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  • : Solutions politiques (ou + de 400 propositions de réformes politiques...)
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  • : Analyses et propositions de réformes politiques institutionnelles, économiques, fiscales, sociales, juridiques, et autres, issues de ma pratique professionnelle et de la vie tout simplement ; pour vraiment changer...
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Sommaire

 

Sélection partiale des derniers articles mis en ligne

Faire-part...

À mes lectrices et lecteurs : avertissements importants !

« Après moi le déluge ! » : constats « navrants » sur plus on sait et plus on est con...

Changer par la loi et pour une « vraie révolution fiscale »... sans sortir de l’Europe...

« La société du spectacle » et « No future », nos seuls avenirs ?...

L’irrésistible progression des souverainistes et des nationalistes : l’horreur absolue... Qui est responsable ?...

Homoparentalité et « mariage pour tous » : de la réalité à la loi...

« Nul ne peut s’enrichir sans cause » : une jurisprudence malheureusement oubliée...

Rapport Gallois et compétitivité... De qui se moque-t-on ?...

« Double contrainte » : 40 ans d’accords internationaux et de lois, qui rendent fou...

La propriété privée et la finitude : des nœuds systémiques centraux...

 

Quelques classiques et textes fondateurs

Imprécis précis de fiscalité… pour en finir avec les « croyances populaires »… si, c’est possible…

(3) - Mises au point et compléments sur la TVA sociale… 

Les dettes publiques : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c’est quoi la pensée virtuelle ?

Histoires de dettes interbancaires : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c'est quoi l'économie virtuelle ?…

Exercises appliqués d’analyse systémique sur la mondialisation et à propos de la décroissance…

À ceux qui prônent un retour au Franc… et aux autres, qui manquent d’arguments pour leur répondre…

(1) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche... (début)

(1) Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur... (début)

(1) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (début)

 

Une toute petite sélection d'articles qui aurait pu figurer sous une rubrique « On ne vous dit pas tout »

Le faux débat sur l'évasion fiscale et les paradis fiscaux...

Solidarités sociales et retraites : ce qu’il faut savoir et ce qu'on ne vous dit pas ou si peu...

Vélib' : problèmes d'arithmétique élémentaires, niveau CM1…

 


Tout les articles publiés (regroupés dans l'ordre de leur parution par catégorie : du plus ancien au plus récent)

  A - Préambules

Introduction et justifications de ce blog

D’où je viens, comment je me situe, philosophie et cadre général des propositions

Petites mises au point pour comprendre la logique de ce blog et des 400 propositions…

 

B - Le programme de réformes

1 - Les institutions

2 - Les institutions

1 - Economie et fiscalité

2 - Economie et fiscalité

Santé, Sécurité Sociale et retraites

1 - Droit du travail

2 - Droit du travail

Formation - Éducation - Recherche

Justice

Emplois

Sécurité et qualité de vie

Europe

Plan de mise en œuvre des propositions

Pour conclure provisoirement

 

D - Anecdotes, réflexions et solutions suggérées

Voirie parisienne : l’honneur perdu de Delanoë qui cautionne l’ayatholisme de Baupin et Contassot

(1) - Déficit de la Sécurité Sociale… mes expériences dans l’univers kafkaïen des services de "santé" (début)

(2) - Déficit de la Sécurité Sociale… mes expériences dans l’univers kafkaïen des services de "santé" (fin)

Violence des cités… : Quand on n’a pas les mots et qu’on a tous les maux, il reste le passage à l’acte violent…

A propos d'éducation - Une lettre à Science & Vie

Médias : leur responsabilité dans l'absence de pensée…

Politique internationale : Attentats du 11 Septembre - Au-delà du bien et du mal, il me manque les mots…

Politique internationale : Combien de temps encore nous ferons-nous la guerre pour les fautes des pères ?

(1) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche… (début)

(2) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche… (fin)

Perversions des systèmes : la démocratie en danger

Nicolas Hulot : l'équation économique insoluble et insolvable…

Quelques problèmes auxquels, je réfléchis sans vraiment trouver de remède pratique…

Un problème qui me pose vraiment problème : la société du spectacle, c'est maintenant…

Suite aux présidentielles : politique-fiction sur le mode de scrutin...

(1) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (début)

(2) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (fin)

(3) - Mises au point et compléments sur la TVA sociale…

(1) - Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur... (début)

(2) - Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur… (fin)

À propos de l’intéressement des salariés aux résultats de l’entreprise…

Pour redonner à la monnaie son équivalence travail et empêcher qu’elle soit gérée comme une marchandise, faut-il éliminer les spéculateurs ?...

Souvenirs d'un vieux con, à propos du féminisme... + Épilogue

Tribune de l'action...

Tribune de l'action : rêvons un peu… avec les banques…

Divagations sur la crise... L'inconscient, cette donnée incontournable oubliée par la politique...

Le faux débat sur l'évasion fiscale et les paradis fiscaux...

Solidarités sociales et retraites : ce qu’il faut savoir et ce qu’on ne vous dit pas ou si peu…

Juste deux ou trois choses qui personnellement me soucient bien plus que l’avenir des retraites !

(1) - Burqa et loi : un débat démocratique entre citoyens - Catherine Kintzler et Incognitototo (début)

(2) - Burqa et loi : un débat démocratique entre citoyens - Catherine Kintzler et Incognitototo (suite et fin ?)

Réchauffement climatique global ou pas ? Religiosité et politique : les Verts et Europe Écologie, la nouvelle secte des béni-oui-oui…

À ceux qui prônent un retour au Franc… et aux autres, qui manquent d’arguments pour leur répondre…

(1) - Euro contre Franc : un débat démocratique entre citoyens - Laurent Pinsolle et Incognitototo (début)

(2) - Euro contre Franc : un débat démocratique entre citoyens - Laurent Pinsolle et Incognitototo (suite et fin ?)

Exercices appliqués d’analyse systémique sur la mondialisation et à propos de la décroissance…

La « lutte des places » : la septicémie de notre démocratie...

Histoires de dettes interbancaires : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c'est quoi l'économie virtuelle ?…

Les dettes publiques : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c’est quoi la pensée virtuelle ?

Imprécis précis de fiscalité… pour en finir avec les « croyances populaires »… si, c’est possible…

La propriété privée et la finitude : des nœuds systémiques centraux...

Tous les extrémistes sont de dangereux malades mentaux...

Sciences et politique : un mauvais mélange... Le cas des réchauffistes...

« Double contrainte » : 40 ans d’accords internationaux et de lois, qui rendent fou...

Rapport Gallois et compétitivité... De qui se moque-t-on ?...

« Nul ne peut s’enrichir sans cause » : une jurisprudence malheureusement oubliée...

Homoparentalité et « mariage pour tous » : de la réalité à la loi...

La politique virtuelle contre « l’économie réelle »...

L’irrésistible progression des souverainistes et des nationalistes : l’horreur absolue... Qui est responsable ?...

« La société du spectacle » et « No future », nos seuls avenirs ?...

Changer par la loi et pour une « vraie révolution fiscale »... sans sortir de l’Europe...

« Après moi le déluge ! » : constats « navrants » sur plus on sait et plus on est con...

 

G - Actualité

Investiture socialiste, quand les vieux gouvernent la France,… étonnant, non ?

A propos de la Démocratie Participative...

Un débat presque oublié… Ou comment choisir notre futur(e) président(e) ?

Tramway parisien, ils persistent et ils signent... et les conneries continuent...

Mon raisonnement à la con pour choisir un Président…

Delanoë menteur et médias complices !!!

Quelques réflexions en vrac sur les résultats du premier tour des présidentielles… et notre système démocratique.

Débat télévisé des présidentiables… le degré zéro de la politique...

Quelques sentiments et idées en vrac, avant la mise en sommeil…

Hommage à Madame Benazir Bhutto…

Constitution européenne : Appels contre le traité de Lisbonne et le déni de démocratie

Edvige, Cristina et tous les autres...

Crise financière mondiale et faillite de la banque Lehman Brothers

Burqa : la liberté et le doute doivent-ils profiter à l’obscurantisme ?… Réflexions et solutions alternatives…

Revue de presse et informations complémentaires sur les retraites…

L’Islande, oubli ou désinformation ?... La révolution, dont (presque) personne ne parle…

Islande, les suites de leur révolution… ou les débats que nous évitons en France…

Mitterrand : l’imposture de la gauche - 10 mai 1981 : la commémoration du deuil de la gauche…

Les dettes souveraines : l’arnaque d’un demi-siècle de mensonges, ou de qui se moque-t-on ?…

11 septembre : la commémoration des amnésiques…

Primaires socialistes : allez-y...

« Votez, pour eux !... »

Croyances et politique : variations et élucubrations sur un second tour...

En vrac...

Compte-rendu d'étape de la présidence Hollande : toujours plus de la même chose : 1 / changement : 0,001

C’est la rentrée... Tous les gens qui s’offusquent de l’incivisme ou de l’immoralité de Bernard Arnault m’emmerdent...

Tribune de l’action : séparer les activités des banques (urgent et important !)... 

Fin de la souveraineté économique des pays et de la démocratie européenne...

À mes lectrices et lecteurs : avertissements importants !

 

E - Émotions, sentiments, humeurs, rires...

Une lettre anonyme que l'INSEE ne recevra pas...

Europe, après la victoire du "non" : les politiques me fatiguent et les journalistes aussi...

Nouvelles cartes grises : carton rouge aux eurocrates qui ont encore frappé très fort…

Quelqu'un connaît-il un descendant de Champollion ? Ou de quoi parlent 2 amis experts-comptables quand ils se rencontrent ?

Insécurité routière... pardonnez-moi, je me défoule...

Je n’ai rien à dire… ou presque…

Lettre à la direction d’un hôpital ou comment sont utilisés nos impôts...

Sarkozy élu… pour partager ma bile… et message(s) à cette gauche atteinte de crétinisme avancé…

Tous derrière Delanoë… pour sauver le monde en plantant des carottes…

Tramway parisien : le bal des cocus continue… et la mascarade passe…

ASSEDIC (et autres) : qui sont les crétins qui écrivent les directives ?...

