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  • : Solutions politiques (ou + de 400 propositions de réformes politiques...)
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  • : Analyses et propositions de réformes politiques institutionnelles, économiques, fiscales, sociales, juridiques, et autres, issues de ma pratique professionnelle et de la vie tout simplement ; pour vraiment changer...
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Sommaire

 

Sélection partiale des derniers articles mis en ligne

Faire-part...

À mes lectrices et lecteurs : avertissements importants !

« Après moi le déluge ! » : constats « navrants » sur plus on sait et plus on est con...

Changer par la loi et pour une « vraie révolution fiscale »... sans sortir de l’Europe...

« La société du spectacle » et « No future », nos seuls avenirs ?...

L’irrésistible progression des souverainistes et des nationalistes : l’horreur absolue... Qui est responsable ?...

Homoparentalité et « mariage pour tous » : de la réalité à la loi...

« Nul ne peut s’enrichir sans cause » : une jurisprudence malheureusement oubliée...

Rapport Gallois et compétitivité... De qui se moque-t-on ?...

« Double contrainte » : 40 ans d’accords internationaux et de lois, qui rendent fou...

La propriété privée et la finitude : des nœuds systémiques centraux...

 

Quelques classiques et textes fondateurs

Imprécis précis de fiscalité… pour en finir avec les « croyances populaires »… si, c’est possible…

(3) - Mises au point et compléments sur la TVA sociale… 

Les dettes publiques : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c’est quoi la pensée virtuelle ?

Histoires de dettes interbancaires : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c'est quoi l'économie virtuelle ?…

Exercises appliqués d’analyse systémique sur la mondialisation et à propos de la décroissance…

À ceux qui prônent un retour au Franc… et aux autres, qui manquent d’arguments pour leur répondre…

(1) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche... (début)

(1) Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur... (début)

(1) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (début)

 

Une toute petite sélection d'articles qui aurait pu figurer sous une rubrique « On ne vous dit pas tout »

Le faux débat sur l'évasion fiscale et les paradis fiscaux...

Solidarités sociales et retraites : ce qu’il faut savoir et ce qu'on ne vous dit pas ou si peu...

Vélib' : problèmes d'arithmétique élémentaires, niveau CM1…

 


Tout les articles publiés (regroupés dans l'ordre de leur parution par catégorie : du plus ancien au plus récent)

  A - Préambules

Introduction et justifications de ce blog

D’où je viens, comment je me situe, philosophie et cadre général des propositions

Petites mises au point pour comprendre la logique de ce blog et des 400 propositions…

 

B - Le programme de réformes

1 - Les institutions

2 - Les institutions

1 - Economie et fiscalité

2 - Economie et fiscalité

Santé, Sécurité Sociale et retraites

1 - Droit du travail

2 - Droit du travail

Formation - Éducation - Recherche

Justice

Emplois

Sécurité et qualité de vie

Europe

Plan de mise en œuvre des propositions

Pour conclure provisoirement

 

D - Anecdotes, réflexions et solutions suggérées

Voirie parisienne : l’honneur perdu de Delanoë qui cautionne l’ayatholisme de Baupin et Contassot

(1) - Déficit de la Sécurité Sociale… mes expériences dans l’univers kafkaïen des services de "santé" (début)

(2) - Déficit de la Sécurité Sociale… mes expériences dans l’univers kafkaïen des services de "santé" (fin)

Violence des cités… : Quand on n’a pas les mots et qu’on a tous les maux, il reste le passage à l’acte violent…

A propos d'éducation - Une lettre à Science & Vie

Médias : leur responsabilité dans l'absence de pensée…

Politique internationale : Attentats du 11 Septembre - Au-delà du bien et du mal, il me manque les mots…

Politique internationale : Combien de temps encore nous ferons-nous la guerre pour les fautes des pères ?

(1) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche… (début)

(2) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche… (fin)

Perversions des systèmes : la démocratie en danger

Nicolas Hulot : l'équation économique insoluble et insolvable…

Quelques problèmes auxquels, je réfléchis sans vraiment trouver de remède pratique…

Un problème qui me pose vraiment problème : la société du spectacle, c'est maintenant…

Suite aux présidentielles : politique-fiction sur le mode de scrutin...

