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  • : Solutions politiques (ou + de 400 propositions de réformes politiques...)
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  • : Analyses et propositions de réformes politiques institutionnelles, économiques, fiscales, sociales, juridiques, et autres, issues de ma pratique professionnelle et de la vie tout simplement ; pour vraiment changer...
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Sommaire

 

Sélection partiale des derniers articles mis en ligne

Faire-part...

À mes lectrices et lecteurs : avertissements importants !

« Après moi le déluge ! » : constats « navrants » sur plus on sait et plus on est con...

Changer par la loi et pour une « vraie révolution fiscale »... sans sortir de l’Europe...

« La société du spectacle » et « No future », nos seuls avenirs ?...

L’irrésistible progression des souverainistes et des nationalistes : l’horreur absolue... Qui est responsable ?...

Homoparentalité et « mariage pour tous » : de la réalité à la loi...

« Nul ne peut s’enrichir sans cause » : une jurisprudence malheureusement oubliée...

Rapport Gallois et compétitivité... De qui se moque-t-on ?...

« Double contrainte » : 40 ans d’accords internationaux et de lois, qui rendent fou...

La propriété privée et la finitude : des nœuds systémiques centraux...

 

Quelques classiques et textes fondateurs

Imprécis précis de fiscalité… pour en finir avec les « croyances populaires »… si, c’est possible…

(3) - Mises au point et compléments sur la TVA sociale… 

Les dettes publiques : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c’est quoi la pensée virtuelle ?

Histoires de dettes interbancaires : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c'est quoi l'économie virtuelle ?…

Exercises appliqués d’analyse systémique sur la mondialisation et à propos de la décroissance…

À ceux qui prônent un retour au Franc… et aux autres, qui manquent d’arguments pour leur répondre…

(1) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche... (début)

(1) Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur... (début)

(1) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (début)

 

Une toute petite sélection d'articles qui aurait pu figurer sous une rubrique « On ne vous dit pas tout »

Le faux débat sur l'évasion fiscale et les paradis fiscaux...

Solidarités sociales et retraites : ce qu’il faut savoir et ce qu'on ne vous dit pas ou si peu...

Vélib' : problèmes d'arithmétique élémentaires, niveau CM1…

 


Tout les articles publiés (regroupés dans l'ordre de leur parution par catégorie : du plus ancien au plus récent)

  A - Préambules

Introduction et justifications de ce blog

D’où je viens, comment je me situe, philosophie et cadre général des propositions

Petites mises au point pour comprendre la logique de ce blog et des 400 propositions…

 

B - Le programme de réformes

1 - Les institutions

2 - Les institutions

1 - Economie et fiscalité

2 - Economie et fiscalité

Santé, Sécurité Sociale et retraites

1 - Droit du travail

2 - Droit du travail

Formation - Éducation - Recherche

Justice

Emplois

Sécurité et qualité de vie

Europe

Plan de mise en œuvre des propositions

Pour conclure provisoirement

 

D - Anecdotes, réflexions et solutions suggérées

Voirie parisienne : l’honneur perdu de Delanoë qui cautionne l’ayatholisme de Baupin et Contassot

(1) - Déficit de la Sécurité Sociale… mes expériences dans l’univers kafkaïen des services de "santé" (début)

(2) - Déficit de la Sécurité Sociale… mes expériences dans l’univers kafkaïen des services de "santé" (fin)

Violence des cités… : Quand on n’a pas les mots et qu’on a tous les maux, il reste le passage à l’acte violent…

A propos d'éducation - Une lettre à Science & Vie

Médias : leur responsabilité dans l'absence de pensée…

Politique internationale : Attentats du 11 Septembre - Au-delà du bien et du mal, il me manque les mots…

Politique internationale : Combien de temps encore nous ferons-nous la guerre pour les fautes des pères ?

(1) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche… (début)

(2) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche… (fin)

Perversions des systèmes : la démocratie en danger

Nicolas Hulot : l'équation économique insoluble et insolvable…

Quelques problèmes auxquels, je réfléchis sans vraiment trouver de remède pratique…

Un problème qui me pose vraiment problème : la société du spectacle, c'est maintenant…

Suite aux présidentielles : politique-fiction sur le mode de scrutin...

(1) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (début)

(2) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (fin)

(3) - Mises au point et compléments sur la TVA sociale…

(1) - Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur... (début)

(2) - Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur… (fin)

À propos de l’intéressement des salariés aux résultats de l’entreprise…

Pour redonner à la monnaie son équivalence travail et empêcher qu’elle soit gérée comme une marchandise, faut-il éliminer les spéculateurs ?...

Souvenirs d'un vieux con, à propos du féminisme... + Épilogue

Tribune de l'action...

Tribune de l'action : rêvons un peu… avec les banques…

Divagations sur la crise... L'inconscient, cette donnée incontournable oubliée par la politique...

Le faux débat sur l'évasion fiscale et les paradis fiscaux...

Solidarités sociales et retraites : ce qu’il faut savoir et ce qu’on ne vous dit pas ou si peu…

Juste deux ou trois choses qui personnellement me soucient bien plus que l’avenir des retraites !

(1) - Burqa et loi : un débat démocratique entre citoyens - Catherine Kintzler et Incognitototo (début)

(2) - Burqa et loi : un débat démocratique entre citoyens - Catherine Kintzler et Incognitototo (suite et fin ?)

Réchauffement climatique global ou pas ? Religiosité et politique : les Verts et Europe Écologie, la nouvelle secte des béni-oui-oui…

À ceux qui prônent un retour au Franc… et aux autres, qui manquent d’arguments pour leur répondre…

(1) - Euro contre Franc : un débat démocratique entre citoyens - Laurent Pinsolle et Incognitototo (début)

(2) - Euro contre Franc : un débat démocratique entre citoyens - Laurent Pinsolle et Incognitototo (suite et fin ?)

Exercices appliqués d’analyse systémique sur la mondialisation et à propos de la décroissance…

La « lutte des places » : la septicémie de notre démocratie...

Histoires de dettes interbancaires : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c'est quoi l'économie virtuelle ?…

Les dettes publiques : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c’est quoi la pensée virtuelle ?

Imprécis précis de fiscalité… pour en finir avec les « croyances populaires »… si, c’est possible…

La propriété privée et la finitude : des nœuds systémiques centraux...

Tous les extrémistes sont de dangereux malades mentaux...

Sciences et politique : un mauvais mélange... Le cas des réchauffistes...

« Double contrainte » : 40 ans d’accords internationaux et de lois, qui rendent fou...

Rapport Gallois et compétitivité... De qui se moque-t-on ?...

« Nul ne peut s’enrichir sans cause » : une jurisprudence malheureusement oubliée...

Homoparentalité et « mariage pour tous » : de la réalité à la loi...

La politique virtuelle contre « l’économie réelle »...

L’irrésistible progression des souverainistes et des nationalistes : l’horreur absolue... Qui est responsable ?...

« La société du spectacle » et « No future », nos seuls avenirs ?...

Changer par la loi et pour une « vraie révolution fiscale »... sans sortir de l’Europe...

« Après moi le déluge ! » : constats « navrants » sur plus on sait et plus on est con...

 

G - Actualité

Investiture socialiste, quand les vieux gouvernent la France,… étonnant, non ?

A propos de la Démocratie Participative...

Un débat presque oublié… Ou comment choisir notre futur(e) président(e) ?

Tramway parisien, ils persistent et ils signent... et les conneries continuent...

Mon raisonnement à la con pour choisir un Président…

Delanoë menteur et médias complices !!!

Quelques réflexions en vrac sur les résultats du premier tour des présidentielles… et notre système démocratique.

Débat télévisé des présidentiables… le degré zéro de la politique...

Quelques sentiments et idées en vrac, avant la mise en sommeil…

Hommage à Madame Benazir Bhutto…

Constitution européenne : Appels contre le traité de Lisbonne et le déni de démocratie

Edvige, Cristina et tous les autres...

Crise financière mondiale et faillite de la banque Lehman Brothers

Burqa : la liberté et le doute doivent-ils profiter à l’obscurantisme ?… Réflexions et solutions alternatives…

Revue de presse et informations complémentaires sur les retraites…

L’Islande, oubli ou désinformation ?... La révolution, dont (presque) personne ne parle…

Islande, les suites de leur révolution… ou les débats que nous évitons en France…

Mitterrand : l’imposture de la gauche - 10 mai 1981 : la commémoration du deuil de la gauche…

Les dettes souveraines : l’arnaque d’un demi-siècle de mensonges, ou de qui se moque-t-on ?…

11 septembre : la commémoration des amnésiques…

Primaires socialistes : allez-y...

« Votez, pour eux !... »

Croyances et politique : variations et élucubrations sur un second tour...

En vrac...

Compte-rendu d'étape de la présidence Hollande : toujours plus de la même chose : 1 / changement : 0,001

C’est la rentrée... Tous les gens qui s’offusquent de l’incivisme ou de l’immoralité de Bernard Arnault m’emmerdent...

Tribune de l’action : séparer les activités des banques (urgent et important !)... 

Fin de la souveraineté économique des pays et de la démocratie européenne...

À mes lectrices et lecteurs : avertissements importants !

 

E - Émotions, sentiments, humeurs, rires...

Une lettre anonyme que l'INSEE ne recevra pas...

Europe, après la victoire du "non" : les politiques me fatiguent et les journalistes aussi...

Nouvelles cartes grises : carton rouge aux eurocrates qui ont encore frappé très fort…

Quelqu'un connaît-il un descendant de Champollion ? Ou de quoi parlent 2 amis experts-comptables quand ils se rencontrent ?

Insécurité routière... pardonnez-moi, je me défoule...

Je n’ai rien à dire… ou presque…

Lettre à la direction d’un hôpital ou comment sont utilisés nos impôts...

Sarkozy élu… pour partager ma bile… et message(s) à cette gauche atteinte de crétinisme avancé…

Tous derrière Delanoë… pour sauver le monde en plantant des carottes…

Tramway parisien : le bal des cocus continue… et la mascarade passe…

ASSEDIC (et autres) : qui sont les crétins qui écrivent les directives ?...

Une journée dans les bas-fonds de la justice française...

Michel Onfray… Au secours ! La pensée dogmatique et l’ostracisme sont de retour…

Juste pour rire... le langage politique… 

Service des urgences de l’hôpital Tenon : la « honte » de nos services de santé…

Divagations sur le consentement, la sexualité et autres considérations sociales…

Partage d’émotions : quand les humains comprennent ce qui les réunit plus que ce qui les divise...

Une symbolique de 2012 : pour rire jaune… 

Récréation philosophique…

Mes interrogations du moment... ou quand le vide politique ne présage rien de bon...

Nouvelles du « monde du travail » dans la France d’aujourd’hui… interdit au moins de 18 ans…

Nouvelles de la barbarie, de l’individualisme et de l’indifférence…

11 Novembre, hommage et mémoire…

Chine-USA : « Une guerre sans limite »…

Spécial vœux 2012, le temps des bilans… hommage posthume au Diceros bicornis longipes...

"L’Université des Va-nu-pieds", quand les hommes comprennent ce qui les relie…

Faire-part de vie...

Être un homme de gauche, par Alex Métayer...

Le pouvoir des banques, le cas d’école : Goldman Sachs...

Des vœux pour 2014 que je fais miens !...  

Faire-part...

 

  F - Ville de Paris : urbanisme et politique...

Informations sur la catégorie : "Ville de Paris : urbanisme et politique..."

Voirie parisienne : l'honneur perdu de Delanoë qui cautionne l'ayatholisme de Baupin et Contassot

A propos de la Démocratie Participative...

Violence des cités... : Quand on n'a pas les mots et qu'on a tous les maux, il reste le passage à l'acte violent...

Tramway parisien, ils persistent et ils signent... et les conneries continuent...

Delanoë menteur et médias complices !!!

Insécurité routière... pardonnez-moi, je me défoule...

Tous derrière Delanoë… pour sauver le monde en plantant des carottes…

L’Omerta sur Michel Charzat, liste différente de Paris 20ème

Tramway parisien : le bal des cocus continue… et la mascarade passe…

Vélib' : problèmes d'arithmétique élémentaires, niveau CM1…

 

H - Livre d'or des commentaires et autres...

 

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 02:00

 Première date de publication : 29/06/2014

Date de la dernière mise à jour : 29/06/2014

 

 

À la suite de cet article, reprenant un rapport de la société américaine des ingénieurs civils ASCE, qui nous explique que les infrastructures routières (avec notamment leurs ouvrages d’art) US demandent 1 700 Md$ (plus de 10 % du PIB du pays) d’investissements d’ici 2 020 (c’est demain) sous peine que le pays ne soit à terme paralysé... je me suis interrogé sur l'apparente régression de l’ingénierie civile… d’autant que cette situation n’est pas propre aux USA, mais touche tous les pays industrialisés, où la voirie, les ouvrages d’art, mais également les bâtiments publics (notamment ceux construits dans la deuxième moitié du 20ième siècle) semblent quasiment tous atteints d’obsolescence accélérée.

Mais, je ne me pencherai pas sur les causes directes de ces désastres, qui sont multiples et que vous pourrez retrouver en partie dans l’article cité, juste sur ce que cela révèle de nos évolutions « idéologiques »...

 

 

Tout petit état des lieux des constats « navrants », totalement non exhaustif... 

 

Songeons qu’un bâtiment comme le Centre Beaubourg (à peine 37 ans d’existence, dont 3 ans de fermeture pour travaux) a déjà coûté plus d’une fois le prix de sa construction en rénovations ; et on n'inclut pas là-dedans le changement périodique des revêtements de sols ou autres entretiens courants, uniquement les interventions sur le gros-œuvre sous peine que le bâtiment ne devienne dangereux…

Et ce n’est pas fini, il est prévu le changement de la climatisation (30 M€), plus celui du système d’alarme (10 Md€) ; rénovations actées et issues d’un récent rapport qui préconise en tout 100 M€ supplémentaires de rénovations (sur 10 ans) pour compléter celles effectuées entre 97 et 2000. Ce qui porterait le coût des rénovations à plus de 2 fois le prix du bâtiment sur 50 ans !!! Un gouffre financier sans fond, à l’instar de la BNF, Jussieu et tant d’autres, qui donne juste envie de raser totalement les bâtiments pour en faire des squares, sans oublier de foutre tous les architectes « innovants » au chômage… surtout quand en plus on sait que le budget de fonctionnement annuel (120 M€ ; hors investissements et réparations) pour le seul Centre Beaubourg permettrait de faire vivre 1 000 petites Maisons de la culture locales, ou 100 plus importantes très confortablement.

Centre Beaubourg- Le Centre Beaubourg -


En comparaison la Sorbonne, dont le premier bâtiment est âgé de 761 ans et le dernier de 130, ne nécessite que des dépenses de rénovations courantes : parquets, huisseries, toit, … sans qu’il ne soit jamais nécessaire de fermer totalement le bâtiment… tandis que le Louvre (dans sa forme quasi définitive actuelle) est debout depuis 342 ans, en ne nécessitant que des réparation courantes pour un bâtiment « classique ».

 

Mieux le Viaduc de Millau a été prévu pour durer 120 ans, d’après les concepteurs « sans réparations majeures » (Sic !!!), ce qui semble un « exploit » en soi d'après ces mêmes concepteurs (et c’est vrai, comparativement aux ouvrages d’art réalisés au 20ième siècle qui ont quasiment tous des problèmes structurels ou qui s'usent plus vite que prévu). Sauf qu’à supposer que la durabilité prévue par les concepteurs se réalise, en tout état de cause après les 120 ans, on fait quoi ? On casse tout et on recommence ? Ou peut-être qu’on espère que dans 120 ans, nos descendants n’auront plus besoin de routes pour se déplacer… et peut-être même qu’on prévoit que de toute façon, ils ne pourront plus se déplacer du tout (la crise et la pénurie énergétique ayant atteint et dépassé leur pic, sans que nous n’ayons rien fait, ne permettant qu’aux 1 % les plus riches de pouvoir continuer à s’offrir des déplacements)...

Sans même évoquer les cathédrales, Le Pont du Gard est lui toujours debout (et pourrait être encore fonctionnel) après 2 000 ans ; mais il est vrai que cette bande de « sodomusca » romains a assemblé les pierres à sec (sans mortier), ce qui nécessite un savoir-faire qu'on n'a plus le temps aujourd'hui de mettre en œuvre...

Pont du Gard- Le Pont du Gard -


Dommage pour ceux qui préfèrent utiliser la colle, pour aller plus vite, parce que fatalement un jour ils devront recoller ce qui se décolle ; comme on l’a constaté pour les plaques de parement de l’Opéra Bastille, qui - un an à peine après la réception de l’ouvrage - se détachaient des façades et tombaient dans la rue au risque de tuer quelqu’un... Sans oublier qu’il a fallu quelques années pour faire fonctionner correctement les plateaux mouvants, grande « innovation » technique de ce lieu ; et qu’à ce jour on se pose déjà la question d’une rénovation totale du bâtiment qui ne serait plus, entre autres, aux normes de sécurité... 17 ans après sa livraison (le rapport date de 2007), un record d’obsolescence accélérée ?...

Opéra Bastille

- L'Opéra Bastille -

 

Le plus affolant est quand même de constater que sur des projets sensibles, comme les futurs EPR, certains bétons (notamment pour des éléments devant accueillir les combustibles irradiés) ont dû être cassés et refaits tant ils comportaient de défauts… On n’ose imaginer combien d’ouvrages - moins surveillés, ou construits à des époques où les contrôles techniques n’étaient pas aussi « pointus » - recèlent de vrais problèmes de mise en œuvre susceptibles de provoquer des catastrophes (comme entre bien d'autres, celle du barrage de Malpasset ou du Terminal 2E de Roissy)…

 

Mais, nous allons arrêter là ce très succinct état des lieux que l’on pourrait multiplier presque à « l’infini », tant je n’ai pas la mémoire qu’un seul chantier public, et même privé, depuis l’après dernière guerre n’ait pas posé au moins un coûteux problème (ne serait-ce qu’en terme de dépassement de budget et/ou de délai prévisionnel ; avec parfois de très douloureuses conséquences pour les petits épargnants, comme pour l’Eurotunnel)... quand ce ne fut pas de l’argent dépensé en pure perte (évidemment pas pour tout le monde), comme entre autres, les Abattoirs de la Villette...

 

 

Et alors ?... 

 

À l'évidence, pour les investissements plus que pour le reste - mais comme partout ailleurs - le vite fait mal fait, au soi-disant moindre coût - ce qui en soi est une escroquerie parce que le « moindre coût » comporte à terme des surcoûts qui ne le rendent pas du tout « moindre » - et en s'en mettant plein les fouilles sont bien des calamités que nous n'avons pas fini de payer...

Évidemment, les collusions et complicités politiques, qui ont permis au secteur du BTP de se gaver depuis plus de 60 ans sans jamais avoir à rendre de comptes, expliquent en grande partie cet état de fait... Mais bon, voyons le bon côté des choses, les caisses de retraite complémentaire de ce secteur sont les plus riches de France !... Une des conséquences, entre autres, de l'espérance de vie de leurs cotisants : 7 ans inférieure à celle des cadres, avec en plus la plus forte fréquence d’accidents du travail mortels tous secteurs confondus... Cependant, ça ne va pas durer, puisque ce secteur faisant de plus en plus appel à de la « main-d'œuvre détachée » qui ne cotise rien en France, on peut s’attendre à ce que la prospérité de leurs caisses de retraite rejoigne à plus ou moins brève échéance la faillite des autres...

Vraiment ça ne tourne pas rond dans ce monde-là, et encore moins dans le nôtre qui acceptons de subir les inconséquences, imprévoyances, incompétences - entre autres - des entreprises qui ont construit ces ouvrages, qui seront rarement appelées en responsabilité pour réparer leurs « bêtises »... Combien coûtent à la collectivité tous ces problèmes, y inclus de gestion sociale, qui n'auraient jamais dû exister, si on pensait les solutions un peu plus à long terme ?

 

« Après moi le déluge », c'est vraiment l'idéologie centrale du capitalisme sauvage ; et à l’évidence, cette forme de « j’m’en-foutisme », « d’ego-prédation » et de « court termisme » sont à l’œuvre dans tous les secteurs de la société, avec en tête de liste les administrations et les politiques, qui semblent tous atteints au plus consternant d’irrationalités pathologiques et au plus révoltant de corruptions (de toutes sortes) qui encouragent ces pratiques.

Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de consultations et enquêtes publiques auxquelles j’ai participé, et qui ont toutes débouché sur le choix des plus mauvaises « solutions » ; l’IDF, et notamment Paris, en regorge pour des dizaines de milliards... D’ailleurs, je me demande bien à quoi servent ces consultations (coûteuses en temps et en énergie, ainsi qu’en mobilisation de personnes et de moyens), puisque je n’ai jamais vu un seul projet initial qui ait été modifié (même pas d’une virgule) conformément aux remarques, desiderata, contrepropositions ou oppositions des citoyens... Un évident foutage de gueule sous couvert de soi-disant « démocratie », à la mesure du mépris des politiques pour le petit peuple... La dernière « stupidité » que j’ai entendue de la part d’un élu qui répondait aux participants qui l’interrogeaient sur le financement d’un projet d’aménagement de voirie (très superflu et très mal conçu), c’est : « mais la Commune n’aura rien à payer, sauf le mobilier urbain, puisque c’est la Région qui finance » (Sic !!!) ; donc « pas grave » que ce projet ne corresponde pas à nos attentes et comme si la Région ce n’était pas également nos impôts... Depuis, le projet a été réalisé, sans qu’aucune remarque n’ait été prise en compte, et (évidemment) il apporte plus de nuisances que de solutions...

 

Plus généralement, je trouve très « étonnante », « interrogeante » et très « inquiétante », cette apparente régression technique, mais également de la simple logique, à une époque où on a presque totalement percé les secrets de la matière… comme si plus on avançait dans la connaissance et plus on s’éloignait du « bon sens » ; un phénomène sensible dans tous les domaines.

Par exemple, en médecine, alors même qu’on en est à pouvoir recréer des tissus d’organe à partir de cellules souches, les prospectives - étayées et alarmantes issues d’un rapport de l’OMS - sur les multi-résistances aux antibiotiques nous prévoient que demain, on recommencera à mourir d’une banale angine (sans que nous n’ayons actuellement aucune réponse thérapeutique, ni qu’il s’en profile à brève échéance) comme c’est déjà le cas actuellement pour bien des affections que l’on pensait avoir éradiquées, comme la tuberculose entre autres… C’est « bête » quand même d’entrevoir qu’on pourra bientôt soigner quasiment tous les cancers, régénérer un organe défaillant, et mourir d’un rhume sans qu’on ne puisse rien y faire...

Dans le même ordre d’idées, ça me rappelle la « blague » qui se raconte sur le fait que les budgets de recherche sur l’esthétique et le vieillissement seraient 50 fois plus importants que ceux sur la neurologie (et notamment la maladie d’Alzheimer)... Ce qui laisse présager qu’à terme, nous vieillirons tous dans des corps jeunes (du moins ceux et celles qui ne seront pas morts d’une affection banale) ; les hommes auront toujours de super érections et les femmes des nichons de compétition ; malheureusement plus personne ne se rappellera à quoi ça sert... (Désolé, j’ai pas pu m’empêcher )

 

 

Pour ne pas conclure...

 

Un « drôle » de monde, où plus on sait et plus on est con (et pour tout vous dire, c'est parfois d'ailleurs ce que j'en arrive à penser et à constater pour moi-même… ). Sans tomber dans le catastrophisme, ça rappelle étrangement les symptômes de fin de civilisation… Pensons à toutes ces cultures (romaines, égyptiennes, grecques, sumériennes, incas, et cetera) qui ont atteint des niveaux de connaissance qu’on a même du mal à comprendre (et à reproduire) encore aujourd’hui… et puis un jour, elles sont balayées sans qu’on ne sache vraiment pourquoi… comme si la connaissance portait en soi des germes d’autodestruction qui se mettraient à agir quand on se croit par le savoir à l’abri des régressions… le mythe de Prométhée qui se déroule sous nos yeux, sans que nous ne puissions absolument rien y changer…

 

On parle souvent de la corruption financière, des milieux d’affaires, de la justice, des politiques, des médias, et cetera, mais qui mettra sur la table et s’attaquera à la corruption des esprits ? On avait « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (Rabelais, un constat fait au 15ième siècle !), cependant très clairement aujourd’hui il faut rajouter tout ce qu’un système généralisé - basé sur la rentabilité à court terme, la rapacité, l’égoïsme... - induit comme distorsions et corruptions, pour que les connaissances ne puissent jamais remettre en cause quoi que ce soit des ordres établis et des intérêts particuliers.

 

Désolé, cette conclusion est frustrante, faite de lieux communs et à vrai dire tout simplement « pas terrible » ; probablement à l’image de mes ressentis : que tout nous échappe, que plus personne n’arrive à comprendre pourquoi on est si con, ni quel sera notre avenir ; et en tout état de cause s’il est dans la continuité du présent, il y a de quoi être pour le moins inquiet...

 

 

P.-S., conseil de lecture : presque totalement hors sujet, un entretien dans « Rue 89 » avec Bernard Stiegler : « Les gens qui perdent le sentiment d’exister votent Front national ». Un article remarquable à plus d’un titre (dont je partage nombre d’analyses), et cela faisait longtemps que je n’avais rien lu d’aussi juste et lucide sur l’origine des extrémismes...

 

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 01:00

Première date de publication : 11/05/2014

Date de la dernière mise à jour : 11/05/2014

 

 

Bon... Étant donné qu’il semble que personne ne souhaite vous l’expliquez, je vais m’y coller... d’autant que les élections européennes approchant, nous assistons à une déferlante de grande envergure de « toujours plus de la même chose, avec toujours moins de démocratie » (notamment avec « le grand marché Transatlantique »). Mais il n’y a pas que les pouvoirs politiques en place qui radotent, ceux qui sont censés proposer des solutions différentes sont pris dans la même nasse du « toujours plus de la même chose pour leur part », sans démontrer qu’ils pourraient être des alternatives crédibles.

 

Par exemple, c’est très compliqué de discuter avec les thuriféraires du retour aux monnaies nationales européennes ; et, plus généralement, c’est en tout état de cause impossible d’infléchir des positionnements qui tiennent plus de la conviction religieuse d’une foi en une « solution magique » que de l’examen des faits, rien que des faits...

 

Pourquoi, je commence ainsi un article qui concerne les lois et la fiscalité ? C’est assez simple, je pense que les personnes qui ne démordent pas de leur positionnement souverainiste monétaire ‑ aussi bonnes soient leurs intentions pour certains ‑ n’ont toujours pas compris que dans notre système mondialisé, il n’y a plus que la fiscalité et les lois qui restent des leviers pertinents et efficaces, pour sortir des systèmes de multiples contraintes qui rendent fou, que nos gouvernements successifs ‑ depuis 43 ans ‑- ont tous avalisé et/ou promu des deux mains.

 

 

Les alternatives proposées sont-elles des vraies solutions ? 

 

Je me suis déjà longuement expliqué ici ou , sur le pourquoi, je pense qu’un retour aux monnaies nationales ne serait pas une bonne solution, et ne peut en tout état de cause n’être qu’une arme de dernier recours. Mais si vous voulez encore plus d’informations sur les problématiques monétaires, il y a ce résumé du Nouvel Observateur sur les arguments qui s’affrontent ; tandis que Jean Gadrey a fait également ce travail de façon un peu plus élaborée ; et je suis très proche de ses analyses et positionnements, à une exception de taille près sur les façons d’agir que nous verrons par la suite.

Et pour ceux qui seraient sensibles à l’argument ressassé du FN sur le « fait » que des Prix Nobel (ce qui est déjà un mensonge en soi, parce qu’il n’existe pas de Nobel d’Economie à l’origine) seraient pour la sortie de l’euro, il y a cet article de Libération qui remet (en partie) les pendules à l’heure...

 

Donc, je ne vais pas vous refaire un exposé « pour ou contre l’euro », d’autant que ça n’a aucun intérêt de se poser des questions sur l’utilité ou non d’un « outil », sans aborder le comment on s’en sert et pour faire quoi ?... Ce serait comme se prononcer a priori sur l’usage d’un « marteau » sans analyser le pourquoi on l’a inventé, qu’est-ce qu’on en fait vraiment, ainsi que le contexte de son utilisation… sans oublier que demander et même reprocher à un marteau de ne pas pouvoir servir de clef à mollette procède vraiment de la pensée magique.

 

D’ailleurs, s’il y avait demain un référendum avec la question « êtes-vous pour ou contre l'euro », je ne saurais absolument pas quoi répondre, parce que ça n'a pas de sens posé comme ça.

 

Pour, oui, mais dans quel cadre ? En continuant la politique actuelle (bien évidemment, non !) ‑ ou ‑ en mettant en place les mécanismes régulateurs qui permettront aux pays de l'UE de cesser de se faire une guerre économique, fiscale et sociale sans fin... sans oublier une vraie politique de relocalisation des économies (avec la fin du libre-tout et n'importe quoi)...

 

Contre, oui, mais pour faire quoi à la place ?... Et si c'est pour revenir à ce qu'on a déjà essayé et qui n'a pas fonctionné, je serais incapable de voter « contre ». D'autant que ça a tellement « bien » fonctionné dans le passé (entre 71 et 98) que je ne comprends toujours pas cet attachement au « c’était mieux avant », alors que depuis 71, aucune politique monétaire souveraine n’a démontré qu’on pouvait par ce seul levier résoudre des problèmes qui sont avant tout structurels, politiques, et s’inscrivant dans des rapports de forces devant affronter simultanément : les diktats US ; l’hégémonie du dollar ; les visées et actes expansionnistes allemands à l’Est (avec un lâchage en rase campagne du reste de l’UE) ; notre dépendance énergétique ; la concurrence déloyale des BRICS ; le gigantisme, la volatilité et le nomadisme des capitaux (avec leur pouvoir de nuisance associé) ; la spéculation et le financiarisme effrénés ; la corruption et la fraude internationale généralisées ; l’endettement délirant de l’État consécutif à 33 ans de lâchetés ; le libre-tout et n’importe quoi ; et cetera…

C’est à l’énumération (non exhaustive) de ces réels problèmes qu’on comprend tout de suite qu’un marteau (l’euro) ne peut pas servir de clef à molette, même si certains voudraient nous faire croire le contraire (par rapport aux dettes, à la compétitivité, et autres mirages) ; alors qu’aucun pays indépendant monétairement ne s’en sort mieux que nous, sans qu’il n’y ait des facteurs spécifiques qui l’expliqueraient (notamment rente pétrolière, et autres ressources convoitées, ainsi que bien évidemment des politiques économiques et fiscales spécifiques, généralement protectionnistes et redistributives).

 

Les problèmes ne sont donc pas là où les militants de la souveraineté monétaire essayent de nous faire croire qu’ils sont, et en tout état de cause, on ne peut en résoudre absolument aucun (sans effets mortifères secondaires associés) seulement avec l’indépendance monétaire ; même, si c’est une évidence qu’on ne peut être que contre la politique actuellement suivie pour la ZE, avec son absence de mécanismes régulateurs inter-pays et des décisions qui se prennent ‑ pour tous les pays ‑ exclusivement à Berlin…

Et si on pense vraiment que changer ces politiques (sans même avoir essayé) n’est pas possible sans sortir de la ZE, alors, il faut dire également qu’est-ce qu’on propose à la place… un nouveau SME, un nouvel ÉCU, toutes les monnaies flottantes ?… Chacun-pour-soi ?... Bref que des solutions qui, compte tenu du contexte international, ont déjà démontré que ça ne fonctionnait pas mieux et qu’elles ne feraient que réactiver une guerre des devises inter-pays de la ZE, comme on l’a connu de 71 à 98, même avec tous les « aménagements » soi-disant régulateurs de l’époque... ou un quelconque fond spéculatif pouvait « mettre à genou » n’importe quelle devise européenne, à l’exception (déjà) du mark...

 

 

Les contre-exemples ne manquent pas... les faits rien que les faits... 

 

Dans le cadre européen actuellement, on a la GB qui fait « bande à part » avec une politique très agressive (vis-à-vis de l’UE) de dévaluation de la Livre, de QE et de rachat de dettes par sa BC (Banque Centrale)... Effectivement, son chômage baisse et sa croissance est « meilleure » que la nôtre (essentiellement soutenue par les services), sauf que ces « résultats » ont des contreparties moins « joyeuses » (infographie récente, dont je n’ai pas réussi à retrouver la source, mais il y a ces données, malheureusement non actualisées, si vous souhaitez vérifier mes dires) : sa population se paupérise (par l’inflation et la pression à la baisse des salaires) ; le salariat se flexibilise à outrance et perd en productivité ; sa dette augmente (malgré des coupes budgétaires drastiques) ; les investisseurs se font la malle ; elle perd son triple A et les taux d’emprunt augmentent ; ... tout ça, sans même réussir à améliorer sa balance commerciale, ni a fortiori à reconstituer son tissu industriel...

Bref de la politique à court terme (faite sur le dos de l’UE) qui ne règle rien sur le fond et aggrave même les problèmes à moyen terme... parce que jamais un pays ne sera assez « compétitif » par sa seule monnaie pour le reste du monde, sans les « effets secondaires » associés, qui restent le point aveugle jamais exploré ni exposé par tous les souverainistes monétaires, qui nous exhortent à quitter la ZE et même l’UE... sans bien évidemment nous dire le prix à payer et surtout qui va payer...

Et puis il faut bien comprendre que cette politique de la GB ne peut se faire (+ de 50 % de ses échanges se font avec l’UE) que parce que l’euro « tient »... Si nous étions tous avec des monnaies indépendantes, toutes celles qui sont impactées par cette dévaluation (notamment celles qui exportent en GB) suivraient assurément cette escalade (soi-disant) « compétitive », ce qui annihilerait totalement même les effets « positifs ».

 

On a d’autres pays qui ont gardé leur propre monnaie dans l’UE. Mais si on analyse leur politique monétaire (Danemark, Suède et autres, et même la Suisse et d’autres qui ne font pas partie de l’UE), on se rend compte que c‘est totalement fictif, parce que ces monnaies sont arrimées à l’euro comme des sangsues et varient (quand ce n’est pas avec des parités fixes) autour de cours pivots qui excèdent très rarement 3 %... Belle « indépendance » en effet...

 

Par ailleurs, un simple fait : les pays qui vont le plus mal actuellement (notamment l’Espagne, le Portugal et la Grèce) sont également ceux qui ont des coûts du travail (ouvrir le « Tableau de bord » qui donne la totalité des données) parmi les plus bas de la ZE, avec pour l’Espagne une productivité identique à celle des Allemands !!! Est-ce que les investisseurs s’y précipitent ? Est-ce que le boulot s’y crée plus qu’ailleurs ? Bien évidemment non... Alors même que pour l’Allemagne faire produire en Espagne ou en Grèce serait aussi peu cher qu’en Chine, elle a choisi ‑ depuis plus de 10 ans ‑ d’externaliser plutôt dans les Pays de l’Est ; et rien ne modifiera ce choix qui a toujours été ‑ pour de nombreuses raisons historiques et politiques ‑ une préférence lourde de l’Allemagne [01].

Alors, à quoi cela pourrait bien servir à des pays de pouvoir par leur monnaie être encore moins cher que tous les autres ? À part à devoir sucer exclusivement des noyaux d’olives pour pouvoir survivre, je ne vois pas... avec une guerre économique entre les États de l’UE encore plus âpre qu’aujourd’hui...

 

Plus généralement parlant et une fois pour toutes, il faut dire, haut et fort, que cette histoire de « compétitivité » des pays ‑ qu’autoriserait entre autres un retour aux monnaies nationales par les dévaluations que cela permettrait ‑ est un mythe total et un piège mortifère sans fin. Tandis que continuer à penser que nous pourrions retrouver (dans le cadre mondialisé actuel) une croissance qui résoudrait tout, est carrément une insulte à nos intelligences, encore une fois face aux faits, rien qu’aux faits : depuis 1973 le PIB de la France est passé de 177,5 milliards d’euros à 2 060 milliards d’euros en 2013 ! Et la seule question qui vaille est : où passe et où est passé l’argent ? J’ai quelques idées là-dessus, mais je n’ai jamais réussi à obtenir de l’INSEE les données qui m’auraient permis de formellement les confirmer...

 

« Bizarrement », toutes les politiques ‑ appliquées et/ou proposées en remplacement ‑ sont toujours justifiées par rapport à un positionnement sur la compétitivité et la croissance. Une vraie escroquerie intellectuelle qu’on nous rabâche bien évidemment pour justifier toutes les politiques (et tous les sacrifices sociaux associés), y incluses celles qui se voudraient en rupture avec celles que nous subissons aujourd’hui... Cependant, au final toutes ces politiques (sans exception) n’aboutissent jamais qu’à ce qu’il y ait toujours plus de riches plus riches, et toujours plus de pauvres plus pauvres... Un vrai nivellement par le bas pour rejoindre le niveau de vie des BRICS et leur « compétitivité », dont on ne pourra s’extraire que si on remet en cause cette soumission quasi religieuse à la concurrence « loyale et non faussée », qui en réalité dans les faits est toujours déloyale et manipulée...

Sans oublier qu’il serait temps de faire des riches des « alliés », et pas seulement des catégories à fustiger et à plumer (alors qu’ils ont tous les moyens aujourd’hui pour pouvoir y échapper)... Aussi immorales et condamnables puissent être leurs comportements, je ne connais personne qui, dans leur situation et compte tenu du contexte international, n’agirait pas comme eux (je viens de perdre combien de lecteurs avec cette seule affirmation ? icon_wink.gif ) ; donc, arrêtons de chercher des boucs émissaires (quels qu’ils soient), alors que nous ne serions pas différents d’eux à leur place.

 

La réalité, c’est que tous ceux qui cherchent et qui militent pour des stratégies économiques ‑ quelles qu’elles soient ‑ me font penser à ces combattants qui penseraient que le judo serait plus efficace que le karaté (ou autres), et se disputent sur les techniques martiales ; sans jamais admettre qu’en situation réelle de combat de rue, il n’y a aucune règle ni technique qui vaille ; seuls l’opportunisme, le vice et la méchanceté permettent de gagner... tandis que la meilleure façon de vaincre, c’est de refuser le combat ; et quand on ne peut pas y échapper, d’imposer ses propres règles pour handicaper et/ou neutraliser les agresseurs, sans exclure les coups-bas quand il en va de votre survie... En ce sens, je ne suis pas en accord avec les conclusions de Jean Gadrey qui cherche des solutions sans neutraliser fondamentalement le « cadre », et surtout en restant dépendant du bon vouloir de nos partenaires européens...

 

La réalité, c’est qu’en aucune manière l’UE, et/ou l’euro ne sont responsables des problèmes que nous avons et des décisions que nous ne prenons pas. Ce sont nos élus politiques qui sont le problème, parce que tout le monde est à même de comprendre que ce n’est pas en faisant toujours plus de la même chose qu’on peut résoudre quoi que ce soit... que ce n’est pas en attendant que tout le monde soit d’accord qu’on risque de faire enfin les politiques qui s’imposent... pas plus, par ailleurs, qu’on ne résout quoi que ce soit en proposant des « recettes » qui ont déjà échoué par le passé...

 

 

Alors, comment sortir de ce combat sans fin de la « compétitivité », dans le cadre mondialisé actuel ? 

 

C’est là où en principe, juste avec deux interrogations, tous ceux qui m’ont suivi jusque-là montent au rideau et/ou se mettent à détester mes propositions, quand ce n’est pas directement la personne, même s’ils ne me connaissent pas...

Qu’est-ce qui empêche la France de devenir un « paradis fiscal et social » pour tous ? Qu’est-ce qui l’empêche d’imposer des règles qui élimineraient et/ou neutraliseraient la concurrence déloyale de tous ceux qui ne respectent pas nos règles de production et nos minimums sociaux ? Faut-il le préciser sans même réactiver les barrières douanières... Franchement, je ne vois pas...

 

Je ne vais pas vous infliger l’énumération parmi mes 400 propositions et plus de tous celles qui suivent ces axes, juste vous rappeler les plus fortes pour vous dire que c’est possible (sans attendre qui que ce soit) de :

 

- Sortir de la compétitivité produit et salariale, et rétablir une concurrence loyale et non faussée :

II faut cesser de permettre en France l'achat de marchandises qui n'ont supporté aucunes charges sociales, aucunes taxes, aucunes normes environnementales, et qui ont été produites par des esclaves !

Maintes fois explorées sur ce blog, la fiscalisation intégrale des prélèvements sociaux, par la TVA de substitution, est une façon radicale non seulement de supprimer les écarts de compétitivité salariale, mais également de rétablir (enfin) une concurrence non faussée avec les produits d’importation, en y intégrant également nos taxes parafiscales et même nos « différentiels légaux » (normes de production, environnementales, et cetera, qui rendent nos produits forcément plus chers à produire). Sans oublier que nous faisons de colossales économies structurelles (environ 40 milliards), par la suppression des organismes de recouvrement devenus inutiles.

Le Danemark (pays sans ressources spécifiquement convoitées) qui a suivi partiellement cette politique (par le transfert sur la TVA de plus de la moitié des prélèvements sociaux ; voir cette excellente étude canadienne) a aujourd’hui un des taux de chômage les plus bas d’Europe (5,3 % aux dernières nouvelles), tandis qu’il ne souffre d’aucun des fléaux (dette, déchéance sociale, et cetera) des autres pays de l’UE...

 

Ce transfert d’assiette permet (entre autres) dès sa mise en place de :

1 - rendre nos produits plus compétitifs à l’export,

2 - maintenir une inflation zéro sur les produits français,

3 - rendre les produits importés moins compétitifs par rapport aux nôtres,

4 - augmenter le pouvoir d’achat des salariés (de 31,6 %, puisque le brut devient le net payé),

5 - augmenter le volume des perceptions sociales, …

 

On remarquera que nous obtenons tous les effets souhaités d’une dévaluation monétaire, sans ses effets pervers et en plus en améliorant notablement le pouvoir d’achat national des salariés. Les marges de manœuvres que donne ce simple changement d’assiette sont considérables (Cf. : l’article déjà cité) et la seule question à laquelle je ne sais pas répondre est : comment peut-on aller au-delà des résistances idéologiques et catégorielles (le plus souvent de très mauvaise foi, car elles n’ont pour objet que de préserver des rentes de situation), pour enfin réformer en profondeur notre système paritaire, faut-il le préciser, afin qu’il ne meure pas et qu’il s’améliore.

 

- Sortir de la compétitivité sur les investissements :

Il y a deux principes simples à mettre en place quel que soit l’objet (patrimonial, de rente, ou spéculatif) des investissements :

- aucune taxation des valeurs patrimoniales et des investissements, tant qu’ils ne sont pas réalisés (c'est-à-dire vendus, cédés, ou transférés, tandis que leurs revenus restent eux taxés à l’IR) ; donc fin de l’ISF, de la taxe foncière, de la taxe d’habitation, des provisions fiscales sur les plus ou moins values latentes (avec la majoration ou diminution d’assiette de l’IS par anticipation), et cetera...

- imposition des plus-values uniquement au moment du transfert de propriété soit au barème de notre IR réparti sur les années de détention, soit à notre taux maximal d’imposition pour les détenteurs non-identifiés ou étrangers ; en diminuant la plus-value, pour ces 2 cas, du montant de l’inflation proportionnellement à la durée de détention.

 

Cesser de faire la « chasse » aux riches, c’est ça ; mais c’est aussi arrêter de faire payer à des petits revenus des impôts auxquels ils ne peuvent pas échapper actuellement (la TH et la TF, s’ils sont propriétaires pour cette dernière taxe)... C’est surtout totalement cesser de taxer autre chose que des revenus pour arrêter de s’enfoncer dans des logiques anti-économiques. C’est quand même insensé que pour payer des consommations, on taxe les meubles ; et c’est tellement stupide que pour pallier aux insuffisances de l’IR, on taxe ce qui a été acheté avec les revenus (ce qui ne constitue même pas une double imposition, mais une imposition perpétuelle jusqu’au retour au seuil de non-imposition) et/ou des plus-values latentes (uniquement consécutives à la spéculation)...

 

On remarquera que l’on peut appliquer le même principe d’imposition pour les donations et les successions à une différence notable, c’est que c’est à partir du statut du bénéficiaire que l’on déterminera le taux d’IR à appliquer. Plus besoin de « seuil ou paliers d’imposition », ni même de distinction d’imposition dans « l’ordre des successions » : dans ce cas de figure, c’est en fonction du statut du « receveur » qu’est déterminé l’imposition ; ce qui aboutit logiquement à ce que les bénéficiaires qui ont déjà des revenus importants payent « beaucoup » et ceux qui en ont moins payent proportionnellement beaucoup moins.

Reste une question (qui n’est pas tout à fait tranchée pour moi), parmi les motivations des exilés fiscaux il y en a une qui concerne le démantèlement des patrimoines productifs au moment des successions. Aussi, je pense qu’en toute logique, il serait judicieux d’exclure des bases d’imposition successorales tous les biens produisant des revenus (puisque ceux-ci continueront à être imposés et l’État ne perd donc « rien » là-dessus, alors qu’il a beaucoup à perdre par le seul démantèlement et ses conséquences) ; ce qui serait une façon simple d’arrêter l’inflation de structures de gestion « patrimoniales » basées à l’étranger, et même de les rapatrier en France.

 

- Sortir de l’épouvantail de l’IR et se servir de cette déclaration pour supprimer les structures sociales de redistribution :

Dans un contexte de concurrence fiscale inter-étatique, il est illusoire de croire que l'on peut mettre en place des taux marginaux forts, sans une réforme profonde de la fiscalité, qui soit le reflet d’une cohérence, ainsi que d’une justice sociale et économique, à tous les niveaux. On remarquera à ce propos que les exils fiscaux sont plus motivés par les impôts patrimoniaux français que par la fiscalité directe, puisque la Belgique a un taux marginal d’imposition sur les revenus bien supérieur à celui de la France et que pour autant elle attire les possédants uniquement par sa fiscalité quasi à zéro sur les patrimoines... et les transmissions...

Il est assez aisé de comprendre que si on débarrasse de « ce qui gène les riches » (quand on s’attaque perpétuellement à ce qu’ils ont gagné, et sur lequel ils ont déjà payé des impôts), ils n’ont plus aucune raison de ne pas vouloir payer des impôts proportionnellement à leurs revenus, y inclus plus fort quand ils gagnent plus...

Pour l’IR il faut sortir de l’imposition actuelle pour passer à un impôt réellement progressif en adoptant une fonction logarithmique (merci à Stéphane Laborde de m’avoir remémoré cette fonction), qui est le seul procédé qui supprime les effets de seuil et permet un ajustement très fin de la progressivité (par le taux de base ou par le taux de progression et autres possibilités), en fonction de ce que l’on souhaite.

Ce mode de calcul intègre un seuil de déclenchement (le revenu minimum de subsistance multiplié par le nombre de personnes du foyer fiscal), en y ajoutant des parts en fonction du nombre d’adulte et d’enfants à charge (en fonction de leur âge).

Je mets à votre disposition une simulation que vous pouvez télécharger, pour vous amuser avec et faire vos propres essais (après ouverture, il faut enregistrer « sous » sur votre bureau, et avoir Excel ou un logiciel compatible, pour modifier les données). Je suis évidemment preneur de vos analyses, apports et propositions.

Voilà ce que pourrait donner, à titre d’exemple, une imposition progressive selon les éléments précédemment exposés :

 

Graphique IR

 

Cependant, ne me demandez pas quelle serait la configuration idéale, parce qu’il faudrait pour cela avoir accès aux ordinateurs de Bercy et je n’ai plus mes entrées depuis longtemps là-bas icon_wink.gif... et en tout état de cause il n’y a pas de configuration « idéale », seulement optimale en fonction des critères que l’on peut se fixer : justice sociale, répartition et redistribution des richesses, non-spoliation totale des riches, ... et bien évidemment que cet impôt couvre les besoins de l’État.

On remarquera qu’avec ce système plus besoin d’abattement et autres déductions fiscales (concernant les personnes à charge), et qu’on sort des distinctions, marié pas marié, et cetera, pour ne considérer que le nombre de personnes qui vivent avec le(s) revenu(s) déclaré(s). Aussi, il n’est plus « utile » de frauder en mentant sur la composition du foyer fiscal (en rattachant ou pas une personne, un enfant, un concubin,...) puisque ça ne change pas grand-chose à l’impôt payé au final et que ça pénalise même ceux qui sépareraient abusivement les foyers fiscaux réels.

 

Concomitamment à cette réforme, il faut bien évidemment supprimer :

- l’IS sur les bénéfices non distribués des sociétés, et appliquer une retenue à la source à notre taux maximal d’imposition (80 %) pour ceux qui le sont, en réactivant le système de l’avoir fiscal pour les seuls contribuables (personnes physiques) français.

- toutes les niches fiscales...

Mais comme, j’ai déjà à de nombreuses reprises développé ce qu’il faudrait faire pour simplifier, rendre cohérente et transparente la fiscalité (selon ces grands principes), je vous fais grâce des détails.

 

- Sortir du financiarisme et de l’enrichissement sans cause, par la loi :

Un vaste programme qui ne se fera pas sans douleur et sans résistances, tant il est difficile de remettre en cause les rentes de situation des « corps sociaux » concernés.

 

On sait déjà tout ce qu’il faudrait faire, en commençant par la séparation des activités bancaires en passant par l’interdiction des THF... Et là encore, ce n’est qu’une question de volonté politique.

Ce qui reste « étonnant » (comme dans bien des cas), c’est qu’il suffirait d’appliquer nos jurisprudences et lois constantes de notre droit français ‑ qui permettraient (entre autres) d'inculper tous les acteurs de la « crise » financière – pour changer du tout au tout les pratiques de rapace-parasite de beaucoup d’acteurs économiques actuels (liste non exhaustive) :

- « nul ne peut s'enrichir sans cause » ;

- « acte anormal de gestion » ;

- « abus de biens sociaux » ;

- « entente » ;

- « fraude fiscale » ; qui inclut la « fourniture de moyens » aux clients par les professions libérales et les conseillers (notamment bancaires) ;

- « présentation de faux bilans » ;

- « escroquerie » ; qui inclut, entre autres, les systèmes de vente pyramidale, l'abus de confiance et autres « tromperies » ;

- « abus de position dominante » ;

- « publicité mensongère » ;

- « trahison » ; ...

Tous des délits et crimes qui peuvent coûter entre 5 ans d'emprisonnement et la perpétuité (pour la « trahison »)... et personnellement je rajouterai bien « acte non-conforme à l’intérêt général »...

 

Il est à noter que la mise au pas des banques est un combat central et vital pour la sortie du « tout et n’importe quoi », qui si, cela s’avérait nécessaire, pourrait aller jusqu’à une renationalisation. Il faut que ces entreprises arrêtent de jouer contre l’intérêt général en utilisant des procédés qui ne servent qu’à alimenter les bonus des cadres, sans rien produire pour l’économie réelle, et pire, en jouant avec notre argent.

De même, si on veut gagner le combat sur le logement, il est évident qu’il faudra passer par des mesures de coercitions du secteur pour tuer la spéculation, en commençant par faire disparaître au moins la moitié des intermédiaires immobiliers (Cf. : le lien donné en début de ce chapitre et notamment les explications données dans les commentaires), parce que les niveaux atteints par le poste « logement » dans le budget des ménages est totalement intenable (évidemment notamment en IDF)... On ne peut pas espérer une reprise de la consommation quand 30 % (en moyenne, puisque cela se situe entre 19 et 40 %) du budget des ménages est distribué à des rentiers qui ne produisent rien...

 

- Sortir de la compétitivité fiscale et appliquer nos lois sur la fraude fiscale :

Il n’y a pas de fatalité à la fraude fiscale et contrairement à ce que nos médias idiots voudraient nous faire croire, nous avons déjà tous les moyens pour y mettre fin. Ça n’est qu’une question de volonté politique ; et le seul préalable pour que cette volonté se manifeste est de résoudre la contradiction dans laquelle est l’État, quand il autorise des entreprises ‑ dont il est actionnaire ou qui représentent les « intérêts de la France » (Sic !!!) comme les banques ‑ à avoir des filiales dans des paradis fiscaux opaques.

Nous avons 900 Md € (un peu moins de la moitié de notre déficit budgétaire) à récupérer et je ne vois pas ce qui nous empêche d’aller à la bagarre et de gagner, sauf le fait que nous allons nous fâcher avec des pouvoirs de nuisance considérables.

En tout état de cause, c’est inadmissible que 60 à 80 Md€ échappent annuellement à nos impositions... De quoi avoir la rage quand « on » nous invente une énième taxe ou des « plans de rigueur », pour ne pas avoir à s'attaquer aux bandits...

 

Il « suffirait » de modifier très légèrement l'article 119 bis et 1649 A du CGI, ainsi que de dénoncer les conventions fiscales qui ne respectent pas une réelle réciprocité d'information fiscale, pour se redonner toutes les latitudes nécessaires qui permettraient une saisie des avoirs planqués dans des paradis fiscaux opaques... selon un plan offensif qu’il serait trop long et imprudent d’exposer ici.

De même pour la TVA, il suffirait de modifier le « fait générateur » en passant toutes les sociétés à l’encaissement/décaissement – avec obligation des banques de communiquer à l’administration fiscale tous les mois toutes les transactions monétaires des entreprises, mais aussi des particuliers, avec l’étranger – pour faire cesser tous les « trafics » actuellement en cours... C’est d’une simplicité biblique, parce que ça peut faire l’objet d’un traitement automatisé, et cela éviterait assurément que 32 Md€ (« seulement » 15 d’après d’autres sources) « s’évaporent » dans la nature pour la seule France.

 

Bref, quand on veut on peut ; et la seule évidence par rapport à ce problème, c’est « qu’on » ne veut pas, toujours pour les sempiternelles mauvaises raisons.

 

- Sortir des aberrations écologiques et des dépendances énergétiques, en relocalisant les économies :

Il est bien évident que je partage tous les objectifs des écologistes (à l’exception notable du mythe de la décroissance) et notamment ceux concernant la transition énergétique. Mon seul désaccord (de taille) concerne les moyens pour y parvenir, parce que je n’en peux plus des « stratégies » punitives et culpabilisantes.

 

Là encore, la TVA substitutive s’avère être un arme d’intervention massive, bien plus efficace que ne le seront jamais toutes les « taxes » que nos écolos punitifs nous inventent... et qui permet en outre de moduler très finement ce que l’on veut promouvoir et ce que l’on veut freiner. Tandis que toute réglementation environnementale devrait dans les faits se traduire par une surtaxation à l’entrée de tous les produits ne la respectant pas. C’est le seul cas où les barrières douanières peuvent être intéressantes à réactiver.

Le minimum du minimum de bon sens aurait voulu que nous interdisions l’importation des produits qui ne respectent pas nos normes de production, ou pour le moins que nous les surtaxions, pour permettre à nos industries de rester concurrentielles sur notre sol en s’adaptant à nos exigences... Mais nos « brillants » gouvernements n’ont jamais eu ce courage et le seul effet que nous avons obtenu, avec par exemple la loi « pollueur payeur » de 1995, est une délocalisation des industries les plus polluantes, alors même que nous continuons à acheter ces produits que nous ne fabriquons plus. Nous sommes donc de multiples fois punis : par les pertes d’emploi (et de savoir-faire) ainsi que par le traitement social qui en résulte, par le fait que nous plombons notre balance commerciale, tandis que nous n’avons fait que déplacer les problèmes en faisant supporter à d’autres (et encore pas toujours, car le vent n'a pas de frontières) nos pollutions.

 

Dans cette même logique qui s’inscrit également dans un cadre de relocalisation des économies, il est aberrant de faire voyager des marchandises et des produits alimentaires sur des milliers de kilomètres. Et je ne vois pas ce qui nous empêcherait d’instaurer une taxe au kg/km parcouru, pour tous les produits dont l'origine première est hors UE ; selon un barème établi en fonction de la distance du pays, de capitale à capitale.

De même, je suis pour le système suisse de paiement d’une redevance des camions en transit dans notre pays... et tant d’autres mesures, dont on se demande bien pourquoi elles n’existent pas encore.

Cependant, si vous avez suivi les logiques légales et fiscales des chapitres précédents vous êtes en mesure de comprendre par vous-même qu’aucune transition écologique ne se fera avec 15 % de la population active au chômage et une pression concurrentielle externe qui se fout de nos lois... Donc là encore, dans le cadre actuel, je pense que les « emplois-verts » et l’économie circulaire sont des mythes totaux. De plus, avec notre économie en défaillance sur ses fondamentaux, jamais nous n’arriverons à dégager les budgets nécessaires à ce noble et vital objectif. Aussi, il ne faut pas se tromper de priorités, sous peine que nos mesures écologiques ne soient que punitives...

 

- Pour conclure sur ces mesures (qui ne sont pas exhaustives) :

Pour ceux que cela intéresserait, j’ai (grossièrement) chiffré (voir conclusion de cet article) ce que ces déplacements d’assiettes et de cotisations (et d’autres mesures) produiraient en termes d’économies et de revenus complémentaires.

 

Et on voit bien que toutes ces mesures ne nécessitent nullement que nous sortions de l’euro et/ou que l’on remette en cause quoi que ce soit au niveau de l’UE. De même qu’il est aisé de comprendre que, par ces mesures, nous obtenons bien plus en termes de « compétitivité » que ne le feraient jamais des tripatouillages monétaires, sans effets secondaires associés et même avec des gains sociaux et économiques pour l’ensemble de la population.

 

Bien évidemment, on peut sans peine imaginer que nos partenaires européens ne seraient pas ravis d’être confrontés à notre volonté de sortir du jeu de la concurrence déloyale, y incluse fiscale ; et ça serait donc une excellente occasion de remettre à plat les fondements de l’UE ; mais également ceux de l’OMC.

Par ailleurs, c’est un problème fondamental de stratégie politique offensive et cohérente : on ne peut pas a priori casser la ZE et/ou l’UE, sans avoir préalablement confronté nos partenaires à toutes les contradictions mortifères que nous subissons (tous) depuis 43 ans, en leur montrant que nous aussi on peut faire une politique qui « se fout des autres » et qui protège ses propres intérêts... Et si vraiment nos partenaires ne nous suivent pas ‑ alors que nous avons tous les arguments pour justifier notre « ça suffit », et que je pense qu’un certain nombre de pays seraient tout à fait prêts à nous suivre ‑ alors là seulement, on peut sortir « l’artillerie lourde » de la remise en cause de l’UE et de la ZE, sans oublier l’OMC...

 

 

Pour conclure dans l’actualité...

 

Il est assez étonnant que par rapport au problème fondamental de stratégie politique, on n'a actuellement que 3 voies qui s'expriment et ce quel que soit le positionnement politique (de l’extrême droite à l’extrême gauche) :

- celle de ceux qui pensent qu'on ne peut rien faire sans sortir de la ZE et/ou de l'UE ; sans jamais nous dire le prix à payer et qui va payer, pour revenir à une situation d’avant 1957, ce qui dans notre contexte mondialisé actuel est une illusion en soi ;

- celle des « européistes » de tous bords qui pensent qu’ils vont pouvoir agir au niveau européen et international, et que c’est seulement par ce vecteur qu’on pourra changer ; alors que depuis 40 ans si cela avait été une bonne stratégie, je pense que nous l’aurions su ;

- sans oublier évidemment celle de nos actuels dirigeants et ceux qui les ont précédés, qui pensent qu'on ne peut pas faire autrement que de subir, au nom de principes de réalité, qui sont en fait des soumissions idéologiques...

 

Je pense et j'espère avoir démontré par cet article qu'une quatrième voie est possible : nous pouvons agir même dans le cadre actuel par des réformes structurelles et légales de façon à neutraliser le système qui nous conduit inexorablement à rejoindre le niveau de vie et de « compétitivité » des BRICS... Mais pour cela il faut - par exemple et entre bien d'autres - accepter la fiscalisation intégrale des prélèvements sociaux ; et c'est là en général que les discussions avec ceux qui sont enferrés dans les 3 voies précédemment citées s'arrêtent... Quand ils comprennent ce que cela implique en termes de bouleversements structurels et démocratiques, ils démontrent assez vite qu'ils sont tout aussi conservateurs que ceux qu'ils combattent... Bref, ils n'ont toujours pas compris que vouloir conserver à n'importe quel prix (même s'ils savent que ça va leur faire perdre la guerre) les compagnies à cheval, alors que cela fait longtemps que les autres se sont motorisés est un pur déni de réalité suicidaire.

Et pourtant, il y en a des solutions, j'en propose plus de 400...