Une journée dans les bas-fonds de la justice française...

Michel Onfray… Au secours ! La pensée dogmatique et l’ostracisme sont de retour…

Juste pour rire... le langage politique… 

Service des urgences de l’hôpital Tenon : la « honte » de nos services de santé…

Divagations sur le consentement, la sexualité et autres considérations sociales…

Partage d’émotions : quand les humains comprennent ce qui les réunit plus que ce qui les divise...

Une symbolique de 2012 : pour rire jaune… 

Récréation philosophique…

Mes interrogations du moment... ou quand le vide politique ne présage rien de bon...

Nouvelles du « monde du travail » dans la France d’aujourd’hui… interdit au moins de 18 ans…

Nouvelles de la barbarie, de l’individualisme et de l’indifférence…

11 Novembre, hommage et mémoire…

Chine-USA : « Une guerre sans limite »…

Spécial vœux 2012, le temps des bilans… hommage posthume au Diceros bicornis longipes...

"L’Université des Va-nu-pieds", quand les hommes comprennent ce qui les relie…

Faire-part de vie...

Être un homme de gauche, par Alex Métayer...

Le pouvoir des banques, le cas d’école : Goldman Sachs...

Des vœux pour 2014 que je fais miens !...  

Faire-part...

 

  F - Ville de Paris : urbanisme et politique...

Informations sur la catégorie : "Ville de Paris : urbanisme et politique..."

Voirie parisienne : l'honneur perdu de Delanoë qui cautionne l'ayatholisme de Baupin et Contassot

A propos de la Démocratie Participative...

Violence des cités... : Quand on n'a pas les mots et qu'on a tous les maux, il reste le passage à l'acte violent...

Tramway parisien, ils persistent et ils signent... et les conneries continuent...

Delanoë menteur et médias complices !!!

Insécurité routière... pardonnez-moi, je me défoule...

Tous derrière Delanoë… pour sauver le monde en plantant des carottes…

L’Omerta sur Michel Charzat, liste différente de Paris 20ème

Tramway parisien : le bal des cocus continue… et la mascarade passe…

Vélib' : problèmes d'arithmétique élémentaires, niveau CM1…

 

H - Livre d'or des commentaires et autres...

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 22:50

Première date de publication : 25/01/2013

Date de la dernière mise à jour : 30/01/2013

 

 


Comme vous le savez, je n’ai pas pour habitude de m’occuper (souvent par absence totale d’avis tranché) des débats dits « de société »... Cependant, compte tenu du foin médiatique autour des questions posées en titre, il faut bien que je vous rapporte les différents échanges que j’ai pu avoir à ce sujet.

 

 

Préalables... 

 

Il faut que je vous avoue un truc, ma « vraie » position, celle dans « l’idéal » (celui qui n’existe pas), c’est que je pense qu’il faudrait totalement supprimer du Code civil, tous les textes relatifs au mariage et s’intéresser seulement à ceux qui concernent la filiation, c'est-à-dire, là où il y a des vrais enjeux...

Je ne vois vraiment pas de quoi la loi se mêle quand elle se propose de dire le « bien et le mal » dans les rapports qui unissent des partenaires de vie, quels qu’ils soient.

La loi impose l’égalité des droits, de même qu’elle oblige à la protection et au respect des individus : interdit de la violence, de l’emprise, de la domination, de la pédophilie, du viol, et cetera, et cetera... À mon sens, c’est bien suffisant pour régir les rapports humains et même, pour déclarer illégaux des mariages religieux qui ne respecteraient pas nos lois.

Aussi, je ne vois pas pourquoi la loi en rajoute avec le mariage républicain, sauf à nourrir des avocats et à encombrer les bureaux des juges ou les prétoires de justice, puisque presque un mariage sur deux (46,2 % !) se termine par un divorce ; et parmi ceux qui restent, malgré tout, mariés, nous en connaissons tous beaucoup qui se demandent pourquoi, ils n’ont pas le courage de divorcer ou s’accommodent de situations qui n’ont pas grand-chose à voir, ou ne respectent en rien, les articles 212 à 226 du Code civil...

En l’absence de mariage civil, libre à chacun de « sacraliser » son union dans les termes qui seront, par ailleurs, conformes à ses croyances et désirs... De même, libre à chacun de contractualiser, ou non, devant notaire, le type d’union matérielle qu’ils souhaitent, selon tous les régimes possibles de contrat ou de société en participation, calqué sur ceux du mariage : communauté universelle, réduite aux acquêts ou en séparation de biens... et de régler dans le même temps les problèmes de succession, sans que tout cela n’implique en rien un « mariage ».... Il est à noter d’ailleurs que tout ça a toujours pu se faire, sans mariage et sans PACS !....

 

Cependant, les arguments et développements de deux articles :

- Mariage civil, mariage religieux : une contrariété révélée par le « mariage homo » ; de Catherine Kintzler (Chevalier de la Légion d’Honneur icon_wink.gif),

- Le « mariage homo », la nature et l'institution : quelques réflexions ; de Jean-Michel Muglioni,

m’ont convaincu qu’il ne fallait pas laisser le champ libre aux religieux soi-disant orthodoxes ; ceci, tant qu’ils continueront à vouloir imposer leurs diktats, leurs dogmes, leurs croyances, ainsi qu’à se mêler de ce qui ne les regarde pas, et à imposer leur « charia » qu’elle qu’en soit l’origine... De plus Catherine, avance une démonstration très pertinente, sur la notion de « mariage civil », qui n’a, à l’évidence, pas grand-chose à voir avec celle des religions, parce que non basée sur les mêmes fondements et qu’il est par nature totalement autre chose... c’est bien ce que révèle, d'ailleurs, en pleine lumière l’opposition de certains religieux au « mariage pour tous ».

 

Aussi, je me suis rallié à la nécessité et à la légitimité d’étendre le droit au mariage aux couples homos ; et je vais tenter de vous démontrer par les faits, rien que par les faits (car, vu le nombre d’arguties développé contre, juridique, philosophique, politique, linguistique, catastrophiste, ... cela nécessiterait trop de temps de les réfuter un par un), que les arguments qui s’opposent à cette loi sont dépourvus du moindre fondement réel.

 

 

À partir de quels arguments, peut-on vraiment discuter et réfléchir ?... 

 

Compte tenu des fondements religieux de beaucoup d’opposants, il faut commencer par évoquer le choquant « passage à l’acte  » de certains représentants du Livre, quand ils s’autorisent ex cathedra à dicter leurs lois aux hommes.

Il faudrait régulièrement rappeler à certains « théologiens », qu'en se mêlant de la loi laïque, ils enfreignent régulièrement 3 lois du Décalogue (et sont donc promis à la damnation) :

- Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face.

- Tu ne te feras point d'image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.

- Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent.

 

Si on considère que ces religions indiquent des chemins qui doivent conduire à la « libération » et que le sens des mots est symbolique ; alors, on peut comprendre ces lois, dictée par un « surmoi spirituel », ainsi :

- seule ma parole est vraie pour toi, (ton inconscient est unique, il n’appartient qu’à toi et n’a force de vérité que pour toi)

- tu ne retranscriras jamais dans la réalité ce que je te dis ; les choses de l’esprit doivent y rester, et ne doivent pas communiquer, ni influencer le monde matériel, (ton inconscient doit rester en toi, il n’a de valeur directrice que pour toi)

- tu ne devras jamais croire ou te mettre au service d’images ou de quelqu’un qui serait censé me représenter ; et si tu crois en quelqu’un ou quelque chose qui te dirait qu’il me représente, alors tu deviendras fou et tu rendras fou tes descendants... (te mettre au service et croire que quelqu’un d’autre que toi-même détient une vérité sur toi, est le plus sûr chemin pour te conduire à la folie et ton entourage avec toi)

 

À la lumière de ce que l'on sait des mécanismes psychiques, ça peut se traduire très simplement par : les pulsions et les fantasmes doivent restés à l'intérieur de nos pensées, jamais extériorisés ou matérialisés (sauf pour en faire de l'art, mais certainement pas une religion), et jamais on ne doit prendre ses pulsions et ses fantasmes pour des vérités universelles. Si tu te mets au service de ceux qui te disent ce que tu dois penser, ressentir et faire, ce seront forcément des imposteurs qui te rendront fou...

 

C’est cette analyse symbolique qui me conduit à penser que, tout humain qui voudrait faire une exploitation « terrestre » des lois de « Dieu » est en état de « péché mortel ». Matérialiser dans la réalité (la terre) un « Dieu », quelle qu’en soit l’origine, en faire une obligation pour tous et se prosterner devant sa représentation, est la pire transgression qu’on peut faire vis-à-vis de son Dieu...

Un enseignement d’une grande sagesse, si on le décrypte tel que maladroitement je vous le propose, qui nous aurait évité bien des procès en hérésie, des massacres, des tueries et des guerres... et pas seulement religieuses, politiques aussi, quand cette dernière devient une « religion »...

 

Bref, ce sont des commandements qui sont censés nous indiquer un chemin intérieur qui n'a aucune vocation à devenir la loi des hommes, ainsi qu'à nous protéger des « faiseurs de vérités » et de la folie. Ceux qui l'oublient nous démontrent tous les jours qu'ils ont besoin de se faire soigner... comme nous le prescrit très sagement la Bible, le premier manuel de psychopathologie symbolique que l'homme ait conçu....

 

À ma connaissance, ces commandements ont été très peu commentés par les théologiens et pour cause, sinon il faudrait avouer que les pratiques sont contraires aux enseignements, tandis que tout pouvoir temporel deviendrait injustifiable et même une hérésie.

On ne s’étonnera donc pas que tous les schismes religieux ou les accusations en hérésie, quels qu’ils soient, ont tous à la base des désaccords fondamentaux sur l’interprétation du « rôle » politique que devait jouer les religieux, et consécutivement à la représentation terrestre qu’il fallait donner à la « parole de Dieu ».