(1) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (début)

(2) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (fin)

(3) - Mises au point et compléments sur la TVA sociale…

(1) - Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur... (début)

(2) - Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur… (fin)

À propos de l’intéressement des salariés aux résultats de l’entreprise…

Pour redonner à la monnaie son équivalence travail et empêcher qu’elle soit gérée comme une marchandise, faut-il éliminer les spéculateurs ?...

Souvenirs d'un vieux con, à propos du féminisme... + Épilogue

Tribune de l'action...

Tribune de l'action : rêvons un peu… avec les banques…

Divagations sur la crise... L'inconscient, cette donnée incontournable oubliée par la politique...

Le faux débat sur l'évasion fiscale et les paradis fiscaux...

Solidarités sociales et retraites : ce qu’il faut savoir et ce qu’on ne vous dit pas ou si peu…

Juste deux ou trois choses qui personnellement me soucient bien plus que l’avenir des retraites !

(1) - Burqa et loi : un débat démocratique entre citoyens - Catherine Kintzler et Incognitototo (début)

(2) - Burqa et loi : un débat démocratique entre citoyens - Catherine Kintzler et Incognitototo (suite et fin ?)

Réchauffement climatique global ou pas ? Religiosité et politique : les Verts et Europe Écologie, la nouvelle secte des béni-oui-oui…

À ceux qui prônent un retour au Franc… et aux autres, qui manquent d’arguments pour leur répondre…

(1) - Euro contre Franc : un débat démocratique entre citoyens - Laurent Pinsolle et Incognitototo (début)

(2) - Euro contre Franc : un débat démocratique entre citoyens - Laurent Pinsolle et Incognitototo (suite et fin ?)

Exercices appliqués d’analyse systémique sur la mondialisation et à propos de la décroissance…

La « lutte des places » : la septicémie de notre démocratie...

Histoires de dettes interbancaires : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c'est quoi l'économie virtuelle ?…

Les dettes publiques : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c’est quoi la pensée virtuelle ?

Imprécis précis de fiscalité… pour en finir avec les « croyances populaires »… si, c’est possible…

La propriété privée et la finitude : des nœuds systémiques centraux...

Tous les extrémistes sont de dangereux malades mentaux...

Sciences et politique : un mauvais mélange... Le cas des réchauffistes...

« Double contrainte » : 40 ans d’accords internationaux et de lois, qui rendent fou...

Rapport Gallois et compétitivité... De qui se moque-t-on ?...

« Nul ne peut s’enrichir sans cause » : une jurisprudence malheureusement oubliée...

Homoparentalité et « mariage pour tous » : de la réalité à la loi...

La politique virtuelle contre « l’économie réelle »...

L’irrésistible progression des souverainistes et des nationalistes : l’horreur absolue... Qui est responsable ?...

« La société du spectacle » et « No future », nos seuls avenirs ?...

Changer par la loi et pour une « vraie révolution fiscale »... sans sortir de l’Europe...

« Après moi le déluge ! » : constats « navrants » sur plus on sait et plus on est con...

 

G - Actualité

Investiture socialiste, quand les vieux gouvernent la France,… étonnant, non ?

A propos de la Démocratie Participative...

Un débat presque oublié… Ou comment choisir notre futur(e) président(e) ?

Tramway parisien, ils persistent et ils signent... et les conneries continuent...

Mon raisonnement à la con pour choisir un Président…

Delanoë menteur et médias complices !!!

Quelques réflexions en vrac sur les résultats du premier tour des présidentielles… et notre système démocratique.

Débat télévisé des présidentiables… le degré zéro de la politique...

Quelques sentiments et idées en vrac, avant la mise en sommeil…

Hommage à Madame Benazir Bhutto…

Constitution européenne : Appels contre le traité de Lisbonne et le déni de démocratie

Edvige, Cristina et tous les autres...

Crise financière mondiale et faillite de la banque Lehman Brothers

Burqa : la liberté et le doute doivent-ils profiter à l’obscurantisme ?… Réflexions et solutions alternatives…

Revue de presse et informations complémentaires sur les retraites…

L’Islande, oubli ou désinformation ?... La révolution, dont (presque) personne ne parle…

Islande, les suites de leur révolution… ou les débats que nous évitons en France…

Mitterrand : l’imposture de la gauche - 10 mai 1981 : la commémoration du deuil de la gauche…

Les dettes souveraines : l’arnaque d’un demi-siècle de mensonges, ou de qui se moque-t-on ?…

11 septembre : la commémoration des amnésiques…

Primaires socialistes : allez-y...

