a - Pour me présenter
Mon parcours est celui d’un enfant né dans une famille ouvrière d’immigrés italiens arrivée dans les années 50. Mon père est venu en France, à
Paris, parce qu’on avait besoin de ses compétences de marbrier. Ma mère avait fui les persécutions fascistes avant-guerre (1933) et a fait son école primaire à Brignoles (dans le Var) ;
puis elle est repartie en Italie, puis elle est revenue en France ; mais à part pour rencontrer mon père, à vrai dire, je ne sais pas pourquoi la deuxième fois. J’avais 9 ans en mai 68. Je
voyais rentrer mon grand-frère des manifs, abîmé, fatigué et avec des vêtements déchirés. J’entendais mon père (héros local de la résistance italienne) demander à celui-ci : "Vous avez des
armes ? Vous n’en avez pas… Alors, ça ne sert à rien…". Communiste stalinien de la plus pure et dure souche, je l’ai cependant vu pleurer quand Mitterrand est arrivé au pouvoir, deux ans avant
de mourir à 69 ans emporté par la silicose du marbre. Au moins, il est mort avec un espoir pour nous, il n’aura pas eu le temps d’être déçu, il n’aura pas eu le temps de se sentir trahi…
Donc, fatalement, j’étais marxiste léniniste à 9 ans (première manif pour l'enterrement de Pierre Overney), anarcho-nihiliste à 11 ans,
anarcho-syndicaliste très activiste à 15 ans, et, après avoir été viré de mon lycée comme un vulgaire agitateur à la fin de ma seconde, paumé à 17 ans (si, si je vous assure, c'est le parti qui
compte le plus d'adhérents) …
Puis, j'ai voulu pratiquer mes idées : communautés, autogestion, participation, … J’ai pris ma première gérance et direction d’entreprise à 26
ans. J'ai à peu près tout expérimenté comme forme de gestion sociale différente, avant de perdre mes dernières illusions en me faisant escroquer de 12 ans de travail et d’accumulation de
capital, par des amis, tous de gauche, dans lesquels j’ai eu suffisamment confiance pour leur confier la direction de mes entreprises, alors que je devais m’absenter pour effectuer un stage qui
devait permettre la validation de mon diplôme d’expert-comptable.
Si aujourd’hui, on peut dire que je fais parti de la "classe dirigeante", je n'oublie pas pour autant d'où je viens, ni ce que cela m’a coûté
et me coûte encore d’en être sorti.
Je reste fondamentalement quelqu'un de gauche, parce que j'imagine qu'un autre monde est possible ; mais je me demande parfois, si ce n'est
pas uniquement parce qu'il continue à y avoir beaucoup plus de pourris à droite… quoique… D'ailleurs à l'épreuve des faits, il me semble qu'aujourd'hui d'un point de vue strictement
idéologique, ça ne veut plus dire grand-chose ; j'ai même quelques admirations pour certaines personnalités de droite, comme Simone Veil (vraiment une très grande dame à mes yeux), Philippe
Séguin ou André Santini... en gros ceux qui préfèrent la vérité des actes aux inévitables mensonges des sunlights. Et puis, j'ai rencontré tant de patrons dits de "gauche" qui n'arrivaient pas
à la cheville humaine de patrons dits de "droite" que je suis sûr maintenant que ce n'est pas l'étiquette qu'elle affiche, qui fait l'humanité, la moralité, l’intégrité et l'intelligence d'une
personne (d'ailleurs les "amis" qui m'ont escroqué étaient tous des moralistes de gauche…).
Pour la plupart des gens de gauche la propriété c’est le vol, … enfin, jusqu’au jour où ils ont l’occasion de devenir propriétaires eux-mêmes
et que l’éthique qui fut la leur ne devienne plus qu'un beau discours… Je n'ai toujours pas déterminé, si c'est plus l'argent ou le pouvoir qui enlève à la grande majorité des gens leurs
scrupules, mais c'est probablement un peu des deux… parmi bien d’autres funestes penchants humains…
Je n'ai jamais pris de carte et d'engagement nulle part, car, mon problème, c’est que je n’ai jamais réussi à trouver une
réponse à un difficile paradoxe (par nature insoluble). Compte tenu du système institutionnel politique français, on ne peut rien faire aujourd'hui, si on n'a pas un parti avec soi ; le
problème connexe, c'est qu’on ne peut pas plus faire quelque chose si on a un parti avec soi ; puisque fatalement, si vraiment on veut réformer, on finirait par toucher aux intérêts
particuliers de quelqu'un de son "clan" ou de ceux qui vous ont élu…
De plus, je ne suis pas près d'en prendre une quand j'écoute les "menteurs professionnels qui nous gouvernent" qui n'ont jamais le courage
d'expliquer honnêtement les enjeux contradictoires qu’ils doivent quotidiennement affronter, qu'ils soient de gauche ou de droite.
