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  • : Solutions politiques (ou + de 400 propositions de réformes politiques...)
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  • : Analyses et propositions de réformes politiques institutionnelles, économiques, fiscales, sociales, juridiques, et autres, issues de ma pratique professionnelle et de la vie tout simplement ; pour vraiment changer...
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Sommaire

 

Sélection partiale des derniers articles mis en ligne

Faire-part...

À mes lectrices et lecteurs : avertissements importants !

« Après moi le déluge ! » : constats « navrants » sur plus on sait et plus on est con...

Changer par la loi et pour une « vraie révolution fiscale »... sans sortir de l’Europe...

« La société du spectacle » et « No future », nos seuls avenirs ?...

L’irrésistible progression des souverainistes et des nationalistes : l’horreur absolue... Qui est responsable ?...

Homoparentalité et « mariage pour tous » : de la réalité à la loi...

« Nul ne peut s’enrichir sans cause » : une jurisprudence malheureusement oubliée...

Rapport Gallois et compétitivité... De qui se moque-t-on ?...

« Double contrainte » : 40 ans d’accords internationaux et de lois, qui rendent fou...

La propriété privée et la finitude : des nœuds systémiques centraux...

 

Quelques classiques et textes fondateurs

Imprécis précis de fiscalité… pour en finir avec les « croyances populaires »… si, c’est possible…

(3) - Mises au point et compléments sur la TVA sociale… 

Les dettes publiques : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c’est quoi la pensée virtuelle ?

Histoires de dettes interbancaires : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c'est quoi l'économie virtuelle ?…

Exercises appliqués d’analyse systémique sur la mondialisation et à propos de la décroissance…

À ceux qui prônent un retour au Franc… et aux autres, qui manquent d’arguments pour leur répondre…

(1) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche... (début)

(1) Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur... (début)

(1) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (début)

 

Une toute petite sélection d'articles qui aurait pu figurer sous une rubrique « On ne vous dit pas tout »

Le faux débat sur l'évasion fiscale et les paradis fiscaux...

Solidarités sociales et retraites : ce qu’il faut savoir et ce qu'on ne vous dit pas ou si peu...

Vélib' : problèmes d'arithmétique élémentaires, niveau CM1…

 


Tout les articles publiés (regroupés dans l'ordre de leur parution par catégorie : du plus ancien au plus récent)

  A - Préambules

Introduction et justifications de ce blog

D’où je viens, comment je me situe, philosophie et cadre général des propositions

Petites mises au point pour comprendre la logique de ce blog et des 400 propositions…

 

B - Le programme de réformes

1 - Les institutions

2 - Les institutions

1 - Economie et fiscalité

2 - Economie et fiscalité

Santé, Sécurité Sociale et retraites

1 - Droit du travail

2 - Droit du travail

Formation - Éducation - Recherche

Justice

Emplois

Sécurité et qualité de vie

Europe

Plan de mise en œuvre des propositions

Pour conclure provisoirement

 

D - Anecdotes, réflexions et solutions suggérées

Voirie parisienne : l’honneur perdu de Delanoë qui cautionne l’ayatholisme de Baupin et Contassot

(1) - Déficit de la Sécurité Sociale… mes expériences dans l’univers kafkaïen des services de "santé" (début)

(2) - Déficit de la Sécurité Sociale… mes expériences dans l’univers kafkaïen des services de "santé" (fin)

Violence des cités… : Quand on n’a pas les mots et qu’on a tous les maux, il reste le passage à l’acte violent…

A propos d'éducation - Une lettre à Science & Vie

Médias : leur responsabilité dans l'absence de pensée…

Politique internationale : Attentats du 11 Septembre - Au-delà du bien et du mal, il me manque les mots…

Politique internationale : Combien de temps encore nous ferons-nous la guerre pour les fautes des pères ?

(1) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche… (début)

(2) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche… (fin)

Perversions des systèmes : la démocratie en danger

Nicolas Hulot : l'équation économique insoluble et insolvable…

Quelques problèmes auxquels, je réfléchis sans vraiment trouver de remède pratique…

Un problème qui me pose vraiment problème : la société du spectacle, c'est maintenant…

Suite aux présidentielles : politique-fiction sur le mode de scrutin...

(1) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (début)

(2) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (fin)

(3) - Mises au point et compléments sur la TVA sociale…

(1) - Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur... (début)

(2) - Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur… (fin)

À propos de l’intéressement des salariés aux résultats de l’entreprise…

Pour redonner à la monnaie son équivalence travail et empêcher qu’elle soit gérée comme une marchandise, faut-il éliminer les spéculateurs ?...

Souvenirs d'un vieux con, à propos du féminisme... + Épilogue

Tribune de l'action...

Tribune de l'action : rêvons un peu… avec les banques…

Divagations sur la crise... L'inconscient, cette donnée incontournable oubliée par la politique...

Le faux débat sur l'évasion fiscale et les paradis fiscaux...

Solidarités sociales et retraites : ce qu’il faut savoir et ce qu’on ne vous dit pas ou si peu…

Juste deux ou trois choses qui personnellement me soucient bien plus que l’avenir des retraites !

(1) - Burqa et loi : un débat démocratique entre citoyens - Catherine Kintzler et Incognitototo (début)

(2) - Burqa et loi : un débat démocratique entre citoyens - Catherine Kintzler et Incognitototo (suite et fin ?)

Réchauffement climatique global ou pas ? Religiosité et politique : les Verts et Europe Écologie, la nouvelle secte des béni-oui-oui…

À ceux qui prônent un retour au Franc… et aux autres, qui manquent d’arguments pour leur répondre…

(1) - Euro contre Franc : un débat démocratique entre citoyens - Laurent Pinsolle et Incognitototo (début)

(2) - Euro contre Franc : un débat démocratique entre citoyens - Laurent Pinsolle et Incognitototo (suite et fin ?)

Exercices appliqués d’analyse systémique sur la mondialisation et à propos de la décroissance…

La « lutte des places » : la septicémie de notre démocratie...

Histoires de dettes interbancaires : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c'est quoi l'économie virtuelle ?…

Les dettes publiques : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c’est quoi la pensée virtuelle ?

Imprécis précis de fiscalité… pour en finir avec les « croyances populaires »… si, c’est possible…

La propriété privée et la finitude : des nœuds systémiques centraux...

Tous les extrémistes sont de dangereux malades mentaux...

Sciences et politique : un mauvais mélange... Le cas des réchauffistes...

« Double contrainte » : 40 ans d’accords internationaux et de lois, qui rendent fou...

Rapport Gallois et compétitivité... De qui se moque-t-on ?...

« Nul ne peut s’enrichir sans cause » : une jurisprudence malheureusement oubliée...

Homoparentalité et « mariage pour tous » : de la réalité à la loi...

La politique virtuelle contre « l’économie réelle »...

L’irrésistible progression des souverainistes et des nationalistes : l’horreur absolue... Qui est responsable ?...

« La société du spectacle » et « No future », nos seuls avenirs ?...

Changer par la loi et pour une « vraie révolution fiscale »... sans sortir de l’Europe...

« Après moi le déluge ! » : constats « navrants » sur plus on sait et plus on est con...

 

G - Actualité

Investiture socialiste, quand les vieux gouvernent la France,… étonnant, non ?

A propos de la Démocratie Participative...

Un débat presque oublié… Ou comment choisir notre futur(e) président(e) ?

Tramway parisien, ils persistent et ils signent... et les conneries continuent...

Mon raisonnement à la con pour choisir un Président…

Delanoë menteur et médias complices !!!

Quelques réflexions en vrac sur les résultats du premier tour des présidentielles… et notre système démocratique.

Débat télévisé des présidentiables… le degré zéro de la politique...

Quelques sentiments et idées en vrac, avant la mise en sommeil…

Hommage à Madame Benazir Bhutto…

Constitution européenne : Appels contre le traité de Lisbonne et le déni de démocratie

Edvige, Cristina et tous les autres...

Crise financière mondiale et faillite de la banque Lehman Brothers

Burqa : la liberté et le doute doivent-ils profiter à l’obscurantisme ?… Réflexions et solutions alternatives…

Revue de presse et informations complémentaires sur les retraites…

L’Islande, oubli ou désinformation ?... La révolution, dont (presque) personne ne parle…

Islande, les suites de leur révolution… ou les débats que nous évitons en France…

Mitterrand : l’imposture de la gauche - 10 mai 1981 : la commémoration du deuil de la gauche…

Les dettes souveraines : l’arnaque d’un demi-siècle de mensonges, ou de qui se moque-t-on ?…

11 septembre : la commémoration des amnésiques…

Primaires socialistes : allez-y...

« Votez, pour eux !... »

Croyances et politique : variations et élucubrations sur un second tour...

En vrac...

Compte-rendu d'étape de la présidence Hollande : toujours plus de la même chose : 1 / changement : 0,001

C’est la rentrée... Tous les gens qui s’offusquent de l’incivisme ou de l’immoralité de Bernard Arnault m’emmerdent...

Tribune de l’action : séparer les activités des banques (urgent et important !)... 

Fin de la souveraineté économique des pays et de la démocratie européenne...

À mes lectrices et lecteurs : avertissements importants !

 

E - Émotions, sentiments, humeurs, rires...

Une lettre anonyme que l'INSEE ne recevra pas...

Europe, après la victoire du "non" : les politiques me fatiguent et les journalistes aussi...

Nouvelles cartes grises : carton rouge aux eurocrates qui ont encore frappé très fort…

Quelqu'un connaît-il un descendant de Champollion ? Ou de quoi parlent 2 amis experts-comptables quand ils se rencontrent ?

Insécurité routière... pardonnez-moi, je me défoule...

Je n’ai rien à dire… ou presque…

Lettre à la direction d’un hôpital ou comment sont utilisés nos impôts...

Sarkozy élu… pour partager ma bile… et message(s) à cette gauche atteinte de crétinisme avancé…

Tous derrière Delanoë… pour sauver le monde en plantant des carottes…

Tramway parisien : le bal des cocus continue… et la mascarade passe…

ASSEDIC (et autres) : qui sont les crétins qui écrivent les directives ?...

Une journée dans les bas-fonds de la justice française...

Michel Onfray… Au secours ! La pensée dogmatique et l’ostracisme sont de retour…

Juste pour rire... le langage politique… 

Service des urgences de l’hôpital Tenon : la « honte » de nos services de santé…

Divagations sur le consentement, la sexualité et autres considérations sociales…

Partage d’émotions : quand les humains comprennent ce qui les réunit plus que ce qui les divise...

Une symbolique de 2012 : pour rire jaune… 

Récréation philosophique…

Mes interrogations du moment... ou quand le vide politique ne présage rien de bon...

Nouvelles du « monde du travail » dans la France d’aujourd’hui… interdit au moins de 18 ans…

Nouvelles de la barbarie, de l’individualisme et de l’indifférence…

11 Novembre, hommage et mémoire…

Chine-USA : « Une guerre sans limite »…

Spécial vœux 2012, le temps des bilans… hommage posthume au Diceros bicornis longipes...

"L’Université des Va-nu-pieds", quand les hommes comprennent ce qui les relie…

Faire-part de vie...

Être un homme de gauche, par Alex Métayer...

Le pouvoir des banques, le cas d’école : Goldman Sachs...

Des vœux pour 2014 que je fais miens !...  

Faire-part...

 

  F - Ville de Paris : urbanisme et politique...

Informations sur la catégorie : "Ville de Paris : urbanisme et politique..."

Voirie parisienne : l'honneur perdu de Delanoë qui cautionne l'ayatholisme de Baupin et Contassot

A propos de la Démocratie Participative...

Violence des cités... : Quand on n'a pas les mots et qu'on a tous les maux, il reste le passage à l'acte violent...

Tramway parisien, ils persistent et ils signent... et les conneries continuent...

Delanoë menteur et médias complices !!!

Insécurité routière... pardonnez-moi, je me défoule...

Tous derrière Delanoë… pour sauver le monde en plantant des carottes…

L’Omerta sur Michel Charzat, liste différente de Paris 20ème

Tramway parisien : le bal des cocus continue… et la mascarade passe…

Vélib' : problèmes d'arithmétique élémentaires, niveau CM1…

 

H - Livre d'or des commentaires et autres...

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 23:00

Première date de publication : 23/03/2013

Date de la dernière mise à jour : 23/03/2013

 

 

Résumons-nous... Selon les souverainistes et nationalistes, l’Euro est à l’origine de tous nos maux ; le retour au Franc est la solution ; et quand on les interroge sur pourquoi le Dollar continue à être la monnaie de 50 États fédéraux, alors que certains parmi eux sont bien plus en faillite que nos « pires » pays européens, ils répondent :

- Ils ont la même langue et ne sont pas constitués par 27 nations différentes, avec 23 langues différentes...

- Les USA ont une totale liberté de circulation des travailleurs, non seulement en théorie, mais en pratique aussi...

- Ils sont une nation avec un sentiment national, avec un patriotisme national, avec un égoïsme national...

- Ils ont un budget fédéral 25 fois supérieur à celui de l’Europe avec une solidarité nationale, avec l’acceptation de transferts d’argent à l’intérieur de cette nation...

 

Alors, examinons ces affirmations qui justifieraient le fait qu’aucun État fédéral aux USA ne songe à faire une sécession monétaire, et qui fonderaient la « cohésion » de cette Nation...

 

 

Des fantasmes rien que des fantasmes... 