Cherchez bien, vous verrez que c’est le cas pour tous : les protestants, les cathares, les orthodoxes, les anglicans, ... mais aussi les ibadites, les soufis, et cetera... Cette « mésentente » sur la « représentation terrestre » est à la base de toutes les guerres, intra et inter, religieuses ; et on remarquera que les plus pacifistes et tolérants sont toujours ceux qui ont totalement dissocié pouvoir politique et spirituel... ça se vérifie toujours et partout.

 

Comparativement, quand on songe à l’attitude des bouddhistes qui ont parfaitement intégré la notion de Maya dans leur enseignement, qui exclut de convoiter ou revendiquer tout pouvoir temporel, on se dit que les autres ont encore bien du chemin à faire pour se comprendre eux-mêmes et pour s’expliquer, enfin, à quoi ils servent ; mais il est vrai que selon certains ce n’est « même pas » une religion...

On remarquera encore l’attitude extrêmement respectueuse des protestants qui ne mélangent pas pouvoir politique et religieux, tandis qu’à l’intérieur de cette église certains pétitionnent même pour le mariage pour tous ; mais il est vrai que cela fait longtemps que cette église ne croit plus à l’Immaculée Conception, à la transsubstantiation, à la sacralité du mariage, et autres « balivernes folkloriques » papales... Ceci expliquant peut-être cela... icon_wink.gif

 

Et ne voyez dans mes mots aucun mépris, d’autant que depuis toujours, je pense que les églises ont des fonctions symboliques importantes ; par exemple, comme nous le suggère Michel Serres : « (...) Depuis le 1er siècle après Jésus-Christ, le modèle familial, c’est celui de l’église, c’est la Sainte Famille. Mais examinons la Sainte Famille. Dans la Sainte Famille, le père n’est pas le père : Joseph n’est pas le père de Jésus. Le fils n’est pas le fils : Jésus est le fils de Dieu, pas de Joseph. Joseph, lui, n’a jamais fait l’amour avec sa femme. Quant à la mère, elle est bien la mère, mais elle est vierge. La Sainte Famille, c’est ce que Lévi-Strauss appellerait la structure élémentaire de la parenté. Une structure qui rompt complètement avec la généalogie antique, basée jusque-là sur la filiation : on est juif par la mère. Il y a trois types de filiation : la filiation naturelle, la reconnaissance de paternité et l’adoption. Dans la Sainte Famille, on fait l’impasse tout à la fois sur la filiation naturelle et sur la reconnaissance, pour ne garder que l’adoption.

L’église donc, depuis l’Évangile selon Saint-Luc, pose comme modèle de la famille une structure élémentaire fondée sur l’adoption : il ne s’agit plus d’enfanter, mais de se choisir. À tel point que nous ne sommes parents, vous ne serez parents, père et mère, que si vous dites à votre enfant « je t’ai choisi », « je t’adopte, car je t’aime », « c’est toi que j’ai voulu ». Et réciproquement : l’enfant choisit aussi ses parents parce qu’il les aime. (...) ».

Étonnant et savoureux, non ? Personnellement, c’est à cette symbolique-là (celle qui ouvre l'esprit) que je souscris et je me demande bien, pourquoi l’Église résiste depuis tant de siècles à sa propre parole et est aussi peu cohérente avec sa propre symbolique, dans quasiment tous les domaines...

 

Il est à noter que ce « déplacement fonctionnel » n’épargne aucunement les « sachants » et autres « scientifiques » qui se prévalent de leur « savoir » pour dire le bien et le mal...

Il en est ainsi, notamment de certains psychanalystes qui à partir de constats cliniques voudraient nous dire ce que nous devons faire... Une absurdité et un « abus de savoir » aussi peu pertinents et justifiables, que si - sous prétexte que la frustration est bonne pour la structuration psychique (effectivement, ça se démontre dans certains cas et contextes) - on avait répondu aux syndicalistes que leur droit à revendiquer et à s'associer, est un « mauvais » désir et qu'ils seront plus heureux en s'en privant... C’est tout simplement n’importe quoi, et plus grave, une façon de perpétuer des confusions de niveau qui n’autorisent aucun débat ; comme le démontrent si bien, les dialogues de sourd que toute « discussion », entre les pour et les contre « le mariage pour tous », provoque sur ce sujet.

D'ailleurs, si on étendait tout ce que la médecine sait aujourd'hui sur les comportements à risque, c'est dans un mélange de « 1984 » et du « Meilleurs des mondes » que nous vivrions aujourd'hui, et en tout état de cause dans un régime totalement totalitaire... et c'est bien dans le même type de régime que nous vivrions encore, si les religieux avaient encore le pouvoir politique en France (et est-il besoin de faire appel à l'actualité des pays musulmans, pour étayer ce constat ?)...

Alors pour ne pas se tromper de débat, il nous reste quoi ? La réalité, rien que la réalité, tel que je le propose dans ce qui va suivre... et tout devient beaucoup plus simple qu'on voudrait nous le faire « croire »...

 

En tout état de cause, on est bien dans un débat qui appelle de notre part des réactions émotionnelles et fantasmatiques ; vouloir régler cela par des dogmes, c’est tout sauf accepter de se confronter à « l’irréalité » de ses propres réactions... et dans bien des cas masquer sous de « belles paroles », ou en se cachant derrière des dires de « sachants », mal digérées, une homophobie foncière.

D’ailleurs, tout hétérosexuel avouera sans trop se forcer, que ça n'est pas « naturel », ni une évidence, compte tenu de notre culture, d'aller à l'encontre de ce que ses tripes pourraient réactivement lui dire... Ce doit même être un travail d'introspection important de comprendre que c'est rarement « l'autre » qui nous gêne, mais ce qu'il nous renvoie de nous, surtout dans tout ce qu'il peut réveiller comme « mauvaise image de nous », quelle qu'en soit l'origine ou la fixation...

 

 

L’ethnologie et l’histoire démontrent que le modèle hétérosexuel composé des géniteurs biologiques est un « quasi-mythe » 

 

L’histoire, c’est vraiment intéressant...

 

Savez-vous depuis quand les Occidentaux (pour les autres, je ne sais pas) savent comment on fait les bébés ?

C’est seulement en 1875 (!!!) qu’Oscar Hertwig déduit de ses observations qu’il faut un ovule et un spermatozoïde pour créer un enfant... Avant lui, circulait tout un tas de théories plus fumeuses, les unes que les autres (notamment celles de la création spontanée, puis des ovistes, puis des animaculistes, ...), qui n’intégraient l’action et la responsabilité du mâle que de manière totalement accessoire, et absolument pas déterminante (sauf pour les animaculistes, théorie tardive ayant précédée de peu la bonne découverte)...

Donc, toutes les théories qui fondent la légitimité du mariage sur l’organisation de la filiation génétique ne tiennent pas deux secondes à l’épreuve des faits, puisque notre organisation sociale, sur ce sujet, n’est historiquement absolument pas une conséquence de nos connaissances biologiques ! En effet, on ne peut pas soutenir que le mariage organisait la filiation biologique, puisque ça n’existait tout simplement pas dans l’imaginaire commun (le mâle n’était même pas intégré dans le processus de procréation), et encore moins scientifiquement...

J’en entends déjà certains qui vont me soutenir « qu’inconsciemment », on devait bien savoir comment on faisait les bébés... Mais non, même pas ! Les données ethnologiques s’y opposent (nous verrons ça, plus tard) ; de même qu’au cours des siècles passés, jamais l’éventuelle stérilité du mâle n’a été une cause possible de la non-fertilité du couple... La meilleure preuve, c’est que quand il n’y avait pas d’enfants, on changeait de femme... et on se doute bien que statistiquement (13 % des femmes infertiles pour 20 % des hommes), il y a eu de « vrais miracles » (avec l’aide de quelques « agents extérieurs » icon_wink.gif), pour que certains mâles qui pendant plusieurs années ne réussissant pas à avoir d’enfants, se mettent, tout à coup à en avoir spontanément des flopées, en changeant ou pas de femme icon_wink.gif... Bref, une sorte de ¨PMA avant l’heure...

 

L’humanité a donc vécu très longtemps en ignorant totalement le processus réel de procréation, tandis que l’autorité du père n’était absolument pas reliée à sa responsabilité biologique puisqu’on l’ignorait ; pire, on pensait que le mâle n’avait pas grand-chose à voir dans « l’apparition » des enfants... 


De plus, les arguments sur la filiation qui tendraient à vouloir s’opposer à l’homoparentalité sous prétexte que l’enfant « doit savoir » d’où il vient, oublient encore que, jusqu’à une époque récente, la sexualité était un sujet tabou, et qu’on racontait à peu près tout et n’importe quoi aux enfants : qu’ils étaient issus d’un chou, d’une rose, que c’était la cigogne qui les avait déposés... sans, qu’à ma connaissance, ça n’ait créé plus de polytraumatisés psychologiques que cela, à part moi, bien sûr icon_lol.gif...

Les premiers cours d'éducation sexuelle à l'école (facultatifs à l’époque et toujours avec le consentement des parents) datent de 1973 ; et encore, je me souviens également que certains profs en parlaient de façon anatomique, sans jamais parler de l'acte... et il fallait être bien curieux ou imaginatif, pour comprendre comment le spermatozoïde arrivait à l’ovule.... On n’oubliera pas l’opposition de certains religieux à l’époque à ce type d’enseignement, sans oublier qu’aujourd’hui encore dans certains pays, c’est pas gagné ; et je me demande bien comment l’Église réconcilie son exigence « de vérité » avec son opposition historique, ou encore actuelle, à la dire aux enfants icon_rolleyes.gif....