« Votez, pour eux !... »

Croyances et politique : variations et élucubrations sur un second tour...

En vrac...

Compte-rendu d'étape de la présidence Hollande : toujours plus de la même chose : 1 / changement : 0,001

C’est la rentrée... Tous les gens qui s’offusquent de l’incivisme ou de l’immoralité de Bernard Arnault m’emmerdent...

Tribune de l’action : séparer les activités des banques (urgent et important !)... 

Fin de la souveraineté économique des pays et de la démocratie européenne...

À mes lectrices et lecteurs : avertissements importants !

 

E - Émotions, sentiments, humeurs, rires...

Une lettre anonyme que l'INSEE ne recevra pas...

Europe, après la victoire du "non" : les politiques me fatiguent et les journalistes aussi...

Nouvelles cartes grises : carton rouge aux eurocrates qui ont encore frappé très fort…

Quelqu'un connaît-il un descendant de Champollion ? Ou de quoi parlent 2 amis experts-comptables quand ils se rencontrent ?

Insécurité routière... pardonnez-moi, je me défoule...

Je n’ai rien à dire… ou presque…

Lettre à la direction d’un hôpital ou comment sont utilisés nos impôts...

Sarkozy élu… pour partager ma bile… et message(s) à cette gauche atteinte de crétinisme avancé…

Tous derrière Delanoë… pour sauver le monde en plantant des carottes…

Tramway parisien : le bal des cocus continue… et la mascarade passe…

ASSEDIC (et autres) : qui sont les crétins qui écrivent les directives ?...

Une journée dans les bas-fonds de la justice française...

Michel Onfray… Au secours ! La pensée dogmatique et l’ostracisme sont de retour…

Juste pour rire... le langage politique… 

Service des urgences de l’hôpital Tenon : la « honte » de nos services de santé…

Divagations sur le consentement, la sexualité et autres considérations sociales…

Partage d’émotions : quand les humains comprennent ce qui les réunit plus que ce qui les divise...

Une symbolique de 2012 : pour rire jaune… 

Récréation philosophique…

Mes interrogations du moment... ou quand le vide politique ne présage rien de bon...

Nouvelles du « monde du travail » dans la France d’aujourd’hui… interdit au moins de 18 ans…

Nouvelles de la barbarie, de l’individualisme et de l’indifférence…

11 Novembre, hommage et mémoire…

Chine-USA : « Une guerre sans limite »…

Spécial vœux 2012, le temps des bilans… hommage posthume au Diceros bicornis longipes...

"L’Université des Va-nu-pieds", quand les hommes comprennent ce qui les relie…

Faire-part de vie...

Être un homme de gauche, par Alex Métayer...

Le pouvoir des banques, le cas d’école : Goldman Sachs...

Des vœux pour 2014 que je fais miens !...  

Faire-part...

 

  F - Ville de Paris : urbanisme et politique...

Informations sur la catégorie : "Ville de Paris : urbanisme et politique..."

Voirie parisienne : l'honneur perdu de Delanoë qui cautionne l'ayatholisme de Baupin et Contassot

A propos de la Démocratie Participative...

Violence des cités... : Quand on n'a pas les mots et qu'on a tous les maux, il reste le passage à l'acte violent...

Tramway parisien, ils persistent et ils signent... et les conneries continuent...

Delanoë menteur et médias complices !!!

Insécurité routière... pardonnez-moi, je me défoule...

Tous derrière Delanoë… pour sauver le monde en plantant des carottes…

L’Omerta sur Michel Charzat, liste différente de Paris 20ème

Tramway parisien : le bal des cocus continue… et la mascarade passe…

Vélib' : problèmes d'arithmétique élémentaires, niveau CM1…

 

H - Livre d'or des commentaires et autres...

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 11:00

  Première date de publication : 23/07/2010
Date de la dernière mise à jour : 23/07/2010 

 


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Incognitototo

 

Il m'a fallu un peu de temps pour digérer vos réponses... Vous êtes agréablement et incontestablement "redoutable" dans vos arguments, et je vous remercie de m'obliger à toujours plus de rigueur et de précisions, c'est tellement important.