 

Justifier que le dollar tiendrait par le peu de différences culturelles de ceux qui l’utilisent est pour le moins douteux… d’autant qu’il y a bien plus de différences entre un New-Yorkais et un Cadien, qu’entre un Slovaque et un Français ; sans compter qu’à l’intérieur même de nos pays européens, il y a, par exemple, bien plus de différences entre un Parisien et un Guyanais, qu’entre un Athénien et un Toulousain ; si tant est qu’il soit possible de faire des généralisations totalement abusives et fondées sur des préjugés…

Et on peut multiplier les différences, apparemment irréconciliables, entre bien des communautés, cultures, villes, régions, et États US, ce qui ne les empêche nullement d’avoir la même monnaie…

 

L’argument de la langue commune... 20 % des Américains, notamment beaucoup de Latino-Américains, ne parlent pas américain aux USA ; mais, on y parle aussi beaucoup plus de langues qu’en Europe : 337 langues (!!!) sont parlées par la population, dont 176 sont indigènes ; tandis que beaucoup d’Européens ignorent que les USA n’ont même pas de langue officielle ; sans oublier que nombres d’idiomes, dialectes et accents locaux sont totalement incompréhensibles à un Américain moyen.

D’ailleurs, définir ce qu’est un « Américain » n’a strictement aucun sens (à l’exception des Amérindiens), puisque tous sont issus des émigrations (volontaires ou forcées) des autres continents... à peu près comme tous les pays d’ailleurs, y incluse la France n’en déplaise aux tenants de la « France aux Français » (Moi, je veux bien, mais jusqu’a quelle génération ? Parce que si on remonte, ne serait-ce que sur 4 générations, on vide le pays de plus de la moitié de ses habitants et on n’aurait même pas pu avoir Sarkozy comme Président ; avouez que ça aurait été dommage de ne pas avoir ce « fondamental » débat sur « l’identité nationale »  ; mais je m’égare )...

Donc, l’argument de l’absence de « différences » culturelles, même fondées sur les langues, ne tient pas deux secondes… Il y a plus de contrastes et de différences, ethniques, sociales, économiques, religieuses, culturelles, et autres, aux USA que nous n’en aurons jamais en Europe même avec nos 23 langues et 27 Nations, y incluses avec nos émigrations ne provenant pas de nôtre continent...

 

« L’argument » de la mobilité, est pour le moins surprenant parce que je ne vois vraiment pas le rapport, surtout qu’avec l’espace Schengen, elle est totalement possible ; et déjà largement rentrée dans les mœurs pour toute une frange des nouvelles générations… Cependant, c’est quoi l’idée ? Que les sans-emplois grecs puissent aller grossir le nombre de chômeurs allemands ??? Je reste sans voix… Surtout quand on constate à quel point la « mobilité réelle » de certains peuples européens pose toujours (et depuis toujours) des problèmes épineux (pour des raisons différentes) à ceux qui les accueillent…

Pensez, au hasard, aux Roumains ou aux Polonais par exemple. Les premiers, c’est simple, malgré leur grande mobilité et le fait qu’ils se contentent de bidonvilles pour vivre, personne n’en veut. Les seconds vont également partout et sont même sollicités par les entreprises pour venir. Sauf qu’ils manquent cruellement à leur pays au point qu’il y a une émigration ukrainienne en Pologne pour y pallier ; tandis que les autres salariés des pays qui les accueillent les détestent parce qu’ils leur prennent leur boulot... comme ils détestent également actuellement les Espagnols qui viennent bosser dans le sud de la France faisant crever les entreprises françaises locales... Et c’est toujours aussi absurde de s’en prendre aux personnes plutôt qu’au système qui autorise et promeut une concurrence des misères...

Il est à noter par ailleurs, que cette « justification » d’une supposée non-mobilité réelle des travailleurs européens, pour nous expliquer que l’Europe n’est pas une Nation, est pour le moins contradictoire de la part de souverainistes et nationalistes, qui sont également les premiers à décrier les émigrés, quelle que soit leur provenance...

Mais finalement, ceux qui racontent de telles bêtises ont peut-être « raison » : tous les chômeurs européens devraient aller habiter en Allemagne ; afin de confronter ce pays aux déséquilibres commerciaux qu’ils ont sciemment entretenus avec tous les autres pays de l’UE, en nous présentant l’addition aujourd’hui...

 

Il reste quoi ?... Ha oui, le « sentiment national »... Un drôle de concept qui est, en soi, à géométrie variable... Cependant sans rentrer dans le débat philosophique et politique de fond, c’est quoi l’idée ? Qu’avec le « sentiment national » une économie fonctionnerait mieux ? Comme si la réussite économique pouvait dépendre d’un quelconque « sentiment national », c’est tellement bête et à côté de tout ce que les économistes, pour le coup quelle que soit leur école (à part celle issue de la vision violente et prédatrice du national-socialisme), nous expliquent depuis toujours que j’en ris (jaune) encore…

S’il y a du « sentiment national » à remettre quelque part, c’est plutôt auprès des multinationales qui n’ont plus de patrie, se foutent de tous les peuples et de saccager la planète, pourvu que leurs bénéfices continuent à rentrer, de préférence dans un paradis fiscal opaque ; mais certainement pas entre les peuples européens, qui, qu’on le veuille ou non, et malgré toutes leurs différences, ont toujours été liés pour le meilleur et pour le pire… Aucune Nation n’ayant en soi, la capacité de vivre de façon autarcique sans les apports économiques et humains, mais aussi culturels, des uns et des autres...

 

Je reviendrai plus tard sur le problème budgétaire parce que lui, d’une certaine façon, est vraiment réel. Cependant, on peut déjà se rendre compte que l’imagerie mythologique, souverainiste et nationaliste, ne tient pas deux minutes à l’épreuve des faits, pour expliquer qu’un Euro ne peut pas rester la monnaie unique de nombreux peuples fussent-ils très différents. On remarquera au passage, que les pays faisant partie de L’UE mais pas de la Zone Euro, ont une indépendance monétaire totalement fictive. En effet, leur monnaie (à l’exception de la £) est arrimée à l’Euro, avec des fluctuations autour d’un cours pivot excédant rarement 2 %... et même le Franc suisse, pays hors de l’UE, est accroché à l’Euro comme une sangsue...

Pourtant, l’idéologie des « différences irréconciliables » continue à être distillée comme un poison, à effets lents, mais potentiellement explosifs, en permanence par quelques leaders politiques, et fait de plus en plus d’adeptes dans tous les pays européens.

Quel que soit le pays, si rien ne va, c’est à cause de l’Euro et/ou de l’Europe... et le pire c’est que c’est vrai ! Même si personne ne sait nous dire où en seraient certains pays de l’UE, y incluse la France, s’ils n’y étaient pas rentrés...

Cependant, comme souvent, ils confondent les effets avec les causes, et en conséquence ils se trompent d’ennemi et de colère... bien alimentée par les partis souverainistes qui n’ont pas compris où se situe la « vraie indépendance » et qui préfèrent faire appel à la peur de l’altérité en mettant les problèmes sur le compte des différences entre les peuples… conneries ! Mes excuses, mais je n’ai pas d’autre qualificatif disponible… Ce n’est pas l’Euro et l’Europe qui sont les problèmes, mais ce qu’on en a fait, les options (pour certaines totalement idéologiques) qu’on a prises, ainsi que les problèmes structurels (notamment ceux concernant nos rapports avec le reste du monde) et démocratiques, qu’on (nous et les autres pays d’Europe) ne veut pas affronter et traiter,...

 

 

Où sont les vrais problèmes ? 

 

Cela dit, ça n’empêche nullement que l’Euro ait des tares congénitales, parce qu’il a été créé à une époque où nos « géniaux eurocrates » ne pouvaient pas imaginer une seconde que les pays :

- pourraient être en situation de ne plus respecter les critères de Maastricht,

- pourraient avoir des mégas problèmes de financement (puisque soumis aux « lois » des marchés),

- pourraient décrocher en termes d’équilibres des échanges commerciaux (impossible à ce propos, de trouver le solde des balances commerciales entre pays de la ZE même sur Eurostat, bizarre), ...

et ils n’ont, donc, prévu aucun mécanisme régulateur entre eux…

 

Pire, nous sommes « mariés », mais sous le régime de la séparation de biens absolue... au point que chaque bouton de culotte dépensé par un pays est inscrit comme une dette à la BCE, tandis que même une invitation au restau donne lieu à une inscription de dette… Alors, pourquoi diable avoir le même chéquier ?… De plus, sans pouvoir modifier, en quoi que ce soit, la politique de l’organisme émetteur central qu’est la BCE…

 

On mesure toute l’absurdité de ce système de la dette éternelle, quand l’Allemagne vend pour 3 Md€ d’armes à la Grèce (lui fournissant même les financements), et vient ensuite donner à son client des leçons de « bonne gestion », parce qu’il ne peut plus rembourser son emprunt, alors que l’Allemagne a déjà perçu, sans aucun scrupule, tout l’argent pour faire tourner son économie…

C’est vraiment d’une hypocrisie sans nom... Un peu comme si après avoir acheté des fringues dans la boutique de vêtements de son épouse, celle-ci (qui lui a fourni l’emprunt pour être payée) venait réclamer à son mari (avec intérêts) une deuxième fois la somme, juste parce qu’il a fait transiter le montant par le compte commun pour se les offrir... L’exemple est absurde à dessein, mais pas si éloigné de ce qui se passe actuellement... L’Allemagne jouant un jeu dangereux en voulant le beurre, l’argent du beurre et le c... de la crémière...

On voit bien, d’ailleurs, que ce système est surtout bénéfique pour les pays du Nord (Allemagne, Pays-Bas, Irlande, ...) qui assoient leur développement sur l’endettement du « Club Med » (les PIGS – l’Irlande + la France).

 

On a longtemps cru que l’entrée de pays moins développés dans l’UE était une introduction de concurrence déloyale subventionnée dans le circuit économique, ce qui n’est pas tout à fait faux... Mais en réalité, à l’épreuve des faits, il n’en est (presque) rien, parce que pendant que l’Allemagne laissait aux autres le « sale boulot » de se coltiner la concurrence internationale sur des produits à faible valeur ajoutée, elle développait toutes ses activités à forte valeur ajoutée et haut développement technologique industriel, qui lui permettent de rester concurrentielle au niveau mondial et intra-européen... tandis que l’Angleterre développait son ingénierie financière pour que toute production de valeur en Europe et dans le Monde, lui rapporte à coup sûr des intérêts...

Et la France ?... Bé la France n’a jamais vraiment choisi, elle a voulu jouer sur tous les tableaux et n’en maîtrise totalement vraiment aucun ; sauf celui de la technologie nucléaire, dont plus personne ne veut, à l’exception de ceux qui veulent la bombe avec... Elle est également un des rares pays européens qui n’a jamais réussi à réformer ses structures en profondeur, pour s’adapter aux nouvelles donnes... La politique du « ni-ni », avec ses empilements de structures pour remédier aux insuffisances des existantes a vraiment été une catastrophe... Et depuis 30 ans on n’a su faire que ça... Même quand par miracle, un gouvernement arrive à imposer une réforme structurelle, comme l’évidente nécessité de fusionner l’ANPE et les ASSEDIC, on se retrouve avec une usine à gaz sans nom, plus inefficace que ne l’ont jamais été les anciennes structures...

 

Mais pour revenir à nos « différences » avec les USA... contrairement au système US, aucun mécanisme de compensation et de régulation n’a été prévu en Europe, y inclus par un impôt européen qui cesserait d’être symbolique et qui pourrait être redistribué aux pays moins bien dotés ou en difficultés… et ça serait bien normal, compte tenu que les pays qui « s’enrichissent » le font en grande partie par l’endettement de ceux qui n’y arrivent pas, et/ou à cause du dumping fiscal qu’ils ont mis en place...

De même, ça ne pose (presque) aucun problème au Gouvernement central US qu’un État fédéral soit en cessation de paiement, ce dernier ayant toute latitude pour négocier directement avec ses créanciers. Mieux... même, une faillite d’un État fédéral ne peut pas impacter la valorisation monétaire (ou seulement très à la marge), car celle-ci ne dépend pas des divergences économiques (et elles sont nombreuses) entre les différents États fédéraux, mais bien des échanges globaux du bloc monétaire par rapport au reste du Monde…

L’Euro ne devrait pas pouvoir être impacté par la « faillite » d’un État, pas plus que ne le serait le gouvernement français par la faillite d’un département… et pourtant compte tenu de l’absurdité des interdépendances financières, du système de dette éternelle, de la dépendance aux marchés financiers étrangers, de l’augmentation effrénée de la financiarisation, et de l’absence de mécanismes régulateurs, même Chypre (1,1 M d’habitants) est en capacité de tous nous faire plonger… un comble, pour la première puissance économique du Monde...

 

On voit bien, en conséquence, qu’il y a le feu, et que nos « géniaux eurocrates » courent après les « fausses solutions », en prenant sciemment le risque de passer outre les clarifications structurelles et démocratiques, qui sont absolument nécessaires pour arrêter les putschs permanents, ainsi que la politique à géométrie variable à la tête du pays/client (lien d’un excellent article de Caroline sur le cas irlandais).

Dans la « course aux armements », suite aux insondables « négligences » que la crise a révélées, il y a eu la mise en place du MES (2011), puis le Pacte de stabilité et de croissance (version 2005 modifiée en 2012) et maintenant le Two-Pack (2013), qui créent tous des systèmes de contrôle, de contraintes et d’intervention dans les pays de la Zone euro extrêmement contraignants, mais surtout totalement en dehors de toute procédure démocratique susceptible de légitimer les décisions... parce que toutes ces instances ne dépendent pas d’une élection, ni même d’une validation des décisions par les pays, mais constituent néanmoins des autorités supranationales n’ayant de compte à rendre à personne !!!