 

Cependant, je ne suis pas sûr qu’on ne se réinterrogera pas un jour sur les problèmes que pose le fait de « tout dire » aux enfants à propos de la sexualité et de leur origine. Je ne suis pas sûr que ce soit vraiment « mieux » aujourd’hui, quand on constate les ravages psychiques que la sexualisation précoce produit sur les enfants, et/ou que les générations qui arrivent apprennent « comment on fait » en visionnant des films pornos. À mon avis, nous allons bientôt découvrir de nouvelles pathologies névrotiques, consécutives à ces connaissances précoces... Et je ne suis pas sûr, alors, qu’on ne redécouvrira pas les « bienfaits » de maintenir, sauf demande exprès des enfants, un certain mystère sur les origines de leur vie.... Mais, c’est un autre débat...

 

 

L’ethnologie aussi, c’est vraiment intéressant...

 

Depuis la nuit des temps, le culte de la « naturalité », fondé sur les parents biologiques, ne correspond à rien de ce que l’humain a mis en pratique au niveau des organisations sociales... Mais, bien évidemment, dès qu’il s’agit de donner aux homos le droit de devenir parents, c’est à cet argument sans fondement historique que les opposants se réfèrent pour dire ce qui est « bien ou mal » pour l’enfant... C’est d’une mauvaise foi sans fond...

Depuis toujours et encore aujourd'hui, comme l’a démontré Claude Lévi-Strauss, de nombreuses cultures ne placent absolument pas le père et la mère biologique au centre des responsabilités éducatives de l'enfant, sans que ça n'ait produit plus que cela de problèmes.

Dans sa thèse sur « Les structures élémentaires de la parenté » :

- il distingue « état de nature et état de société » en démontrant qu'il existe moult modèles qui fonctionnent très bien en ignorant totalement les « lois naturelles » ;

- il conclut : « Aucune place, dans ces structures collectives, même pour une esquisse de ce qu'on pourrait appeler le modèle culturel universel : langage, outils, institutions sociales, et système de valeurs esthétiques, morales ou religieuses... »...

Donc, on ne peut pas corréler le développement d'une société et sa continuité sociale, avec un quelconque modèle familial, qui est aussi divers et a pris des formes aussi variées que les combinaisons interhumaines le permettent.

 

Surtout, les constats de Lévi-Strauss nous conduisent à comprendre que seuls les interdits et tabous sont fondamentaux dans la structuration psychique et ce quel qu’en soit l’objet... L’interdit de l’inceste est consécutif à l’organisation familiale, quelle que puisse en être sa forme, pas à la filiation biologique. Les « éléments psychiquement structurants » se situent dans les interdits, quels qu'en soient les objets et pas dans la forme du groupe social...

 

On a longtemps cru (et moi le premier, notamment à cause de la mésinterprétation symbolique des thèses de Lacan sur la forclusion du nom-du-père) que l'absence de père dans les cellules familiales était une cause des problèmes de certains mômes et adultes... Mais en réalité ce n'est pas précisément l'absence d'un père qui produit les problèmes, mais l'absence « d'autorité ». N’importe qui ou quoi - qui incarne et donne, des cadres, des limites, les interdits et l'amour - peut exercer cette fonction du « père »... et aucun environnement, fut-il celui des « parents biologiques », ne protège à coup sûr de ce genre d’absence éducative.

En interprétant les problèmes à un niveau « réel » au lieu du symbolique, ceux qui ont mal compris Lacan ont fait beaucoup de dégâts... et c’est sur les mêmes fondements biaisés que les opposants au mariage pour tous se basent aujourd’hui pour monter au rideau à la simple évocation de l’homoparentalité.

La culture des Moso (Cf. le lien ou ce documentaire) est assez signifiante, pour démontrer que la structure parentale est secondaire. C’est une millénaire société matrilinéaire (en extinction), sans mariage et sans (re)connaissance du père, où, quand il n'y a pas d'oncle, l'autorité parentale est exercée, sans partage, par les seules femmes... L’interdit de l’inceste est très fort dans les fratries, la jalousie est un péché, tandis que la liberté sexuelle en dehors de la fratrie est la règle... Presque le « paradis » pour les hommes qui voudraient vivre dans l’irresponsabilité la plus totale icon_wink.gif ; et en tous les cas, une étonnante « familiarité » avec ce que la libération des mœurs a produit depuis 40 ans, dans nos pays occidentaux... Et à ma connaissance, ces enfants et adultes, ne souffrent pas plus que d’autres de troubles psychologiques ou de psychoses...

 

Confondre les effets avec la cause, c’est toujours ce qui nous conduit à des conclusions hâtives, qui ne tiennent pas compte des réalités...

Il ne faut pas confondre l'organisation familiale avec la structure psychique qu'elle produit. On sait depuis plus de 60 ans (souvent sans vouloir le savoir) que ça n'a pas grand-chose à voir, tant que les « fonctions structurantes » sont présentes sous une forme ou une autre... À l’évidence, en aucune manière être né dans une famille hétérosexuelle de parents biologiques, ne garantit plus que dans d'autres modèles que ces « fonctions structurantes » seront présentes...

 

En réalité, on comprend bien qu’on est en train de faire aux homos le même type de procès d'intention et en incompétence parentale, que l'on faisait aux mères célibataires, il y a encore 30 ans...

 

 

Normalité et anormalité, deux concepts à géométrie variable... 

 

Il y a une chose qui me parait très étonnante, c'est le décalage qui subsiste entre la loi et la réalité des pratiques ; mais tout autant, et peut-être même plus, entre les fantasmes, le surmoi et la réalité des pratiques... ou autrement dit, entre ce que notre pensée continue à imaginer comme « normal », alors que la grande majorité des pratiques est « anormale »...

Entre le « dire » et le « faire », il y a déjà un gouffre qui permet aux églises d'avoir longtemps abrité et protégé dans leur sein des pratiques dénoncées dans leurs paroles et par leurs « lois » ; mais, il y a en plus un imaginaire collectif (fantasmatique) totalement déconnecté des réalités vécues... parce que c'est quoi, concrètement, cette « majorité » qui se prévaut d'un « modèle universel », pour justifier de combattre le mariage pour tous ? Un petit tour d’horizon s’impose...

 

De mémoire approximative (chiffres de l’Insee et autres études), petits rappels de quelques segmentations sociologiques :

- de 1 à... 10 % (selon les études) des personnes assumeraient leur homosexualité en France ; et l'impossibilité d'avoir des chiffres incontestables, semble aussi difficile que de classer la sodomie hétérosexuelle (pratique très en vogue), comme une variante « normale » de cette même sexualité ; et surtout, ne dites pas à un hétérosexuel, qui aurait ce type de pratiques, qu’il vit un fantasme homosexuel, vous vous exposeriez immédiatement à un déni ;

- 10 % des pères élèveraient, sans le savoir, des enfants qui ne sont pas d’eux (pour l’anecdote : sur un forum, j’ai dû préciser à une « bigote » - qui ne comprenait pas comment on pouvait avancer ce chiffre, puisque les pères sont dans l’ignorance - qu’on obtient ce chiffre en interrogeant les mères, qui en principe, savent toujours elles, avec qui elles ont procréé... quoique... icon_wink.gif) ;

- 40 % des personnes vivraient seules ou en famille monoparentale (plus de 50 % en IDF) ;

- 35 % des personnes vivraient en couple « recomposé », marié ou non, avec enfant ou pas ;

- seules 25 % des personnes vivraient en couple marié, « depuis toujours » ; mais on ne nous détaille pas pour cette dernière segmentation, le nombre de personnes qui s'accordent des « extras » extra-conjugaux, assumés ou cachés ; et s’ils ont des enfants ou pas, à l'intérieur ou en dehors de leur mariage ;

- tandis que toutes les études tendraient à démontrer que l'épanouissement d'un enfant, sa capacité à être heureux et équilibré, ne dépend nullement des segmentations ci-avant énoncées...

 

Bref, nous continuons à avoir des lois qui ne tiennent aucun compte des réalités de vie, mais plus grave encore, nos imaginaires continuent à fonctionner sur des modèles qui n'existent plus, ou du moins qui ne sont plus que des minorités : le couple, le prince charmant, la princesse charmante... et toutes ces « fadaises » imaginaires et fantasmatiques qui nous ont permis, soi-disant, de nous structurer...

Aussi, tous ces procès d'intention sur le devenir et les raisons de cette loi sont vraiment suspects et procèdent plus d'une vision imaginaire et égocentrée de la « norme » que des réalités historiques vécues et de ce que nous disent les sciences sociales...

 

« Nos » réalités largement majoritaires devraient donc nous pousser à faire en sorte que nos lois représentent et s'adaptent à ce que nous sommes (dans la limite des interdits fondamentaux)...

Hé bien non, 25 % des personnes continuent à dicter leur modèle, soi-disant exclusif, à 75 % des autres. Pire, alors même que nos réalités nous démontrent tous les jours, que nos imaginaires sont restés bloqués à des stades évolutifs primaires, en continuant à fonctionner sur des modèles minoritaires, il y a assez peu de gens au final, pour réellement militer pour qu'on foute la paix aux gens qui veulent vivre « différemment des autres »...

Et c'est là que l'expression « différemment des autres » ne manque pas de piquant, parce qu'actuellement ce sont les couples hétérosexuels mariés depuis toujours qui constituent une exception et une « anormalité »... Je propose d'ailleurs que nous les parquions dans des cités, où ils pourraient vivre entre eux, bien à l'abri des tentations de notre société ; sans oublier qu'ils pourraient faire appel à toutes sortes de soutiens médico-psychologiques pour assumer leur différence, ou devenir, enfin, comme « tout le monde »... Je plaisante bien sûr... quoique... icon_wink.gif

 

À l’évidence, il y a des domaines sombres de la psyché humaine qui nous poussent à continuer à « croire », alors même que nos réalités nous démontrent perpétuellement que nous avons tort... Je pense que pour le mariage homo, la PMA, la GPA et toute sorte d'autres problèmes soi-disant éthiques, nous sommes en plein dans cet imaginaire qui freine des quatre fers, alors même que nous vivons des réalités qui devraient dissoudre ce que nous continuons à fantasmer...

 

 

La réalité contre les croyances...

 

La réalité contredit les croyances et les préjugés sur l’éducation homoparentale...