Par exemple, ce n'était pas très fin de la part de Claude Allègre (que d'ailleurs je n'estime pas plus que ça) de parler de "mammouth" à
propos de l'éducation nationale ; pourtant, cette image est vraie, car je connais les difficultés qu'il a rencontrées pour apporter un peu de cohérence et de modernité dans cette hyper
structure. Dommage qu'il n'ait jamais eu l'audace d'expliquer cette image, pourquoi il en était arrivé à dire ça et comment son courage d'homme était mis à rude épreuve… Face à ce qu'il a subi,
moi, j'en aurais pleuré de rage en public à un journal de 20 heures ; idem pour l'obscur Jean Arthuis, médiatiquement inexistant Ministre de l'Économie (qui en plus avait la malchance de ne pas
appartenir au sérail de l'administration) qui en 3 ans de gouvernement n'a jamais réussi à obtenir de ses cadres l'organigramme et l'échelle nominative des salaires de son tentaculaire
ministère, grand fournisseur de placards dorés pour hommes politiques fatigués…
Les politiques voudraient nous faire croire qu'ils ont un avis et des solutions pour tous les problèmes, d'ailleurs ils n'osent jamais dire
qu'ils ne savent pas, en nous noyant au passage sous des tombereaux d'inepties ; mais la réalité, c'est qu'ils ne font de la politique qu'en suivant la force des pressions qu'ils subissent et
en mesurant l'impact électoral, que les mesures qu'ils pourraient prendre ou promettre, auraient sur la pérennité de leur gagne-pain...
Je crois que cela ferait le plus grand bien au climat de désintérêt politique, que tous ces gens-là arrêtent un peu de jouer les gros bras et
expliquent les situations impossibles ou paradoxales auxquelles ils sont quotidiennement soumis, en ayant même l'honnêteté de dire "je ne sais pas" ou "je n'arrive pas à prendre de décision
pour l'instant parce que c'est trop compliqué pour telle et telle raison, ou parce que je subis telle ou telle pression, ou chantage de la part de telle ou telle personne, ou groupe"… La
population aurait alors un autre regard sur eux, peut-être même qu'elle aurait à nouveau envie de participer à sa propre destinée.
Mince, … Je voulais me présenter à vous et voilà que je suis déjà en train de digresser en vous débitant des lieux communs… Mais, peut-être
est-ce également une façon de me présenter…
J’ai une formation fondamentalement scientifique et seuls les résultats m’intéressent. Je suis un adepte des cycles action, réaction,
évaluation, réévaluation et action. En bref, j’exècre les sempiternelles déclarations d’intention, intentions, recul devant le premier blocage qui se présente, inactions, réévaluation des
intentions… qui nous ont conduits au désert de perspectives actuel.
Je n’ai personnellement aucune ambition politique et n’ai aucun goût, ni aucun courage, pour aller exercer un mandat
représentatif quelconque. Je laisse cela à ceux qui trouvent un plaisir personnel à être continuellement en représentation. Cependant, je suis prêt à contribuer techniquement et de façon
pratique avec tout groupe qui se saisirait des réformes proposées, à la condition qu’il se situe en dehors des "religions idéologiques" et des extrémistes de droite ou de gauche.
### Ha, encore une chose, pour lever un peu de "mystère" sur mon pseudo… Le problème c'est
que j'ai été longtemps expert-comptable, commissaire aux comptes, et que je dirige encore aujourd'hui une entreprise. J'ai évidemment à faire quasi quotidiennement avec les administrations et
je sais, par expérience, que ce sont des gens très susceptibles. Aussi, compte tenu de ce que je dis d'eux, je ne voudrais pas qu'il y ait des représailles sur l'ensemble du groupe qui n'est en
rien responsable de ma vie privée... Nous sommes en démocratie, mais malheureusement ce type de procédés (contrôles fiscaux, sociaux et autres tracasseries) est encore largement utilisé, pour
faire taire ou décourager les "insolents"... Même si je ne les crains nullement et que je n'ai rien à cacher, j'ai quand même autre chose à faire que de passer mon temps à accueillir
aimablement de zélés contrôleurs
b - Explications sur le contexte et la philosophie générale des
propositions
Je précise à l’usage de ceux qui pourraient penser que ce programme aurait une connotation politique de droite qu’il faut prendre un peu de
hauteur en dehors des raisonnements partisans ou idéologiques, afin d'en saisir toutes les finalités.