Un peu comme si un jour nos députés aussitôt élus, nommaient des fonctionnaires à la tête du législatif et de l'exécutif, avec en prime une immunité totale pour leurs actes, ainsi que le pouvoir de remettre en cause les propres décisions de ceux qui les ont nommés... Stupéfiant ! Je crois bien que c’est la première fois qu’on voit ça dans une « démocratie »... Ha non, je me trompe, c’est exactement ainsi qu’Hitler a pris le pouvoir en 33 en Allemagne en se faisant voter tous les pouvoirs, ainsi que le pouvoir de s’opposer à tous les pouvoirs... C’est ça qui se déroule, apparemment en douceur et sans violence, en ce moment chez nous, en Europe... dans l’indifférence, médiatique et citoyenne, quasi générale.

 

Et les seules actions sont de mettre sous administration judiciaire les pays défaillants, avec mutualisation des dettes, mais toujours en laissant inscrite la dette en attente de retour à meilleure fortune. Autant dire qu’on va attendre longtemps et qu’on est en pleine tartufferie… Avec deux innovations, cependant, le cas irlandais et le chypriote... qui démontrent si besoin en était que les « logiques » qui font que la ZE accorde tel ou tel prêt, ou facilités, ou au contraire restrictions ou sanctions, à tel ou tel pays sont pour le moins obscures...

Bien sûr, tout ça sans jamais remettre en cause le moins du monde la « sacro-sainte » soumission aux marchés financiers et tout ce qui autorise ces mêmes marchés à saigner les pays qui ont des problèmes, tout en planquant ailleurs les colossaux profits qu’ils en retirent ; ainsi que sans toucher à la monstrueuse financiarisation complètement déconnectée de l’économie réelle, responsable de ce marasme… Tout ça sans vouloir admettre que les systèmes de double-contrainte insolubles qui sont perpétuellement mis en place en Europe ne peuvent déboucher que sur un collapsus systémique durable et la destruction des valeurs qui ont fait l’Europe...

Autant dire que si on ne traite pas les causes, toutes les causes (y inclus en employant des moyens radicaux, comme les Islandais qui ont fait défaut sur leur dette), effectivement on peut prédire sans grand risque de se tromper, qu’on va dans le mur… et contrairement aux idées reçues, Allemagne incluse…

 

 

Problème budgétaire, ou insuffisances politiques et démocratiques ?...

 

À juste raison, certains font remarquer que la part des dépenses de l’État dans les budgets fédéraux des USA est 30 fois supérieure à celles de l’UE. Bien évidemment, c’est significatif en soi... sauf qu’il faudrait connaître la répartition des compétences pour que cela devienne vraiment parlant...

Je m’explique... Il n’y a pas, par exemple, d’armée européenne, et donc ce poste est assumé directement par chaque pays sans solidarité budgétaire... Aussi, en l’état de nos absences de partage des responsabilités, je ne vois ce que ça changerait que ce soit l’Europe qui gère en plus un certain nombre de prérogatives qui restent nationales aujourd’hui... Ce serait de simples jeux de vases communicants qui rajouteraient de l’opacité et de l’arbitraire au niveau des re-répartitions qui s’en suivraient (exemple : la politique agricole dite « commune ») ; du moins tant qu’on ne disposera pas d’Institutions démocratiques centrales qui pourraient rendre des décisions qui s’imposent à tous sur un certain nombre de sujets...

 

On voit bien que l’Europe est restée au milieu du gué à ce niveau-là, personne ne voulant franchir le pas pour abandonner à une structure démocratique centrale des prérogatives nationales qui sont de plus en plus fictives... mettant en place à chaque fois des structures qui, paradoxalement, ont des pouvoirs supranationaux, tout en ne représentant aucune légitimité politique et démocratique...

Bref, un système bâtard, où notre Président, notre Ministre des Affaires étrangères, ainsi que notre Parlement (tous européens) brillent plus par leur pouvoir de nuisance que par les initiatives politiques qu’ils pourraient prendre, pour impulser des politiques différentes, et/ou remettre en cause les diktats de certains pays (notamment ceux de la GB concernant la financiarisation ou encore ceux de l’Allemagne concernant le libre échange international)...

 

Plus qu’un budget conséquent commun, je pense qu’une politique d’harmonisation fiscale (avec un total bannissement des paradis fiscaux opaques) et sociale, serait beaucoup plus cruciale à atteindre... Seul problème, on s’aligne sur qui ? L’Irlande, l’Allemagne, la France, le Danemark, ou autres ?...

Alors personnellement, j’ai mon idée là-dessus, plutôt que d’essayer d’atteindre une convergence que nous n’aurons jamais, l’Europe déclare illégal le dumping fiscal et social (c’est quand même insensé qu’on doive soutenir l’Irlande ou Chypre qui depuis des années les pratique), et on rend légales en conséquence toutes les mesures de rétorsion et de rééquilibrage à ces dumpings (la TVA sociale substitutive est un des outils possibles, parmi bien d’autres) ; ce qui permettrait en outre de créer un précédent qu’on pourrait ensuite exporter au niveau de l’OMC... 

 

On peut toujours rêver, tant il semble impossible de faire avancer cette Europe, si elle n’est pas au bord de la catastrophe... du moins jusqu’au jour, où il sera trop tard... et où les nationalistes et souverainistes pourront sardoniquement nous dire : « vous voyez, on vous l’avait bien dit... ». Mais dit quoi ? Que des États différents ne peuvent pas prendre des décisions pour le bien commun et l’intérêt général du plus grand nombre ? Vrai, mais stupide et faux en même temps !!!

L’Europe et l’Euro ne sont pour rien dans les décisions que les États ne prennent pas nationalement ; nous en avons perpétuellement des illustrations, ne serait-ce qu’avec la dernière réforme sabotée sur la séparation des activités bancaires... En quoi la France y aurait-elle renoncé à cause de l’Europe et de l’Euro ? En quoi faudrait-il attendre que tout le monde soit d’accord pour protéger nos entreprises et les déposants de la financiarisation folle ?... Malgré les explications alambiquées et sans aucun fondement des banquiers, ainsi que de notre gouvernement, je ne vois toujours pas... En quoi l’Europe et l’Euro empêcheraient les réformes structurelles françaises qui permettraient d’affronter le monde tel qu’il est ? Je ne vois toujours pas...

Et on peut décliner ces seules vraies interrogations pour tous les pays... En quoi Chypre devrait-elle à son entrée dans la ZE la politique délétère de grande lessiveuse des fonds maffieux russes et son choix de devenir une place financière opaque qui truste 5 fois son PIB ?...

 

La seule vraie responsabilité de l’Europe est effectivement, au nom de la « liberté libérale » de laisser faire et d’intervenir ensuite comme un pompier pyromane... Oui, l’Europe a des responsabilités, mais pas plus, et même plutôt beaucoup moins, que tous ces politiques nationaux qui refusent de prendre les décisions qui permettraient de protéger leurs populations et leur économie de tous les prédateurs, notamment financiers...

 

 

Pour les amnésiques, souverainistes, nationalistes, et également les soi-disant économistes...

 

Personnellement, je préférerais qu’on traite les causes, plutôt qu’il y ait scission monétaire. Pour des raisons simples… Peut-être certains d’entre vous sont trop jeunes ou n’ont pas la mémoire de ce qui se passait quand le Franc existait, mais en aucune façon (à partir de 1971) celui-ci n’a permis de retrouver des compétitivités perdues, d’infléchir la progression des endettements, d’attirer des investisseurs, de redonner du boulot à ceux qui le perdaient, ... ni même de faire en sorte que le plus grand nombre de citoyens arrête de s’appauvrir.

Tous les thuriféraires du retour au Franc, oublie systématiquement de se rappeler, que de 71 à la création de l’Euro, on a déjà tout essayé comme politique monétaire : le Franc filant, le Franc mou, le Franc fort, ... ; et que ce fut à chaque fois des échecs cuisants, incapables de régler simultanément inflation, chômage, endettement, investissements et pouvoir d’achat... Aussi, c’est vraiment une escroquerie intellectuelle d’essayer de faire croire qu’on pourrait faire aujourd’hui ce qu’on n’a jamais réussi à faire hier, alors même que les conditions internationales et nos choix libéraux ont encore aggravé nos relations de dépendances…

Pire, c’était une époque où des fonds spéculatifs, comme celui de Soros (et même d’autres d’origine française), pouvaient en quelques jours mettre à genou quasiment n’importe quelle monnaie européenne, en vidant les banques centrales de leurs réserves, jusqu’à ce que la monnaie finisse, en désespoir de cause, par décrocher, faisant engranger de colossaux profits aux spéculateurs, pendant que les populations subissaient les pertes de pouvoir d’achat…

Donc, échanger une relative et très imparfaite « sécurité », pour une certitude absolue que nous nous mettrions encore plus sous la coupe des spéculateurs internationaux, très peu pour moi. À titre de comparaison, la première banque chinoise, c’est une capacité d’intervention sur les marchés monétaires de 2 fois le PIB français, cette seule banque (il y en 3 comme elle en Chine) pourrait d’un claquement de doigts nous dicter notre politique monétaire. Je ne partage donc pas du tout, les fantasmes de ceux qui pensent magiquement qu’on serait assez fort pour faire face tout seul, à de tels monstres prédateurs...

Le seul résultat « positif » que je verrais à une sortie de l’euro, c’est que chaque banque pourrait embaucher 17×16/2 = 136 traders et elles auraient donc, 136 marchés nouveaux pour spéculer ; ce qui ferait indiscutablement baisser le chômage parmi ceux-ci ; du moins, si elles survivent (ce qui me semble très peu probable) à l’évident chaos que déclencherait le retour aux monnaies nationales... c’est à peine une blague… 

 

Aussi, il faut arrêter avec la pensée magique concernant ce que permettrait de faire une indépendance monétaire… Dans notre système mondialisé, comme je l’ai déjà longuement exposé dans cet article, c’est une illusion totale. Aucun pays n’a jamais démontré qu’il pouvait résoudre ses problèmes en trafiquant sa monnaie, sans autres facteurs contextuels (comme, par exemple, l’indépendance énergétique) ; tout en se soumettant aux diktats de « libre-échange », des interdépendances financières, de la financiarisation, et en restant dépendant du bon vouloir des marchés financiers ! Et c’est donc bien ces derniers termes qu’il faut traiter avant tout… plutôt que de rêver sur ce que pourrait nous rendre comme soi-disant « pouvoir » une indépendance monétaire totalement fictive dans l’état actuel de la mondialisation et de nos choix libéraux…

Une sortie de l’Euro ne changerait absolument pas les règles qui prévalent sur les marchés financiers mondiaux et ne nous donnerait, donc, pas plus les armes pour y faire face… arrêtons de rêver et penchons-nous plutôt sur les vrais problèmes à résoudre, pour que toutes les Nations des États-Unis d’Europe cessent de se comporter, comme des imbéciles, immatures et irresponsables, qui ne défendent que leurs intérêts opportunistes à court terme...

 

 

Conclusions, sans (presque) aucun espoir...

 

Alors, qui est responsable ? Tout le monde, puisque nous sommes responsables des politiques au ventre mou que nous élisons ; mais personne, puisque « l’offre politique » se décline en une pensée unique « on/off », qui conduit la plupart des citoyens à penser qu’il n’y aurait pas d’alternatives entre le « toujours plus de la même chose », par rapport à « on casse tout et on recommence, tout seul »...

Cependant, nos élus nationaux, si démissionnaires dès qu’il s’agit de porter et de faire aboutir les vrais sujets, ne devront pas s’étonner quand un Beppe Grillo s’imposera en France, ou encore si en 2017, nous avons un deuxième tour entre Marine et Jean-Luc. Au rythme où s’enchaînent leurs renoncements et leurs trahisons, je m’étonne qu’ils arrivent encore à faire illusion... et même qu’on leur tende encore un micro pour recueillir des « pensées » que tout le monde sait mensongères...

Le pire, c’est que manifester de la colère vis-à-vis des pouvoirs et des élites est forcément du populisme... alors que ce n’est que du désespoir et de la révolte d’avoir été tant trahi...

 

La seule note d’espoir nous vient du peuple islandais.... Quand vous serez reposés de ma pénible rhétorique, lisez ces exceptionnelles interviews de Ólafur Ragnar Grímsson, Président de l’Islande...

À beaucoup de points de vue, il s’y trouve beaucoup de phrases superbes et d’une sagesse profonde, qu’il faudrait encadrer ; mais il y en a 2 qui font toute la différence avec nos politiques à nous :

- « Ce serait une erreur que de voir notre expérience à travers cette vieille grille de lecture politique. En Islande, les partis de droite et de gauche ont été unanimes sur la nécessité de protéger le système social. Personne, à droite ou au centre, n’a défendu ce que vous appelleriez des « politiques de droite ».