 

À ma connaissance, seules deux grandes études sont disponibles, pour évaluer les éventuels problèmes que les modifications de schémas parentaux, consécutifs à l’homosexualité, produiraient :

- Homoparentalité état des lieux : une étude faite par des homos pour des homos qui souffre probablement d'une objectivité discutable et peut-être de nombreux biais... Mais pourquoi remettre a priori leur parole en doute ? Pour faire une analogie qui vaut ce qu'elle vaut et qui est de très mauvais aloi icon_rolleyes.gif : est-ce qu'un chercheur cancéreux ne peut pas proposer une étude objective sur sa propre maladie ? Est-ce qu'être un grand névrosé a empêché Freud et beaucoup d'autres psys de faire avancer les psys ? Donc, même si cette étude pourrait être contestable d’un point de vue méthodologique, elle n’en conclut pas moins que : « La tendance générale est qu'il n'y a pas de différences massives entre les enfants élevés dans des familles homoparentales et les autres ».

- L’étude de Mark Regnerus (US) sur les enfants ayant eu un parent homosexuel : une « étonnante » étude mise en avant par les opposants à l’homoparentalité pour nous dire que les enfants de parents homos ont plus de problèmes que les autres. Sauf que celle-ci est hors sujet, parce qu'elle n'explore pas la segmentation des couples homoparentaux avec enfant(s), mais celle des parents ayant changé d'orientation sexuelle « en cours de route », conduisant à des couples désunis... Les mises en garde et réserves que font les producteurs de cette étude à ce propos, sont d'ailleurs très claires et honnêtes... Mais surtout cette étude tendrait à démontrer, qu’il « vaut mieux être riche et en bonne santé, que pauvre et malade » ; car le fait qu'on rencontre plus de problèmes observables chez les enfants de couples désunis n'est vraiment pas un scoop... Il est d'ailleurs probable que cette étude aurait donné les mêmes types d'écarts, avec les couples désunis tout court, sans changement d'orientation sexuelle. De même, on pourrait probablement trouver également des écarts entre les riches et les pauvres, ou en fonction du niveau d'instruction des parents, ou en fonction du type de mariage (selon les 3 régimes possibles : communauté universelle, réduite aux acquêts ou en séparation de biens)... et tant d'autres « inégalités ou différences » devant la vie... Il y a même une très « sérieuse» (Sic !!!) étude américaine qui corrèle la réussite scolaire de l'enfant avec le prénom donné par les parents (rapporté dans « Freakonomics » de S.D. Levitt et S.J. Dubner) !!!...

 Addendum : Après avoir écrit ces lignes sur l’étude de Regnerus, je suis tombé par hasard sur une communication du Social Science Research (la revue qui a publié cette étude) qui après la levée de boucliers de 200 spécialistes, a fait effectué un audit par Darren Sherkat (qui est membre de son Bureau éditorial)... Ses conclusions (publiées dans le n°41 de la revue) sont sans appel : il conclut que l'article de Regnerus est très faible au niveau scientifique, et n'aurait jamais dû franchir la barrière d'un comité de lecture professionnel et compétent...

 

Non accessoirement, on a également le recul de pays ou d'États (pour les USA) où l'adoption par des homos est légale depuis plus de 10 ans maintenant, ainsi que la PMA et/ou la GPA (tandis qu'en France ça existe tout autant, mais de manière cachée)... et je n'ai pas l'impression que ces pays aient envie de revenir sur cette mesure, ni même que les « enfers » prédits par les anti-mariages pour tous se soient réalisés...

Aussi, comme nous le rappelle si bien Élisabeth Roudinesco (dans un article : « Indigne psychologie de bazar ») : « (...) Comment osent-ils aller à l’encontre de toutes les études sociologiques qui montrent que, depuis des décennies, les enfants élevés par des couples homosexuels ne sont pas très différents des autres enfants, et surtout que ce dont ils soufrent ce n’est pas de l’homosexualité de leurs parents, mais du regard que portent sur eux, à l’école ou ailleurs, ceux qui cherchent à les stigmatiser. (...) »

 

Au final, très concrètement, il n'y a rien qui puisse démontrer que les enfants de couples homos pourraient être plus « tarés », plus en difficultés, ni même plus homos que la population générale... Une démonstration in vivo de plus (si besoin en était), que les chemins symboliques des structurations psychiques empruntent des détours qui ne sont pas consécutifs à l’identification parentale ou au schéma familial ; ce que l'on savait, déjà compte tenu du nombre d'enfants qui sont devenus hétérosexuels et sans problèmes notables, malgré la privation de figures parentales distinctes : orphelins, divorcés, et autres... D'ailleurs, si le modèle hétérosexuel biologique était si fondamental que ça pour produire des enfants hétérosexuels et sans problèmes, je me demande bien pourquoi, il a généré tant d'homos, de névrosés, de psychotiques... et de familles « de Villiers »...

L'imaginaire et les constructions fantasmatiques suivent des sentiers qui n'ont pas grand-chose à voir avec la réalité... sauf en cas d'évènements traumatiques... mais là, ça ne dépend aucunement de l’orientation sexuelle des parents...

J’oserais même faire l'hypothèse que les enfants d’homos sont ou seront plus épanouis que les autres, si on arrête de les stigmatiser et qu’on les intègre dans le cadre de la loi. Pour une raison simple : c'est une question et une responsabilité tellement importante que d'avoir un ou des enfants pour des homos, que je les soupçonne, d’avoir quelque peu plus explorer leur désir, et surtout d'être qualitativement plus conscients et informés des besoins des enfants, par rapport à n'importe quel hétéro qui se retrouve parent, « parce que c'est ainsi », sans vraiment l’avoir choisi et juste parce qu’il répond à des atavismes millénaires... Mais, ce n'est qu'une hypothèse...

 

Personnellement, il n'y a que les faits qui m'intéressent et il faudrait que les « anti-mariage pour tous » m'apportent des éléments un peu plus probants que des croyances ou des préjugés ou même des extrapolations « théoriques », pour que ça infléchisse ce que je pense.

En attendant, je fais confiance à ce que je vois et à ceux qui m'entourent. Si j'avais pu constater parmi les couples homos, que je connais, que leurs mômes développent plus de « pathologies » spécifiques et à une fréquence plus significative, par rapport à ceux qui sont dans d'autres situations familiales, je serais le premier à m'y opposer... mais comme ce n'est pas le cas, je « nous » fais confiance pour que le « chaos » prédit par les « anti-mariage pour tous » ne devienne jamais une réalité.

 

 

Des fantasmes, toujours et encore, sur la PMA et la GPA...

 

J’ai lu des choses tellement irréelles sur les forums que les bras m’en sont tombés à plusieurs reprises (si, si, c’est possible icon_wink.gif). Par exemple, beaucoup pensent que les homos se reproduisent forcément et majoritairement par PMA et/ou GPA, et que cela va produire une marchandisation des corps, et/ou une inégalité entre ceux qui pourront payer et les autres...

Une vision totalement à côté de la plaque par rapport aux pratiques... La plupart, qu’ils soient hommes ou femmes, partagent avec d’autres homos leur parentalité, et s’arrangent totalement « artisanalement » quand ils ne souhaitent pas de rapport hétérosexuel pour procréer. Il y a même des sites dédiés pour ça, comme : co-parents.fr ; où se retrouvent d’ailleurs également des hétérosexuels qui veulent être parents sans vivre en couple, ou des hommes qui veulent simplement donner leur sperme... Et il me semble assez évident que l’absence de propositions de GPA n’est due qu’au fait que c’est interdit actuellement en France. Une étrange dissociation du droit qui autorise pourtant à peu près tous les autres « dons » ou pratiques qui peuvent s’insérer dans nos vides juridiques....

La seule « inégalité » qui subsiste est celle concernant les homos hommes... Dans le cas, où ils ne souhaiteraient pas de coparentalité avec une ou des femmes, ils sont bien obligés de passer par la GPA... C'est le seul cas de figure qui peut poser problème, tous les autres arrivent quasiment toujours à trouver des solutions « artisanales », soit pour partager la parentalité, soit en faisant appel aux « dons »... et je me demande bien combien de temps la France pourra résister à la « location des corps » ou au don qui se pratique dans d’autres pays... en maintenant un droit « schizophrénique », qui par principe, refuse de retranscrire l’existence de ces enfants issus de GPA dans le registre d’état civil, les laissant sans existence légale sur notre sol et sans autorité parentale officielle pour le conjoint homo...

J’ai un « drôle » de sentiment sur cette situation, elle me rappelle tragiquement celle des enfants juifs cachés pendant la dernière guerre... à une différence notable il est vrai, c’est que ces enfants d’homos ne risquent pas la mort réelle, juste celle du néant légal ; sans oublier les tracasseries administratives sans fin pour les parents adoptifs...

Une bizarre conception de l’égalité et de la cohérence des droits, où sous prétexte que l’acte initial étant illégal, on prive ceux qui n’y sont pour rien, les enfants, de toute existence légale en France. Il faut être cohérent, soit on met les parents en taule et ces enfants dans des orphelinats, soit on accepte simplement que la parentalité civile est un fait intégrable dans notre droit.

Mais, on ne reste pas le « cul entre deux chaises » en refusant l’inscription sur les registres d’état-civil et de nationalité français sous prétexte que l’enfant a déjà un état civil aux USA, tout ça pour que l’État ne se rende pas complice d’un acte illégal, qu’il n’est pas en mesure de sanctionner par ailleurs... À l’évidence, ça n’est sûrement pas pour rien que Tartuffe a été pensé et créé en France...

 

 

Des solutions légales simples...

 

Parmi les bêtises lues, une « préoccupation » m’a fait tomber les derniers bras qu’il me restait... Celle d’une exigence de vérité sur les origines. Comme si les enfants d'homos ne savaient pas qu'il existe d'autres orientations sexuelles et d'autres modèles que ceux de leurs parents civils, ni comment ils sont arrivés sur terre... Comme si les couples homos allaient mentir à leurs mômes en leur faisant croire qu’ils sont issus biologiquement de leurs rapports homosexuels... icon_eek.gif icon_rolleyes.gif

Cependant, bien qu’on ne puisse pas prouver que vivre dans le mensonge ou l'ignorance, sur ce sujet-là, serait plus pathogène (Cf. : le chapitre historique et ethnologique), c'est bien évidemment plus simple de vivre dans la « vérité ».