Pour atteindre certains objectifs, il y a fort longtemps que mon expérience personnelle des organisations m’a fait assimiler que ce n’est pas
le résultat visé qui doit indiquer le chemin à suivre, mais les réponses qui provoquent la dissolution des contradictions.
Vous pouvez pour plus d’explications vous référer à toute l’école systémique [A001], mais également à l’analyse fonctionnelle
ou plus simplement au bon sens… Sachez simplement que chaque proposition est fondée par des constats provenant de mon expérience quotidienne de la gestion d'entreprises et de notre contexte
social, ainsi que de l'analyse des conséquences paradoxales de nos systèmes.
L'analyse systémique permet, entre autres, de démontrer et de révéler qu'à terme, toute action résultant d’une "bonne
intention" [A002] a des conséquences perverses qui vont à l’encontre du but recherché (Watzlawick dirait que la tendance homéostatique des
organisations a pris le pas sur les buts poursuivis). Elle propose de déplacer les réponses, afin de sortir dynamiquement des paradoxes insolubles qui sont soumis aux décideurs.
Je ne développerai donc pas exhaustivement ce sur quoi sont fondées mes certitudes, mais, bien évidemment, si vous aviez besoin d'informations
complémentaires pour comprendre pourquoi je prescris telle ou telle mesure, vous pouvez vous référer aux notes de bas de page volontairement succinctes, et je reste à votre disposition pour
toute critique, discussion, explication ou contribution : incognitototo@free.fr.
Le temps étant une valeur non extensible, je ne pourrai probablement pas répondre à tous, et vous m’en excuserez par avance, mais sachez que vos
réflexions seront une mine précieuse pour affiner ou modifier le sens de ces propositions.
Par ailleurs, il faut comprendre toutes ces propositions comme un tout indissociable et quasiment simultané pour certaines
mesures. Il est hors de question de prendre une mesure dissociée de celles qui la soutiennent, comme le font depuis des années nos politiques qui pratiquent les réformes par
"saupoudrage" et semblent avoir perdu toute vue globale des problématiques. Autrement dit, il est hors de question de "dénouer" une problématique sans lui adjoindre les mesures qui compenseront
dynamiquement les effets pervers. Un temps de mise en place sur 2 ans me paraît un maximum pour prendre de vitesse les réactions de "résistance" qui, hélas, ne manqueront pas de surgir.
Pour ceux qui auraient l’impression que mes propositions vont dans tous les sens… En réalité, ce n’est pas dans tous les sens, c’est dans un
tronc commun de sens :
· rendre les gens maîtres de leur destin,
· redéfinir et rétablir les responsabilités,
· réintroduire de la démocratie là où elle a
disparu,
· remettre les politiques au boulot,
· relocaliser l’économie,
· créer plus de richesse, d’emplois, et des ressources
nouvelles,
· éradiquer le chômage de masse et redistribuer nos fonctionnaires (ou assimilés)
sur des emplois utiles, socialement et économiquement,
· éradiquer nos dettes et rétablir l'équilibre de notre balance
commerciale,
· mettre fin aux petites magouilles,
· dissuader les spéculateurs de gagner toujours plus d’argent sans rien faire, sans
aucune considération, pour les humains qu’ils exploitent et la planète qu’ils saccagent,
· faire de colossales économies d’échelle pour revenir à un service public qui
préfère éduquer, soigner, rendre justice, protéger et aider des gens plutôt que leur demander leurs papiers…
Si vous vous focalisez sur une mesure particulière, n’oubliez surtout pas ce que je dis précédemment : chaque mesure qui serait prise séparément
des autres n’a pas de sens en soi et produirait probablement plus de dégâts qu’elle ne générerait de bénéfice… Il y a une "logique" dans l’ensemble des propositions (quand
j’ouvre une porte, j’en ferme d’autres…) qui est indissociable pour produire les résultats escomptés.
Ecole d’analyse psychosociologique qui s’est principalement intéressée à l’action des paradoxes structurels sur le comportement des
individus. L’Institut de Palo Alto et Watzlawick en sont les principaux créateurs. Selon cette école ce sont les paradoxes insolubles de double contrainte qui produisent les "maladies" aussi bien
au niveau des individus que des institutions.