 

Nous ne sommes pas prédéterminés à subir sans fin les erreurs et soumissions de 43 ans de politiques démissionnaires face aux diktats US, allemands et britanniques de « libre-tout et n’importe quoi », qui nous conduisent inexorablement au déclin social et économique. Et en termes de soumission le « plan » Valls/Hollande est une telle caricature de ce positionnement, qu’il ne mérite même pas un commentaire, juste le constat (un de plus) que ces gens ne travaillent pas pour nous, mais pour des idéologies qui nous tuent depuis trop longtemps... et non accessoirement essentiellement pour garder leur place.

 

Quand il se constituera un parti qui reprendra ces propositions, je pourrai enfin fermer ce blog et m’adonner à ce que je sais le mieux faire, c’est à dire : rien du tout...

Comme personne ne me représente et comme je n’en peux plus de voter « pour le moins pire », en conséquence, aux prochaines élections européennes, j’irai voter, après tirage au sort, soit pour le « Parti Pirate », soit pour « Europe citoyenne », soit pour le « FDG », partis avec lesquels je serais le plus compatible icon_rolleyes.gif pour presque 2/3 des propositions (si on en croit ce questionnaire très nul et très incomplet du Monde ; mais qui en dit long sur la façon dont les vrais problèmes ne sont jamais abordés)...

Je tirerai à pile ou face ou sur la tranche (en faisant une pré-procédure de tirage au sort pour savoir qui héritera de la tranche) avant d'aller mettre mon bulletin dans l'urne... et tant pis, si ça fait le jeu des extrêmes et de la droite. Je pense que trop c’est trop, et que nos politiques ont vraiment besoin d’avoir « chaud aux fesses » pour enfin (peut-être) se les bouger... et la seule façon dont on peut espérer qu’ils nous entendent, c’est de leur faire perdre leur place.

 

En ce sens, l’abstention ne sert à rien et n’empêche aucun des partis menteurs d’être élus ; aussi, si j’ai une seule consigne de vote à vous proposer, c’est de voter pour qui vous voulez, à l’exception du FN, de l’UMP, de l’UDI, du MoDem, du PS, du PCF, et d’ELLV, ainsi que de tous ceux qui feraient alliance avec ces partis ou en seraient des faux nez...

 

C’est tout pour aujourd’hui...

 

 

 

[01] : Une digression à ce propos : cette « stratégie » de l’Allemagne explique en grande partie la crise ukrainienne actuelle et le marasme des pays du sud de l’UE ; en bref, c’est le « cauchemar » de Mitterrand (et de De Gaulle) qui se réalise, malgré toutes les concessions qu’il a faites à ce pays (qui aboutiront au « Traité de Maastricht ») ; tout ça à cause de l’imbécillité de nos dirigeants entre 2002 et 2007 qui (sans nous demander notre avis, comme à chaque fois qu’ils font une connerie) ont permis l’élargissement de l’UE à des pays qui n’ont rien à y faire pour l’instant.

Et si vous souhaitez comprendre la crise ukrainienne en 4 minutes, il y a cette caricature... pas si caricaturale que ça...

[01 - retour au texte]

 

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 00:00

Première date de publication : 02/12/2013

Date de la dernière mise à jour : 02/12/2013

 

 

Vous n’êtes pas obligé de lire ce qui va suivre... Il n’y aura pas d’analyse (plus ou moins) brillante, ni d’informations intéressantes, ni même le moindre commentaire sur une actualité, dont la seule chose qu’on puisse dire, c’est que c’est « toujours plus de la même chose ».

Comme en plus, je déteste me répéter, je n’ai aucun goût pour commenter toujours plus de bêtises, avec un niveau d’informations, où je finis par me demander si la plupart des journalistes prennent vraiment leurs lecteurs pour des crétins, ou s’ils ne sont pas eux-mêmes tout simplement lobotomisés du bulbe...

En fait, j’ai juste besoin de m’épancher, de vous dire pourquoi mon silence depuis 9 mois, le temps d’une gestation...

 

 

Mes perceptions sur l’Histoire... 

 

Je me souviens qu’en 81, alors même que j’avais voté Mitterrand, je ne faisais pas partie des gens qui étaient descendus dans la rue faire la fête. C’était déjà pour moi une évidence : cet homme ne changerait pas grand-chose... De même pour les dernières présidentielles, je savais (comme beaucoup d’entre nous) que l’histoire allait salement bégayer avec l’arrivée de Hollande au pouvoir.

Donc, ça n’est même pas une déception que j’ai à vous dire : on ne peut pas être déçu quand on n’attend rien... Aucune surprise, donc, en constatant l’impuissance avérée de notre Président et tous ses renoncements, même celui du « minimum syndical » qu’on aurait pu attendre, et ce, à tous les niveaux de sa politique.

Non seulement, il ne touchera à aucun des fondamentaux, mais il est déjà tellement en retrait par rapport à ses promesses (réforme bancaire et fiscale, financiarisation, Europe, éducation nationale, et cetera, et cetera) que je reste sans voix quand des Canfin, Duflot et autres Montebourg viennent nous pipeauter, combien ils se sentent en accord avec les politiques de reculade suivies...

Bref, inutile d’épiloguer, chacun a compris que nous nous éloignons toujours plus d’une démocratie vivante et surtout de la résolution de nos problèmes : chômage, dette, paupérisation des citoyens et de l’État, désastre écologique, et cetera, et cetera...

 

En 1981, je me souviens que j’avais juste un sentiment de soulagement de m’être débarrassé de cette clique de droite arrogante, insupportable, brutale, qui, de Gaulle à peine enterré (1970), a abdiqué face aux diktats et chantages US, et par conséquences, cédé à tous les mirages de la mondialisation, du financiarisme, du néolibéralisme, du transatlantisme, ... ; en nous expliquant que nous n’avions pas le choix, même au sacrifice de pans entiers de nos industries (charbonnages, métallurgie, textiles, manufactures, et cetera).

Notre marche forcée vers la « libre concurrence », la libéralisation, la déréglementation de tous les marchés et la mondialisation, ne s’est plus arrêtée depuis, avec les conséquences mortifères que chacun peut constater... et rappelons-nous toujours que la « gauche » n’a pas été la dernière à adopter cette nouvelle vision du monde, puisque, depuis 1981, elle a plus libéralisé que tous les gouvernements de droite réunis qui lui ont succédé...

 

D’ailleurs, quelles différences politiques subsiste-t-il réellement entre les droites et les gauches dites de gouvernement ?

En 1981, la « gauche » se distinguait essentiellement de la droite, par : en prendre un peu plus aux riches pour en donner un peu plus aux pauvres, sans changer grand-chose à tous les problèmes qui engendrent les inégalités... En 2013, elle se distingue essentiellement par en donner un peu moins aux riches pour en donner un peu plus que moins aux pauvres (pour ceux qui sont hermétiques à la logique, « plus que moins », ça fait toujours « moins »), en protégeant tout ce qui génère les inégalités...

Pour le reste ? Bah, pour le reste y a pas grand-chose à dire... et si on faisait un comparatif tout également pour les avancées sociétales, je ne suis même pas sûr que la « gauche » gagnerait... Bien sûr, on peut mettre au crédit de la gauche, l’abolition de la peine de mort ou le mariage pour tous ; cependant le droit au logement, la réduction du mandat présidentiel à 5 ans ou la fin de l’automaticité de la double peine, par exemple, c’est pas la gauche !... Je n’évoque même pas les « acquis sociaux » parce que ceux issus des années 81-82 puis 2 000 (retraite à 60 ans, 35 h, ...) sont largement passés à la trappe et ne sont pas près de revenir avec l’UMPSEELV...

 

Par contre, leur bilan commun, on le connaît : désindustrialisation, dettes publiques, chômage, augmentation des inégalités, de la corruption, de la précarité, des misères, services publics en déroute, banlieues et jeunesse en déshérences, violences à tous les étages... fin de la souveraineté démocratique nationale, et autres fléaux qui n’ont cessé de progresser depuis 40 ans, sans que jamais aucun des partis de gouvernement ne remette en cause les choix antérieurs qui nous y ont conduits... ou pour le moins apporte des vraies réponses structurelles qui s’adapteraient aux nouvelles donnes...

 

En 2012, ce fut à peu près le même soulagement qu’en 81, que j’ai ressenti ; Hollande nous débarrassait de 10 ans de mensonges grossiers, de vent, de cadeaux à ceux qui n’en ont pas besoin, de vulgarité, de brutalité... et après ? Et après, rien... la forme a changé, le fond reste le même...

 

 

C’est quoi cette déprime politique ?... 

 

Je pourrais penser que ma déprime politique d’aujourd’hui est la même que celles des années 80, celle qui a suivi de près le soulagement, puisqu’en outre je ne peux pas plus la mettre sur le compte d’une déception quelconque... Mais non, parce que je sens qu’elle n’est pas de même nature qu’autrefois et c’est ça qui m’interroge...

Dans les années 80, cette déprime provenait très clairement du processus de deuil des utopies sociales qui pointait déjà son nez (qui a abouti à la chute du mur de Berlin en 1989 et à la dislocation de l’URSS en 1990/91) ; ce pénible « retour aux réalités » après les années 70 qui ont pu nous faire croire un temps que des groupes sociaux pourraient s’extraire des rapports de force et de domination, des hiérarchies, des injustices... Celles qui nous faisaient croire que les solutions pouvaient être nationales, locales et même individuelles... se changer soi-même pour changer le monde... Bref, que nous pourrions mettre en pratique « la liberté, l’égalité et la fraternité », parce que nous le décidions... Tu parles...

Très vite est venu le temps du déchirement des communautés, des conflits d’ego dans les entreprises autogérées, ... le temps des trahisons et des retournements... tandis qu’un certain nombre de gens retournaient tranquillement à la « vie normale », si possible en monnayant très cher leur retour dans les rangs...

Je dois être la dernière génération qui a « essayé », parce que très clairement les suivantes, « changer le monde » ça n’était pas vraiment leur préoccupation première, tant les impératifs de survie économique et sociale se sont imposés comme un but et une nécessité en soi...

 

Pendant ce temps là, le monde des réactionnaires (ceux qui nous font progressivement retourner à la loi de la jungle) nous a croqués tout cru et dans les grandes largeurs ; ils l’ont fait, eux, le changement global...

Ça fait 31 ans maintenant (depuis 1982), que nos gouvernements nous racontent qu'ils ne peuvent pas faire autrement, que les forces en présence sont plus fortes qu’eux, que c’est la faute aux autres (surtout à leurs prédécesseurs), qu’ils appliquent des « principes de réalité », que nous ne sommes pas assez « compétitifs » (   !!!)... Mais, à un moment on voit bien que ce discours autojustificatif des échecs n’a plus aucun sens ; il faut juste constater que le seul problème que nous avons vraiment, ce sont ceux qui pensent comme ça ; et comme si ça ne suffisait pas, en plus ils sont inatteignables et indélogeables, prêts à tous les mensonges et tous les compromis pour garder leur place...

 

Je me demande jusqu’à quand leur discours, pour perpétuer nos servitudes volontaires, va pouvoir fonctionner, parce que très clairement qu’est-ce qu’ils nous disent en fait : « c’est trop compliqué et vous êtes trop cons pour savoir ce qui est bon pour vous ; donc, votez pour nous, on s’occupe de tout. ». Que cela soit localement, nationalement ou pour l’Europe, cette attitude est récurrente et généralisée chez nos politiques.

Cependant, ils auraient tort de se priver de continuer à se foutre de nous, puisqu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent sans que ça ne choque quasiment personne et sans que les urnes ne les renvoient définitivement à la vie civile.

 

Parmi leurs nombreuses exactions, un seul exemple (tant la liste est longue), le Two-pack – dispositif institutionnel qui prive les gouvernements de la ZE (entre autres) de toute souveraineté budgétaire, donne tout pouvoir à des eurocrates non élus et non responsables de leurs actes a pu être entériné sans quasiment aucune réaction des démocrates. Un parti fasciste ferait ça, ça serait la guerre civile ; mais là, rien, nada, encéphalogramme plat de la part de tous nos « intellectuels », pourtant si prompts à grimper aux rideaux quand les « droits de l’homme et la démocratie » sont mis en cause de préférence dans un pays lointain...

C’est foutu, nous sommes foutus... quand des politiques en sont à accepter « qu’on » gouverne et décide pour eux, je ne vois pas ce qui peut arriver de pire à la « démocratie ». Et ce « on » ce ne sont pas que les eurocrates, il y a aussi les banquiers, les « marchés », les multinationales, les diktats de Berlin ; de la GB des USA, ainsi que des États qui nous tiennent par les c... pour nos approvisionnements, ... bref, ces fameuses « forces en présence » qui semblent toutes plus fortes que nos politiques pour décider pour nous, exclusivement de ce qui est bon pour eux...

 

 

Le pire du pire...

 

Là où vraiment je désespère, c’est quand je cherche vers qui me tourner, qui pourrait me représenter...

 

À l’évidence, il y a un courant trans-partis qui analyse conjointement les causes de nos problèmes en les reliant à nos choix mondialistes, européistes et libre-échangistes... et je ne peux qu'être d'accord (en grande partie) avec ces analyses ; sauf que je suis en total désaccord sur les moyens pour y remédier que proposent ces mêmes et différents partis, qu'ils soient de droite ou de gauche, et a fortiori aux extrêmes... Étonnant, non ? Mais, vrai...

 

Pour faire une analogie médicale, face au cancer, il y a actuellement 2 courants trans-partis qui s'opposent en France :

- celle de l'UMPS (auquel il faut maintenant ajouter EELV) qui pense que ça va s'arranger tout seul, et même parfois qu'il n'y a pas de cancer... et qui utilisent de l'aspirine quand les symptômes deviennent vraiment trop visibles...

- celle des souverainistes/nationalistes qui pensent qu'il faut couper l'organe... quitte à se passer de ses fonctions... mais qui prennent aussi plein d’autres manifestations pathologiques pour des cancers, alors que ce n’en sont pas...

Et j'ai beau chercher, je ne trouve pas d'offre politique qui penserait qu'il y a cancer, et qu'on peut cependant garder et guérir l'organe par des thérapies appropriées, notamment en renforçant les défenses immunitaires (comme l’ont fait notamment, en partie seulement, les pays scandinaves)...

 

Le paradoxe, c’est qu’il y a, à l’évidence, en France, plus de la moitié des citoyens/citoyennes (tous ceux qui ne sont pas à l’UMPS) qui sont à peu près d’accord sur les responsables et les responsabilités, mais dans cette majorité absolument personne qui soit d’accord sur les solutions pour y remédier (c’est une évidence, la majorité qui a dit « non » au TCE de 2005, et cristallisé tous les mécontentements, ne la pas fait pour les mêmes raisons, et on serait bien en peine d’y trouver l’expression d’un « front cohérent et uni » entre ceux qui « ne voulaient plus du tout d’Europe », ou ceux qui voulaient « moins d’Europe », ou encore ceux qui voulaient une « autre Europe », ou encore ceux qui trouvaient ce texte tout simplement injurieux pour le bon sens et la démocratie… et pareil pour la dispersion des motivations pour ceux qui ont dit « oui » d’ailleurs...).

C’est ça notre drame : aucune offre politique entre « le toujours plus de la même chose » et « du passé faisons table rase »... Personne pour penser qu’on pourrait s’adapter autrement qu’en subissant le nivellement par le bas, face à ceux qui pensent qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain et la bassine avec.

 

Le pire du pire est bien que le seul parti qui tire les marrons de la colère et du désespoir aujourd’hui, et malheureusement probablement demain également, c’est le FN. Outre sa stratégie de ripolinage qui ne trompe que ceux qui ne connaissent pas l’histoire, il a mis en place un permanent discours à « disjonction cognitive ».

Il faut entendre les responsables du FN qui osent tout et qui se réclament tout à la fois de Marx (un internationaliste collectiviste, mais anticapitaliste), Proudhon (un anarchiste anti-État), Maurice Allais (un fervent partisan du fédéralisme européen, mais protectionniste), Étienne Chouard (un stochocrate et un vrai humaniste dénonçant tous les fascismes), Sapir (plutôt marqué comme à la gauche de la gauche, mais pour un retour aux monnaies nationales), et tant d’autres jusqu’à Chevènement...

« Bien évidemment » parce que tous ces gens-là ont une analyse lucide sur les méfaits de la mondialisation, des États, ou même du capitalisme financier, ce sont tous de potentiels adhérents du FN... sans oublier, Jaurès et même de Gaulle (le pire ennemi de Le Pen père), maintenant... On croit vraiment rêver... Mais non, on ne rêve pas : la « disjonction cognitive » est la base de toutes les manipulations mentales... et ça marche...

 

Face au FN personne pour représenter des propositions et une alternative, crédible et audible, qui ne serait pas les mêmes sempiternelles solutions magiques, celles qui ont déjà démontré leur inefficacité, comme par exemple :

- le retour aux monnaies nationales pour la ZE, ou au SME (variante Chevènement / Sapir),

- prendre aux riches pour donner aux pauvres,

- empêcher par tous moyens, les riches de s’enrichir,

- taxer les entreprises et le capital, ...

- et autres variantes d’extrême gauche ou de droite, toutes ancrées dans des logiques de bouc émissaire, qui ne se sont pas renouvelées depuis 65 ans, alors que le Monde a fait beaucoup beaucoup de chemin entre-temps... et que les solutions que nous pouvions penser en système fermé deviennent contre-productives en système ouvert ; tandis que cette pensée linéaire, binaire et manichéenne, qui relie les solutions aux responsabilités et/ou aux responsables est tout sauf un moyen de résoudre les problèmes.

 

Donc, toujours personne pour proposer des solutions dynamiques « gagnant/gagnant » en prenant le système à son propre jeu, en le poussant jusqu’au bout de ses incohérences et dans ses derniers retranchements, tel que j’essaye péniblement de vous l’exposer tout au long de ce blog ; avec lequel, je n’arrive à convaincre personne qui ne soit pas déjà convaincu.

 

 

Alors ?...

 

Alors rien... Je pense que je ne suis pas différent de tous ceux qui de trahisons en déceptions, n’arrivent plus à penser qu’ils pourraient avoir le moindre effet face au rouleau compresseur de la résignation. Donc, pourquoi continuer à écrire ? Puisque je n’arriverai jamais à convaincre qui que ce soit, qui préférerait continuer à croire à des solutions magiques...

 

Je le vois même localement ; plein de gens pour penser que les politiques suivies sont du grand n’importe quoi, mais plus personne, même les plus militants parmi mes proches, pour venir le dire dans les lieux qui sont censés recueillir ces paroles-là (conseil de quartier, conseil municipal, écrire aux services ou élus concernés, etc.), parce que « ça ne sert à rien ». Tout comme nos votes ne servent également plus à rien, pour vraiment changer les choses là où elles ont besoin de l’être. Nous n’attendons plus rien du pouvoir, ni de la démocratie, et ça ressemble furieusement à tous les symptômes qui ont précédé les périodes troubles et/ou les grands massacres de l’Histoire.

Nous sommes privés de tout espoir, nous avons intégré que plus jamais nous ne serons acteurs de nos destins et qu’est-ce qu'il peut y avoir de pire pour des humains, dont toute l’évolution démontre qu’ils ont toujours cherché à être maîtres de leur environnement... Si même les esclaves ne peuvent plus diriger leurs maîtres, alors toutes les violences, toutes les déviances et errances redeviennent possibles.

 

Quand Guy Debord écrivait (en 1967 dans « La société du spectacle ») : « Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s'annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation. » ; je ne sais pas s’il mesurait à quel point son analyse deviendrait réelle et combien nos impuissances deviendraient patentes... Il y opposait « la vérité inversée » seule réponse susceptible de nous redonner du pouvoir sur le réel et de nous sortir de nos aliénations ; sauf que je crains, dans l’état de dégradation qui est le nôtre, que cette « vérité inversée » ne puisse jamais atteindre les consciences... et c’est pourquoi je ne vois aucun futur qui pourrait être différent de celui que nous vivons aujourd’hui qui ne nous en donne aucun.

 

Aussi, mon sentiment profond, c’est qu’il s’agit bien aujourd’hui du deuil de la démocratie que nous sommes pour la plupart en train de faire. Et si crise il y a, personnellement je ne vois que celle-là qui soit susceptible de vraiment nous dépasser. Je ne sais pas où ça va nous conduire, ni même si ça nous conduira quelque part, mais je sais que ça fait très mal ! Et que ça peut faire encore plus mal...

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 23:00

Première date de publication : 23/03/2013

Date de la dernière mise à jour : 23/03/2013

 

 

Résumons-nous... Selon les souverainistes et nationalistes, l’Euro est à l’origine de tous nos maux ; le retour au Franc est la solution ; et quand on les interroge sur pourquoi le Dollar continue à être la monnaie de 50 États fédéraux, alors que certains parmi eux sont bien plus en faillite que nos « pires » pays européens, ils répondent :

- Ils ont la même langue et ne sont pas constitués par 27 nations différentes, avec 23 langues différentes...

- Les USA ont une totale liberté de circulation des travailleurs, non seulement en théorie, mais en pratique aussi...

- Ils sont une nation avec un sentiment national, avec un patriotisme national, avec un égoïsme national...

- Ils ont un budget fédéral 25 fois supérieur à celui de l’Europe avec une solidarité nationale, avec l’acceptation de transferts d’argent à l’intérieur de cette nation...

 

Alors, examinons ces affirmations qui justifieraient le fait qu’aucun État fédéral aux USA ne songe à faire une sécession monétaire, et qui fonderaient la « cohésion » de cette Nation...

 

 

Des fantasmes rien que des fantasmes... 

 

Justifier que le dollar tiendrait par le peu de différences culturelles de ceux qui l’utilisent est pour le moins douteux… d’autant qu’il y a bien plus de différences entre un New-Yorkais et un Cadien, qu’entre un Slovaque et un Français ; sans compter qu’à l’intérieur même de nos pays européens, il y a, par exemple, bien plus de différences entre un Parisien et un Guyanais, qu’entre un Athénien et un Toulousain ; si tant est qu’il soit possible de faire des généralisations totalement abusives et fondées sur des préjugés…

Et on peut multiplier les différences, apparemment irréconciliables, entre bien des communautés, cultures, villes, régions, et États US, ce qui ne les empêche nullement d’avoir la même monnaie…

 

L’argument de la langue commune... 20 % des Américains, notamment beaucoup de Latino-Américains, ne parlent pas américain aux USA ; mais, on y parle aussi beaucoup plus de langues qu’en Europe : 337 langues (!!!) sont parlées par la population, dont 176 sont indigènes ; tandis que beaucoup d’Européens ignorent que les USA n’ont même pas de langue officielle ; sans oublier que nombres d’idiomes, dialectes et accents locaux sont totalement incompréhensibles à un Américain moyen.

D’ailleurs, définir ce qu’est un « Américain » n’a strictement aucun sens (à l’exception des Amérindiens), puisque tous sont issus des émigrations (volontaires ou forcées) des autres continents... à peu près comme tous les pays d’ailleurs, y incluse la France n’en déplaise aux tenants de la « France aux Français » (Moi, je veux bien, mais jusqu’a quelle génération ? Parce que si on remonte, ne serait-ce que sur 4 générations, on vide le pays de plus de la moitié de ses habitants et on n’aurait même pas pu avoir Sarkozy comme Président ; avouez que ça aurait été dommage de ne pas avoir ce « fondamental » débat sur « l’identité nationale »  ; mais je m’égare )...

Donc, l’argument de l’absence de « différences » culturelles, même fondées sur les langues, ne tient pas deux secondes… Il y a plus de contrastes et de différences, ethniques, sociales, économiques, religieuses, culturelles, et autres, aux USA que nous n’en aurons jamais en Europe même avec nos 23 langues et 27 Nations, y incluses avec nos émigrations ne provenant pas de nôtre continent...

 

« L’argument » de la mobilité, est pour le moins surprenant parce que je ne vois vraiment pas le rapport, surtout qu’avec l’espace Schengen, elle est totalement possible ; et déjà largement rentrée dans les mœurs pour toute une frange des nouvelles générations… Cependant, c’est quoi l’idée ? Que les sans-emplois grecs puissent aller grossir le nombre de chômeurs allemands ??? Je reste sans voix… Surtout quand on constate à quel point la « mobilité réelle » de certains peuples européens pose toujours (et depuis toujours) des problèmes épineux (pour des raisons différentes) à ceux qui les accueillent…

Pensez, au hasard, aux Roumains ou aux Polonais par exemple. Les premiers, c’est simple, malgré leur grande mobilité et le fait qu’ils se contentent de bidonvilles pour vivre, personne n’en veut. Les seconds vont également partout et sont même sollicités par les entreprises pour venir. Sauf qu’ils manquent cruellement à leur pays au point qu’il y a une émigration ukrainienne en Pologne pour y pallier ; tandis que les autres salariés des pays qui les accueillent les détestent parce qu’ils leur prennent leur boulot... comme ils détestent également actuellement les Espagnols qui viennent bosser dans le sud de la France faisant crever les entreprises françaises locales... Et c’est toujours aussi absurde de s’en prendre aux personnes plutôt qu’au système qui autorise et promeut une concurrence des misères...

Il est à noter par ailleurs, que cette « justification » d’une supposée non-mobilité réelle des travailleurs européens, pour nous expliquer que l’Europe n’est pas une Nation, est pour le moins contradictoire de la part de souverainistes et nationalistes, qui sont également les premiers à décrier les émigrés, quelle que soit leur provenance...

Mais finalement, ceux qui racontent de telles bêtises ont peut-être « raison » : tous les chômeurs européens devraient aller habiter en Allemagne ; afin de confronter ce pays aux déséquilibres commerciaux qu’ils ont sciemment entretenus avec tous les autres pays de l’UE, en nous présentant l’addition aujourd’hui...

 

Il reste quoi ?... Ha oui, le « sentiment national »... Un drôle de concept qui est, en soi, à géométrie variable... Cependant sans rentrer dans le débat philosophique et politique de fond, c’est quoi l’idée ? Qu’avec le « sentiment national » une économie fonctionnerait mieux ? Comme si la réussite économique pouvait dépendre d’un quelconque « sentiment national », c’est tellement bête et à côté de tout ce que les économistes, pour le coup quelle que soit leur école (à part celle issue de la vision violente et prédatrice du national-socialisme), nous expliquent depuis toujours que j’en ris (jaune) encore…

S’il y a du « sentiment national » à remettre quelque part, c’est plutôt auprès des multinationales qui n’ont plus de patrie, se foutent de tous les peuples et de saccager la planète, pourvu que leurs bénéfices continuent à rentrer, de préférence dans un paradis fiscal opaque ; mais certainement pas entre les peuples européens, qui, qu’on le veuille ou non, et malgré toutes leurs différences, ont toujours été liés pour le meilleur et pour le pire… Aucune Nation n’ayant en soi, la capacité de vivre de façon autarcique sans les apports économiques et humains, mais aussi culturels, des uns et des autres...

 

Je reviendrai plus tard sur le problème budgétaire parce que lui, d’une certaine façon, est vraiment réel. Cependant, on peut déjà se rendre compte que l’imagerie mythologique, souverainiste et nationaliste, ne tient pas deux minutes à l’épreuve des faits, pour expliquer qu’un Euro ne peut pas rester la monnaie unique de nombreux peuples fussent-ils très différents. On remarquera au passage, que les pays faisant partie de L’UE mais pas de la Zone Euro, ont une indépendance monétaire totalement fictive. En effet, leur monnaie (à l’exception de la £) est arrimée à l’Euro, avec des fluctuations autour d’un cours pivot excédant rarement 2 %... et même le Franc suisse, pays hors de l’UE, est accroché à l’Euro comme une sangsue...

Pourtant, l’idéologie des « différences irréconciliables » continue à être distillée comme un poison, à effets lents, mais potentiellement explosifs, en permanence par quelques leaders politiques, et fait de plus en plus d’adeptes dans tous les pays européens.

Quel que soit le pays, si rien ne va, c’est à cause de l’Euro et/ou de l’Europe... et le pire c’est que c’est vrai ! Même si personne ne sait nous dire où en seraient certains pays de l’UE, y incluse la France, s’ils n’y étaient pas rentrés...

Cependant, comme souvent, ils confondent les effets avec les causes, et en conséquence ils se trompent d’ennemi et de colère... bien alimentée par les partis souverainistes qui n’ont pas compris où se situe la « vraie indépendance » et qui préfèrent faire appel à la peur de l’altérité en mettant les problèmes sur le compte des différences entre les peuples… conneries ! Mes excuses, mais je n’ai pas d’autre qualificatif disponible… Ce n’est pas l’Euro et l’Europe qui sont les problèmes, mais ce qu’on en a fait, les options (pour certaines totalement idéologiques) qu’on a prises, ainsi que les problèmes structurels (notamment ceux concernant nos rapports avec le reste du monde) et démocratiques, qu’on (nous et les autres pays d’Europe) ne veut pas affronter et traiter,...

 

 

Où sont les vrais problèmes ? 

 

Cela dit, ça n’empêche nullement que l’Euro ait des tares congénitales, parce qu’il a été créé à une époque où nos « géniaux eurocrates » ne pouvaient pas imaginer une seconde que les pays :

- pourraient être en situation de ne plus respecter les critères de Maastricht,

- pourraient avoir des mégas problèmes de financement (puisque soumis aux « lois » des marchés),

- pourraient décrocher en termes d’équilibres des échanges commerciaux (impossible à ce propos, de trouver le solde des balances commerciales entre pays de la ZE même sur Eurostat, bizarre), ...

et ils n’ont, donc, prévu aucun mécanisme régulateur entre eux…

 

Pire, nous sommes « mariés », mais sous le régime de la séparation de biens absolue... au point que chaque bouton de culotte dépensé par un pays est inscrit comme une dette à la BCE, tandis que même une invitation au restau donne lieu à une inscription de dette… Alors, pourquoi diable avoir le même chéquier ?… De plus, sans pouvoir modifier, en quoi que ce soit, la politique de l’organisme émetteur central qu’est la BCE…

 

On mesure toute l’absurdité de ce système de la dette éternelle, quand l’Allemagne vend pour 3 Md€ d’armes à la Grèce (lui fournissant même les financements), et vient ensuite donner à son client des leçons de « bonne gestion », parce qu’il ne peut plus rembourser son emprunt, alors que l’Allemagne a déjà perçu, sans aucun scrupule, tout l’argent pour faire tourner son économie…

C’est vraiment d’une hypocrisie sans nom... Un peu comme si après avoir acheté des fringues dans la boutique de vêtements de son épouse, celle-ci (qui lui a fourni l’emprunt pour être payée) venait réclamer à son mari (avec intérêts) une deuxième fois la somme, juste parce qu’il a fait transiter le montant par le compte commun pour se les offrir... L’exemple est absurde à dessein, mais pas si éloigné de ce qui se passe actuellement... L’Allemagne jouant un jeu dangereux en voulant le beurre, l’argent du beurre et le c... de la crémière...

On voit bien, d’ailleurs, que ce système est surtout bénéfique pour les pays du Nord (Allemagne, Pays-Bas, Irlande, ...) qui assoient leur développement sur l’endettement du « Club Med » (les PIGS – l’Irlande + la France).

 

On a longtemps cru que l’entrée de pays moins développés dans l’UE était une introduction de concurrence déloyale subventionnée dans le circuit économique, ce qui n’est pas tout à fait faux... Mais en réalité, à l’épreuve des faits, il n’en est (presque) rien, parce que pendant que l’Allemagne laissait aux autres le « sale boulot » de se coltiner la concurrence internationale sur des produits à faible valeur ajoutée, elle développait toutes ses activités à forte valeur ajoutée et haut développement technologique industriel, qui lui permettent de rester concurrentielle au niveau mondial et intra-européen... tandis que l’Angleterre développait son ingénierie financière pour que toute production de valeur en Europe et dans le Monde, lui rapporte à coup sûr des intérêts...

Et la France ?... Bé la France n’a jamais vraiment choisi, elle a voulu jouer sur tous les tableaux et n’en maîtrise totalement vraiment aucun ; sauf celui de la technologie nucléaire, dont plus personne ne veut, à l’exception de ceux qui veulent la bombe avec... Elle est également un des rares pays européens qui n’a jamais réussi à réformer ses structures en profondeur, pour s’adapter aux nouvelles donnes... La politique du « ni-ni », avec ses empilements de structures pour remédier aux insuffisances des existantes a vraiment été une catastrophe... Et depuis 30 ans on n’a su faire que ça... Même quand par miracle, un gouvernement arrive à imposer une réforme structurelle, comme l’évidente nécessité de fusionner l’ANPE et les ASSEDIC, on se retrouve avec une usine à gaz sans nom, plus inefficace que ne l’ont jamais été les anciennes structures...

 

Mais pour revenir à nos « différences » avec les USA... contrairement au système US, aucun mécanisme de compensation et de régulation n’a été prévu en Europe, y inclus par un impôt européen qui cesserait d’être symbolique et qui pourrait être redistribué aux pays moins bien dotés ou en difficultés… et ça serait bien normal, compte tenu que les pays qui « s’enrichissent » le font en grande partie par l’endettement de ceux qui n’y arrivent pas, et/ou à cause du dumping fiscal qu’ils ont mis en place...

De même, ça ne pose (presque) aucun problème au Gouvernement central US qu’un État fédéral soit en cessation de paiement, ce dernier ayant toute latitude pour négocier directement avec ses créanciers. Mieux... même, une faillite d’un État fédéral ne peut pas impacter la valorisation monétaire (ou seulement très à la marge), car celle-ci ne dépend pas des divergences économiques (et elles sont nombreuses) entre les différents États fédéraux, mais bien des échanges globaux du bloc monétaire par rapport au reste du Monde…

L’Euro ne devrait pas pouvoir être impacté par la « faillite » d’un État, pas plus que ne le serait le gouvernement français par la faillite d’un département… et pourtant compte tenu de l’absurdité des interdépendances financières, du système de dette éternelle, de la dépendance aux marchés financiers étrangers, de l’augmentation effrénée de la financiarisation, et de l’absence de mécanismes régulateurs, même Chypre (1,1 M d’habitants) est en capacité de tous nous faire plonger… un comble, pour la première puissance économique du Monde...

 

On voit bien, en conséquence, qu’il y a le feu, et que nos « géniaux eurocrates » courent après les « fausses solutions », en prenant sciemment le risque de passer outre les clarifications structurelles et démocratiques, qui sont absolument nécessaires pour arrêter les putschs permanents, ainsi que la politique à géométrie variable à la tête du pays/client (lien d’un excellent article de Caroline sur le cas irlandais).

Dans la « course aux armements », suite aux insondables « négligences » que la crise a révélées, il y a eu la mise en place du MES (2011), puis le Pacte de stabilité et de croissance (version 2005 modifiée en 2012) et maintenant le Two-Pack (2013), qui créent tous des systèmes de contrôle, de contraintes et d’intervention dans les pays de la Zone euro extrêmement contraignants, mais surtout totalement en dehors de toute procédure démocratique susceptible de légitimer les décisions... parce que toutes ces instances ne dépendent pas d’une élection, ni même d’une validation des décisions par les pays, mais constituent néanmoins des autorités supranationales n’ayant de compte à rendre à personne !!!

Un peu comme si un jour nos députés aussitôt élus, nommaient des fonctionnaires à la tête du législatif et de l'exécutif, avec en prime une immunité totale pour leurs actes, ainsi que le pouvoir de remettre en cause les propres décisions de ceux qui les ont nommés... Stupéfiant ! Je crois bien que c’est la première fois qu’on voit ça dans une « démocratie »... Ha non, je me trompe, c’est exactement ainsi qu’Hitler a pris le pouvoir en 33 en Allemagne en se faisant voter tous les pouvoirs, ainsi que le pouvoir de s’opposer à tous les pouvoirs... C’est ça qui se déroule, apparemment en douceur et sans violence, en ce moment chez nous, en Europe... dans l’indifférence, médiatique et citoyenne, quasi générale.

 

Et les seules actions sont de mettre sous administration judiciaire les pays défaillants, avec mutualisation des dettes, mais toujours en laissant inscrite la dette en attente de retour à meilleure fortune. Autant dire qu’on va attendre longtemps et qu’on est en pleine tartufferie… Avec deux innovations, cependant, le cas irlandais et le chypriote... qui démontrent si besoin en était que les « logiques » qui font que la ZE accorde tel ou tel prêt, ou facilités, ou au contraire restrictions ou sanctions, à tel ou tel pays sont pour le moins obscures...

Bien sûr, tout ça sans jamais remettre en cause le moins du monde la « sacro-sainte » soumission aux marchés financiers et tout ce qui autorise ces mêmes marchés à saigner les pays qui ont des problèmes, tout en planquant ailleurs les colossaux profits qu’ils en retirent ; ainsi que sans toucher à la monstrueuse financiarisation complètement déconnectée de l’économie réelle, responsable de ce marasme… Tout ça sans vouloir admettre que les systèmes de double-contrainte insolubles qui sont perpétuellement mis en place en Europe ne peuvent déboucher que sur un collapsus systémique durable et la destruction des valeurs qui ont fait l’Europe...

Autant dire que si on ne traite pas les causes, toutes les causes (y inclus en employant des moyens radicaux, comme les Islandais qui ont fait défaut sur leur dette), effectivement on peut prédire sans grand risque de se tromper, qu’on va dans le mur… et contrairement aux idées reçues, Allemagne incluse…

 

 

Problème budgétaire, ou insuffisances politiques et démocratiques ?...

 

À juste raison, certains font remarquer que la part des dépenses de l’État dans les budgets fédéraux des USA est 30 fois supérieure à celles de l’UE. Bien évidemment, c’est significatif en soi... sauf qu’il faudrait connaître la répartition des compétences pour que cela devienne vraiment parlant...

Je m’explique... Il n’y a pas, par exemple, d’armée européenne, et donc ce poste est assumé directement par chaque pays sans solidarité budgétaire... Aussi, en l’état de nos absences de partage des responsabilités, je ne vois ce que ça changerait que ce soit l’Europe qui gère en plus un certain nombre de prérogatives qui restent nationales aujourd’hui... Ce serait de simples jeux de vases communicants qui rajouteraient de l’opacité et de l’arbitraire au niveau des re-répartitions qui s’en suivraient (exemple : la politique agricole dite « commune ») ; du moins tant qu’on ne disposera pas d’Institutions démocratiques centrales qui pourraient rendre des décisions qui s’imposent à tous sur un certain nombre de sujets...

 

On voit bien que l’Europe est restée au milieu du gué à ce niveau-là, personne ne voulant franchir le pas pour abandonner à une structure démocratique centrale des prérogatives nationales qui sont de plus en plus fictives... mettant en place à chaque fois des structures qui, paradoxalement, ont des pouvoirs supranationaux, tout en ne représentant aucune légitimité politique et démocratique...

Bref, un système bâtard, où notre Président, notre Ministre des Affaires étrangères, ainsi que notre Parlement (tous européens) brillent plus par leur pouvoir de nuisance que par les initiatives politiques qu’ils pourraient prendre, pour impulser des politiques différentes, et/ou remettre en cause les diktats de certains pays (notamment ceux de la GB concernant la financiarisation ou encore ceux de l’Allemagne concernant le libre échange international)...

 

Plus qu’un budget conséquent commun, je pense qu’une politique d’harmonisation fiscale (avec un total bannissement des paradis fiscaux opaques) et sociale, serait beaucoup plus cruciale à atteindre... Seul problème, on s’aligne sur qui ? L’Irlande, l’Allemagne, la France, le Danemark, ou autres ?...

Alors personnellement, j’ai mon idée là-dessus, plutôt que d’essayer d’atteindre une convergence que nous n’aurons jamais, l’Europe déclare illégal le dumping fiscal et social (c’est quand même insensé qu’on doive soutenir l’Irlande ou Chypre qui depuis des années les pratique), et on rend légales en conséquence toutes les mesures de rétorsion et de rééquilibrage à ces dumpings (la TVA sociale substitutive est un des outils possibles, parmi bien d’autres) ; ce qui permettrait en outre de créer un précédent qu’on pourrait ensuite exporter au niveau de l’OMC... 

 

On peut toujours rêver, tant il semble impossible de faire avancer cette Europe, si elle n’est pas au bord de la catastrophe... du moins jusqu’au jour, où il sera trop tard... et où les nationalistes et souverainistes pourront sardoniquement nous dire : « vous voyez, on vous l’avait bien dit... ». Mais dit quoi ? Que des États différents ne peuvent pas prendre des décisions pour le bien commun et l’intérêt général du plus grand nombre ? Vrai, mais stupide et faux en même temps !!!

L’Europe et l’Euro ne sont pour rien dans les décisions que les États ne prennent pas nationalement ; nous en avons perpétuellement des illustrations, ne serait-ce qu’avec la dernière réforme sabotée sur la séparation des activités bancaires... En quoi la France y aurait-elle renoncé à cause de l’Europe et de l’Euro ? En quoi faudrait-il attendre que tout le monde soit d’accord pour protéger nos entreprises et les déposants de la financiarisation folle ?... Malgré les explications alambiquées et sans aucun fondement des banquiers, ainsi que de notre gouvernement, je ne vois toujours pas... En quoi l’Europe et l’Euro empêcheraient les réformes structurelles françaises qui permettraient d’affronter le monde tel qu’il est ? Je ne vois toujours pas...

Et on peut décliner ces seules vraies interrogations pour tous les pays... En quoi Chypre devrait-elle à son entrée dans la ZE la politique délétère de grande lessiveuse des fonds maffieux russes et son choix de devenir une place financière opaque qui truste 5 fois son PIB ?...

 

La seule vraie responsabilité de l’Europe est effectivement, au nom de la « liberté libérale » de laisser faire et d’intervenir ensuite comme un pompier pyromane... Oui, l’Europe a des responsabilités, mais pas plus, et même plutôt beaucoup moins, que tous ces politiques nationaux qui refusent de prendre les décisions qui permettraient de protéger leurs populations et leur économie de tous les prédateurs, notamment financiers...

 

 

Pour les amnésiques, souverainistes, nationalistes, et également les soi-disant économistes...

 

Personnellement, je préférerais qu’on traite les causes, plutôt qu’il y ait scission monétaire. Pour des raisons simples… Peut-être certains d’entre vous sont trop jeunes ou n’ont pas la mémoire de ce qui se passait quand le Franc existait, mais en aucune façon (à partir de 1971) celui-ci n’a permis de retrouver des compétitivités perdues, d’infléchir la progression des endettements, d’attirer des investisseurs, de redonner du boulot à ceux qui le perdaient, ... ni même de faire en sorte que le plus grand nombre de citoyens arrête de s’appauvrir.

Tous les thuriféraires du retour au Franc, oublie systématiquement de se rappeler, que de 71 à la création de l’Euro, on a déjà tout essayé comme politique monétaire : le Franc filant, le Franc mou, le Franc fort, ... ; et que ce fut à chaque fois des échecs cuisants, incapables de régler simultanément inflation, chômage, endettement, investissements et pouvoir d’achat... Aussi, c’est vraiment une escroquerie intellectuelle d’essayer de faire croire qu’on pourrait faire aujourd’hui ce qu’on n’a jamais réussi à faire hier, alors même que les conditions internationales et nos choix libéraux ont encore aggravé nos relations de dépendances…

Pire, c’était une époque où des fonds spéculatifs, comme celui de Soros (et même d’autres d’origine française), pouvaient en quelques jours mettre à genou quasiment n’importe quelle monnaie européenne, en vidant les banques centrales de leurs réserves, jusqu’à ce que la monnaie finisse, en désespoir de cause, par décrocher, faisant engranger de colossaux profits aux spéculateurs, pendant que les populations subissaient les pertes de pouvoir d’achat…

Donc, échanger une relative et très imparfaite « sécurité », pour une certitude absolue que nous nous mettrions encore plus sous la coupe des spéculateurs internationaux, très peu pour moi. À titre de comparaison, la première banque chinoise, c’est une capacité d’intervention sur les marchés monétaires de 2 fois le PIB français, cette seule banque (il y en 3 comme elle en Chine) pourrait d’un claquement de doigts nous dicter notre politique monétaire. Je ne partage donc pas du tout, les fantasmes de ceux qui pensent magiquement qu’on serait assez fort pour faire face tout seul, à de tels monstres prédateurs...

Le seul résultat « positif » que je verrais à une sortie de l’euro, c’est que chaque banque pourrait embaucher 17×16/2 = 136 traders et elles auraient donc, 136 marchés nouveaux pour spéculer ; ce qui ferait indiscutablement baisser le chômage parmi ceux-ci ; du moins, si elles survivent (ce qui me semble très peu probable) à l’évident chaos que déclencherait le retour aux monnaies nationales... c’est à peine une blague… 

 

Aussi, il faut arrêter avec la pensée magique concernant ce que permettrait de faire une indépendance monétaire… Dans notre système mondialisé, comme je l’ai déjà longuement exposé dans cet article, c’est une illusion totale. Aucun pays n’a jamais démontré qu’il pouvait résoudre ses problèmes en trafiquant sa monnaie, sans autres facteurs contextuels (comme, par exemple, l’indépendance énergétique) ; tout en se soumettant aux diktats de « libre-échange », des interdépendances financières, de la financiarisation, et en restant dépendant du bon vouloir des marchés financiers ! Et c’est donc bien ces derniers termes qu’il faut traiter avant tout… plutôt que de rêver sur ce que pourrait nous rendre comme soi-disant « pouvoir » une indépendance monétaire totalement fictive dans l’état actuel de la mondialisation et de nos choix libéraux…

Une sortie de l’Euro ne changerait absolument pas les règles qui prévalent sur les marchés financiers mondiaux et ne nous donnerait, donc, pas plus les armes pour y faire face… arrêtons de rêver et penchons-nous plutôt sur les vrais problèmes à résoudre, pour que toutes les Nations des États-Unis d’Europe cessent de se comporter, comme des imbéciles, immatures et irresponsables, qui ne défendent que leurs intérêts opportunistes à court terme...

 

 

Conclusions, sans (presque) aucun espoir...

 

Alors, qui est responsable ? Tout le monde, puisque nous sommes responsables des politiques au ventre mou que nous élisons ; mais personne, puisque « l’offre politique » se décline en une pensée unique « on/off », qui conduit la plupart des citoyens à penser qu’il n’y aurait pas d’alternatives entre le « toujours plus de la même chose », par rapport à « on casse tout et on recommence, tout seul »...

Cependant, nos élus nationaux, si démissionnaires dès qu’il s’agit de porter et de faire aboutir les vrais sujets, ne devront pas s’étonner quand un Beppe Grillo s’imposera en France, ou encore si en 2017, nous avons un deuxième tour entre Marine et Jean-Luc. Au rythme où s’enchaînent leurs renoncements et leurs trahisons, je m’étonne qu’ils arrivent encore à faire illusion... et même qu’on leur tende encore un micro pour recueillir des « pensées » que tout le monde sait mensongères...

Le pire, c’est que manifester de la colère vis-à-vis des pouvoirs et des élites est forcément du populisme... alors que ce n’est que du désespoir et de la révolte d’avoir été tant trahi...

 

La seule note d’espoir nous vient du peuple islandais.... Quand vous serez reposés de ma pénible rhétorique, lisez ces exceptionnelles interviews de Ólafur Ragnar Grímsson, Président de l’Islande...

À beaucoup de points de vue, il s’y trouve beaucoup de phrases superbes et d’une sagesse profonde, qu’il faudrait encadrer ; mais il y en a 2 qui font toute la différence avec nos politiques à nous :

- « Ce serait une erreur que de voir notre expérience à travers cette vieille grille de lecture politique. En Islande, les partis de droite et de gauche ont été unanimes sur la nécessité de protéger le système social. Personne, à droite ou au centre, n’a défendu ce que vous appelleriez des « politiques de droite ».

- « Les agences de notation, les grandes banques, tout le monde avait tort. Et moi aussi. »

 

Un politique qui dit « j’avais tort », vous ne sentez pas comme on respire tout de suite mieux, comme tout à coup on peut éviter de lui en vouloir et même continuer à lui faire confiance… ça fait une sacrée différence avec les nôtres, non ? Depuis combien de temps n’a-t-on pas entendu un seul mot de cet ordre-là dans notre classe politique ?…

 

Comme dans tous les pays nordiques, il y a une cohésion politique et sociale sur l’essentiel ; mieux personne n’est en désaccord sur les fondamentaux et les buts à atteindre pour l’intérêt du plus grand nombre. Le vrai sens du débat et de la dispute politique là-bas, c’est « comment, on fait, pour atteindre nos objectifs communs ? » (le seul et quasiment unique but de ce blog) ; là seulement, des divergences de méthode sont fondées, tout le reste c’est penser que l’idéologie a le pouvoir de régler les problèmes... une foutaise persistante, dont l’histoire nous a perpétuellement démontré dans le meilleur des cas l’inefficacité, et dans le pire l’horreur.

Ce peuple-là est vraiment un exemple à suivre, notamment parce que, pour l'instant, il apprend de ses erreurs... Donc personnellement, je continuerai à les envier...

On rêverait vraiment d’atteindre cette maturité en France, et que la « Déclaration des droits de l’homme » et le programme du CNR ne fassent plus débat, sauf pour savoir comment on va les rendre réels…

 

Cela dit, si les Islandais sont en cours de réforme constitutionnelle, c'est bien qu'ils ont compris (eux) que leur système démocratique n'était pas le bon, pour ne pas les avoir protégés des dérives et du gouffre... Je nous souhaite d’atteindre un jour cette maturité-là, sans avoir à subir les délires souverainistes et nationalistes...

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 22:55

Première date de publication : 22/02/2013

Date de la dernière mise à jour : 22/02/2013

 

 

Au cas où, ça vous aurait échappé ces derniers jours - tout accaparé que vous étiez par l’actualité sur « le mariage pour presque tous », et la guerre au Mali - il s’est « discuté » un « projet de loi de séparation et de régulation bancaire », qui devrait aboutir, dans l’état... à ne strictement rien changer !... Tant le lobby de nos quatre banques systémiques (BNP, CA, BPCE, SG ; et je rappelle que si une seule de ces banques coule, c’est tout le système mondial qui s’effondre), a fait feu de tout bois, pour saboter cette réforme.

 

Si vous souhaitez comprendre les enjeux qui étaient soi-disant « débattus », il faut vous intéresser à deux auditions en particulier :

- celle de Thierry Philipponnat, représentant de Finance Watch (si vous êtes fatigué de lire, il y a la vidéo)

- celle de Sir John Vickers (pas de vidéo disponible pour l’instant).

Vous y trouverez tout ce qu’il faut savoir sur les enjeux considérables de cette réforme avortée, et découvrirez également la mauvaise foi foncière de nos politiques...

 

Si vous vous plongez dans ces contributions, vous remarquerez au passage que Vickers et Philipponnat ne prônent pas la séparation au nom des mêmes principes, et que néanmoins, ils en arrivent aux mêmes conclusions...

Vickers (néolibéral pure souche) met en avant la libre concurrence qui est faussée et le désengagement de l'État pour prôner la séparation...

Philipponnat (ancien trader repenti) met plus volontiers en avant la protection des déposants, les conflits d'intérêts et l'intérêt général...

Ils ne situent pas tout à fait la « morale » au même endroit, pour autant ça ne les empêche pas d'être d'accord sur les objectifs... ce qui est assez rare pour être souligné ; et comme quoi, les « bons remèdes » ont assez peu de rapport finalement avec ce que le « bon sens » peut dicter à chacun, quelles que soient ses « bases idéologiques »...

 

À part ça, on peut tirer quoi comme enseignements, de ce énième renoncement ?...

 

 

Où, il se confirme que la politique est bien devenue virtuelle... 

 

Si on interprète, à la hache, les conclusions de madame Karine Berger, la rapporteur du lobby bancaire des vendus des impuissants du gouvernement (la nouvelle génération de politiques, toujours plus pire que les anciennes ; si, si, c’est possible ), on peut les résumer ainsi (propos presque recueillis) : « tout au long de ces auditions, j’ai constamment démontré que j’avais parfaitement retenu la leçon des banquiers et j’espère qu’ils m’en seront gré. Aussi la promesse n° 7 de monsieur Hollande ne sera pas tenue (une de plus)... Mais, c’est pas notre faute, c’est à cause du contexte international qui rendrait nos banques moins compétitives (voyez comme j’ai bien appris et compris les enjeux), et en tout état de cause, il est urgent d’attendre que le Monde soit d’accord pour faire une réforme qui mettrait fin aux problèmes... Cependant, je, et le gouvernement avec moi, vais essayer de vous faire croire qu’en cantonnant dans des filiales environ 0,75 % à 1,5 % des activités bancaires (Sic !!!), nous faisons quand même œuvre révolutionnaire (lien conduisant au discours initial de présentation de la loi par Pierre Moscovici : plus langue de bois et mensonger que ça, c’est l’internement d’office )... »

Vraiment désespérant et pitoyable... Franchement, autant d’énergie et de temps perdu pour en arriver à cette ridicule et lilliputienne « réformette », ce n’est plus du foutage de gueule, mais la démocratie qui démontre, encore une fois, qu’elle n’est plus qu’un concept... et malheureusement depuis fort longtemps ; personnellement, je dirais à peu près depuis 45 ans...

Cette dame, ses patrons et nos députés auront des comptes à rendre à la prochaine crise systémique bancaire ; parce qu’on voit mal comment il pourrait en être autrement ; les mêmes causes (dont aucune n’a été corrigée depuis la crise de 2007) produisant les mêmes effets. C’est même la fuite en avant généralisée, et c’est à coup de QE colossaux, en faisant tourner à fond les planches à billets, ou de milliards prêtés aux banques, que les États maintiennent le système financier sous respirateur artificiel... Assurément tout ça aura une fin, et nul n’est en capacité de prévoir quelle issue nous subirons... et, en l’état, seuls les scénarios dramatiques sont possibles....

« Heureusement », nos « responsables » (mais pas coupables) pourront toujours compter sur l’anosognosie amnésique (non, ce n’est pas un pléonasme), l’ignorance ou l’indifférence, quasiment généralisée des citoyens pour éviter de se faire tondre, recouvrir de goudron et de plumes, ainsi que confisquer tous leurs biens jusqu’au dernier bouton de culotte (oui, je suis contre la peine de mort, il y a des châtiments plus adaptés )...

 

En fait, il faut définitivement intégrer que nos quatre banques systémiques, avec leurs 451 filiales dans des paradis fiscaux opaques (dont 189 pour la seule BNP) dirigent le monde économique et font ce qu’elles veulent ; d’ailleurs, elles n’ont pas eu beaucoup d’effort à faire pour qu’on leur permette de continuer à faire toujours plus de la même chose...

Pourquoi ? Bé, c’est simple, 451 filiales, ça fait combien de clients et de fournisseurs ? Combien de particuliers, VIP, entreprises, et États (Cf. : le Canard du 30 janvier 2012, page 4, « Le bon exemple », qui nous rappelle que l’État français est probablement le premier « utilisateur » de ces « paradis », à travers ses participations dans ses entreprises !!!) qui sont leurs tributaires et obligés, pour leurs opérations financières, hors cadre légal national ? 451 fois, ne serait-ce que multiplié par quelques milliers de clients et fournisseurs par filiale, ça en fait du monde « compromis »...

Et, je ne suis pas là en train de vous parler d’une ixième théorie du complot ou de lutte des classes ; non, simplement d’un constat systémique que tous les mâles, sont en mesure de comprendre, et les femmes aussi, si elles peuvent imaginer combien cet endroit est sensible  : quand un homme est tenu par les testicules, c’est celui qui les tient qui est le maître...

Bien sûr, il vaut mieux en rire... mais n’oublions pas que la dernière personne qui a osé dire qu’il voulait mettre fin à la corruption devant notre Assemblée nationale a très mal terminé sa carrière ; il s’appelait Pierre Bérégovoy... (Cf. : son discours du 8 avril 1992, d’une imprudence fatale... On constatera, d’ailleurs, que rien n’a changé depuis et que plus personne ne s’est risqué à ce genre de déclarations)

C’est à se demander, si le seul critère qui compte, pour savoir si un politique a vraiment la volonté de changer les choses, ne serait pas qu’il soit mort, ou qu’il ait échappé à un ou plusieurs attentats, comme De Gaulle (5 à lui seul)...

Ce qui est sûr, c’est qu’on remarquera, de façon permanente et constante, que toutes les personnalités qui ont des bonnes idées pour changer le monde ne l’ont jamais fait quand ils étaient au pouvoir, et détenaient les leviers pour agir... Tous ! Aucun n’échappe à cette règle depuis 45 ans... Et ce phénomène n’est pas spécifique aux politiques ; de nombreux grands patrons, qui se sont comportés comme les pires des voyous quand ils dirigeaient de grandes entreprises, viennent, une fois qu’ils en sont sortis, nous parler de la moralisation du monde économique et s’occupent, en s’investissant dans des œuvres humanitaires... Personnellement, je qualifie cela d’indécent et de schizophrénique...

 

Donc, exit la démocratie. Ces politiques, égaux à eux-mêmes, n’agiront jamais en dehors des contraintes et chantages, auxquels ils sont soumis... et, même si nous le savions déjà, il se confirme que nous n’avons rien à attendre d’eux.

Je vous rappelle, cependant, que la pétition (qui plafonne, à ce jour, à 37 000 signatures) « Appel pour une vraie séparation des banques d'affaires et des banques de dépôt » est toujours à votre disposition, ainsi que de celle de vos connaissances et amis, pour tenter de faire masse et dire « ça suffit ! »...

Quand je pense que la pétition des opposants au mariage pour tous a recueilli plus de 700 000 signatures, je suis toujours aussi atterré par les sujets qui mobilisent les citoyens... Ils veulent contrôler ce qui se passe dans le lit de leurs voisins, mais ils se foutent bien de devoir payer pour l’avidité des puissants, et que leurs banques aient le pouvoir de les ruiner ou de les mettre au chômage d’un claquement de doigts... Affligeant...

 

Mais, poursuivons...

 

 

De l’économie réelle à l’irréelle... 

 

Au cours de ces auditions, un élément m’a particulièrement interrogé... Une expression revenait constamment, elle a été prononcée à peu près par tous les intervenants et rien que dans le rapport de la rapporteur du lobby bancaire des vendus des impuissants du gouvernement, on la retrouve écrite 19 fois, il s’agit de « l’économie réelle » !...

Moi-même, je l’utilise constamment, sans même plus me rendre compte de ce que je dis, tant elle me semble une évidence... Comme, s'il me semblait normal et acquis, à moi, mais à bien d’autres également, qu'une économie irréelle, fictive, virtuelle cohabite avec la « réelle »... Mais, qu'est-ce que ça dit réellement ?...

 

D’abord, quelques chiffres pour se rendre compte du rapport actuel entre économie réelle et « irréelle » :

- le total des transactions financières est de 12 fois le PIB annuel mondial, toujours en augmentation (il était de « seulement » 10 fois en 2002) ; c'est-à-dire qu’1 € de PIB nécessite qu’il soit échangé et/ou que sa contre-valeur de change monétaire ait été transférée 12 fois ;

- le total direct des crédits bancaires aux particuliers et aux entreprises représente en moyenne 20 % du total des bilans des banques, les prêts et titres détenus sur les États représentent 23% ; tandis que tout le reste est constitué des titres de titre sur ces 3 premiers éléments (les dérivés et autres CDS), ainsi que des marchés spéculatifs monétaires et sur matières premières...

- le shadow-banking pour la seule City représente une fois le PIB mondial ; on mesure l’ampleur des problèmes quand on sait que ces opérations, qui échappent à toute réglementation (ce sont des « hors bilans » effectués de gré à gré), sont ceux qui drainent, entre autres, le recyclage de l’argent sale ;

- à travers le monde, 85 % des principales bourses sont désormais des marchés à ordre entièrement électronique sans lieu d'échange physique. « Grâce à » ces procédés dématérialisés, en Europe, le trading haute fréquence représentait en novembre 2010 environ 35 % des échanges. En novembre 2011, 90 % des ordres envoyés sur le marché actions et environ 30 % des transactions sont émis par des traders à haute fréquence. Aux États-Unis, en juillet 2009, les transactions à haute fréquence généreraient 73 % du volume de négociation d'actions sur les marchés. Des résultats similaires ont été obtenus dans les études empiriques sur le NASDAQ et le Forex. En juillet 2011, le temps moyen de détention d'une action américaine est estimé à 22 secondes...

- dans le monde, 100 banques systémiques, représentant 1 652 Md$ d’actifs à risque accru (dont 20 européennes et, au dernier recensement, 5 françaises), ont chacune le pouvoir de faire s’effondrer tout le système,

- le total du seul bilan de la BNP est égal au total du PIB de la France, soit 1 996 Md€ en 2011, nos 4 banques systémiques totalisent 3 fois le PIB !