 

Caroline Fourest a fait (ou repris, je ne sais pas à qui) une proposition très simple à ce sujet, frappée du bon sens et à laquelle j’adhère totalement, tant elle permet de régler également beaucoup de problèmes pour les hétérosexuels, notamment pour les adoptions et les beaux-parents : celle de distinguer sur l'acte de naissance et l'état civil, les parents biologiques des parents civils !

 

Cette simple proposition, applicable également aux hétérosexuels, mettrait fin à tous les fantasmes délirants, et autorise une vraie évolution du droit qui pourrait, enfin, s’adapter aux réalités.

Elle donnerait l’autorité parentale aux seuls parents civils, et priverait les parents biologiques de tout droit non revendiqué. Elle autorise la formalisation de quasiment toutes les combinaisons parentales que nous connaissons aujourd’hui, même celle où l’enfant aurait quatre parents (s’il est issu de la coparentalité biologique de deux couples homos mariés) ; l’âne et le bœuf restant, en tout état de cause, exclus de la possibilité d’être parents icon_rolleyes.gif, mais pas les beaux-parents, homos ou pas...

En plus, elle permet (enfin !) de donner aux hommes les mêmes droits qu’aux femmes de ne pas avoir d’enfant. De la même façon, qu’une femme a le choix de ne pas garder un enfant, il serait temps de donner ce même droit aux hommes... Actuellement, un homme ne peut pas obliger une femme à avorter, ce qui peut se comprendre ; sauf que certains sont « condamnés » (parfois des années après un rapport ou une relation d’un soir) à payer des pensions alimentaires pour des enfants qu’ils n’ont pas désirés, juste parce que des femmes ont décidé seules de garder l’enfant et gagnent quasiment systématiquement leur procédure en reconnaissance de paternité...

Une vraie injustice et inégalité qui n’émeuvent pas grand monde, même si elles s’assoient sur toutes nos lois concernant les vices du consentement.

 

Cette distinction juridique, entre parents biologiques et civils, permettrait d’entériner et de reconnaître des situations de fait, sans léser personne, et en respectant la « vérité » relationnelle et procréative, ainsi que d’introduire une gradation des responsabilités et des autorités, conforme à la réalité (un parent biologique et civil aurait priorité sur le simple civil qui aurait priorité sur un biologique non revendiqué, en cas de divorce dans un couple homo, mais aussi hétérosexuel).

Un père ou une mère biologique pourrait refuser préalablement toute revendication civile, sur son « don » ; de même qu’un père, mis devant le fait accompli de sa paternité, pourrait refuser la responsabilité civile, sans pourvoir s’opposer à la réalité biologique... Et si on examine à la lumière de cette proposition tous les cas à peu près possibles, je trouve que cette solution répond extrêmement bien et de façon très pertinente au soi-disant « casse-tête » des origines, des responsabilités et des devoirs... D’autant, qu’elle oblige les parents à se poser préalablement les questions : Est-ce que je veux ou pas de cet enfant ? Et dans quel cadre, j’accepte qu’il naisse ?

Une réponse simple pour une situation compliquée, c’est tout ce que j’aime...

 

 

Pour conclure... sûrement provisoirement...

 

Malgré tous ces développements, j’ai bien peur qu’ils ne convaincront pas ceux qui s’opposent encore au mariage pour tous. C’est ainsi, on ne peut pas convaincre un croyant que sa foi est irrationnelle... tout comme on ne peut pas convaincre un dépressif qu'il n'a aucune raison de se sentir mal, ou encore un phobique qu'il n'a aucune raison d'avoir peur... c'est le même phénomène pour ce soi-disant « débat »...

J’aime à répéter ce que Paul Watzlawick nous dit dans « La réalité de la réalité » : « L'élément le plus meurtrier de l'histoire de l'humanité est sans doute l'illusion d'une réalité "réelle" avec toutes les conséquences qui en découlent logiquement. » ; et en l’occurrence dans ce débat, force est de constater que les opposants prennent leurs fantasmes pour la réalité.

 

Je pense que la société ne perd jamais au change quand la loi reconnaît des droits qui permettent à des segmentations sociales, si elles respectent par ailleurs tous les cadres et interdits sociaux, de sortir de la marginalité de leur « différence »... Les serfs, les bourgeois, les esclaves, les femmes, et beaucoup d'autres ne s'en souviennent plus aujourd'hui, mais ils sont restés de nombreux siècles sans droits et différents par rapport à ceux qui en avaient, à tel point que certains n’ont même pas eu « d’âme » pendant des siècles... Continuer à laisser les homos dans la marginalité de la loi, et les laisser faire leur vie en dehors du cadre commun, est tout sauf une façon d'avoir avec eux les mêmes exigences qu'on est légitimement en droit d'attendre, notamment par rapport aux enfants...

 

Les opposants, pour ne pas être taxés d’homophobie, mettent volontiers en avant, sans aucun fondement réel, le souci de l’avenir des enfants. Mais qui se soucie le plus de ces enfants ? Ceux qui veulent les laisser dans la marginalité ou ceux qui pensent que leur donner un statut légal est plus important que tout ?

C'est parfois compliqué de gérer une « différence », c'est encore plus compliqué quand la société vous abandonne dedans et ne vous donne aucune existence légale. Je pense que la loi, celle qui est au-dessus de tous, doit donner à tous les parents, fussent-ils civils, et tous les enfants, fussent-ils à moitié ou totalement adoptés, le droit d'être « comme tout le monde ».

Personnellement, je ne me fous pas que ces enfants (qui existent déjà et qui sont de plus en plus nombreux) continuent à n'avoir aucune reconnaissance légale de leurs liens affectifs, ni de leur origine ; et c'est exactement dans ce no man's land, en dehors des lois communes, que voudraient les laisser ceux qui s'opposent au mariage pour tous.

 

En tout état de cause, tous les arguments contre ne sont que des fantasmes, rien que des fantasmes, rationalisés plus ou moins intelligemment, par des gens qui pensent défendre des valeurs, alors qu’ils ne font que démontrer qu’ils tiennent plus à leurs « croyances » et à leur imagination qu’à la réalité du monde tel qu’il est.

Il serait temps que les hommes cessent de confondre imaginaire, fantasme et réalité... combien de générations encore, pour y arriver ? Combien de durs et vains combats encore pour que les humains apprennent à vivre avec le principe d’incertitude et l’amour des « différences » ?... Des combats millénaires qui n’ont pas fini de nous occuper...

 

 

 

P.-S. 1 : Désolé de vous avoir infligé tant de mots, qui doivent probablement se répéter, ou paraître des évidences pour beaucoup... Je ne sais pas faire plus court sur les sujets complexes... qui recouvrent pourtant des simplicités évidentes... parce ce que de quoi on parle, en fait ? D’amour, juste d’amour, et de ses innombrables formes, sur lesquelles personne ne détient de « vérité »...

 

P.-S. 2 : Restez calme sur les commentaires, sinon je censurerai sans état d’âme...

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commentaires

monde indien 23/04/2013 14:14


Ben oui , le Hic c ' est comment y parvenir - j ' ai bien peur que le désir d ' une société humaine ne soit pas partagé par tous - et m^me à dire vrai , par assez peu ! -

emile 23/04/2013 14:00


Vos arguments ne font que me conforter dans l'idée que je me fais d'une société décente !

monde indien 23/04/2013 13:54


@Emile - Libérale ? Oui , c ' est assez ce qu ' on retrouve dans les rangs de cette manif + que douteuse . Ici le libéralisme s ' avère être tout le contraire de ce qu ' est la vraie liberté ,
qui n ' a RIEN à voir avec l ' égoïsme - La vraie liberté ne peut exister sans l ' épanouissement des liens d ' échanges entre les êtres , sans non-plus l ' absolu respect de tout être ou toute
forme de vie -Pour faire court , comme le dit le sage hindou : l ' autre doit être heureux -


Ah là là , cette horrible façon de faire le bonheur des autres sans m^me les regarder ! quitte à les rendre le + malheureux du monde !!  Allons , pas de parano , les enfants de pédés ou de
gouines , ni les enfants de mères porteuses ne feront pas des bataillons de gouines et de pédés !! Et quand bien-m^me , qu ' est-ce que ça peut foutre !! Frigide Barjot ferait mieux d ' aller se
faire défrigidifier le croupion !! Et les soit-disant penseurs-intellos-machins d ' arrêter de se masturber la paranoïa et se mettre à aimer vraiment -

emile 23/04/2013 12:33


Et si justement "tout ce qui part à vau-l'eau " était le produit de la société libérale / libertaire et de son slogan Liberté Egalité Chacun pour soi ?

emile 23/04/2013 10:16


Puisque vous le dites ! 


Ne prenez tout de même pas les opposants à cette loi uniquement pour des imbéciles, on y retrouve aussi des Pierre Legendre, Jean Pierre Winter, Aldo Naouri, Sylviane Agacinski, Dany-Robert
Dufour, Jean Claude Michéa etc....

monde indien 22/04/2013 22:24


Quelle honte ces manifs anti-homos ! Car c ' est bien de çà dont il s ' agit -


Ca me fatiguerait m^me d ' en discuter , tellement c ' est nul !!! -


De quoi ont-ils peur , ces anti- mariage homo ???


De l ' adoption ?


Mais pourtant les traditions et couples MACHISTES génèrent plus d ' homos que les homos eux-m^mes - Et en disant çà , je vois bien que je suis déjà dans un discours ségrégationiste : quel mal y
aurait-il à engendrer des homos ???