 

Il me semble que vous avez "subrepticement" opéré plusieurs "glissements", qui ne tiennent pas compte, ou finissent par éluder, les bases à partir desquelles, je réfléchissais tout haut.

 

Je ne dis pas que la forme du message est en soi, une "double contrainte " ; d'ailleurs, comme vous le soulignez, ça ne posera aucun problème au motard qui le recevra lui sous la bonne forme... Quoique, il y aussi des motards délirants ou pervers (j'en connais), qui en profiteront pour rouler sans casque en se "justifiant" avec cette loi... Je dis que l'injonction sera "perçue et reçue", sous cette forme par les "burquistes" et c'est quand même pour eux que nous réfléchissons avant tout.

 

Pour savoir, si nous sommes dans un système de double contrainte ou pas, il faut tenir compte du contexte du "récepteur" de l'injonction : motard ou "bourre-kystes" (pour faire un mauvais jeu de mots, ... excusez-moi, j'ai pas pu m'empêcher), ce n’est pas pareil, ni équivalent.

La double contrainte ne se définit pas en soi, car, en soi elle n'est que du langage paradoxal (ce sont de simples illogismes, comme : "sois spontané", "lache prise", "sois un grand mon petit", ...).

Si une autorité, quelle qu'elle soit, me dit à moi, qui ai plus de 50 ans, "soit grand mon petit", c'est bien évident que non seulement ça ne me fera pas grand mal, mais que l'émetteur risque de se retrouver dans ses quinze mètres, avant qu'il ait pu terminer sa phrase... mais, pour un enfant qui recevrait ce message de ses parents, c'est très différent, et le blocage paradoxal, ainsi que ses conséquences peuvent perdurer toute une vie.

 

Le langage ou message paradoxal n'est qu'un illogisme, il ne devient une double contrainte qu'en fonction d'une conjonction de facteurs, pour faire simple :

- il doit émaner d'une autorité susceptible d'appliquer une "punition" au récepteur ou d'en provoquer une indirectement (que l’autorité soit réelle ou fantasmatique),

- il doit rendre illogique et insoluble un système de valeurs, en masquant les paradoxes à l'œuvre dans du non-dit et/ou du non formulable,

- il doit provoquer une homéostasie dans le système (c'est à dire, l'impossibilité pour le système de répondre à des valeurs contradictoires, autrement qu'en apportant des réponses inadaptées (violence, folie et d'autres beaucoup plus subtiles, mais tout aussi mortifères)... c'est toute l'intelligence et la clairvoyance de l'antipsychiatrie qui démontre que l'institution psychiatrique n'a aucune raison "logique" de "guérir" ses fous, puisque sinon elle disparaitrait ; et ça s'applique à tellement de secteurs de la société que j'en ai fait un blog ;o))

- et surtout, il doit s'adresser à un récepteur "concerné", "touché" et "perturbé" dans ses "structurations les plus vitales" par l'injonction, en le mettant en demeure de répondre à des options "perçues" (que cela soit inconscient, préconscient ou conscient) comme insolubles.

 

Dans quel état pensez-vous que nous allons mettre les burqistes en les obligeant à se plier à une loi qui contredit leur système de valeurs délirant qui leur donne (paradoxalement) leur identité ? Celui-là même qui fonde leur système de respect de leurs lois qui (toujours paradoxalement) les différencie ! Comment pensez-vous que vont réagir toutes les personnes qui se sentent concernées (de près jusqu'à très loin) par le fait qu'on attaque leurs "frères" et "sœurs" identitaires (même s'ils n'en partageaient pas jusqu'à présent les "émanations" idéologiques) ? Pas de faux-semblants entre nous, cette loi est présentée partout comme devant éradiquer les burqistes, c'est donc à eux qu'elle s'adresse, avant toutes les "subtilités" que nous pourrions y mettre : pour le coup, le fond emporte la forme et installe même par sa forme un non-dit colossal !!!...