On le voit, ces chiffres donnent le vertige, tandis que nous sommes dans la démence profonde quand des machines jouent contre des machines pour gérer l’avenir de millions d’entreprises et d’humains... Les activités « de casino » ont largement supplanté les buts premiers de la finance, tandis que le mélange des genres est la règle ; les banques en arrivant même à vendre des abonnements téléphoniques et du gaz (!!!).

Les simples déposants se retrouvent donc pris en otage, pour le seul bénéfice des 57 % d’activités qui ne les concernent pas (ou seulement de manière très indirecte), alors qu’ils seront les plus durement touchés en cas de banqueroute (voir l’histoire islandaise) ; tandis que les États continuent, imperturbables, non seulement à garantir des gens qui jouent au casino, mais à leur prêter de l’argent et/ou à apporter leur caution, quand ça va mal.

Il ne viendrait à l’esprit de personne qu’un joueur de poker soit couvert pour ses pertes ou qu’on lui prête de l’argent pour qu’il puisse continuer à jouer, et c’est pourtant exactement cela qui perdure actuellement dans notre système financier « trop gros pour faire faillite », et surtout assez gros pour pouvoir imposer son absence de règles et prendre en otage le monde entier.

 

Cependant, nos banquiers ont des « arguments » simplissimes, pour justifier de faire toujours plus de la même chose et s’opposer à la séparation effective des activités :

- on ne peut pas déterminer de frontière entre une activité qui consiste à accorder un crédit à une entreprise ou un particulier, par rapport à celle qui consiste, par exemple, à spéculer sur les marchés monétaires pour compte propre... Tous les « marchés » financiers sont par nature spéculatifs, puisqu’ils consistent tous, à anticiper une demande pour se situer en tant que vendeur ou acheteur au meilleur prix ou meilleur taux ;

- nous agissons sur demande des clients, et si on nous prive de certains secteurs d’activité, d’autres les récupéreront pour nous, et nous ne pourrons plus financer « l’économie réelle » (ils le font d’ailleurs « si bien », que l’État est obligé d'avoir plusieurs banques d’investissement, en plus), et chantage suprême (!) les dettes publiques, parce que tout est interdépendant ;

- sans oublier, le « il est urgent d’attendre » que les autres se soient déterminés sur une réglementation, pour que nous puissions continuer à être à armes égales avec la concurrence mondiale...

 

Je ne rentrerai pas dans ce tissu de mauvaise foi et de mensonges, qui sont des « raisonnements » de sophiste presque tautologiques (vous avez, au début de cet article, deux liens à votre disposition pour abattre ces arguments) ; non, ce qui m’intéresse plus, c’est la croyance de certains qui persistent à penser qu’on ne peut pas différencier le type de spéculation et en conséquence qu’elles sont toutes nécessaires à notre économie... C'est-à-dire que la propagande des financiers a tellement bien fonctionné, que certaines personnes, que je ne considère pourtant pas comme des imbéciles, en viennent à ne plus distinguer le réel de l’irréel, ou autrement dit l’utile pour le plus grand nombre, par rapport au jeu de casino qui ne concerne que des intérêts particuliers...

 

 

Quels critères de distinction ?

 

Il y a pourtant quelques critères simples pour distinguer un « bon » spéculateur d’un « mauvais », en commençant par : quand le risque qu’il prend, est direct, c’est un « bon » spéculateur, quand il est indirect et implique que sa perte entraîne d’autres pertes, alors, c’est un « mauvais » spéculateur…

Je m’explique... Il y a encore une quarantaine d’années quelqu’un qui voulait jouer sur les marchés passait par une société de bourse. Celle-ci était un simple mandataire des ordres d’achat et de vente de ses clients, qui supportaient seuls le risque. Par mandat spécial, la société pouvait se substituer à son client, mais en tout état de cause, elle se rémunérait par commission sur transaction, quasiment jamais sur les profits des placements... l’intermédiaire ne faisait donc supporter aucun risque à sa propre structure (sous réserve qu’il continue à disposer de clients solvables), ni à ses autres clients...

Tout a changé quand les SICAV, les OPCVM et autres VMP, puis les CDS, sont devenus des outils courants d’intervention sur les marchés financiers gérés directement par les sociétés d’investissements, puis les banques (depuis 1984, puis 1995, date à partir de laquelle la France a autorisé la (con)fusion des banques de dépôts et d’investissements ; juste à la sortie de la crise bancaire de 92-93, c’était « finement » pensé)... Les banques sont passées de simples mandataires des ordres des clients à « administrateur de biens », se substituant à eux, non seulement pour faire fructifier la valeur des titres, mais surtout en devenant émettrices de titres de titres... Et c’est là qu’on rentre de plain-pied dans un système infernal, où les conflits d’intérêts côtoient au quotidien l’obligation de résultat, en dépit et envers toute considération morale et/ou éthique, qui ont conduit aux divers « scandales » qui ont émaillé l’actualité depuis seulement 5 ans : liste non exhaustive des 15 plus grands scandales révélés... Tandis que l’économie réelle ne pouvant supporter plus que ce qu’elle est en capacité de produire, toute « surcharge » financière finit fatalement par conduire à des faillites bancaires : 386 (!!!) rien que pour les USA, depuis 2008...

Je vous ai déjà décrit ce phénomène des « intermédiaires rentiers » - intéressés, sans prendre eux-mêmes aucun risque, à l‘enrichissement de leurs clients, puisque puisant leurs revenus dans la hausse des valeurs - dans cet article : « Nul ne peut s’enrichir sans cause » : une jurisprudence malheureusement oubliée.... ». Je pense de plus en plus que c’est vraiment la principale plaie de nos économies... Un des nœuds systémiques mortifères qui fatalement ne peut produire que manipulations, régressions, escroqueries, corruptions, déresponsabilisation, ainsi que déchéances et spoliation du plus grand nombre...

 

Mais continuons à clarifier « l’irréalité »... Faisons une analogie grossière en prenant le loto comme modèle, en imaginant que 17 % des mises gagneront de beaucoup à pas grand-chose ; 17 % des mises perdront de beaucoup à pas grand-chose ; et les 66 % restant ne perdront rien et ne gagneront rien. Première évidence : si, je joue, mon risque est direct, si, je perds il n’y a que moi qui perds… si, je gagne et d’autres avec moi, je ne prends cet argent à personne qui ne l’aurait souhaité en assumant son risque de perte… l’intermédiaire, le buraliste qui m’a vendu le billet, touchera toujours proportionnellement la même valeur (5 % de la mise), que je gagne ou que je perde...

Maintenant, imaginons que je cède la gestion de ce billet de loto, ainsi que les numéros à jouer, au buraliste qui me le vend, qui aurait pour mission de m’assurer des gains et de minimiser mes pertes, tout en l’intéressant aux résultats... Déjà, vous comprenez qu’en formalisant la mission, je viens de dire un truc absurde et c’est pourtant exactement ça qui se passe actuellement... Qu’est-ce que peut faire mon buraliste pour répondre à la situation d’intéressement et de double contrainte dans laquelle il est ?

Hé bien, c’est simple, pour commencer et pour compléter la mise (quitte à emprunter ou à associer d’autres joueurs), au lieu de jouer une seule combinaison de loto, il va diversifier les combinaisons et en jouer 19 millions, de façon à avoir toujours 17 % des combinaisons gagnantes... Bien évidemment, au loto, même en jouant toutes les combinaisons possibles, le total des gains ne peut jamais être supérieur au total des mises... Cependant, les marchés ont une particularité que le loto n’a pas, c’est que plus il y a d’ordres d’achat et plus mes valeurs augmentent et plus mes gains également (prédiction auto-réalisatrice). Mon gain ne sera pas aussi important que si j’avais joué la seule combinaison gagnante, mais il est quasiment certain et en tout état de cause, je diminue les probabilités de tout perdre également... du moins, jusqu’à ce que j’ai atteint la limite de l’élasticité du marché et qu’il n’y ait plus de nouveaux joueurs pour mettre au pot, ou qu’un autre « jeu » n’apparaisse et que tous les fonds s’y précipitent délaissant et faisant chuter la valeur de mon ticket de loto... ou que ceux qui doivent honorer les mises gagnantes du ticket de loto ne puissent plus payer...

Mais mon buraliste est intelligent et non avare dans son inventivité de nouveaux produits... Il me propose également de spéculer sur mon gain ou ma perte future et même de revendre tout, ou partie, de ces 2 résultats possibles, sans oublier que ceux à qui je vends cette « affaire » peuvent également en faire autant… De même, il va autoriser des joueurs à prendre des options d’achats sur un gain ou une perte future, en leur proposant de payer leur acquisition uniquement au moment du dénouement à une date X ; les gains ou les pertes futures étant constitués par la différence entre la valeur initiale du ticket et ce qu’il vaudra au jour du dénouement de la transaction. Et comme on n’arrête pas les ambitions de mon buraliste, il va également émettre pour les gains ou les pertes futures des titres représentant l’ensemble des volumes générés. Imaginons en plus qu’avec l’ambition qui l’anime, il fasse participer des étrangers et qu’il ait envie d’assurer le risque de change qu’ils représentent… Imaginons, imaginons… Il a « mutualisé » mon gain et/ou ma perte future et créer une cascade de flux qui n’a pas d’autre objet que de créer une chaîne sans fin et, en principe, de minimiser les pertes, mais surtout de maximaliser ses revenus !!!… Cependant, si on revient à nos banques, pour l’économie réelle, qu’est-ce qu’elles ont produit ? Quels sont les liens entre ce réseau d’interdépendances financières et l’économie réelle ?

Y a-t-il plus de liquidités qui arrivent aux entreprises et/ou aux particuliers, a-t-il financé plus d’investissements productifs, a-t-il aidé plus d’entreprises à faire face à des trous de trésoreries ?... Bref, l’économie réelle bénéficie-t-elle de tous ces flux ? Hé bien, contrairement à ce que prétendent nos banquiers, non, absolument pas... parce qu’en réalité ces financiers-là ne se préoccupent pas de savoir si l’économie réelle va produire ce qu’ils en attendent, mais juste de jouer sur de la prédiction. Ou autrement dit, si un marché produit 100 de bénéfices, il y aura toujours des joueurs pour miser sur le fait que le résultat futur sera de 90 et d’autres 110 ; mais qu’est-ce qu’ils produisent d’autres qu’un turfiste ne ferait pas en jouant au PMU ?

C’est ça l’économie irréelle, une masse de spéculateurs qui se batte sur le marché de la divination, sans plus aucun lien avec les besoins de l’économie réelle.

 

Prenons un cas simple et remplaçons notre billet de loto par une action à l’émission pour une entreprise quelconque, qui met sur le marché 1 000 000 actions à 100 € chacune.... Si tout se passe bien, l’entreprise recevra 100 000 000 € d’apports nouveaux en capital, rémunérera ses actionnaires en fonction de ses bénéfices, créera un marché d’achats et de ventes de ses actions, et c’est tout... Mais en quoi l’entreprise bénéficie-t-elle de l’immense marché que les banques vont pouvoir générer avec cette simple émission ? Fractionnement des actions, intégration dans des paniers d’OPCVM, CDS sur le produit, marchés à terme et dérivés qui joueront sur le résultat futur de l’action, et cetera...

 

On peut nous raconter ce qu’on veut là-dessus, les seules finalités de tous ces circuits sont de rendre « liquide » les marchés, de permettre un PMU sur l’économie réelle, de drainer des ressources qu’on pourra associer pour faire masse, et surtout, par-dessus tout, de multiplier les gains des banquiers !!!

Rien n’a été créé de plus pour l’entreprise, à part un immense réseau d’interdépendances financières de casino qui fonctionne, ni plus ni moins, que comme notre « bon » vieux système de cavalerie, doublé d’un système de vente pyramidale dans les cas les plus graves…

 

 

L’opacité et l’occultisme, toujours et encore, les bases pour pouvoir continuer à faire n’importe quoi...

 

C’est très étrange, que nous nous soyons fait embarquer dans ce type « d’économie » qui bénéficie d’un tel occultisme. Il suffit, d’ailleurs, de lire les interventions des parlementaires, pour constater que même ceux qui devraient savoir ce qu’ils font, n’y comprennent rien, tant la complexification linguistique (souvent à base de sigles anglo-saxons) permet de faire passer pour des cons, tous ceux qui ne maîtrisent pas le langage.

Ne vous y trompez pas, c’est en réalité très simple et ça n’a qu’une seule finalité, nous faire admettre des pratiques financières qui, si on les traduisait en langage compréhensible, deviendraient inadmissibles, pour n’importe qui.

 

Prenons un exemple simple parmi tant d’autres possibles, les CDS. C’est un simple système d’assurance des valeurs d’actifs que les investisseurs acceptent de payer pour être couvert en cas de défaillance du débiteur. Jusque-là rien à dire... Tout le monde comprend ce qu’est une assurance. Sauf que ce qu’on ne vous dit pas :

- c’est que l’émetteur des CDS (votre banque, de préférence celle qui a également vendu les valeurs et en détient elle-même) n’a pas de contrainte pour provisionner le risque, comme n’importe quel assureur a l’obligation de le faire quand il vend une police ;

- que les émetteurs ont autorisé des traders, étrangers au risque direct, à acquérir des CDS et à parier sur la défaillance des valeurs des autres !!!

 

Imagine-t-on qu’on pourrait laisser un assureur avoir ce genre de pratiques ? Non, pas du tout, c’est contraire aux b a ba des règles élémentaires de prudence, ainsi qu’à nos lois sur les jeux ; un courtier d’assurance ferait ça, il irait directement en taule... et pourtant on laisse faire ça aux banques et même plus, sans y voir « aucun mal », alors même qu’on comprend bien :

- qu’en ne provisionnant pas le risque, s’il se réalise, c’est toute la structure émettrice qui est en danger et souvent pour des montants considérables quand il s’agit de dettes d’État (comme pour la Grèce), puisque non seulement la banque perdra la valeur des créances non remboursées, mais en plus elle paiera aux souscripteurs de CDS également leurs pertes ;

- qu’en autorisant des traders à jouer sur le risque des autres, on engendre, un pur jeu de casino, totalement déconnecté des intentions premières du produit et on surmultiplie le coût du risque en cas de défaillance... (Tiens, ça me fait penser qu’il faudrait que je joue sur le prochain sinistre de ma voisine ; étant donné qu’elle a un dégât des eaux à peu près une fois tous les deux mois, je pourrais vite m’enrichir avec le montant des dommages que son assureur est obligé de régulièrement lui verser )...

 

C’est vraiment un monde de cinglés... Le pire c’est que quand on constate :

- qu’il n’est possible qu’à cause de l’ignorance des décideurs, et beaucoup de leur complicité,

- que tout cet enfumage repose sur un jargon destiné à rendre incompréhensible les manipulations au commun des citoyens, pour qu’il ne puisse jamais comprendre ce qui se passe vraiment,

personnellement, je ressens comme une rage qui monte qui pourrait me conduire à des paroles que la loi interdit...

 

Mais d’où vient l’argent ? Drôle de question, n’est-ce pas ? Qui n’a pas un instant effleuré la curiosité de nos parlementaires. Et pourtant, c’est bien celle qui compte, parce que comment une économie peut-elle tolérer que 57 % des actifs soient des jeux de casino ?...

Les circuits qui apportent de l’argent dans cette économie irréelle sont constitués par :

- vos dépôts et économies, ainsi que ceux des entreprises,

- ceux des investisseurs qui apportent des capitaux tirés de leurs activités de financement,

- ceux des banques qui se prêtent entre elles, ainsi que de leurs fonds propres,

- les banques centrales qui accordent des crédits à tour de bras aux banques privées, pour qu’elles disposent des liquidités nécessaires au respect des ratios prudentiels, et soi-disant pour refinancer « l’économie réelle »,

- des monstrueuses liquidités (21 000 milliards de dollars, je répète 21 000 000 000 000 000 $, selon la Tax Justice Network, 8,5 fois le PIB de la France) que la mondialisation, la libéralisation, et les inconséquences de nos politiques ont permis de planquer dans des paradis fiscaux opaques ; et qui doivent bien s’investir quelque part pour ne pas rester improductifs... c’est sûr que ce n’est pas à Jersey ou aux Bahamas, qu’ils vont trouver à s’investir...

 

Ainsi, on a 57 % des actifs qui vampirisent ce que les 43 % autres produisent... Une aberration intenable... qui explique que régulièrement, on « doive » passer par des phases de « crises » qui détruisent les surcotations de valeur qui ne peuvent rien rendre, qui ne représentent rien, puisqu’elles ne sont adossées que sur des gains futurs qui n’existent pas... Et « on » laisse faire... et tant pis pour le prix à payer : chômage, fuite en avant financière et monétaire, corruption, récession, et cetera...

 

Nos politiques seraient-ils si éloignés de la vie réelle ou si compromis, pour qu’ils ne soient même plus en capacité de distinguer ce qui est utile ou inutile, pour l’intérêt général du plus grand nombre ?... À l’évidence, la réponse est oui, aux deux questions.

 

 

Désespérance Colère Conclusions

 

Plus une société tolère d'intermédiaires-rentiers, improductifs au niveau de la plus-value sociale et économique, et plus elle va mal économiquement et socialement ; ce à quoi, on m'objectera que l'absence d'intermédiaires « régulateurs » de marchés a déjà été testée et que ce fut une catastrophe pour l'économie (Cf. : ex-URSS et autres modèles planifiés et centralisés)... Oui, et on pourra peut-être enfin clarifier, qu'on ne parle pas de la même chose. Je ne dénie à aucun spéculateur, qui supporte directement le risque qu’il prend, de s’enrichir... Je dénie à ceux qui sont ses serviteurs de se substituer à lui dans ses décisions, d’être ainsi en position de conflit d’intérêts, et de créer de toutes pièces des systèmes fictifs de circuits financiers, pour s’enrichir eux-mêmes, au détriment de l’intérêt général du plus grand nombre.

 

Ce qui est rageant face à ça, c’est l’apathie quasiment généralisée des États, comme si un certain nombre de pratiques étaient devenues des conséquences « normales », acceptables et intouchables du système... d’ailleurs combien de banquiers ont été mis en taule depuis 2007 ? Cherchez bien... à part Madoff et quelques traders boucs-émissaires, aucun ! Sauf en Islande ; mais il est vrai que, contrairement à nous qui supportons et même justifions tous les abus, toutes les violences et tous les prédateurs, ce pays fait preuve d’une certaine cohérence, puisqu'il s’interroge sur la possibilité d’interdire le porno violent...

 

Mais quand les États sont eux-mêmes des « gendarmes-voleurs » (Cf. l’article du Canard cité plus haut), il devient difficile d’avoir une politique offensive et cohérente pour éradiquer ces fléaux... « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais » est déjà une position difficilement tenable et justifiable, mais quand ceux, qu’on veut réformer, ont en plus des « dossiers » sur vous, ça devient carrément impossible... Sans oublier que cette situation gangrène également la perception qu’on peut avoir de la justice ; ça devient carrément injustifiable de mettre en prison des voleurs de scooter, quand ceux qui ont détourné des milliards s’en tirent avec des amendes (représentant peanuts par rapport aux montants détournés) payées par leur entreprise...

 

« Merci » à madame Karine Berger et à ses complices, qui ont encore raté une occasion de vraiment changer quelque chose à ce monde de cinglés... Je pense que je vais rebaptiser ma rubrique « actualités », en « nouvelles de la Tartufferie ».

 

 

P.-S. : J'aimerais bien retrouver les références d'une nouvelle de SF, que j'ai lue dans ma jeunesse (y a 35 ans ), qui racontait un monde où la spéculation boursière avait été interdite, et où les spéculateurs (qui continuaient à jouer clandestinement) étaient considérés comme des addicts qu'il faut soigner... Ça dit quelque chose à quelqu'un ?...

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 22:50

Première date de publication : 25/01/2013

Date de la dernière mise à jour : 30/01/2013

 

 


Comme vous le savez, je n’ai pas pour habitude de m’occuper (souvent par absence totale d’avis tranché) des débats dits « de société »... Cependant, compte tenu du foin médiatique autour des questions posées en titre, il faut bien que je vous rapporte les différents échanges que j’ai pu avoir à ce sujet.

 

 

Préalables... 

 

Il faut que je vous avoue un truc, ma « vraie » position, celle dans « l’idéal » (celui qui n’existe pas), c’est que je pense qu’il faudrait totalement supprimer du Code civil, tous les textes relatifs au mariage et s’intéresser seulement à ceux qui concernent la filiation, c'est-à-dire, là où il y a des vrais enjeux...

Je ne vois vraiment pas de quoi la loi se mêle quand elle se propose de dire le « bien et le mal » dans les rapports qui unissent des partenaires de vie, quels qu’ils soient.

La loi impose l’égalité des droits, de même qu’elle oblige à la protection et au respect des individus : interdit de la violence, de l’emprise, de la domination, de la pédophilie, du viol, et cetera, et cetera... À mon sens, c’est bien suffisant pour régir les rapports humains et même, pour déclarer illégaux des mariages religieux qui ne respecteraient pas nos lois.

Aussi, je ne vois pas pourquoi la loi en rajoute avec le mariage républicain, sauf à nourrir des avocats et à encombrer les bureaux des juges ou les prétoires de justice, puisque presque un mariage sur deux (46,2 % !) se termine par un divorce ; et parmi ceux qui restent, malgré tout, mariés, nous en connaissons tous beaucoup qui se demandent pourquoi, ils n’ont pas le courage de divorcer ou s’accommodent de situations qui n’ont pas grand-chose à voir, ou ne respectent en rien, les articles 212 à 226 du Code civil...

En l’absence de mariage civil, libre à chacun de « sacraliser » son union dans les termes qui seront, par ailleurs, conformes à ses croyances et désirs... De même, libre à chacun de contractualiser, ou non, devant notaire, le type d’union matérielle qu’ils souhaitent, selon tous les régimes possibles de contrat ou de société en participation, calqué sur ceux du mariage : communauté universelle, réduite aux acquêts ou en séparation de biens... et de régler dans le même temps les problèmes de succession, sans que tout cela n’implique en rien un « mariage ».... Il est à noter d’ailleurs que tout ça a toujours pu se faire, sans mariage et sans PACS !....

 

Cependant, les arguments et développements de deux articles :

- Mariage civil, mariage religieux : une contrariété révélée par le « mariage homo » ; de Catherine Kintzler (Chevalier de la Légion d’Honneur icon_wink.gif),

- Le « mariage homo », la nature et l'institution : quelques réflexions ; de Jean-Michel Muglioni,

m’ont convaincu qu’il ne fallait pas laisser le champ libre aux religieux soi-disant orthodoxes ; ceci, tant qu’ils continueront à vouloir imposer leurs diktats, leurs dogmes, leurs croyances, ainsi qu’à se mêler de ce qui ne les regarde pas, et à imposer leur « charia » qu’elle qu’en soit l’origine... De plus Catherine, avance une démonstration très pertinente, sur la notion de « mariage civil », qui n’a, à l’évidence, pas grand-chose à voir avec celle des religions, parce que non basée sur les mêmes fondements et qu’il est par nature totalement autre chose... c’est bien ce que révèle, d'ailleurs, en pleine lumière l’opposition de certains religieux au « mariage pour tous ».

 

Aussi, je me suis rallié à la nécessité et à la légitimité d’étendre le droit au mariage aux couples homos ; et je vais tenter de vous démontrer par les faits, rien que par les faits (car, vu le nombre d’arguties développé contre, juridique, philosophique, politique, linguistique, catastrophiste, ... cela nécessiterait trop de temps de les réfuter un par un), que les arguments qui s’opposent à cette loi sont dépourvus du moindre fondement réel.

 

 

À partir de quels arguments, peut-on vraiment discuter et réfléchir ?... 

 

Compte tenu des fondements religieux de beaucoup d’opposants, il faut commencer par évoquer le choquant « passage à l’acte  » de certains représentants du Livre, quand ils s’autorisent ex cathedra à dicter leurs lois aux hommes.

Il faudrait régulièrement rappeler à certains « théologiens », qu'en se mêlant de la loi laïque, ils enfreignent régulièrement 3 lois du Décalogue (et sont donc promis à la damnation) :

- Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face.

- Tu ne te feras point d'image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.

- Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l'Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent.

 

Si on considère que ces religions indiquent des chemins qui doivent conduire à la « libération » et que le sens des mots est symbolique ; alors, on peut comprendre ces lois, dictée par un « surmoi spirituel », ainsi :

- seule ma parole est vraie pour toi, (ton inconscient est unique, il n’appartient qu’à toi et n’a force de vérité que pour toi)

- tu ne retranscriras jamais dans la réalité ce que je te dis ; les choses de l’esprit doivent y rester, et ne doivent pas communiquer, ni influencer le monde matériel, (ton inconscient doit rester en toi, il n’a de valeur directrice que pour toi)

- tu ne devras jamais croire ou te mettre au service d’images ou de quelqu’un qui serait censé me représenter ; et si tu crois en quelqu’un ou quelque chose qui te dirait qu’il me représente, alors tu deviendras fou et tu rendras fou tes descendants... (te mettre au service et croire que quelqu’un d’autre que toi-même détient une vérité sur toi, est le plus sûr chemin pour te conduire à la folie et ton entourage avec toi)

 

À la lumière de ce que l'on sait des mécanismes psychiques, ça peut se traduire très simplement par : les pulsions et les fantasmes doivent restés à l'intérieur de nos pensées, jamais extériorisés ou matérialisés (sauf pour en faire de l'art, mais certainement pas une religion), et jamais on ne doit prendre ses pulsions et ses fantasmes pour des vérités universelles. Si tu te mets au service de ceux qui te disent ce que tu dois penser, ressentir et faire, ce seront forcément des imposteurs qui te rendront fou...

 

C’est cette analyse symbolique qui me conduit à penser que, tout humain qui voudrait faire une exploitation « terrestre » des lois de « Dieu » est en état de « péché mortel ». Matérialiser dans la réalité (la terre) un « Dieu », quelle qu’en soit l’origine, en faire une obligation pour tous et se prosterner devant sa représentation, est la pire transgression qu’on peut faire vis-à-vis de son Dieu...

Un enseignement d’une grande sagesse, si on le décrypte tel que maladroitement je vous le propose, qui nous aurait évité bien des procès en hérésie, des massacres, des tueries et des guerres... et pas seulement religieuses, politiques aussi, quand cette dernière devient une « religion »...

 

Bref, ce sont des commandements qui sont censés nous indiquer un chemin intérieur qui n'a aucune vocation à devenir la loi des hommes, ainsi qu'à nous protéger des « faiseurs de vérités » et de la folie. Ceux qui l'oublient nous démontrent tous les jours qu'ils ont besoin de se faire soigner... comme nous le prescrit très sagement la Bible, le premier manuel de psychopathologie symbolique que l'homme ait conçu....

 

À ma connaissance, ces commandements ont été très peu commentés par les théologiens et pour cause, sinon il faudrait avouer que les pratiques sont contraires aux enseignements, tandis que tout pouvoir temporel deviendrait injustifiable et même une hérésie.

On ne s’étonnera donc pas que tous les schismes religieux ou les accusations en hérésie, quels qu’ils soient, ont tous à la base des désaccords fondamentaux sur l’interprétation du « rôle » politique que devait jouer les religieux, et consécutivement à la représentation terrestre qu’il fallait donner à la « parole de Dieu ».

Cherchez bien, vous verrez que c’est le cas pour tous : les protestants, les cathares, les orthodoxes, les anglicans, ... mais aussi les ibadites, les soufis, et cetera... Cette « mésentente » sur la « représentation terrestre » est à la base de toutes les guerres, intra et inter, religieuses ; et on remarquera que les plus pacifistes et tolérants sont toujours ceux qui ont totalement dissocié pouvoir politique et spirituel... ça se vérifie toujours et partout.

 

Comparativement, quand on songe à l’attitude des bouddhistes qui ont parfaitement intégré la notion de Maya dans leur enseignement, qui exclut de convoiter ou revendiquer tout pouvoir temporel, on se dit que les autres ont encore bien du chemin à faire pour se comprendre eux-mêmes et pour s’expliquer, enfin, à quoi ils servent ; mais il est vrai que selon certains ce n’est « même pas » une religion...

On remarquera encore l’attitude extrêmement respectueuse des protestants qui ne mélangent pas pouvoir politique et religieux, tandis qu’à l’intérieur de cette église certains pétitionnent même pour le mariage pour tous ; mais il est vrai que cela fait longtemps que cette église ne croit plus à l’Immaculée Conception, à la transsubstantiation, à la sacralité du mariage, et autres « balivernes folkloriques » papales... Ceci expliquant peut-être cela... icon_wink.gif

 

Et ne voyez dans mes mots aucun mépris, d’autant que depuis toujours, je pense que les églises ont des fonctions symboliques importantes ; par exemple, comme nous le suggère Michel Serres : « (...) Depuis le 1er siècle après Jésus-Christ, le modèle familial, c’est celui de l’église, c’est la Sainte Famille. Mais examinons la Sainte Famille. Dans la Sainte Famille, le père n’est pas le père : Joseph n’est pas le père de Jésus. Le fils n’est pas le fils : Jésus est le fils de Dieu, pas de Joseph. Joseph, lui, n’a jamais fait l’amour avec sa femme. Quant à la mère, elle est bien la mère, mais elle est vierge. La Sainte Famille, c’est ce que Lévi-Strauss appellerait la structure élémentaire de la parenté. Une structure qui rompt complètement avec la généalogie antique, basée jusque-là sur la filiation : on est juif par la mère. Il y a trois types de filiation : la filiation naturelle, la reconnaissance de paternité et l’adoption. Dans la Sainte Famille, on fait l’impasse tout à la fois sur la filiation naturelle et sur la reconnaissance, pour ne garder que l’adoption.

L’église donc, depuis l’Évangile selon Saint-Luc, pose comme modèle de la famille une structure élémentaire fondée sur l’adoption : il ne s’agit plus d’enfanter, mais de se choisir. À tel point que nous ne sommes parents, vous ne serez parents, père et mère, que si vous dites à votre enfant « je t’ai choisi », « je t’adopte, car je t’aime », « c’est toi que j’ai voulu ». Et réciproquement : l’enfant choisit aussi ses parents parce qu’il les aime. (...) ».

Étonnant et savoureux, non ? Personnellement, c’est à cette symbolique-là (celle qui ouvre l'esprit) que je souscris et je me demande bien, pourquoi l’Église résiste depuis tant de siècles à sa propre parole et est aussi peu cohérente avec sa propre symbolique, dans quasiment tous les domaines...

 

Il est à noter que ce « déplacement fonctionnel » n’épargne aucunement les « sachants » et autres « scientifiques » qui se prévalent de leur « savoir » pour dire le bien et le mal...

Il en est ainsi, notamment de certains psychanalystes qui à partir de constats cliniques voudraient nous dire ce que nous devons faire... Une absurdité et un « abus de savoir » aussi peu pertinents et justifiables, que si - sous prétexte que la frustration est bonne pour la structuration psychique (effectivement, ça se démontre dans certains cas et contextes) - on avait répondu aux syndicalistes que leur droit à revendiquer et à s'associer, est un « mauvais » désir et qu'ils seront plus heureux en s'en privant... C’est tout simplement n’importe quoi, et plus grave, une façon de perpétuer des confusions de niveau qui n’autorisent aucun débat ; comme le démontrent si bien, les dialogues de sourd que toute « discussion », entre les pour et les contre « le mariage pour tous », provoque sur ce sujet.

D'ailleurs, si on étendait tout ce que la médecine sait aujourd'hui sur les comportements à risque, c'est dans un mélange de « 1984 » et du « Meilleurs des mondes » que nous vivrions aujourd'hui, et en tout état de cause dans un régime totalement totalitaire... et c'est bien dans le même type de régime que nous vivrions encore, si les religieux avaient encore le pouvoir politique en France (et est-il besoin de faire appel à l'actualité des pays musulmans, pour étayer ce constat ?)...

Alors pour ne pas se tromper de débat, il nous reste quoi ? La réalité, rien que la réalité, tel que je le propose dans ce qui va suivre... et tout devient beaucoup plus simple qu'on voudrait nous le faire « croire »...

 

En tout état de cause, on est bien dans un débat qui appelle de notre part des réactions émotionnelles et fantasmatiques ; vouloir régler cela par des dogmes, c’est tout sauf accepter de se confronter à « l’irréalité » de ses propres réactions... et dans bien des cas masquer sous de « belles paroles », ou en se cachant derrière des dires de « sachants », mal digérées, une homophobie foncière.

D’ailleurs, tout hétérosexuel avouera sans trop se forcer, que ça n'est pas « naturel », ni une évidence, compte tenu de notre culture, d'aller à l'encontre de ce que ses tripes pourraient réactivement lui dire... Ce doit même être un travail d'introspection important de comprendre que c'est rarement « l'autre » qui nous gêne, mais ce qu'il nous renvoie de nous, surtout dans tout ce qu'il peut réveiller comme « mauvaise image de nous », quelle qu'en soit l'origine ou la fixation...

 

 

L’ethnologie et l’histoire démontrent que le modèle hétérosexuel composé des géniteurs biologiques est un « quasi-mythe » 

 

L’histoire, c’est vraiment intéressant...

 

Savez-vous depuis quand les Occidentaux (pour les autres, je ne sais pas) savent comment on fait les bébés ?

C’est seulement en 1875 (!!!) qu’Oscar Hertwig déduit de ses observations qu’il faut un ovule et un spermatozoïde pour créer un enfant... Avant lui, circulait tout un tas de théories plus fumeuses, les unes que les autres (notamment celles de la création spontanée, puis des ovistes, puis des animaculistes, ...), qui n’intégraient l’action et la responsabilité du mâle que de manière totalement accessoire, et absolument pas déterminante (sauf pour les animaculistes, théorie tardive ayant précédée de peu la bonne découverte)...

Donc, toutes les théories qui fondent la légitimité du mariage sur l’organisation de la filiation génétique ne tiennent pas deux secondes à l’épreuve des faits, puisque notre organisation sociale, sur ce sujet, n’est historiquement absolument pas une conséquence de nos connaissances biologiques ! En effet, on ne peut pas soutenir que le mariage organisait la filiation biologique, puisque ça n’existait tout simplement pas dans l’imaginaire commun (le mâle n’était même pas intégré dans le processus de procréation), et encore moins scientifiquement...

J’en entends déjà certains qui vont me soutenir « qu’inconsciemment », on devait bien savoir comment on faisait les bébés... Mais non, même pas ! Les données ethnologiques s’y opposent (nous verrons ça, plus tard) ; de même qu’au cours des siècles passés, jamais l’éventuelle stérilité du mâle n’a été une cause possible de la non-fertilité du couple... La meilleure preuve, c’est que quand il n’y avait pas d’enfants, on changeait de femme... et on se doute bien que statistiquement (13 % des femmes infertiles pour 20 % des hommes), il y a eu de « vrais miracles » (avec l’aide de quelques « agents extérieurs » icon_wink.gif), pour que certains mâles qui pendant plusieurs années ne réussissant pas à avoir d’enfants, se mettent, tout à coup à en avoir spontanément des flopées, en changeant ou pas de femme icon_wink.gif... Bref, une sorte de ¨PMA avant l’heure...

 

L’humanité a donc vécu très longtemps en ignorant totalement le processus réel de procréation, tandis que l’autorité du père n’était absolument pas reliée à sa responsabilité biologique puisqu’on l’ignorait ; pire, on pensait que le mâle n’avait pas grand-chose à voir dans « l’apparition » des enfants... 


De plus, les arguments sur la filiation qui tendraient à vouloir s’opposer à l’homoparentalité sous prétexte que l’enfant « doit savoir » d’où il vient, oublient encore que, jusqu’à une époque récente, la sexualité était un sujet tabou, et qu’on racontait à peu près tout et n’importe quoi aux enfants : qu’ils étaient issus d’un chou, d’une rose, que c’était la cigogne qui les avait déposés... sans, qu’à ma connaissance, ça n’ait créé plus de polytraumatisés psychologiques que cela, à part moi, bien sûr icon_lol.gif...

Les premiers cours d'éducation sexuelle à l'école (facultatifs à l’époque et toujours avec le consentement des parents) datent de 1973 ; et encore, je me souviens également que certains profs en parlaient de façon anatomique, sans jamais parler de l'acte... et il fallait être bien curieux ou imaginatif, pour comprendre comment le spermatozoïde arrivait à l’ovule.... On n’oubliera pas l’opposition de certains religieux à l’époque à ce type d’enseignement, sans oublier qu’aujourd’hui encore dans certains pays, c’est pas gagné ; et je me demande bien comment l’Église réconcilie son exigence « de vérité » avec son opposition historique, ou encore actuelle, à la dire aux enfants icon_rolleyes.gif....

 

Cependant, je ne suis pas sûr qu’on ne se réinterrogera pas un jour sur les problèmes que pose le fait de « tout dire » aux enfants à propos de la sexualité et de leur origine. Je ne suis pas sûr que ce soit vraiment « mieux » aujourd’hui, quand on constate les ravages psychiques que la sexualisation précoce produit sur les enfants, et/ou que les générations qui arrivent apprennent « comment on fait » en visionnant des films pornos. À mon avis, nous allons bientôt découvrir de nouvelles pathologies névrotiques, consécutives à ces connaissances précoces... Et je ne suis pas sûr, alors, qu’on ne redécouvrira pas les « bienfaits » de maintenir, sauf demande exprès des enfants, un certain mystère sur les origines de leur vie.... Mais, c’est un autre débat...

 

 

L’ethnologie aussi, c’est vraiment intéressant...

 

Depuis la nuit des temps, le culte de la « naturalité », fondé sur les parents biologiques, ne correspond à rien de ce que l’humain a mis en pratique au niveau des organisations sociales... Mais, bien évidemment, dès qu’il s’agit de donner aux homos le droit de devenir parents, c’est à cet argument sans fondement historique que les opposants se réfèrent pour dire ce qui est « bien ou mal » pour l’enfant... C’est d’une mauvaise foi sans fond...

Depuis toujours et encore aujourd'hui, comme l’a démontré Claude Lévi-Strauss, de nombreuses cultures ne placent absolument pas le père et la mère biologique au centre des responsabilités éducatives de l'enfant, sans que ça n'ait produit plus que cela de problèmes.

Dans sa thèse sur « Les structures élémentaires de la parenté » :

- il distingue « état de nature et état de société » en démontrant qu'il existe moult modèles qui fonctionnent très bien en ignorant totalement les « lois naturelles » ;

- il conclut : « Aucune place, dans ces structures collectives, même pour une esquisse de ce qu'on pourrait appeler le modèle culturel universel : langage, outils, institutions sociales, et système de valeurs esthétiques, morales ou religieuses... »...

Donc, on ne peut pas corréler le développement d'une société et sa continuité sociale, avec un quelconque modèle familial, qui est aussi divers et a pris des formes aussi variées que les combinaisons interhumaines le permettent.

 

Surtout, les constats de Lévi-Strauss nous conduisent à comprendre que seuls les interdits et tabous sont fondamentaux dans la structuration psychique et ce quel qu’en soit l’objet... L’interdit de l’inceste est consécutif à l’organisation familiale, quelle que puisse en être sa forme, pas à la filiation biologique. Les « éléments psychiquement structurants » se situent dans les interdits, quels qu'en soient les objets et pas dans la forme du groupe social...

 

On a longtemps cru (et moi le premier, notamment à cause de la mésinterprétation symbolique des thèses de Lacan sur la forclusion du nom-du-père) que l'absence de père dans les cellules familiales était une cause des problèmes de certains mômes et adultes... Mais en réalité ce n'est pas précisément l'absence d'un père qui produit les problèmes, mais l'absence « d'autorité ». N’importe qui ou quoi - qui incarne et donne, des cadres, des limites, les interdits et l'amour - peut exercer cette fonction du « père »... et aucun environnement, fut-il celui des « parents biologiques », ne protège à coup sûr de ce genre d’absence éducative.

En interprétant les problèmes à un niveau « réel » au lieu du symbolique, ceux qui ont mal compris Lacan ont fait beaucoup de dégâts... et c’est sur les mêmes fondements biaisés que les opposants au mariage pour tous se basent aujourd’hui pour monter au rideau à la simple évocation de l’homoparentalité.

La culture des Moso (Cf. le lien ou ce documentaire) est assez signifiante, pour démontrer que la structure parentale est secondaire. C’est une millénaire société matrilinéaire (en extinction), sans mariage et sans (re)connaissance du père, où, quand il n'y a pas d'oncle, l'autorité parentale est exercée, sans partage, par les seules femmes... L’interdit de l’inceste est très fort dans les fratries, la jalousie est un péché, tandis que la liberté sexuelle en dehors de la fratrie est la règle... Presque le « paradis » pour les hommes qui voudraient vivre dans l’irresponsabilité la plus totale icon_wink.gif ; et en tous les cas, une étonnante « familiarité » avec ce que la libération des mœurs a produit depuis 40 ans, dans nos pays occidentaux... Et à ma connaissance, ces enfants et adultes, ne souffrent pas plus que d’autres de troubles psychologiques ou de psychoses...

 

Confondre les effets avec la cause, c’est toujours ce qui nous conduit à des conclusions hâtives, qui ne tiennent pas compte des réalités...

Il ne faut pas confondre l'organisation familiale avec la structure psychique qu'elle produit. On sait depuis plus de 60 ans (souvent sans vouloir le savoir) que ça n'a pas grand-chose à voir, tant que les « fonctions structurantes » sont présentes sous une forme ou une autre... À l’évidence, en aucune manière être né dans une famille hétérosexuelle de parents biologiques, ne garantit plus que dans d'autres modèles que ces « fonctions structurantes » seront présentes...

 

En réalité, on comprend bien qu’on est en train de faire aux homos le même type de procès d'intention et en incompétence parentale, que l'on faisait aux mères célibataires, il y a encore 30 ans...

 

 

Normalité et anormalité, deux concepts à géométrie variable... 

 

Il y a une chose qui me parait très étonnante, c'est le décalage qui subsiste entre la loi et la réalité des pratiques ; mais tout autant, et peut-être même plus, entre les fantasmes, le surmoi et la réalité des pratiques... ou autrement dit, entre ce que notre pensée continue à imaginer comme « normal », alors que la grande majorité des pratiques est « anormale »...

Entre le « dire » et le « faire », il y a déjà un gouffre qui permet aux églises d'avoir longtemps abrité et protégé dans leur sein des pratiques dénoncées dans leurs paroles et par leurs « lois » ; mais, il y a en plus un imaginaire collectif (fantasmatique) totalement déconnecté des réalités vécues... parce que c'est quoi, concrètement, cette « majorité » qui se prévaut d'un « modèle universel », pour justifier de combattre le mariage pour tous ? Un petit tour d’horizon s’impose...

 

De mémoire approximative (chiffres de l’Insee et autres études), petits rappels de quelques segmentations sociologiques :

- de 1 à... 10 % (selon les études) des personnes assumeraient leur homosexualité en France ; et l'impossibilité d'avoir des chiffres incontestables, semble aussi difficile que de classer la sodomie hétérosexuelle (pratique très en vogue), comme une variante « normale » de cette même sexualité ; et surtout, ne dites pas à un hétérosexuel, qui aurait ce type de pratiques, qu’il vit un fantasme homosexuel, vous vous exposeriez immédiatement à un déni ;

- 10 % des pères élèveraient, sans le savoir, des enfants qui ne sont pas d’eux (pour l’anecdote : sur un forum, j’ai dû préciser à une « bigote » - qui ne comprenait pas comment on pouvait avancer ce chiffre, puisque les pères sont dans l’ignorance - qu’on obtient ce chiffre en interrogeant les mères, qui en principe, savent toujours elles, avec qui elles ont procréé... quoique... icon_wink.gif) ;

- 40 % des personnes vivraient seules ou en famille monoparentale (plus de 50 % en IDF) ;

- 35 % des personnes vivraient en couple « recomposé », marié ou non, avec enfant ou pas ;

- seules 25 % des personnes vivraient en couple marié, « depuis toujours » ; mais on ne nous détaille pas pour cette dernière segmentation, le nombre de personnes qui s'accordent des « extras » extra-conjugaux, assumés ou cachés ; et s’ils ont des enfants ou pas, à l'intérieur ou en dehors de leur mariage ;

- tandis que toutes les études tendraient à démontrer que l'épanouissement d'un enfant, sa capacité à être heureux et équilibré, ne dépend nullement des segmentations ci-avant énoncées...

 

Bref, nous continuons à avoir des lois qui ne tiennent aucun compte des réalités de vie, mais plus grave encore, nos imaginaires continuent à fonctionner sur des modèles qui n'existent plus, ou du moins qui ne sont plus que des minorités : le couple, le prince charmant, la princesse charmante... et toutes ces « fadaises » imaginaires et fantasmatiques qui nous ont permis, soi-disant, de nous structurer...

Aussi, tous ces procès d'intention sur le devenir et les raisons de cette loi sont vraiment suspects et procèdent plus d'une vision imaginaire et égocentrée de la « norme » que des réalités historiques vécues et de ce que nous disent les sciences sociales...

 

« Nos » réalités largement majoritaires devraient donc nous pousser à faire en sorte que nos lois représentent et s'adaptent à ce que nous sommes (dans la limite des interdits fondamentaux)...

Hé bien non, 25 % des personnes continuent à dicter leur modèle, soi-disant exclusif, à 75 % des autres. Pire, alors même que nos réalités nous démontrent tous les jours, que nos imaginaires sont restés bloqués à des stades évolutifs primaires, en continuant à fonctionner sur des modèles minoritaires, il y a assez peu de gens au final, pour réellement militer pour qu'on foute la paix aux gens qui veulent vivre « différemment des autres »...

Et c'est là que l'expression « différemment des autres » ne manque pas de piquant, parce qu'actuellement ce sont les couples hétérosexuels mariés depuis toujours qui constituent une exception et une « anormalité »... Je propose d'ailleurs que nous les parquions dans des cités, où ils pourraient vivre entre eux, bien à l'abri des tentations de notre société ; sans oublier qu'ils pourraient faire appel à toutes sortes de soutiens médico-psychologiques pour assumer leur différence, ou devenir, enfin, comme « tout le monde »... Je plaisante bien sûr... quoique... icon_wink.gif

 

À l’évidence, il y a des domaines sombres de la psyché humaine qui nous poussent à continuer à « croire », alors même que nos réalités nous démontrent perpétuellement que nous avons tort... Je pense que pour le mariage homo, la PMA, la GPA et toute sorte d'autres problèmes soi-disant éthiques, nous sommes en plein dans cet imaginaire qui freine des quatre fers, alors même que nous vivons des réalités qui devraient dissoudre ce que nous continuons à fantasmer...

 

 

La réalité contre les croyances...

 

La réalité contredit les croyances et les préjugés sur l’éducation homoparentale...

 

À ma connaissance, seules deux grandes études sont disponibles, pour évaluer les éventuels problèmes que les modifications de schémas parentaux, consécutifs à l’homosexualité, produiraient :

- Homoparentalité état des lieux : une étude faite par des homos pour des homos qui souffre probablement d'une objectivité discutable et peut-être de nombreux biais... Mais pourquoi remettre a priori leur parole en doute ? Pour faire une analogie qui vaut ce qu'elle vaut et qui est de très mauvais aloi icon_rolleyes.gif : est-ce qu'un chercheur cancéreux ne peut pas proposer une étude objective sur sa propre maladie ? Est-ce qu'être un grand névrosé a empêché Freud et beaucoup d'autres psys de faire avancer les psys ? Donc, même si cette étude pourrait être contestable d’un point de vue méthodologique, elle n’en conclut pas moins que : « La tendance générale est qu'il n'y a pas de différences massives entre les enfants élevés dans des familles homoparentales et les autres ».

- L’étude de Mark Regnerus (US) sur les enfants ayant eu un parent homosexuel : une « étonnante » étude mise en avant par les opposants à l’homoparentalité pour nous dire que les enfants de parents homos ont plus de problèmes que les autres. Sauf que celle-ci est hors sujet, parce qu'elle n'explore pas la segmentation des couples homoparentaux avec enfant(s), mais celle des parents ayant changé d'orientation sexuelle « en cours de route », conduisant à des couples désunis... Les mises en garde et réserves que font les producteurs de cette étude à ce propos, sont d'ailleurs très claires et honnêtes... Mais surtout cette étude tendrait à démontrer, qu’il « vaut mieux être riche et en bonne santé, que pauvre et malade » ; car le fait qu'on rencontre plus de problèmes observables chez les enfants de couples désunis n'est vraiment pas un scoop... Il est d'ailleurs probable que cette étude aurait donné les mêmes types d'écarts, avec les couples désunis tout court, sans changement d'orientation sexuelle. De même, on pourrait probablement trouver également des écarts entre les riches et les pauvres, ou en fonction du niveau d'instruction des parents, ou en fonction du type de mariage (selon les 3 régimes possibles : communauté universelle, réduite aux acquêts ou en séparation de biens)... et tant d'autres « inégalités ou différences » devant la vie... Il y a même une très « sérieuse» (Sic !!!) étude américaine qui corrèle la réussite scolaire de l'enfant avec le prénom donné par les parents (rapporté dans « Freakonomics » de S.D. Levitt et S.J. Dubner) !!!...

 Addendum : Après avoir écrit ces lignes sur l’étude de Regnerus, je suis tombé par hasard sur une communication du Social Science Research (la revue qui a publié cette étude) qui après la levée de boucliers de 200 spécialistes, a fait effectué un audit par Darren Sherkat (qui est membre de son Bureau éditorial)... Ses conclusions (publiées dans le n°41 de la revue) sont sans appel : il conclut que l'article de Regnerus est très faible au niveau scientifique, et n'aurait jamais dû franchir la barrière d'un comité de lecture professionnel et compétent...

 

Non accessoirement, on a également le recul de pays ou d'États (pour les USA) où l'adoption par des homos est légale depuis plus de 10 ans maintenant, ainsi que la PMA et/ou la GPA (tandis qu'en France ça existe tout autant, mais de manière cachée)... et je n'ai pas l'impression que ces pays aient envie de revenir sur cette mesure, ni même que les « enfers » prédits par les anti-mariages pour tous se soient réalisés...

Aussi, comme nous le rappelle si bien Élisabeth Roudinesco (dans un article : « Indigne psychologie de bazar ») : « (...) Comment osent-ils aller à l’encontre de toutes les études sociologiques qui montrent que, depuis des décennies, les enfants élevés par des couples homosexuels ne sont pas très différents des autres enfants, et surtout que ce dont ils soufrent ce n’est pas de l’homosexualité de leurs parents, mais du regard que portent sur eux, à l’école ou ailleurs, ceux qui cherchent à les stigmatiser. (...) »

 

Au final, très concrètement, il n'y a rien qui puisse démontrer que les enfants de couples homos pourraient être plus « tarés », plus en difficultés, ni même plus homos que la population générale... Une démonstration in vivo de plus (si besoin en était), que les chemins symboliques des structurations psychiques empruntent des détours qui ne sont pas consécutifs à l’identification parentale ou au schéma familial ; ce que l'on savait, déjà compte tenu du nombre d'enfants qui sont devenus hétérosexuels et sans problèmes notables, malgré la privation de figures parentales distinctes : orphelins, divorcés, et autres... D'ailleurs, si le modèle hétérosexuel biologique était si fondamental que ça pour produire des enfants hétérosexuels et sans problèmes, je me demande bien pourquoi, il a généré tant d'homos, de névrosés, de psychotiques... et de familles « de Villiers »...

L'imaginaire et les constructions fantasmatiques suivent des sentiers qui n'ont pas grand-chose à voir avec la réalité... sauf en cas d'évènements traumatiques... mais là, ça ne dépend aucunement de l’orientation sexuelle des parents...

J’oserais même faire l'hypothèse que les enfants d’homos sont ou seront plus épanouis que les autres, si on arrête de les stigmatiser et qu’on les intègre dans le cadre de la loi. Pour une raison simple : c'est une question et une responsabilité tellement importante que d'avoir un ou des enfants pour des homos, que je les soupçonne, d’avoir quelque peu plus explorer leur désir, et surtout d'être qualitativement plus conscients et informés des besoins des enfants, par rapport à n'importe quel hétéro qui se retrouve parent, « parce que c'est ainsi », sans vraiment l’avoir choisi et juste parce qu’il répond à des atavismes millénaires... Mais, ce n'est qu'une hypothèse...

 

Personnellement, il n'y a que les faits qui m'intéressent et il faudrait que les « anti-mariage pour tous » m'apportent des éléments un peu plus probants que des croyances ou des préjugés ou même des extrapolations « théoriques », pour que ça infléchisse ce que je pense.

En attendant, je fais confiance à ce que je vois et à ceux qui m'entourent. Si j'avais pu constater parmi les couples homos, que je connais, que leurs mômes développent plus de « pathologies » spécifiques et à une fréquence plus significative, par rapport à ceux qui sont dans d'autres situations familiales, je serais le premier à m'y opposer... mais comme ce n'est pas le cas, je « nous » fais confiance pour que le « chaos » prédit par les « anti-mariage pour tous » ne devienne jamais une réalité.

 

 

Des fantasmes, toujours et encore, sur la PMA et la GPA...

 

J’ai lu des choses tellement irréelles sur les forums que les bras m’en sont tombés à plusieurs reprises (si, si, c’est possible icon_wink.gif). Par exemple, beaucoup pensent que les homos se reproduisent forcément et majoritairement par PMA et/ou GPA, et que cela va produire une marchandisation des corps, et/ou une inégalité entre ceux qui pourront payer et les autres...

Une vision totalement à côté de la plaque par rapport aux pratiques... La plupart, qu’ils soient hommes ou femmes, partagent avec d’autres homos leur parentalité, et s’arrangent totalement « artisanalement » quand ils ne souhaitent pas de rapport hétérosexuel pour procréer. Il y a même des sites dédiés pour ça, comme : co-parents.fr ; où se retrouvent d’ailleurs également des hétérosexuels qui veulent être parents sans vivre en couple, ou des hommes qui veulent simplement donner leur sperme... Et il me semble assez évident que l’absence de propositions de GPA n’est due qu’au fait que c’est interdit actuellement en France. Une étrange dissociation du droit qui autorise pourtant à peu près tous les autres « dons » ou pratiques qui peuvent s’insérer dans nos vides juridiques....

La seule « inégalité » qui subsiste est celle concernant les homos hommes... Dans le cas, où ils ne souhaiteraient pas de coparentalité avec une ou des femmes, ils sont bien obligés de passer par la GPA... C'est le seul cas de figure qui peut poser problème, tous les autres arrivent quasiment toujours à trouver des solutions « artisanales », soit pour partager la parentalité, soit en faisant appel aux « dons »... et je me demande bien combien de temps la France pourra résister à la « location des corps » ou au don qui se pratique dans d’autres pays... en maintenant un droit « schizophrénique », qui par principe, refuse de retranscrire l’existence de ces enfants issus de GPA dans le registre d’état civil, les laissant sans existence légale sur notre sol et sans autorité parentale officielle pour le conjoint homo...

J’ai un « drôle » de sentiment sur cette situation, elle me rappelle tragiquement celle des enfants juifs cachés pendant la dernière guerre... à une différence notable il est vrai, c’est que ces enfants d’homos ne risquent pas la mort réelle, juste celle du néant légal ; sans oublier les tracasseries administratives sans fin pour les parents adoptifs...

Une bizarre conception de l’égalité et de la cohérence des droits, où sous prétexte que l’acte initial étant illégal, on prive ceux qui n’y sont pour rien, les enfants, de toute existence légale en France. Il faut être cohérent, soit on met les parents en taule et ces enfants dans des orphelinats, soit on accepte simplement que la parentalité civile est un fait intégrable dans notre droit.

Mais, on ne reste pas le « cul entre deux chaises » en refusant l’inscription sur les registres d’état-civil et de nationalité français sous prétexte que l’enfant a déjà un état civil aux USA, tout ça pour que l’État ne se rende pas complice d’un acte illégal, qu’il n’est pas en mesure de sanctionner par ailleurs... À l’évidence, ça n’est sûrement pas pour rien que Tartuffe a été pensé et créé en France...

 

 

Des solutions légales simples...

 

Parmi les bêtises lues, une « préoccupation » m’a fait tomber les derniers bras qu’il me restait... Celle d’une exigence de vérité sur les origines. Comme si les enfants d'homos ne savaient pas qu'il existe d'autres orientations sexuelles et d'autres modèles que ceux de leurs parents civils, ni comment ils sont arrivés sur terre... Comme si les couples homos allaient mentir à leurs mômes en leur faisant croire qu’ils sont issus biologiquement de leurs rapports homosexuels... icon_eek.gif icon_rolleyes.gif

Cependant, bien qu’on ne puisse pas prouver que vivre dans le mensonge ou l'ignorance, sur ce sujet-là, serait plus pathogène (Cf. : le chapitre historique et ethnologique), c'est bien évidemment plus simple de vivre dans la « vérité ».

 

Caroline Fourest a fait (ou repris, je ne sais pas à qui) une proposition très simple à ce sujet, frappée du bon sens et à laquelle j’adhère totalement, tant elle permet de régler également beaucoup de problèmes pour les hétérosexuels, notamment pour les adoptions et les beaux-parents : celle de distinguer sur l'acte de naissance et l'état civil, les parents biologiques des parents civils !

 

Cette simple proposition, applicable également aux hétérosexuels, mettrait fin à tous les fantasmes délirants, et autorise une vraie évolution du droit qui pourrait, enfin, s’adapter aux réalités.

Elle donnerait l’autorité parentale aux seuls parents civils, et priverait les parents biologiques de tout droit non revendiqué. Elle autorise la formalisation de quasiment toutes les combinaisons parentales que nous connaissons aujourd’hui, même celle où l’enfant aurait quatre parents (s’il est issu de la coparentalité biologique de deux couples homos mariés) ; l’âne et le bœuf restant, en tout état de cause, exclus de la possibilité d’être parents icon_rolleyes.gif, mais pas les beaux-parents, homos ou pas...

En plus, elle permet (enfin !) de donner aux hommes les mêmes droits qu’aux femmes de ne pas avoir d’enfant. De la même façon, qu’une femme a le choix de ne pas garder un enfant, il serait temps de donner ce même droit aux hommes... Actuellement, un homme ne peut pas obliger une femme à avorter, ce qui peut se comprendre ; sauf que certains sont « condamnés » (parfois des années après un rapport ou une relation d’un soir) à payer des pensions alimentaires pour des enfants qu’ils n’ont pas désirés, juste parce que des femmes ont décidé seules de garder l’enfant et gagnent quasiment systématiquement leur procédure en reconnaissance de paternité...

Une vraie injustice et inégalité qui n’émeuvent pas grand monde, même si elles s’assoient sur toutes nos lois concernant les vices du consentement.

 

Cette distinction juridique, entre parents biologiques et civils, permettrait d’entériner et de reconnaître des situations de fait, sans léser personne, et en respectant la « vérité » relationnelle et procréative, ainsi que d’introduire une gradation des responsabilités et des autorités, conforme à la réalité (un parent biologique et civil aurait priorité sur le simple civil qui aurait priorité sur un biologique non revendiqué, en cas de divorce dans un couple homo, mais aussi hétérosexuel).

Un père ou une mère biologique pourrait refuser préalablement toute revendication civile, sur son « don » ; de même qu’un père, mis devant le fait accompli de sa paternité, pourrait refuser la responsabilité civile, sans pourvoir s’opposer à la réalité biologique... Et si on examine à la lumière de cette proposition tous les cas à peu près possibles, je trouve que cette solution répond extrêmement bien et de façon très pertinente au soi-disant « casse-tête » des origines, des responsabilités et des devoirs... D’autant, qu’elle oblige les parents à se poser préalablement les questions : Est-ce que je veux ou pas de cet enfant ? Et dans quel cadre, j’accepte qu’il naisse ?

Une réponse simple pour une situation compliquée, c’est tout ce que j’aime...

 

 

Pour conclure... sûrement provisoirement...

 

Malgré tous ces développements, j’ai bien peur qu’ils ne convaincront pas ceux qui s’opposent encore au mariage pour tous. C’est ainsi, on ne peut pas convaincre un croyant que sa foi est irrationnelle... tout comme on ne peut pas convaincre un dépressif qu'il n'a aucune raison de se sentir mal, ou encore un phobique qu'il n'a aucune raison d'avoir peur... c'est le même phénomène pour ce soi-disant « débat »...

J’aime à répéter ce que Paul Watzlawick nous dit dans « La réalité de la réalité » : « L'élément le plus meurtrier de l'histoire de l'humanité est sans doute l'illusion d'une réalité "réelle" avec toutes les conséquences qui en découlent logiquement. » ; et en l’occurrence dans ce débat, force est de constater que les opposants prennent leurs fantasmes pour la réalité.