- « Les agences de notation, les grandes banques, tout le monde avait tort. Et moi aussi. »

 

Un politique qui dit « j’avais tort », vous ne sentez pas comme on respire tout de suite mieux, comme tout à coup on peut éviter de lui en vouloir et même continuer à lui faire confiance… ça fait une sacrée différence avec les nôtres, non ? Depuis combien de temps n’a-t-on pas entendu un seul mot de cet ordre-là dans notre classe politique ?…

 

Comme dans tous les pays nordiques, il y a une cohésion politique et sociale sur l’essentiel ; mieux personne n’est en désaccord sur les fondamentaux et les buts à atteindre pour l’intérêt du plus grand nombre. Le vrai sens du débat et de la dispute politique là-bas, c’est « comment, on fait, pour atteindre nos objectifs communs ? » (le seul et quasiment unique but de ce blog) ; là seulement, des divergences de méthode sont fondées, tout le reste c’est penser que l’idéologie a le pouvoir de régler les problèmes... une foutaise persistante, dont l’histoire nous a perpétuellement démontré dans le meilleur des cas l’inefficacité, et dans le pire l’horreur.

Ce peuple-là est vraiment un exemple à suivre, notamment parce que, pour l'instant, il apprend de ses erreurs... Donc personnellement, je continuerai à les envier...

On rêverait vraiment d’atteindre cette maturité en France, et que la « Déclaration des droits de l’homme » et le programme du CNR ne fassent plus débat, sauf pour savoir comment on va les rendre réels…

 

Cela dit, si les Islandais sont en cours de réforme constitutionnelle, c'est bien qu'ils ont compris (eux) que leur système démocratique n'était pas le bon, pour ne pas les avoir protégés des dérives et du gouffre... Je nous souhaite d’atteindre un jour cette maturité-là, sans avoir à subir les délires souverainistes et nationalistes...

 

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commentaires

Emile 08/01/2014 14:04


Et vous en pensez quoi, vous , du grand marché transatlantique pour lequel nous avons tous voté comme chacun sait :


 


http://www.youtube.com/watch?v=n08NAQSn4nw#t=867

Incognitototo 12/05/2014 03:00



Tout simplement du grand n'importe quoi, contre lequel il faut lutter de toutes nos forces.



seb 19/09/2013 03:14


encore un articlme tres interessant. Puis tres actuel. Bon, j'abandonne (pour l'instant) mais je reviendrai. en tout cas, on est tres proche sur les constats. 

Incognitototo 19/09/2013 14:29



Oui, nous sommes nombreux à faire ces constats... reste à résoudre deux choses :
- d'abord, aucune rationalité ne peut convaincre quelqu'un qui veut continuer à "croire" ; et le sujet de cet article est typiquement un domaine, où jamais on ne pourra convaincre un
souverainiste/nationaliste qu'il se trompe de cible... donc on ne convainc en réalité que ceux qui le sont déjà...
- tout en faisant les mêmes constats, nous sommes également nombreux à avoir des vues totalement divergentes, sur "ce qu'il faudrait faire"...
et là, je dois dire que je n'ai aucune solution pour ces deux problèmes...

Bonne continuation.



Michel Martin 26/07/2013 12:25


Les convivialistes a écrit un manifeste et l'un d'eux a écrit une déclaration d'interdépendance universelle. C'est très joli comme
bonne intention, mais il n'y a pas le début de la queue d'une piste pour qu'il puisse devenir opérationnel. En particulier, rien sur le statut de l'information et de celui qui dit la vérité avec
un petit v. C'est pourtant un préalable et une des clés de transformation pour passer de la lutte des places et du règne du parti-pris à la mise au centre des faits, des évènements et des choix
partagés. En gros pour passer d'une identité essentielle à une identité plus cognitive.

Michel Martin 18/06/2013 16:12


Une tentative de développement de l'idée de combiner les libertés pour remplacer celle de la liberté individuelle qui me semble devoir céder sa position dominante. L'idée, c'est que la formation du
concept ou du mythe de la liberté individuelle s'est formé à une époque où l'écosystème et ses ressources semblaient infinies. Mais maintenant que nous commençons à sérieusement toucher aux
équilibres il serait peut-être temps de changer de boussole et tenir compte du fait que nous combinons nos libertés. C'est vraiment un texte très inachevé qui met en perspectives la montée des
souverainismes du fait des dérégulations et tes commentaires m'intéresseraient beaucoup.

Incognitototo 18/06/2013 18:59



OK, je commente sur ton blog...



Michel Martin 30/04/2013 11:44


...une époque où des fonds spéculatifs, comme celui de Soros...


La monnaie n'étant pas une marchandise comme une autre, serait-il possible de mettre sur pied un mécanisme inverse de celui des biens et
services vis à vis de l'offre et la demande de façon à générer un effet contracyclique sur les spéculations sur les taux de change? Ce serait logique parce que si on émet brutalement beaucoup de
monnaie, alors celle-ci perd de sa valeur.

Incognitototo 03/06/2013 14:29



Pour information, c'est exactement ce que font depuis des mois les USA (des décennies pour les USA), la GB, le Japon et dans une moindre mesure l'UE... avec leurs colossaux QE... avec une vraie guerre des monnaies (à mort) qui ne dit pas son nom...
Sauf que comme le déferlement de liquidités doit bien s'investir quelque part, ce sont également les QE qui alimentent (dans une fuite éperdue en avant), tout également le marché spéculatif
!!!
Bref, c'est un "contra cyclique " contre-productif et même mortifère, puisqu'il alimente en même temps de nouvelles bulles...

Les solutions continuent à être ailleurs...



Michel Martin 26/04/2013 14:35


Suite sur la subsidiarité et les blagues genre CCCP (prononcer SSSR pour Sovietsky...).


Il y a quelques années, je travaillais dans un labo dans lequel les mirs et le plafond avait tendance à s'effriter. Nous avions consigne d'enfiler des surchausses (genres de charlottes pour les
pieds) qui sont des accessoires obligatoires en salles blanches (air contrôlé contenant une quantité limitée de particules dans l'air). Nous avions fait remarquer au politbureau...euh, à la
direction, que soit on refaisait des murs corrects, soit on enlevait les surchausses. La réponse: ni l'un ni l'autre. Dans ce contexte débile, il ne se passait pas un jour sans qu'on fasse des
plaisanteries sur cette stupidité. Des plaisanteries d'impuissance, pour alléger notre dépossession, exactement du genre de celles où les soviétiques étaient devenus les champions (par exemple on
disait que la poussière réduisait le bruit des pas en réduisant la friction, ce qui permettait à notre chef de faire la sièste. L'idée de ces plaisanteries c'est de redonner sens au monde, mais
en employant une logique ou des buts absurdes). Ce type de plaisanterie, quand on le rencontre, indique à coup sûr un manque de subsidiarité où les décisions sont prises à un niveau hiérarchique
trop élevé (bureaucratisation, tyrannie, paternalisme...)

J'ac 23/04/2013 13:05


Bonjour


 


 


Réécrire la déclaration des droits de l'homme :


 


Difficile, elle est assez complète. Son inconvénient majeur est qu'elle est pas /ou trop peu /ou très mal respectée.


Néanmoins on peut y apporter des critiques pertinentes, avec le recul qu'il y a aujourd'hui.


Mais il serait intéressant de créer un site pour la faire réécrire par tous. Ca ne donnerait rien (au vu du grand nombre de  commentaires dans n'importe quel site), du moins tel quel,
 mais le seul fait qu'il y ait des réponses (si bien sûr très nombreux sont les intervenants -?-), quand bien même fantaisistes ou fascisantes et racistes (il y en a tant!), engendrerait de
sérieuses et nombreuses réflexions sur le sujet.


Plus facile que de chercher à la réécrire tout seul, non ?

Michel Martin 23/04/2013 09:49


Réécrire la déclaration des droits de l'homme? En voilà une idée qu'elle est bonne! Yapuka. Je ne manquerais pas de décortiquer ton texte et de te faire part de mes remarques.

Michel Martin 22/04/2013 13:45


Il me semble que si le concept de subsidiarité rentrait dans la culture politique, il y aurait moyen de satisfaire les souverainistes, les
libéraux et les solidaristes, du moins est-ce qu'il leur serait alors possible de trouver un terrain concrèt de débat à la place du dialogue de sourds des tenants de chacune des chapelles. A la
place du classique libéral "la liberté de chacun s'arrête ou commence celle des autres" qui ne peut trouver aucun débouché opérationnel
satisfaisant, on pourrait plutôt ppratiquer l'art de combiner nos libertés, parce que la sphère des décisions purement privées qui n'affectent que
nous est très étroite et la plupart de nos décisions concernent tout de suite la collectivité (à des degrés divers). Plus on a de pouvoir et plus on décide POUR un grand nombre. Est-ce que la
décision dite privée est meilleure que la décision publique? L'essentiel est que les décisions soient prises au meilleur niveau possible. Les exemples de décisions prises à un niveau de structure
trop bas relèvent plutôt du privé, par exemple quand un grand entrepreneur décide unilatéralement de fermer une usine viable qui donne du travail à toute une ville pour des raisions
d'optimisation de sa stratégie mondiale. Les décisions prises à un niveau de structure trop élevé relèvent plus de la décision publique, ou de la bureaucratie d'entreprise, privant les acteurs de
capacités d'initiative dont ils auraient besoin de façon légitime, étant les mieux placés pour en juger.


 

Incognitototo 23/04/2013 03:22



Bah, tu sais, si on avait des politiques qui se préoccupent un peu plus de l’intérêt général, du bien commun, de  mettre au centre des politiques
toutes les faiblesses , et qui soient capables de réfléchir à long terme... on n’aurait même pas à se poser la question
du « meilleur » système...

C’est pourquoi tout en ne déniant pas que le système démocratique ne produit que ce qu’il est en capacité de générer (c'est-à-dire, une affligeante flopée de clones à pensée unique), je pense
qu’une Constitution mieux faite, plus explicite, serait plus à même de nous protéger de toutes les dérives humaines...

J’aimerais bien avoir le temps un jour, de réécrire notre Déclaration des droits de l’homme...



J'ac 09/04/2013 11:06


réponse à SanKuKai


 


Votre remarque est pertinente. J'adhère complètement à la règle des 3 C.


Cependant s'il est indéniable quil est plus facile de contrôler 1 état plutôt que 27, dans le contexte des marchés cela ne tient pas. Incognitototo l'a bien spécifié dans l'article "des
situations insoutenables", à ce qu'il "ne comprend pas" : il a relevé l'incohérence de règles appliquées au sein national, alors qu'elles ne le sont plus dans le contexte international (lire
l'article). Or chaque pays est soumis aux marchés internationaux, et ce ne peut être qu'ainsi s'il veut survivre. Sinon, pour que ses règles nationales économiques puissent être réellement
appiquées  (comment peut vivre un pays sans économie prospère ?) cela sous-entendrait que ce pays est totalement indépendant, autosuffisant, autonome, et donc que son économie ne serait que
nationale (exportations possibles peut-être, mais très limitées sûrement puisque plus aucune importation : quel état accepterait d'importer les productions de ce pays si lui-même ne peut y
exporter ses propres productions ?)


Les pays comme le Japon que vous citez n'ont pu accroître leur économie que dès lors qu'il avaient des productions très inovantes à l'époque, non soumises ou très peu à la concurrence étrangère,
et donc qu'ils ont pu exporter à grande échelle; ou comme la Suisse parce qu'elle avait et a toujours des banques puissantes très attractives. Mais ce n'est pas le cas pour la France et de toute
façon, aujourd'hui, la concurrence étrangère est si puissante que cela ne tient plus. Même pour le Japon qui a de plus en plus de mal à exporter, ou même pour la Suisse dont les banques elles
aussi sont soumises à rudes concurrences (la Chine se fait de plus en plus menaçante y compris dans le domaine bancaire) 


Je ne crois pas un instant qu'un pays isolé et enfermé dans ses frontières puisse s'en sortir aujourd'hui avec  seulement comme règle le contrôle de son seul pays. 

SanKuKai 08/04/2013 22:52


J'adhère complètement à vos analyses, mais je comprends tout à fait les souverainistes qui ne veulent plus que la monnaie ne soit plus le seul jouet des multinationales au travers de la BCE
indépendante.


Et contrairement au discours actuellement dominant, ils ne sont pas effrayés par l'inflation. Celle ci est un impôt injuste et ils l'admettent mais ils prônent une indexation des salaires comme
cela se faisait pendant les 30 glorieuses où l'inflation était galopante.


Or je trouve que les 30 glorieuses sont un moment de l'histoire économique (réelle) un peu trop vite oublié par les idéologistes néo-libéraux. Et je ne pense pas qu'elles soient uniquement dues à
la reconstruction du pays suite à la Guerre (ex: le Japon est actuellement en reconstruction mais leur indices macroéconomiques n'en sont pas moins moribonds).


Alors évidemment, le contexte était complètement différent. A l'époque il y avait Bretton-Woods, alors qu'aujourd'hui c'est quand même un sacré bordel.


Aujourd'hui, le marché des capitaux étant du genre Open-Bar, l'impact serait en effet surement désastreux sur les investisseurs mais n'a-t-on pas entendu Hollande ET Sarkozy réclamer un nouveau
Bretton-Woods? (avant les élections forcément). C’est aussi ce que réclament les souverainistes.


Dans ma modeste vie professionnelle j'ai eu à faire un peu de management, et je pense que si on appliquait au sein des multinationales les règles prônées par leur dirigeants au niveau mondial
(c'est à dire le moins de règles possible) ces entreprises ne tiendraient même pas 1 mois.


Sans connotation péjorative, la règle principale que j'ai retenue de mes périodes de management était la règle des 3 C : "Confiance sans Contrôle = Connerie".


Et bien je pense sincèrement que cela s'applique à tous les niveaux, y compris à l'échelle d'un pays ou des marchés.