C'est pour cela que j'empruntais à la topique freudienne, son concept, en disant que nous allons provoquer avec cette loi une guerre des Surmoi. Nous décréterions que nous allons passer par les armes tous les burqistes, que l'effet psychologique produit ne serait pas différent. Bref, nous ne leur laissons pas le choix. Ce n'est pas faire ou ne pas faire, en fonction d'une valeur partagée, que nous leur demandons (loi simple, structurante et libératrice), c'est de choisir entre mourir psychiquement (s'ils se plient à la loi) ou mourir socialement (s'ils la transgressent), c'est à peu près tout ce que nous leur proposons avec cette loi, compte tenu de leur contexte où les valeurs sont "inversées". Dans les deux cas, respecter ou transgresser la loi, c'est une punition qu'ils supporteront, puisque cette loi s'attaque à un élément structurant de leur système de valeurs qui fait loi pour eux (ce qui effectivement n'est vraiment pas le cas du motard).

Montaigne nous prévient des conséquences d'une telle situation : "L'une des plus grandes sagesses en l'art militaire, c'est de ne pas pousser son ennemi au désespoir." Et je pense moi que cette loi est de nature à les pousser au désespoir (eux, mais aussi tous leurs "frères"), parce qu'elle ne dit rien à d'autres niveaux tout aussi essentiels, parce qu'elle laisse dans le non-dit ce qui fonde sa justesse, parce qu'en l'état, elle n'est pas étayée par tout un soubassement, un "étayage" qui permettrait de la recevoir au "bon niveau" et enfin, parce qu'elle ne laisse pas au récepteur un choix "honorable" possible.

 

Les mots ont un sens, mais ils contiennent également le sens de ce qu'ils ne disent pas (c'est exactement la formulation de l'article 5 qui tient compte de ce problème ; un vrai modèle de loi juste, qui dit la loi, mais qui dit, aussi ce qu'elle ne dit pas et également, ce qu'il ne faut pas en comprendre ; interdisant de facto toute perversion de l'interprétation), et c'est à travers cet aspect du problème, que je pense qu'une loi qui ne s'étaye pas sur tout un réseau d'autres lois ou d'explicitations inverses (qui permettraient notamment à la résistance fantasmatique de se "fixer ailleurs"), devient une double contrainte, pour les seuls concernés, bien évidemment, par les injonctions qui rentrent en conflit direct avec leur Surmoi.

 

Mais en fait, plus qu'un désaccord sur les moyens, je me rends compte que c'est probablement plus un désaccord sur les priorités et leur chronologie qui nous font échanger aujourd'hui.

 

Je suis bien d'accord avec vous que mon "exemple" de baba cool n'a pas grand-chose à voir "avec la déclaration explicite de segmentation de l'humanité" des kkk, burqistes et autres svastikas (quoique, on pourrait polémiquer sur certains aspects fascisants inversés et négateurs d'identité des babas cool : "tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil" ; et pour avoir vécu en communautés, j'en sais quelque chose ;o)) ; mais, je parlais des "mécanismes" identitaires et "différenciateurs" à l'œuvre (y inclus pour le voile islamique et d'autres), pas de leur message intrinsèque ou de la façon dont ils veulent s'imposer au reste du monde.

Encore un problème de forme et de fond. Vous pensez vraiment que c'est par l'interdiction des signes extérieurs (y inclus ceux des nazis que vous rappelez) que nous résoudrons et résorberons tous ces phénomènes fascistes ? Alors même que le problème identitaire est au cœur même de tous les délires fascistes (et de bien d'autres idéologies ou dogmes de façon masquée d'ailleurs) ! Non, nous ne faisons qu'en circonscrire, qu'en contenir l'expression la plus visible. Quelles alternatives donnons-nous à ces gens pour se modifier psychiquement ? À part de vivre de façon honteuse (pour les seuls socialisés) et intime le monstre qui est en eux, je ne vois pas.

 

C’est à peu près la différence de thérapeutique que je fais entre celles données par les médicaments symptomatiques et ceux qui vous "guérissent" ; ou entre les psychotropes et une psychothérapie adaptée au problème. Interdire les signes, oui sans aucun doute, mais ce n'est vraiment cohérent que si par ailleurs nous avons mis en place tout un étayage de lois, qui disent et qui traitent ce pourquoi ces gens en sont arrivés à adopter ces signes.

Et je ne propose pas "l'éducation" à la place de la loi pour ça (je suis d'accord avec vous sur l'action de la loi par rapport au fantasme), bien au contraire je propose beaucoup d'autres lois, sauf dans un premier temps celle qui mettrait le "délirant" (et tout son système associé) en situation de double contrainte et donc "d'effondrement" ou de "décompensation", ce qui est bien plus dangereux que de supporter, temporairement, quelques fantômes dans nos rues.