 

Je pense que la société ne perd jamais au change quand la loi reconnaît des droits qui permettent à des segmentations sociales, si elles respectent par ailleurs tous les cadres et interdits sociaux, de sortir de la marginalité de leur « différence »... Les serfs, les bourgeois, les esclaves, les femmes, et beaucoup d'autres ne s'en souviennent plus aujourd'hui, mais ils sont restés de nombreux siècles sans droits et différents par rapport à ceux qui en avaient, à tel point que certains n’ont même pas eu « d’âme » pendant des siècles... Continuer à laisser les homos dans la marginalité de la loi, et les laisser faire leur vie en dehors du cadre commun, est tout sauf une façon d'avoir avec eux les mêmes exigences qu'on est légitimement en droit d'attendre, notamment par rapport aux enfants...

 

Les opposants, pour ne pas être taxés d’homophobie, mettent volontiers en avant, sans aucun fondement réel, le souci de l’avenir des enfants. Mais qui se soucie le plus de ces enfants ? Ceux qui veulent les laisser dans la marginalité ou ceux qui pensent que leur donner un statut légal est plus important que tout ?

C'est parfois compliqué de gérer une « différence », c'est encore plus compliqué quand la société vous abandonne dedans et ne vous donne aucune existence légale. Je pense que la loi, celle qui est au-dessus de tous, doit donner à tous les parents, fussent-ils civils, et tous les enfants, fussent-ils à moitié ou totalement adoptés, le droit d'être « comme tout le monde ».

Personnellement, je ne me fous pas que ces enfants (qui existent déjà et qui sont de plus en plus nombreux) continuent à n'avoir aucune reconnaissance légale de leurs liens affectifs, ni de leur origine ; et c'est exactement dans ce no man's land, en dehors des lois communes, que voudraient les laisser ceux qui s'opposent au mariage pour tous.

 

En tout état de cause, tous les arguments contre ne sont que des fantasmes, rien que des fantasmes, rationalisés plus ou moins intelligemment, par des gens qui pensent défendre des valeurs, alors qu’ils ne font que démontrer qu’ils tiennent plus à leurs « croyances » et à leur imagination qu’à la réalité du monde tel qu’il est.

Il serait temps que les hommes cessent de confondre imaginaire, fantasme et réalité... combien de générations encore, pour y arriver ? Combien de durs et vains combats encore pour que les humains apprennent à vivre avec le principe d’incertitude et l’amour des « différences » ?... Des combats millénaires qui n’ont pas fini de nous occuper...

 

 

 

P.-S. 1 : Désolé de vous avoir infligé tant de mots, qui doivent probablement se répéter, ou paraître des évidences pour beaucoup... Je ne sais pas faire plus court sur les sujets complexes... qui recouvrent pourtant des simplicités évidentes... parce ce que de quoi on parle, en fait ? D’amour, juste d’amour, et de ses innombrables formes, sur lesquelles personne ne détient de « vérité »...

 

P.-S. 2 : Restez calme sur les commentaires, sinon je censurerai sans état d’âme...

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 22:40

  Première date de publication : 07/01/2013

Date de la dernière mise à jour : 07/01/2013

 

 

Bien évidemment, vous connaissez tous cette loi, maxime, proverbe, jurisprudence qui est un des fondements de notre droit civil. Cependant, avez-vous déjà réfléchi à toute la portée de cette quasi-loi ? Qui, à l’évidence, est tombée dans les oubliettes de nos procédures juridiques...

Qu’est-ce qui se passerait, si nous appliquions à la lettre et dans toute sa rigueur, ce principe fondateur de notre jurisprudence ?

Dans la série, comment notre droit recèle déjà toutes les solutions à nos problèmes, un tout petit tour d’horizon s’impose....

 

 

Deux exemples, pour comprendre... 

 

L’agriculture néo-zélandaise

 

On cite toujours le modèle agricole néo-zélandais comme une réussite totale du système « libéralisé » à outrance. En effet, depuis 1984, l'État ne verse plus un centime de subvention au secteur agricole ! Après quelques années difficiles de restructuration, où « les gros ont mangé les petits », ce secteur est, cependant, redevenu florissant, excédentaire au niveau de sa balance commerciale, a fait de considérables gains de productivité, a créé des emplois, et, « cerise sur le gâteau », permet aux paysans de vivre très honorablement de leur travail sans plus rien demander à personne ; au point que plus aucun paysan ne songe à faire machine arrière. Magnifique, non ? Et tous les « néolibéraux » de citer cette réussite, comme un exemple édifiant du fait que l’éviction de l’État des circuits économiques et la dérégulation ont démontré que leur « théorie » de la « libre concurrence » fonctionne pour booster l’économie... C’est cela, oui... 

Sauf que, comme dans toutes les « démonstrations » idéologiques (sans exception), ils « oublient » toujours de nous préciser pourquoi, cela a aussi bien fonctionné et le contexte particulier de cette « réussite »... En réalité, le facteur déterminant est que les agriculteurs se sont organisés (trois grandes coopératives pour tous), pour se passer totalement de tous les intermédiaires !!! Au point qu'ils ont créé et détiennent eux-mêmes, par l’intermédiaire de leurs coopératives, leur industrie de transformation et leur réseau de commercialisation...

C'est sûr que vu comme ça, quand on tient tous les bouts de la chaîne - prix aux producteurs, transformation, distribution, commercialisation et même les traders qui travaillent pour eux au niveau international - ça ne peut aller que beaucoup mieux, puisque toutes les VA (valeur ajoutée) produites retournent à leur origine première, c'est-à-dire au producteur... Une « drôle » de conception de la libre concurrence et du libéralisme, vous ne trouvez pas ? Et personnellement, c'est celle que j'aime...

 

J’attends qu’un « néolibéral » vienne m’expliquer, où il voit de la « libre concurrence » dans ce système qui ressemble plus à une organisation en monopole ou à une entente, en principe illicite, qu’à une soumission à la « loi des marchés ».

Nos timides AMAP font vraiment piètre figure ; du bricolage et de l’amateurisme, comparé à ce système généralisé à tout un secteur productif d’un pays...

 

Par comparaison dans notre filière agricole, on trouve quoi ? Un tas d’intermédiaires - notamment, les industriels de l’agro-alimentaire et les centrales d’achat des grands groupes de distribution (qui trustent 80 % des volumes, alors qu’ils ne représentent que 3 % des intermédiaires) - qui tiennent les deux bouts de la chaine : le prix proposé aux producteurs et le prix payé par le consommateur... Et dans cette « chaîne », ce sont les seuls qui ne perdent jamais, tandis que les producteurs et les consommateurs subissent, sans pouvoir agir, la « loi du marché », en réalité dictée par les intermédiaires... Où est la libre concurrence là-dedans ? Puisque les centrales d’achat, par les volumes qu’elles trustent, ainsi que leur contrôle des circuits de distribution, empêchent l’émergence de tout autre circuit d’approvisionnement des consommateurs... L’exact contraire du modèle néo-zélandais qui autorise les producteurs à faire toujours mieux, puisque leurs efforts ne peuvent être que récompensés, et dont la production est réellement régulée par la demande directe, sans spéculation, ni manipulation des intermédiaires !

Mais, je pense que vous avez compris, maintenant, que c’est très différent d’avoir un système productif tributaire et organisé autour des producteurs, comparativement au nôtre, où seuls les intermédiaires dictent leur « loi » à tous : producteurs qui crèvent ou qui pleurent, ainsi qu’aux consommateurs, qui payent par leurs impôts les subventions des VA absorbées par les intermédiaires, que ne verront jamais les producteurs... Dans tous les cas, les intermédiaires n’y perdent jamais : si la demande baisse, ils demanderont aux producteurs de baisser leurs prix, au besoin en les mettant en concurrence avec des paysans encore plus misérables que les nôtres ; si la demande augmente ou que les sources d’approvisionnements sont en pénurie, ils augmenteront le prix à la consommation... une étonnante « régulation naturelle » des marchés que personnellement j’appellerais plutôt un « racket organisé »...

Ce qui reste étonnant, c’est que l’État (comme les producteurs et les consommateurs, d’ailleurs) accepte ces états de fait comme « normaux ». Pire, les citoyens financent par l’impôt les VA captées par les intermédiaires et qui ne retournent pas aux producteurs, sans jamais remettre en cause ce système pervers qui fait de tous ceux qui bossent des « assistés », pour le seul profit de quelques-uns... Y a vraiment des baffes qui se perdent, pour ne pas dire des guillotines, parce que pendant ce temps-là nos agriculteurs continuent à représenter une des segmentations sociales qui se suicide le plus...

 

 

Le marché immobilier français...

 

Vous trouverez sur le Net et ailleurs, plein d’analyses « pertinentes », sur l’exception française en matière d’immobilier (il vous suffit pour cela de taper dans votre moteur de recherche « immobilier exception française »)... Les prix de l’immobilier s’effondrent à peu près partout dans le monde, mais, nous continuons à maintenir des niveaux de prix qui permettent à un Parisien de s’acheter un quatre pièces à Berlin, pour le prix d’un studio à Paris... tandis que le niveau des loyers du secteur libre rend inaccessible le logement parisien, si on n’a pas au moins un salaire de cadre, alors que les loyers libres berlinois continuent à être 4 fois moins chers qu’à Paris... Et on se demande bien comment avec un indice du coût de la construction à 1 648 € (une sorte de moyenne des prix à la construction du neuf, justement hors « intermédiaires » et terrain), le mètre carré parisien peut se vendre 4 à 15 fois cet indice, ou encore comment des loyers dans des bâtiments qui ont déjà été amortis 5 à 10 fois peuvent atteindre de tels sommets... Vous trouverez toutes sortes d’explications sur ces phénomènes, basées sur l’offre et la demande, la pénurie de logements, le taux des emprunts, la fiscalité, l’intervention de l’État et des communes, et cetera, et cetera, ... mais jamais aucun ne vous parlera de la façon dont ce « marché libre » est organisé en France.

 

Il semble bien que la principale raison tienne à notre culture spécifique de la « liberté »... En France, les intermédiaires font obstacle à une chute des prix, sous peine de voir leurs rémunérations baisser ; mais pas qu'eux, c'est dans notre « mentalité » de préférer ne pas vendre plutôt que de « perdre de l'argent », c'est vrai pour les particuliers, mais c'est vrai tout également pour les institutionnels (y inclus l’État et les communes)... qui préfèrent stocker les actifs (parfois pendant plus de 10 ans) qu'ils ne peuvent pas revendre au moins à leur prix d'acquisition... C'est ainsi, ils préfèrent continuer à entretenir un marché en pénurie artificielle, plutôt que laisser tout s'effondrer... y compris la valorisation de leurs actifs d'usage, ce qui les obligerait à passer des provisions pour dépréciation qui plomberaient leurs comptes...

Mais pour revenir à la spécificité des intermédiaires immobiliers : toutes leurs rémunérations sont proportionnelles aux montants qu’ils vendent, qu’ils louent ou qu’ils réparent... Une commission de vente, c’est 5 à 10 % (j’ai testé dans ma commune toutes les agences sont alignées à 10 % ; super, la « concurrence » !) du prix vendeur ; pour le volet « administrateur de biens », une perception de loyer donne lieu à une commission de 1 à 2,5 %, idem pour un suivi de travaux... Et on comprend tout de suite quel est l’intérêt des intermédiaires à toujours faire gonfler les prix ; alors que je ne vois pas bien pourquoi la vente d’un deux pièces devrait rapporter plus que celle d’un studio, ou en quoi le travail est différent entre percevoir un loyer de 400 € ou de 1 000 €...

Le mécanisme d'augmentation des prix à la vente est donc très simple... À chaque transaction l'intermédiaire prend 10 % qui sont payés par l'acheteur, sans oublier qu'il y a également les frais notariés de l'ordre de 7 %... En cas de revente, le vendeur voudra au minimum récupérer sa mise... Donc prix initial + 17 %, plus, bien sûr, le montant des travaux qu’il aura éventuellement faits... Au bout de 4 échanges, le prix initial a presque doublé, juste pour ne pas perdre d'argent de la part des vendeurs, qui bien évidemment ne déduisent jamais de leur prix de vente leur coût d’usage... Et comme le marché essaye toujours de s'aligner sur les prix de vente les plus hauts, on a un effet d'entrainement généralisé...

Rajoutez à ça que les loyers suivent les rendements attendus autour de 5 % de la valeur des biens, en se calant sur les plus hauts prix du « marché », et on comprend comment cette spirale ne pourra prendre fin qu’en supprimant les facteurs qui la poussent et la maintiennent vers le haut... c'est-à-dire, principalement, le paiement à la commission, au lieu de tarif fixe par service ou prestation, qui réintroduirait en plus une vraie concurrence entre les intermédiaires...

Pendant que les locataires attendent que l’État fasse enfin la police, les entreprises du bâtiment se créent et meurent aussi vite qu’elles sont apparues, en continuant à avoir un taux de mortalité supérieur à quasiment tous les autres secteurs ; tandis que celui des intermédiaires immobiliers est comparativement florissant ; cherchez l’erreur... On comprend bien que nous sommes là, dans le même type de captation des VA et de manipulation des prix, comme pour le secteur agricole, qui empêche les « vrais producteurs de valeur » de pérenniser et de vivre honorablement de leur activité...

 

Sans même comptabiliser toutes les zones en friche et autres bâtiments industriels désaffectés, il y aurait 320 000 logements vacants pour la seule IDF, alors que 399 000 demandes de logements sociaux sont en souffrance, je n'appelle pas ça de la pénurie... En réalité, notre secteur immobilier ne répond que très à la marge à la règle de « tout ce qui est rare est cher » ! Par contre, il répond très bien à celui de « tout ce qui s'échange rapidement devient très cher », ou encore, « quand les intermédiaires s’enrichissent sans rien faire, juste en faisant augmenter les prix, ils auraient tort de se priver ».

Dans notre système, il y a toujours un maillon de la chaîne (intermédiaires immobiliers, promoteurs, vendeurs, banques, propriétaires, institutionnels, ...) qui fait échec à l'autre pour que les prix baissent vraiment... tandis que dès que l’on parle de réglementation des loyers, comme cela se pratique en Allemagne ou ailleurs (sans que ça n’empêche personne de vivre), tous les professionnels montent au créneau avec leur sempiternelle menace que plus personne ne voudra louer ou construire... Sauf qu’en Allemagne, il n’y a pas de SDF qui meurent de froid ; sans oublier qu’il est assez évident qu’on peut minorer les coûts salariaux à la production, si la part du logement dans les dépenses des ménages ne capte plus un montant confiscatoire des revenus... ou comment l’Allemagne permet par de simples mesures de règlementation des marchés immobiliers (qu’ils veulent parait-il « libéraliser » maintenant, alors que leur modèle fonctionne très bien), d’avoir en plus des coûts salariaux plus compétitifs et plus flexibles au niveau de sa production... Parce qu'il est évident qu’on est beaucoup plus « riche » quand on gagne 1 000 euros à Berlin que 1 200 euros à Paris !

Nos intermédiaires immobiliers sont vraiment trop « drôles » et « pitoyables » ; et personnellement, c’est au lance-flamme que je nettoierais cette « profession » de parasites, ainsi que la « mentalité » des possédants et acteurs immobiliers... Mais, je doute que madame Duflot s’attaque réellement un jour à ce genre de problèmes, tant elle a acquis chèrement sa « place »... 

 

 

Les intermédiaires-rentiers, une des plaies de nos économies développées...

 

Les deux exemples que je vous ai donnés peuvent bien évidemment se multiplier quasiment à l’infini, jusqu’à notre système financier qui fabrique artificiellement de l’offre et de la demande pour pouvoir percevoir des commissions de ventes et/ou d’achats sur chaque opération... Certains me diront qu’il n’y a pas d’économie développée sans commerce et sans spéculation, et on peut raisonnablement leur donner raison ; sauf que percevoir des rentes sur chaque opération commerciale ou spéculative est d’un tout autre ordre qu’acheter et vendre (des marchandises, des services ou des prestations), ou anticiper une demande... Les intermédiaires-rentiers n’ont même pas « l’excuse » d’anticiper sur une demande de marché et de prévoir son évolution pour y répondre, ou encore de prêter de l’argent et de prendre un risque dessus. Ils se trouvent juste à un endroit du circuit économique ou social, qui leur permet de prélever une rente (et de priver en conséquence les « vrais producteurs de valeurs » d’une partie des VA produites) ; et c’est précisément ce que j’appelle de l’enrichissement sans cause...

Ils sont nombreux ces rentiers inutiles, ou pires, nuisibles ; certains ne vous sont même pas connus, tant ils font partie du paysage (pour certains depuis Napoléon) : officiers ministériels (qui auraient dû depuis longtemps être fonctionnarisés), mandataires judiciaires, tous les intermédiaires commerciaux y inclus les financiers qui se rémunèrent au pourcentage, mais également dans une autre mesure, les experts-comptables, avocats et autres commissaires aux comptes qui bénéficient des usines à gaz juridiques pour facturer très cher ce qui a été compliqué à dessein, par un système politique devenu fou... Quel est le service ou prestation, la plus-value économique et/ou sociale de tous ces intermédiaires qui vivent sur des rentes ? Vraiment, j’ai beau chercher, je ne vois pas, mais si vous en voyez dites-le moi... En réalité, tous ces gens vivent sur le travail des autres et perçoivent leur octroi de passage, sans absolument rien apporter à la collectivité, sauf une « autorité », que plus personne ne songe à remettre en cause, malgré leur absence totale de légitimité et d’utilité...

Et ces gens-là sont puissants ; par exemple, à chaque fois qu’on évoque la libéralisation du secteur notarial (en permettant aux avocats de rendre les mêmes services), il faut voir comment cette simple mesure de bon sens retourne aussitôt aux oubliettes, pour se rendre compte que ces groupes d’influence bénéficient également d’un pouvoir politique occulte... « Drôle et pauvre » démocratie qui n’a même pas le pouvoir de remettre en cause le moindre potentat local, fut-il devenu totalement inadapté, inutile et même nuisible à notre contexte économique et social... Alors, nul étonnement, quand ces mêmes politiques se plient bien volontiers aux diktats des banques, au risque de faire crever tout le monde...

 

C’est une tendance lourde des systèmes que de développer des auto-justifications à leur pérennisation, fusse en contradiction avec ce que les réalités démontrent de leur inadaptation. Et leurs armes sont quasiment toujours les mêmes : chantage à l’emploi, à l’investissement, à l’impôt, à la liberté, ... bref, tout est bon pour justifier que des intérêts particuliers continuent à se prévaloir de privilèges qui vont à l’encontre de l’intérêt général...

Absolument, tous les systèmes tentent au contrôle des « facteurs de survie »... tous sans exception... La « lutte des places » fait rage partout ; et ils sont prêts à tout pour maintenir les statu quo et leur contrôle de l’avenir : entente, coups tordus, chantage, corruption, ... et même à nous faire croire qu’ils sont indispensables... Si les allumeurs de réverbères au gaz avaient exigé qu’on maintienne leur travail (après tout, ils avaient une « fonction sociale » à peu près aussi importante que les poinçonneurs de ticket de métro), lorsque nous sommes passés à l’électricité, tout le monde aurait crié au fou... Mais dans nos systèmes politiques, institutionnels, économiques, paritaires et sociaux, jamais personne ne pense à crier au fou et au déni de réalité quand des situations absurdes et mortifères, pour le plus grand nombre, se perpétuent...

 

Si on combine cette jurisprudence du « nul ne peut s’enrichir sans cause » à la notion d’intérêt général, tout à coup, des pans entiers de notre organisation économique et sociale deviendraient absurdes :

- est-ce normal qu’un patron gagne mille fois le salaire d’un de ses employés ? Surtout quand il n’a pas mis en jeu son propre argent dans l’entreprise ?

- à quoi servent les traders qui achètent et qui vendent du vent ? Ou qui passent 500 opérations à la seconde avec les THF ?

- à quoi cela sert-il d’avoir (environ) 300 institutions de recouvrement social qui nous coûtent (environ) 40 milliards, alors qu’une ligne de plus sur les déclarations d’IR et de TVA des entreprises, pourrait remplacer tout ça pour pas un rond ?

- n’est-ce pas contradictoire de vendre ou de laisser à la gestion privée des secteurs économiques stratégiques qui doivent gérer des ressources dans l’intérêt général (énergie, argent, transport, et cetera) ?

- et je vous laisse décliner toutes les questions qui découlent de nos deux notions juridiques combinées...

 

Qu’on me comprenne bien ce sont les systèmes que je combats, pas les hommes ; parce qu’au final, par exemple, qui parmi nous serait capable de refuser de recevoir une rente mensuelle de 150 000 € sur 10 ans, si l’État inventait un tirage au sort annuel parmi les contribuables ?... Moi-même, qui suit un presque incorruptible, je ne sais pas si j’arriverais à trouver assez d’éthique et de moralité en moi pour refuser... je pense même que je trouverais assez de motivations pour prendre cet argent, et me persuader que j’en ferais « bon usage »,  en tous les cas un meilleur que l’État...

 

On ne fera pas l'économie de s'attaquer au système des rentes et concomitamment à la pertinence de la répartition des VA, tels qu'ils sont pensés et appliqués aujourd'hui, il en va de la survie de tous. Sans oublier que tous ces comportements de captation des VA, pervertissent la concurrence et paupérisent des pans entiers de notre économie, pour le seul profit de quelques-uns.

Une économie a des limites dans ce qu’elle peut supporter et accepter comme fonctions qui ne produisent rien à part pour elles-mêmes. Mais comment différencier les parasites ? Quelle différence, par exemple, entre les greffiers qui perçoivent un « droit » pour chaque enregistrement juridique et aider un chômeur ou quelqu’un qui ne peut plus travailler ? La réponse est simple : dans le premier cas, on enrichit un réel parasite, alors que dans le second, on préserve son propre avenir et celui de tous ! Parce que tous les actifs seront un jour dans la situation du chômeur ou de quelqu’un qui ne peut plus travailler ; et nul besoin, de faire appel à des « bons sentiments » pour comprendre qu’une société qui se refuse à pratiquer l’euthanasie doit inclure la solidarité dans son système... Une différence de nature fondamentale qui je l’espère est comprise par tout le monde.

 

 

Conclusion d’une cruche (pour changer des pigeons)...

 

Il y a tant d'intérêts particuliers à remettre en cause que je doute qu'il y ait un jour un politique en capacité de mettre un terme, par exemple, aux centrales d'achat qui font la pluie et toujours la pluie pour les producteurs et les consommateurs, sur notre territoire... Et des problèmes comme ceux-ci, qui sont des impasses mortifères pour l'emploi, notre productivité et notre compétitivité, sont légion dans notre système économique, mais également social, institutionnel et politique...

Il y a tant d’intermédiaires aujourd'hui qui modifient les règles de libre concurrence que c'est déjà une gageure que tout le système n'ait pas implosé, tant celui-ci pompe de VA sans aucune justification et surtout sans aucun retour bénéfique pour le plus grand nombre.


Nous sommes vraiment des cruches de nous soumettre à tous ces buveurs de sang. Nos ascendants ont fait une nuit du 4 août ; malheureusement, je crains qu’il nous faille bien plus qu’une nuit pour abolir tous les potentats qui ne servent qu’eux-mêmes, tant ceux-ci se sont ramifiés et consolidés partout dans notre société, sans que plus personne ne trouve cela « anormal »...

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 22:30

 

Première date de publication : 09/12/2012

Date de la dernière mise à jour : 09/12/2012

 

 

Compte tenu que vous avez été gavé d’informations sur le sujet, je pense que vous êtes tous devenus des spécialistes de la « compétitivité »... Mieux, vous êtes maintenant tous prêts à faire les sacrifices qu’on vous demandera pour devenir plus compétitifs ; même si cela devait vous conduire à manger du riz un jour sur deux et à vous faire brider les yeux...

Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour se plier aux diktats du « sauvage échangisme » et être plus compétitifs que les Allemands, les Chinois, les Turcs, les Indiens, les Marocains, les Bangladais, les Africains, ... et à, à peu près tous les autres peuples de la terre, à l’exception des pays scandinaves qui, tout en ayant les salaires minimums et médians les plus élevés d’Europe, se foutent vraiment de nous, en ayant en plus des balances commerciales excédentaires et le système de solidarité sociale le plus développé du monde, parmi bien d’autres « bizarreries »...

 

Mais ne parlons pas des exceptions, ça pourrait jeter le trouble. De toute façon, les comptes-rendus médiatiques sur le rapport Gallois vous l’ont dit et répété, nous ne sommes pas assez compétitifs ! Mais est-ce vraiment ça le problème ?

 

 

L’étonnant « glissement » sémantique... 

 

À mon sens, le premier problème, c’est qu’il y a arnaque sur les mots...enfin, le mot...

 

N’être pas assez compétitif, ça renvoie, au niveau de l’imaginaire, à la responsabilité personnelle des individus ; on pense de suite, surtout, à ces salauds affreux égoïstes anticompétitifs salariés français, qui ont besoin au minimum de dix fois plus d’argent pour vivre qu’un Chinois ou 80 % de plus qu’un Espagnol... et qui en plus, parmi tant d’autres exigences folles, veulent que les entreprises payent pour la solidarité nationale... Bref, ça développe un imaginaire de « combattant », où les individus se sentent coupables de vouloir être mieux payés qu’un Chinois, ainsi que de ne pas arriver à faire aussi bien que les autres.

Mais en réalité, la compétitivité, c’est un sac fourre-tout qui peut contenir aussi bien la productivité, que la rentabilité, ou les coûts, ou l’excellence du management, et tout autant, n’importe quel autre critère de benchmarking qui s’attache à comparer les performances dans différents domaines, selon des références prédéfinies. Aussi, le mot même de « compétitivité » ne veut rien dire tout seul, si on ne lui adjoint pas des adjectifs ou les domaines sur lesquels il est censé s’appliquer. En parler comme d’un problème global, c’est déjà noyer le poisson pour éviter d’utiliser les bons mots ; car, arrêtons ce suspens insoutenable et venons-en au fait : les industries et les entreprises se barrent surtout parce qu’elles font plus de profit ailleurs, et c’est tout ; pas parce qu’on ne serait pas assez « compétitif ».

Vous remarquerez, que si on parlait de rentabilité ou de profitabilité comparative des entreprises, tout à coup, le débat serait tout autre. On finirait par se demander, comment ça se fait, que les actionnaires, les grands patrons, les financiers trouvent que les salariés français ne rapportent pas assez d’argent ; alors même qu’ils ont les taux de productivité, parmi les plus élevés au monde, comme le confirment régulièrement les études statistiques. Y aurait-il comme un défaut au niveau du management, pour qu’aucun patron ne soit en mesure « d’exploiter » cette manne ? Et n’y aurait-il pas une arnaque politique, relayée par les médias aux ordres, pour déplacer les problèmes et nous distraire des vraies questions, notamment celles qui concernent la responsabilité de ces mêmes politiques ? Entre autres, d’avoir accepté et promu un système d’échanges international, ainsi qu’institutionnel (pour nos propres structures, mais également celles de l’Europe), qui nous mettent, de facto, dans cette situation insoutenable...

En tout état de cause, ça n’est pas pareil de dire « l’industrie française n’est pas compétitive », ou « la rentabilité des entreprises est meilleure ailleurs »... J’espère que vous saisissez la nuance (de taille) parce que, non seulement ça ne renvoie pas aux mêmes responsabilités, aux mêmes problèmes et aux mêmes choix, mais surtout ça ne se traite pas du tout de la même façon...

 

Pour faire simple et grossier :

- si on n’est pas assez compétitif, c’est qu’on est trop con pour faire aussi bien que les autres... Et alors, tous les efforts doivent porter sur le développement de l’intelligence et des savoirs.... surtout des managers et des politiques d’ailleurs...

- mais si, à productivité égale (ou supérieure dans le cas de la France), c’est un problème de rentabilité des entreprises, alors les leviers de changement se situent essentiellement aux niveaux structurels et monétaires, ainsi que dans la façon dont un pays laisse son marché accessible à tous ceux qui ne respectent pas les mêmes règles que lui et même aux prédateurs (comme un Mittal)...

 

On voit bien que dans un cas ou dans l’autre, les leviers d’intervention sont très différents. Il ne sert à rien d’avoir de la productivité sans rentabilité, alors qu’on peut être très con et très improductif en ayant beaucoup de rentabilité...

Le « débat », en parlant de compétitivité, est donc a priori mal posé, parce que c’est de rentabilité des entreprises dont il s’agit et pas du tout de compétitivité... ou alors, il faut définir de quelle compétitivité on parle, et dans ce cas ce mot ne sert plus à rien... sauf, si on veut embrouiller les gens en ne parlant pas des vrais problèmes.

 

 

Alors, c’est quoi les problèmes ?

 

Que nous dit le rapport Gallois ? D’un point de vue factuel, c’est un des meilleurs rapports que j’ai lu sur le sujet depuis longtemps... Aucun doute, les constats, même historiques, sont justes, et contestés par à peu près personne. Il distingue bien les différents problèmes, tout en passant sous silence quelques gros morceaux, sur lesquels je reviendrai. Je ne vous ferai pas une analyse point par point, vous en avez assez eu et en trouverez partout, ou « humoristiquement » ici sur les 22 propositions. Par contre, voyons ce qu’impliquent globalement ses propositions.

À l’évidence, son modèle à tous points de vue, c’est l’Allemagne ; et toutes ses solutions sont destinées à nous rendre aussi « bons » qu’eux, notamment au niveau collaboratif et sur la montée en gamme de l’industrie. On remarquera, au passage, que monsieur Gallois remet, à minima et au gout du jour, une partie des lois Auroux sur la « cogestion » des salariés qui avait été abandonnée en rase campagne par Mitterrand en 82. Trente ans après, je suis curieux de voir ce que le PS va en faire...

Mais le plus gros « souci » provient de la logique globale des propositions : quel est l’intérêt de faire tout ce qu’il faut pour se mettre en concurrence frontale avec l’Allemagne ?... Où vont s’arrêter l’escalade et la compétition ? 1870, 14-18 et 39-45 n’ont pas suffi ? Il faudrait en plus qu’économiquement, on se mette à fabriquer, entre autres, des super-Mercedes pour leur piquer le marché du haut de gamme...

C’est absurde... et surtout sans fin, parce que ça ne règle en rien le fait qu’il y aura toujours un pays pour faire mieux, moins cher, plus rapidement, répondant mieux aux attentes des marchés, rapportant plus d’argent aux actionnaires, et cetera, et cetera... C'est-à-dire qu’on accepte, de fait, de poursuivre cette politique mortifère de concurrence et de compétition internationale, pour être « meilleur que les autres ».

Mais qui a dit et décrété, que le monde et notre pays ont besoin de cette « excellence-là » ? Et pourquoi devrions-nous être plus « compétitifs » que les autres pour avoir le droit de travailler et de vivre de notre travail ? C’est dingue ça... Faudrait-il que tous ceux qui produisent plus cher parce qu’ils respectent nos lois, sociales, fiscales, environnementales, se pendent ?... Comme continuent à le faire régulièrement certains paysans, parce que même sous perfusion financière, ils n’y arrivent plus ; alors que près d’un milliard d’humains souffrent de sous-alimentation ou crèvent de faim.... et que nos « restos du cœur » ne désemplissent pas...

Plus généralement, dans ce rapport, on comprend que les « solutions », c’est d’atteindre l’excellence et de laisser crever le reste, ou du moins qu’il n’y aura pas de solutions pour ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas être les meilleurs. Une drôle de vision de notre avenir ; totalement à contre-courant de ce que l’on sait des cycles économiques, qui nous démontrent très bien qu’une activité non rentable aujourd’hui peut le redevenir très vite, notamment à cause de notre environnement spéculatif (ce qu’avaient très bien compris les Allemands dans les années 70 qui ont mis le paquet pour préserver, protéger, moderniser leurs industries et chercher de nouveaux débouchés ; tandis qu’en France on laissait crever des pans entiers de nos industries textiles, manufacturières, charbonnages, et cetera...)... sauf si, entretemps, on perd les savoir-faire, et dans ce cas, on ne rebondira jamais. Mais ne cherchez pas, il n’y a rien de rien dans ce rapport, pour notre économie si peu rentable par rapport au reste du monde, même la fiscalisation partielle des prélèvements sociaux est une goutte d’eau par rapport à ce qu’il faudrait faire...

On abandonne, également, en rase campagne toute velléité de mettre en place une économie durable orientée sur l’autosuffisance, la relocalisation économique, et d’imposer, enfin, des échanges régulés... Mais, ne nous étendons pas, Jean GADREY explicite et développe tout ça beaucoup mieux que moi.

 

 

Les « étranges » silences du rapport Gallois...

 

Ce qui est intéressant, dans ce rapport, c’est qu’il n’y a pas un mot sur la responsabilité des managers français, des financiers, des investisseurs, et des politiques... On voit bien que monsieur Gallois n’a voulu fâcher personne issu de sa propre caste... Ou encore, que c’est une démonstration évidente (pour ceux qui me suivent), qu’aucun système ne peut se réformer lui-même...

 

À la trappe donc :

 

- la responsabilité des managers (pas tous bien sûr, mais beaucoup) ; leur démission, leur gestion à court terme, leur rapacité personnelle, leur objectif unique de faire plaisir aux actionnaires, ainsi que leur absence totale d’intérêt pour le social et pour maintenir en France les activités... Et je n’évoquerai même pas leur suffisance, leur mépris, leur autisme (ça n’est pas une vision de l’esprit, pour illustrer mon propos, ce que disait un polytechnicien en 2007, professeur associé à HEC et membre du Conseil d’Analyse Economique, à propos de ceux qui parlaient déjà de la crise ; ça fait peur parce que c’est ces gens-là qui nous dirigent), ... bref leur connerie intrinsèque, et croyez-moi, je les ai connus de près...

Depuis 40 ans, tous les étudiants, qui sont sortis des grandes écoles, qui ont dirigé des entreprises françaises, ont tous fonctionné sur le même modèle d’externalisation et de délocalisation des activités. Même des entreprises industrielles familiales, comme « Cristal d’Arques » qui fabriquait également sa papeterie, tant elle avait intégré dans ses process tous ses besoins, a commencé à externaliser dès que la direction a été reprise par les enfants qui sortaient de grandes écoles. Après 30 ans de prospérité, vraiment ce fut une « réussite totale »... Depuis les plans sociaux se multiplient, une partie de la production et des technologies uniques sont parties ailleurs, et il faut même rappeler des maîtres verriers à la retraite tant les savoirs se sont perdus, tandis que l’entreprise perd apparemment de l’argent. C’est ça qu’on apprend dans les écoles des « élites » françaises ; à se foutre totalement des acquis et à se comporter comme n’importe quel businessman rapace, à l’Anglo-saxonne, ce qui n’est pas du tout notre culture.

Il faut que le patronat arrête de vouloir gérer les entreprises françaises à la façon de Nike, et tant d’autres modèles anglo-saxons qui ont fait florès dans nos écoles... Et si monsieur Gallois avait bien voulu comparer ce point avec la culture managériale allemande et bien d’autres (dont la japonaise qui fonctionne très bien chez nous), il se serait rendu compte que la défense des intérêts nationaux, le respect des salariés, la cohésion sociale, la vision à long terme, la cohérence et tout simplement le bon sens, sans même parler de moralité, sont aussi des matières qui peuvent s’apprendre...

Quand je repense au « caca nerveux » que madame Parisot nous a fait à la simple évocation du mot « nationalisation » pour Florange, par désespoir, j’ai envie d’adhérer à Lutte Ouvrière (c’est vous dire l’effet que cette représentante du patronat produit sur moi, un ex-patron )... En tout état de cause, ça en dit long sur l’état idéologique patronal français, comme si le fait que l’Etat intervienne, quand une direction et/ou des actionnaires sont défaillants, était un crime. L’idéologie déconnectée des réalités culturelles françaises et des besoins du plus grands nombre, c’est vraiment le cancer et la honte du patronat français, qui malheureusement, fait supporter sa maladie aux autres... et je suis vraiment inquiet qu’aucune mesure n’ait été prévue pour que ce patronat-là évolue... On n’est pas près de voir en France un « droit des responsables »...

 

- la responsabilité des investisseurs et des financiers, français et étrangers, avec leurs comportements de prédateurs, qui ont pillé et dépecé les plus beaux fleurons industriels français, pour qu’une fois les coquilles vidées, ils puissent rentabiliser et faire prospérer ailleurs les savoir-faire, les technologies et la clientèle récupérés... Mais là-aussi, rien du tout là-dessus, comme si ça n’existait pas, comme si on ne pouvait rien y faire, comme si c’était normal et dans l’ordre des choses... C’est ce qu’a commencé à nous dire et à mettre en place le tandem infernal VGE/Barre dès les années 70, jusqu’à Jospin et sa fameuse phrase : « l’État ne peut pas tout »... et force est de constater qu’il n’y a toujours aucune volonté politique pour changer et règlementer ces comportements de prédateur, extrêmement bien rentabilisés par toux ceux qui ont compris quels bénéfices faramineux, ils pouvaient tirer du libre échange des capitaux et des marchandises, ainsi que de la concurrence des misères... totalement légaux faut-il le rappeler...

Jusqu’aux années 80, quand un investissement rapportait 1 à 5 points au-dessus du taux de l’inflation, on estimait que le rendement était correct et même très bon dans le dernier cas ; puis sont arrivés les fonds de pension et autres prédateurs internationaux qui se sont mis à exiger des rendements à deux chiffres (toujours au-dessus de l’inflation) et la curée s’est amplifiée, institutionnalisée et généralisée... On a oublié en chemin quelques fondements de notre droit : « nul ne peut s’enrichir sans cause », « l’acte anormal de gestion », ou encore parmi tant d’autres « l’abus de biens sociaux » ou « l’usure » ; au point que je me demande souvent à quoi cela m’a servi d’aller à l’école et d’apprendre des tombereaux de lois qui ne sont jamais appliquées, sauf pour les petits, bien sûr...

Quand on analyse comment ces « investisseurs » ont agi, c’est une gageure d’expliquer comment c’est possible qu’il n’y ait pas eu plus d’inculpations, pour ne pas dire aucune... mais c’est vrai que le « crime économique » n’est pas encore reconnu ni par la loi, ni par nos jurisprudences... et que ce n’est toujours pas avec monsieur Gallois qu’il le sera...

« Les assassinats sur la grande route me semblent des actes de charité comparativement à certaines combinaisons financières. » écrivait Honoré de Balzac ; je me demande ce qu’il dirait aujourd’hui, où les « combinaisons financières » sont légales, même quand elles tuent en masse...

 

- la responsabilité des politiques ; ils sont tout en haut de la pyramide des coupables, avec leur obstination à faire toujours plus de la même chose, à ne rien vouloir voir ni apprendre des faits, à refuser d’admettre que ce que nous vivons n’est que la conséquence de leurs actes et de leurs renoncements... Sans oublier leur complicité et leur collusion avec les deux premières catégories citées, dont ils sont les tributaires et les obligés (et souvent les « amis ») ; mais c’est normal puisque s’ils n’avaient pas fait de la politique, ils auraient fait partie de ces mêmes « responsables » économiques.

C’est étonnant, que ce que tous les gouvernements ont su faire pour préserver l’industrie de l’armement ou de l’aéronautique (dont les balances commerciales sont excédentaires), ils n’aient jamais eu envie de le mettre en œuvre pour le reste des industries.... comme quoi, quand on veut, on peut... Mais justement, le problème c’est qu’ils ne veulent pas, sinon, ils seraient obligés d’admettre que depuis 40 ans, ils ont fait n’importe quoi (et ça continue). Mais ne nous étendons pas, puisque, j’y ai déjà consacré un article entier : « Double contrainte »: 40 ans d’accords internationaux et de lois, qui rendent fou...

 

Bref, ce n’est pas dans le rapport Gallois qu’on risquait de voir ces questions abordées... mais, terminons avec un autre grand absent de ce rapport.

 

 

Le « modèle » allemand jusqu’au bout ?

 

Marie Caroline Porteu m’a fait découvrir un rapport de la Cours des comptes (de mars 2011 !), portant sur « Les prélèvements fiscaux et sociaux en France et en Allemagne ». Elle en a fait un excellent article, dont je partage toutes les observations, à l’exception de celle concernant le cas Florange.

Ce rapport m’avait totalement échappé ; et apparemment, il a totalement échappé également à monsieur Gallois ; au point qu’on peut même se demander, s’il n’y pas eu une volonté délibérée de manipulation de l’opinion, parce qu’il y a déjà tout et même plus dans ce rapport de la CC ; sauf ce qui aurait pu expliquer et cautionner les revirements de monsieur Hollande, notamment par rapport à la TVA. Il avait bien besoin qu’un tiers tire la sonnette d’alarme (très en retard comparativement à celui de la CC) et assume à sa place le fait qu’il faille manger son chapeau et revenir sur ses promesses de campagne... Mais passons... 

C’est en lisant ce rapport (ou directement les conclusions pour les fainéants comme moi) qu’on se rend compte que les vrais problèmes sont bien ceux de la rentabilité des entreprises et de la responsabilisation des managers, mais tout également et par-dessus tout d’une divergence de fond sur la « logique » fiscale, notamment pour la taxation des patrimoines (0,85 % du PIB contre 3,41 % en France, et c’est énorme pour les patrimoines : 2 fois la moyenne des pays de l’OCDE).

Si monsieur Gallois avait bien voulu prendre la peine de lire ce rapport, il aurait compris ce que c’est qu’un pays dont la fiscalité et le système social, sont tout entier destinés à soutenir et à récompenser ceux qui réussissent, salariés et investisseurs inclus,... dans leur propre pays... De même, il aurait compris que le système fiscal allemand prend l’argent quand il y en a, pas sur les entreprises qui ont des difficultés et/ou de manière automatique sur des assiettes qui ne représentent aucune plus-value dans les entreprises et même pour les particuliers... Une vraie illustration de ce qu’est une realpolitik (dont ce pays est l’inventeur) appliquée à la fiscalité et au social, pour soutenir ses entreprises.

Nous avons les moyens de faire aussi bien et même beaucoup mieux, notamment avec la fiscalisation intégrale des prélèvements sociaux... Problème, on se heurte là, à des blocages « idéologiques » qui semblent indépassables en France, tant il faudrait être en capacité de remettre en cause toutes les structures qui ne servent à rien, sauf à perpétuer des petits potentats qui permettent à ceux qui les dirigent de manger... en s’asseyant sans vergogne sur l’intérêt général...

Juste un chiffre (parmi tant d’autres) pour frapper les imaginations, le coût structurel annuel des organismes de recouvrements sociaux, c’est 40 milliards d’€, soit 3 fois le déficit actuel de la sécurité sociale. Le coût structurel annuel d’une ligne de perception en plus sur la déclaration de TVA, c’est 0 € ! Étonnant non ?

Alors que monsieur Gallois nous propose une énième usine à gaz pour transférer 30 milliards de cotisations sociales sur la fiscalité, je lui propose de faire d’un seul coût 40 milliards d’économies en supprimant toutes les usines à gaz, sans alourdir la fiscalité et même avec un gain de pouvoir d’achat pour les salariés... sans oublier tous les autres avantages de ce transfert intégral, détaillés dans l’article ci-avant proposé.

 

Mais faut pas rêver... C’est ça qui est « extraordinaire » en France, au lieu d’aller jusqu’au bout des constats et d’en tirer les conséquences qui s’imposent, on tergiverse, on aménage, on replâtre, on crée la énième usine à gaz pour pallier aux déficiences des structures existantes, mais jamais, jamais, on ne les remet en cause, même si elles ont démontré leur inadaptation au contexte et aux problèmes, quand elles ne sont pas elles-mêmes le problème. Cependant, on connaît le phénomène : plus le système est occulte et complexe, plus la « démocratie » devient une affaire de spécialistes qui rendent indispensables ceux-là mêmes qui ont créé le système... et plus nous payons pour ces inutiles incapables, qui, depuis 40 ans, auraient au moins pu avoir l’honnêteté de s’avouer qu’ils sont trop cons pour gérer et diriger la France... Qui leur fera prendre conscience de cela ? Pas monsieur Gallois assurément...

 

 

En guise de conclusion provisoire, jusqu’à la prochaine arnaque...

 

Oui, jusqu’à la prochaine, parce que je ne peux pas voir dans ce rapport Gallois autre chose qu’une volonté délibérée de manipuler l’opinion publique, pour lui faire accepter que les promesses de campagne ne seront pas tenues et qu’il va falloir se serrer la vis... Et au rythme où s’enchainent ces « rapports », on va vite comprendre que le changement, c’est jamais ; à l’image du torchon de Jospin qui est un camouflet de plus pour notre « démocratie », du moins pour ce qu'il en reste... Mais ne comptez pas sur moi pour commenter à chaque fois ce genre de manipulation, je n’en peux plus de ces inutiles incapables... et je ne sais même pas si j’irai voter aux prochaines élections nationales, ou alors pour LO... je ne vois plus que ça, pour faire bouger les lignes : voter aux extrêmes... Si tous ceux qui n’en peuvent plus, réagissent comme ma colère me conduirait à le faire en rajoutant leur désespoir, Marine Le Pen s’en réjouit d’avance... Mais peut-être qu’inconsciemment ou très consciemment, c’est ça « qu’ils » veulent...

 

« Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots » disait Jean Jaurès... Mais aujourd’hui ce serait plutôt « Quand les politiques veulent continuer à faire toujours plus de la même chose, en enfumant les citoyens, ils changent les mots », c’est la seule grande leçon de tout ce battage médiatique autour de la « compétitivité »... pendant que Florange et beaucoup d’autres continueront à crever...

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 22:20

 

Première date de publication : 18/10/2012

Date de la dernière mise à jour : 18/10/2012

 

 

Un article spécialement dédié à tous les adeptes des théories du complot, de la corruption généralisée, de la lutte des classes, des anathèmes  « identitaires » (patrons, émigrés, banquiers, politiques, spéculateurs, élites, et cetera), ... toutes prémisses qui aboutissent assez communément au « tous pourris, tous  complices, tous corrompus, ... », faut-il le préciser, « sauf moi ».

 

En préambule, il faut rappeler quelques faits dans le fonctionnement humain :

- plutôt que de supporter l’incertitude et l’insécurité, tous les humains génèrent des « représentations fantasmatiques », qui, aussi irrationnelles soient-elles, lui permettent de supporter, entre autres, son  impuissance, qu’il ne comprend rien, qu’il ne maîtrise pas grand chose et qu’il est « tout petit »... et ce mécanisme dure toute la vie, même après « l’âge de raison »... ça,  c’est pour ceux qui élaborent des théories explicatives composées de boucs émissaires (quels qu’ils soient), où ils confondent les causes et les conséquences...

- confronter à une situation paradoxale, dite de double contrainte, tout humain génère des réponses qui tendent à maintenir une cohésion formelle, pour ne pas s’effondrer et/ou « disparaître », quitte à adopter des comportements qui  génèrent de nouveaux paradoxes totalement inadaptés à la situation... ça, c’est pour donner une base de compréhension à tous les phénomènes absurdes et mortifères auxquels nous assistons depuis  40 ans...

 

Je ne vais pas rentrer dans tous les mécanismes de basculement dans la « folie », ce n’est pas l’objet ; cependant, la double  contrainte n’est pas seulement identifiée depuis les tragédies grecques, puis Bateson, comme un mécanisme propre à l’individu, elle est également LA  grande pourvoyeuse conduisant tous les systèmes (sociaux, économiques, environnementaux, ...) à dysfonctionner. À la base de toute réponse inadaptée, il y a une ou des doubles contraintes qu’il  faut identifier, pour pouvoir résoudre les problèmes. Je ne pourrai pas toutes les énumérer, mais je vais faire le tour des principales concernant l’économique... pour que vous puissiez étendre  ce raisonnement à ce qui vous intéresse.

 

 

Europe et Mondialisation : historique (partiel)  de l’opération « portes ouvertes des poulaillers »... 

 

Depuis 40 ans, faisons un bref rappel des évènements et choix économiques qui ont changé le monde (pendant que certains d’entre nous  persistaient à penser que c’est en se changeant eux-mêmes qu’ils y arriveraient ) :

- 1971, décision  unilatérale des États-Unis de ne plus honorer les Accords de Bretton Woods qui régissaient les échanges  monétaires internationaux depuis 1944...

- 1973, loi sur la réforme de la Banque de France qui limite les  pouvoirs de création monétaire de l’État et remet aux marchés une partie des clefs de la régulation...

- 1972-74 fin de la « préférence communautaire », et donc fin de la collaboration inter UE pour aller tous dans le même sens économique ; avec des disparités concernant les droits de douanes qui rendent l’Europe moins protectionniste que tous les autres États occidentaux...

- 1976, les Accords de la Jamaïque prennent acte du  statut quo des années précédentes et du fait qu’il n’y a pas d’accord sur un système monétaire international. En conséquence, on entérine que ce seront les « marchés », en fonction de l’offre et de la demande, qui fixeront la valeur des monnaies. Définitivement, la monnaie  devient une marchandise comme une autre et les États abandonnent à peu près tous les leviers de régulation classique pour devenir eux-mêmes de « super-spéculateurs »... Il existe au  moins 3 formes dominantes de système monétaire de par le monde aujourd’hui : ceux qui soumettent leur monnaie à l’évaluation des marchés (l’Europe, ...), ceux qui fixent unilatéralement  leur parité d’échange (la Chine, ...), et les États-Unis qui tendraient à faire croire qu’ils suivent les lois du marché, mais qui en réalité de par leur position hégémonique ne sont soumis  à quasiment aucune des règles qui concernent tous les autres...

- 1985, Accords de Schengen...

- 1986, Acte Unique Européen, dit Traité du Luxembourg,  qui entérine 4 libertés entre les États membres :

libre circulation des marchandises et des services,

libre prestation (banques assurances, finances, transports du pays d'accueil) et liberté pour une entreprise de s'installer dans le pays de son  choix,

libre circulation des personnes,

libre circulation des capitaux ; tout cela en vue de l'union monétaire...

- 1986, Accords de libre échange du GATT de l'Uruguay Round, qui entérine au niveau mondial les accords économiques européens... « Admirez » l’absurdité au passage,  on crée un grand marché en Europe et dans le même temps, on le met en concurrence avec le reste du monde...

- 1992, Traité de Maastricht,  qui entérine la création d’une Europe supranationale, les critères de convergence économique et la création  de l’Euro...

- 1995, création de l'OMC...

- 1995, création de l’Espace Schengen, qui réunit 26 membres de la  Communauté Européenne entre lesquels n’existent plus de frontières...

 

Bon, j’arrête la liste, tout le reste sera toujours plus de la même chose, en pire... Si vous voulez en savoir plus sur la  « construction » européenne (ou la déconstruction, cela dépend du point de vue, où l’on se place), je vous renvoie à ce lien et à ceux déjà cités.

 

Il est à noter :

- que la libéralisation européenne a suivi ou accompagné la libéralisation mondiale... Elle n’est qu’une adaptation aux diktats US qui avaient  besoin d’un marché planétaire, pour pouvoir continuer à faire tourner la planche à billets en continu ; le maintien de la valeur de sa monnaie ne tenant qu’au seul fait qu’il y ait une  demande permanente pour alimenter les échanges internationaux. Très clairement, c’est une chaîne de Ponzi, avec un  chantage permanent : le premier qui bouge en se défaisant de ses avoirs monétaires fait plonger tout le monde.

- que beaucoup de pays qui ont adhéré à l’OMC et aux Accords de la Jamaïque, bénéficient de statuts spéciaux ou dérogatoires pour ne pas  appliquer les règles qu’ils ont signées ; sans oublier que les USA et la Chine, entre autres, s’assoient régulièrement même sur les règles qu’ils ont signées sans que ça ne génère pas plus  de vacarme que cela ; à l’exception notable du Brésil (bien isolé dans ses combats) qui attaque régulièrement devant l’OMC ces deux États bandits. L’Europe est le seul conglomérat économique  qui respecte quasiment « à la lettre » ces règles... et je me demande bien pourquoi, alors que c’est la première puissance économique du monde (mais pas pour longtemps à ce  rythme-là).

 

On pourrait se réjouir béatement que cette libéralisation mondiale ait permis à plus d’un milliard d’êtres humains de sortir de leur statut de  sous-développé et de la famine... On pourrait approuver une vision du monde qui tendrait à abolir les frontières et à « rapprocher » les peuples... par le commerce... Sauf que ce  transfert de richesses s’est fait au détriment des travailleurs occidentaux toujours plus paupérisés ; sauf que je ne vois pas de progrès dans le fait de perdre notre autonomie productive pour réimporter des marchandises produites par des « esclaves », pour être vendues à des chômeurs ; sauf que cette vision du monde a affaibli l’autorité des États qui doivent maintenant  également négocier avec des entités supranationales qui imposent leurs propres « règles » ; tandis que seuls ceux qui ont fait de toute la planète leur nouveau terrain de jeu  spéculatif se sont vraiment enrichis... jusqu’à l’écœurement...

Alors avidité, corruption, égoïsme, banditisme, élitisme, complot... des hommes ou conséquences d’un système qui ne peut conduire qu’à toutes  ces dérives ?

 

Complot

 

 

Les doubles contraintes nous  surdéterminent... 

 

Si vous étiez un entrepreneur ou un industriel...

Je vais me répéter... Les dirigeants économiques n’ont pas décidé en se réveillant un matin qu’ils avaient envie de devenir les maîtres du  monde et de ne plus payer d'impôts ; et qu’en conséquence ce serait mieux de délocaliser, de virer des gens, et d’étendre leur marché en adoptant les leviers du développement par la croissance  externe… Ils l’ont fait parce que, mis en concurrence avec le reste du monde, c’était les seuls moyens pour eux de survivre et de continuer à gagner  de l’argent.

Je ne connais aucun chef d’entreprise qui accepterait de voir arriver sur le marché des concurrents - qui produisent à des coûts de  revient 30 à 50 % moins chers que lui parce qu’ils produisent ailleurs - qui ne penserait pas immédiatement que s’il veut survivre, il doit faire pareil. Si en plus, on lui donne toutes les  facilités pour le faire et que c’est « légal », où est le problème ? Il faut avoir vécu l’évolution accélérée des conditions concurrentielles à partir du milieu des années 70, pour  toutes les entreprises qui ne se trouvaient pas sur des secteurs de niche, pour comprendre que c’était ça, ou mourir.

On ne donne pas indéfiniment avec le seul marketing, l’envie à des clients de payer leurs produits plus chers, quand en plus la concurrence  vous pique vos innovations quasiment en toute impunité. J’ai eu à gérer tellement de cas où les contrefacteurs récoltaient des amendes de 100 K€, alors qu’ils avaient écoulé pour des millions de  marchandises que ces procès gagnés m’ont toujours laissé un goût amer. Et en tout état de cause, je n’ai jamais réussi à démanteler les fabricants contrefacteurs, bien au chaud dans des pays  inaccessibles à la justice et qui ont pu continuer à inonder les marchés, au besoin en changeant de distributeur, en toute impunité.

Alors, vous faites quoi quand vous êtes un entrepreneur et que même la justice de votre pays vous lâche ? Vous vous  « adaptez », vous adoptez des méthodes qui vous permettront de tenir vos coûts et de devenir incontournable sur le marché. À votre tour, vous essayez d’atteindre des effets de taille  pour étouffer la concurrence, ... et quand tout le monde risque de crever de la guerre concurrentielle, vous négociez même avec vos concurrents pour vous répartir les marchés.

Il n’y pas de volonté ou de complot des entreprises et des industriels pour asservir les salariés, c’est une vision tronquée et même carrément  fausse. Les entrepreneurs sont en guerre avec tout le monde. Les seules lois qu’ils connaissent sont celles qui vont leur permettre de continuer à gagner toujours plus d’argent et de survivre à  leurs concurrents. Et si pour cela ils doivent acquérir sur les États des pouvoirs de chantage qui leur permettent de continuer à tenir leurs objectifs, alors ils s’organisent pour devenir  intouchables... et il faut dire qu’avec l’internationalisation des entreprises, c’est devenu tellement simple, qu’il faudrait être le dernier des imbéciles ou des inconscients, pour ne pas en  profiter, user et abuser de toutes les opportunités que ce monde offre pour s’enrichir plus vite...

 

 

Si vous étiez un banquier ou un fond d’investissement...

Le cas des financiers et des banquiers est un peu différent, mais il répond aux mêmes « logiques » que les précédentes. Quand les  changes flottants ont été introduits sur les marchés monétaires, c’est comme si on avait ouvert un super casino mondial, où avec un téléphone et un télex, il devenait possible en jouant sur les  différences de change entre les monnaies pays par pays, de gagner presque à coup sûr. Qu’est-ce qu’ont fait nos banquiers et financiers ? Ce que tout le monde aurait fait à leur place, si on  leur avait proposé un casino, où leur probabilité de gagner était supérieure à une fois sur deux, notamment au moyen des swaps triangulaires... tandis que les États devaient faire face à cette nouvelle forme de spéculation monétaire en n’ayant à leur disposition que la TQM ou la dévaluation... tous deux destructeurs de pouvoir d’achat pour les populations et de  conséquences récessives pour l’économie, dans un environnement spéculatif...

Puis les marchés financiers ont été libéralisés, dérèglementés, la demande de liquidités et de capitaux n’ont fait que se développer en  suivant, au début, le développement du commerce international ; les produits financiers se sont donc diversifiés et  sophistiqués. Surtout, les banquiers ont appris à faire supporter le risque à d’autres, en créant des sous-produits et en titrisant à peu près tout et n’importe quoi.

Il est à noter que l’enfoncement dans un système financier de plus en plus déconnecté de l’économie réelle suit toutes les grandes dates de  libéralisation... Un indicateur simple, celui de la durée de détention des titres ; plus les marchés se libéralisent, plus acheter et vendre devient un objectif et une nécessité en  soit :

 

Duree-detention-actions

 

En fait, sur des marchés « fondants », où ce qui est vrai aujourd’hui sera faux demain, la financiarisation et le passage à des  logiques spéculatives de très court terme sont des réponses de survie… et plumer les autres une seconde nature, pour ne pas dire une première... Quand en plus mettre quelques filiales dans des  paradis fiscaux opaques vous permet, en toute impunité, de démultiplier vos gains et de jouer même contre vos propres clients, pourquoi se priver ?

Toujours dans la même logique... les mêmes causes engendrent les mêmes effets ; et je mets au défis tous les donneurs de leçons et jeteurs  d’anathèmes de nous dire ce qu’ils auraient fait de différent s’ils avaient été à la place de tous ces dirigeants considérés comme des psychopathes asociaux... ce qu’ils sont, mais ce dont ils ne  sont pas responsables... parce que ce ne sont pas eux qui ont signé tous les accords qui continuent de nous conduire au désastre...

On peut, bien sûr, trouver des collusions, des lobbys, des complicités, des influences, des chantages, ... mais la réalité, c’est que ce  sont les politiques qui ont pris les décisions, qui ont permis toutes ces dérives mortifères, pas eux. Je pense même que les banques, du moins au début, ont été très emmerdées par les nouveaux  pouvoirs qui leur tombaient du « ciel », qui les obligeaient à revoir toutes leurs stratégies en passant de marchés captifs nationaux à un champ de bataille mondial... Après, elles y  ont pris goût... et ont fini par en abuser... adoptant des vrais comportements d’addict...

Là encore, aucune lutte des classes, simplement une lutte des places à mort ; où fréquenter les mêmes clubs sélects n’empêche pas de  vampiriser son « ami de classe », ou de lui donner le baiser de la mort. Il est, d’ailleurs, plus que probable que la faillite de Lehman Brothers, qui a mis le feu aux poudres dès 2007, ait été encouragée (pour ne pas dire orchestrée) par son concurrent Goldman Sachs.

Aucun complot dans ces faits, de la corruption, oui, mais uniquement consécutive à la bataille pour la survie et la première place, d’un  système qui a rendu légal absolument tous les moyens de s’enrichir...

 

 

Si vous étiez l’État....

La situation des États est doublement paradoxale, puisqu’ils sont en même temps responsables des décisions qui les ont fait plonger et  victimes de ces mêmes décisions...

Rappelons que les « décisions » de libéralisation ont été prises dans le contexte de la « guerre froide ». Une époque, où il fallait « choisir son camp », et si on n’était pas avec les USA, alors on était  contre eux... Une logique dont De Gaulle a su nous préserver, juste le temps qu’arrive au pouvoir une nouvelle classe de cyniques technocrates, Pompidou/VGE/Barre, qui eux ont fait de l’idéologie  libérale, la base de leur action...