Or d'avantage de contrôle est justement ce que réclament certains souverainistes avec l'argument (véridique à mon sens) qu'il est plus facile de contrôler un pays que d'en contrôler 27.


Peut-on vraiment en vouloir aux souverainistes pour ça?

Incognitototo 23/04/2013 03:34



Personnellement, j’appliquais «  la confiance n’exclut pas la vérification »... une autre façon d’applique vos 3C...

Le bordel est qu’il semble que nos politiques aient oublié quelques règles essentielles que toute organisation est en mesure d’appliquer, celles du QQOQCCP ; auxquelles il faut rajouter et « avec quel pouvoir ? »... Tant que cette clarification ne sera pas faite
en Europe, nous assisterons à ce triste et affligeant spectacle... qui donnera légitimement du grain à moudre aux souverainistes...



J'ac 28/03/2013 14:31


incognitototo, je viens de lire par  ton lien "des situations insoutenables", que je ne crois pas avoir lu auparavant. ce que tu écris sur le pourquoi la crise systémique du système de
l'Europe des marchés. Et si tu es fort éclairant (lumineux, si si, pour une profane comme moi) sur ce que "tu comprends", en revanche ce que "tu ne comprends pas" me paraît, avec les limites de
mon intelligence c'est sûr, assez logique, et cela rejoint ce que je viens d'écrire sur cet article.


Je vais dans l'article en question pour y écrire mon commentaire et tenter d'être claire (à défaut d'être "lumineuse", au moins tenter de te faire réfléchir autrement).   

J'ac 28/03/2013 11:50


Pardon pour les fautes d'orthographe: ex "cahotiques".

J'ac 28/03/2013 11:27


"Un effondrement, ça peut être n'importe quoi : une guerre, le dollar qui s'effondre,
une banque systémique qui coule, et cetera... et pas forcément une "révolution"..."


Dans tous les cas que tu cites, il n'y a que des reconstructions hâtives et souvent
aux conséquences cahotiques, (métaphore pour illustrer : une "violence" quelle qu'elle soit n'engendrant qu'une réaction violente). 


Ex, après une guerre, il faut vite reconstruire et souvent, urgence oblige, en dépit
du bon sens, telles les zup si nécessaires alors qui ont tant soulagé les nombreux sans abri victimes de la guerre, ou logé les nombreux travailleurs immigrés embauchés pour les constructions
massives, lesquelles ZUP qui l'urgence passée, ont tant créé de problèmes et continuent de plus en plus. Autre ex : Les banques qui s'écroulent et la réaction engendre le chaos comme la crise que
nous connaissons actuellement (ou celle des années 30), mais pas le chaos  forcément pour les banques mieux aidées que les populations et qui, on le voit, sont seules à tirer profit de cette
"reconstruction" dans l'urgence. ..etc

J'ac 28/03/2013 11:02


Bonjour incognitototo



Je ne dirais pas cependant que les citoyens sont responsables "avant tout", mais en partie seulement; non pas par rapport au seul vote qui ne
représente pas une vraie majorité (tant que les votes blancs ne seront pas inclus dans les %) mais surtout hélas par rapport à leurs réactions souvent irraisonnées. 


Je n'avais pas lu cet article fort intéressant, mea culpa (j'ai fait un "jeûne cérébral" plusieurs fois, j'avais alors des besoins vitaux de
m'occuper de mon corps plus que de ma tête) Je n'ai pas encore lu les liens auxquels il renvoie, mais j'y reviendrai.


Sur l'ensemble je suis d'accord avec toi. Et ta conclusion dans les mises en oeuvres est juste, bien que je pense aussi ce que j'ai écrit sur
les difficultés d'un gouvernement à gouverner. Je la copie:



"Mais peut-être faut-il que je perde mes dernières illusions en me résignant à admettre que les politiques ne décideront jamais qu’en fonction
du vent qui souffle le plus fort, des corporations qui les tiennent par leur pouvoir de nuisance et de leurs intérêts particuliers ou partisans…


Pour ce dernier point, mon plus grand espoir, c'est que quelqu'un me démontre que je me trompe."



"Le vent qui souffle le plus fort", outre les corporations, est aussi parfois la rue (pas pour rien que Sarkozy ait limité le droit de grève )
et les opinions dans les sondages souvent (certes ils peuvent être manipulateurs et leur interprétation peut être douteuse).   Les associations peuvent aussi faire poids quand plusieurs se
regroupent pour se faire entendre. Certains articles de journaux diffusés à grande échelle, pour peu qu'ils soient provocateurs (mais pas que, le "indignez-vous" repris par les médias en est un
exemple),  peuvent aussi  faire réagir les élus  ...etc


 Les pressions sont multiples et ne peuvent être résumées qu'aux seules corporations. Les "vents qui soufflent fort" sont complexes et s'entrecroisent. Ils divergent souvent (hélas cela les annule, +/- =0) mais plusieurs
peuvent ausi souffler dans le même sens.


Ce pourquoi je pense qu'une proposition (dans une sémentique claire et abordable par le plus grand nombre) publiée par le net à grande échelle par delà les seuls
sites politiques (comme le tien) très/trop peu visités (dussent-ils être fort intéressants) serait un moyen de "faire souffler plusieurs vents" dans un même sens.


 Mais pour te répondre directement, dans les grandes lignes, oui  cet article est un bon
point de déparrt. Il faudrait le préciser. L'aboutir dans les propositions.


C'est tout ce que les peuples démocratiques demandent : de vraies propositions concrètes (autres que cajoleuses, populistes et menteuses)
qu'ils puissent accepter ou refuser pourvu qu'ils les comprennent. Ce serait aussi couper l'herbe sous le pied des influences
croissantes des extrêmes populistes en utilisant les mêmes armes qu'eux, mais de façon non violente, unificatrice, intelligente  et plus "éducative". 

J'ac 27/03/2013 16:11


A mon post 21, je précise :


"Mais ensuite, le système lui-même faisant loi, comment même les mieux intentionnés
des gouvernements pouvaient-ils s'en sortir tout seuls ?"


D'autant plus que les peuples, qui bien souvent et pour la majorité des citoyens ne
voyant pas plus loin que le bout de leur nez, n'exigent de leur gouvernement que des mesures immédiates qui, à droite comme à gauche et tout pareil au centre,  ne peuvent être faites qu'avec
les défauts de l'urgence, c-à-d. avec des rustines; lesquelles rustines ne peuvent bien sûr rien résoudre.


Que son gouvernement soit de gauche ou de droite et qu'on le veuille ou non, même si
on conteste le fait avec des réactions du "tous pourris", le peuple est encore souverain, même en toute petite partie, par son vote au moins et ses réponses aux sondages d'opinion. Et les
gouvernements agissent en fonction, pour être élus d'abord et réélus ensuite; parce qu'il faut reconnaître qu'en un mandat de 5 ans, comment faire une politique à long terme ? Et changer de
système, ou du moins le faire évoluer exige du long terme.


Tous les gouvernements européens se trouvent dans les faits coincés d'un côté entre
les exigences populaires (de ceux qui votent) de l'immédiateté - la plupart induites par des réactions de colère, ou des préjugés et des impressions  plus que des faits, ou des réactions
sentimentalistes, ou des purs petits intérêts égoïstes - et cette Europe des marchés -donc ce système devenu fou et faisant loi -. D'autant qu'ils sont tous confrontés à la dette contractée
auprès des banques privées, et que même les peuples n'ont dans la bouche (souvent sans comprendre) que : "le budget! faut réduire le budget!". y a qu'à, faut qu'on, vrais cons . C'est tout ce
qu'ils ont retenu du bourrage de crâne qu'on leur a fait pendant des années, faute ou non de leur gouvernement.


Ce pourquoi je pense qu'il faut solliciter les peuples, les ramener à la raison par
une proposition de constitution, et le faire à part des gouvernements élus. A la fois ce serait contribuer à rendre plus démocrates les citoyens en éveillant leur intérêt collectif (et non plus
personnel) et rendre service aux élus qui cherchent en vain -dans le contexte actuel- à aller dans le sens d'une Europe plus sociale. Après tout, dans l'Europe économique, il y a les marchés qui,
certes s'ils détruisent toute politique sociale, ont la grande faculté de s'adapter (c'est même le propre des marchés), et sont à l'affut des courants populaires. Ex, si tous les consommateurs
demandent du bio, ils finissent par faire faire du bio, à grande échelle pour gagner plus de fric. Sans les consommateurs, que vaudraient les actions des actionnaires ??? De la même façon, sans
les pleuples, que vaudraient les gouvernements ? 


C'est aux peuples qu'il faut s'adresser. Et toi incognitototo, tu pourrais le faire,
aidé par d'autres qui sauraient communiquer d'une manière plus profane et donc plus compréhensible par tous.

Incognitototo 28/03/2013 03:33



Oui, c'est assez simple de trouver les "responsables", mais plus compliqué de trouver les "coupables"... Cependant, je ne partage qu'à moitié le fait que les responsabilités soient avant tout
citoyennes : dans l'absolu, oui, dans les faits, non... Parce que personnellement, je n'avais pas voté pour que Mitterrand nous impose un Fabius qui a été un des champions de la dérégulation...
ni pour que les décisions qui ont été prises nous mettent dans des situations
insoutenables...

Un effondrement, ça peut être n'importe quoi : une guerre, le dollar qui s'effondre, une banque systémique qui coule, et cetera... et pas forcément une "révolution"...

Que penses-tu de cette base pour une élaborer une Constitution ?



J'ac 27/03/2013 11:11


J'ajoute à la suite du précédent post:


Tu dis que seul l'effondrement du système nous permettra d'avancer. C'est possible, c'est toi le spécialiste je veux bien te croire; mais hélas un effondrement ne peut venir que d'une révolution
et ceux qui la feraient en ce moment, comme en 33, ne pourraient être que l'extrême droite (si "séductrice" et qui sait si bien endormir la vigilence des peuples par des caresses habiles !)Et
aucune extrême droite, légitimant le racisme (malgré une Marine qui s'en défend) ne peut amener de solutions pacifiques, ni constructives.


Donc il faut essayer coûte que coûte, par le net, par des moyens détournés et surtout pas, je vous en conjure les peuples!, par la religion quelle qu'elle soit : c'est la religion qui parce
qu'elle s'en est mêlé a fait capoter l'empire Gallo Romain pourtant si puissant et créé plus de guerres que l'économie, même actuelle et folle. 


Commencer par proposer et soumettre aux peuples, directement (et non aux gouvernements enlisés dans le piège) une constitution européenne, au moins une ébauche, un point de départ, publiée sur un
large spectre tel le net, pour donner envie et attiser de l'intérêt, serait un moyen pacifique et possible. Solliciter la raison des peuples, et les gouvernements ne pouraient plus que suivre
(s'ils veulent rester élus). 


Après tout, qui l'a déjà proposée ? Vous en connaissez ? A part les traités purement économiques et ultra libéraux, aucune autre proposition n'a été faite publiquement, à ma connaissance.  

Jac 27/03/2013 10:38


Bonjour incognitototo


réponse à ta réponse 13


Je ne crois pas que ce soit la faute de la plupart de ceux qui nous ont gouverné depuis 31 ans (ce serait le cas si on avait subi tout ce temps une dictature) même si certains en ont profité plus
d'autres; ou alors il faudrait aussi ajouter la faute de ceux qui les ont élu, les citoyens eux-même. Certes on peut leur reprocher d'avoir agravé la situation, certains plus que d'autres c'est
sûr, et de n'avoir pas anticipé les problèmes que ce système économique européen ne pouvait qu'immanquablement engendrer. La faute comme tu l'as écrit étant due au système qui a dégénéré.


Mais aprés la deuxième guerre mondiale, si dévastatrice et laissant tant de traumatismes, il n'aurait pas été possible de créer une Europe politique, chaque pays ayant besoin de se reconstruire,
indépendamment. C'étai vital. Déjà la création de la CECA en 57 je crois, c'était formidable. Puis le début de la CEE qui en découlait en toute logique, Europe économique certes, contribuait à
pacifier, la paix étant alors un besoin vital; et après tant de douleurs d'une guerre encore présente dans les esprits, on pouvait effectivement penser que la paix ne pouvait se faire, alors, que
par l'économie, tant il y avait encore à reconstruire.  Après tout les Romains avaient déjà compris cela et l'empire Gallo Romain, relativement pacifique et très constructif, a duré
plusieurs siècles, jusqu'à ce qu'il se divise et que la religion s'en mèle (très racourci, certes). 


Ensuite, une fois dans le système, les hommes des gouvernements européens  ont été faibles, faillibles, ou ne voulaient pas voir les problèmes qui immanquablement ne pouvaient que découler
de ce système et qui immanquablement ne pouvait que servir les grands marchands et non les peuples. Certains de ces hommes c'est sûr, pas aveugles et bien conseillés par les grands affairistes et
les banquiers, ont contribué à accélérer le système et l'entraîner dans sa folie. Mais ensuite, le système lui-même faisant loi, comment même les mieux intentionnés des gouvernements
pouvaient-ils s'en sortir tout seuls ? 


Il faut reconnaître que sortir d'un système, même fou, n'est pas simple. Attelles-toi à cet article sur une possibilité d'Europe politique économique et sociale,  et tu verras : Les 400
propositions que tu as rédigé pour la France, et je me doute que cela a dû être exercice  très difficile,  te paraîtront avoir été de la gnognotte.