C'est un des enseignements étayé par l'expérience des systémistes, ça ne sert à rien de couper des têtes et de proclamer l'égalité (c'est une image), le système de domination et d'inégalités se reconstituera de lui-même (avec d'autres têtes), si les valeurs premières n'ont pas été traitées au niveau de leur homéostasie. Comme Paul Watzlawick l'explique et le préconise : "La double contrainte étant une situation insoluble directement, sa résolution passe par un changement de niveau ou d'échelle" ; c'est ce que je propose de faire, face à tous ces phénomènes fascistes.

 

En résumé, pour reprendre une de vos autres thématiques, à laquelle je souscris totalement, je crains et je suis persuadé que les conséquences de cette loi seront qu'elle provoquera une "laïcité positive" démultipliée ! L'effet inverse de ce que vous, moi et beaucoup d'autres (à l'exception de M. Sarkozy) souhaitons.

 

Oui, les systèmes de double ou de multiples contraintes conduisent à des délires (je suis d'accord la double contrainte conduit et est une forme de forclusion). Rappelez-vous la quasi unanime et seule ligne de défense des bourreaux au procès de Nuremberg : "ils obéissaient aux ordres" ; ça me glace toujours autant le sang de constater que pas plus les bourreaux que les victimes (pour celles qui subissaient avec "résignation" ces actes monstrueux), n'aient pu s'extraire de leurs contraintes paradoxales en s'appuyant sur la loi, pour ne serait-ce que constater pour les bourreaux leur abomination ; et pour les victimes l'inadaptation au contexte de leur "résignation" ; et ce problème se retrouve à l'identique dans l'attitude d'une bonne partie de l'administration française de l'époque qui ne voyait "aucun mal à collaborer", d’autant plus qu’ils obéissaient aux "ordres".

Étonnamment, je n'ai pas encore lu d'analyse très convaincante (à part les écrits de Reich et d'autres psys, qui ne font qu'effleurer le niveau social du problème) qui m'expliquerait le faisceau de lois (et valeurs) et d'absence de lois (et valeurs) qui ont conduit l'humanité à vivre ces drames innommables, sans que 65 ans après on puisse dire que ça a "servi de leçon" ou que ça ait empêché d'autres abominations de se produire. Ça, c'est un vrai problème qui n'a jamais été purgé pour moi et pour vous aussi d'après ce que j'ai pu lire.

Je pense que nous avons un vrai travail à faire pour extraire de nos expériences malheureuses (et trop souvent dramatiques) ce qui dans nos lois prête à "confusion" (paradoxale souvent) et ce qui les empêchent de se défendre par elles-mêmes de toute interprétation pervertie. Une clarification et une hiérarchie des lois permettraient de poser des interdits non seulement sans non-dit, mais soutenus par des valeurs qui ne souffriraient pas la discussion, ni une interprétation pervertie ; de plus, elles permettraient aux citoyens de faire des choix "honorables".

Que n’eussions-nous eu pendant la dernière guerre, une Constitution sans ambigüité qui se défendait par elle-même des fascismes et qui aurait dit le devoir de résistance à toutes ses formes... Munich n'aurait jamais pu être possible, ni la collaboration, ni la résignation à subir la "loi" des bourreaux...

 

Aussi, ça fait longtemps que je pense (et je ne suis pas tout seul, même si ce n'est pas toujours pour les mêmes raisons) que notre Constitution (et notamment son corpus de "Déclaration des droits de l'homme et du citoyen") aurait besoin d'un peu plus que des coups de plumeau qu'on veut bien lui concéder de temps en temps.

Pour s'adapter aux "sens modernes" - et pour être plus clair, pour contrecarrer les pervers qui se réclament d'elle pour justifier et même "légaliser" leurs pensées et actes rétrogrades ou transgressifs - il faudrait y ajouter un corpus de devoirs (comme dans celle de 1795) qui expliciterait, par exemple (mais pas que), de quelle liberté on parle.