Ceux qui les ont suivis n’ont pas fait mieux en étant, en plus, totalement incohérents, un coup je te nationalise, un coup je libéralise et un  coup je m’assois sur mes valeurs, juste pour ne pas fâcher les États-Unis, les Allemands, les Anglais, et même les patrons... du grand n’importe quoi... en essayant de se faire croire qu’ils  suivaient des « principes de réalité », ils n’ont fait qu’accélérer l’entrée dans des contradictions insoutenables et mortifères...

Le reste je vous l’ai déjà longuement exposé dans différents articles : ici ou et un peu partout...

 

Ce qui reste remarquable, c’est qu’en toute logique, ayant signé des accords qui nous lient à des pays, nous aurions dû adapter nos  législations en conséquence et, entre autres, prévoir des moyens de rétorsion, mais il n’en a rien été. De même, nous aurions dû profondément réformer nos structures démocratiques, puisqu’ayant  abandonné une partie de notre souveraineté, certaines n’ont plus aucune raison d’être... Mais, on connaît le phénomène : il est impossible en France que les structures s’adaptent aux  lois... une simple communauté de communes (censée mettre en commun des moyens) multiplie en général les coûts par 1,5. C’est ainsi... on ne défait pas ce qui a été fait, même si le contexte a  changé...

 

La « crise » est un mécanisme adaptatif. Espérons qu’elle nous conduira à sortir des logiques qui rendent fou, sans que nous ayons à  passer par des « issues dramatiques » (selon certains psys, face à un problème, il n’y a que 5 solutions : le suicide, le meurtre, la  folie, la maladie, ... et la guérison) : guerres, effondrement monétaire, catastrophe écologique, famines, et cetera... Mais j’ai des doutes, quand je vois comment la courbe des ventes  d’armes a recommencé à évoluer en forte hausse  (Cahier 10 de l’Irsem : 650 Md$ en 1989, 1 620 Md$ en 2010) et comment les pays n’arrêtent pas de se montrer leurs muscles...

 

 

Ce que je ne comprends pas...

 

Maintenant, que je vous ai expliqué ce que je comprends des « logiques » implacables qui nous conduisent et continuent de nous  entrainer dans des régressions sans fin, je vais vous dire ce que je ne comprends pas.

 

Ce qui reste un vrai mystère, c'est de comprendre pourquoi, aucun gouvernement n'est prêt à remettre en cause les doctrines  « sauvages-échangistes », et non pas « libres-échangistes » qui supposeraient une réciprocité des conditions concurrentielles loyales.

Ce qui reste un mystère, c'est d'avoir des lois nationales qui nous protègent du travail au noir, de la concurrence déloyale, des ententes, du  dumping, des destructions environnementales, de l'esclavage, de l’enrichissement sans cause, de la fraude fiscale, et cetera... et de permettre à des produits issus de pays qui ne respectent  aucune de ces lois de se vendre sur nos marchés, sans aucune contrainte ou pénalisation ; sans oublier que très clairement, il est permis d’aller faire ailleurs ce qui est interdit chez  nous...

 

En bref, depuis 40 ans les accords internationaux concernant l'économique ont toujours été en  totale incohérence par rapport à nos lois nationales... Et c’est incompréhensible d’avoir encore des lois nationales qui nous  protègeraient, alors qu’il suffit de franchir une frontière pour que tout redevienne possible.

Même à l’intérieur de notre Europe des 27 (!!!), il  existe tant de disparités économiques, sociales et règlementaires que les arguments ne manquent pas pour constater qu’on a fait n’importe quoi, en acceptant de faire entrer des pays qui ne  respectent pas nos lois. Juste un exemple, parmi tant d’autres, nous importons du miel de Hongrie bourré de produits phytosanitaires et même de poisons, alors que leur usage est totalement interdit chez nous... en conséquence nos miels locaux sont plus chers, nos producteurs tirent le diable par la queue et notre balance commerciale  est déficitaire sur ce produit...

 

Le plus dingue est que nous continuons à règlementer nos productions nationales, sans aucune adaptation au contexte international ou même  européen. Un simple exemple, la loi « pollueur-payeur » de 1995. Formidable ! Il fallait bien que cette  juste loi (adoptée par l’OCDE en 1972) s’applique enfin, en France. Résultats :

- les industries les plus polluantes se sont délocalisées dans des pays moins regardants, et nous avons perdu des emplois (et ce mouvement  continue),

- nous importons maintenant ces produits d’ailleurs, et nous creusons doublement nos déficits, par les pertes d’emplois qui nécessitent un  traitement social et par notre balance commerciale déficitaire,

- et surtout en aucune manière, nous n’avons réglé le problème, puisque nous l’avons juste déplacé ailleurs... faisant crever d’autres  populations que nous...

Le minimum du minimum de bon sens aurait voulu que nous interdisions l’importation des produits qui ne respectent pas nos normes de  production, ou pour le moins que nous les surtaxions, pour permettre à nos industries de rester concurrentielles sur notre sol en s’adaptant à nos normes... Bé non, rien, nada, encéphalogramme  plat de la part de nos politiques qui continuent à prendre des décisions, comme si le monde ne proposait pas des milliers d’alternatives pour  s’autoriser ailleurs, ce qui est interdit chez nous...

 

Le pire, c’est qu’il est certain que même si on adoptait aujourd’hui des mesures conservatoires pour surtaxer ces importations (sans autres mesures d’accompagnement), les industries concernées ne reviendraient pas pour autant chez nous (bon courage à Montebourg, qui est vraiment pitoyable)...

Pourquoi le feraient-elles ? Elles n’en verraient aucunement la nécessité. Elles n’ont pas de concurrents locaux et personne ne s’installera avec des contraintes qui augmenteront leurs coûts de production. Et même s’il y avait surtaxation, « pas grave », ce sont les consommateurs qui payent (ce que les écolos et bien d’autres n’arrivent pas à comprendre), puisque les besoins n’ont pas disparu et que les marchés sont captifs. De plus, ayant pris de mauvaises habitudes ailleurs, il faudrait qu’on puisse leur démontrer qu’elles gagneraient beaucoup plus d’argent chez nous, si elles s’y réimplantaient, ce qui avec nos structures actuelles est totalement impossible... 

Les mouvements de fuite sont donc à peu près irréversibles, tant qu’on collabore au système mondial de « standardisation par le bas »....

 

Oui, je ne comprends pas que personne, parmi tous ces gens qui pensent les décisions, ne sache mesurer les conséquences des lois qui sont prises, sans réfléchir en termes systémiques. Quand je vous dis que les politiques (et bien d’autres avec eux) n'ont aucune vision, ni compréhension, de ce que leurs concepts et propositions engendrent et produisent, concrètement et comptablement, dans l'économie réelle et le porte-monnaie des individus, je pense que la démonstration n’est plus à faire... Mais si vous aviez encore des doutes, poursuivons...

 

 

La double contrainte légale...

 

À quoi pensaient nos députés et nos sénateurs (quel que soit leur camp) quand ils ont validé ces accords internationaux ? Le Conseil Constitutionnel ? Le Conseil d’État ? Les syndicats ? Les politiques européens ?... Seul, dans les années 70, le PCF a dénoncé l'hégémonie des diktats « libéraux » US, mais il a vite été bâillonné par ses propres contradictions internationalistes et son allégeance à l’ex-URSS...

 

Il y a un vrai bug au niveau légal qui n'a jamais été remis en cause (et pas plus discuté), c'est que les accords internationaux s'imposent à nos lois nationales, même si, de fait, ils ne les respectent pas.

Il est à remarquer que notre hiérarchie des lois est quelque peu contradictoire sur ce point et lui-même en système de double contrainte. Il est précisé « Les normes internationales (...) s’imposent à toutes les normes de droit interne exceptées celles qui ont valeur constitutionnelle. » ; tandis que le Conseil d’État et la Cour de Cassation veillent à l’application scrupuleuse de l’Article 55 de notre Constitution qui stipule que : « Les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque accord ou traité, de son application par l'autre partie. »

Donc, les accords internationaux ont une autorité supérieure à nos lois nationales sous réserves :

- qu’elles respectent notre Constitution ; mais ça visiblement tout le monde s’en fout, puisque le fait que ces accords nous empêchent de respecter notre Constitution de façon indirecte n’est pas pris en compte.

- que l’autre partie signataire respecte l’accord ; et là, tout le monde se tait parce que personne ne veut fâcher personne...

 

Incompréhensible, qu’aucun parlementaire, aucune institution de contrôle de la légalité, ... personne n’ait jamais soulevé la moindre objection ; pas parce que nous perdrions notre souveraineté, mais simplement parce que tous ces accords internationaux rendent inopérantes nos lois nationales, ainsi que notre Constitution... tandis que les pays avec lesquels nous signons ces accords continuent à s’assoir dessus sans aucun scrupule... et sans aucune réaction de notre part...

Il est interdit de tuer ici, mais si vous le faites dans un pays qui vous le permet, ça ne nous regarde pas... C’est à peu près l’état de notre droit actuel, et c’est ce qui rend fou et pervers, la plupart des responsables économiques.

 

 

Pour conclure provisoirement, avant l’effondrement systémique...

 

Il suffirait de remettre en cause les contradictions légales, qui rendent fou, par des mesures adaptatives, telle la TVA sociale substitutive, pour modifier du tout au tout la donne... Et je réfute l'idée que c'est une mesure protectionnisme, c’est une simple mesure de rétablissement d’une concurrence loyale et de relocalisation de l’économie...

Pareil pour les flux financiers... Il suffirait d’appliquer au domaine international nos lois nationales sur la transparence financière, avec des mesures de saisie des avoirs occultes, pour éradiquer tous les comportements prédateurs...

 

Quant à savoir qui va s'y attaquer, en dehors de « l'homme providentiel », je ne vois que les citoyens (comme les Islandais) qui seraient à même de dire, ça suffit (on peut toujours rêver...) !... Parce qu’aucun politique n’est en capacité de s’avouer à quel point, il a été et continue d’être con et illogique ; pire, qu’il ne comprend rien aux « principes de réalité », et à quel point il est le jouet de contraintes qui lui font croire qu’il n’y a pas d’autres chemins possibles (surtout s’il veut garder sa propre place)...

Friedrich Nietzsche (« Le Crépuscule des idoles » / Les quatre grandes erreurs) nous disait : « Il n’y a pas d’erreur plus dangereuse que de confondre l’effet avec la cause : j’appelle cela la véritable perversion de la raison. ». À vouloir chercher des responsables, là où il n’y a qu’un système pervers de lois paradoxales, déconnecté des effets qu’il engendre, on se trompe d’ennemis et de solutions, pour vraiment changer les choses.

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 22:10

 

Première date de publication : 06 octobre 2012

Date de la dernière mise à jour : 06 octobre 2012

 

 

On aura tout vu... Même les réchauffistes faire une étude pour nous affirmer que 97 % des climatologues sont d’accord pour dire que « l’activité humaine est significative dans le réchauffement climatique ». « J'adore » le procédé, c'est pas bien, pas bien du tout !... Et depuis quand, le thermomètre peut mesurer sa propre température, pour constater qu'il mesure bien ?...

 

 

En préalable... 

 

Des convictions ne font pas des preuves... Une majorité et même une unanimité de scientifiques ne fonde pas une vérité scientifique... ou alors Dieu existe aussi, puisqu'il y a une majorité de gens qui y croient sur terre... et l'histoire scientifique est pleine d'unanimités qui ont été défaites par des esprits libres...

 

Mais par-dessus tout, je ne vois pas au nom de quoi le GIEC devrait me prendre en otage et me sommer de me déterminer dans une controverse scientifique qui me dépasse (presque) totalement. C'est quand même la première fois (du moins de mon vivant de 50 ans) qu'on assiste à ce genre de débat public sur un problème scientifique, qui déborde autant le cadre des spécialistes, qui est autant relayé médiatiquement, et avec une telle intensité dramatique, où tous les témoins du combat sont sommés de se déterminer pour le « bien » contre le « mal »... et je n'aime pas être manipulé, pris en otage, culpabilisé, terrifié, désinformé, « propagandé », « manichéanisé », ... bref, instrumentalisé... ça vaut pour tous les lobbys et faiseurs de « vérités », sans exception aucune !

 

C'est tout ce que je déteste chez les réchauffistes (et les écologistes qui s’en réclament), j'ai toujours l'impression que j'ai à faire a minima à des malhonnêtes et a maxima à des hystériques... mais sûrement pas à des scientifiques...

 

Pour information et pour que ce soit clair, avant que nous poursuivions, je n'ai rien à vendre, même pas du doute ; simplement, je n'adhère à aucune thèse, parce que malgré tout ce que j'ai lu sur le sujet, je suis incapable de trancher sur les affirmations des scientifiques : celle de la réalité du réchauffement, et surtout sur son origine anthropique ainsi que son évolution... Au passage, je dois avouer que j'admire doublement ceux qui sans aucun bagage scientifique arrivent à avoir des certitudes, notamment sur les équations de forçages et leur projection temporelle, qui relève plus de la futurologie que de la science... et pour autant, ça ne m'empêche nullement de penser qu'il y a urgence écologique, mais visiblement pas pour les mêmes raisons que les réchauffistes...

 

 

Alors, si tu es d’accord sur l’urgence écologique, où est le problème ? 

 

Le problème c’est que je refuse de trancher en tant que citoyen un débat scientifique, ça n’est ni mon rôle, ni de ma compétence. Mais corrélativement et beaucoup plus fondamentalement encore, en aucune manière la science n’a à me dicter un choix politique, ça n’est pas comme ça que je conçois que nous pouvons prendre les « bonnes décisions ». Utiliser les connaissances pour décider, ça n’est pas se laisser dicter les décisions par les connaissances. C’est une nuance un peu subtile que j’espère pouvoir vous clarifier dans ce qui suit.

 

D’abord, il y une évidence ; même si elle a des répercussions politiques, au nom de quoi, je devrais prendre parti pour une « vérité » scientifique contre une autre ? Alors même que, n'étant pas climatologue, mon adhésion ne peut pas être plus étayée que celle d'un supporter qui soutiendrait une équipe de foot...

La plupart des débats, pour ne pas dire tous, et découvertes scientifiques comportent des conséquences politiques, c'est ainsi pour toutes les représentations du monde. Cependant, ces représentations sont toujours provisoires. On dit qu’une théorie scientifique « est vraie jusqu’à ce qu’on démontre qu’elle est fausse » ; et même si nous connaissons des lois qui sont vraies, elles ne le seront jamais que le temps, où des affinements ou des « restrictions de cadre » lui soient apportés dans le futur.

Par exemple, plus d'un siècle de débats entre l'inné et l'acquis a déchiré les scientifiques ; pour aboutir à quoi, aujourd'hui ? Pour faire très grossier : bé, c'est un peu des deux... et on commence à peine à comprendre qu'on ne comprend pas grand-chose aux interactions, tant des pans entiers de complexité se sont révélés au cours des successives découvertes (Cf. pour les mordus de sciences et ceux qui veulent s’y mettre : « Le gène : un concept en évolution », Jean Deutsch, à paraître au Seuil le 11/10/2012)...

Et si les tenants de l'inné avaient « gagné » (même provisoirement), est-ce que pour autant, j'aurais dû renoncer à penser qu'il est possible de changer les déterminismes humains ? Ou même, si on va jusqu'au bout de la « logique » de l'inné, devenir un nazi qui aurait milité pour l'eugénisme ? On voit bien que ça n’a pas de sens de lier positionnement politique et science, mais plus grave, où pourrait nous conduire une conception de la « vérité scientifique » non dynamique, figée et qui déciderait pour les hommes de leur présent et de leur avenir...

Et pour revenir à notre sujet, si un jour un scientifique démontre qu'on peut continuer à saccager la planète sans risque pour le climat et que ça fait consensus, ou encore mieux que le CO² peut être transformé en or (c’est une image), est-ce que je devrais arrêter de militer pour que nous modifiions totalement nos modèles de croissance et nos modes de vie ? Bé non, parce qu'en aucune manière la science n'a à me dicter mes choix politiques, moraux et éthiques, ainsi que quelle vie je veux pour moi, les humains d’aujourd’hui et nos descendants !

 

 

Les perversions du scientisme...

 

Le scientisme comporte des dangers et une perversion de la pensée au moins aussi dangereux que ceux que nous voyons à l'œuvre chez tous les extrémismes... La « science officielle » qui détient le pouvoir politique, c’est plusieurs siècles de catholicisme qui bâillonnèrent et assassinèrent des savants et les hérétiques, mais également le nazisme et le stalinisme... Mais cette pensée magique conduit également tout autant :

- certains à penser que la science réussira à résoudre nos grands défis écologiques, sans que nous ayons à remettre en cause nos façons de vivre. Dommage pour nos descendants s’ils se trompent ou si les solutions arrivent trop tard...

- et nos écologistes qui se réclament des théories réchauffistes à penser qu’on va tous mourir si on n’arrête pas de produire du CO², alors même que certains peuples ont besoin d’en produire beaucoup plus aujourd’hui, s’ils ne veulent pas mourir tout de suite.

Et moi, je ne crois en rien, par contre j’ai des valeurs humaines et c’est sur elles que je fonde mes choix politiques, sans avoir besoin de « caution scientifique ». Ou autrement dit pour faire un parallèle, je n'ai pas besoin de « croire en Dieu », pour penser que certaines lois du décalogue sont universelles et doivent être appliquées pour le bien du plus grand nombre.

C'est ça qui fonde une partie de la pensée laïque : le véritable libre choix ne doit pas dépendre d'une « volonté supérieure »... sinon on remet tout de suite les clefs de la démocratie aux scientifiques - mais lesquels ? D'autant, que certains préfèreraient les religieux - et on arrête de voter, ça sera plus simple ! C'est d'ailleurs une des déviances de notre « démocratie » actuelle, dont la tendance lourde est de vouloir s'affranchir toujours plus du contrôle des citoyens et des fondements mêmes de la laïcité républicaine...

Ça me rappelle le débat en 2005 sur le TCE... Nous avons été nombreux à voter, « non »... Mais très clairement pas pour les mêmes raisons (c’est pareil pour le « oui » d’ailleurs), et en aucune façon, je n'aurais défilé avec Le Pen, pour que mon « non » l'emporte...

 

Aussi, je continuerai à penser qu'il y a des raisons bien plus importantes, que celles avancées par le « problème » climatique, fut-il réel, pour juger qu'il faut tout changer et tout de suite ; je ne les énumèrerai pas toutes (il y en a partout sur ce blog), mais on pourrait commencer par : ça suffit, qu'une minorité de nantis (dont nous faisons partie ne nous en déplaise) vive au dépend de tous les autres... ça suffit, les attitudes « après moi le déluge »...

Désolé et tant pis, si cela heurte les « convictions » des écologistes réchauffistes, et qu’ils ne me trouvent pas digne de défendre les mêmes objectifs qu’eux, puisque je ne les fonde pas sur les mêmes « raisonnements » et valeurs qu’eux...

 

 

Une petite mise au point pour terminer, parce que je ne peux pas m’empêcher d’avoir envie d’énerver les croyants...

 

Il faut arrêter de colporter que l'Académie des Sciences (française) a tranché. À moins que je ne comprenne pas le français, au vu du nombre d'hypothèses à vérifier et de phénomènes encore à comprendre pour confirmer ou infirmer l'anthropisme du réchauffement, en aucune manière ce débat scientifique n’est clos ! Sauf pour affirmer 4 choses, je cite :

- Plusieurs indicateurs indépendants montrent une augmentation du réchauffement climatique de 1975 à 2003.

- Cette augmentation est principalement due à l’augmentation de la concentration du CO2 dans l’atmosphère.

- L’augmentation de CO2 et, à un moindre degré, des autres gaz à effet de serre, est incontestablement due à l’activité humaine. 

- Elle constitue une menace pour le climat et, de surcroît, pour les océans en raison du processus d’acidification qu’elle provoque.

 

Sauf que dans ce même rapport, l’Académie dit qu'il faut poursuivre les recherches pour vraiment savoir, en particulier pour les effets futurs...

Tout le chapitre 3.2, des pages 10 et 11 y est consacré; et dans les conclusions, je cite toujours, mais c’est moi qui surligne :

- Cette augmentation entraîne des rétroactions du système climatique global, dont la complexité implique le recours aux modèles et aux tests permettant de les valider.

- Les mécanismes pouvant jouer un rôle dans la transmission et l’amplification du forçage solaire et, en particulier, de l’activité solaire ne sont pas encore bien compris. L’activité solaire, qui a légèrement décru en moyenne depuis 1975, ne peut être dominante dans le réchauffement observé sur cette période.

- Des incertitudes importantes demeurent sur la modélisation des nuages, l’évolution des glaces marines et des calottes polaires, le couplage océan atmosphère, l’évolution de la biosphère et la dynamique du cycle du carbone.

- L’évolution du climat ne peut être analysée que par de longues séries de données, à grande échelle, homogènes et continues. Les grands programmes d’observations internationaux, terrestres et spatiaux, doivent être maintenus et développés, et leurs résultats mis à la libre disposition de la communauté scientifique internationale."

 

Si toutes ces réserves et préalables à la validation de toutes les thèses réchauffistes ne sont pas suffisants pour que leurs tenants arrêtent d’hystériser le débat scientifique, ce n’est pas moi qui vais arriver à ce qu’ils adoptent des comportements un peu plus humbles et en tout état de cause un peu plus conformes à l’éthique scientifique qui semble prévaloir partout, sauf chez eux.

 

D’ailleurs, quand la science est pervertie on sait bien qu’il faut suivre le fil de l’argent (et c’est une évidence à peu près pour tous les domaines d’ailleurs)... C’est vrai pour les salopards qui nous ont affirmé que le Médiator, ça fait du bien, ou encore pour ceux qui ont convaincu l’EFSA que les OGM, c’est cool, et de tant d’autres criminels... mais c’est vrai aussi de manière homothétique pour le GIEC...

Qu’est-ce qu’on penserait d’une institution qui « a pour mission d’évaluer, sans parti-pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. (...) » qui dirait : « tout va bien », ou « qu’elle ne sait pas » ? On penserait qu’on peut la dissoudre puisqu’elle ne sert à rien. Il est, donc, assez évident que si on est payé seulement si on tire le signal d’alarme, on tire le signal d’alarme... C’est malheureusement aussi bête que ça...

 

 

Pour conclure

 

Si vous avez compris qu’on peut agir et se sentir plus que concerné par les problèmes écologiques, pour des raisons qui sont simplement celles des valeurs humanistes et d’une vision de l’avenir des humains qui intègre la finitude, alors c’est tout ce qui m’intéresse.

Pour le reste, je ne doute pas que je resterai un incompris par tous ceux qui continueront à faire de la politique à partir de leurs « croyances », et c’est tant mieux ou tant pis ça dépend du point de vue, où l’on se place.

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 22:00

 

Première date de publication : 02 octobre 2012

Date de la dernière mise à jour : 02 octobre 2012

 

 

Nous n’avons pas fini d’être emmerdés par tous les dingues de Dieu... D’ailleurs, il semble bien que nos prochaines guerres, dont celle qui va débuter en Iran après le 6 novembre (date où nous connaitrons le prochain Président des USA), se conduiront contre tous ces malades... et tous les paris sont ouverts, tous les scénarios sont possibles sur les conséquences dramatiques possibles...

 

 

Les erreurs médiatiques et de réflexions sur le traitement des fascislamistes... 

 

Le déferlement médiatique, à chaque fois que ce genre d’affaire refait surface, me fatigue. Je ne sais même pas qu’est-ce qu’il y a à discuter : pour ou contre la liberté d’expression, pour ou contre le droit à la caricature, opportunités ou non de les publier, pour ou contre un délit de blasphème, de « respect » ou non des croyances des autres, ... mais vraiment, je m’en fous, ce n’est pas le problème !

Pire, je pense que nous avons tous tort de vouloir traiter ce genre de sujet d'un point de vue philosophique, politique, religieux, sociologique et autres... La réalité, c'est que nous devrions parler de ces extrémistes-là exclusivement comme de malades mentaux ; donc du seul et unique point de vue psychiatrique et psychologique, et c’est tout. Ce qui n’empêche pas par ailleurs de rechercher dans la politique et autres causes, les raisons qui expliqueraient l’apparition de leurs délires.

 

Si un schizophrène, au nom de ses voix intérieures et « croyances », devient dangereux, ou s’il se prend pour Napoléon, en général on lui propose un traitement et dans le pire des cas on l’enferme... c'est une évidence pour tous... Mais bizarrement quand les délires sont « objectivés » et « rationalisés » par la médiation de la religion ou de la politique, tout à coup on se met à discuter avec ces gens-là.

C'est une grave erreur d'approche qui ne permet pas de poser les problèmes au bon endroit, qui fausse et pourrit les débats... C’est comme si nous discutions de la légitimité politique ou non d’un délire psychotique, ça n’a pas de sens ! Sauf en milieu hospitalier et/ou dans un cadre thérapeutique... Pire par le déferlement médiatique que ces paroles et actes de fous engendrent, nous les « légitimons » en leur donnant une reconnaissance qui renforce le délire, qui appelle et attire de nouveaux adeptes...

Les médias devraient parler exclusivement des « fascislamistes » et autres intégristes comme de malades mentaux, et de leurs actes et manifestations comme de bouffées délirantes. Je suis persuadé que cela changerait progressivement la donne ; notamment en conduisant ceux qui seraient tentés par ce type de folie à réfléchir à quel « camp » ils appartiennent.

 

Il faut arrêter sous couvert de « liberté d’expression » ou de spécificités culturelles de donner une tribune à ces délires religieux et politiques... Il n’y a rien à discuter avec ces gens-là, pas plus de la légitimé de « choisir » la charia comme loi de vie, que des anathèmes qui conduisirent à l’inquisition...

Tous les démocrates devraient décider une fois pour toutes que ce n’est pas une question politique, philosophique ou religieuse qui mérite le moindre débat, sauf pour rappeler que ces gens devraient être soignés ou enfermés... et que nous avons tous les droits de nous en défendre, pour sauver notre propre peau et nos libertés.

 

 

Sale temps pour les névrosés... 

 

Tous les professionnels de santé le constatent, la fréquence des structures psychotiques et borderlines est en perpétuelle augmentation. Je n’ai pas retrouvé les références de l’étude, qui, il y a quelques années, démontrait la hausse de la fréquence de ces structures sur 40 ans, et qui fixait à 40 % de la population (!!! probablement, à rapprocher des 40 % qui croient que ce qu’ils voient à la télé est vrai), ceux qui sont maintenant classables dans cette nosographie (Nota : attention, structure ne veut pas dire que les gens sont déclarés « fous » ou désocialisés, mais simplement qu’ils sont susceptibles de développer ce type de pathologie) ; par contre, je vous ai trouvé cette conférence au Collège de France qui fait le point sur la fréquence des symptômes associés... édifiant ! En milieu non clinique, 35 % de la population a déjà eu des symptômes psychotiques... et je me demande quel taux cela atteindrait partout dans le monde, notamment dans les pays arabes...

S’il y a un constat à faire, c’est bien qu’il s’est passé quelque chose qui a suffisamment détérioré l’environnement social, pour que ce type de réalité évolue de façon aussi dramatique sur 40 ans. Bien évidemment, il ne m’est pas possible d’énumérer toutes les causes probables. Nous sommes dans des systèmes complexes et multifactoriels, et je ne suis pas en capacité de mettre en avant ne serait-ce qu’une cause plutôt qu’une autre.

Par contre ce qui est sûr, c’est qu’à part leur degré de dangerosité, je ne vois pas vraiment de différence entre les crétins qui campent devant les magasins pour acquérir les premiers le dernier I-phone 5, les barjots qui suivent les fatwas criminelles dictées par des encore plus barjots qu’eux, ou encore ces ados qui sont capables des pires actes de barbarie pour un regard échangé... Si nous en doutions encore, notre monde continue de démontrer qu’il est toujours capable du pire...

 

Les pauvres névrosés que vous êtes (désolé, moi je suis un cas limite ) qui en général, ne pourrissent que leur propre vie, sans rien demander à personne, ne sont vraiment pas à la fête. Ils vont avoir de plus en plus de mal à se situer dans ce monde parce que leurs capacités réflexives ne leur ont pas appris à appréhender des situations, où la « logique » s’est fait la malle depuis longtemps. Ils sont désarmés face à la violence et incapables de la décrypter, parce qu’ils font une erreur de base en s’imaginant qu’on peut discuter avec ces psychotiques, qu’ils seraient atteignables par la raison, comme eux seraient capables de le faire pour leurs propres problèmes... En conséquence, le gouffre qui nous sépare d’une possible résolution des problèmes n’est pas prêt de se combler... aucune approche « normale » ne peut fonctionner avec les barbares...

 

Et pour terminer avant les prochaines vagues de barbarie, prenons la désastreuse situation de la Syrie... Est-ce vraiment une évolution qui va dans le bon sens que des gens se battent pour avoir le droit de choisir leur dictature ? Faut-il soutenir cela ?

En aucune manière, je n’ai envie de prendre parti pour des fachos contre d’autres fachos (on a fait tellement de conneries à ce niveau-là, du Cambodge jusqu’à l’Iran...)... C’est juste affreux pour les populations civiles qui se retrouvent prises entre deux feux, mais pour le reste je m’en fous et, en aucune façon on ne me fera choisir entre la peste et le choléra... Au fond, qu’ils s’entretuent entre eux, c’est très bien, il en restera moins à soigner ou à éliminer... Mais ça, ce n’est pas un raisonnement qu’un névrosé peut s’avouer... je vous l’avais bien dit que je suis un cas limite.

 

 

En guise de conclusion provisoire...

 

« Tuer un homme, ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme. », écrivait Sébastien Châteillon, théologien protestant du 16ième siècle. C’est le premier repère qui permet de savoir à qui nous avons à faire.

 « Au bout de tout savoir et de tout accroissement de notre savoir, il n'y a pas un point final, mais un point d'interrogation. », écrivait Herman Hesse ; et c’est bien ça qui fonde la différence entre ceux qui « croient » et les autres... et nous n’avons pas fini d’affronter tous ceux à qui leur folie fait croire qu’ils doivent imposer leur « vérité » à tous les autres.

Préparons-nous ; cela fait longtemps que le combat entre les névrosés et les psychotiques dure, mais avec les moyens d’extermination de masse actuels, nous n’avons encore rien vu... J’espère cependant sincèrement que je me trompe.

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 21:00

 

Première date de publication : 17 mai 2012

Date de la dernière mise à jour : 17 mai 2012

 

 

Un titre ambitieux n’est-ce pas ? Cependant, ne vous attendez pas à ce que je vous fasse l’exégèse de tous les penseurs (philosophes, économistes, politiques, et cetera, et cetera...) qui ont écrit et se sont prononcés sur le sujet ; ils sont bien trop nombreux et mes choix seraient forcément partiaux et partiels... En plus, j’ai une mémoire de palourde et cela me demanderait trop de travail pour me la rafraîchir, d’autant plus, pour des textes que j’ai principalement lus dans mes jeunes années, quand je pensais surtout que « la propriété, c’est le vol » (célèbre formule de Proudhon, qui sur la fin de sa vie a rectifié en disant que finalement, c’était un mal nécessaire sous la forme « la propriété, c’est la liberté », pour exercer un contre-pouvoir de l’État !!! Il ne croyait pas si bien dire le bougre... mais je doute qu’il ait pu imaginer que certains possédants deviendraient plus puissants que les États)....

 

Aussi, je vous propose d’oublier la philosophie, la morale, et patati et patata, et d’aborder le sujet, sous un tout autre angle, celui des expériences vécues et en partant d’une libre adaptation d’un commentaire de Richy qui nous rapporte un constat frappant.

Si en l’an 0, un banquier avait prêté 3 grammes d’or (0,003 kg, le poids moyen d’une alliance) à quelqu’un, en intérêts composés à un taux de 3,2 %, combien de kilos ou tonnes d’or devraient rembourser les descendants du débiteur en 2012, pour solder leur dette ?

On pose la formule : 0,003 X 1,0322012

On demande à Excel de faire le calcul, et on trouve, en tonnes : 10 015 490 067 627 500 000 000 tonnes ; soit 10,015X1021 tonnes.

La masse de la terre est de : 5 973 000 000 000 000 000 000 tonnes ; soit 5,973X1021 tonnes ; et on comprend tout de suite qu’il y a comme un problème, puisque la dette cumulée ferait presque 1,7 fois la masse de la terre...

 

Premier constat, la physique s’oppose et donne des limites matérielles et temporelles, infranchissables au système de la dette, de la propriété privée et des exigences de rendements qu’on peut attendre d’un placement...

 

Deuxième constat, sans « destruction de valeur », notre système économique aurait depuis fort longtemps atteint les limites physiques de sa « logique ». Ou dit plus trivialement, dans le choix de développement que nous avons fait, il faut qu’il y ait des « ruinés » et des « perdants », pour que le système puisse perdurer, pas à l’infini, mais le plus longtemps possible. Et en tout état de cause, même avec une « croissance lente », nous atteindrons un jour ces limites... qui se profilent déjà dans la pénurie annoncée, réelle et effective, de pétrole et de matières premières...

 

Gardez en mémoire ces deux premiers constats, nous y reviendrons... et ne vous troublez pas du fait que je passerais constamment du problème de la propriété (qui possède ? et quoi ?) à la façon dont on l’utilise (pour faire quoi ?), c’est pour mieux en casser certaines logiques soi-disant liées...

 

 

Quelques considérations, partiales et partielles...

 

À la suite de ce calcul, j’ai immédiatement pensé aux religions révélées (Bible et Coran), à l’interdiction initiale absolue qu’elles imposent au fait d’exiger une rémunération contre le prêt d’argent ; même si des écrits ultérieurs et successifs tempèrent l’interdit (droit de prêter aux « étrangers » ou notion de « juste prix »)... Les prophètes étaient soient de brillants mathématiciens, soient comprenaient qu’il y a quelque chose d’intenable, pas seulement moralement, dans le fait d’exiger une rémunération contre un prêt...

Seulement, il est assez évident que tous les religieux ont quelque peu oublié leur loi initiale ; pire depuis les années 70, la financiarisation est même devenue une « religion » en soi. Considérer l’argent comme une marchandise, qui obéit à la loi de l’offre et de la demande, et son corolaire faire de l’argent avec de l’argent, semblent des évidences, même pour le petit épargnant, qu’il est difficile et même tabou de remettre en cause.

Outre les raisons que nous avons déjà explorées dans cet article, cette idéologie, dominante et triomphante, doit également beaucoup au fait qu’à la suite de la chute de l’ex-URSS, l’économie planifiée et la collectivisation des moyens de production semblent être devenus le mal absolu pour stimuler et tenir un développement économique... Il n’y a plus de contre modèle sur terre et seuls les peuples premiers nous rappellent (mais, pour combien de temps encore), que l’on peut vivre à l’écart du « toujours plus », sans saccager la terre et ses congénères...

 

Ce qui est intéressant, c’est de constater qu’à propos du « meilleur modèle économique » les débats d’idéologue n’ont pas de sens, ou du moins ne reposent sur aucune donnée factuelle réelle. À ce que je sache, le fait qu’une économie puisse prospérer et se développer n’a aucun rapport avec qui détient les moyens de production... Ou alors, il faut qu’on m’explique pourquoi certains pays totalement « libéralisés » ne décollent pas économiquement et pourquoi d’autres partiellement étatisés ont des développements insolents, et vice versa également bien sûr. Le seul modèle qui n’a jamais fonctionné, c’est quand tout est étatisé, mais on peut en dire tout autant quand tout est libéralisé ; ce qui d’ailleurs, ne prouve même pas que les expériences soient représentatives de l’échec des modèles sans concession, ni compromis... puisqu’on pourrait probablement relever les raisons des échecs dans l’inadaptation du système à son contexte d’application, ce qui n’a rien à voir avec le modèle en soi, j’y reviendrai...

 

La France faisait ses plus fortes croissances quand les secteurs nationalisés constituaient la plus grande part de son économie... Très idéologiquement, « on » a décidé que ce n’était pas à l’État de se mêler de produire, que le secteur privé était plus à même de rentabiliser certaines activités... Oui certainement, sauf que depuis, quand on arrive à faire plus de 2 % de croissance, c’est l’extase... J’entends déjà les thuriféraires du « tout libéral » m’expliquer que ça aurait été pire, si on n’avait pas dénationalisé... oui bien sûr, on peut toujours refaire l’histoire, quand on n’a aucun moyen de prouver les résultats et surtout quand on a mis en place tout ce qui pouvait faire échec aux « économies locales »...

La réalité c’est que ce sont toujours les cofacteurs et le contexte qui déterminent la réussite, ou non, de l’économie d’un pays, et certainement pas le mode de gestion de la propriété privée qui a été choisi. Mais de quels cofacteurs parle-t-on ? Essentiellement :

- du différentiel de compétitivité consécutif à la valeur d’échange de la monnaie, et/ou au niveau de servage des salariés,

- de l’ouverture, ou non des marchés (quels qu’ils soient) à la concurrence internationale,

- de l’existence et de l’accès, ou non, à des ressources en matières premières et autres richesses intrinsèques,

- de l’existence et de l’accès, à des « ressources humaines » éduquées et formées, qui pourront produire de l’innovation et du service, dits à valeur ajoutée,

- de la captation, ou non, par des minorités des richesses produites, mais également de leur capacité à réinvestir localement leurs capitaux plutôt que de thésauriser et de financiariser leurs avoirs dans des paradis fiscaux opaques ; ou autrement dit de comment fonctionne la redistribution et le réemploi des richesses produites,

- de l’attractivité du pays (en réalité de sa fiscalité avantageuse, de sa garantie des patrimoines et de sa « tenue » monétaire, etc.) pour capter les investissements de toutes natures, qu’ils soient productifs ou bancaires,

- s’il existe, ou non, des pays dominants prêts à s’endetter et à mener des politiques récessives au-delà du raisonnable (pour avoir accès au marché), pourvu qu’ils créent un système de dépendance monétaire indénouable (ai-je besoin de vous expliquer ? Pensez simplement à la Chine, et avant elle au Japon qui ont fondé leur développement sur l’endettement sans fin des USA, ... et à bien d’autres...). Mais tout également que les pays « sous dépendances » acceptent de conserver leurs excédents monétaires pour qu’ils ne se transforment pas en monnaie de singe...

- et cette liste n’est pas exhaustive, puisqu’on pourrait également y rajouter l’état de flexibilité du marché du travail, la priorité donnée (ou pas) à des politiques axées sur l’intérêt général, et cetera, et cetera, ...

 

Bref, lier idéologiquement la réussite économique à la forme que prend la détention des moyens de production est tout, sauf un sujet qui pose les bonnes questions... mais, je ne parle là que de la « réussite », pas de ses effets désirés ou indésirables, en fonction de la forme que prend l’idéologie, qui sont un autre débat...

 

Interlude illustratif sur les formes de propriété :

 

Socialisme capitalisme 

Fascisme 

 

Depuis toujours, on essaye de répondre à des questions qui en réalité ne mettent pas en face les valeurs et les logiques qui les sous-tendent :

- qui peut être propriétaire ? Et de quoi ?

- quelle forme de propriété privée ?

- la propriété privée est-elle indispensable au développement économique et à la prospérité des pays ?

- un propriétaire a-t-il tous les droits de disposer comme il l’entend de ses biens ?

- et cetera...

 

Cependant que par-dessus toutes ces questions, il y en a une qui reste sans réponse et qui détermine tout ce que nous pourrions gloser sur celles qui précèdent : qu’est-ce qui fonde la légitimité de la propriété privée ?

 

 

Digressions, ou presque, sur la possession...

 

Chacun à son niveau connaît, en principe, le « plaisir » et la « sécurité » que procure la possession... Cela fait partie des besoins basiques, tels qu’ils sont définis par la pyramide de Maslow. Tandis qu’il est communément admis que les « malades » de la possession au-delà de leurs besoins basiques (qu’ils agissent pour eux-mêmes ou pour un groupe social) sont, généralement, les moteurs du développement économique... et également, des exactions et des guerres pour avoir toujours plus... D’ailleurs, on sait que les « riches » s’embarrassent moins de considérations morales que les « pauvres ». Avant même que cette étude ne fasse quelques titres de journaux, de nombreuses autres constataient une « sous-moralisation » des riches (notamment une très sérieuse étude rapportée dans le chapitre « Tricher n’est pas jouer » du livre « Freakonomics » de Steven D. Levitt, qui en arrive même à la conclusion que « c’est leur aptitude à tricher qui vaudrait leur place aux cadres »).

On remarquera que si les riches n’ont jamais eu de très grands buts moraux et de partage, on a cependant eu une catégorie de patrons « paternalistes » qui avaient une haute idée du rôle des élites et des devoirs attachés à leur situation socialement dominante. Une catégorie dont il faut, à l’évidence, parler au passé (sauf pour de rares exceptions locales), tant les « principes de réalité » dictés par la mondialisation ont anéanti toute volonté de promouvoir des comportements et des échanges sociaux différents, fondés, notamment, mais pas que, sur un juste partage des richesses.

 

Cependant, ce n’est pas dans l’essence du capitalisme néolibéral d’avoir une idéologie, son seul but est la « grossitude du profit » et comme je continuerai à le soutenir, ce ne sont pas les personnes qui décident, mais un système global qui les obligent à adopter des comportements antisociaux et « courtermistes » sous peine de disparaître ; auquel se surajoutent en plus, des effets de taille qui conduisent à l’irresponsabilité, comme pour n’importe quel groupe d’humains.

Une multinationale n’a ni patrie, ni nationalité, ni buts philanthropiques parce qu’elle n’a plus d’identité à défendre et plus aucun groupe social auquel elle doit rendre des comptes ; sa seule religion est celle du profit, point. Elle se fout donc des moyens pour y parvenir, et des conséquences de ses actes, d’autant plus que si ce n’est pas elle qui se colle aux basses besognes, d’autres le feront...

 

Interlude illustratif de « l’idéologie » du capitalisme néolibéral :

 

Loup

 

Par ailleurs, comme je le dis toujours, pourquoi se fatiguer à braquer une banque, alors qu’avec un peu d’astuce juridique, on peu en dévaliser des centaines en toute légalité, et/ou spolier les États en ne payant pas d’impôts. Il y a trente ans, un des premiers cours, juridique et fiscal, auquel j’assistais, portait, déjà, sur comme monter des sociétés à capitaux fictifs en multipliant les participations triangulaires, notamment pour échapper à l’impôt... Sauf que comme vous le savez, ces « techniques » que l’on nous présentait, alors, en nous expliquant que c’était interdit, sont devenues le quotidien de tous les juristes qui font du droit des affaires à l’international.

Une « économie » dans l’économie, dont le seul but est d’amasser de l’argent, si possible, sans avoir aucune responsabilité sur la production... et encore moins sur les travailleurs et les populations... C’est de « crime contre l’humanité » qu’il aurait fallu inculper Servier (et tant d’autres comme lui : sang contaminé, amiante, pesticides, dioxine, et cetera), pas pour « tromperie aggravée » ; parce que je ne vois pas ce qui distingue un nazi qui a agi par idéologie raciste, d’un capitaliste qui agit dans le mépris le plus total de ses salariés ou des populations, et appât irréfrénable du gain... La nature de l’idéologie ? Le nombre de morts ?... Non, je ne vois pas...

En tout état de cause, tant que les voyous du capitalisme pourront s’en tirer avec une tape sur les doigts, que leurs entreprises paieront pour eux en plus, je ne vois pas ce qui pourrait les empêcher de continuer.

 

Cette opposition, combat, et même antinomie, entre l’économie dite réelle et la financière porte en elle-même les ferments des crises et des catastrophes que nous subissons depuis plus de 30 ans, tandis que le pire semble toujours à venir : crise financière, monétaire, identitaire, politique, sociale, démographique, énergétique, d’accès aux ressources ; sans oublier les guerres qui se préparent... et même selon certains, crise du climat... et si même le temps qu’il fait, est contre nous, c’est vraiment la fin des haricots... 

 

 

La finitude, la réalité oubliée, mais incontournable...

 

Il est temps, oui, il est temps que nous prenions conscience de la finitude de toute chose... Si je me risquais à une psychanalyse sauvage et globale de ce qui a le plus caractérisé l’inconscient du 20ième siècle, sans conteste, je pense que je mettrais en première place le déni de la mort, du meurtre, et même leur forclusion... comment pourrait-il en être autrement, puisque ce fut le siècle le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité, celui qui aura vu les massacres d’humains se perpétuer en masse sans aucune retenue, ni limite, ... ni pitié.

Rêvons un instant : si, tout l’argent, l’énergie et l’intelligence qui ont servi à nous surarmer et à développer les bombes atomiques, avaient été utilisés à inventer une machine à jouir et à être en bonne santé, où en serait l’humanité aujourd’hui ? Si c’est dans les buts qu’une société se fixe qu’on peut interpréter « son inconscient », alors assurément le nôtre est bien dans la négation de la mort, mais aussi du meurtre...

 

D’ailleurs, depuis quand n’avez-vous pas vu une procession funéraire dans une ville ? Depuis les années 70 (je n’ai pas retrouvé la date exacte de leur interdiction sans autorisation préalable de la Préfecture de police)... toujours cette funeste décennie qui a vu le monde basculer dans des « logiques », où même les morts et la mort doivent échapper à la vue et à la conscience des peuples... sauf, si elle se déroule à la télé...

Je regrette que durant les années 70, pendant le temps, où nous essayions de changer le monde en nous changeant nous-mêmes, d’autres, moins bien intentionnés que nous qui faisions l’amour et pas la guerre, l’ont vraiment changé, sans rien demander à personne. Et la route va être longue et difficile pour revenir à quelques fondamentaux humains de base.

 

Le capitalisme que nous vivons est bien totalement dans cette logique de déni de la mort. Il cache les destructions qu’il engendre ; d’ailleurs, si on savait comment sont produits la plupart des marchandises que nous achetons, je doute que nous continuerions à les consommer, sans avoir au moins mauvaise conscience. Il ne dit pas que les richesses, dont il regorge, ont été prises quelque part et à quelqu’un ; qu’il a dû détruire quelque chose et/ou quelqu’un pour agrandir son profit. Pire, il veut maintenant qu’on lui offre la vie et l’expansion éternelle par la « privatisation des profits et la collectivisation des pertes ». Il refuse de mourir. Et quand je parle du capitalisme, je ne parle pas seulement d’une entité sans visage, je parle également des peuples qui vivent à crédit et ne veulent pas payer leurs dettes, en essayent de la refiler à d’autres...

 

Comme contre exemple à cette attitude d’irresponsabilité, je reste admiratif, en tous points, des Islandais... Ils n’avaient que deux choix possibles :

- soit, faire comme tous les États européens essayent de le faire, en installant des politiques d’austérité, pour pouvoir rembourser leurs dettes (et on voit bien que ça ne fonctionne pas, puisque les causes premières ne sont pas traitées, et encore moins évoquées dans le débat présidentiel)... avec son corollaire de conséquences : diminution durable du pouvoir d’achat et perpétuation de la dépendance aux financiers...

- soit, refuser de payer leurs dettes et poursuivre en justice ceux qui en étaient responsables... avec son corollaire de conséquences : crise de liquidités et diminution drastique et brutale du pouvoir d’achat (- 40 %)...

C’est la deuxième solution qui a été choisie et 5 ans (déjà) après le début de la crise, ce pays va de mieux en mieux. Je pense, que si j’étais islandais, je serais assez fier d’avoir assumé de briser d’un coup le joug des financiers, plutôt que de me soumettre à une longue agonie sans fin. Vraiment un exemple à suivre, même si le coût, sur le coup, peut paraître exorbitant... Le choix est en fait intelligent : plutôt que de subir une perte de pouvoir d’achat permanente et durable, ils ont préféré une perte brutale et courte, en se débarrassant de leur dépendance financière et en renvoyant chacun à ses responsabilités. À mon sens, un choix vraiment éclairé...

Au vu de l’exemple islandais, j’en arriverais même à penser qu’il faut vraiment que le grand Armageddon, monétaire et financier, se produise le plus vite possible, pour qu’enfin, on puisse passer à autre chose. Ça sera douloureux pour tout le monde, mais ça aurait au moins le mérite de remettre les pendules à zéro et de renvoyer les financiers jouer aux billes, une fois pour toutes.

 Les seuls points qui ne plaident pas pour cette stratégie sont les souffrances des plus fragiles et le basculement dans un monde, dont personne ne sait ce qu’il pourrait produire, comme excès et délires politiques... La « maturité » des peuples n’est pas identique et également loin d’être celle des Islandais partout ; aussi, on peut raisonnablement craindre qu’un tel chaos engendrerait son lot de Hitler, de Staline et de Ben Laden un peu partout dans le monde, sans qu’on puisse s’y opposer... Mais de toute façon, au rythme, où les décisions qui pourraient modifier le système global et celles qui pourraient nous en protéger ne sont pas prises, il arrivera bien le moment, où nous n’aurons plus le choix, et où nous subirons dans l’urgence le résultat final de l’irresponsabilité de 40 ans de politiques démissionnaires...

 

Interlude illustratif de l’exemple islandais :

 

socialisme

 

C’est une évidence notre système néolibéral, nous mène tout droit dans le gouffre. C’est dans sa logique de ne rien respecter, ni personne ; c’est dans sa logique de ne choisir que les stratégies à court terme et de captation des bénéfices, quels que soient les moyens et l’endroit pour arriver à ses fins.

Si on prend une société comme EDF, imaginons deux secondes que celle-ci soit totalement livrée au secteur privé (comme c’est prévu). Comment des sociétés privées, pourraient-elles nous inciter à faire des économies d’énergie ? À baisser notre consommation ? Comment pourraient-elles développer des programmes de production d’énergie durable et renouvelable ? Permettre aux indigents de bénéficier de tarifs aidés ? Mettre au premier plan la sécurité des citoyens ?... Bref à avoir une stratégie de long terme qui respecte la finitude de toute chose et l’intérêt général plutôt que ses bénéfices. Ça ne peut pas fonctionner, c’est demander l’impossible... ou à un chat d’être un chien...

Et si on réfléchit bien à tous les secteurs productifs actuels, tous ceux qui ont besoin de puiser dans des ressources naturelles (et assez peu y échappent) répondent aux mêmes logiques antinomiques. C’est toujours avec ces « logiques » que quasiment toutes les banques de dépôt jouent contre leur pays d’origine, en se foutant, tout également, de permettre l’évasion fiscale (et il n’y a pas que la BNP) et la spéculation contre leurs propres clients...

 

À l’évidence, avant de tout renationaliser, parce qu’un jour on n’aura plus le choix, il faudra changer la forme des gouvernances d’entreprise ; en rajoutant enfin la partie des lois Auroux, notamment sur la cogestion des salariés, qui a été abandonnée en rase campagne, et pourquoi pas un conseil stratégique citoyen pour les grosses entités...

Pour autant qu’on me comprenne bien, je ne suis pas pour des mesures qui n’auraient pour conséquence que de faire fuir un peu plus les capitaux et les riches, comme le proposait majoritairement un Mélenchon. Je pense que les riches font de la rétention pathologique ; la seule chose qu’ils ne supportent pas, c’est qu’on leur prenne ce qu’ils ont déjà, et c’est parfaitement compréhensible. Supporteriez-vous de devoir vendre votre voiture pour pouvoir payer un impôt parce que vous avez atteint un seuil patrimonial arbitraire ? D’ailleurs, écoutez les justifications des exilés fiscaux français qui s’installent en Belgique : ils vont là-bas « parce qu’il n’y a pas d’impôt sur le patrimoine » (et une fiscalité avantageuse sur les transmissions), alors même qu’ils sont prêts à payer beaucoup plus d’IR sur leurs revenus, puisque le taux marginal d’imposition, en Belgique, est de 50 % au-delà de 34 330 €, alors qu’il n’est que de 41 % au-delà de 70 830 € en France... étonnant, non ? Pour mémoire l’impôt sur les sociétés est quasiment identique au notre...

Malheureusement, je pense que nous ne sommes pas à la veille d’avoir une fiscalité intelligente, juste et efficace en France... et ce que prépare Hollande à ce sujet est une connerie...

 

 

En forme de conclusion provisoire...

 

Voilà, à dire vrai, je ne sais pas bien, comment conclure ces développements, peut-être un peu dispersés.

 

J’espère juste vous avoir conduit à réfléchir sur la finalité des « logiques » économiques et financières, ainsi qu’à ne plus prendre pour argent comptant les débats idéologiques qui ne posent pas les vrais problèmes. Ce qui est sûr, c’est que notre modèle de développement, basé sur la dette éternelle, recèle en lui-même ses logiques de destruction, ainsi que sa propre mort, comme le petit calcul du début de cet article le démontre. À n'en pas douter, continuer à nier que nous sommes mortels et que la terre devrait nous survivre (qu’on devrait la laisser aussi propre en partant que quand nous sommes arrivés), ne nous conduit pas aux solutions qui pourraient nous extraire des logiques mortifères.

Le système de la « dette éternelle » doit cesser d’une façon ou d’une autre, de manière intelligente ou dans la douleur. Si elle a pu être un des « moteurs économiques », elle devient aujourd’hui l’ennemie de l’humanité tout entière. Et si nous voulons que nos descendants nous survivent, nous n’avons tout simplement pas le choix. Une des pistes qui m’apparaît à l’évidence, c’est que nous ne pourrons pas éviter de remettre en cause la légitimité de la propriété privée au service d’un seul plutôt que de tous, quand cela concerne des ressources vitales pour tous, et elles sont nombreuses à répondre à ce critère.

Cependant, ne craignez rien, je ne suis pas, pour autant, en train de me transformer en écologiste hystérique et culpabilisant, ni en « mélenchoniste », ou pire... Je pense que pour tous ces objectifs nous pouvons le faire par des lois subtiles et ciblées, pour prendre le système à son propre jeu, tel que j’essaye toujours de vous le démontrer tout au long de ce blog.

 

Je ne suis pas un perdreau de l’année, et s’il y a quelqu’un qui est sans illusion quelconque, c’est moi.

Cependant en écoutant l’hommage mesuré de François Hollande à Jules Ferry, je me suis surpris à être ému, et même à rêver que peut-être, peut-être, nous étions en train d’amorcer ce virage sociétal nécessaire à la survie même de notre espèce. Celui qui, enfin, nous ferait comprendre que quand on ne meurt pas de faim, qu’on a accès à la santé, à la justice, et que l’on a un toit, « être » est plus important « qu’avoir », comme nous l’expliquait déjà Erich Fromm en 1976 dans « Avoir ou être ».

D’ailleurs, nous n’avons pas le choix, si nous ne sommes pas capables de faire de la connaissance et du savoir, mais aussi du bon sens, les buts premiers de nos sociétés d’humains, alors il nous faudra 2 terres en 2050 pour satisfaire nos « besoins ». Si nous ne sommes pas capables de retourner à des modes de vie plus frugaux, où les échanges sociaux immatériels seront les vraies richesses à atteindre, alors nous, et surtout nos descendants, sommes condamnés au pire...

Désole pour les financiers, il n’y aura rien à acheter et à vendre dans cette société-là, ou si peu, juste à donner et à recevoir de l'intelligence et de l'humanité, juste à être bien les uns avec les autres... une façon de mettre fin au règne des marchands du temple, sans même avoir à leur couper la tête.

Y a plus qu’à...

 

 

P.-S. hors-sujet : première « faute » de Hollande : la composition de son gouvernement... Il y a de vraies erreurs de casting dans ce gouvernement, au moins 4 que je connais de près (pour savoir ce qu’ils et elles ont fait, et surtout pas fait), tandis que certains(es) sont tellement inconnus(es), qu’à mon avis ils(elles) vont le rester... Compte tenu de ses choix, visiblement FH « paye ses dettes » et il n’est pas rancunier... En tout état de cause, la République du mérite, de la compétence et de la cohérence semble bien mal partie...

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 20:00

Première date de publication : 17/01/2012
Date de la dernière mise à jour : 17/01/2012

 


À de nombreuses occasions, j’ai essayé de vous initier à la fiscalité en essayant d’éveiller en vous les logiques qui pourraient vous conduire à ne plus vous faire balader par n’importe quel « avis » de « spécialiste » qui vous dirait ce qu’il faut penser de telle ou telle mesure.

Comme des échéances électorales approchent, ce genre de sujet va évidemment se multiplier ; je vais donc essayer de vous armer, et vous donner quelques outils pour que vous puissiez penser par vous-même… et surtout pour repérer les menteurs, les manipulateurs, les simulateurs, les incompétents, les démagos, les dogmatiques et les croyants. À vous de me dire, à la suite de votre lecture, si ces objectifs seront atteints, ou non…

Je pense que c’est un sujet de salubrité publique, tant je n’en peux plus de lire des articles et d’entendre des politiques qui vous cachent tellement d’éléments des débats, que cela devient impossible pour les citoyens « non spécialistes » de se faire une opinion, en dehors des habituelles adhésions religieuses ou partisanes.

 

 

D'abord, comprendre la logique des réactions en chaîne, des vases communicants et des systèmes…

 

Si vous me lisez depuis un moment, vous devez maintenant être familiarisés avec ce que je ne cesse de radoter sur la façon, dont fonctionnent l’économie et tous les systèmes complexes de façon générale.

Quel que soit le levier économique que l’on actionne, il produira des répercussions en chaîne qui pourront même aboutir à ce que les résultats finaux soient contraires à ceux qui étaient attendus.

Une réalité due à la complexité des mécanismes qui se répercutent les uns sur les autres, selon des paramètres souvent inapparents et donc assez mal maîtrisés, notamment par ceux qui pensent de façon binaire ; et malheureusement, ils sont nombreux.

 

Commençons par quelque chose de simple, l’élasticité de la demande « qui permet de mesurer le degré de sensibilité de la demande aux variations de prix ».

Nous avons une illustration de ce phénomène par rapport à la surtaxation du tabac pour, soi-disant, faire baisser la demande. Tous les fumeurs l’ont constaté, le prix a encore augmenté dernièrement de 6 %, pour mettre le coût de l’addiction à 240 € en moyenne par mois, quasiment un quart de SMIC ! Incroyable, mais vrai… d’autant plus, que 40 % de la population déclare fumer régulièrement et que comme vous le savez, l’augmentation du tabac (+ 40 % dès 2003, puis toujours plus depuis) n’est plus incluse dans les chiffres de l’inflation générale, bien que sa part dans la répartition des consommations soit passée de 5,2 % en 1976 à 9,6 % en 2005 (c’est une moyenne !)… Selon l’aveu même de trois députés qui ont rendu un récent rapport assez exhaustif là-dessus : « les taxes sur le tabac constituent les prélèvements les plus régressifs de la fiscalité française »…

Quel est l’objectif prioritaire du gouvernement à travers l’augmentation permanente des prix ? Faire plus de rentrées fiscales (plus de 80 % du prix d’un paquet sont des taxes, représentant environ 13 Md€) et très indirectement faire supporter aux fumeurs leur supposé surcoût maladie ? Ou/et : Dissuader par le prix les fumeurs de s’empoissonner ?...

Si c’est le premier objectif qu’il voulait atteindre, c’est raté… Il semble que nous ayons atteint le point limite qui fait que les fumeurs achètent moins de cigarettes (- 5 %), et en conséquence les recettes fiscales devraient chuter de 300 millions !

Si c’est le deuxième objectif qui était visé, c’est également raté, le prix n’est pas un élément décisif dans la relation d’addiction, n’importe quel héroïnomane ou accro de base à n’importe quoi, aurait pu le leur expliquer, avant qu’ils ne fassent n’importe quoi, mais bon... D’ailleurs, le gouvernement lui-même avoue qu’il a échoué, le nombre des fumeurs est en hausse depuis 2005, cela malgré les tombereaux de mesures prises… sans commentaire...

Donc, il est facile de comprendre - les ventes de cigarettes étant en baisse et les fumeurs en hausse - que c’est essentiellement un dommage collatéral, non visé, qui a profité de cette politique : la contrebande de cigarettes (et l’économie parallèle mafieuse qui va avec) aurait été multipliée par 5 depuis 2003 ; elle représenterait, maintenant 20 à 30 % des consommations nationales ; 5 000 buralistes ayant disparu entretemps…

Un résultat « formidable » (un de plus) avec notre police qui doit maintenant faire face à une nouvelle délinquance très agressive (combien coûte cette mobilisation supplémentaire ?), et des buralistes qui sont obligés de prendre progressivement les mêmes mesures de sécurité que n’importe quelle bijouterie, tant les braquages se sont multipliés (+ 13 % tous les ans !!!), représentant un véritable phénomène d’insécurité publique à lui tout seul, alors que cette nouvelle criminalité a été créée de toutes pièces par la fiscalité agressive sur le tabac.