Mais il ne faut pas désespérer, on a de plus en plus de recul par rapport à la création de la CEE, on n'a plus à anticiper les problèmes puisqu'ils sont présents, il suffit d'ouvrir les yeux, et
les populations en ont tellement marre qu'aujourd'hui une Europe politique serait enfin possible. A condition bien sûr qu'on ne s'engouffre pas dans les réactions violentes et radicales des
extrêmes, et en particulier de l'extrême droite galopante en Europe. 

emile 26/03/2013 22:14


Je reconnais que j'ai du épuiser mon capital d'optimisme depuis quelques années. Cela ne m'empêche pas de penser avec vous qu'on puisse élaborer une société du moindre mal, ce qui somme toute ne
serait déjà pas si idiot. 


 

Jac 26/03/2013 18:55


Réponse à Emile


Ouh là ! Au cas où vs ne l'ayiez pas remarqué, le terme abordé est purement politique, et la politique n'a rien de "naturel", qd bien même elle contribue aussi à manipuler "nos cerveaux
reptiliens". (à moins que l'on croit que Dieu est "naturel" est qu'elle est chose naturelle dictée par le bon Dieu...Bcp le croient)


Nos "réactions d'appartenance", politiquement parlant, sont déclanchées par des choix politiques (langue commune, monnaie commune, idéologie commune, ...etc)  lesquels choix ne conviennent
pas forcément à tous, parce que nous avons aussi une identité propre (soi) et qu'elle peut -ça arrive souvent- se heurter à l'identité commune au groupe définie par son ou ses "chefs"
-dirigeants-  qui nous y incluent (c'est vrai pour un clan, une famille, un groupe professionnel par ex comme pour une nation)  D'où le fait que certains ne se reconnaissent pas dans ce
groupe auquel ils sont censés appartenir et qu'ils le quittent, ou participent démocratiquement à le modifier, ou créent des conflits. 


Les "modèles  politiques et économiques" peuvent être "séduisants sur le papier", ils peuvent aussi être "convaincants" (je préfère) et bien sûr aussi "inopérants dans la réalité". L'idéal
socialiste en URSS a démontré que l'utopie ne peut devenir réelle et est perverse, comme d'ailleurs en ce moment l'utopie ultra libéraliste le démontre. Quel idéal est possible ?


Mais on peut aussi faire une politique "raisonnable" -sans utopie- et si rien n'est parfait, qui puisse convenir au moins dans les grandes lignes au plus grand nombre. 


Quant à "notre désir d'égalité égal  à notre désir d'inégalité", je n'en disconviens pas; ce n'est que le désir légitime de quiconque qui ne souhaite pas vivre en ermite d'être en harmonie
tant avec soi-même qu'avec le groupe dans lequel il vit. C'est ainsi se sentir en sécurité au sein de ce groupe, besoin de base comme manger ou dormir.


Quant à ceux qui dirigent, certes il y aurait bcp à dire. Nombreux un tantinet mégalos sûrement,  d'autres ne voyant là que moyen habile d'en  tirer un intérêt purement personnel (
pervers manipulateurs) en se foutant de ceux qu'ils gouvernent (vous en connaissez non?), ou d'autres, courageux,  simplement responsables avec un sens aigu de citoyenneté démocratique.
Certains préfèrent agir que subir, c'est pas mal non plus .


 

emile 26/03/2013 14:28


Je ne méconnais pas tout ce que vous venez d'écrire. Je soulignais simplement que notre cerveau reptilien avait souvent plus à voir avec nos réactions d'appartenance que notre intelligence
conceptuelle.


Disons qu'à occulter cette primauté, nous pouvons construire des modèles  politiques et économiques séduisants sur le papier, mais (malheureusement ) inopérants dans la réalité.


Notre désir d'égalité est égal à notre désir d'inégalité par exemple.....et les motivations du militant politique ont souvent plus à voir avec sa soif de reconnaissance sociale ( plaire aux
filles pour généraliser de manière souriante ) que par soif d'un absolu égalitariste.


On peut reconnaitre avec les libéraux historiques que les perversions privées participent du bien général, ou avec les libertaires que nous aurions en quelque sorte un instinct de solidarité,
mais au bout du bout quand l'intérêt collectif heurte notre supposé intérêt particulier, je constate que le reflexe l'emporte en général sur la reflexion.

Jac 26/03/2013 13:53


réponse à Emile


Remarque pertinente. Il est vrai que le sentiment d'appartenance est plus complexe que tel que nous l'avons synthétisé. Cependant, nous n'avons jamais une seule identité. On possède tous notre
propre identité comme entité unique, mais aussi celle d'un groupe du plus grand au plus petit : une famille, et si on est sédentaire comme la grande majorité des humains, une commune, une région,
un pays, un continent et pourquoi pas aussi une planète, voire une espèce... Parce que la reconnaissance de notre être se fait autant par soi que par les autres. On peut donc se sentir tout cela
à la fois, ou plus souvent l'un ou l'autre selon le contexte du moment : par ex Soi-même unique, Nîmois, Gardois, Languedocien, Français, Européen... On peu aussi rejeter l'une ou l'autre de ces
identités, mais toutes indéniablement ont participé à notre construction et demeurent, même inconsciemment, dans notre mémoire. IL faut donc pour avoir conscience de l'une ou l'autre de nos
identités au sein d'un groupe reconnaître un lien commun avec tous les autres de ce groupe, lequel lien -et là je vous donne tort- n'est pas forcément une guerre (heureusement!).


Quand vous êtes à l'autre bout du monde dans un environnement totalement étranger pour vous, où donc vous n'êtes qu'un étranger (si on exclut le sentiment d'être "terrien" comme les autochtones
du lieu ... il est tout de même rare de se sentir "terrien", lol) et que, si vous êtes Français, vous y rencontrez un autre Français, ne vous sentez-vous pas Français et non plus seulement
étranger ? Si c'est un Anglais ne vous sentez-vous pas Européen ?


Il faut bien donc bien des éléments tangibles, bien sûr synthétiques, pour déclencher ce sentiment d'appartenance à un groupe. Le vote peut permettre cela, tout autant qu'une guerre. Sauf que la
guerre unit dans la douleur, et le vote dans l'espoir. C'est un choix à faire. Moi je préfère le vote, surtout quand on tient à vivre dans une démocratie et non une dictature ou une
monarchie.... 

Emile 26/03/2013 11:27


Tout ceci me parait d'un rationalisme naïf, l'homme est un animal symboliste et la notion d'appartenance au groupe, à une nation, ne dépend pas d'un ensemble de paramètres objectifs, comme
l'amour et le désir ne s'analysent point rationnellement, même si on peut les observer d'un point de vue biologique.


Relire à ce sujet l'éloge des frontières de Régis Debray


Pour Barrès la patrie était un immense cimetière possédé en commun et je crains que le sentiment d'appartenance européen ne sera(it) réel qu'après un conflit opposant l'Europe à une autre partie
du monde.


Le sang versé en commun soudant plus certainement les hommes que les bonnes intentions.


Établir un parallèle entre les états-unis, ses états, ses ethnies et les nations d'Europe ne tient pas dans la mesure ou ce qui constitue la nation"étatsunienne "c'est le désir d'appartenance et
la reconnaissance d'un idéal ou d'un rêve commun.


Avouerai-je que j'écris cela avec regret ? Mes rêves de jeunesse se situant bien ailleurs.

Incognitototo 27/03/2013 03:03



Pourquoi naïf ??? Je vous rappelle que cet article a surtout pour objet de rappeler (et si possible démontrer) que
la "réussite économique" n'a strictement rien à voir avec le fait qu'un pays ou un conglomérat économique ait le sentiment, ou pas, de faire partie d'une même Nation...
Je ne pense pas que les Américains travaillent plus ou vivent mieux parce qu'en allant bosser, ils pensent oeuvrer pour LEUR pays (pas plus que chez nous ou en Europe d'ailleurs)... ni même que
la cohésion sociale se situerait autour de l'appartenance à un même pays, parce que ce serait oublier un peu vite que le racisme et le rejet des différences font bien plus de morts aux USA qu'en
Europe...
D'ailleurs, si nous n'avions pas de chômage en Europe, ainsi que des conditions sociales et économiques qui se dégradent si rapidement, vous pensez vraiment que qui ce soit se poserait la
question de revenir à des Nations indépendantes ?

La cohésion sociale c'est autre chose (promis juré, je ferai un article là-dessus un jour), c'est soit un fait culturel (comme dans les pays nordiques), soit issu d'une histoire commune (où comme
vous le rappelez, on aura pu, par exemple, affronter un ennemi commun), soit un fait abstrait imposé (y inclus par la force) par un État central, soit... et cetera... et le plus souvent une
excuse pour ne pas affronter les vrais problèmes...
Cependant, au niveau d'un pays, cela peut également être issu d'une véritable politique d'intégration, qui passe par l'école ; mais aussi, où on n'abandonne pas à leur sort les minorités d'autres
cultures en leur faisant croire, qu'au nom de la liberté, ils pourront faire ici, tout ce qu'ils faisaient dans leur pays d'origine... 
Intéressez-vous, par exemple, à la politique d'intégration des populations musulmanes et autres en Suède, avec leur programme d'alphabétisation, d'apprentissage de la langue, de diffusion des
valeurs culturelles, ainsi que de l'histoire et des lois nationales (au cours d'un programme obligatoire de deux ans)... C'est là qu'on mesure la stupidité dont on fait preuve en France et
ailleurs, en pensant que ce n'est pas le problème de l'État d'intervenir dans la vie de ces gens-là... pour leur reprocher ensuite leur absence d'intégration...

Cela dit, ça n'enlève rien à ce que vous dites par ailleurs sur la nature symbolique et l'irrationalité de l'homme... et c'est bien pourquoi avec Jac, nous partageons le sentiment que cette
structuration symbolique est un échec quasi total en Europe, ainsi que l'urgence de mener une réflexion pour faire des propositions qui permettraient de dépasser cette irrationalité, en modifiant
les instances démocratiques...

Plus qu'un cimetière commun (que 14-18 et 39-45 nous ont déjà légué), je préférerais que nous commencions pas avoir une armée commune... et tout ce que cela implique comme remises en cause
nationale et mise en place d'institutions européennes vraiment démocratiques, pour qu'elle puisse vraiment exister...  Vous ne pensez pas que ça serait moins sanglant, et plus positif ?...



Jac 25/03/2013 12:28


Bonjour incognitototo


 


Je reviens à ta réponse à mon post9 (je me suis un peu égarée par la suite -pas complètement-). 


Effectivement il ne peut pas être simple de définir des structures européennes démocratiques. De nombreux pays européens n'ont toujours pas résolu leur propre structure interne, et notemment la
France comme tu l'écris qui n'a toujours pas su organiser la répartition des rôles sur l'ensemble du territoire, régions, départements, communes... (bcp de "doublons" très coûteux avec un
financement qui ne suit pas équitablement)


Cela à mon avis nécessite la création d'une constitution européenne (et non plus "un traité") ce qui implique que chaque état membre réforme parallèlement la sienne (ouh là!!!). Cette
constitution européenne permettrait selon moi d'unir les peuples et permettrait un meilleur équilibre européen budgétaire en donnant du sens, autre que ceui des marchés, à l'euro et même, je le
crois, à l'économie européenne du fait que avec moins de guéguerres intestines de concurrences déloyales qui divisent les peuples dans une incohérence totale (ton exemple des polonais qui
viennent travailler en France pendant que les Ukrainiens vont travailler en Pologne est très imagé), l'Europe pourrait enfin développer ses exportations (donc développer ses productions et donc
créer des emplois) au lieu de laisser accroître ses  importations . A développer.


C'est pas gagné parce que pour que les peuples européens puissent élire une gouvernance européenne, il faudrait d'abord que ce vote soit inscrit dans une constitution. On risque de tourner en
rond.


Il faudrait donc à mon avis réfléchir d'abord sur cette constitution pour pouvoir la proposer à grande échelle (le net permettrait à quiconque de s'atteler à cette tâche comme point de départ
-même toi, anonymement, par delà ce seul blog-) et la définition des structures en découlerait par la suite.   

Incognitototo 27/03/2013 02:47



Pas mieux...

Tu remarqueras qu’en France, comme dans beaucoup de pays européens, les transferts de souveraineté déjà existants n’ont cependant donné lieu à aucune modification structurelle et institutionnelle
en conséquence... L’avis d’un systémiste, c’est que nous ne pourrons avancer qu’après un effondrement... sinon rien ne se passera...



I-Cube 25/03/2013 10:03


Pas mal Inco !


Tu synthétises vite et bien, en tout cas plus vite que moi (Mais j'ai une excuse : Un seul neurone en fonction... et pas tous les jours avec l'âge qui avance...)


 


La discussion sur la monnaie (qui fait régair tes commentateurs) me fait penser encore et encore au traité de Maastricht et ses successeurs.


A l'époque, je pensais "natio-corse" et avait réinventé le "Paoli" comme monnaie locale et estivale pour financer les "patrioti" : Ils n'en ont pas voulu alors j'ai pensé que le jour où la
"Corsica-belle-tchi-tchi" sera indépendante, elle n'aura pas de monnaie spécifique, mais seulement le dollar US...


Un sacré coup de pouce "compétitif", en se disant que si c'est la monnaie internationale dominante (encore un peu), on exclut tout de suite l'ensemble des problèmes liés à la BCE et compagnie.


Pour enfin parler seulement des choses importantes pour les peuples.


Les Corsi sur leur île sont à peine moins nombreux que les Islandais sur la leur...