Les pères fondateurs de la République avaient bien fixé ses limites à travers les articles IV, V, X et XI, qui sont parfaits en soi ; mais je pense qu'ils étaient loin d'imaginer que nous pourrions avoir affaire un jour à des esprits "tordus" qui se réclameraient de notre Constitution pour vivre, militer et imposer à tous leur "différence" et leur "ordre supérieur". Je pense bien évidemment aux fascistes de tout bord ; qu'ils soient, islamistes, chrétiens, ... bref religieux et/ou politiques et même sectaires ou psys...

Cet engagement dans la liberté (avec les limites données aux articles sus cités) ne se conçoit qu'à travers le devoir de respecter la diversité des cultures, des origines, des situations sociales, des croyances, et cetera... De sorte que chacun soit égal devant la loi et puisse vivre avec ses différences, mais également laisse vivre les autres avec leurs différences ! Dès lors, toute doctrine qui veut imposer sa "différence" comme modèle universel ou, comme vous le rappelez, qui segmente l’humanité, doit pouvoir être déclarée illégale ; en outre, "normalement" elle ne devrait même pas pouvoir se présenter au suffrage des citoyens.

Un corpus de "devoirs" mettrait en évidence ce genre de non-dit (il y en a beaucoup d'autres dans notre Constitution...) et ça ne serait plus un problème que de définir, toujours par exemple, ce qu'est une "secte" ou "l'emprise" (difficultés majeures sur lesquelles les différentes commissions se heurtent pour proposer des lois qui permettraient d'interdire certains "laveurs de cerveau").

Si nous pouvions clarifier tous ces "droits" en y rajoutant le pendant des "devoirs", il ne fait aucun doute pour moi, que nous ne nous poserions même pas le problème de la burqa. Tous ceux qui suivent et/ou prônent cette pratique seraient tout simplement considérés comme des transgresseurs d'un des ciments fondamental de la République, donc, assimilables à des terroristes et immédiatement passibles soit de prison, soit d'être renvoyé chez eux, en distinguant bien sûr ceux qui assument leurs théories délirantes (femmes incluses) et ceux qui les subissent. J’ose même penser que face à des transgressions suite à ce type de clarifications constitutionnelles, une loi, pourrait tout simplement être : "le port de la burqa et du niqab sont interdits dans tous les espaces publics (sauf en période de carnaval, peut-être)", pas de non-dit, puisque notre droit constitutionnel générerait de lui-même ses contremesures et ses justifications antifascistes.

 

D'une certaine façon, vous voyez, je suis beaucoup plus radical et "vieux jeu" que vous dans l'affirmation de la loi et je préfère affronter les problèmes sans non-dit, plutôt que de rechercher une loi, certes juste, mais qui m'apparait comme une erreur stratégique dans notre contexte, car, à mes yeux elle a le gros défaut "d'oublier" de parler là où il y a un réel, urgent, prioritaire et vrai besoin d'entendre... et pas seulement de la part des facislamistes !

Très justement, vous ne voulez pas de discrimination dans cette loi sur le signe, et moi, je veux que d'autres lois nous permettent d'introduire une discrimination entre les signes qui tenteraient de nous imposer ce que nous ne voulons pas et d'autres qui ne seraient qu'une manifestation de singularité. Je ne sais pas si je suis très clair, mais je ne peux pas mieux dire.

Cependant, je suis peut-être un "doux rêveur" et/ou naïf de penser que nous pourrions un jour clarifier notre Constitution en termes de devoirs. Il est bien évident qu'un certain nombre de clarifications mettraient "mal à l'aise" et même invalideraient de facto de nombreuses lois que nos "représentants" politiques ont prises au fil des ans, sans même se demander, si nous étions toujours dans le projet et les valeurs de la République.

Pour prendre un seul exemple emblématique, la façon dont se sont déroulées nos abandons progressifs de souveraineté depuis 1994 (accords de l'OMC), sans que jamais le peuple ne soit consulté, ni même respecté et entendu quand il l'a été (référendum sur l'Europe sur lequel les députés se sont assis avec le traité de Lisbonne) en dit long sur l'état de déshérence et de désaffection de notre Constitution... Et c'est à mon avis, à ce genre d'endroits "d'incohérence" (apparente, bien sûr, mais souvent réelle dans les faits) qu'un Le Pen et tous ses rejetons idéologiques y inclus les burqistes, "s'enfoncent" comme dans du beurre pour faire le leur.