Les fondements de cette école de penser et d'action peuvent se résumer de la façon suivante :
-
- Outre leur capacité d'adaptation et de transformation (la "morphogénie"), les "systèmes" génèrent une maladie qui s’appelle
"l’homéostasie" ; où les buts qu’ils poursuivent sont supplantés par des systèmes non-dits où la seule finalité devient la survie de la structure elle-même.
-
- Les "maladies" se cristallisent à partir des nœuds paradoxaux ("paradoxe" et son
adjectif "paradoxal", au sens systémique du terme : qualifie un système qui, en situation de doubles contraintes, produit des réponses automatiques et inadaptées au contexte).
-
- Il faut identifier les nœuds paradoxaux pour espérer "traiter" et faire
évoluer le système, donc avant tout discerner les lois qui régissent le système et qui se perpétueront même en cas de changement de forme.
-
- Toute action qui s'attaque directement aux nœuds paradoxaux est vouée à
l'échec, car le système développe une réponse de résistance proportionnelle à l'attaque elle-même, et c'est logique puisqu'il se sent atteint dans ce qui fonde sa survie la plus primaire.
De même, il est illusoire d'espérer qu'un système englué dans ses paradoxes arrive à se réformer lui-même, car il faudrait qu'il puisse admettre qu'il doit remettre en cause sa survie, ce
qui est impossible.
-
- Les meilleures chances de changement sont celles qui, au lieu d'essayer de
répondre aux paradoxes qui sont par nature insolubles, déplacent les réponses à des endroits où le système homéostatique n'aura plus de prise (d’où la réforme des institutions que je place
en premier dans ma liste des urgences) ; ou comme dirait A. Einstein : "On ne règle pas un
problème en utilisant le système de pensée qui l'a engendré."
Ces lois inhérentes à tout système ont de funestes conséquences logiques :
-
- Devant un constat d'échec plutôt que de réévaluer ou réformer le système qui y a conduit et dont ils font partie, les politiques
"préfèrent" créer de nouvelles structures qui au final rendent le système global de plus en plus immaîtrisable et les responsabilités de plus en plus diluées… (Vous remarquerez que les
développements informatiques suivent à peu près la même logique de méta structuration pour arriver… à des usines à gaz ingérables)
-
- Le chaos institutionnel créé par la multiplication des structures et la
complexité des lois ne permet plus du tout d’identifier les responsabilités à quelque niveau que cela soit. Non seulement les coûts structurels deviennent alors sans commune mesure avec le
service rendu, mais de plus, c’est un très grave danger pour la démocratie. (Il est presque étonnant, par exemple, que les politiques qui ont accepté nos transferts de souveraineté à l'UE,
n'aient jamais, concomitamment, proposé la moindre réforme de toutes les institutions concernées par ces transferts ; c'est-à-dire à peu près toutes. Et pourtant, à la suite de ces
transferts, la plupart sont devenues, de fait, exécutives, consultatives, redondantes, caduques ou inutiles)
Toutes les propositions qui suivront sont issues de ce type d'analyse et forment un tout indissociable.
Est-il nécessaire de rappeler ce vieil adage : "Si tu veux aider quelqu'un qui a faim, plutôt que de lui donner du poisson,
apprends-lui à pêcher" ; tout est relatif, mais ce qui est sûr c'est que les réformes politiques qui ne visent pas la responsabilisation des personnes sont invariablement vouées à l'échec.
Quand les systèmes créent des identités "d’assisté social", il est parfaitement illusoire d’attendre des réponses de responsabilité de ceux qui en font partie. En fait quand on veut lier la
résolution d’un problème à un système de cause à effet direct, on est très souvent à côté de la plaque, si on ne se demande pas quelles perversions les règles en place vont forcément
déterminer. Ou autrement dit, il faut d’abord réfléchir aux conséquences indirectes, car, tôt ou tard, ce sont elles qui prendront le pas sur les effets directs… Pour mémoire, c’est de ce type
de constat qu’est née la pensée antipsychiatrique, qui a plus que démontré que les systèmes institutionnels psychiatriques étaient "naturellement" conduits à voir des fous partout et surtout à
n’en guérir aucun. En effet, qu’adviendrait-il de ces institutions si elles réussissaient à guérir les "fous", elles seraient fatalement obligées de s’autodissoudre… Non seulement, c’est un
acte impossible, mais on comprend bien, dans ce type de dynamique de "double contrainte", que le système institutionnel va autoproduire les justifications de sa survie, de sa pérennité et même
de son extension.