Tu vois donc toute la force de se rapprochement situsationiste, imagine-je.


Même si aujourd'hui, j'hésite dans la mesure où pour être "au milieu du gué", l'Europe n'a pas d'autres solutions que d'avancer pour ne plus pouvoir reculer.


 


Alors plus de démocratie en zone euro ? Pour l'heure elle manque, mais justement parce que même l'Europe doute de la démocratie,  le pire système politique... à part tous les autres.


Un peu comme le modèle américain qui n'est "démocrate" que sur les questions mineures tant que la FED restera indépendante (et accommondante).


Je ne crois pas qu'on puisse changer de modèle, quand j'écris ces lignes : Il va falloir "adapter" par petites-touches le notre...


On sera mort, toi et moi, quand il aboutira : D'où la nécessaire formation de nos jeunes-pousses à ne pas commettre nos propres erreurs collectives.


Sera-t-on assez "bons" avec nos "petits-blogs" pour cette grande cause de l'avenir ?


 


Merci pour ce post, Inco !

Incognitototo 27/03/2013 02:41



Oui, je pense qu'on n'a pas d'autre choix que d'avancer... le problème c'est qu'actuellement c'est dans la mauvaise direction et du toujours plus de la même chose...

De rien l'ami, je préférerais partager des joies plutôt que mes désespoirs...



Jac 24/03/2013 18:01


Je précise quel type de spectacle.


Certes pas celui que tout le monde attend, pas celui qui fait planer, pas le spectacle qui fait faire de doux rêves, pas celui d'une France et Europe où tout le monde il est gentil, beau et
intelligent, où personne ne fait du mal à personne, où les familles sont heureuses entre papa qui va travailler bienveillant pour faire bouillir la marmite  et maman qui fait des bons petits
plats bio pour que les mouflets aient de bonnes joues roses.... cui cui...


Non, ouh là là !


Mon pied à moi, ce serait Hollande qui avance doucement mais sûrement, discret, tranquille et, pour en avoir le temps,  Mélanchon qui ferait le spectacle à la manière d'un subtil mélange de
Coluche et Desproges : façon Coluche qui balance effrontément les 4 vérités (et bang! dans la gueule!) en provoquant les éclats de rire de tous, et façon Desproges sarcastique fin et caustique,
qui fait rire les instruits (voire fait rire jaune).  Ca aurait de la gueule non? Et ça relèverait le niveau. 


"tu veux du spectacle, peuple ? En voià, du bon, et qui sait, du profitable pour toi sans même que tu t'en rendes compte...."


Ah! soupir...

Incognitototo 27/03/2013 02:37



Tu sais, ça fait quand même 31 ans (depuis 1982), qu’ils nous racontent qu'ils ne peuvent pas faire autrement... à un moment il faut constater que le seul problème que nous avons vraiment, c'est
eux...



Jac 24/03/2013 16:30


Ah! soupir...


Si j'ai bien compris, par sa notion de "président normal", c'est l'ambition de Hollande de sortir de la politique spectacle. Il pourrait réussir si enfin tout le monde: les électeurs (je
devrais dire "spectateurs"), la presse, la plupart des critiques et ceux qui en tirent profits, si assujettis à cette politique spectacle de l'instantané et de l'esbroufe, comprenaient qu'une
politique se mène à long terme et non à très court terme (spectacle oblige) par la seule résolution de l'immédiateté qui ne conduit qu'à de piètres et fragiles rustines. 


J'ai voté non au traité européen tel qu'il était rédigé (mais pas non à l'Europe) et Hollande préconisait le oui. Je comprenais ses arguments et ses ambitions qui étaient selon moi "tant
pis pour ce traité tel qu'il est avec tous ses défauts à corriger, l'essentiel est d'être dans l'Europe, quelle qu'elle soit, pour agir en son sein; parce que contre l'Europe, pour tout pays
Européen, c'est devenir minuscule et ne plus pouvoir agir, c'est le pot de terre contre le pot de fer" (si Hollande lit cela : me trompe-je ?) Et pourtant, j'ai voté non.


Mais j'ai voté Hollande, parce que je pense qu'il a la faculté d'avancer, doucement mais sûrement, sans provoquer les susceptibiltés des uns et des autres qui ont un vrai pouvoir -qu'il
cherche à combattre-, malgré les critiques et les colères de tous ces  assujettis à la politique spectacle qui exigent les résultats instantanés d'une baguette magique et malgré les
ricanements de ceux qui ont voté pour Sarkozorro, lequel Hollande propose puis se rétracte, plan plan, laisse croire qu'il ne fait rien... Mais je suis sûre avec de la suite dans les idées, ses
idées et pas celles des autres auxquels il donne l'impression de se résigner. J'ai le sentiment, tel que je perçois l'homme, qu'il ne se résigne pas et qu'il pourra surprendre tout le monde.
C'est unprésident "anti politique spectacle" et je ne regrette pas d'avoir voté pour lui. Encore faut-il qu'on lui accorde du temps. Et ça , c'est pas gagné. 


Alors, dans l'immédiateté, parce que tout le monde demande un beau spectacle qui fasse rêver, qui divertit, qui titille les émotions, qui fasse planer comme un bon shoot, j'adorerais,
moi, spectatrice comme les autres (après tout pourquoi pas prendre mon pied moi aussi!), Hollande président et Mélanchon premier ministre.


Quel pied !






Jac 24/03/2013 15:15


Je m'en doutais. Et comme je n'aime pas non plus la "représentativité" (dois-je comprendre là ta définition du prestige ?) je serais une présidente masquée (comme V par ex) parce qu'être un
personnage public célèbre dans le monde entier, quelle horreur ! Et bien sûr, un premier ministre ne fait "un sale boulot" que s'il est sale lui-même. Il n'y en a pas eu encore vraiment. Par
contre, de "sales systèmes", oui il y en a, qu'il serait temps de balayer dans un grand ménage de printemps, avec antibactériens, antifongiques, et antivirus. 

Incognitototo 24/03/2013 15:32



Par "sale boulot", j'entendais plutôt "faire vraiment ce qui doit être fait", d'autant que j'ai une reconnaissance immodérée pour tous les sans-grades, sans lesquels rien ne fonctionnerait, comme
les éboueurs et autres métiers si méprisés...

Oui, t'as raison même Premier ministre, c'est encore trop public pour moi... ça aurait de la gueule des représentants du peuple masqués , j'adore l'idée... qu'on ne puisse être jugé que sur nos actes... pas sur notre capacité à séduire et tout autres raisons qui
n'ont rien à voir avec les faits... la fin de la « politique spectacle »... une rêve...



Jac 24/03/2013 14:21


Je suis ravie que mon dernier post (il est vrai très racourci et à préciser, mais mon intention n'était de le développer en une seule fois -ce qui aurait été très très long.... un livre en
plusieurs tomes!-) t'ait conduit à la réponse que tu m'as faite. Et qu'il t'incite à écrire un article sur cela qui je suis sûre sera fort intéressant.


Alors on le crée quand ce parti tous les deux ? (lol) Pour gagner bien sûr aux présidentielles ! moi présidente et toi premier ministre (à moi le prestige et à toi le sale boulot, lol)

Incognitototo 24/03/2013 14:40



Oui, va falloir le faire cet article... d'autant que comme je n'ai pas toutes les réponses, il me semble important de confronter et de multiplier les points de vue...

Moi, j'adore le sale boulot... et je déteste la représentation... donc la répartition des rôles me va très bien ...



Jac 24/03/2013 13:22


Dans mon post précédent, je dois donner le sentiment de faire l'apologie des USA. Ce que j'ai écrit sur l'élection d'un(e) président(e) européen(ne) tend à expliquer selon ma logique le pourquoi
les Européens ne se sentent pas Européens, et ce qui fait que les Amirains se sentent Américains. C'était donc une réflexion sur un thème bien précis : le sentiment des peuples d'appartir à une
nation, et laquelle (intramuros, ou élargie à un continent?)


De fait, je suis pour une Europe politique, et le seul exemple existant à l'échelle européenne est l'Amérique du nord. Ce n'est pas autant qu'il faille reproduire à la lettre son mode de
fonctionnement. Une si grande ambition de créer une Europe unie (UE) ne peut se faire si facilement, et de Gaulle lui-même ne voulait pas faire comme les Etats Unis.  Il faut bien sûr peser
les pour et les contre.  


A -Ce qui est positif -1-(constructif) et négatif -2- (destructif) dans le cas américain d'une Amérique politique avec un président Américain élu par l'ensemble des peuples fédéraux, 


B - ce qui est positif -1-et négatif -2- dans l'option choisie par l'UE d'une Europe des marchés et d'une présidence alternée, avec seuls élus les députés.   


C'est à mon avis tout ce travail que nous devrions faire, chacun à notre façon.


Et chaque réflexion devrait y apporter sa petite contribution. C'est un travail de longue haleine qu'il ne faut pas laisser aux seuls gouvernants. Cela mériterait un grand débat public mais
lequel, avez-vous remarqué, n'a JAMAIS été proposé. Pourquoi ? Sarkozy a bien proposé un débat sur l'identité nationale (qui aurait pu amener à s'interroger sur l'identité européenne), et toute
la gauche a crié au scandale (sûr que de sa part cela ne mettait pas en confiance, et moi-même m'en méfiais). Mais le débat aujourd'hui qu'il serait judicieux que Hollande propose devrait porter
sur "l'identité européenne". Pourquoi n'a-t-on pas commencé par là ????


J'amène succinctement ma petite pierre juste pour commencer :


A,1 : Le sentiment des peuples américains à se sentir Américains.


        Le contre pouvoir réel pour que le président Américain n'exerce pas de pouvoir absolu (sans ça sous Bush junior ça aurait donné quoi ???)


A-2 : Un président qui engage toute l'Amérique entière, avec sa puissance décuplée par l'union fédérale et sa légitimité par les urnes, dans des guerres épouvantables (Vietnam, Iraq...)
extrêmement dévastatrices et pour les civils massacrés, et pour les soldats américains sacrifiés,  et pour le budget américain (donc l'argent des contribuables). 


B-1 : une monnaie commune qui permet la libre circulation des marchandises et des européens dans toute l'Europe, qui devrait en principe mettre tout le monde sur un pied d'égalité pour faire
jouer la concurrence dans le commerce intérieur et créer une dynamique économique, développer les exportations...


B-2 : ... mais qui a contrario tend à baisser le niveau des salaires vers le bas (donc le pouvoir d'achat, donc l'économie, donc l'attrait pour les salariés paupérisés des importations chinoises
à bas prix et de la malbouffe industrialisée par des multinationales)  tant il y a de disparités entre un salaire de base polonais (par ex) et celui d'un Français ou d'un Allemand; autrement
dit tant il n'y a pas les mêmes couvertures sociales d'un pays à l'autre. 


 


A développer, c'est à vous....


 

Incognitototo 24/03/2013 13:46



C'est drôle... parce que j'allais répondre à tes deux précédents commentaires, quasiment exactement ce que tu précises dans le troisième... c'est bien, j'ai plus rien à faire...  ou presque... En tout état de cause, ça mérite effectivement un article complet sur ce que pourraient être des structures
démocratiques européennes... C'est assez complexe parce que ça demande surtout de faire une liste très détaillée de "qui fait quoi, quand, comment, et avec quel pouvoir" par rapport à
chaque prérogative (répartition d'ailleurs jamais clarifiée en France, d'où le bordel institutionnel et le recouvrement de compétences entre État, Région, Département, Communes et maintenant
Communauté de communes).
Je m'y mets dès que je peux...



Jac 24/03/2013 12:15


Je paufine :


à ce que j'ai écrit :"Et quel candidat à une présidence accepterait que, s'il est
élu, son pouvoir soit sous celui d'un président européen"


je précise : "d'un président eoropéen élu démocratiquement par l'ensemble des
citoyens européens, donc à la légitimité incontestable"

Jac 24/03/2013 12:05


bonjour incognitototo


Je te suis complètement dans ton raisonnement. Mais avant même tout raisonnement,
j'aime appeler un chat un chat, simple, clair, qui parle à tout le monde, y compris à ceux qui sont incapables de raisonner par eux même. Ainsi tu écris :


'Paradoxalement dans les faits, cette communauté de destins est pourtant liée depuis
toujours... stupéfiant que les peuples n'en aient toujours pas conscience.."


Il n'y a rien de paradoxal et encore moins de "stupéfiant"? Il n'y a que de la
logique. Le sentiment d'appartenir à une nation démocratique passe par le vote. Ainsi un Français quel qu'il soit, y compris la vieille dame de 83 ans pour qui la poplitique est du charabia (ma
mère par exemple) se sent Français parce qu'il vote pour SON président (quand bien même il se fasse avoir quand même et se fait berner par des discours qui le caressent dans le sens du
poil)


C'est simple à comprendre. Et  la BCE, les lobbies qui polluent les commissions,
et tous les affairistes qui ont intérêt à ce que l'Europe ne soient qu'un grand marché, du fait de leur influence sur les décisions européennes font tout et ont tout fait pour que jamais, au
grand jamais, l'Europe ne soit politique. Donc surtout pas, pour eux, d'élection pour une présidence européenne. 


Comment un seul gouvernement pourrait-il changer cela ? Et quel candidat à une
présidence accepterait que, s'il est élu, son pouvoir soit sous celui d'un président européen, quand bien même comme les sénateurs américains il continuerait en partie à gouverner son pays?
Enlevez lui ce pouvoir de guerre et de paix (ah! le bouton rouge de la bombe nucléaire! ce qu'il fait tourner la tête!) et il se sent si démuni.... Pas pour rien que les souverainistes veuillent
quitter l'Otan, meme les mieux intentionnés. 