Allez faire un ptit tour en Amérique Latine ou dans les pays latins d ' ici , ou autres cultures machistes ,, pour voir ce que ces pays peuvent engendrer de dégâts : viols , asservissements des
femmes , pédophilie , misère sexuelle , ... etc , la liste semble sans fin -


Frigide Barjot n ' a pas choisi son pseudo par hasard - un " aveu " de frigidité ? ( cf. Freud : " psycho pathologie de le vie quotidienne " )


La reconnaissance des différences homosexuelles serait-elle une menace pour tous ces abus machistes que nous connaissons bien ??


Beurk  ! ! !

Incognitototo 23/04/2013 03:08



Oui, «  de quoi ont-ils peur ? » ; c’est la bonne question... et si j’osais faire une analyse sauvage du monceau d’imbécillités qu’on entend sur le sujet de la part des
anti mariage pour tous, je pense qu’ils nieraient en bloc... alors effectivement autant ne rien dire...


Le pire étant de voir sur quoi ces gens se mobilisent (ça les intéresse vraiment de savoir et de contrôler ce qui se passe dans le lit de leurs voisins, ça, c’est une vraie préoccupation
), alors même que tout le reste part à vau-l’eau...



emile 22/04/2013 12:13


Il est tout de même curieux qu'on s'élève à tout propos devant les avancées technologiques en invoquant le principe de précaution, et qu'on s'apprète à modifier l'ordre symbolique et l'imaginaire
de nos sociétés sans plus de précautions !


Il y a un monde entre l'acceptation des différences et le "mêmisme " qui s'empare de nos sociétés.


 

Incognitototo 23/04/2013 03:02



« ... on s'apprête à modifier l'ordre symbolique et l'imaginaire de nos sociétés... »  ; vous
êtes sérieux ??? Justement absolument rien n’est modifié et on ne fait qu’entériner par la loi, la façon, dont les humains ont géré la filiation depuis des millénaires... par l’adoption et
tout un tas de pratiques qui n’ont rien à voir avec la réalité biologique !



monde indien 20/02/2013 20:46


Merci Toto pour ce texte -


Hélas ce n ' est pas de l ' évidence pour tout le monde -


Quelle misère culturelle actuelle ! ! !


Mais peut-on attendre quelque chose de " tout le monde " ?


Ou alors , certains seront toujours opposés et contre ce qui pour nous est évident !

Incognitototo 22/02/2013 03:26



De rien



Michel Martin 11/02/2013 13:41


@Lea,


"spiritualité laïque" c'est quoi?


La spiritualité renvoie au pourquoi, à la finalité. Comme on ne trouve aucune réponse rationnelle définitive à cette question du sens de la vie, les religions se posent en candidat pour clore
cequestionnement et apporter des réponses.


Une spiritualité laïque ou matérialiste semble donc être, par définition, un non sens. Pourtant, si on se penche sur le vivant, on peut déceler que nous agissons "pour", que nous utilisons
l'information "pour". C'est même ce qui différencie le vivant du non vivant.  le sens de la vie est un livre de réflexion sur ce que peut être une spiritualité matérialiste qui dépasse de très loin le simple cadre humain et touche l'ensemble du vivant.

Bertrand 02/02/2013 19:00


Pour en revenir sur le mariage des prètres, je crois bien qu'il était une époque durant laquelle le mariage était autorisé. Le mariage a ensuite été interdit car Rome avait peur de voir son
patrimoine se disperser avec les héritages.

Jac 01/02/2013 14:52


C'est sous le IVème concile de Latran (débuté en 1215) sur l'initiative du pape Innocent III qu'a été sacralisé le mariage, lequel est alors défini comme l'union de deux volontés et non plus de
deux corps. 


Autrement dit même un catho des plus pratiquants peut très bien respecter cette "sacralisation" en considérant que ces 2 "volontés" sont du même sexe, non ? La volonté a-t-elle un sexe ?


Si on tient compte aussi du fait que les derniers papes n'ont plus considéré  les homos comme des "sodomites" (nom donné aux homos à l'époque du IVème concile) et les ont reconnus tout
autant "enfants de Dieu" que les autres.

Jac 01/02/2013 14:30


Heu.....


Il y a une chose que je n'entends jamais pour répondre à tous les homophobes qui considèrent que les homos sont des "tarés" (ou "ratés" ou "malades" ou "déséquilibrés"...) et que seules les
familles traditionnelles père-mère-enfants peuvent engendrer des enfants équilibrés :


La plupart des homos sont issus d'une famille "traditionnelle", non ?


Alors qu'ils soient contents! ces homophobes; qui sait, l'inverse peut être vrai : les parents homos peuvent aussi engendrer pour la plupart des enfants hétéros....


C'est cynique, j'en conviens.


On a déjà assez de recul (des siècles et des siècles) pour savoir que les familles "traditionnelles" (papa, maman, grand'papa, grand'maman, tonton, tata...) engendrent pourtant aussi des tarés
(des vrais, plus souvent hétéros qu'homos d'ailleurs)


 

Bertrand 31/01/2013 06:26


@incognito,


C'est leur hiérarchie qui interdit le mariage. Je suis certain que les prêtres qui ont un petite copine cachée dans la sacristie seraient heureux de vivre leur amour en plein jour. Mais bon,
lorsque l'on entend les propos de Mgr Barbarin et de ces mitrés hypocrites et réac, il est certain qu'au sein de l'église, le mariage des prêtres n'est pas à l'ordre du jour et ne le sera pas
demain.


Pour les enfants, je retiens votre argumentaire. Les lois de l'église romaine datent du moyen age et il semble que la notion d'amour, surtout envers les enfants, semble mal interprétée.

Incognitototo 01/02/2013 03:36



Oui, la sacralisation du mariage date de 1 184 pour l'Église catholique... à une époque où les connaissances sur la reproduction oscillaient entre la création spontanée et les théories ovistes
(les enfants existaient déjà préformés dans le ventre de la femme)... cette sacralisation devait permettre à l'enfant d'advenir... une théorie oviste secondaire considérait que le sperme était
l'engrais qui permettait à l'enfant de pousser...
C'est marrant d'ailleurs de savoir qu'on a si longtemps fait "ça", sans savoir ce qu'on faisait vraiment... Un peu comme quand on allume une télé, sans savoir absolument rien de comment l'image
arrive sur l'écran.
Les paysans avaient, cependant, parfaitement compris le rôle de la télécommande, puisqu'en "appuyant sur certains boutons", ils avaient remarqué qu'on pouvait avoir une influence sur ce qui
allait en résulter... Selon certains chercheurs, la pratique de la sélection naturelle a commencé 6 000 ans av. J.-C.... Étonnant, non ? Alors qu'on ne comprenait absolument rien au
pourquoi, ça se passait comme ça... Mais c'est connu, on ne fait jamais aussi bien que ce qu'on ne sait pas qu'on fait... Une maxime qui semble encore d'actualité chez certains croyants...




Bertrand 30/01/2013 12:36


Donc Mariage, adoption et PMA pour tous, même pour les prètres. Ceci évitera bien des problèmes.

Incognitototo 30/01/2013 22:23



Ha non alors, ... Mariage, adoption et PMA pour tous ceux qui le souhaitent, sauf pour les prêtres, tant qu'ils  n'acceptent pas de se marier (avec qui, ils veulent d'ailleurs)... Ils ont un
trop lourd passé pour qu'on leur fasse confiance à propos de l'éducation des enfants...

Merci pour votre témoignage.



Bertrand 30/01/2013 12:06


@ Joseph


"On en reparlera dans 10 ou 20 ans. Les dégâts seront effrayants."


Je suis de ces permiers couples qui lors du divorce ont pratiqué la garde alternée des enfants. Je me souviens des propos du juge (une femme).


Nous n'avons pas lâché, mon ex-épouse et moi même car cette juge était contre ce principe. Pas de recul suffisant selon elle. Les femmes avaient la garde des enfants car considérées comme seules
ayant "la connaissance" pour les élever  en donnant priorité à l'amour maternel. Ce juge nous avait dit qu'elle nous reverrait dans son bureau certainement car ce principe de garde irait à
l'échec. Je ne l'ai jamais revu.


Résultat, ma fille se porte bien, elle fait de brillantes études. Si c'était à refaire, je confirmerai mon choix en améliorant la pratique puisque j'ai maintenant le recul et l'avis de ma fille
avec qui le dialogue est une richesse pour moi.


Nous sommes dans le même schéma. Parce que certains imposent leurs idées, les autres devraient s'y soumettre. De quel droit ?


L apparition de nouvelles cellules familiales imposent de nouvelles lois afin de protéger les enfants et pour le reste, lorsqu'il y a dialogue, l'enfant évolue et se construit. Combien de
familles bourgeoises, conservatrices et "bien pensantes" se retrouvent avec des enfants qui ont de vrais problèmes psy ? Je pense à l'affaire du fils DE VILLIERS par exemple.


Je suis tout à fait d'accord sur le fait que le mariage ne devrait pas exister en soi. Pour moi ce n'est qu'un contrat qui valide le choix de deux personnes qui décident de vivre ensemble et je
ne vois pas pourquoi ce contrat doit être validé par la République. Un notaire peut très bien faire l'affaire. La décision de vivre ensemble est une affaire privée.


Maintenant la République nous impose ce principe. Soit !


dans ce cas appliquont les valeurs de la République.


EGALITE, pour tous les citoyens et LIBERTE de nos choix.


Pour la FRATERNITE, tous ceux qui veulent imposer leur morale au nom de leurs dogmes, et plus particulièrement les réactionnaires cathos, ils devraient passer à confesse car combien de vies
brisées suite à tous les actes pédophiles dans tous les pays du monde.


Ceux qui parlent aujourd'hui, ils ont attendu 10 ou 20 ans comme vous dîtes.

Mezetulle 28/01/2013 10:14


Merci Incognitototo pour les citations élogieuses des articles parus sur Mezetulle. Encore heureux que tu
n'aies pas trouvé un smiley avec ruban rouge  !!!