Voilà, ce qui se passe quand des apprentis sorciers, réfléchissent avec leurs pieds et de manière manichéenne ; et les associations antitabac (qui ne doutent vraiment de rien) continuent à clamer partout que ce n’est pas encore assez cher, pour que nous ayons des effets sur la baisse de la consommation… Formidable, non ? Ils veulent quoi, que les fumeurs deviennent tous des délinquants, comme les héroïnomanes, pour pouvoir s’acheter leur dose quotidienne ? Que la police soit submergée par cette mission de répression au détriment de toutes les autres ? Et c’est pour quand, des fumeurs envoyés en prison pour recel, parce qu’ils auront acheté leurs produits sur les marchés parallèles ?...

On notera, au passage, la « cohérence » qui préside à ce genre de politique et de décisions : les psychotropes médicamenteux sont, eux, remboursés par la sécurité sociale, alors qu’ils font tout autant de dégâts dans la population. Aussi, je m’étonne que des associations de fumeurs ne se soient pas encore constituées, pour lutter contre la terreur fiscale qu’on leur impose et réclamer l’égalité de traitement avec les psychotropes médicamenteux.

 

Évidemment, c’est beaucoup plus facile de penser binairement que, hausse des prix = baisse de la demande… alors même que la prohibition a déjà démontré son échec et que ça ne fonctionne pas comme ça. Oui, c’est beaucoup plus simple que d’élaborer des mesures d’éducation préventives en direction des enfants, des politiques de santé publique offensives, des conditions de travail et de vie moins anxiogènes, … bref, de réfléchir à des mesures d’amélioration du climat et de soutien social concrètes qui travailleraient les problèmes en profondeur, plutôt que de soi-disant lutter contre un problème, qui n’est que le symptôme de tant d’autres choses qui ne vont pas (46 % des chômeurs sont fumeurs)…

 

Vous pensez que je digresse ? Non, pas tant que ça ; cet exemple apparemment simple, illustre parfaitement comment, quand on confond cause et effet, on est forcément à côté de la plaque dans les solutions proposées et comment les systèmes ont des réactions qui ne correspondent pas aux logiques binaires. Pire, on crée des réactions défensives du système qui rendront encore plus néfastes les conséquences, alors qu’en ne faisant rien, rien n’aurait bougé, mais rien ne se serait probablement aggravé non plus. « Primum non nocere » un précepte de la médecine que les politiques feraient bien d’appliquer…

Quand on s’attaque à un problème, c’est pour gagner, pas pour faire des moulinets avec ses petits bras en essayant de faire croire qu’on va changer les choses, tout en sachant qu’on ne changera rien, ou que les résultats seront pires… C’est malheureusement trop souvent et depuis bien trop longtemps, ce sentiment-là que me donnent nos politiques, qui passent leur temps à essayer de réparer vainement les problèmes qu’ils ont eux-mêmes créés, quitte à en engendrer de nouveaux au passage, après leur « brillante action »…

 

L’analyse systémique illustre les systèmes de cause à effet de cette façon :

 

Action-reaction 

Elle exclut de son mode de pensée l’habituelle « action réaction »… ça n’existe tout simplement pas, ou si peu, que continuer à agir sur les problèmes sans tenir compte de l’ensemble des paramètres, ni des défenses consubstantielles à tout système, c’est courir au-devant de graves déconvenues.

C’est cette pensée-là, sur les systèmes complexes, qui nous a permis de marcher sur la lune, mais visiblement elle n’a pas encore atteint nos politiques et encore moins la fiscalité… Le pire étant que le « Errare humanum est, perseverare diabolicum » ne soit pas plus arrivé jusqu’à la pensée de nos politiques ; ce qui est compréhensible, ces derniers font partie d’un système qui a érigé des défenses pour qu’en aucune manière, il ne puisse jamais être remis en cause ; mais c’est un autre sujet…

 

Dans tous les systèmes, si on veut se donner le maximum de probabilités, d’arriver à le modifier, il faut prendre en compte ce que les systémistes appellent le noyau paradoxal… En dehors de l’identification des facteurs, qui justifient et maintiennent l’homéostasie du système, toute réforme est vouée à l’échec, ou pire, engendre des réactions qui aggravent les problèmes. J’illustre cela par la figure schématique suivante :

 

Schemas-systeme 

Cette schématisation illustre comment répond un système en fonction des valeurs qu’on lui « injecte ». Nous allons voir comment cela s’applique au système fiscal…

 

 

Quelle fiscalité ?

 

Pourquoi « imprécis de fiscalité » ? Parce que bien évidemment, je ne vais pas pourvoir vous résumer avec un article, la délirante, imbécile, incohérente, stupide, inefficace, criminelle, #h!!!#$N$$M (bip ! Censuré), monstrueuse usine à gaz qu’est devenue la fiscalité, avec :

- ses 143 types d’impôts, droits, taxes et surtaxes (liste à lire comme un inventaire à la Prévert, pour constater la fantastique « inventivité » de nos législateurs), déclinés en 215 assiettes, et sûrement plus aujourd’hui, car je me suis arrêté de compter il y a quelques années,

- ses 509 niches fiscales (liste à ne pas lire, pour éviter de devenir fou furieux),

- ses 6 codes à elle toute seule,

- ses jurisprudences, avis, bulletins officiels, documentation administrative, … dont je jette une pleine poubelle d’immeuble chaque année, pour faire de la place sur mes étagères,

- et tous les arcanes des innombrables subtilités, exceptions et cas particuliers, en fonction des grandes catégories d’impôts…

 

C’est tout simplement impossible, une vie n’y suffirait pas ; et en plus, vous n’auriez même pas envie de le lire… sauf si vous vous intéressez aux mécanismes psy qui ont conduit nos politiques à une telle logorrhée-diarrhée règlementaire… Il est vrai qu’à un moment, la politique devient vraiment un sujet d’étude aussi passionnant, que quand on essaye de comprendre la genèse des délires

Autant, on peut comprendre que le droit civil, pénal ou social mobilise des spécialistes, des juristes, des philosophes, des historiens, des ethnologues, des psys, des sociologues, ..., sans oublier les citoyens, parce qu’il traite de la complexe matière humaine, autant ce droit créé de toutes pièces dans les cerveaux malades de nos politiques est vraiment la pire imposture que nos sociétés « développées » aient engendrée.

 

Alors, faisons simple et imprécis… Les impôts peuvent être regroupés ou classés de plusieurs façons et différents critères :

- par leur mode d’application : directs (IR, IS, CSG, et cetera…) ou indirects (taxes, TVA, et cetera…).

- par leur catégorie d’imposition : BIC, BNC, Salaires et traitements, et cetera, …

- par leur classification économique ; c'est-à-dire en fonction des assiettes d’imposition : les revenus, le capital ou patrimoine, la dépense.

- par la technique de taxation utilisée : impôt réel (qui taxe indifféremment de la situation personnelle du contributeur, exemple : la TVA, impôts fonciers, …) ou impôt personnel (qui tient compte de la situation du contributeur, exemple : l’IR) ; ou encore, selon que l’impôt est proportionnel et/ou progressif ou fixe ou régressif…

- selon les bénéficiaires : État, Collectivités locales, solidarité sociale (depuis seulement 1990 avec la CSG puis la CRDS), …

Et on peut sûrement trouver d’autres modes de classification et de regroupement en fonction de l’âge du capitaine…

 

Pourquoi « précis de fiscalité » ? Parce qu’en réalité toutes ces catégorisations sont des débats de techniciens, sans portée opérationnelle fondamentale, et que la seule vraie question qui compte, c’est : qui paye ? Ainsi que non accessoirement, et combien ?

Et là, ça devient beaucoup plus simple… Quelle que soit l’assiette, quelle que soit la façon dont est prélevé l’impôt, quelle que soit la qualité du contributeur qui fait le chèque, … je peux précisément vous affirmer que c’est toujours au final, la personne physique, vous, moi et les autres, qui payons… Toute l’incroyable complexité des impositions n’est faite que pour masquer cette triviale réalité.

Quoi qu’il arrive et quelles qu’en soient les modalités ou les formes, les circuits économiques finiront toujours par s’adresser à nous (particuliers, personnes physiques), pour que nous payions ce que l’État demande qu’on paye ! « C’est « nous » qui paye, quoi qu’il arrive », et cette apparente abusive simplification n’est pas issue des divagations autour d’un comptoir de bistrot. Démonstration pratique, à partir d’une des croyances les plus tenaces, en circulation : « faisons payer les entreprises ! »…

 

À part les habituels délirants idéologiques, qui peut encore penser qu’on peut faire payer une entreprise ? Ça n’a pas de sens. Quel que soit l’impôt qu’on lui impose et sa forme, que va faire l’entreprise et qui paye ?…

 

Première hypothèse : On augmente l’IS (Impôt sur les Sociétés, qui est une imposition directe), ça implique quoi ? Deux cas de figure :

1 - Les actionnaires sont prêts à voir baisser les rendements qu’ils attendent de leur capital investi. Il ne se passe rien. Les actionnaires percevront juste moins de dividendes (donc, non accessoirement, il y aura également moins d’IR mobilier à leur prélever sur d’éventuelles distributions). Cependant, qui a payé ? Les actionnaires, personnes physiques, qui ont été privés d’une part de leurs revenus et c’est tout…

2 - Les actionnaires ne sont pas prêts à accepter que leurs revenus baissent, ils vont donc essayer de demander plus de rendement à leur entreprise ; et comment cette dernière va-t-elle faire ? Les options, non exclusives les unes des autres, et qui peuvent s’ajouter sont :

a - elle rattrape cette perte de revenus en augmentant les prix de vente (si son marché le permet)… Résultat : c’est le consommateur qui paye.

b - elle pressurise un peu plus ses salariés en tirant à la baisse les salaires, ou en licenciant du personnel… Résultat : ce sont les salariés qui payent, et indirectement tous les contribuables qui devront compenser cette baisse de revenus distribués.

c - elle pressurise un peu plus ses fournisseurs… Là ce sont les « fournisseurs » qui payent et qui, eux-mêmes raisonneront et appliqueront les mêmes options que notre entreprise avec les mêmes effets en chaîne.

d - elle développe sa R&D (recherche et développement) pour baisser ses coûts de production. Sauf que si celle-ci aboutit, c’est en général pour pouvoir produire moins cher (éventuellement, plus et mieux) avec moins de personnels. Résultats : c’est le salarié qui paye (on retourne au cas « b ») ; ou, dans de très rares cas, la R&D réussit à compenser par une baisse des coûts les revenus supplémentaires prélevés. C’est le seul cas sans évidents dommages collatéraux, sauf si les gains de la R&D devaient servir à trouver de nouveaux marchés et dans ce cas on prive l’entreprise de ses possibilités de croissance, c’est donc nous qui payons quand même, par les revenus dont se prive l’État en empêchant cette entreprise de se développer.

e - elle n’arrive pas à rester concurrentielle sur son marché, tout en dégageant les revenus que les actionnaires attendent. Résultat, elle délocalise et là, c’est tout le monde qui paye ou qui perd tout, État inclus, sauf en principe les actionnaires… Elle peut aussi délocaliser juste les capitaux, et là, c’est tout le monde qui paye pour ce contribuable en moins... et je vous passe toutes les autres possibilités « d'optimisation fiscale » (Sic !!!) que l'entreprise pourrait adopter pour que son rendement reste identique ou pour l'améliorer ; ce que bien évidemment, elle ne va pas se priver de faire...

 

Deuxième hypothèse : On augmente une taxe (imposition indirecte), ou des cotisations sociales ou tout autres formes de charges qui augmentent le coût de revient des productions (ou des marchandises ou des prestations) et fait baisser les bénéfices ; ça implique quoi ?...

Je pense que vous avez compris maintenant, et qu’il est inutile que je radote : les effets seront exactement les mêmes que précédemment avec les mêmes options et les mêmes résultats.

 

Troisième hypothèse : On augmente le taux de TVA… Bon, je vous épargne les développements possibles et le nombre de combinaisons éventuelles, vous savez que vous pouvez vous référer à cet article : Mises au point et compléments sur la TVA sociale… ; mais dans tous les cas, c’est toujours le consommateur final qui paye ; comme il paye d’ailleurs, également toujours, directement ou indirectement, toutes les charges qu’on fait soi-disant supporter aux entreprises.

 

Quatrième hypothèse : Il n’y a pas de quatrième hypothèque, car quelle que soit la forme de l’entreprise (et même sur des entreprises autogérées et à capital détenu par les salariés), quelles que soient la forme et l’assiette de l’impôt, ça ne change rien aux mécanismes, aux options et aux conséquences des trois précédents scénarios.

 

Conclusion : ce sont toujours les personnes physiques qui payent l’impôt, quel que soit leur statut (consommateur, salarié, actionnaire, …) ; et pour être tout à fait exact, celui qui  finira par payer la taxe, l’impôt (et tout ce qu’on veut, tant l’inventivité de nos législateurs a été grande en la matière) est celui qui ne peut pas la faire supporter à d’autres acteurs de l’économie ; cela, proportionnellement à l’élasticité de la demande et des moyens disponibles pour y échapper (et ils sont nombreux dans notre monde « ouvert »). 

C'est le noyau paradoxal qui est caché, jamais dit, éclairé et abordé. Pourquoi paradoxal ? Parce que quand vous savez qu’il y a une taxe qui s’appelle, par exemple, « Participation des Cies d’assurance à la CNNSS », on peut s’imaginer que ce sont les Compagnies d’Assurances qui payent ; mais non, c’est leurs clients ! Ça n’a rien à voir… C’est vrai que retrouver sur sa quittance « Votre participation à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale », ça finirait peut-être par interroger les citoyens, sur pourquoi ils devraient payer de la Sécurité sociale sur leurs assurances… et tant d’autres questions qui pourraient les fâcher…

Le mensonge permanent qui est entretenu dans tout le système fiscal (et non accessoirement, social) est à la mesure de la démagogie des politiques, insondable et vertigineux.

Vous comprenez mieux maintenant, la problématique des « vases communicants » et des réactions en chaîne, que d'autres ont nommé l'incidence fiscale. Aussi, vous pouvez passer au crible de votre analyse les 143 types d’impôts, droits, taxes et surtaxes, aucun n’échappe à la logique conclusive. Et si vous avez encore des doutes là-dessus, exercices pratiques, à travers deux petits exemples, dans « l’actualité »…

 

La taxe sur les transactions financières

Cette taxe est stupide en soi (d’autant qu’il y a d'autres façons bien plus efficaces pour mettre au pas la finance) et dans le contexte financier international, même mortifère.

Pourquoi stupide ? Parce que qui va payer ? Les financiers en acceptant de baisser les rendements qu’ils attendent de leurs fonds ? Certainement pas… Ils vont juste majorer les taux d’intérêts du montant de la taxe en question, le loyer de l’argent sera plus cher ; les particuliers, l’État et les entreprises devront donc débourser plus pour obtenir des crédits… Qui paye les entreprises et l’État ? Les particuliers ! Donc, au final, seuls eux supporteront l’intégralité de cette taxe, dont on peut même supposer qu’elle ne rapportera pas grand-chose à l’État, quand on fera le différentiel entre ce que lui-même devra payer sur ses emprunts et ce que tous les autres devront payer pour les leurs…

Pourquoi, mortifère ? Pour information, les Suédois (peu suspects de complicité avec « l'ennemi ») l'ont adoptée en 1985. Cependant en 4 ans, elle a provoqué une telle fuite de capitaux et un tel effondrement des opérations boursières (qui se sont délocalisées ailleurs) qu'ils l'ont abandonnée dare-dare (Le Canard du 11/01/2012). Ils ont été tellement traumatisés par leur expérience, qu’ils y sont encore aujourd'hui, farouchement opposés, même si l'Europe entière l'adoptait.

C’est là, où on comprend toute la valeur symbolique, manipulatrice et de basses politiques de ceux qui prennent parti pour ce genre d’impôt… ça « fait bien » de vouloir taxer ces salauds, enfoirés, méchants financiers, alors qui peut être contre ?

Le PS avait la bonne attitude réaliste, en subordonnant l'application de cette taxe (votée en 2001 sous Jospin), à son adoption par l'ensemble des pays de l'Europe, même si cela reste une taxe stupide… Le voilà obligé de courir après Sarkozy pour dire que oui, oui, ils sont pour, sous peine de se déconsidérer auprès d’une certaine gauche… pitoyable…

L’actuel gouvernement ne fait pas mieux dans le grotesque… Il a supprimé, en 2008, l’impôt sur les opérations de bourse qui existait depuis 1893 (!!!), et il voudrait nous faire croire qu’aujourd’hui, il va faire cavalier seul en instituant une taxe équivalente, sans le reste de l’Europe, alors même que le calendrier parlementaire empêchera sa mise en application avant les élections. Comme concluait Hervé Martin (du Canard) : « Faire, défaire, refaire, c’est toujours gouverner. » ; et on pourrait rajouter : « et se foutre ouvertement des citoyens, en toute impunité, une jouissance sans fin »…

Tout ça n’est pas sérieux et seuls ceux qui se laissent encore prendre aux mirages des manipulations politiques peuvent encore avoir une opinion et « s’enflammer » sur ce genre de mesure… Personnellement, je trouve cela tout simplement très con et tellement à côté de ce qu’il faudrait faire que je suis contre, définitivement contre.

 

Le quotient familial

Tout ce que vous avez besoin de savoir sur les distorsions actuelles qu’il provoque sont dans cet article de Christian Chavagneux.

Je me demande vraiment pourquoi ce sujet a provoqué une telle flambée médiatique, chacun y allant de son commentaire pour ou contre, comme si ce sujet était d’une importance vitale, alors qu’il y a tant de choses à réformer dans la fiscalité ; mais bon passons...

En fait, le remplacement du quotient familial par un crédit fixe par enfant, est un système qui a été adopté par à peu près tous les pays européens (à de rares exceptions, dont je ne retrouve plus la liste). Il est effectivement plus juste et plus redistributif, sauf si on considère qu'un gosse de « riche » coûte également plus cher à ses parents... comme quoi les questions de « justice » et d'équité dépendent beaucoup de l'endroit d'où on parle (sur ce sujet un article d'Arnaud Parienty, très bien fait).

Qui va payer ? Bé, en principe à budget constant, les familles les plus riches pour les plus pauvres, et c’est tout. C’est de la redistribution du haut vers le bas, tandis qu’on peut également s’attendre à ce que, certains revenus intermédiaires ne soient pas du tout contents de cette mesure. Mais, pour ce dernier point, n’ayant pas accès aux chiffres, je ne peux me prononcer avec certitude…

Cependant, pour moi, ce genre de réforme reste très marginal, par rapport à la réforme des seuils de déclenchement, des assiettes et de la progressivité de l'IR, et cetera... De plus, si on réforme le quotient familial en lui substituant un crédit d’impôt remboursable, il faut aller jusqu’au bout de la logique et intégrer les prestations d’allocations familiales dans ce transfert et même introduire la notion de « revenu minimum de subsistance » dans le calcul de la progressivité. Voilà des mesures qui feraient faire de substantielles économies d’échelle, et qui permettraient de majorer l’aide sociale ; sans oublier pour les familles, d’inclure des majorations en fonction de l’âge des enfants, de la situation immobilière, et cetera ; bref, inclure dans le quotient familial toutes les prestations sociales, qu’il faut actuellement aller quémander aux CAF et ailleurs, en leur fournissant, entre autres, une déclaration de revenus…

Mais c’est typiquement le genre de réforme dont vous n’entendrez parler nulle part et qui n’est portée par aucun parti/candidat… On ne touche pas aux structures institutionnelles, jamais, quitte à en crever et même si cela permettrait d’augmenter significativement la redistribution sociale, en donnant aux gens ce qui est actuellement pompé par le fonctionnement de structures inutiles…

 

C’est plus clair maintenant, sur qui paye et les vases communicants ? Pour des raisons que j’expose ailleurs, je suis contre les impôts sur le patrimoine ou le capital, tant qu’ils ne sont pas réalisés ou transmis.

Même, nos taxes d’habitation et foncière sont absolument étranges… Vous vivez dans une maison qui vous appartient ; sauf cas particuliers, aujourd’hui, vous ne pouvez pas décider de vivre avec un minimum de revenus. Même si vous n’êtes pas imposable, ces seuls deux impôts vous obligent à avoir des revenus et du coup à payer de l’IR… La fiscalité peut aussi amplifier la misère et ceux qui militent pour la décroissance feraient bien de se demander pourquoi, il est impossible aujourd’hui fiscalement en France, de vivre sans produire et consommer plus que ses besoins basiques, sauf à se marginaliser et à ne plus rien posséder du tout. Les SDF sont les seuls vrais cathares représentatifs de la décroissance, seuls eux devraient avoir le droit d’en parler…

Aussi, si on fait abstraction des débats idéologiques et que l’on veut bien se donner la peine de raisonner selon des critères d’efficacité et de transparence, la conclusion est qu’il faut laisser comme impôts et prélèvements sociaux uniquement :

● l’IR,

● le prélèvement à la source pour les revenus ou bénéfices distribués,

● la TVA et la TVA sociale substitutive,

● la taxe d’habitation et foncière, si on les rend proportionnelles aux revenus,

● les impôts sur les transferts patrimoniaux ou successoraux,

Selon les seules modalités exposées dans les chapitres traitant des propositions d’économie et de fiscalité (Cf. : B - 2 - Economie et fiscalité (début) et B - 2 - Economie et fiscalité (fin))… et c’est tout.

Tout le reste n’est que masquage de la réalité de qui paye, ou introduit des perversions qui ne rendent pas libre les citoyens, et les opérateurs économiques, de faire les choix de vie qu’ils souhaitent pour eux-mêmes.

 

 

Le contexte mondialisé, une donnée qui modifie profondément nos marges de manœuvre… et qui limite considérablement les options que nous avons…

 

Pour mémoire, vous rappelez-vous quel était le taux marginal d’imposition à l’IR en France de 1970 à 1981 ? 60 % (avec de 7 à 12 tranches, sous VGE). Le maximum que nous ayons atteint ? 65 % (avec 13 tranches) de 1982 à 1985... Inutile de rappeler, que depuis 1981, la gauche a toujours été plus redistributive que la droite, qui n’a eu de cesse de faire baisser l’IR, pour arriver aujourd’hui à un taux marginal de 40 % (avec 5 tranches) et un bouclier fiscal, qui limite l’imposition globale totale (c'est-à-dire tous impôts confondus) à 50 % des revenus.

Pour l’IS dans les années 70 et jusqu’en 1985, il était à 50 % et les dividendes reçus suivaient une imposition complémentaire, si le contribuable était dans les tranches supérieures à 50 %, tandis qu’il était remboursé du trop payé sur l’IS, par le mécanisme de l’avoir fiscal (supprimé sur injonction de l’Europe en 2004), si sa tranche d’imposition était inférieure à 50%. Aujourd’hui l’IS est à 33,1/3 % ou 15 % (pour certaines PME répondant à des conditions très limitatives), et les revenus distribués supportent l’IR, après un abattement de 40 %, dans la tranche d’imposition du contribuable.

 

Les riches seraient-ils devenus plus inciviques et moins « partageurs » que sous les gouvernements de droite jusqu’en 1981 ? Et pourquoi, ce qui était possible et « normal », il y a 40 ans, sans mettre en danger qui que ce soit, ni mettre le pays à feu et à sang, et sans que cela ne gêne personne, semble devenu quasiment impossible aujourd’hui ?

 

Je ne vous apprendrai rien en vous rappelant que le contexte global et la mondialisation ont tout changé à partir des années 70.

Aujourd’hui, les grandes fortunes et les fonds d’investissement considèrent les États, ni plus ni moins, que comme des trusts à mettre en concurrence entre eux, en fonction des avantages fiscaux et des moyens d’enrichissement qu’ils offriront. Et comme, ils décident totalement souverainement et librement, où ils investiront leurs fonds et où ils s’installeront, nous sommes pris dans un chantage permanent qui réduit considérablement nos marges de manœuvre. Le capitalisme paternaliste et nationaliste est vraiment mort avec l’internationalisation des entreprises.

Nous sommes donc dans une situation paradoxale, où nous devons lutter concomitamment contre trois fléaux de notre économie ouverte : le nomadisme des capitaux (et non accessoirement des patrimoines), les délocalisations et le surendettement de l’État. On comprend bien avec ce troisième terme, le paradoxe apparemment insoluble de double contrainte qui s’est installé, ou plutôt que nos politiques ont provoqué.

 

Si on augmente la fiscalité directe des entreprises ou des personnes, elles partent ailleurs, ou en tout état de cause elles chercheront (et trouveront) des systèmes pour échapper à l’impôt. Il y a de nombreuses études là-dessus qui démontrent (comme pour la surtaxation du tabac), comment à partir de certains seuils, l’augmentation de l’imposition crée des effets pervers qui annihilent les rentrées espérées. Si la courbe de Laffer, qui repose sur les mêmes principes que celle sur l’élasticité de la demande, est devenue vraie, c’est qu’elle s’est auto réalisée, uniquement grâce aux mesures de libéralisation qu’ont prises les États (c'est-à-dire, à peu près tous les États occidentaux, à l’exception des pays scandinaves) qui ont « cru » en elle… Mais ce que ne dit pas cette courbe, c’est que le prix à payer est l’endettement sans fin des États, et c’est donc une escroquerie sans nom qui a été mise en place, dans le sillage de Thatcher/Reagan dès le début des années 80.

Débarrassez-nous du trop d’impôts et nous créerons plus de richesses, et donc vous retrouverez cela dans les autres impôts, disaient les libéraux (ou plutôt les « néo-conservateurs », si on se place dans le cadre des pays anglo-saxons, où ces « théories » sont apparues)… D’accord, on dit les gouvernements, mais comme ils n’avaient pas de marges de manœuvre fiscales suffisantes, ils ont financé cette baisse des impôts par des emprunts. Dans un premier temps, ça a fonctionné (surtout pour les USA et la GB), par « l’appel d’air » que cela a créé sur les investissements. Aussi, quasiment tous les pays se sont mis à faire pareil, puisqu’en plus, ils voyaient leurs investisseurs partir ailleurs ; ce qui, en conséquence, a annihilé les effets « bénéfiques » pour tous… parce que ce système-là (comme bien d’autres) ne fonctionne pas dans des économies ouvertes à la concurrence et qui utilise les mêmes « ficelles » fiscales incitatives. Mais trop tard pour faire machine arrière ; pour cela, tous les États auraient dû simultanément réaugmenter les impôts et bien évidemment, c’est impossible.

Le piège a parfaitement bien fonctionné… puisque depuis, on n’arrive plus à se sortir de cette compétition fiscale interétatique, qui nous oblige à emprunter toujours plus.

 

Si on augmente la fiscalité indirecte (à l’exception de la TVA), on augmente les coûts de production, on pousse donc les entreprises à paupériser toujours plus leurs salariés, et/ou en chaîne, on perd de la compétitivité sur les marchés extérieurs, et donc des emplois, et donc des impôts, et on engrange un surcoût social qui alimente la boucle mortifère.

 

En face de tout cela, l’État a besoin de toujours plus d’argent, ne serait-ce que pour faire face aux erreurs fondamentales qu’il a faites depuis 40 ans, qui font que 43 % du budget total des recettes de l’État est consacré à rembourser les dettes publiques… insoutenable…

 

Une équation insoluble, si à un moment ou un autre, on ne veut rien « lâcher » et si on ne règle pas les problèmes structurels profonds qui rendent possibles la perpétuation de ces contraintes paradoxales.

 

 

Pour une vraie révolution fiscale et sociale… et conclusion provisoire, en attente de nouveaux appeaux et leurres médiatiques…

 

Je vous ai familiarisé avec les solutions concrètes que je propose et je ne vais donc pas radoter (une fois de plus). Elles suivent six principaux axes :

- rendre attrayant les investissements en France (impôt zéro pour tout ce qui reste investi et le patrimoine), et rendre coûteux le désinvestissement,

- booster la compétitivité en fiscalisant l’intégralité des prélèvements sociaux,

- rendre totalement transparent le système fiscal sur qui paye et ne faire payer que sur les revenus distribués,

- surtaxer les fuites de revenus à l’étranger et en direction des « anonymes »,

- simplifier la gestion du personnel,

- faire des économies structurelles massives, par la suppression de toutes les structures redondantes, pour remettre les gens dans des boulots économiquement ou socialement utiles.

Et je pense même, que tout cela est possible à courte échéance, en revalorisant massivement les salaires et en améliorant les prestations sociales.

 

Vous l’aurez compris, je me fous de savoir si un impôt est apparemment « juste » ou pas, la seule chose qui m’intéresse est de savoir s’il va être efficace, ou pas, en fonction des objectifs que je lui ai assignés.

Comme quoi, on peut être de gauche, pour la suppression de l’ISF, pour la TVA sociale substitutive, contre la Taxe Tobin, … si on ne s’arrête pas aux débats idéologiques stériles, et qu’on recherche uniquement la transparence, l’équité et surtout l’efficacité fiscale, sans dommages collatéraux plus nuisibles que les gains engrangés…

 

La vraie révolution fiscale serait de rendre totalement transparent qui, dans quelles proportions, et qu’est-ce que nous payons vraiment.

N’oubliez pas, « c’est toujours nous qui payons », il n’existe pas d’endroit, où on peut prendre de l’argent magiquement, sans que nous ne le supportions à un moment ou un autre ; le reste c’est de la littérature et des slogans pour « gogos », du foin pour les médias, les « super spécialistes » et les politiques…

Gageons que d’ici les élections présidentielles, nous aurons à faire face à toutes les démagogies disponibles, à toutes les surenchères mobilisables, pour vous faire croire que ce sont les autres qui vont payer. Un vrai miracle, décliné en fonction de leur électorat respectif, que tous nos candidats, sans exception, sont prêts à vous promettre, pourvu que vous votiez pour eux.

Le bal de la surenchère des menteurs est ouvert… et si nous les laissions sans partenaire avec qui danser ?... Une autre révolution en perspective… Cependant, allez voter quand même ; pour ma part, je préfère choisir le moins mauvais ennemi que j’aurai à combattre, puisque c’est la seule option que nous laisse cette soi-disant « démocratie ».

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 19:00

  Première date de publication : 20 décembre 2011

Date de la dernière mise à jour : 22 juillet 2012

 


À la suite de cet article, sur les dettes interbancaires, je vous ai promis de le compléter avec le tableau des dettes publiques, en tenant compte des avoirs des BRICS dans nos économies…

J’ai alors, exploré les données des Trésors nationaux, de la Banque mondiale (admirez au passage, le baseline), du FMI, de la BCE, de Natixis, du Ministère des Finances, de l’Agence France trésor, des articles sur le FOREX et le marché des taux d’intérêt, sans oublier les estimations du marché et quelques organismes d'études (moi qui ne parle anglais que quand je suis amoureux d’une Anglaise, j’ai été servi, merci Google pour les traductions automatiques)…

Sauf que, après avoir cherché un peu partout les informations, j’étais prêt à renoncer parce que c’est, tout simplement, impossible de trouver 2 chiffres qui concordent, sans compter que ceux qui sont publiés dans les journaux relèvent parfois du pur fantasme…

Aucune institution, aucun organisme, public ou privé, ne produit les mêmes chiffres (sauf quand ils se sont plagiés, ou qu’ils ont fait du copier/coller, bien sûr)... Sans oublier que la plupart des informations financières stratégiques sur le marché des taux d’intérêt sont diffusées par des banksters uniquement contre rémunération, puisque c’est leur métier de faire de l’argent avec leurs analyses et leurs conseils… Un vrai bordel « poly cacophonique », où on a parfois des écarts non pas de quelques milliards, ce qui est déjà énorme, mais de plusieurs centaines de milliards, une paille !!!...

 

Découragé, j’ai cependant fini par tomber sur ce très intéressant article de Guillaume GUICHARD (du Figaro économie) qui donnait pile-poil les informations recherchées, du moins le pensè-je… Après quelques échanges très cordiaux, ce monsieur m’a aimablement envoyé la base à partir de laquelle son infographie a été créée, qui provient essentiellement de la BRI (Banque des règlements internationaux). Je le remercie vivement, parce que je me voyais mal passer des heures et des heures à faire le travail qu’il a fait, en compilant pour nous des données absconses, partielles et éparpillées… Alors, voici le tableau simplifié des dettes publiques et de leur financement par des banques étrangères, que je vous produis sous toute réserve (pour le faire apparaître en grand, cliquez dessus) :

 

Tableau des dettes publiques

 

Maintenant, si vous lisez les commentaires de l’article du Figaro, vous comprenez immédiatement que ce tableau est donné à titre purement indicatif ; tant les inconnues, plus que significatives, sont nombreuses, même après les nombreux retraitements que j’ai dû opérer, et tant il y avait de « coquilles » dedans… De plus, certains chiffres sont impossibles à corroborer, même les montants des dettes publiques, à une même date, varient d’un organisme à un autre. En conséquence, je suis désolé, mais, on ne peut pas en tirer grand-chose, et ne venez pas me dire que c’est faux, ça l’est.

 

Cependant, il se passe exactement au niveau des dettes publiques ce qui se passe au niveau des créances interbancaires, avec des croisements de créance pour le moins étonnant, dus à la multiplication des circuits financiers qui rend impossible tout traçage exhaustif.

De même, on comprend très bien que nous sommes exactement dans la même situation que pour les créances interbancaires et que si on compensait les créances croisées et triangulaires, environ 55 % des montants disparaitraient des circuits ; ce qui corrobore les chiffres globaux donnés par François Morin (dans : « Le mur de l’argent » - Édition du Seuil) qui indique que 80 % des échanges financiers mondiaux relèvent de « l’économie fictive », et sont du « je te prête, tu me prêtes », ou plutôt « je te prête, tu prêtes à un autre, et cet autre me prête », ou encore plus fort « je te prête, tu prêtes à un autre, mais dans le même temps je mets sur le marché sous forme de titre ce que j’ai prêté, et l’autre achète ces titres qu’il met lui-même en vente, et cetera, et cetera,… » ; et on peut remplacer l’action de « prêter » par « vendre » pour n’importe quel « produit », ça fonctionne aussi.

Un monde qui vit totalement dans la virtualité de l’économie financière, dans ce qu’elle a produit de plus délirant et de fictif, depuis que les échanges commerciaux existent…

 

 

Quelques mises au point s’imposent… 

 

Ancien expert-comptable, dirigeant d’entreprises et CAC (commissaire aux comptes), je vais vous avouer quelques trucs (et au passage me faire encore quelques « amis ») :

- sans fausse modestie, je peux faire dire ce que je veux aux chiffres… Du moins, si je n'énonce pas dans quel contexte limité une analyse financière est vraie, alors, c'est qu’elle recèle un potentiel d’erreurs et d’idioties, variable en fonction de mes « omissions »,

- devant la complexité du monde économique et financier, je connais beaucoup d'anciens collègues qui avouent leur ignorance et leur impuissance, mais, seulement en petit comité bien sûr ; et moi-même, mes analyses et mes compétences s’arrêtent là, où commence l’opacité des circuits économiques, même si j’en connais quand même beaucoup « de l’intérieur »,

- la plupart des « purs » économistes, et a fortiori les commentateurs et journalistes dits spécialisés, n'ont aucune vision, ni compréhension, de ce que leurs concepts et propositions engendrent et produisent, concrètement et comptablement, dans l'économie réelle et le porte-monnaie des individus,

- les agences de notation et autres analystes, racontent n'importe quoi ; au point qu’il est assez évident qu’il faut toujours se demander « à qui profite le crime », dès qu’une information financière est publiée ou diffusée, fût-elle « malencontreusement »...

 

Ces problèmes de véracité et de compréhension des chiffres sur l'économie mondiale, ainsi que sur les pays, proviennent de plusieurs pratiques qui en disent long sur ce qui se passe en coulisse et, plus fondamentalement et non accessoirement, sur le « sérieux » des agences de notation, ainsi que des « études ou analyses » :

- les pays, et a fortiori les organismes financiers (surtout quand ils sont étrangers, mais également dans notre zone Euro), n'ont aucune obligation de publier le détail de leur structure bilancielle, et chacun garde, d'ailleurs, jalousement ces données stratégiques. Or, ces données sont fondamentales pour comprendre vraiment s’il y a un problème ou pas ; en leur absence aucun bilan ne peut et ne veut rien dire. Pour faire simple, c’est assez différent si je dois de l’argent à quelqu’un qui n’attend pas après pour vivre ou à un SDF. De même, c’est assez différent si j’ai prêté à quelqu’un qui a des garanties ou à un SDF… Une évidence, non ? Indécelable dans les chiffres actuels tels qu’ils sont présentés, et a fortiori quand ils sont cachés…

- la Chine, avec ses 3 197 milliards de dollars d'avoirs (2 450 milliards d’euros), ne publie strictement rien sur ses chiffres... Ce n’est pas rien dans le circuit mondial, que 122 % du PIB français (!!!, et toujours en augmentation) se promène de place en place financière sans aucune information sur leur utilisation, alors, qu’elle peut acheter 2,2 fois les entreprises du Nasdaq 100 qui compte entre autres, Apple, Cisco, Dell, Ebay, Microsoft, Oracle… Car, tous ces investissements chinois passent par un système de sociétés-écrans et des places financières opaques, de sorte que personne ne sait, où ce pays place son trésor de guerre économique... ni même, si nous ne sommes pas déjà totalement sous leur coupe pour bien des secteurs stratégiques. D’ailleurs, il semble bien, qu’elle ait décidé de se désengager massivement de son soutien au dollar et d’acheter l’Europe (si elle l’annonce, c’est probablement que c’est déjà fait pour les principales cibles) ; les USA ont donc du souci à se faire et nous avec... Et s’ils n’y avaient qu’eux… car, il faut aussi rajouter les pays du Moyen-Orient, la Russie, et autres économies qui ont des fonds à placer grâce aux rentes que leur procurent leurs richesses diverses (gaz, pétrole, minerais, métaux, et cetera)…

- même quand on connait l'origine des fonds, comme pour mon article sur les créances interbancaires (ou dans cette étude qui essaye de faire le point sur, qui détient la dette publique), en réalité, on ne connait pas l'identité exacte des détenteurs premiers. Une évidence simple : la GB (la grande lessiveuse), la Suisse et autres pays apparaissent comme d'énormes prêteurs, sans aucun rapport avec leurs capacités d’investissements intrinsèques (celles qui seraient uniquement dues à leurs économies) ; parce qu'en fait, ces pays ne sont que des mandataires de groupements financiers occultes, dont aucun analyste ne connait l'origine, et encore moins, la provenance des fonds. Cependant, on se doute quand même un peu que c'est pour le moins pas « clair clair »; et que ce n’est pas pour rien que toutes les banques ont des centaines de filiales dans des paradis fiscaux opaques (avec la palme à la BNP pour la France)...

En conséquence, au mieux, tous les chiffres qui sont publiés pour les analyses, sont des extrapolations et des recoupements de données, par déduction, et n'ont aucune valeur de vérité ! Au pire, ce sont des manipulations de groupements financiers pour influer sur les marchés, quand ce n’est pas, tout simplement, de l’ignorance en barre…

 

Cependant, on constate très bien que ce "flou" est soigneusement entretenu de façon à ce que personne ne puisse recouper, ni comprendre à qui appartient quoi, qui doit de l’argent à qui, ni qui investit sur quoi...

Et on comprend également très bien, à quoi cela sert d'entretenir un tel merdier, quand on est un trader qui mange à tous les râteliers et/ou quand on veut échapper aux impôts ; et surtout quand on est les USA, qu'on doit de l'argent à tout le monde et qu’on veut faire oublier qu’on vit sur le fonctionnement en continu de la planche à billets depuis 40 ans... sans omettre, la Chine et autres pays qui veulent continuer à placer leurs pions, sans dévoiler leur jeu...

Dommage que seule Aliocha nous avoue dans un bel exercice de lucidité, de sincérité et d'humilité ; qu'elle n'y comprend rien... Malheureusement, elle n’est pas suivie par beaucoup d'autres et encore moins par les politiques... En fait l’opacité du système, c’est un des vrais cancers de la financiarisation, et Aliocha peut se féliciter d’avoir soulevé par son incompréhension ce qui est un des fondements nodaux du système tout entier.

 

 

Le devoir de lutter contre les idées reçues, la désinformation et les solutions magiques…

 

Quelques idées reçues ont la vie dure et circulent en boucle dans les commentaires sur cette « crise », revue de détail, développée ou succincte, très très partielle…

 

- Il faut faire défaut sur la dette, ne remboursons pas, ou opérons unilatéralement une décote…

 

Sauf que le problème des dettes et créances croisées, c'est qu'elles sont détenues par les mêmes opérateurs qui détiennent également les avoirs de tout le monde... Si on met à genou le système, c'est nous-mêmes que nous punirons... Ce que démontrent ces tableaux des dettes, c’est tout également, l’imbrication des dépendances financières ; toucher à un seul maillon de la chaîne, c’est toujours prendre le risque positif que tout le château de cartes s’effondre.

Pourtant, outre les mesures de renationalisation de certaines banques, la séparation des activités bancaires ou le renforcement des ratios de sécurité et autres réformes, il y a une solution extrêmement simple pour démonter le château de cartes sans que tout s’effondre.

En France (et en principe dans la zone Euro, sauf les habituels cas particuliers qui ont obtenu des exceptions à la règle), on a une loi sur la dématérialisation des titres… Au lieu de dire, on ne paiera pas, il faut dire « notre loi nous interdit de verser de l’argent à des anonymes, aussi dorénavant nous ne rembourserons plus les dettes de tous ceux, sociétés de placement incluses, qui ne nous auront pas fait connaître les personnes physiques, bénéficiaires finaux »… Ou encore : « nous dénonçons toutes les conventions fiscales avec les pays qui ne soumettent pas leurs organismes financiers aux mêmes règles de transparence que nous, et en conséquence, nous appliquons à la lettre notre loi sur la retenue à source pour tous les types de revenus distribués à l’étranger à notre taux maximum d’imposition, majoré de 50 % »…

Simple non ? Le système a comme condition essentielle à sa survie et pour pouvoir poursuivre ses « trafics » occultes, l’anonymat. Supprimons celui-ci et, entre autres, plus aucun chantage ne peut s’exercer. Il est plus que probable, par exemple, que parmi nos prêteurs étrangers figurent des banques françaises qui se servent de leurs filiales extraterritoriales pour participer à la curée sur l’Europe… ça serait « drôle » que tout à coup les masques tombent…

De plus, on inverse totalement la stratégie de la terreur, et ça, ça serait une vraie révolution ; en douceur en plus ; bien plus efficace que la taxe Tobin qui ne ferait que surenchérir le loyer de l’argent, sans rien changer au niveau des problèmes de fond, et qui en plus, est inapplicable sans un consensus mondial que nous n’aurons jamais… Et si la France pouvait entraîner l’Europe, puis les USA (ce dont je doute, mais nous n’avons pas besoin d’eux), dans son sillage, cela suffirait pour mettre fin en « deux coups de cuillère à pot » : à l’évasion fiscale, aux paradis fiscaux opaques, aux participations croisées, et cetera, et cetera… Et ce n’est pas une solution magique celle-là, elle est applicable demain et sans qu’on ait besoin que le reste du monde soit d’accord… tout en respectant la Loi…

 

- La Loi de 1973 puis le statut de la BCE, sont la cause de tout…

 

Voilà encore une demi-vérité qui a la vie dure… diffusée, principalement, aussi bien par le FN que par la gauche dite « radicale »…


Bien évidemment, on peut toujours gloser et même être d’accord sur les problèmes que constitue cette perte d’indépendance par rapport aux besoins de financement des États, aux contraintes que cela implique et au surcoût que cela représente…


 Cependant, cette affaire du « sur-paiement » des dettes est à double tranchant… Certains affirment que notre dette serait aujourd’hui minime, si depuis 40 ans nous n’avions pas eu à régler les intérêts versés aux Banques ; soit, on peut même leur faire confiance s’ils maîtrisent les opérations arithmétiques de base. Néanmoins, je n’ai jamais pu le vérifier parce que tous ceux qui affirment cela, ne donnent ni les chiffres, ni les méthodes qu’ils ont utilisées pour le calcul ; si c’est une simple addition des intérêts payés, par exemple, c’est forcément faux, parce que seul le différentiel avec le taux de financement auprès de la banque centrale est à prendre en compte, et de plus, les impôts sur le surcoût sont à déduire…

Mais, il y a une autre raison plus fondamentale : cet argent a aussi permis aux banques de financer l’activité économique… Personne ne sait jusqu’à quel point cette décision - qui a également, permis de créer un circuit de subventionnement de l’activité économique qui échappe à toute accusation de dumping étatique - a rapporté en impôts à l‘État et soutenu l’économie. De même par rapport aux « mécanismes » de création monétaire, il est probable que les concepteurs de ce système pensaient que les banques étaient les mieux à même, « d’autoréguler » et d’ajuster la masse monétaire en fonction de l’augmentation réelle de richesses, conformément à la Théorie quantitative de la monnaie (TQM)…  


En fait, il est peu probable que nous sachions distinguer un jour quelle est la part du surcoût réel qui a été perdue juste pour engraisser quelques rentiers, et celle qui a permis de soutenir l’économie, en rapportant également des impôts à l’État… N’oublions pas également que de 1981 à 1986, suite aux nationalisations bancaires, l’État français payait d’une main ce qu’il reprenait de l’autre, sans que cela n’ait changé significativement les résultats économiques et les problèmes liés aux dettes… 

 De même, nous ne saurons jamais, si nous aurions pu faire mieux sans cette Loi de 1973 ; personne n’en sait rien, même pas moi icon_wink.gif, et ceux qui vous disent qu’ils savent sont des « vrais devins », en réalité à fuir d’urgence. Parce qu’enfin, parmi les pourfendeurs de notre système, d’aucuns oublient juste de rappeler que les USA (et bien d’autres pays) qui continuent à financer leurs déficits publics par la « planche à billets » et l’émission de bonds du trésor (comme nous avant 1973) sont encore en plus mauvaise posture que nous (pour vous en convaincre, les faillites bancaires aux USA depuis 2008, stupéfiant parce que presque personne n’en parle), sans que ça ne change quoi que ce soit… Pire, ils ne doivent leur relatif salut qu’à la demande permanente de billets verts pour les échanges internationaux, ce qui les pousse à une fuite en avant, dont on voit mal comment elle pourrait se terminer autrement que par une « implosion systémique », où, à poids équivalent, le billet vert deviendra bientôt moins cher pour faire du feu, que du bois brut…


En fait, on ne résout jamais aucun problème en le déplaçant, ailleurs, si on n’a pas traité ce qui le génère… C’est toujours ainsi quand on confond cause et effet.

 

Parmi les causes premières, je continue à préférer celle qui date de 1971 quand les USA ont décidé unilatéralement de mettre fin à la convertibilité or (ce qui n’était pas une mauvaise chose en soi, si on avait adopté le Bancor, par exemple, plutôt que ce qui a suivi). De mon point de vue ce changement paradigmatique est central et tout le reste en découle, y inclus le diktat libéral de libre échange pour tout et à tout prix, mais aussi collatéralement d’autres faits sociétaux, comme, par exemple, le mépris pour la valeur travail et le savoir… En réponse, à l’époque, notre course à la dévaluation compétitive pour le Franc était la pire bêtise que nous pouvions faire dans un environnement spéculatif, où, en plus, les USA laissaient filer leur inflation… Et dire qu’il y en a, qui veulent remettre ça…

 

Si nous revenions à quelques fondamentaux économiques de base, notamment ceux qui permettent de booster la compétitivité (sans même tripatouiller la monnaie), de relocaliser les économies et de défaire notre dépendance aux financeurs internationaux, on ne se poserait même pas la question des dettes... Bien évidemment, si pour se défaire de la dépendance aux financiers internationaux, il faut en passer, entre autres, par un financement direct auprès de la BCE, pour les dettes publiques, pourquoi pas… Arrêtons de faire de l’idéologie sur des sujets qui n’en méritent pas et concentrons-nous sur ce qui est important, « est-ce que ça fonctionne ou pas ? », déjà, ça ira beaucoup mieux…

Non accessoirement, je ne comprends pas cet acharnement à nous faire peur avec les dettes (n’oubliez pas : «  à qui profite le crime ? »). Après tout, n’importe quel ménage, par exemple, est en capacité de s’endetter de plusieurs années de revenus pour acheter un bien immobilier sans que ça ne gêne personne. Les Japonais endettés à plus de 220 %, ne suscitent aucun émoi de la part des marchés financiers (sauf pour attaquer le Yen), mais bien évidemment, il y a une raison à cela, c’est qu’ils sont détenteurs nationalement, de 90 % de leur dette publique.

C’est donc bien, sur notre capacité de remboursement avec notre croissance atone, que le doute s’est installé ; et à cause de notre dépendance aux marchés financiers internationaux que l’odieux chantage a pu prendre corps pour toute l’Europe…

 

Force est de se demander pourquoi tout le monde (ou presque) cherche des solutions macro-économiques, notamment monétaires, alors que les vraies questions sont :

- comment, on réindustrialise ?

- comment, on relocalise les productions de ce que nous achetons ailleurs ?

- comment, on fait pour rendre nos productions plus compétitives que celles des autres ?

- et comment, on fait pour couper notre dépendance aux marchés financiers internationaux ?…

Sûrement pas en bridant les yeux des salariés, en les faisant travailler jusqu’à 70 ans et en espérant qu’ils accepteront un jour, pour tout paiement, un bol de riz, ce qui semble être les seules perspectives que nous proposent les dirigeants actuels de l’Europe…

 

- Il faut revenir aux monnaies nationales et autres variantes, seule solution pour sortir de la crise les pays de la zone euro qui sont en difficultés…

 

J’ai déjà eu l’occasion de l’expliquer longuement, dans l’état actuel des « règles » mondiales, ça n’a aucun sens et ce serait même la fin de tout.

Que l'Europe ait des problèmes, entre autres de cohérence et de gouvernance, c'est une évidence, cependant, à mon humble avis, il n'existe, « tout simplement », pas de crise de la dette en Europe ; ou du moins, comparativement aux autres grands pays du monde, nous sommes ceux qui sont « les moins malades » ; c’est bien pour cela d’ailleurs, que les marchés financiers sont si « concentrés » sur nous : nous sommes les seuls réellement solvables et dont la monnaie ne risque pas de s’effondrer (sauf si le dollar plonge et qu’il nous entraîne dans sa chute).

Pour vous en convaincre, si mes deux articles sur le sujet ne vous avaient pas encore achevé, un autre : « La crise ». En partant d'indicateurs différents - ceux qui concernent le « solde financier primaire des administrations publiques en % du PIB » - Henri Régnault arrive aux mêmes conclusions que moi !

Et puis, est-ce parce que les plus grands États fédéraux américains sont en faillite, que ces mêmes États songent une seconde à faire des sécessions monétaires ? Ce qui n’a pas de sens pour les USA n’en a pas plus pour les pays de la zone euro…

 

Notre système monétaire est ce qu’il est, et assurément perfectible (notamment en exigeant des contreparties des banques sur l’utilisation qu’elles font des refinancements de la BCE, ainsi qu’en élargissant les marges de manœuvre et les missions de cette dernière), mais il n’est pas si mauvais que cela…

 

En fait plus fondamentalement, c’est parce que l’Europe ne joue pas avec les mêmes règles du jeu avec le reste du monde qu’elle paraît et est si fragile…

Tous les pays font du protectionnisme, pas nous. La Chine fixe unilatéralement sa valeur d’échange monétaire, pas nous. Nous ne pouvons pas investir, ni désinvestir, librement chez les autres ; chez nous, les autres si. La plupart des pays financent leurs déficits publics en empruntant à leur banque centrale, nous, nous sommes dépendants des marchés financiers privés. Nous soumettons nos marchés publics à la concurrence internationale (juste quelques exemples), les autres pas. Certains pays ne respectent pas la législation sur les brevets, la contrefaçon et le copyright, nous si. Nous acceptons de transférer nos technologies quand nous passons des gros contrats avec les autres, les autres (notamment les USA) non. Très justement, nous imposons à nos entreprises des règles environnementales, sanitaires, sociales, fiscales et de transparence, les autres non… Et cetera, et cetera, car la liste n’est pas exhaustive…

 

Comme je déplore de le répéter, nous sommes donc, exactement dans la situation des Amérindiens au moment de l’arrivée des Européens. Quand ils combattaient les « envahisseurs », ils pensaient que toucher un ennemi valait victoire, et se faisaient donc, abattre sans même comprendre ce qui leur arrivait...

Il faut que le tir au pigeon (c’est nous) cesse. Il serait temps, pour faire simple et grossier, que nos dirigeants politiques retrouvent leurs c... ; parce que des solutions, il y en a, notamment en exigeant au niveau de l’OMC des règles de réciprocité, sous peine de surtaxation et même d’interdiction des importations... mais évidemment, cela supposerait de fâcher quelques « amis », et en particulier les USA et la Chine...

 

- Le cas allemand, un « modèle » pour toute l’Europe ?

 

Il faut arrêter avec ça. L’Allemagne est dans la même panade que nous et par bien des aspects, même plus mal que nous…

Son déficit est équivalent au nôtre. Son taux de chômage itou (et même supérieur, si on tient compte du peu de femmes sur le marché de l’emploi). Elle a proportionnellement autant de pauvres que nous. Elle a un problème démographique, pas nous. Elle n’a pas respecté les critères de Maastricht, comme nous tous. Son PIB par habitant est resté longtemps inférieur au nôtre… Quant à son modèle industriel d’excellence, qui lui donne son écrasante supériorité en termes de balance commerciale, il est en train de scier la branche sur laquelle il est assis… en exportant ses technologies à des pays qui, une fois acquis les savoir-faire, vont devenir des concurrents imbattables. Sans oublier qu’elle a vendu à des clients insolvables (notamment des armes et équipements militaires à la Grèce), sans aucun état d’âme, alors même qu’elle voudrait leur donner des leçons de bonne conduite aujourd’hui…

L'Allemagne n'est pas la « bonne élève » que tout le monde voudrait nous faire croire qu'elle est...

Son seul point fort, c’est sa vision à long terme des phénomènes spéculatifs qui lui fait tenir contre vents et marées, son aversion de l’inflation et son diktat de monnaie forte… Ce, en quoi, je ne peux pas lui donner tout à fait tort, même si elle pourrait un peu assouplir ses positions monétaires, faire preuve d’un peu plus de solidarité (d’autant que nous sommes dans le même bateau et qu’elle n’a pas le choix), et avoir encore plus une vision à long terme des problèmes industriels et spéculatifs, notamment, sans s’opposer systématiquement à toute mesure qui remettrait en cause le libre échange des biens et services…

 

- L’inflation et la relance keynésienne, des solutions ?

 

C'est drôle de croire encore que l'inflation puisse être un remède...

 

Pour faire court et simple… La plupart des taux sont indexés sur l'inflation... 4 % d’inflation c’est un loyer de l’argent qui augmente d’autant. Donc, emprunter deviendrait prohibitif et les investissements chuteraient en conséquence ; sans oublier que les rendements demandés aux entreprises devraient encore s'accroitre. Et quels sont les endroits où les entreprises cherchent systématiquement des gains ? Sur les salaires et les salariés...

Qui paye l'inflation ? Tout le monde, et en réalité pas les financiers (voir remarque précédente)... Comment tout le monde paye ? Par la baisse du pouvoir d'achat... L’inflation est un impôt qui ne dit pas son nom, d’autant plus injuste que contrairement à ce qu’on pourrait croire, ceux qui vivent de rentes sont proportionnellement moins touchés que les autres...

Tout ça, pour quoi ? Pour faire chuter la valeur d’échange monétaire, soi-disant diminuer les dettes par la baisse de cette valeur, et soi-disant retrouver une compétitivité dans les échanges internationaux…

C'est le genre de spirale que nous avons déjà expérimentée en France, notamment dans les années 70, qui a fait crever notre industrie et fait exploser le chômage.

 

En fait, "l’âge d'or" de l’inflation, et en conséquence la possibilité que ce soit une solution, s’est terminé avec les 30 glorieuses pour la France, suite au changement systémique de 1971. Et ceux qui pensent encore qu’elle pourrait être une solution « sans douleur », oublient juste qu’à l’époque il existait l’échelle mobile des salaires (supprimée par la gauche en 1982) qui permettait de rattraper pour tous les salariés, les pertes de pouvoir d’achat…

 

C’est bizarre qu’il existe encore des économistes pour soutenir la relance keynésienne…

 

Les logiques keynésiennes, c’est exactement ce que nos gouvernants ont fait depuis 40 ans. Pourtant, toutes les politiques de relance depuis 1975 l’ont prouvé, en système économique ouvert, ça ne fonctionne pas ! Pire ça aggrave à terme les problèmes. Mais nos dirigeants, aussi bien de gauche que de droite, continuent imperturbables à croire à cette foutaise économique, comme à un credo, jamais remis en cause.

On n’a fait que réinjecter de l’argent (en empruntant) en espérant que celui-ci démultiplierait la croissance, alors qu’il n’a fait que partir chez les BRICS pour soutenir leur croissance à eux… et en conséquence nous n’avons jamais pu « rattraper » les dettes que nous avons créées.

Pire, nous sommes maintenant rentrés dans ce cycle où nous créons de la dette pour rembourser la dette, avec les effets amplificateurs (taux qui augmentent) que nous connaissons, ce qui est insoutenable, tout le monde le comprend aisément… Le comble étant que les Chinois nous proposent de nous aider en nous prêtant nos dettes… Trop fort…

Il y a des problèmes structurels de fond qui conduisent à ce que plus on travaille, plus on gagne, plus on consomme et plus on appauvrit la France ; il serait peut-être temps que nos économistes en prennent conscience. Tant que nous n’aurons pas réglé le problème, où, quand on injecte 100 (que ce soit au niveau de la consommation ou celui des investissements), seuls 20 produisent du travail en France, il est inutile de persister dans l’erreur… Pour plus de détails, vous pouvez lire cet article

 

- La finance gouverne le monde…

 

Contrairement à beaucoup de commentateurs, je ne pense pas que « c'est la finance qui gouverne le monde », il y a trop d'intérêts divergents en jeu et même qui s’affrontent à mort, pour soutenir un tel constat réducteur qui verrait les conséquences de la financiarisation, comme celles émanant de pratiques concertées, et/ou « complotistes », ou même de résurgence de la lutte des classes (des places, oui ; des classes, non).

 

En fait, comme presque toujours, les mêmes causes engendrent les mêmes effets et ce sont les lois du système qui impose les conséquences qui en résultent…

 

Depuis 40 ans, les politiques ont ouvert toujours plus en grand les poulaillers en déréglementant toujours plus les échanges commerciaux, et ils voudraient que les loups s’interdisent d’eux-mêmes d’y faire des razzias ; ce n’est plus de l’angélisme, c’est de la connerie en barre.

De même, c’est dans la logique intrinsèque de la mondialisation du commerce imposée depuis 1971 par les USA, que de pousser toujours plus à la concentration financière et à la création d’entités économiques supranationales, qui à force d’effet de taille, deviennent plus puissantes que les États…

Il y a une évidence simple, qui semble échapper à la plupart de ceux qui n’ont jamais eu à gérer une entreprise. Les dirigeants économiques n’ont pas décidé en se réveillant un matin qu’ils avaient envie de devenir les maîtres du monde et de ne plus payer d'impôts ; et qu’en conséquence ce serait mieux de délocaliser, de virer des gens, et d’étendre leur marché en adoptant les leviers du développement par la croissance externe… Ils l’ont fait parce que, mis en concurrence avec le reste du monde, c’était les seuls moyens pour eux de survivre et de continuer à gagner de l’argent. Le pouvoir qu’ils ont acquis sur les États n’est qu’une des conséquences de ces concentrations, pas un but premier.

Si « on » leur redonnait les moyens de relocaliser les économies tout en continuant à gagner de l’argent et sans être perpétuellement attaqué, il est assez évident que beaucoup préféreraient arrêter de vivre dans des avions, fussent-ils les leurs…

 

Ce n’est pas sur un coup de tête, non plus, que « tout à coup » nos leaders européens, dans le sillage des USA des années Reagan/Thatcher (adeptes et thuriféraires de la « courbe de Laffer »), sont devenus addicts à la baisse des impôts sur les plus riches et à l’endettement ; ils ne pouvaient, pensaient-ils, tout simplement pas faire autrement s’ils ne voulaient pas voir les capitaux partir aux USA ou ailleurs, et en conséquence notre économie s’effondrer (voir à ce propos la courbe des IDE de la France, c’est édifiant)… Sauf que depuis, ils (et nous avec) se retrouvent prisonniers et otages, entre le marteau US et l'enclume chinoise, sans que rien ni personne n’arrive à sortir de cette double contrainte aux multiples facettes...