Jac 23/03/2013 16:18


Il y a lgtps qu'incognitototo prêche le modèle islandais. C'est tentant en effet.


Mais heu.... :


Islande : état insulaire (très isolé) de l'océan Atlantique, 320 000 habitants, dont près de la moitié vivent dans la capitale Reykjavik, 3,01 habitants au km2, 3/4 du territoire
désertique... 


politiquement : 1er parlement au monde (en 930); 1ère domination (absolutiste, donc sans parlement) Norvégienne, puis 5 siècles de domination danoise (parlement restitué en 1845); république
indépendante duis 1944 : jeune république par rapport au reste de l'Europe...


Est-ce vraiment comparable aux vieux et grands pays européens à l'histoire si complexe faite de moultes dominations ?! Peut-on appliquer pour 10000 ce qu'on peut faire pour 10 ???? 


 

Incognitototo 23/03/2013 20:19



C'est leur courage, leur responsabilité, leur obstination, leur refus de céder aux "plus forts", leur capacité à se remettre en cause, ... que j'admire, plus que les solutions qu'ils ont
adoptées... qui seraient effectivement probablement inadaptées pour nous...
Je rêve juste qu'il y ait en France des partis politiques qui portent ce genre d'attitude et de paroles ; pour le reste effectivement les lois qui peuvent régir des petits groupes ne sont pas
forcément adaptées à des plus grands...



Monica 23/03/2013 15:08


La force de l'Islande, c'est d'avoir su dépasser les clivages politiciens, les divisions de la politicaillerie, des partis politiques, pour prendre en compte l'intérêt général des citoyens: 


 


« Ce serait une erreur que de voir notre expérience à travers cette vieille grille de lecture politique. En Islande, les partis de
droite et de gauche ont été unanimes sur la nécessité de protéger le système social. Personne, à droite ou au centre, n’a défendu ce que vous appelleriez des « politiques de
droite ».


 


Et c'est d'avoir su tenir compte des contradictions, en s'extirpant des idéologies binaires:


- « Les agences de notation, les grandes banques, tout le monde avait tort. Et moi aussi. »


 


Nous ne sommes pas sortis de l'auberge...

Jac 23/03/2013 13:15


Monica a écrit : "A propos des Islandais, j'ajoute qu'ils ont une conception de leur
"être Islandais" qui leur permet de trouver une cohésion dans leur action sociale et politique"


Je suis absolument d'accord avec cela. Ce pourquoi j'écris ds mon post précédent que
ce qui manque aux Européens c'est la conception de leur "être Européen"; idem la conception des Américains bien acquise par les urnes de leur "être Américain", malgré la multiplicité des langues
et des cultures. 

Monica 23/03/2013 12:22


A propos des Islandais, j'ajoute qu'ils ont une conception de leur "être Islandais" qui leur permet de trouver une cohésion dans leur action sociale et politique, qu'une fédération européenne
(surtout faite à marche forcée et inégalitaire comme c'est le cas aujourd'hui) ne peut assurer.


 


Sans être immédiatement suspecté de nationalisme borné, on peut très bien concevoir que les humains ont à certains moments besoin d'agir avec les personnes dont ils partagent l'histoire,
l'espace-temps, le territoire, les valeurs (même si tout cela est très évolutif).


 


Il y a plusieurs étages dans la vie citoyenne, et l'un de ces étages est la "nation", ce qui n'empêche pas le partage avec d'autres nations et d'autres continents, mais sur des bases
d'indépendance.

Incognitototo 23/03/2013 20:04



Oui, c'est bien ce qu'essaye de faire "l'Europe", laisser leur "indépendance" aux pays et on voit les résultats... On ne peut pas rester entre deux chaises perpétuellement, en espérant que ça va
s'arranger tout seul...

À un moment, il faut aussi choisir, qu'est-ce qui fonde vraiment « l'indépendance » ; si c'est l'absence de tous liens et de pouvoir continuer à fonctionner comme si on était tout seul, il me
paraît assez évident qu'alors il ne faut pas se marier...

Personnellement, je me sens tout à fait capable de voter pour des députés européens qui auraient des vrais pouvoirs, et présenteraient un vrai programme, même s'ils ne sont pas français... Je ne
pense pas qu'un italien, un belge ou qui que ce soit (peut-être à part un anglais ) serait moins à même de me
représenter parce qu'il n'est pas de ma nationalité... C'est peut-être ça d'ailleurs, une des grandes erreurs politiques de la construction de l'Europe : continuer à nous faire voter sur des
listes de représentants nationaux, qui n'auront de fait, aucun pouvoir pour changer les positions allemandes ou anglaises par exemple... Il faudait que les listes soient identiques pour tous les
pays et que dans chaque liste chaque pays soit présent ; qu'ils représentent une politique européenne et plus la représentation d'une répartion politique nationale...

Personnellement, je situe la "force" et la cohésion des pays scandinaves et nordiques, ailleurs... Ils puisent dans leur culture "protestantiste" une vision du monde qui à l'évidence n'est pas
celle des catholiques, ni des anglicans...



Jac 23/03/2013 12:13


Bonjour


Dans la comparaison UE/USA, il y a à mon avis un élément crucial oublié :


Le vote (même indirect) par les citoyens de tous pays fédéraux d'un président américain. D'où selon moi le fait que tous les américains d'où qu'ils soient et par les urnes (donc par la
démocratie)  se sentent avant tout "Américains" . C'est énorme! Quel Français ou Allemand ou Croate ou Irlandais ou... se dira avant tout Européen ? 


 


En Europe on élit des députés européens.


"Késako??? (dixit vox populis) A quoi ça sert ??? Qu'est-ce qu'ils font ??? Quel pouvoir ont-ils ???"


Ne sont-ce pas les commissaires européens qui décident de la politique commune européenne?


"késako??? qui sont-ils ??? D'où viennent-ils ??? Qui les connait ??? Qui les nomme ??? En CDI ? en CDD ?" Ils sont rares les Européens qui sauraient répondre! 


D'autant que, comme bien dit, le vrai pouvoir vient de la BCE et des marchés. Même si on sait que ce sont les banques et les marchés financiers qui gouvernent en réalité le monde, là franchement
c'est un parti pris et un pied de nez (surtout quand on sait d'où vient le patron de la BCE). C'est ça la démocratie ???


Alors  pourquoi (et comment), dans ces conditions, les Européens se sentiraient Européens avant d'être Français, ou Espagnols, ou Croates, ou Allemands, ou Anglais, ou Grecs.....


En réalité les frontières ne se sont jamais ouvertes en Europe, dans l'esprit des peuples... ET rien n'a permis cela.

Incognitototo 23/03/2013 19:19



Bonjour Jac,

Pourquoi oublié ? Je dis bien :
"On voit bien que l’Europe est restée au milieu du gué à ce niveau-là, personne ne voulant franchir le pas pour abandonner à une structure démocratique centrale des prérogatives nationales
qui sont de plus en plus fictives... mettant en place à chaque fois des structures qui, paradoxalement, ont des pouvoirs supranationaux, tout en ne représentant aucune légitimité politique et
démocratique..."

En tout état de cause, ce n'est pas inutile de rappeler que les souverainistes et nationalistes, sont totalement contre le fait qu'on puisse, par exemple, abandonner à un gouvernement central
européen élu démocratiquement, la défense nationale... Moi, je suis pour... mais, on ne doit pas être très nombreux dans ce cas...

Oui, je suis bien d'accord et c'est bien ce que je dénonce, rien n'a été fait pour que l'Europe politique, sociale, fiscale puisse donner le sentiment aux peuples que leur destin est
irrémédiablement lié, qu'ils sont la même Nation... Paradoxalement dans les faits, cette communauté de destins est pourtant liée depuis toujours... stupéfiant que les peuples n'en aient toujours
pas conscience... Peut-être faudra-t-il que nous ayons, nous aussi, notre "guerre de Sécession ", pour que cela cesse de faire débat...



Monica 23/03/2013 09:41


Cher Incognitoto, j'ai un peu de mal avec votre texte car j'ignore ce que sont
"les" souverainistes et "les" nationalistes. De quoi et de qui parlez-vous?

Pour moi, ces deux termes sont des mots-valises servant, par un effet
d'essentialisme, à discréditer des positions, analyses ou projets très différents. 

Ils vous permettent de renvoyer dos à dos Marine et
Jean-Luc, et de jeter dans le même sac des analyses politiques qui sont aux antipodes les unes des autres. 

Le FDG, par exemple, ne veut pas sortir de l'euro ni sortir de l'Europe: il
souhaite une modification du fonctionnement de l'UE. Il ne prend pas des populations comme bouc-émissaires afin de cimenter l'union nationale. Avez-vous lu les bouquins de Jacques Généreux?
Ils sont très clairs à cet égard.

Vous dites beaucoup de choses avec lesquelles je suis d'accord, mais en
"répondant" à des positions floues que vous caricaturez. Si j'osais, je vous dirais que vous êtes un sacré coquin ! 

Incognitototo 23/03/2013 19:14



Bonjour Monica,

Bah... je n'ai pas besoin d'être convaincu que Jean-Luc ce n'est pas Marine, et qu'il ne fait pas partie des nationalistes, mais plutôt des souverainistes (sortie de l'OTAN, et cetera)... je
citais juste cette possibilité de "match", comme l'aboutissement ultime de l'exécration des citoyens pour les classes politiques dites de gouvernement... d'autant qu'en l'absence d'une autre
offre politique, je voterai pour lui aux prochaines présidentielles, et que je m'en veux même de ne pas l'avoir fait aux dernières élections ...
Reste que je suis totalement en désaccord avec les moyens qu'il se propose de mettre en place, à mon sens, catastrophiques et/ou contreproductifs sur bien des plans... Un exemple assez typique de
ce que je pointe quand je dis qu'on peut être plus que d'accord sur les objectifs et totalement en désaccord sur les moyens pour les atteindre...

Comment ça, vous ne savez pas ce qu'est un souverainiste ou un nationaliste ??? Asselineau, Le Pen, NDA, ... et à gauche dans bien des discours : Montebourg, Chevènement, Jean-Luc et d'autres
(qui représentent des cacahuètes) portent bien sur des thématiques très axées sur l'auto-détermination, protectionniste et anti-européenne... même s'ils ne sont pas forcément tous
sécessionnistes...
Et c'est là que je ne me sens pas du tout en accord ; par exemple, on peut faire du protectionnisme sans qu'il n'apparaisse et ne soit présenté comme tel (Cf. : l'exemple danois)... Mais plus
généralement, il n'y a pas besoin de rentrer en guerre et d'agiter les drapeaux idéologiques, pour modifier et régler les problèmes en profondeur ; d'où ma profonde aversion pour les thèses
souverainistes et nationalistes... qui pensent que leur idéologie leur donne également les bonnes solutions...

Si vous avancez dans la lecture de mes propositions, vous verrez par exemple, que je ne me fatigue pas à essayer de remettre en cause le "libre-échange" tel qu'il est appliqué, et dont chacun
peut constater les effets délétères depuis 40 ans... Par contre, j'en supprime les impacts négatifs, notamment avec des mesures fiscales qui seront prises au nom de ce même "libre échange", ainsi
que de la concurrence loyale et non faussée...
Plus généralement, j'ai la vanité de penser que ça change vraiment tout, de s'adapter au système en le prenant à son propre jeu, plutôt que de penser que l'affronter de face serait "bénéfique"
(approche fondée sur ma formation de systémiste et mes expériences de la gestion des organisations)... y inclus au niveau des relations européennes et internationales...
Analysez bien les propositions des souverainistes et nationalistes, vous verrez qu'ils sont à mille lieues de ce genre de stratégie, et qu'ils prônent des ruptures, alors même que je suis
pourtant d'accord sur un certain nombre d'analyses concernant les causes de notre marasme... d'ailleurs, j'ai beau chercher, je ne trouve toujours aucune offre politique dans ce sens... NDA en
2007, avait un programme qui allait dans ce sens, puis il s'est mis à délirer sur la sécession monétaire et la sortie de l'Europe, et c'est devenu n'importe quoi...

Il y a bien un courant trans-partis qui analyse conjointement les causes de nos problèmes en les reliant à nos options mondialistes, européistes et libre-échangistes... et je ne peux qu'être
d'accord avec ces analyses ; cependant, je suis en total désaccord sur les moyens pour y remédier que proposent ces mêmes partis, qu'ils soient de droite ou de gauche... étonnant, non ? Mais,
vrai...

Pour faire une analogie médicale, face un cancer, il y a actuellement 2 courants trans-partis qui s'opposent en France :
- celle de l'UMPS (auquel il faut maintenant ajouter EELV) qui pense que ça va s'arranger tout seul, et même parfois qu'il n'y a pas de cancer... et qui utilisent de l'aspirine quand les
symptômes deviennent vraiment trop visibles...
- celle des souverainistes/nationalistes qui pensent qu'il faut couper l'organe... quitte à se passer de ses fonctions... mais qui prennent aussi d’autres manifestations pathologiques pour des
cancers, alors que ce n’en sont pas...
Et j'ai beau chercher, je ne trouve pas d'offre politique qui penserait qu'il y a cancer, et qu'on peut cependant garder et guérir l'organe par des thérapies appropriées...

J'espère que c'est plus clair... et moins flou... mais, j’ai des doutes...