Lorsque ce débat sur le mariage a commencé, j'étais atterrée par le caractère nunuche de certains arguments en faveur du "mariage homo"... "on se marie parce qu'on s'aimeu-euu" (comme si des
hétéros pouvaient toujours épouser qui ils ou elles aiment, par exemple quelqu'un de déjà marié?), et par le caractère franchement effrayant des arguments opposés  ("le mariage est institué
en vue de la procréation" comme si le mariage était interdit quand on a passé l'âge de fertilité, comme s'il fallait dissoudre les mariages inféconds, comme si homme et femme étaient confondus
avec mâle et femelle...).


Je suis maintenant persuadée que des articles comme celui-ci élèvent le débat public et je vois, même au fenestron médiatique, une évolution assez nette de l'argumentation au sein du personnel
politique favorable à cette extension du mariage (on ne peut pas en dire autant des autres..) - on ne saurait trop conseiller à leurs conseillers de consulter de temps en temps nos blogs, et de
s'en inspirer pour faire quelques fiches ! Et pas seulement sur le sujet du mariage (mais là ce n'est pas gagné : c'est tellement plus facile de distribuer des hochets).

Incognitototo 29/01/2013 03:13



Bah, ce n'est pas par taquinerie, facétie, malice, espièglerie (ou presque ) que j'ai cité ta distinction honorifique, mais
en pensant que certains lecteurs écouteraient mieux une personnalité qui a été reconnue pour "mérites éminents rendus à la Nation"... Je mens bien sûr , mais pas tant que ça... car, je n'en pense pas moins que la justification est possible ; tant, tu auras remarqué que dans ce
débat, j'ai rarement vu autant d'arguments empruntés à des "spécialistes" (sans y avoir rien compris, le plus souvent) et à des "autorités" morales... Mais, il est vrai que la "bien-pensance"
empêche d'avouer : "j'ai peur et j'honnis les pédés et les gouines... d'ailleurs moi-même, je ne me sens pas très bien..." ; alors, c'est plus facile de faire parler les autres, quitte à déformer totalement leur pensée...

Merci surtout à Mézetulle, qui ne cède jamais à la facilité, d'avoir éveillé ma conscience et mon
attention, ainsi que de m'avoir démontré à quel point ce combat est utile et important... Sinon, j'aurais failli passer totalement à côté, tant, comme beaucoup, le sort juridique des gens qui
"s'aimheuuuuu" m'importe peu...
Aussi, ta reconnaissance de l'utilité de cet article me va droit au cœur.

En l'occurrence, comme Mézetulle me l'a amplement démontré, les enjeux dépassent de loin le fait d'accorder le droit au mariage aux couples homos. Je vois, maintenant, cette histoire, comme le
combat millénaire du "savoir" contre les croyances, de la réalité contre l'imaginaire, du réel contre les fantasmes, ... Bref, comme une possible avancée sociétale, pour que les gens cessent de
croire au déterminisme de nos conditions sociales... N'était-ce pas le projet des Lumières ? Il reste toujours à accomplir dans bien des domaines... et celui concernant l'organisation familiale
est extrêmement important, notamment dans notre contexte actuel, où il est nécessaire de réaffirmer à tous les extrémistes religieux qu'on ne lâchera rien sur la loi de 1905... et qu'on avancera
sans eux et même contre eux, s'il le faut.



léa 26/01/2013 23:16


Débat très interessant ! J'ai particulièrement apprécié les commentaires de C.Kintzer et de Muglioni, qui sont à la fois argumentés et respectueux.


Cela bouscule, et repose bien des questions: Sur quelles valeurs laïques solides pouvons nous construire notre société ?


Qu'appelle-t-" spiritualité laïque"?


Créer des lois, cadre et donc crée en même temps  forcément des exclusions?


La science produit elle toujours un progrès pour l'humanité ?


La recherche scientifique est elle libre ?


Enfin, dès qu'on tire un bout de la ficelle, c'est tout le noeud qui arrive !...

Incognitototo 27/01/2013 05:30



Est-ce à dire que vous trouvez mon article peu argumenté et peu respectueux, comparativement à ceux de Catherine Kintzler et Jean-Michel Muglioni ? Si oui, j'essayerai de faire mieux la prochaine fois...

Oui, je vous le confirme, il y a des questions qui renvoient à d'autres questions et c'est sans fin ; et je n'ai pas de réponses définitives à vos interrogations qui chacune demanderait des
développements particuliers... Hermann Hesse résume ça très bien : « Au bout de tout savoir et de tout accroissement de notre savoir, il n'y a pas un point final, mais un point
d'interrogation. »
C'est bien pour ça d'ailleurs que je conclus sur le fait qu'il faudra bien un jour apprendre à vivre avec le "principe d'incertitude" (personnellement je le préfère au principe de précaution)...
Je pense même que c'est ce qui distingue fondamentalement sur un tel débat, ceux qui prennent leur décision à partir de constats réels, et ceux qui pensent avec leurs croyances... C'est tellement
vrai, que j'ai pu remarquer que je ne suis pas en désaccord avec certains arguments des anti-mariage pour tous (notamment sur certaines données de la psychologie moderne), mais bizarrement, alors
qu'ils y voient des fondements pour s'y opposer, j'y trouve au contraire d'excellentes raisons de l'autoriser... Ou comment en partant d'un constat commun, on peut diverger sur les
conséquences...

Pour ce qui concerne la science, je crains que ça n'aille de plus en plus vite et que nous soyons de plus en plus dépassés par les possibilités qu'elle va offrir... Exemple : songez qu'on a
réussi en laboratoire (en 2004) à créer une souris à partir de deux femelles... et ce qu'on sait faire pour une
souris, on ne tardera pas à savoir le faire pour les hommes... ou plutôt pour les femmes... Un gouffre éthique, conceptuel et légal nous attend, d'autant que je ne doute pas qu'il y aura toujours
des pays pour autoriser l'utilisation de telles techniques...

À quel moment faudra-t-il dire stop ? Ou du moins interdire que cela sorte des laboratoires ? Pensez à Einstein qui en 39 exhorte Roosevelt à développer la bombe atomique et qui en 45 condamne
son utilisation... Il n'a rien pu empêcher et je crains fort que ce soit une constante pour les sciences : elles seront toujours en avance sur ce que nous sommes conceptuellement en capacité
d'admettre et d'intégrer... et cela sera ainsi, tant que le savoir n'aura pas inondé tous les humains, tel que le souhaitait Condorcet, et tant que cette société préférera "l'avoir" à "l'être"
tel que le déplorait Erich Fromm... 



Joseph 26/01/2013 19:47


.. Grossier, aussi grossier que de comparer les enfants conçus par GPA aux enfants juifs pendant la guerre? Disons que cela me fait penser qu'il est inutile de dialoguer avec vous.  On en
reparlera dans 10 ou 20 ans. Les dégâts seront effrayants. Entretemps, lisez Christopher Lasch pour comprendre à quel point cette réforme accélère l'évolution anthropologique vers le pire.  

Incognitototo 26/01/2013 20:50



Ha bon... Dommage pour vous, mais il se trouve qu'on a déjà un recul de plus de 20 ans sur ce que deviennent les enfants de couples homos... et aucun n'a été signalé comme étant devenu un
monstre...
Mais, si ça peut vous "rassurer", il est certain que leur nombre allant croissant, statistiquement, on finira bien par en trouver un qui n'ira vraiment pas bien.
Je redoute, d'ailleurs, le jour, où un de ces enfants fera une connerie suffisamment grosse pour faire les gros titres des journaux, parce que ça arrivera forcément un jour - comme ça arrive
depuis la nuit des temps pour les couples hétéros - car, forcément, il y aura toujours des gens pour croire que c'est à cause de l'homosexualité des parents que le problème est arrivé... Hé non,
ça n'est pas comme ça que ça fonctionne, le choix d'orientation sexuelle des parents ne produit aucun déterminisme particulier, ce n'est pas ça qui engendre des tarés... mais, bon, si vous êtes
persuadé du contraire, je me demande bien quelles autres raisons vous pouvez invoquer pour justifier que les couples hétéros engendrent tant de problèmes, depuis toujours...  

Mais, vous avez raison, inutile de discuter surtout pour opposer des croyances ou des opinions, fussent-elles de Christopher Lasch, à des faits.. D'autant que pour ce dernier, je ne vois pas ce
que sa vision catastrophiste de l'avenir de notre société en général a à voir avec notre sujet, surtout que les raisons qu'il donne pour soutenir ses thèses n'ont tout également rien à voir avec
notre sujet...

Pour information, j'ai censuré vos commentaires suivants puisque vous êtes incapable de vous tenir, et même de comprendre ce que j'ai écrit... Je ne débats pas avec ceux qui ont la bave aux
lèvres et les yeux exorbités pas la haine...



Joseph 25/01/2013 21:12


Votre article contient un très grand nombre d'inexactitudes, de défauts logiques et d'affirmations très contestables sur le plan éthique. Je ne sais pas si j'aurai le temps (et l'envie... car
 à quoi bon  ) de les relever toutes. Pour commencer: les enfants conçus par GPA (soit, appelons un chat un chat, le plus souvent par un processus de marchandisation du corps d'une
femme) ne sont pas "privés d'existence légale". Ils ne peuvent simplement être adoptés par le conjoint du père biologique (dont la paternité est elle validée par la loi française) . 

Incognitototo 26/01/2013 00:30



Si je vous donne des liens d'où je tire mes sources, c'est pour que vous puissiez les contester ; aussi, en l'occurrence, je vous redonne celui pour la GPA, puisqu'il semble que les conséquences
de son interdiction vous ont échappé : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gestation_pour_autrui#France

Par ailleurs, il y a tellement d'inexactitudes, d'illogismes et d'erreurs dans celles que vous ne relevez pas chez moi, que ça ne vaut pas la peine que je vous les cite... Le procédé est un peu
"grossier"...

Bien cordialement.



I-Cube 25/01/2013 19:28


Je reste calme : C'est long mais c'est bien fait.


 


Une belle référence.


Merci à toi !

Incognitototo 26/01/2013 00:31



De rien l'ami... et il y aurait encore beaucoup à dire, mais je vais nous épargner cette pénitence...