Le jour, où nos dirigeants expliqueront réellement honnêtement tous les chantages internationaux auxquels ils sont soumis (et pas seulement des États, mais aussi des grands groupes internationaux, comme par exemple, Gazprom), ainsi que toutes les contraintes, dont ils doivent tenir compte, les citoyens tomberont de haut... Ce n’est pas bien de laisser ces guerres souterraines dans le secret des alcôves gouvernementales et des initiés ; les citoyens doivent connaître les monstres surpuissants que nous devons affronter, tous les jours.

Juste un chiffre, la capitalisation boursière de la première banque chinoise (il y en a d’autres presque au même niveau là-bas) est de 238 milliards de $ (environ 183 milliards d’€), ce qui veut dire (si on respecte le ratio haut bancaire d’engagement possible) que sa puissance d’intervention financière est à peu près de 1 830 milliards d’euros : soit, 96 % de notre PIB !!!… Et plus du double, si on se réfère au ratio bas !!!!!! C’est quoi la France toute seule, face à cette puissance-là et tant d'autres ? Un tout petit pion, aussi significatif que l’est l’Andorre pour nous…

 

Nos dirigeants européens sont en conséquence, véritablement atteints par le syndrome de Stockholm, parce que ceux avec lesquels nous « négocions » nous pointent sans arrêt un flingue sur la nuque, et c’est suffisant pour rendre impuissant n’importe quel politique qui confond realpolitik et politique dictée par la réalité...

Le comble, c’est que ces mêmes politiques ne veulent pas admettre que tous ces phénomènes, à l’origine purement de survie économique, ne sont que des conséquences de leurs décisions passées ; ce qui est un mauvais signe si on veut s’en sortir un jour : il n’y a pas de « guérison » possible, si le malade nie la part de sa responsabilité dans ce qui lui arrive… ou alors, il le sait et s’il continue à dire que c’est la faute des autres, c’est encore pire. On a un spécialiste de cette attitude à la tête de la France aujourd’hui…

 

L’illusion du « pouvoir politique » a vécu, et d’une certaine façon, c’est tant mieux que les réalités se dévoilent au grand jour….

 

Cependant (même si, je n’ai pas encore lu en détail les mesures proposées par Merkosy), il y a un espoir… On a commencé à dire non à la GB, ce faux nez des Américains et de la finance internationale, c'est déjà un début... Si ce pays est fâché, c’est donc que nous sommes forcément sur la bonne voie icon_wink.gif ; même s’il est assez évident qu’il y a encore beaucoup d’autres « efforts » à faire.

Tant que nous n’aurons pas les mêmes règles du jeu, il faudra bien se résoudre à créer une partition économique en 3 pôles presque étanches (Europe, Amériques, Asie, … vraiment désolé, pour les Africains qui continueront, sauf réveil, à être des pions pillés de leurs richesses), et on pourra enfin recommencer à travailler et consommer en paix, ainsi que préserver et même étendre nos protections sociales…

 

 

Définitivement, les solutions sont ailleurs… 

 

En attendant que les dirigeants mondiaux comprennent et admettent que :

- l’économie ce n’est pas un casino,

- l’argent n’est pas une marchandise,

- l’argent doit servir à alimenter l’économie réelle,

- la finalité de l’économie, c’est le bien-être du plus grand nombre et pas seulement de quelques privilégiés,

- pour être « amis » et commercer entre pays, il faut appliquer les mêmes règles du jeu, (ce qui pourrait même aller jusqu’à s’interdire d’échanger avec des États non démocratiques)…

Nous pouvons faire des choix avec des solutions nationales en prenant le système à son propre jeu… Des logiques « locales » que je me sens bien seul à défendre et à promouvoir, par rapport à tous ceux qui prônent les solutions magiques citées ci-avant…

Il est assez évident que pour mater cette dictature qui ne dit pas son nom, il faut inverser la dynamique de la terreur. Sans prétendre qu’elle résoudrait tout à elle seule, une simple mesure comme, « on ne paye plus les anonymes, ou on les surtaxe », avec tout ce qu’elle implique et si on l’encadre d’autres mesures détaillées sur ce blog, ferait plus que tout ce que j’ai entendu jusqu’à présent, pour mettre au pas la finance internationale. Cependant, la solution « on ne paye plus les anonymes » est ma préférée, parce que celle de la sur-taxation est une réponse à un coup qui nous laisserait seuls face aux mesures dé rétorsion ; tandis que la première provoquerait un choc mondial susceptible d’entrainer d’autres pays dans cette guerre ouverte aux bandits financiers.

Pour information, selon la Tax Justice Network, rapportée par The Guardian, l’estimation des montants siphonnés par les paradis fiscaux et autres places offshores totaliseraient au moins 21 000 Md$ !!! Même s’il reste à connaître quelle est la part dans ce montant des fonds provenant des États, qui utilisent ces places off-shore pour leurs opérations, il n’en reste pas moins que si on met en face le total des dettes “réelles” extérieures des pays que j’ai pu analyser, soit environ 6 689 Md€, (7 916 Md$ au cours du jour), on comprend tout de suite que tous ces pays pourraient trouver, « tout à coup », un intérêt commun à mettre fin, une fois pour toutes à ce cancer pour les budgets d’États et pour l’économie...

 

Reste que pour réunir tous ceux qui veulent changer le système, avec un pack de solutions communes, cohérentes et réalistes, j’avoue mes limites… Impossible de faire varier d’un pouce tous les faiseurs d’opinions qui croient aux solutions magiques et qui déduisent des problèmes des solutions qui n’en sont pas… Une pratique bien commune de l’extrême droite et de l’extrême gauche ; tandis que ceux du milieu manquent tellement d’imagination, sont tellement pétrifiés par la réalité qu’ils ne nous offrent pas d’autre programme, que celui de promettre d’essayer de faire mieux qu’avant… Désespérant…

Si le PS est élu en 2012, mais il n’y a rien de moins sûr, il faut qu’il prenne toute la mesure que ce sera probablement la dernière chance que nous aurons pour que le pays ne bascule pas dans des aventures extrémistes… Je ne sais pas s’il a assimilé à quel point le désespoir des gens est grand, mais ce que je sais, c’est que ce sentiment est la porte ouverte à toutes les irrationalités et à tous les fascismes. S’il l’a oublié, il ferait bien de relire « Psychologie de masse du fascisme » (Wilhelm Reich - 1933, et ça n’a pas tellement vieilli finalement, si on le relit en actualisant les concepts)…

Toutes les conditions sont malheureusement réunies pour que l’histoire se répète salement…

 

« La logique économique actuelle sépare le producteur du consommateur. Elle a abouti à cette société absurde où les produits sont fabriqués par des esclaves et vendus à des chômeurs » (Bernard Stiegler ou Jean-Michel Quatrepoint ?) ; ce que moi-même j’appelle la logique de la concurrence des misères…

Je ne sais pas pendant combien de temps encore nous aurons à supporter cette situation, ni comment nous en sortirons au final, ni même, si j’en verrai la sortie ; mais je sais que je n’en peux plus de me sentir si impuissant à rendre un statut d’humain aux 300 personnes (dont des femmes et des enfants) qui campent à 50 mètres de chez moi… et qui n’en n’ont rien à faire de ce que je raconte sur ce blog ; en ce jour, où il pleut comme vache qui pisse, et où ma super sonde électronique de température importée d’Allemagne, mais fabriquée je ne sais où, indique 0,1°…


P.-S. : Pour ceux qui auraient encore des doutes sur le fait que l'opacité et l'anonymat sont des composantes systémiques nodales et nécessaires à la perpétuation de tout ce merdier, un documentaire : "Quand l'Europe sauve ses Banques, qui paye ?" (Arte 26/02/13) ; qui aurait aussi pu s'appeler : "Quand l'Europe sauve ses banques, à qui va l'argent ?" ; question récurrente de ce documentaire qui ne recevra jamais de réponse... et pour cause... 

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 18:00

Première date de publication : 02/12/2011
Date de la dernière mise à jour : 02/12/2011 

 


Ayez peur braves gens, l’Armageddon financier se rapproche à grands pas… Même un ami, pourtant pas impressionnable, m’a appelé pour savoir ce qu’il devait faire de ses petites économies, tant l’angoisse s’est emparée de tous.

Il faut dire qu’on ne peut pas écouter les infos sans que le sujet de la « crise financière » n’occupe, au moins, la moitié du temps, avec des commentateurs qui répètent en boucle des messages simples à comprendre :

- c’est la merde, personne n’est responsable et tout le monde l’est,

- c’est trop compliqué pour qu’on vous explique correctement, mais faites-nous confiance, 

- personne n’est d’accord sur ce qu’il faut faire pour en sortir,

- tout le monde va payer, et très cher,

- bref, ça va chier… au cas, où vous ne l’auriez pas encore, ni assez compris…

 

Bon, on ne va s’étendre sur les responsabilités, on sait où elles se situent, mais si je le redis, on va encore m’accuser de populisme. Alors, si vous n’êtes pas gavés, penchons-nous plutôt sur un « petit problème comptable » qui semble échapper à beaucoup…

 

C’est à la réception de ce lien : Eurozone debt web : Who owes what to whom ? (Web dette Eurozone : Qui doit quoi et à qui ?) Que j’ai eu envie de vous faire part de quelques observations, non évoquées dans ce lien… sur lequel vous pourrez trouver, pays par pays (en cliquant sur le pays) :

- qui doit combien et à qui, à travers les dettes et les créances bancaires uniquement,

- le total des dettes étrangères par habitant,

- le pourcentage des dettes étrangères par rapport au PIB,

- le pourcentage des dettes de l’État par rapport au PIB,

- et autres informations utiles… qui conduisent à donner une note de solvabilité au pays, de gentil pays à vilain, pas beau, laid et méchant pays…

 

J’aurais bien aimé que figure également dans ce relevé les BRICS, notamment la Chine avec ses plus de 3 000 milliards de réserves en dollars, et autres considérations mondiales sur les flux financiers, mais bon, faut pas tout demander d’un coup non plus… 

 

Alors, juste un petit travail que cet article n’a pas fait et que l’on fait couramment dans les groupes d’entreprises pour équilibrer les dettes et les créances… C'est le b a ba d’un gestionnaire de trésorerie ou plus simplement d’une ménagère qui sait gérer son budget, et qui trouve absurde de payer un crédit revolving à 12 %, alors que ses économies ne lui rapportent que 3 %... ça s’appelle un tableau de compensation des dettes et des créances, et en général, ça permet de faire beaucoup d’économies… Voici le tableau (pour le faire apparaître en grand, cliquez dessus) :

   

Dettes inter-bancaires

Étonnant non ? Selon le principe logique que si A doit à B, 100, que B doit à C, 100, et que C doit à A, 100, on peut annuler une énorme partie de ces dettes réciproques et croisées, en les compensant. En conséquence, d’après les données de notre tableau, il est donc possible de supprimer 73 % (!!!) des dettes de ces 10 pays par de simples écritures comptables de compensation !…

 

Qui doit le plus à tout le monde, mais est-ce bien une surprise ? Les USA qui cumulent pour ces seuls 10 pays, 63 % (!!!) des dettes. Et encore, ne sont pas inclus dans cette colossale arnaque, les soldes des BRICS qui, à vue de nez, feraient quadrupler le montant (mais pour les autres également)… Mais si vous avez bien lu cet article : Exercices appliqués d’analyse systémique sur la mondialisation et à propos de la décroissance… ; vous savez maintenant pourquoi le système financier ne peut pas être régulé, tant qu’on n’aura pas ôté aux USA leur planche à billets, et que le dollar cesse d’être une monnaie d’échange et de réserve…

 

Mais continuons, nos observations…

 

Suite à la première constatation, on comprend également que ces pays payent, sur 5 739,3 Md d’€ de dettes, des intérêts (environ 172 Md d’€ si on prend un taux moyen de 3 %) qui n’ont aucun sens ! Alors pourquoi continuent-ils ? C’est là, où on est bien obligé de rentrer dans des considérations sur l’impuissance politique et l’homéostasie systémique de la financiarisation…

Il faut comprendre que ces dettes fictives constituent la principale ressource de chiffre d’affaires des banques qui ne peuvent, sous peine d’en mourir, solder leurs dettes et leurs créances, car elles perdraient immédiatement les rentes qu’elles perçoivent sur chaque mouvement financier… Un vrai système bloqué et tellement intrinsèquement interdépendant que le premier qui bouge, ou qui souhaiterait arrêter la cavalerie (doublée d’une vente pyramidale), ferait tomber tous les autres… Est-ce que vous comprenez mieux, maintenant, où se situe l’économie fictive ? Et pourquoi nos gouvernants semblent si impuissants…

Dans un système « normal », une banque prête à une entreprise ou un particulier, qui par le fruit de ses bénéfices ou de ses revenus rembourse la banque… De même qu’elle peut prêter à un État qui la rembourse avec les impôts… du moins, quand ça se passe normalement.

Ça devient anormal, quand l’État est obligé de prêter à la banque pour qu’elle lui re-prête de l’argent, et que ce même État est obligé de faire des dettes pour rembourser ses dettes, dans un système de cavalerie infernal, où tout le monde s’est mis à jouer à « tant que j’achète et je vends, je survis, et si je m’arrête, je meurs »...

Parce que, dans notre monde financiarisé, l’argent sert à produire de l’argent, sans aucun support productif de biens ou services, juste par le jeu d’une interminable chaîne de prêteurs et d’emprunteurs, d’acheteurs et de vendeurs d’argent… sans que ça ne repose plus sur aucune notion de création de valeur pour rembourser les dettes. L’expression « faire travailler l’argent » a atteint le comble de son absurdité, et l’impasse dans laquelle nous sommes est à la mesure de l’impuissance à retourner aux fondamentaux économiques qui ne mépriseraient plus le travail des humains.

Sauf que, sauf que… on ne peut pas dire, « on arrête tout », pour la simple raison que ces banques détiennent également les avoirs des particuliers et des entreprises. Si on les empêche de continuer le système, ce ne sont pas seulement les milliers (millions ?) de personnes qui vivent de cette « industrie financière » qui se retrouveraient le bec dans l’eau, mais tout également les particuliers et les entreprises… Un chantage permanent qui ne dit pas que c’est la finance qui gouverne le monde, mais bien que les politiques ont créé de toutes pièces toutes les conditions pour que personne n’ait plus le choix de faire autrement (du moins apparemment).

 

Pour terminer sans vous accabler plus, juste une observation : est-ce vraiment la zone euro qui est en crise ? Le solde des 7 pays de la zone euro, qui font partie de notre tableau, est positif de 797,1 Md d’€ !… En fait, il n’y a pas de problème de la zone Euro. Et si notre croissance prévisionnelle était supérieure à 3 % (avec une inflation tenue) personne ne se poserait le problème des dettes. De même, si nous sommes constamment attaqués, c’est juste une manipulation des marchés financiers qui s’attaquent à ceux qui peuvent payer, et c’est tout.

L’intransigeance de l’Allemagne à ce niveau-là, qui refuse de faire marcher la planche à billets en réponse, est vraiment stupide… Cependant, il faut comprendre leur position, faire marcher la planche à billets, c’est tout simplement accepter que leurs créances se dévaluent mécaniquement, et ils ne veulent pas rentrer dans cette spirale-là ; ce en quoi on ne peut pas leur donner tout à fait tort, quand on tient compte des logiques spéculatives à long terme.

Enfin, il semble bien que nos traders aient compris que mener un raid sur les USA ne ferait qu’appauvrir tout le monde, parce que les USA ne s’embarrassent pas, eux, pour laisser filer la valeur du dollar, en faisant fonctionner la planche à billets ; c’est même à croire que c’est cela qu’ils cherchent, puisque toutes leurs interventions pour réévaluer la valeur des autres monnaies (notamment du Yuan) ont échoué.

La sentence, malédiction, de John Connally en 1971, « Le dollar est notre devise, mais c’est votre problème », n’a jamais été aussi vraie qu’aujourd’hui...

 

Quelles solutions ?… Plein de solutions (sur ce blog, ailleurs et encore ailleurs, même si je ne suis pas toujours d'accord avec tout), mais il semble bien qu'il faudra attendre que nous soyons au fond du trou, pour que nous nous décidions à les appliquer…

Au fait, pour ceux que cela intéresse, j’ai dit à mon ami qui s’angoissait pour ses économies, qu'il n’y avait rien à faire, à part acheter des valeurs qui resteront, comme du foncier, de l’or ou des diamants… Pour le reste, je l’ai fortement incité à se mettre au jardin potager, parce qu'il ne pourra ni bouffer son or, ni les murs de ses maisons et encore moins ses diamants... Paysan, le seul vrai métier d’avenir, si on se cantonne à de la culture vivrière et d’autosuffisance. Moi qui déteste jardiner, j’en ai de la chance de vivre dans ce monde-là…

 

 

Addendum important… 

 

Quelques commentateurs déplorent que cet article ne contienne pas les données concernant les dettes et les créances des BRICS, des Banques centrales et des États… Mais cela ne changerait strictement rien aux problèmes démontrés et dénoncés par cet article ; car, ce qui se produit et se démontre au niveau des dettes bancaires est très exactement identique pour les données non explorées....

 

Juste un exemple :

- En Europe, ce sont les banques qui détiennent les dettes d'État pour la plus grande partie (non accessoirement, cela dit aussi l’absurdité de cette loi française (de 1973), puis européenne (en 1992), qui empêche les États de se financer directement auprès de la BCE).

- Pour mémoire, 66 % des dettes (1 122 milliards) de l'État français sont détenues par des fonds étrangers, alors même que nos banques (parmi les plus puissantes d'Europe, bien avant celles des Allemands) prêtent massivement à ces mêmes étrangers : 1 468,90 milliards d'euros pour être exact...

- Mettez en face de cela les 1 700 milliards de dettes de l'État français, qui doit se démener auprès des marchés internationaux pour garder son triple A et trouver 1 122 milliards, ailleurs que chez nous, alors que nos banques en prêtent 1 468,90 à l’étranger !!!…

 

C’est là, où on comprend que nous avons atteint le fin fond de ce système absurde, où nous sommes obligés de faire des courbettes aux marchés financiers pour ne pas couler, alors que c'est avec notre argent qu'ils nous prêtent... Le pire du pire, c'est qu'il y a fort à parier (mais, je n'ai rien qui le prouve, à part le nombre de filiales de banques françaises dans des paradis fiscaux opaques) que les banques françaises prêtent à l'étranger et que cet argent nous est re-prêté par le biais de filiales, ce qui permettrait, outre les intérêts qu'elles perçoivent, d'empêcher ainsi l'imposition en France des bénéfices...

« Je te prête, tu me prêtes et je te re-prête ce que tu me prêtes, à l'infini », c'est cette absurdité mortifère que je démontre, et dénonce dans cet article, et aucune donnée ne manque pour faire ce constat, ainsi que sur la « fictivité » économique qui en résulte.

 

D'ailleurs, les marchés financiers se foutent, par exemple, des Japonais, dont l'endettement public est de plus de 220 % (!!!) ; pourquoi ? C'est assez simple, la quasi-totalité de leur dette publique est détenue par les Japonais eux-mêmes, et les marchés n'ont donc aucun moyen de faire pression sur quoi que ce soit, sauf à la marge sur la valeur du Yen... Nous (et l'Europe avec) aurions les moyens de faire comme ce pays, alors, pourquoi ne le faisons-nous pas ?... Là encore, c'est ce que cet article explique, sans avoir besoin d'autres données...

 

Par contre, il est assez évident que, compléter ces constats avec les dettes et les créances des BRICS, nous démontrerait que tout le monde doit de l'argent à ces derniers, mais surtout que les USA doivent de l'argent à tout le monde !!! Et que leur 92 % d'endettement public sont tellement en dessous de la réalité que le seul vrai problème du système financier, ce sont eux, qui depuis 1971 vivent à crédit sur le reste du monde, et font payer à tous leur hégémonie et « défense » militaire... Mais chut, il ne faut pas le dire…

 

 « À la demande générale », vous pourrez utilement compléter cet article, avec celui que vous m’avez réclamé : Les dettes publiques : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c’est quoi la pensée virtuelle ?

 


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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 17:00

 

Voilà c’est fait… Je me suis tapé les deux heures de débat, hier… et je ne suis pas plus avancé.

 

C’est terrible, je cherchais pour le titre de cet article, quelle était la maladie la plus proche de ce à quoi nous assistons et je n’arrive pas à trancher… Gangrène ? Cancer ? Maladie chronique ? Paraphrénie ? Délire ?... Un peu de tout à la fois finalement… Mais la notion d’infection, qui se propage et se généralise, me parait la plus proche de ce perpétuel jeu d’ombres auquel nous assistons.

 

 

Le « débat » (N.B. : tous les guillemets s’ils n’encadrent pas des citations, c’est exprès) 

 

En écoutant ce débat, je me suis pris à penser, comme j’aimerais y « croire » ; mais pas de bol, je ne suis ni amnésique, ni anosognosique, ni même sourd, et en plus agnostique de base…

Je veux bien que ces deux personnages soient animés d’une volonté « sincère » de changer les choses, mais comment les croire ? Comment ne pas mettre en parallèle leurs déclarations d’intention, avec les 15 ans de gouvernement de « gauche », tous les renoncements de ces personnes, ainsi que leur militantisme sur actif pour le TCE et leur vote positif au traité de Lisbonne ?…

Un peu facile de nous dire maintenant qu’ils veulent moraliser le libre-échange et la finance, trouver des solutions au chômage, nous sortir de la crise et réformer cette Europe qui marche à côté de ses pompes ; c’est eux qui en sont responsables !!!… Pas tout seul bien sûr, mais ils y ont pris une très grande part.

Hier soir, on aurait pu s'attendre à une parole de repentance, ou juste un mot à propos de leurs conneries antérieures... Même pas... Pire, une réaffirmation de l’option mondialiste, alors qu’ils savent pertinemment que quand il faudra aller à la bagarre, pour exiger, par exemple, des règles de réciprocité au niveau de l’OMC pour que les pratiques déloyales cessent, ou encore pour que les Chinois arrêtent de fixer unilatéralement la valeur de leur monnaie, ou encore que les USA arrêtent de faire fonctionner leur planche à billets en continu, ils se coucheront… comme tous les gouvernements français (et de l’U.E.) l’ont toujours fait depuis 40 ans ; sans même pouvoir imaginer qu’il y a des solutions pour faire autrement, sans protectionnisme et sans attendre que l’Europe (et notamment l’Allemagne) soit d’accord…

Quand en plus, Hollande s’emmêle les pinceaux sur l’éducation, ont est au comble de l’effarement. Alors même que ce sera sa « grande priorité », tout ce qu’il nous propose c’est de supprimer les redoublements, - 80 000 enseignants, et d’en rajouter 60 000 (Sic !!!)… Quelqu’un a compris ? Quid du fond des enseignements, des méthodes, des soutiens aux mômes en difficulté, aux profs, aux parents démissionnaires ?... On n’en saura rien… parce qu’il n’y a rien…

Bref, je ne vais pas reprendre chacune de leurs déclarations pour vous dire à quel point, juste en mettant les faits et les actes en face des discours, ils ne sont pas crédibles, mais c’est globalement ce que je pense. Au final, que des promesses d’ivrognes qui repiqueront à la bouteille dès qu’elle sera à leur portée…

Le degré zéro de la politique.

 

 

Comment en sommes-nous arrivés là ? 

 

En étant un peu réducteur, c’est relativement simple… Quand un système démocratique met au cœur de son dispositif la « Lutte des places »[1], il devient forcément générateur de corruptions, de mensonges, de reniements, d’arrangements et autres théâtres d’ombres... avec son cortège d’insanités, de faux-semblants et d’hypocrisies.

Le plus paradoxal, c'est que la Vième République a justement été inventée pour mettre fin à la IVième, où la lutte des places était si exacerbée qu'elle rendait l'exercice du pouvoir impossible... Pour traiter le problème, on l'a rendu visible et mis au cœur du processus démocratique, et que le « meilleur gagne tout »…

Problème, depuis De Gaulle, on ne peut pas dire que ce sont les meilleurs, les plus intelligents et les plus compétents, qui ont gagné… sans s’étendre sur les désaccords politiques que chacun de nous pouvait avoir avec lui, il faut bien admettre qu'aucun Président n’a jamais plus eu sa stature, ni même sa notion de l’intérêt général ou encore de la défense des intérêts français. Après lui, on n’a eu que des « petits manipulateurs » qui défendaient des intérêts particuliers, leur parti, leurs amis, leurs financeurs, leurs avantages, leurs rémunérations, et surtout et avant tout leur place… Toute la différence se situe dans le dernier terme : De Gaulle désavoué à un référendum démissionne, Chirac non, et comme Mitterrand il acceptera la cohabitation sans broncher… Et au comble du comble, de cette parodie, on en arrive même à un Président, Sarkozy, qui fait voter par la réunion des Parlements, un traité refusé par référendum. À quoi ça sert, alors de nous demander encore notre avis ? Juste pour faire semblant d’être encore une démocratie ?

Depuis Pompidou[2] et sa loi de 1973, on voit où l’intérêt politique a basculé : occuper LA place et y rester, quoi qu’on soit obligé de faire ou de dire ou même de subir[3] pour y parvenir…

 

Ce défaut rédhibitoire de la Vième République, nous enfonce toujours un peu plus dans cette espèce d’irréalité que je ressens dès que j’entends un politique parler, quel qu’il soit ; au point qu’à chaque fois que j’entends une affirmation de leur part, je reformule le contraire de ce qu’ils disent et je constate qu’en fait, ça sonne tout aussi faux… parce que quoi qu’ils énoncent, les faits ne correspondent pas.

Cependant, je ne dis pas qu’il faut nier cette dimension des comportements humains face au pouvoir, bien au contraire… L’Histoire en est intrinsèquement constituée et ce serait du déni que de ne pas vouloir le reconnaître. Pour ceux qui les empruntent, les chemins du pouvoir sont jonchés de luttes, crimes, opportunismes, compromissions, trahisons, manipulations, revirements, amnésies sélectives, alliances, guerres, mensonges, … liste non exhaustive… Non, ce que je dis c’est qu’un système démocratique qui ne se protège pas de ce problème est voué à n’être qu’une parodie de démocratie…

En ce sens, faute de mieux, les primaires socialistes ne sont qu'un avatar et un palliatif à ce problème. Elles ont au moins eu le mérite d'empêcher que ce processus de meurtre mutuel, pour prendre la place, se passe dans l’ombre et à notre insu.

 

Cependant, je vous précise que s'il n'y avait pas eu Montebourg[4] dans le « jeu », je ne me serais pas déplacé, ou j'aurais voté blanc ; puisque les autres candidats ne représentent pas la gauche pour moi, mais des avatars « socio-démocrates », sans aucune volonté de vouloir changer réellement les fondamentaux de notre société.

Aller dire au PS qu'il y en a marre de leurs 30 ans de compromissions et de renoncements était donc une action hautement importante, qui semble avoir totalement échappé à certains. On peut même rêver, a posteriori, sur le séisme pour le PS, qu’aurait constitué l’arrivée de Montebourg dans les deux premiers... Dommage, encore une occasion ratée…

Mais pas tant que ça, puisque pour la première fois les thématiques de Montebourg commencent, enfin, à devenir des sujets de discussion publique (sur France 3, dans « Ce soir ou jamais » ; émission du mardi 11 octobre 2011) et qu’on a pu voir Lordon (à partir de la 40ième minute), écouté comme le messie. Vingt cinq ans après que j’aie dénoncé la gauche qui était en train de nous foutre dans la m… avec les accords du GATT (1986), et six ans après que je m’époumone sur ce blog et ailleurs, sans être entendu, j’ai failli prendre ça, pour une victoire personnelle.

 

 

De la responsabilité des citoyens… 

 

Si les prédateurs et les dominants se battent encore comme des grands singes pour acquérir le trône, les citoyens sont leurs complices, et ne se comportent pas moins que comme des dominés qui iront faire allégeance « au plus fort ». Je n’ai jamais très bien compris ce phénomène de domination et ce goût immodéré pour une position infantile. Je cherche encore à les décrypter, mais tant d’incohérence, c’est trop pour moi…

 

On ne peut pas discuter politique avec quelqu'un sans qu'il n'exprime son ras-le-bol de la politique ET des politiques, mais également sans qu'il ne souhaite un changement... et puis mandature, après mandature, on s'aperçoit qu'ils votent toujours pour les mêmes, ou pire encore, qu'ils s'abstiennent.

Tant de contradictions ne cessent de m'interroger sur la façon dont les citoyens supportent leurs incohérences et utilisent la démocratie... Même dans mon cercle d'amis(es) qui ne sont pas des imbéciles, je suis sur le cul : à part quelques-uns, ils ont tous voté Hollande ou Aubry... C'est n'importe quoi... ou du masochisme sans fin...

 

Il y a évidemment des dizaines d’explications, psychologiques, sociologiques, politiques, à ce phénomène morbide : absence d’éducation politique, compulsion de répétition, peur de la nouveauté, ralliement et soumission au « plus fort » ou perçu comme tel, peur de la liberté, besoin d’être dominé et dirigé, et cetera, et cetera… Aucune ne me satisfait pleinement, et celui qui découvrira le « secret » de l’émancipation des masses à la pensée des dominants, je lui donne les clefs de mon blog. J’aurais trouvé mon maître (je plaisante !!!)…

 

Mais, on a la démocratie qu’on mérite ; cependant, qu’une démocratie qui ne permet pas aux citoyens de faire preuve de discernement, notamment par l’éducation, ne propose qu’un ersatz de liberté (merci Condorcet).

 

 

Des solutions ? 

 

Nous sommes nombreux, du moins je l’espère, à penser que seuls ceux et celles qui ne veulent pas de ce pouvoir à ce prix là, sont réellement en mesure de gouverner pour l’intérêt général. Ce qui nous conduit tout droit à un nouveau paradoxe : avec notre système, on ne peut pas exercer un pouvoir sans se soumettre aux « règles » qui permettent d’y accéder. Cependant, ces règles de combat de rue (où tous les coups sont permis), sont antinomiques avec les valeurs qu’on serait en droit d’attendre d’un dirigeant. Comme si on était obligé de devenir préalablement un « pourri », prêt à tout, pour espérer arriver un jour à la plus haute marche. Une prime au plus retors, à celui qui aura le mieux menti, le mieux fait et défait ses alliances, le mieux trahi, et qui aura été le plus convaincants dans ses promesses qu’il ne tiendra jamais… Et pour cause, comment peut-on rester « vertueux » dans un système qui, pour accéder au pouvoir, oblige à utiliser des moyens condamnables en soi ?

 

Certains y ont apporté des réponses radicales :

- Dans certaines entreprises, la sociocratie (dont Michel Martin parle le mieux) n’élit que des gens qui ne se présentent pas aux fonctions de direction. Mais je n’ai pas compris comment cela pourrait s’étendre à un pays, dans la mesure, où le contexte de gens qui se connaissent dans un groupe social limité, et peuvent décider en conséquence, est difficilement extensible à celui d’un pays.

- Étienne Chouard veut totalement éradiquer le problème en prônant le tirage au sort pour décider de la représentation démocratique… Un vrai déni et une vraie démission face aux problèmes, d’autant que ce système ne résout pas plus les problèmes de pouvoir, il les rend juste occultes et aléatoires.

 

Personnellement, j’ai réfléchi à d’autres solutions, qui tout en tenant compte des problèmes se compose d’un système de pouvoir et contre-pouvoir, avec un mélange de cooptation censitaire (mon système de listes nationales qui assure en plus que les gens votent pour des programmes et pas pour des personnes), qui au passage supprime la nécessité de faire des primaires et assure cependant aux minoritaires une représentation… avec tous les aménagements, corollaires et non accessoires, pour supprimer la professionnalisation de la politique.

Mais, c’est pas pour demain qu’on verra ce genre de rénovation démocratique en France…

 

 

Alors maintenant, on fait quoi ?

 

Ce qui est terrible dans notre système démocratique, centré sur la « lutte des places », c’est qu’on est toujours obligé de voter pour « le moins pire »... Il faut s'y résoudre, on n'y peut rien, sauf aller leur dire avec un bulletin, qu'on n'est pas d'accord. C'est frustrant, mais c'est comme ça, du moins pour l'instant... et nous aurions bien tort de nous abstenir de voter même pour choisir le moins pire.

 

D’ailleurs, si on suit les raisonnements des « anti-tout », on ne devrait même pas se déplacer pour voter, par exemple, Mélenchon au premier tour… Bé oui, lui aussi ça fait 30 ans qu'il est dans le jeu, il a même été un inexistant ministre de Jospin... qu'est-ce qu'il a fait de son pouvoir, quelqu’un se rappelle d'une seule loi qui ait modifié quelque chose durant ses nombreux mandats ou son ministère ? Moi pas... et ce qu’il propose n’a rien à envier au programme du PCF des années 70, c’est dire comme il est à l’avant-garde des bouleversements du monde et comme il comprend « bien » le contexte de la France…

 

Reste que personnellement, je préfère choisir les ennemis avec lesquels je vais batailler... et dans le pire des cas je préfère batailler avec Sarko plutôt qu'avec Le Pen et avec Hollande ou Aubry plutôt qu'avec Sarko...

Alors, après le débat d’hier soir, je pense que je préfère Aubry à Hollande… Un type qui a volontairement axé sa communication sur le fait qu’il est très « normal », c’est pas normal pour moi… Elle, je la connais, elle a de temps en temps de très courts éclairs de lucidité. À défaut de mieux, je m’en contenterai, mais ça n’engage que moi…  C’est dire le niveau ras des pâquerettes de cette dernière « analyse », qui est à la mesure de l’inconsistance de ces deux candidats et de la totale absence de confiance que j’ai en eux.


P.-S. du 14/10/2011 : Montebourg a déclaré ce jour, qu’à titre personnel, il votera pour Hollande, mais qu’il ne donne pas de consigne de vote… Il est bien l’opportuniste qu’il a toujours démontré qu’il était…

 




[1]
Concept inventé par deux sociologues systémistes Vincent de Gaulejac et Isabel Taboada Leonetti, dans leur excellent bouquin « La lutte des places - Insertion et désinsertion » (Ed. : Desclée de Brouwer). À mon avis, un concept bien plus pertinent que la « lutte des classes »...
[1 - retour au texte]

 

 

[2] Ce type aurait dû être guillotiné pour haute trahison, mais je n’ai pas souvenir que ce « transfert de compétences » aux banquiers, cet abandon d’un pouvoir régalien de l’État, ait soulevé la moindre opposition musclée de l’opinion publique, à part du PCF… Une mesure probablement impossible sous l’époque de De Gaulle, que cet homme a prise (avec l’aide et la complicité de VGE) et qui marque le début de la fin de notre politique industrielle volontariste et l’entrée dans le cycle de l’endettement sans fin de l’État. D’après Alain Colbert en 2010 : « La France a payé, depuis 1980, 1 176 milliards d'euros d'intérêts. Sa dette actuelle s'élève à 1 149 milliards d'euros. 1 176 – 1 149 = 27. Si la France se prêtait à elle-même, au lieu d'une dette abyssale, elle se retrouverait avec 27 milliards d'excédents » (sur cette seule période).
[2 - retour au texte]

 

[3] Pour Pompidou et Mitterrand qui ont chacun tenu, envers et contre tout, à exercer jusqu’au bout leur mandat, malgré leurs graves maladies…
[3 - retour au texte]

 

[4] Je ne suis non plus un « fan » inconditionnel, parce qu’au vu du passé de Montebourg, on peut avoir des sérieux doutes sur lui. Il ne représente pas non plus pour moi « l'idéal », mais le moins pire dans ceux qui défendent la « rupture », et tant pis s'il n'est pas sincère et si ses propositions ne sont pas à la hauteur de ses analyses des problèmes.
[4 - retour au texte]

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 16:00

Première date de publication : 18/02/2011
Date de la dernière mise à jour : 18/02/2011

 

 

Je vous parle souvent sur ce blog de l’analyse systémique, comme d’un outil conceptuel permettant de mieux comprendre les lois et forces en présence par rapport à un problème donné, mais également de savoir comment trouver des solutions efficaces.

Je voudrais vous illustrer ces propos avec deux exemples concrets :

- l’un global, à propos de la mondialisation,

- l’autre factuel, à propos du débat sur la décroissance.

 

Il faut faire une mise au point tout de suite : réfléchir en fonction d’un cadre systémique suppose d’abandonner préalablement toute notion de bien et de mal, du moins au niveau de l’analyse, car aborder les problèmes de ce point de vue, c’est déjà rentrer dans un cadre qui empêchera de remonter aux sources des problèmes.

L’analyse systémique ne se demande pas si c’est bien ou mal, elle se demande quelles sont les lois qui aboutissent à un résultat donné et comment ces lois rétroagissent sur le système pour le perpétuer indéfiniment. Elle réfléchit en fonction des effets, des rétro-effets et des objectifs, en analysant d’abord ce qui se passe dans la « boîte noire ».

Tant que ces lois (ou mécanismes) ne sont pas identifiées, démasquées et dites, il est illusoire de penser qu’on va pouvoir modifier le système au bon endroit pour qu’il produise un résultat différent. Dans sa façon de réfléchir aux problèmes, elle adopte le fonctionnalisme pour le décryptage des résultats, puis le mode itératif que l’on peut appliquer à la résolution des inéquations d’une programmation linéaire ; et seules les capacités humaines à englober tous les paramètres d’un système complexe fixe les limites à sa puissance d’intervention ; cependant, que l’informatique semble de plus en plus pouvoir nous affranchir de ces limites dans les domaines des sciences…

 

La branche psychosociologique de l'analyse systémique s’est principalement intéressée à l’action des paradoxes structurels sur le comportement des individus et des groupes sociaux. L’Ecole de Palo Alto et Watzlawick en sont les principaux créateurs.

Selon cette école ce sont les paradoxes insolubles de double contrainte qui produisent les "maladies" aussi bien au niveau des individus que des institutions.

 

Les fondements de cette école de penser et d'action peuvent se résumer de la façon suivante :

- Outre leur capacité d'adaptation et de transformation (la "morphogénie"), les "systèmes" génèrent une maladie qui s’appelle "l’homéostasie" ; où les buts qu’ils poursuivent sont supplantés par la survie de la structure elle-même, et la perpétuation des lois, généralement non dites, qui la constituent (exemple : le courant de l’antipsychiatrie a très bien démontré comment l’institution n’avait aucun intérêt à guérir ses « malades »).

- Les "maladies" se cristallisent à partir des nœuds paradoxaux ("paradoxe" et son adjectif "paradoxal", au sens systémique du terme : qualifie un système qui, en situation de doubles contraintes, produit des réponses automatiques et inadaptées au contexte).

- Il faut identifier les nœuds paradoxaux pour espérer "traiter" et faire évoluer le système, donc avant tout discerner les lois qui régissent le système et qui se perpétueront même en cas de changement de forme.

- Toute action qui s'attaque directement aux nœuds paradoxaux est vouée à l'échec, car le système développe une réponse de résistance proportionnelle à l'attaque elle-même, et c'est logique puisqu'il se sent atteint dans ce qui fonde sa survie la plus primaire. De même, il est illusoire d'espérer qu'un système englué dans ses paradoxes arrive à se réformer lui-même, car il faudrait qu'il puisse admettre qu'il doit remettre en cause sa survie, ce qui est impossible.

- Les meilleures chances de changement sont celles qui, au lieu d'essayer de répondre aux paradoxes qui sont par nature insolubles, déplacent les réponses à des endroits où le système homéostatique n'aura plus de prise ; ou comme dirait A. Einstein : "On ne règle pas un problème en utilisant le système de pensée qui l'a engendré."

 

Passons aux exercices pratiques…

 

 

À propos de la mondialisation 

 

Je lis, probablement comme vous, énormément d’analyses sur les raisons qui expliqueraient la crise, le déclin occidental avec cette « logique libérale » que rien ne semble pouvoir arrêter. Mais je n’en ai jamais lu qui m’ait vraiment convaincu, c'est-à-dire qui me dise à partir de quel moment et pourquoi, nous avons basculé et le monde entier avec nous.

Qu’est-ce qui a fait sauter toutes les sécurités qui ont permis à l’Europe de se reconstruire après la guerre, de donner du travail à tout le monde et de partager les richesses produites de façon un peu plus équitablement qu’aujourd’hui ?

 

Je vous passe toutes les explications soumises à itérations, que j’ai explorées qui ne me satisfont pas.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, j’en suis arrivé à la conclusion qu’un seul fait a tout changé. Le vrai tournant politique est avant tout un changement de paradigme économique : quand les Américains ont décidé de supprimer la convertibilité or/dollar (15 août 1971) et de confier aux marchés la fixation des valeurs monétaires par l'offre et la demande, la terre entière a basculé dans une réaction en chaîne, qui ne s’est pas arrêtée depuis, d’où découlent toutes les logiques libérales que nous subissons, sans discontinuité et sans arriver à trouver la sortie...

On connait tous, sous la présidence Nixon, cette fameuse répartie du Secrétaire au Trésor américain, John Connally face aux préoccupations européennes de surévaluation du dollar : "le dollar est notre devise, mais c’est votre problème"...

Force est de constater qu'au lieu de répondre à cette cynique déclaration de guerre, nous n'avons fait que nous "adapter" et courir derrière "le nouvel ordre économique" que nous imposaient les Américains, pour pouvoir continuer à financer leurs guerres, leur conquête spatiale et consommer toujours plus à crédit ; et il n’y a pas d’autres raisons à cette décision unilatérale des Américains. Sauf à ponctionner et entraver leur développement économique, ils étaient acculés budgétairement, aussi ils ont « tout simplement » profité de la place que tenait déjà le dollar, comme monnaie de réserve des banques centrales et d’échanges internationaux, pour mettre sans concertation le monde entier devant le fait accompli. Le plus ubuesque de cette affaire, c’est qu’officiellement les Américains ont pris cette décision parce que les Allemands réclamaient la conversion de leurs dollars excédentaires en or… ces effrontés réclamaient juste que les Américains respectent leur part des accords de Bretton Woods, incroyable non ?

Désormais ce sont les marchés par l’offre et la demande qui décideraient de la valeur des monnaies et les USA pouvaient continuer à faire fonctionner la planche à billets sans avoir plus aucun compte à rendre à personne … L’effroi (dont nous ne sommes, à mon avis, pas encore remis) qui a saisi les pays occidentaux à cette époque est à la mesure du piège qui s’est refermé sur nous tous ; puisque le dollar supprimait sa convertibilité or, les accords de Bretton Woods devenaient de fait caducs. En 1973 fut adoptés officiellement le système des changes flottants et en 1976 toute référence à la convertibilité or des monnaies est totalement abandonnée dans les accords de la Jamaïque.

 

Face à cette décision unilatérale des USA, soit les banques centrales se défaisaient de leurs réserves et faisaient plonger le dollar et leur propre monnaie avec, soit elles continuaient à réguler la valeur du dollar à la place des États-Unis, en absorbant les excédents monétaires de ces derniers. Première contrainte paradoxale, dans les deux cas les gouvernements à travers les banques centrales, savaient qu’ils perdraient, mais comme ils craignaient plus que tout, une spirale déflationniste et récessive, c’est la deuxième solution qui a été adoptée, contrainte et forcée… et l’inflation des Américains s’est, en conséquence, exportée en Europe (plus en France qu’en Allemagne, à cause de nos stupides dévaluations « compétitives »), avec tous les cycles infernaux qui en découlent…

Il n’y avait aucun risque pour les États-Unis à jouer cette carte, même en cas de rebuffade de l’Europe, dans tous les cas ils auraient été gagnants. Mais en tout état de cause, ils savaient que les pays européens n’avaient pas le choix, d’autant plus qu’ils étaient encore à l’époque le rempart militaire de l’Europe face à l’ex-URSS. Dans la foulée, pour permettre que cette fuite en avant monétaire puisse se perpétuer telle une vente pyramidale, il devenait indispensable que le système s’étende au monde entier en créant de « nouveaux clients » du dollar, en conséquence la libre-circulation des capitaux et le libre-échange des marchandises sont devenus le nouveau credo politique des États-Unis, tandis que la cavalerie devenait le nouveau système de valorisation monétaire… et progressivement de l’Europe également, qui espérait, probablement ainsi, déplacer « leur » problème ailleurs. .

Seulement au final, tout le monde (y inclus les Américains aujourd’hui avec leurs 17 % de chômeurs), est « bloqué » par ce nouveau système et se retrouve face au problème paradoxal, à multiples contraintes antagonistes, que pose cette nouvelle donne… ou plus personne n’ose même évoquer ce tabou de l’économie mondiale qu’est la place et la valeur du dollar dans notre système d’échange, avec une planche à billets américaine (sous forme de monnaie ou de bons du Trésor) qui fonctionne en continu pour financer les déficits et la consommation américaine. En 2006, quand la Fed a décidé, encore unilatéralement (sans aucune protestation des États à nouveau soumis aux diktats US), qu’elle ne publierait plus les agrégats monétaires M3 (et en conséquence M4 non plus), il est devenu évident que la « fin » devenait proche… et nous n’avons pas eu longtemps à attendre avant que la crise systémique financière se déclenche… Je voudrais bien vous rassurer en faisant de l’autopersuasion et vous dire (comme notre gouvernement) que la crise est finie, mais il n’en est rien ; elle ne fait que commencer, car aucune des lois qui l’ont provoquée n’a été modifiée.

 

Les Chinois qui thésaurisent leurs excédents monétaires ont très bien compris comment tirer parti de cette situation bloquée, où le premier qui bouge a perdu. Ils rachètent (avec cette monnaie qui ne vaut mathématiquement plus rien depuis longtemps) à tour de bras toutes les valeurs qui leur permettent de s’approprier les technologies, les ressources énergétiques et de matières premières, sans oublier la « reconnaissance » des États quand ils les aident à restructurer leurs dettes publiques. Un vrai jeu de go mondial où nous serons forcément perdants ; avec une seule question, quand les Chinois se sentiront-ils suffisamment en position de force pour dire ce qu’ils exigent ? En commençant, peut-être, par le retour de Taïwan dans leur « république »…

Ce n’est pas de la science-fiction politique que de poser ce genre de questions., car dans l’indifférence générale la Chine a annexé début 2011, 1% des terres du Tadjikistan ; et qui pourrait l’empêcher de continuer ?  Elle est déjà actuellement, seul maître à bord de son jeu monétaire ; elle a, en conséquence, déjà envoyé paitre plusieurs fois les Américains qui lui demandaient de réévaluer le Yuan. Productrice de 97 % des terres rares (indispensables à toutes nos technologies), elle vient également de décider unilatéralement qu’elle en réduisait ses exportations de 35 %, provoquant l’affolement général des marchés… et des politiques…. L’étau se resserre autour de nos parties génitales et je ne cesse de me demander qu’est-ce que nous attendons avant d’agir pour y faire face, et prendre les mesures qui nous permettraient de nous réapproprier nos centres de décision.

 

Ce qu’il faut comprendre dans ces rappels historiques, c’est qu’à partir de 1971 toutes les politiques européennes n'ont fait que s'ajuster au chantage permanent qu'a exercé, et exerce toujours, les États-Unis, de laisser s'effondrer la valeur du dollar, et non accessoirement, de retirer leur protection militaire. Mais, nous n'avons jamais réussi à reprendre la main (même en accélérant la construction de cette Europe, usine à gaz, et en en créant l’Euro) et tout le reste en découle, y inclus nos « politiques libérales » avec l'abandon de nos services publics, sans oublier les concentrations financières et la financiarisation qui ne sont que des adaptations structurelles à ces nouvelles donnes...

1971 est l'année traumatique qui a fait basculer le monde entier (pas, tel que j’ai pu le lire ici ou là, le choc pétrolier qui en ait une conséquence). Les renoncements du PS confronté à cette donne mondiale, dès 1981, sont à la mesure des contraintes internationales qui ne sont jamais rappelées dans les explications politiques données ; cependant, que les réponses face à ces dépendances procèdent d'une realpolitik mal digérée et sans vision du long terme.

 

On pourrait imaginer et croire à un complot du capitalisme, des banquiers, des Illuminati, des Bilderberg (nouveau groupe à la mode pressenti pour remplacer le judéo-maçonnique, qui n’est plus politiquement correct), ... et pourquoi pas des scientologues ou de ma boulangère pendant qu’on y est... Mais non, aucun complot, ni volonté concertée là-dedans ; juste des dirigeants, responsables de groupes sociaux, qui prennent des décisions en fonction des contraintes qu’ils subissent, sans imaginer les conséquences à moyen et long terme des choix qui s’imposent à eux, quand ils relient mécaniquement les causes aux solutions. Il n’y a plus d’or pour respecter les accords sans être mis en faillite, hé bien on supprime la convertibilité or, sans mesurer qu’en aucune manière, cela ne règle les problèmes systémiques qui ont conduit à cette situation. Et pour nous européens, juste le résultat de la bêtise humaine et du manque de volonté politique (qu’on pourrait également appeler lâcheté), face à des menaces en tenaille, entre les USA et l'ex-URSS, remplacée maintenant par la Chine pour d'autres raisons ; un trivial rapport de force que nous n’avons jamais pu rééquilibrer depuis la guerre.

En fait, nos décideurs sont totalement dépassés par la boite de pandore qu'ils ont ouverte et ils ne savent plus comment faire machine arrière et/ou modifier l'histoire. Ils se croient même obligés de défendre des valeurs auxquelles, ils ne croient pas eux-mêmes, tant le chien du pistolet que les Américains tiennent derrière notre nuque est toujours armé ; avec pour conséquence un vrai Syndrome de Stockholm généralisé à l’économie mondiale. D’ailleurs à part quelques isolés, plus personne ne tient en France (et même en Europe) de discours anti-américain ou pour le moins rappelant le chantage monétaire permanent auquel ils nous soumettent, c’est devenu tout simplement tabou. Depuis les analyses du PCF dans les années 70 sur ce sujet, plus personne n’a jamais osé reprendre ces thèses.

 

Cette soumission à un système qui nous dépouille de notre indépendance, explique le déplacement des centres de décision sur des entités supranationales, généralement économiques, ainsi que bien d’autres faits qui nous paraissent insurmontables. Peu de gens le comprennent vraiment et en tirent les conséquences qui devraient aller avec ; et nos parodies de démocratie sont à la mesure de ce basculement systémique, où les politiques voudraient nous faire croire qu'ils peuvent encore, alors que leurs marges de manœuvre sont extrêmement réduites. Ces derniers ont, cependant, une réelle responsabilité, parce qu’ils continuent à réfléchir aux problèmes avec les outils conceptuels des années 70, sans avoir intégré les changements de monde que nous avons subis. Ou peut-être que les ayant trop bien intégrés, ils en ont conclu qu’on ne peut rien faire…. et alors, on est en droit de se demander ce qu’ils font encore là, à s’accrocher à leur mandat comme des sangsues…

Pourtant, il y a des solutions, tel que j’essaye de vous le démontrer tout au long de ce blog, mais dans l’état de blocage homéostatique de notre classe politique, il semble que si un espoir de modifier le système global peut naître, il viendra des pays émergents qui ne sont pas aussi impliqués que nous dans des dépendances paradoxales. Le Brésil vient d’élever la voix, pour rappeler que les USA et la Chine devaient cesser de manipuler leurs taux de change et il compte porter le problème devant l’OMC. Ce pays a déjà obtenu en 2009 (après une bataille de 7 ans), des sanctions financières contre les USA, qui sont les champions du non-respect des règles qu’ils ont eux-mêmes édictées.

Les Européens seraient bien inspirés de soutenir cette démarche. Nous allons, d’ailleurs, pouvoir constater à cette occasion, si nos dirigeants politiques ont totalement renoncé à modifier les règles mortifères imposées par les Américains ; d’autant que comme on peut le constater tous les jours depuis 40 ans, les marchés ne régulent pas du tout le système tel qu’ils sont supposés le faire et tel que les théories orthodoxes libérales s’obstinent à le croire, sinon le dollar ne devrait même plus servir de monnaie d’échange. Les solutions proposées par le FMI paraissent bien dérisoires, elles se demandent comment prolonger ce système pervers agonisant, au lieu de promouvoir un nouveau changement de paradigme qui extrairait les monnaies du système marchand global.

C’est ce que ne veulent pas comprendre les thuriféraires d’un retour au Franc, tant que le système global reste ce qu’il est aujourd’hui et compte tenu des rapports de force, non seulement ça ne sert à rien, mais en plus, ça ne pourrait être que pire, d’aller seul à la bataille.


En 2006, à propos des présidentielles, j’écrivais entre autres et en substance : un programme politique est un mensonge en soi, s'il ne nous dit pas comment :

- il va aller à la bagarre européenne et internationale, pour se donner les marges de manœuvre économiques, dont il a besoin pour s'appliquer,

- il se propose de réformer en profondeur et/ou contrer les lois internationales, dont nous dépendons,

- il va agir pour se ré-approprier les centres de décision qui nous échappent actuellement, notamment en réformant en profondeur notre système démocratique...

Un programme qui ne vous promet que le meilleur, sans vous dire que vous aurez des sacrifices et des choix à faire, pour relocaliser notre économie et retrouver notre indépendance, est tout autant un leurre.

  Je n’ai rien à retirer à cela.

 

 

À propos du débat sur la décroissance

 

Je vais essayer de faire plus court pour cette partie là d’autant que j’ai déjà exprimé dans cet article, C - 9 - Nicolas Hulot : l'équation économique insoluble et insolvable... , ce que je pense qu’il y a de totalement irréaliste et irréalisable dans les propositions des écolos.

Il n’en reste pas moins vrai que je partage totalement leurs préoccupations. La terre a des ressources finies et nous ne pouvons pas continuer à la saccager sans en subir des conséquences désastreuses pour tous.

 

C’est en visionnant une émission d’Arte ("Prêt à jeter") sur l’obsolescence programmée que j’ai compris, plus profondément, en quoi les cycles industriels, l’innovation et l’économie de croissance s’opposaient apparemment aux objectifs écologistes.

Nous sommes dans un système à multiples contraintes :

- les investissements industriels demandent des temps d’amortissements longs (généralement autour de 15 à 20 ans, bien que nos financiers actuels demandent des retours sur investissements de plus en plus rapides),

- les marchés de consommateurs, qui amortissent ces investissements, doivent donc être conséquents pour justifier les mises de départ…. Et immédiatement, en imaginant que nous soyons en capacité de créer des biens à durée de vie longue (ce qui est vrai pour beaucoup de produits), se posent 3 problèmes :

- celui de la pérennité de l’entreprise après que le marché ait été satisfait,

- celui du devenir et du « recyclage » des salariés, une fois les besoins satisfaits, mais également celui de la disparition de la dynamique redistributive des revenus,

- celui d’une inadaptation des produits aux innovations technologiques et aux changements de goûts et/ou de besoins des consommateurs… On comprend bien que si on achetait un véhicule, un réfrigérateur ou un ordinateur pour la vie, on vivrait encore comme dans les années 60… et on polluerait encore plus…

 

Face à ces contraintes, et non accessoirement bien évidemment pour préserver et pérenniser leurs profits, les industriels ont inventé l’obsolescence programmée des produits. Plusieurs exemples sont donnés dans le documentaire d’Arte (ampoule, informatique, véhicules, et cetera) et le cynisme des industriels, qui ont mis en place des cartels et des ententes pour contrôler leurs marchés, fait froid dans le dos… mais, ils ne font, comme tous, que lutter pour leur survie et leurs profits. Et si nous pouvons objectivement juger que cette manipulation des marchés est en-soi détestable et répréhensible, nous ne pouvons pas enlever aux industriels d’avoir également permis ainsi, le confort matériel que nous vivons aujourd’hui, mais également les progrès technologiques et parfois scientifiques, qui nous permettent, par exemple, de détecter un cancer avant qu’il ne soit mortel…

 

Face à cela la proposition écologiste de transformer les industriels en fournisseurs de services (par exemple : on louerait les véhicules au lieu de les acheter) parait bien dérisoire pour les forcer à créer des biens durables ; en tout état de cause, elle annihile de nombreux autres objectifs, notamment celui de l’innovation ou de l’évolution des besoins. De même, la logique de la décroissance est totalement illusoire, à moins qu’on puisse apprendre à la population à vivre avec un SMIC et à avoir beaucoup de temps libre ; ce qui ne me semble pas réalisable pour demain…

 

L’échange qui a suivi le documentaire m’a donné une partie des solutions… Où créer les contraintes ou nouvelles lois qui permettraient d’atteindre les objectifs écologistes en préservant le développement ?

C’est assez simple, plusieurs directions se profilent :

- obliger les industriels à créer des objets et produits 100 % recyclables, que ce soit par la réutilisation des matériaux ou leur intégration dans d’autres processus de production. On sait faire et si on ne sait pas faire, on peut apprendre. De plus, cette contrainte imposerait aux industriels d’utiliser moins de matières toxiques pour arriver aux 100 %. Après une probable augmentation des prix, qu’on peut rendre moins douloureuse en fixant des objectifs de recyclage par paliers, atteindre les seuils de coût marginaux ramènerait logiquement les prix à ceux d’origine.

- prévoir, les processus de recyclage et de réutilisation des produits dès leur création, et en inclure le coût dans les prix de vente, l’industriel producteur devenant également responsable de son recyclage.

- certains produits se prêtent à des évolutions modulaires (les ordinateurs par exemple). Modifier l’offre et la conception des produits, en conséquence en habituant les consommateurs à ne changer que ce qui est nécessaire.

- inclure le coût énergétique et écologique de production et de transport dans les coûts. J’ai déjà exposé cette mesure d’une taxe au kilomètre parcouru qui pourrait être complétée par une taxe supplémentaire tant que le produit n’est pas 100 % recyclable.

- généraliser une remise en fonction de l’obsolescence du produit en cas de rachat du même type de produit. Simple et très incitatif pour le consommateur qui ramènerait son produit directement au lieu de vente pour obtenir une remise sur l’achat suivant (bien évidemment en fournissant les justificatifs adéquats).

- …

 

Soit au total, des mesures aussi incitatives pour les industriels que pour les consommateurs qui ne génèrent aucune entrave à la poursuite du développement économique (bien au contraire) et favorisent les processus écologiques en responsabilisant tout le monde plutôt que de les matraquer par des taxes qui pénalisent, au final, toujours les mêmes. Cependant, comme à chaque fois que l’on décide ce genre de mutation, il est évident qu’il faut empêcher, notamment par un système de surtaxation, tous les produits provenant de l’étranger qui ne correspondent pas à nos normes, de trouver des débouchés chez nous.

Encore un problème de « volonté » politique, voir conclusion du développement précédent.

 

 

Pour conclure provisoirement

 

Je ne sais pas si j’ai réussi à vous intéresser à la logique systémique, l’une globale et l’autre factuelle, mais ce dont je suis sûr, c’est que ne pas vouloir voir les arguments et lois qui justifient certains faits, est le meilleur moyen de ne pas trouver de solutions efficaces. Par exemple, ce n’est pas en créant des embouteillages (comme à Paris) qu’on incite les citoyens à laisser leur véhicule au garage, mais en leur proposant un maillage, une fréquence et une qualité des transports collectifs qui répondent à leurs besoins. Vous me direz, ce n’est pas nécessaire de faire appel à l’analyse systémique pour comprendre cela. C’est exact, encore qu’il faudrait pouvoir expliquer et convaincre certains du pourquoi ils se trompent et là ça devient beaucoup plus compliqué, si on ne décompose pas les lois qui les agissent, souvent à leur insu… D’ailleurs, l’analyse systémique porte une autre dénomination dans la population, on l’appelle le « bon sens ».

Seulement, à cette dernière notion que personne n’arrive d’ailleurs à vraiment définir, ni qu’on ne peut apprendre, elle rajoute plusieurs choses. C’est une théorie de l’information qui stipule et démontre que si on n’arrive pas à obtenir un résultat, c’est qu’il manque des données dans la réflexion ou encore, qu’il y a asymétrie de l’information ; mais également que le système est plus attaché à répéter son système de croyances et les automatismes qui justifient sa survie, qu’à innover, au risque de disparaître… ça semble évident, mais peu de gens en tirent vraiment les enseignements et conséquences qui en découlent en termes politiques.

Il serait vraiment profitable de se pencher sur tous les non-dits politiques qui gangrènent le jugement des citoyens, et malheureusement ce n’est pas avec le niveau d’information que nous avons en France qu’on y arrivera. Et puis, il serait également intéressant de se pencher sur les forclusions psychanalytiques qu'elles recouvrent… Vaste programme qui fera peut-être un jour l’objet d’un autre article...

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 15:00

 

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Incognitototo

 

Vous savez, si je ne me sentais pas très proche de vous, je ne mettrais pas autant d'énergie à essayer de vous convaincre que, sur ce sujet-là, vous faites fausse route et surtout une grave erreur qui irait à l'encontre de nos objectifs communs.

