supérieurs lorsqu'on a réussi là où ils ont échoué."
- Graham Greene -
● "Il n’y a pas d’erreur plus dangereuse que de confondre l’effet avec la cause : j’appelle cela la véritable perversion de la
raison."
- Friedrich Nietzsche - "Le Crépuscule des idoles" / Les quatre grandes
erreurs -
● "La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l'Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre
économique, une guerre sans mort apparemment. Oui, ils sont très durs les américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C'est une guerre inconnue, une guerre
permanente, sans mort apparemment et pourtant une guerre à mort."
- François Mitterrand, vers la fin de sa vie -
● "L’expérience et l’histoire nous enseignent que les peuples et gouvernements n’ont jamais rien appris de l’histoire, qu’ils n’ont
jamais agi suivant les maximes qu’on aurait pu en tirer."
- Georg Wilhelm Friedrich Hegel -
● "Le poisson ne sait pas qu'il est dans l'eau. La seule chose que le poisson ne connaitra jamais, c'est l'eau."
- Derek Sivers ou David Foster ? -
● "Chercher à comprendre, c'est commencer à désobéir."
- Jean-Michel Wyl -
● "Il y a trop de grands hommes dans le monde ; il y a trop de législateurs, organisateurs, instituteurs de sociétés, conducteurs de
peuples, pères des nations, etc. Trop de gens se placent au-dessus de l'humanité pour la régenter, trop de gens font métier de s'occuper d'elle."
- Frédéric Bastiat, dans "La Loi", déjà en 1850 -
● "Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir."
- Montesquieu, dans "L'esprit des lois" -
● "Nous n'héritons pas de la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants."
- Antoine de Saint-Exupéry -
● "Il y a pire que le bruit des bottes : le silence des pantoufles."
- Max Frisch -
● "Voici que s'avance l'immobilisme, et nous ne savons pas comment l'arrêter."
- Edgar Faure -
● "Mettre la faiblesse et non la perfection au centre de gravité des préoccupations politiques, c'est vouloir aménager une place à
chacun et tenter de se libérer de la peur de soi, de la peur de l'imperfection qui habite chacun de nous, dans cette société de l'individu."
Michel - un ami et lecteur de ce blog -
● "Il faut avoir vécu dans cet isoloir qu’on appelle Assemblée nationale, pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus
complètement l’état d’un pays sont presque toujours ceux qui le représentent."
- Pierre-Joseph Proudhon -
● "Il n’y a pas de hasard. Il n’y a que ce qui doit arriver et qui, à cause de nous, arrive ou n’arrive pas."
- Michel Chevrier -
● "Une fois écrit, tout discours roule de tous côtés ; il tombe aussi bien chez ceux qui le comprennent que chez ceux pour lesquels il est sans intérêt ; il ne sait point à qui il faut parler, ni avec qui il est bon de se taire. S’il se voit méprisé ou injustement injurié, il a toujours besoin du secours de son père, car il n’est pas par lui-même capable de se défendre ni de se secourir."
- Socrate rapporté par Platon (dans Phèdre, 275 b) -
● "Lorsque dans un pays, le développement du capital devient le sous-produit de l’activité d’un casino, celui-ci risque de s’accomplir dans des conditions défectueuses."
- John Maynard Keynes, 1936 -
● "Aucune réalité ne se laisse enfermer ou n’existe dans l’état “parfait” et immuable de sa modèlisation."
● "Tous les économistes ont raison, dans le seul cadre dans lequel leur démonstration fonctionne… Une démonstration économique n’est
vraie qu”en fonction d’un contexte et de paramètres donnés, ainsi que dans un cadre probabiliste, si la moindre valeur est modifiée (que ce soit par des causes endogènes ou exogènes) tout le
modèle est à revoir."
● "Il faut avoir absorbé une dose mortelle d'oubli de soi pour oser diriger des gens et leur faire croire que nous savons où nous
allons."
- Incognitototo -
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