Je vous remercie au passage pour la qualité du débat, même si nos rhétoriques mutuelles donnent parfois lieu à des considérations qui, si nous étions inhumains, ne devraient pas avoir leur place dans la discussion.

Je sais bien que vous savez nuancer, cependant, je pense qu'il vous manque des éléments de réalité qui font qu'au final vous arrivez à croire à ce que vous dites, alors que tout démontre que ça ne fonctionne pas comme ça...

 

Le problème de vos raisonnements, c'est qu'ils ne fonctionnent que sur le papier et qu'il semble vous manquer quelques paramètres pour comprendre que la complexité du système économique mondial rend caduque les théories énoncées pour des systèmes fermés et/ou à faibles interactions avec l'extérieur.

Depuis 1971 (fin de la convertibilité dollar/or), nous avons confié à la loi de "l'offre et de la demande mondiale" la fonction de réguler la valeur monétaire et progressivement l'économie tout entière. Depuis cette époque, cela a été toujours pire par rapport à notre embourbement dans ce système ; le traité du Luxembourg (1986) et les accords de l'OMC (1994) entérinant un système, dont vous ne mesurez pas tout ce qu'il implique ; notamment, qu'en aucune manière les leviers que vous proposez n'ont le pouvoir de produire ce que vous pensez qu'ils peuvent faire.

 

Trois articles pour comprendre pourquoi dans un environnement spéculatif (qui ne peut que s'accroître compte tenu de la demande exponentielle des pays émergents) encore plus aujourd'hui qu'hier, dévaluer est "suicidaire". Les deux premiers sont juste pour vous rappeler notre environnement spéculatif (et en conséquence l'intérêt de garder une monnaie forte dans celui-ci, quand on n'est pas les USA ou la Chine), le troisième pour vous familiariser avec quelques théories spéculatives, dont vous mésestimez les effets et le pouvoir qu'elles ont sur nous, ainsi que ce qu'elles impliquent ou produisent :

1 - La hausse du prix des matières premières menace-t-elle la reprise ?

2 - Pourquoi le prix des matières premières s'envole

3 - La surréaction des taux de change, les bulles rationnelles, les anticipations autoréalisatrice, les équilibres multiples. Les fonds d'arbitrages ( " hedge funds ").

 

Il manque pour être un peu plus exhaustif un descriptif de comment réagissent les acteurs financiers (aussi bien les investisseurs, que les entreprises et même les particuliers) face à une monnaie qui se dévalue, mais nous en avons déjà parlé...

 

Ne prenons qu'un exemple pour simplifier, à peine caricatural...

EADS (comme tous les grands groupes français, ainsi que la Coface), faisait partie des "méchants spéculateurs" qui attaquaient le franc, notamment au début des années 80... Ne pas le faire aurait d'ailleurs été une faute de gestion pour cette entreprise, puisque c'est ainsi que tous ces groupes assurent leur couverture de change et le prix de leurs ventes et achats à terme.... Un retour au franc, c'est simplement une multiplication de nos "ennemis", sans aucun gain pour ces entreprises qui n'auront de cesse que d'essayer de produire en environnement maîtrisé, quitte à jouer contre les intérêts nationaux et même à partir sous de meilleurs cieux, si nécessaire, ce qui est devenu beaucoup plus facile, avec leur éclatement structurel (4 divisions, 13 unités opérationnelles et plus d'une centaine de centres de productions et/ou sous-traitants disséminés dans le monde entier...).

De même dans cette perspective de retour au franc, on peut facilement imaginer que ce serait plus avantageux que ce soit l'Allemagne qui achète les besoins de sous-traitance avec sa monnaie forte et que ce soit l'Espagne qui assemble et vende avec sa monnaie plus faible que le franc... et nous au milieu, on ferait quoi ?

 

Vous imaginez toujours que notre situation entre l'Allemagne et les pays méditerranéens est une bonne place pour un retour aux monnaies nationales, et moi, je pense que c'est la plus mauvaise... car nous sommes pris en tenaille, entre un pays qui nous pique les investisseurs financiers et les autres les emplois.

 

À l'époque des monnaies nationales, nous avons tiré la croissance des pays à monnaie plus faible (notamment l'Espagne et l'Italie), en le payant par la perte de milliers d'emplois (notamment dans le secteur agricole), sans jamais réussir à profiter de notre compétitivité par rapport à l'Allemagne pour lui piquer à elle des emplois... Et ça se comprend assez facilement par rapport à ce que je vous expliquais sur le ratio MP/MO des productions, mais également par le goût immodéré des investisseurs pour les monnaies stables et leur non moins "obstination" à spéculer sur celles qui ne tiennent pas.

Dévaluer, ça n'est pas comment créer de nouveaux emplois et de nouvelles richesses, mais mettre en place une supposée solution (totalement artificielle) de supposée captation de ceux des autres ; sauf que ça ne fonctionne pas dans un environnement spéculatif, tel que j'essaye de vous le faire comprendre depuis le début de nos échanges, et tel que notre histoire économique le démontre depuis 40 ans. Dans le meilleur des cas et à supposer que les spéculateurs ne brisent pas vos spéculations, ce n'est pas aux Chinois que nous reprendrions des emplois, mais aux Allemands, tandis que nous continuerions à en perdre avec les autres pays... beau résultat.

 

Vous ne traitez pas les problèmes des lois économiques fondamentales que nous subissons ou encore de l'inadaptation de nos structures aux échanges dans un environnement compétitif, non, vous espérez y adapter le système en dévaluant pas seulement notre monnaie, mais aussi la valeur humaine pour la mettre au niveau des plus bas. C'est à dire, au final, en abdiquant et en rentrant de plain-pied dans les logiques que nous voulons combattre et résoudre.

En aucune manière ce n'est ainsi que vous résoudrez "la surévaluation, l'encouragement supplémentaire à la compression des salaires, l'unicité de politique pour des réalités différentes", bien au contraire, vous allez redonnez des armes à ceux qui ont depuis toujours su jouer sur nos différences européennes à leur seul profit, en paupérisant toujours plus les mêmes.

 

C'est pourquoi, je vous dis depuis le début, que vous vous trompez de cible en pensant que le levier monétaire pourrait être une réponse (notamment pour nos pertes de pouvoir d'achat et d'emplois) et qu'au final, ça n'aboutirait qu'à une concurrence des misères encore plus terrible...

 

Vous cherchez des scénarios de sortie de crise... je ne peux que vous encourager à aller voir ce que je propose. Avec ce que je propose, ce ne sera pas à nous, à nous adapter aux lois du monde, ce sera au monde à s'adapter aux nôtres.

 

Quelques exemples de mesures simples :

 

Fiscalisations des prélèvements sociaux et toutes les mesures annexes consécutives à cela :

- suppression des organismes de recouvrement : 40 milliards

- lissage des cotisations et suppression des plafonds et abattements : 40 milliards

- suppression des niches sociales : 32 milliards (et probablement plus compte non tenu des particularismes des entreprises et activités personnelles)

- fraude sur les impôts (TVA incluse) et prélèvements sociaux : 40 milliards (il est à noter à ce sujet que la grande majorité de ces fraudes sont consécutives au système déclaratif actuel, et croyez-moi, j'ai une longue pratique là-dessus)

- suppression des niches fiscales : 110 milliards...

 

Nous en sommes déjà à 262 milliards de ressources ou d’économies supplémentaires...

 

Et je n'inclus pas là-dedans les effets économiques :

- du réaménagement de l'IR et de la fiscalité directe,

- de la fusion des organismes d'aide sociale,

- du retour à terme au plein emploi (36 milliards)

- de la taxe au kilomètre parcouru pour les produits importés,

- des réformes institutionnelles politiques,

- et cetera, et cetera...

 

Bien évidemment, ce ne sont pas des prélèvements "secs", toutes ces mesures trouvent en face des compensations et des utilisations :

- suppression de la CSG/CRDS, de l'ISF, de l'IS sur les revenus non distribués, et cetera.

- salaire brut devenant le net payé,

- redistributions fiscales sur tous les secteurs productifs en perdition,

- investissements massifs industriels,

- redistribution des personnels, devenus inutiles, sur les secteurs sociaux en déshérence,

- et cetera, et cetera, sans oublier l'affectation d'une part non négligeable au remboursement de la dette publique.

 

Je pense que c'est la bureaucratie qui a tué l'URSS, et quasiment rien d'autre... et si on veut bien se donner la peine de comparer nos systèmes de gestion avec ceux des pays émergents, on ne peut pas ne pas voir que ce qui les caractérise, c'est l'absence de contraintes pouvant bloquer leur réactivité... Un peu comme l'Empire romain qui a été défait par des hordes de barbares qui se foutaient d'avancer en quinconce et d'avoir une administration "organisée". Si les Romains avaient envoyé un peu plus de "fonctionnaires" à la bataille, probablement que nous parlerions encore latin...

Ce n'est bien évidemment pas la seule raison, mais elle participe pour beaucoup dans l'inadaptation de nos structures productives et notre propension à produire des charges qui ne génèrent rien en termes de richesses, d'emplois et de plus-values sociales. Je pourrais vous fournir de nombreux exemple de terrain là-dessus à propos des entreprises et il en est de même pour nos organisations publiques.

Si on cumule cette réorganisation institutionnelle, avec les mesures protectionnistes indirectes que nous produisons notamment avec la TVA sociale, ainsi qu'avec les incitations auprès des investisseurs, je pense que nous serions largement assez armés pour inverser le cours des choses, toujours sans sortir de l'Europe et de l'Euro.

 

Ce qui bien évidemment ne nous empêcherait pas, par ailleurs, de remettre en cause au niveau de l'Europe et de l'OMC toutes les règles mortifères qui participent au transfert des misères plutôt qu'au développement des pays, y incluse une politique monétaire différente ; et dans ce cadre-là, même une dévaluation n'est pas une option à exclure pour moi ; alors qu'elle le serait totalement dans notre seul cadre national.

 

Vous savez mon seul candidat pour la France en ce moment, c'est Lula, d'ailleurs je crois qu'il est libre, et il ferait bien de venir nous donner quelques cours de realpolitik... Le Brésil vient d'ailleurs de porter le problème devant l'OMC, en menaçant de prendre des mesures nationales contre les politiques monétaires des USA et de la Chine !!!

Enfin un pays qui s'attaque aux deux seuls vrais problèmes... Espérons qu'il trouve en l'Europe un vrai allié, mais malheureusement, j'en doute...

 

 

Laurent Pinsolle

 

En même temps, la discussion est intéressante. En dehors des questions monétaires, je crois que nous sommes d'accord sur pas mal de choses, que ce soit sur le protectionnisme commercial (y compris par la TVA sociale), sur la refonte et la simplification de la fiscalité (je confirme le propos d'A-J H).

 

Il est bien évident qu'une sortie de l'euro ne changera pas tout. Dans le papier "Quitter l'euro, est-ce abdiquer devant les marchés", j'ai indiqué qu'il était possible d'avoir une politique alternative avec l'euro, comme il était possible d'avoir une politique néolibérale avec une monnaie nationale (Cf. : Grande-Bretagne). Et là, je vous rejoins.

 

Du coup, il est bien évident que je ne conçois pas la sortie de l'euro comme la seule solution à nos problèmes. Lors des élections européennes, nous avions fait campagne pour le protectionnisme et sur mon blog, je défends beaucoup d'autres mesures d'accompagnement (Cf. : 18 mesures pour réguler la finance). La sortie de l'euro ne se conçoit qu'accompagnée de toutes ses mesures. Il est bien évident que seule, elle pourrait poser de graves problèmes qui doivent être traités par des mesures fortes d'accompagnement (contrôle des mouvements de capitaux, protectionnisme, notamment sur les produits agricoles...).

 

Cependant, je persiste à penser qu'entre une politique alternative avec l'euro et une politique alternative avec le franc, il y a tout de même de grandes différences :

- il y a des différences qui pourraient être apportées à l'euro : remise de la politique monétaire sous la coupe des politiques, remise de la politique monétaire au service de la croissance et l'emploi, politique de change plus réaliste (l'euro pourrait ne pas être cher), autorisation de la monétisation des dettes (même si cela pose le problème de qui est responsable in fine). Mais cette réforme de l'euro est peu probable du fait de l'Allemagne.

- mais il y a aussi des différences qui ne pourront pas être corrigées, à savoir que les pays de la zone euro sont trop différents pour partager une même monnaie et que l'unicité de politique monétaire est mauvaise pour des pays trop différents, et le fait qu'il est un encouragement supplémentaire à la baisse des salaires

 

J'ai peur que vous sous-estimiez l'importance des politiques monétaires.

 

 

Incognitototo

 

Oui, nous divergeons sur l'Europe et l'attitude à adopter avec nos partenaires, et c'est dommage, mais trop fondamental pour être accessoire.

Même si je pense qu'il n'est jamais inutile de se réapproprier un centre de décisions, je pense également que les conditions ne sont plus réunies pour que nous puissions, à nouveau, faire cavalier seul, notamment au niveau monétaire, sans contrecoups plus graves que ce que nous aurions pu, éventuellement, gagner. Et puis c'est un pari qui n'a pas de sens aujourd'hui pour moi... Les "ennemis" de l'Europe ce ne sont pas les différences (évidentes) des pays qui la composent, mais la Chine, les USA, ainsi que les multinationales ; et pour affronter tous ces hégémonistes à la "puissance de feu" redoutable, il faut évidemment, bien mieux, rester unis, même avec nos erreurs, nos dissensions et nos difficultés.

D’ailleurs, est-ce que le dollar est remis en cause parce que la Californie (huitième puissance mondiale par son PIB) est en état de quasi-faillite, avec une notation à peine supérieure à celle des junk bonds (obligations pourries) ??? Comme bien des États américains d'ailleurs... Alors, je ne vois toujours pas pourquoi cela devrait être le cas pour l'Europe...

 

Je vous ai glissé plusieurs informations capitales, au cours de mes commentaires qui ne semblent pas avoir attiré votre attention, ni produit de réflexions sur ce qu'elles impliquent par rapport à nos marges de manœuvre... Une au hasard, la première banque chinoise (et ils en ont plusieurs de ce gabarit), c'est un potentiel d'intervention financier égal à plus d'un an du PIB français !!! Vous ne faites rien de cette information (ni d'autres d'ailleurs) ; moi, je sais ce que je ferais, si j'étais cette banque et que j'étais confronté à une dévaluation monétaire de la seule monnaie française...

Vous persistez à ne pas comprendre ou admettre, que nous ne sommes plus rien tout seul et que les leviers que vous proposez pour contrer les spéculateurs sont justement ceux qu'ils maîtrisent le mieux pour piller les pays, à tous niveaux.

Vous avez beau dire et vous avez parfaitement raison, comme beaucoup d'autres, que l'Euro n'a pas produit tous les miracles qu'on nous a vendus avec lui, mais vous vous trompez cependant sur l'origine de l'échec ; parce que ce n'est pas l'Euro, en lui-même, qui est en cause, mais les "politiques de carpette" que l'Europe a conduites vis-à-vis du reste du monde ; et si nous n'avions pas eu l'Euro, compte tenu de la politique nationale française menée depuis, je pense qu'il n'y aurait plus beaucoup de Français, aujourd'hui, en capacité de mettre de l'essence dans leur véhicule...

 

Cela dit, je ne néglige pas le levier monétaire, je dis juste que c'est se tromper d'ennemis que de réinstaurer une "compétition" entre pays européens et d'aller à la bataille en ordre dispersé, alors que nos ennemis communs (et ceux du Brésil maintenant) sont ceux que je vous ai déjà nommés. Ce n'est pas l'Euro qui nous empêche de retrouver notre compétitivité et des salaires décents ; outre nos problèmes structurels, c'est le dumping monétaire (sans oublier le fiscal, le social et l'environnemental) des USA (qui vivent à crédit) et des Chinois (qui refusent de redistribuer à leur population les gains commerciaux réalisés).

Ce n'est pas s'attaquer à ces problèmes-là que de rentrer dans les logiques qu'ils voudraient nous imposer en nous obligeant à faire comme eux, surtout si c'est en ordre dispersé... et je me répète, pour autant je suis parfaitement d'accord pour que nous utilisions les leviers que vous proposez au niveau européen.

Cependant, c'est toujours pareil avec ce genre "d'armes", si toutes les monnaies se mettent à faire pareil la somme des gains est non seulement nulle, mais nous déchainons en plus les appétits et irrationalités spéculatifs. C’est ça que vous n’intégrez pas… Une dévaluation pour qu’elle soit efficace en terme de levier compétitif suppose tout d’abord que les autres ne fassent pas pareil, puis pour la seule France qu’elle soit au moins de 30 %... en chaîne cela veut dire que vous dites aux créanciers et investisseurs en France qu’ils ont perdu 30 %. C’est étonnant que vous n’arriviez pas à imaginer ce que cela implique en termes de

- de majoration sur les taux d’intérêt du loyer de l’argent,

- pression des investisseurs pour retrouver leur taux de rendement (et leurs capitaux),

- spéculation monétaire sur la valeur à la baisse,

- spirale inflationniste, et cetera, et cetera, …

- sans oublier la perte colossale de pouvoir d’achat des Français et l’amputation de leur épargne…

 

Sur la méthode, je ne me fais strictement aucune illusion sur le fait que nous pourrions mettre d'accord tout le monde, d'autant que l'Allemagne et la GB sont des chantres du libre-échange (pour des raisons totalement différentes d'ailleurs)... C'est pourquoi je pense qu'il faut amorcer le mouvement tout seul, sans négliger, bien entendu, de trouver des alliés parmi les autres pays qui voudront suivre...

C'est quand même dingue, par exemple, que Villepin se soit fait taper sur les doigts par l'Europe et ait dû retirer une mesure protectionniste par rapport aux capitaux étrangers, qu'il voulait adopter... Aussi, je pense que nous devrions procéder à l'inverse de ce que vous proposez : prendre les mesures et profiter du refus de l'Europe pour provoquer débat et crise, s'il le faut...

On pourrait croire, a priori, que ce n’est qu’un simple problème de divergence stratégique ou méthodologique, qu’il y aurait au final entre nous. Non, cela va beaucoup plus loin que ça.

En prenant les mesures structurelles et protectionnistes que je propose, nous ne ferions que respecter la volonté exprimée par les Français au cours du référendum de 2005, et confronter l’Europe à tous les choix qu’elle a faits sans l’accord des peuples, notamment sur le « libre-échange » avec le reste du monde, qui n’était pas inclus dans le traité de Maastricht (!!!) ; alors qu’en remettant directement en cause la monnaie unique, nous irions contre la volonté des peuples exprimée en 1992. Ça a plus que son importance d’un simple point de vue démocratique et surtout, pour ne pas tout mélanger ! Et au moins, si nous devions en arriver là, nous saurions pourquoi, nous nous sommes séparés.

 

P.-S. : À propos de votre "modèle" la GB... On n'aura pas eu longtemps à attendre pour que les faits me donnent raison : La croissance britannique rechute brutalement

Toujours persuadé que votre stratégie de dévaluation est la bonne ???...

 

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Voilà… les échanges continuent encore un peu après, mais visiblement, nous n’arriverons pas à nous mettre d’accord. À l’évidence, nous ne réfléchissons pas à partir des mêmes données…

 

Et vous, si vous avez réussi à nous suivre jusqu’ici, quelle opinion vous êtes-vous faite ?


Euro ou Franc ?


Je suis pour la conservation de l’Euro, avec la stratégie Incognitototo
Je suis pour la conservation de l’Euro, sans rien changer
Je suis pour un retour au Franc, avec la stratégie Pinsolle
Je suis pour un retour au Franc sans dévaluation
Je suis pour un passage au Rouble
Je ne sais pas ou je n’y comprends rien
T’as pas cent balles ?
Autres...



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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 14:00

Première date de publication : 26/01/2011

Date de la dernière mise à jour : 26/01/2011

 

 

À la suite de cet article, « À ceux qui prônent un retour au Franc… et aux autres, qui manquent d’arguments pour leur répondre… », Laurent Pinsolle (porte-parole de Debout la République et militant hyperactif du retour au Franc : une quarantaine d’articles publiés depuis deux ans sur ce seul sujet) a répondu avec celui-ci : « A ceux qui s’opposent au retour au franc »…

 

Ceux qui s’intéressent à la question et à l’économie pourront prendre connaissance des articles cités, et ci-après de l’échange qui s’en est suivi.

Il est à noter que nous ne sommes pas là dans un débat de société, où j’admets volontiers que quelqu’un puisse avoir des solutions différentes des miennes (comme pour la burqa, par exemple), sans que cela n’invalide ce que je pense.

Nous sommes dans une matière presque « dure », l’économie… Un concept ou une loi, appliqué avec des contextes et paramètres donnés, ne peut pas donner deux résultats différents en fonction de celui qui parle. Si c’est le cas, c’est que l’un des deux a « oublié » un facteur ou une ou plusieurs données du problème. Logiquement et rationnellement, à force d’échanges d’informations, nous devrions donc, en principe, pouvoir « épuiser » le sujet et le débat ; cependant, vous remarquerez qu’il n’en est rien… Étonnant, non ?

 

Il est assez évident qu’il y a un moment où la culture, les origines, l’idéologie, les croyances et ce qui pourrait être assimilé à un phénomène religieux l’emportent sur la rationnalité, la réalité, le réalisme et même la realpolitik. J’en cherche les clefs depuis longtemps sans arriver à sortir des généralisations basiques, très insatisfaisantes au niveau cognitif. Aussi au-delà du débat de relative bonne tenue, je vous invite à déceler dans ces échanges à quels moments, Laurent PInsolle, ou moi-même (pourquoi pas), est sorti des arguments rationnels pour y substituer la « foi »…

 

C’est un parti pris de n’avoir pas expurgé les échanges de certaines réflexions accessoires et de nos échanges personnels, ils disent aussi qu’un débat d’idées n’est pas exempt de "facteurs" humains qui en surdéterminent parfois l’issue, heureusement ou pas, cela dépend du point de vue. Ces échanges ont cependant été purgés d’autres qui se déroulaient en parallèle avec À-J. Holbecq et d’autres commentateurs. Si vraiment, vous souhaitez en lire l’intégralité, il faut se reporter au lien du blog de Laurent Pinsolle : « A ceux qui s’opposent au retour au franc »…

 

 

Incognitototo

 

Merci, M. Pinsolle, de vous être penché sur mes objections, c'est d'autant plus appréciable que je partage avec vous bien des analyses sur ce qu'il faut changer, à l'exception notable de ce problème monétaire...

 

Cependant, vous ne répondez pas aux arguments qui en constituent la trame principale, que vous évacuez un peu facilement...

 

Je veux bien que vous nous fassiez revivre notre histoire monétaire, celle de l'époque du Franc, à partir de 1970, mais je ne sais toujours pas pourquoi vous pensez que tout ce qu'on a essayé (faut-il le rappeler, sans aucun succès et en aggravant les problèmes) de mettre ne place depuis cette date, aurait plus de raisons de réussir aujourd'hui ? Juste parce que nous abrogerions la loi de 1973 ? Franchement, ça ne change pas grand-chose aux problèmes, comme je pense l'avoir démontré dans mon article...

 

Et si on revient aux scénarios possibles de sortie de l'Euro, vous ne dites pas :

 

- comment vous allez gérer notre dépendance aux fonds étrangers, à propos de notre dette publique détenue à plus de 70 % par ces derniers. Dette que nous devons tous les ans aller réemprunter totalement et plus sur les marchés. Si c'est par la création monétaire, je crains vraiment que nous nous retrouvions dans une situation pire que celle de l'Argentine...

 

- comment vous allez gérer simultanément une inflation inévitable et la fuite des investisseurs. Quand la monnaie se déprécie plus vite que les gains attendus, il est évident que les gains de compétitivité ne sont pas suffisants pour motiver les investissements, qui auront tout loisir de se porter ou de se transférer dans des pays plus accueillants et plus sûrs au niveau monétaire. Résultat, c’est pire qu’avant pour l’emploi et la création de richesses, et la population s’appauvrit sans aucun gain pour personne… C’est ce cycle infernal que Bérégovoy a voulu briser en retournant au franc fort, dès 1985, sans, malheureusement, avoir compris que ça ne suffirait pas pour combattre la compétitivité et la concurrence déloyale des pays émergents… Et vous voulez nous faire revivre ça...

 

- comment vous allez faire face à notre chute inévitable de PIB qui selon plusieurs économistes serait dès la première année de plus de 10 %, ainsi que la récession infernale que ce type d'engrenage engendre, ... Ce qui se comprend facilement, compte tenu de notre taux de couverture qui est d'à peine 87 % aujourd'hui et à notre industrie qui ne rentre qu'à 12 % dans notre PIB, sans aucune matière première convoitée, je ne vois toujours pas, comment vous ferez face à tous les cofacteurs qui accélèreront la dépréciation de notre monnaie... à moins que vous ne souhaitiez que la France devienne juste une terre d'accueil touristique...

 

Quant aux comparaisons, j'attends toujours que vous nous trouviez un seul pays occidental qui, depuis les années 70, ait réussi par la seule dévaluation monétaire, et sans autres cofacteurs, à retrouver le plein emploi et une compétitivité qui attire les investisseurs...

De même, ne reprenez pas l'exemple tchécoslovaque, il n'a pas de sens ! Rien n'est comparable entre leur situation économique quasi autarcique de l'époque où ils ont fait scission, et ce que nous devons gérer nous comme interdépendances et imbrications économiques... Juste une question à qui appartiendra Airbus, si nous faisons scission ? Et EADS ? Et vous pouvez multiplier cette question par 1000 pour notre économie et nos dettes... Soit une somme de problèmes, quasiment insoluble, que les Tchécoslovaques n'avaient vraiment pas à se poser...

 

La réalité, c'est que ce n'est pas par la monnaie qu'on peut gérer aujourd'hui la désindustrialisation, la financiarisation et la compétitivité à l'international, dans un contexte de libre-échange et de libre circulation des capitaux. A priori, vous le savez aussi bien que moi, puisque vous avez dans votre programme un certain nombre de mesures sur lesquelles nous sommes d'accord, dont la TVAS, qui n'est ni plus ni moins qu'une mesure protectionniste détournée...

Je réitère donc que la valeur de la monnaie est une conséquence pas une cause et qu'il est illusoire de penser qu'on peut agir dessus sans retour de bâton avec nos règles actuelles, celles que nous avons signées par seulement au niveau de l'Europe en 1986, mais également avec l'OMC depuis 1994.

 

Cependant, je pense qu'on peut obtenir ce que vous souhaitez (et moi avec), sans toucher à la monnaie et sans attendre que toute l'Europe soit d'accord... J'en expose les principes dans différents articles.

 

Comme le faisait remarquer un commentateur de Marianne, le seul résultat "positif" que je verrais à une sortie de l'euro, c'est que chaque banque pourrait embaucher 16x15/2 = 120 traders et elles auraient 120 marchés nouveaux pour spéculer ; ce qui ferait indiscutablement baisser le chômage parmi ceux-ci. C'est à peine une blague... Juste pour vous rappeler que ça ne sert rien de faire cavalier seul sur un problème, où nous ne maîtrisons pas tout seul les règles du jeu... Une sortie de l'Euro ne changerait absolument pas les règles qui prévalent sur les marchés financiers et ne nous donnerait, donc, pas plus les armes pour y faire face.

Vous décrédibilisez en poursuivant cette chimère souverainiste. Si la volonté de se réapproprier un centre de décision ne peut pas être mauvaise en soi, encore faut-il que celui-ci vaille vraiment la bataille et les sacrifices qu'il demandera. Dans notre contexte actuel national et international, la réponse est clairement, non.

 

À part cela, je ne fais l'impasse sur rien et je ne suis pas plus satisfait que vous de la façon dont l'Euro et les dettes d'État sont gérés... Sauf que je pense qu'il y a d'autres moyens pour infléchir et changer ces politiques, que de rejeter le système en bloc en claquant la porte.

 

 

Laurent Pinsolle

 

La dépendance vis-à-vis des fonds étrangers / fuite des investisseurs : monétisation de la dette par la BdF comme la Fed, la Banque d'Angleterre et la Banque du Japon.

 

Inflation : je conteste. Le franc ne baisserait pas par rapport à l'euro (ce qui serait perdu sur le mark serait gagné sur la lire, la peseta, le drachme...), du coup, la dévaluation serait limitée. N'oublions pas que la Grande-Bretagne a un peu plus de 3% d'inflation après une dépréciation de plus de 20% de la livre...

 

Chute du PIB : là aussi, je conteste. La situation de la France n'aurait rien à voir avec celle de l'Argentine, qui a dévalué de 72% par rapport au dollar. Le franc serait stable par rapport à l'euro. En outre, le gouvernement pourrait annoncer une double mesure destinée à assurer la confiance en utilisant la possibilité nouvelle créée par la monétisation :

- un plan de retour à l'équilibre des finances publiques

- un plan d'investissement sur 3 ou 5 ans pour relancer l'économie

 

L'exemple tchèque est justement intéressant parce que le régime autoritaire et autarcique aurait dû davantage favoriser l'intégration qu'un régime démocratique et ouvert. Ce qui n'est pas possible pour un tel pays ne me semble pas possible pour la zone euro.

 

Et puis, nous conserverions les travers de la monnaie unique : le fait de pousser les salaires à la baisse et une seule politique pour des réalités nationales différentes. Je serais curieux d'avoir votre point de vue sur ces deux questions précises (que je détaille dans mon papier, "Faut-il quitter l'euro ?").

 

Après, je suis d'accord pour dire que l'euro cher ne fait qu'accélérer les délocalisations. Le libre-échange porte une part de responsabilité plus importante.

 

 

Incognitototo

 

Est-il nécessaire de provoquer un chaos pour arriver aux résultats que vous souhaitez comme moi ?

 

Pour votre mécanisme de financement de la dette, qu'en est-il quand l'emprunt doit financer de la dette ? C'est à dire des investissements ou produits déjà consommés qui n'ont pas pu "s'autofinancer". C'est là où le mécanisme inflationniste se met en place…

 

Si vous dites demain aux gens qui nous prêtent actuellement 184 milliards par an, c'est à dire 73 % de tous nos impôts : nous n'avons plus besoin de vous, nous allons créer autant de monnaie que nécessaire pour vous rembourser nos dettes et même en faire de nouvelles... Non seulement, vous faites plonger la valeur de la monnaie, mais en plus, vous créez une spirale inflationniste, selon la formule vérifiée de multiples fois par les monétaristes et les sciences économiques : MV = PQ (mais si vous avez une autre formule à proposer qui fonctionnerait, je pense que les sciences économiques seraient intéressées)

Où M représente la masse monétaire, V la « vélocité de la monnaie », le nombre de fois qu'une unité monétaire change de main chaque année, P le prix moyen des produits vendus chaque année et Q la quantité moyenne vendue chaque année.

En d'autres termes, si la masse monétaire augmente plus vite que la croissance du produit national brut, il est impossible que l'inflation ne suive pas.

Nous avons déjà vécu ça dans les années 70 et jusqu'en 1985, le bilan fut nos 3 millions de chômeurs, notre inflation à deux chiffres et la casse de nos industries, car plus personne ne voulait investir en France, puisque l’inflation fait fuir également ces derniers qui en rajoutent encore, en jouant à la baisse la monnaie en difficulté, sur les marchés monétaires...

 

Je ne retrouve pas les agrégats de la masse monétaire française, mais je pense sans trop me tromper qu'en créant 184 milliards de monnaies, nous atteindrions très rapidement une inflation à 2 chiffres et même peut-être à 3... Il ne nous resterait plus qu'à fermer nos frontières en essayant de survivre avec le peu qu'il nous resterait, puisque de toute façon nous ne pourrions même plus acheter à l'extérieur quoi que ce soit...

 

Qui paiera ? Ou plutôt qui pourra encore consommer ? Les tenants de l'inflation oublient toujours de rappeler que ce sont les plus pauvres et les classes intermédiaires qui en prennent plein les dents dans ce type de logique... Pour moi, c'est une bien piètre consolation d'avoir pu également par ce biais faire la nique aux rentiers et aux spéculateurs...

 

Aussi, il ne suffit pas de contester, il faut aussi prouver et pour l'instant, je ne vois rien dans vos réponses qui serait à même de modifier quoi que ce soit... d'autant qu'au final vous ne répondez pas aux objections que je vous soumets.

Mais visiblement nous n'arriverons pas à nous mettre d'accord... Trop difficile de convaincre quelqu'un qui est dans de la pensée magique et qui évite soigneusement de répondre aux objections...

 

Je me demande pourquoi ceux qui prônent un retour au Franc ne lisent pas un peu plus l'histoire économique des pays, dont la nôtre... Ils y trouveraient tous les exemples dont ils ont besoin pour abandonner leurs illusions, et pourtant ils ne les abandonnent pas... Étonnant...

 

 

Laurent Pinsolle

 

C'est bizarre que la monétisation des dettes publiques crée des débats aussi vifs...

 

À titre personnel, je partage votre point de vue selon lequel une sortie de l'euro n'est qu'un volet (important en revanche) des décisions qu'il faut prendre pour remettre l'économie dans la bonne direction (protectionnisme et remise en ordre radical de la finance étant deux des autres points importants).

 

Mais, en revanche, je ne crois pas que vous ne démontriez quoi que ce soit sur la monétisation. Vous n'avez rien répondu sur la situation des États-Unis où la Fed monétise à marche forcée sans le moindre dérapage inflationniste (puisqu'au contraire, l'inflation est tombée au plus bas depuis longtemps). Dans ce pays, il y a une réduction de la masse monétaire de la part des acteurs privés (qui réduisent leur endettement), ce qui fait que la monétisation (avec un fort déficit), outre le fait de ne pas présenter de risque d'inflation, est un outil nécessaire pour éviter la déflation. Elle permet à la masse monétaire de ne pas se réduire.

 

La monétisation n'est pas une mauvaise ou une bonne chose en soi. Tout dépend des montants, du contexte et des mesures prises par les autres acteurs économiques. Dans le contexte actuel, elle est même nécessaire à mon sens.

 

Votre interprétation des conséquences des dévaluations des années 70 et 80 ne sont ni totalement justes et sont partielles. N'oubliez pas que dans les années 70, la croissance était supérieure à 3% en France et plus de 2% dans les années 80 (contre seulement plus de 1% dans les années 2000). L'envolée de la dette publique en France date de 1993, pas avant. L'inflation à deux chiffres a été cassée en 83-84, bien avant l'euro et même l'indépendance de la banque centrale. Le lien entre chômage et inflation n'est pas établi.

 

La Grande-Bretagne monétise et a dévalué de plus de 20% par rapport à l'euro et l'inflation dépasse à peine 3%. Soit dit en passant, tous les pays de notre niveau de développement qui ont plus de croissance que nous ont en général une inflation légèrement (mais raisonnablement) supérieure. On peut croire qu'une inflation à 3% serait sans soute beaucoup plus favorable à la croissance, sans le moindre dérapage dangereux.

 

André-Jacques a bien raison de souligner que ses propositions ne présentent pas de grands risques inflationnistes étant donnés les montants évoqués. Je ne vois pas en quoi vous pouvez évoquer un dérapage inflationniste à deux chiffres à partir des chiffres qu'il avance. En outre, un plus grand contrôle de la création monétaire par l'État serait sans doute nécessaire, car les acteurs privés ont fait n'importe quoi dans les dernières années (entretenant une croissance de la masse monétaire de 8% par an dans la zone euro), ce qui a conduit à une inflation déraisonnée des actifs.

 

L'État peut agir aussi pour éviter un dérapage inflationniste même en monétisant, en agissant à la fois sur le montant de la masse monétaire et sur sa vitesse de circulation. A titre personnel, je suis favorable à des mesures qui réduiraient sans doute à la fois la masse monétaire (réduction des engagements des banques par réduction importante de l'effet de levier) et de sa vitesse de circulation (taxe sur les transactions financières), donc pour compenser l'effet déflationniste de ces mesures, la monétisation serait de facto nécessaire.

 

 

Incognitototo

 

Mais je ne suis pas contre le levier de la monétisation des dettes (au niveau de l'Europe) et je pense comme vous que la loi de 1973 a été une énorme bêtise en France, entre autres ; de même que nous partageons beaucoup de vues sur ce qu'il faudrait faire par ailleurs... Par contre, je suis radicalement contre une sortie de l'Euro ; c'est un trivial problème de realpolitik : nous n'avons pas (ou plus si vous préférez), le rapport de force qui nous permettrait de rendre soutenable un cavalier seul monétaire... et tout ce que vous proposez à ce niveau-là ne peut pas me convaincre, puisque l'histoire a non seulement démontré que ça ne fonctionnait pas, mais qu'en plus ça aggravait les problèmes.

 

Bien évidemment, on peut nuancer ce que je dis sur les années 70. Cependant, le chômage a démarré à 3,5 % (en 75) et a atteint 9 % en 1985 (c'est même ce qui a poussé le gouvernement à changer du tout au tout en instaurant le franc fort, entre autres). Personnellement, j'aurais plutôt tendance à penser qu'il n'y pas corrélation entre PIB (qui est, cependant, aussi resté de nombreuses années autour de 1,5% et moins, même en dévaluant) et chômage, mais que par contre, il y en a une certaine entre inflation forte et chômage !!! Même si c'est loin d'être le seul facteur...

Je remarque juste que dans aucun pays l'inflation n'a joué le rôle qu'on attendait d'elle et qu'au-dessus de certains seuils elle a des effets clairement délétères pour l'emploi et l'investissement. De même, je ne peux que constater que les politiques de dévaluation jusqu'en 1983, n'ont aucunement permis d'enrayer la montée du chômage, ni de booster notre compétitivité puisque nous avons perdu dans ces années-là les plus beaux fleurons de notre industrie... par manque d'investissements, faut-il le rappeler... Déjà à l'époque les investisseurs préféraient partir sous de meilleurs cieux, mais imaginez ce que cela pourra être aujourd'hui alors que nous avons à faire à des mastodontes financiers qui peuvent d'un claquement de doigts mettre à genou n'importe quelle économie, en deux clics sur un ordinateur...

 

Juste un chiffre, la capitalisation boursière de la première banque chinoise est de 238 milliards de $ (environ 183 milliards d'€), ce qui veut dire (si on respecte le ratio haut bancaire d'engagement possible) que sa puissance d'intervention financière est à peu près de 1 830 milliards d'euros : soit, 96 % de notre PIB !!!... Et plus du double si on se réfère au ratio bas !!!!!! Vous pensez vraiment qu'un retour au Franc nous donnerait les moyens de résister à une quelconque attaque spéculative de ce genre de mastodonte, comme il y en a maintenant de nombreux de par le monde... Et imaginez ce que cela donne quand ils sont plusieurs à s'acharner pour dépouiller un pays ; mais on n'a pas besoin d'imaginer, on a déjà tous les exemples sous les yeux...

C'est pourquoi, je vous réaffirme que la monétisation des dettes, si nous retournions au Franc, nous conduirait fatalement à une inflation à 2 chiffres et plus (notamment, à cause de notre monstrueux niveau de dettes publiques et de notre balance commerciale déficitaire)... c'est un simple et trivial problème de masse critique financière, que nous ne détenons plus tout seul, depuis très longtemps...

Et, ce problème de masse critique se retrouve également au niveau des investissements, pour les quelques industries de pointe qu'il nous reste encore, comme Airbus, l'Aérospatiale et autres... Nous serions incapables, seuls, de conduire les politiques d'investissements que demandent ce genre de productions et ce n'est certainement pas avec une monnaie dévaluer que nous risquerions de trouver preneur... Alors quoi, qu'est-ce qu'on aurait encore à vendre aux autres, si nous étions seuls ?

 

Démonstration acceptée ou pas ?

 

Par ailleurs, les USA ne sont vraiment pas un exemple comparable à la France sur le plan monétaire (surtout avec 17 % de chômeurs) et je vous suggère de relire mon article avec un peu plus d'attention à ce propos et d'autres points également (comme la GB).

 

Ils survivent mal comme nous, ou en repoussant à plus tard les problèmes (comme les USA, engagés dans un système de cavalerie sans fin), et s'ils vivent mieux, ce n'est pas à leur indépendance monétaire qu'ils le doivent...

 

 

Laurent Pinsolle

 

Mais il n'y a pas de démonstration dans ce que vous écrivez. Vous professez des croyances sans véritable preuve. Vous affirmez qu'une sortie de l'euro provoquerait une inflation à deux chiffres, mais rien ne permet de l'affirmer sérieusement.

 

Je vous réponds rationnellement en affirmant que le franc ne dévaluerait pas par rapport à l'euro (la baisse par rapport au mark étant compensée par la hausse par rapport à la peseta et à la lire), ce qui limiterait grandement les risques inflationnistes. Bien sûr, le franc baisserait sans doute par rapport au dollar également, mais la stabilité de notre monnaie par rapport au bloc euro garantirait une certaine stabilité. N'oublions pas que la baisse de la livre de plus de 20% n'a pas provoqué un gros dérapage inflationniste.

 

De même, les États-Unis ne subissent aucun dérapage inflationniste malgré la pratique du QE.

 

Votre démonstration gagnerait en force si vous arriviez à intégrer les cas britanniques et étasuniens, mais ce n'est pas le cas aujourd'hui.

 

Enfin, votre argument selon lequel nous serions plus forts pour limiter les conséquences de la spéculation avec l'euro est tout de même battu en brèche par ce qui se passe depuis 10 mois. La spéculation ne semble pas vraiment limitée par la monnaie unique.

 

 

Enfin, toujours pas de réponses à mes trois critiques de l'euro :

- sa surévaluation

- le fait qu'il pousse les salaires à la baisse

- le fait qu'il impose une politique unique et donc inadaptée à des réalités trop disparates

 

Bref, j'ai l'impression que c'est moi qui fais des démonstrations auxquelles vous ne répondez pas et vous qui n'y opposez que des croyances sans démonstration.

 

Qu'est-ce qui vous permet de dire qu'il y aurait plus de 10% d'inflation avec une sortie de l'euro ? Ce n'est qu'une croyance. Le chiffre de 100 Mds de monétisation ne permet pas de conclure de la sorte, comme je le souligne avec André-Jacques.

 

C'est dommage, car nous nous rejoignons sur un point. Les questions monétaires ne sont les seules à expliquer les problèmes actuels. Pour moi, les questions commerciales et financières sont aussi importantes.

 

 

Incognitototo

 

Visiblement, vous n'avez pas vraiment lu ce que je dis des pays dans mon article, dont à nouveau vous reprenez les exemples... alors que leur situation intrinsèque économique n'est en aucun point comparable à la nôtre.

 

Et vous avez dans l'idée que la Lire et la Peseta vont complaisamment nous servir d'amortisseur... et le Franc CFA aussi... Qu'ils ne vont pas eux-mêmes se mettre dans des situations de déflation compétitive, nous obligeant toujours plus nous-mêmes à dévaluer avec toutes les conséquences que nous connaissons déjà, puisque nous avons déjà mené ce type de politique...

C'est ce genre de cycle dynamique délétère que vous n'intégrez pas dans ce que vous avancez ; comme vous surestimez notre capacité à faire face à des attaques spéculatives, si nous étions seuls, avec des leviers qui trouvent vite leurs limites face à des puissances financières qui ont de nombreuses façons et le pouvoir de nous mettre à genou... À moins que vous ne décidiez de fermer les frontières, de rétablir le contrôle des changes et tout le saint-frusquin, mais il ne faudra pas s'étonner non plus, alors, que nous ne vendions plus rien à l'extérieur...

 

D'où je tire un taux d'inflation à deux chiffres, simplement de notre expérience passée quand nous faisions une politique de dévaluation compétitive ; et étant donné que depuis, notre situation économique, notre tissu industriel, notre balance commerciale, et nos dettes se sont très largement aggravés, je ne vois toujours pas comment cela pourrait mieux se passer aujourd’hui qu’hier...

 

Pour, le reste, je vais finir par me répéter salement et je n'aime pas ça...

 

Effectivement, c'est dommage de partager autant d'analyses sur ce qui ne va pas et de ne pas être d'accord sur un moyen à employer. Mais pour le coup, cette question de la monnaie est trop fondamentale pour l'a considéré comme accessoire dans nos divergences.

 

Et je réitère moi, des questions auxquelles vous n'avez pas répondu :

- qu'est-ce qui nous empêche d'infléchir la politique européenne à propos de la gestion de la monnaie ? Vous pensez que nous n'aurions pas assez d'alliés avec la Grèce, l'Irlande, l'Espagne, l'Italie et le Portugal ?

- qu'est-ce qui nous empêche de provoquer cette dévaluation compétitive sans tambours ni trompettes, ni grande bataille, juste avec des mesures fiscales et règlementaires appropriées, même sans attendre que toute l'Europe soit d'accord ?

 

Bon ça sera tout pour moi, bien cordialement.

 

 

Laurent Pinsolle

 

Sur l'inflation à deux chiffres, ce n'est pas parce que cela s'est passé dans les années 70 et au début des années 80 alors qu'il y avait des dévaluations que cela se reproduirait aujourd'hui. Le contexte est radicalement différent. Il y avait un contexte de stagflation qui avait débuté fin des années 60 / début des années 70 avec une course entre augmentation des salaires et des prix. Même dans l'Allemagne qui réévaluait, l'inflation était montée à 8%... Aujourd'hui, ce n'est absolument pas le cas. Le chômage est à un haut niveau, ce qui limite la capacité de hausse des salaires. Si les prix dérapaient un peu, il n'est pas du tout évident que les salaires suivent. Le contexte est radicalement différent.

 

Je vous signale tout de même qu'en Grande-Bretagne, malgré une dépréciation de la livre de plus de 20%, l'inflation est à 3%, alors je ne vois pas pourquoi en France, il y aurait un tel dérapage, d'autant plus que nous ne dévaluerions pas par rapport à la lire et à la peseta.

 

En outre, je me répète, le franc baisserait par rapport au mark (et sans doute au florin) mais remonterait face à la peseta et à la lire, donc, notre parité resterait globalement stable face à l'euro. Sachant que la zone euro représente plus de 50% de notre commerce, le risque de dérapage inflationniste du fait de l'augmentation du prix des produits importés serait limité.

 

Sur les marchés, il ne faut pas exagérer. Tout d'abord, la Grande-Bretagne et la Suède arrivent à emprunter... Et puis, je vais à nouveau vous répondre monétisation.

 

Infléchir la politique monétaire européenne ? A priori, c'est très difficile. Elle est inscrite dans les traités et c'est un casus belli pour l'Allemagne. La possibilité est faible. Et un euro mieux évalué, ce n'est pas tout, cela ne corrige pas les deux autres points de faiblesse de cette construction, à savoir le fait que l'euro pousse les salaires à la baisse et qu'il impose une politique unique pour des réalités nationales disparates.

 

Provoquer la dévaluation de l'euro ? À l'échelle de la France seule, cela me semble très délicat. Il faudrait augmenter nos déficits, ce qui poserait de gros problèmes au niveau des taux, à moins de monétiser.

 

Enfin, je réitère mes questions : ne pensez-vous pas que l'euro présente des défauts structurels très forts, comme le fait de pousser les salaires à la baisse et d'imposer une politique unique pour des réalités différentes (et qui porte donc une responsabilité dans les bulles des pays de la périphérie).

 

 

Incognitototo

 

Enfin des arguments...

 

Stagflation dans les années 70, oui certainement, et oui, nous n'avions pas encore de chômage significatif à l'époque... Et aujourd'hui vous trouvez que nous ne sommes plus en stagflation et que nous en avons écarté tous les dangers ? Effectivement, si nous n'avons que peu d'inflation officielle ("officielle", parce que la réalité des porte-monnaie est quand même toute autre), pour autant nous avons une croissance très réduite (autour d'1,8 % depuis 10 ans, et même négative l'année dernière) et un énorme problème de chômage qui tendrait à vous donner raison.

Mais si vous ajoutez à ces deux éléments (outre notre problème de gestion de dette et de balance commerciale déficitaire) une dévaluation monétaire, le résultat inévitable sera que nous allons exciter et amplifier la spéculation monétaire et une fuite de capitaux qui nous conduiront, alors, vraiment à une véritable stagflation ; d'autant que les pays dont vous pensez qu'ils vont nous servir "d'amortisseur " feront exactement la même politique que nous... Du pain béni pour tous les spéculateurs sans foi ni loi.

 

Il n'y pas que la spirale prix-salaires à prendre en compte dans le phénomène inflationniste, il y a aussi comment se comporte les acteurs financiers, par rapport à leur confiance dans la monnaie !!! À ce propos il faudrait que vous passiez un peu de temps avec des spéculateurs (des vrais), pour comprendre comment ils fonctionnent et ils réfléchissent ; et si vous n'en connaissez pas, je peux vous en présenter.

Vous apprendriez que les leviers que vous proposez sont une aubaine de plus pour eux qui ont inventé un tas de systèmes spéculatifs pour être gagnant à tous les coups quelque soit les leviers monétaires employés par les États... sauf, s'ils se heurtent à des politiques, comme celle de l'Allemagne... Renoncer à l'Euro, que vous le vouliez ou non, c'est leur rouvrir tout un champ de possibilités qui avait été refermé jusqu'à présent, même si nous le payons relativement cher par ailleurs...

 

Les Allemands seraient-ils vraiment plus bêtes que nous d'avoir quasiment toujours depuis la guerre fait face au problème de compétitivité en réévaluant, plutôt qu'en dévaluant ? Et qu'est-ce qui fait d'après vous, qu'elle a su, mieux que nous, préserver et défendre son industrie avec un mark fort et un euro fort ??? Répondez à cette question et vous comprendrez pourquoi, moi qui ai eu à conseiller et gérer plus de 2000 entreprises dans ma carrière, je pense qu'une dévaluation compétitive n'est qu'un pis aller et dans certains contextes, dont le nôtre aujourd'hui (si nous la menions seul), une mise à mort du peu de tissu industriel qu'il nous reste et donc une aggravation des problèmes qui me préoccupent, ceux du chômage, de la croissance, de la désindustrialisation et de l'inflation...

 

Si vous voulez comparer des "vérités" monétaires qui sont toutes vraies et fausses en fonction des contextes, je peux vous proposer celles qui se sont fait concurrence entre l'Allemagne et la France (et d'autres aussi, dans d'autres contextes) dans les années 70 et après :

La France dit : faire baisser la valeur de la monnaie, c'est faire des gains de compétitivité sur la main-d’œuvre et le coût final puisque nos produits vaudront mécaniquement (et théoriquement) moins chers. Sauf que, cela fait également augmenter le prix de nos besoins extérieurs : matières premières, énergie, ... mais aussi produits de consommation que nous ne fabriquons plus. Le problème est de savoir, si les gains ne seront pas anéantis par l'augmentation du prix des matières dont nous avons besoin, ainsi que par la spirale prix-salaires, et donc en conséquence par l'inflation... Mais surtout, est-ce que les investisseurs auront envie de mettre de l'argent dans un pays ou la valeur de la monnaie se dégrade plus vite que les gains espérés...

L'Allemagne dit : faire augmenter la valeur de la monnaie nous donne plus de pouvoir d'achat pour nos besoins extérieurs et booste nos investissements... mais renchérit également le coût du travail...

 

Vous voyez, ni plus ni moins, qu'un "algorithme de simplexe" (programmation linéaire) que la France n'a pas su résoudre dans les années 70, malgré toutes nos "têtes pensantes énarquiennes"...

 

Cependant, pourquoi la France et l'Allemagne, qui ont mené 2 politiques différentes dans les années 70 et suivantes, sont restées au coude à coude depuis si longtemps ? Parce que dans la constitution des prix de revient, il y a à peu près équilibre entre la main-d’œuvre et les matières premières, nécessaires aux productions... ce qui a fait la différence, c'est le phénomène spéculatif et inflationniste auquel nous, nous étions soumis de plein fouet à cause de nos décisions de dévaluations et beaucoup moins l'Allemagne (2 à 3 fois moins d'inflation) qui accueillait en plus des investisseurs à bras ouverts ; avec une loi de Gresham qui s'est en plus pleinement appliquée dans cette "compétition"...

C'est la différence entre un calcul comptable à courte vue et un calcul à moyen et long terme où l'objectif est de préserver l'investissement quoiqu’il en coûte. On comprend bien par ailleurs que dans un environ spéculatif généralisé (notamment par rapport au prix des matières premières), la politique de l'Allemagne est évidemment la meilleure, puisque le ratio MP/MO ne peut qu'augmenter... C'est plus clair ?

 

Vous poursuivez sur des comparaisons avec des pays qui ne sont pas dans le même contexte que nous...

La Grande-Bretagne avec la City, truste plus de 30 % (!!!) du marché monétaire mondial, plus de 10 % de son PIB provient de l'ingénierie financière... et donc comme je le rappelle, il suffit que les échanges commerciaux, quels qu'en soit l'origine, fonctionnent dans le monde pour qu'elle rentre sans trop se fatiguer de l'argent... ça n'est pas notre cas ! Par ailleurs, attendons encore une année ou deux, avant de crier victoire sur son "coup d'accordéon" de 2010...

La Suède n'a aucun problème à emprunter parce qu'elle dispose de richesses minières qui intéressent beaucoup de monde (essentiellement cuivre et fer). Elle peut donc apporter des garanties en dur... ça n'est pas notre cas !

Vous en voulez d'autres ? Relisez mon article...

 

Nous n'avons pas besoin de dévaluer pour redevenir compétitifs et mettre au pas les spéculateurs... Je ne comprends pas votre obstination à ne pas voir, entre autres mesures souhaitables et possibles, que la TVAS produit exactement les mêmes effets qu'une dévaluation (et même mieux), sans les autres problèmes que cette dernière crée...

 

Bien sûr que l'Euro et cette Europe (pour laquelle, j'ai voté "non" comme vous en 2005) présentent des problèmes structurels extrêmement mortifères... Cependant, vous ne pouvez pas dire que c'est à cause de l'Euro que les salaires stagnent ou baissent... C'est prendre les conséquences pour les causes. Ce qui pousse les salaires à la baisse ce sont nos accords de libre-échange et de libre circulation des capitaux, ainsi que les logiques libérales de toujours plus de pognon pour les capitaux et les rentiers... Rien d'autre et rien à voir avec l'euro qui nous protège au contraire d'une rapacité spéculative qui serait encore plus terrible, si nous étions seuls à l'affronter, compte tenu des rapports de force actuels mondiaux... même s'il ne protège pas tout le monde de la même façon...

 

Je pense que la crise actuelle pourrait être une formidable occasion pour que des pays comme nous, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Grèce, avec pourquoi pas l'Irlande et d'autres fassent une union sacrée pour infléchir la politique de "porte ouverte inconditionnelle " de l'Europe... et surtout de l'OMC !!! Car je vous rappelle également ce point, je ne vois pas l'intérêt de briser une alliance, en continuant à nous soumettre à une autre qui dit la même chose, et pire...

Mais, j'aurais également tendance à désespérer que nos intérêts soient correctement défendus et bien compris par rapport à nos partenaires (je comptais un peu sur DLR, mais vous me refroidissez avec votre manque de lucidité et votre absence de realpolitik)...

Il y a un fait récent qui m'inquiète vraiment et qui tendrait à prouver que, soit il manque quelques neurones à nos politiques, soit nous devons croire ce que nous raconte François Asselineau (le "visionnaire" du "complot américain")... C'est que nous acceptions de nous faire aider par les Chinois pour gérer nos dettes... Cette aide est permise par le formidable trésor de guerre (+ de 2 400 Md$) que les Chinois ont accumulé sur le déficit commercial des USA... Ils nous aident donc avec une monnaie qui ne vaut en réalité plus rien depuis longtemps... Et nous sommes assez bêtes pour l'accepter... La Chine va donc réussir à infléchir, ce que 60 ans de politique US n'avaient pas tout à fait réussi à réaliser : que l'Europe devienne une province monétaire américaine, comme le reste du monde... P... d'Europe qui semble ne rien comprendre au billard à 3 bandes ou peut-être qu'elle le sait et là, je finis par me demander si Asselineau n'a pas raison...

 

Un petit pensum pour terminé, c'est un article qui reprend à peu près les mêmes arguments que les miens sous une autre forme... Peut-être l'entendrez-vous mieux :

 

 

Laurent Pinsolle

 

La fuite des capitaux (qui pourrait être contrecarrée par un contrôle des changes : des pays asiatiques le pratiquent) ne provoquerait pas d’inflation, mais plutôt de la déflation par une réduction de la masse monétaire…

 

En outre, il y a un moment où les spéculateurs arrêtent de spéculer sur une monnaie à la baisse quand on s’éloigne trop de la valeur réelle. C’est ce qui s’est passé partout, en Grande-Bretagne en 1992, même en Argentine en 2002. La valeur du franc ne va pas descendre de 50% par rapport au mark !

 

Pas d’accord sur la spéculation : elle s’est déplacée des monnaies sur les dettes souveraines. Quel que soit le contexte, les spéculateurs trouveront des moyens de spéculer. L’euro ne les a pas arrêtés.

 

Je n’ai pas dit que la politique allemande est absurde. Le comportement à l’égard de l’inflation est en partie culturel. La France, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont à peu près le même comportement depuis 60 ans (d’où la relative stabilité de nos monnaies respectives). L’Allemagne a un comportement différent, ce qui nécessitait auparavant des ajustements monétaires. Le fait est que les comportements ne se sont pas modifiés et qu’aujourd’hui, il faut les solder. Deux solutions : la déflation salariale, qui amènera une dépression économique, ou une dévaluation. La deuxième me semble une bien meilleure idée.

 

La désindustrialisation de la France n’est pas plus rapide que celle de l’Allemagne, comme l’a montré Jacques Sapir. C’est juste que l’Allemagne partait de plus haut… Si on suivait votre raisonnement, l’Allemagne devrait beaucoup mieux se porter que nous, mais ce n’est pas vrai : 0.8% de croissance annuelle du PIB dans les années 2000 contre 1.5% pour la France.

 

Pas faux sur le rapport MP / MO, mais cela peut nous pousser à être plus économe, ou à développer des filières alternatives (ce qui a été le cas avec le nucléaire). Notre plus grande sensibilité au prix des MP est une incitation à l’innovation.

 

Sur la Grande-Bretagne, je ne vois pas en quoi votre objection contredit mon point. Et puis la dépréciation de la livre est aujourd’hui terminée. Il est donc démontré que cela n’a pas provoqué de dérapage inflationniste. Toute dépréciation monétaire ne provoque pas de dérapage inflationniste. En outre, il faut rappeler que la valeur du nouveau franc ne baisserait pas par rapport à l’euro !

 

La TVAS, j’y suis favorable. J’ai fait un exposé sur le sujet en avril 2010. Je persiste, l’euro pousse les salaires à la baisse mais bien sûr, ce n’est pas la seule raison, le libre-échange porte une grande responsabilité. Et puis, de quelle spéculation l’euro nous a-t-il protégé ? La situation est aujourd’hui bien pire qu’au début des années 1990. L’euro accentue la spéculation au lieu de la réduire.

 

 

Incognitototo

 

Il faut arrêter avec votre credo sur l'euro responsable de la compression des salaires... d'autant que votre solution ne répond vraiment pas au problème. Quelle différence entre :

- une monnaie forte, qui oblige à tenir les coûts de revient des salaires,

- et une monnaie faible qui diminue le pouvoir d'achat et la valeur de l'épargne ?

 

Personnellement, je n'en vois pas ! Du moins pas à ces niveaux-là... Cependant, jusqu'à preuve du contraire, les habitants des pays à monnaie forte vivent quand même mieux que ceux des pays à monnaie faible !...

 

De même, vous pensez que la monétisation des dettes, c'est la panacée... Outre son effet inflationniste et de diminution de la valeur monétaire avec toutes les conséquences que cela peut avoir, vous oubliez juste qu'en remboursant les spéculateurs avec du papier déprécié :

- vous leur redonnez des armes pour nous attaquer,

- vous les poussez à remettre sur le marché un volume significatif de monnaie, qu'ils vont s'empresser de jouer à la baisse (ou à la hausse, peu importe, l'important étant qu'ils se défassent de ce papier) amplifiant encore le phénomène de dépréciation, ... le dommage collatéral étant la fuite des investissements sous des cieux plus accueillants (qu'aucune mesure protectionniste locale ne peut empêcher, contrairement à ce que vous semblez croire, relisez les accords de l'OMC)...

 

Nous ne sommes pas les USA qui bénéficient d'un statu quo mondial, puisque le premier détenteur de billets verts qui bouge a perdu et fera chuter tous les autres (vous remarquerez au passage que depuis 2006, ils ne publient même plus les agrégats monétaires M3 et M4, histoire que personne ne puisse se rend