Au point que personnellement, j'en arrive à souhaiter qu'on réintègre dans notre Déclaration des droits de l'homme et du citoyen l'article 35 de la Constitution de 1793, tel que ou en remplaçant "insurrection" par "désobéissance" : "Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs." ; un comble pour un "légaliste" comme moi, c'est vous dire, à quelles extrémités des lois mal faites et mal respectées, par ceux qui sont censés les représenter, peuvent me conduire et sûrement avec moi beaucoup d'autres citoyens, même si ce n'est pas toujours pour les mêmes raisons.

 

Je digresse, mais pas tant que ça finalement, car c'est bien parce que je pense qu'il y a des incohérences et des non-dits majeurs dans notre système légal que je trouve qu'une loi "sèche" serait pire que tout... et pour reprendre notre point de départ : je vous rejoins sur votre analyse et votre proposition, seulement, pour moi, elle ne peut être qu'un dernier recours.

C'est seulement, après avoir mis en place tout ce que je propose y inclus les clarifications constitutionnelles (auxquelles vous m’avez fait penser avec notre discussion), qu'une loi qui dirait "l’État vous interdit de vous indifférencier et de prôner l'indifférenciation" serait efficace et entendable à sa juste place, non perçue comme une double contrainte.

Reformulé, ce pourrait même être un article constitutionnel en soi, plutôt qu'une loi, tant son évidence découle des autres engagements de notre Déclaration des droits de l'homme, par exemple : "la loi protège la liberté des diversités des hommes et leur différenciation à l'exception de celles qui sont interdites parce quelles voudraient s'imposer à tous ou mettraient en péril la continuité des liens sociaux ou la fraternité ou l'égalité entre les diversités" ; ou encore : "toute doctrine ou dogme, mais également comportement ou fait, qui tendraient à abolir les diversités, la différenciation ou l'individuation des hommes, ou à prôner la suprématie de sa propre diversité est un crime contre l'humanité".

Votre loi dit et affronte le problème de l'identité différenciée pour tous ! Et pas seulement pour les burqistes. Cependant, elle ne peut être entendue et reçue que si nous préparons le terrain préalablement pour ça, en colmatant toutes les brèches, formelles et factuelles, qui perdurent actuellement dans les "vides" de notre Constitution, mais également dans nos lois ; sans oublier le comportement de nos élus (lui-même transgressif de notre Constitution), qui rend leur "autorité" contestable et contestée, et ce, de plus en plus et depuis trop longtemps...

 

Vous remarquerez que ce qui vient d'être voté depuis le 13 juillet (prohibition de la dissimulation du visage) est le "degré zéro" de l'affrontement du problème. Je doute que vous en soyez satisfaite, puisqu'il manque le deuxième terme de votre position "parce qu'ils sont une dépersonnalisation négatrice de toute singularité."...

Enfin, avec leur loi, ils vont pouvoir mettre "Zorro" en taule avec les burqistes sans discrimination ! Mais certainement pas régler le problème... C'est d'autant plus dommage de rater une si belle occasion de clarifier notre constitution et/ou ce qui en découle, que personnellement, je veux garder la liberté de pouvoir me masquer et même de pouvoir manifester avec un slip kangourou sur la tête s'il le faut, pour signifier mes multiples désaccords. Je vais être privé de ma liberté, alors que je ne suis pour rien dans l'affaire, c'est vraiment fort de café. Une loi qui ne sait pas distinguer l'intention du fait, n'est pas une bonne loi. Et on dirait que nos députés sont "à bout de souffle", car, ils ne savent plus faire quasiment que ça.

 

Si les bruits de bottes qui se déroulent actuellement dans le Golfe (autour de l'Iran), ne font pas dégénérer les conflits locaux (d'intérêts internationaux) en guerre mondiale de civilisations, donnons-nous rendez-vous sur ce sujet dans 2 ans... Je tiens les paris avec vous que nous serons beaucoup plus en difficulté qu'aujourd'hui (2 000 femmes en tout d'après les RG, soit 0,006 % de la population en comptant les hommes), pour circonscrire et contenir toutes les revendications et manifestations identitaires et communautaires d'où qu'elles viennent (c'est à dire, pas seulement celles des facislamistes, auxquels nous donnons une formidable occasion d'assoir leur audience, mais aussi pourquoi pas des Périgourdins)... et cette loi (celle qui vient d'être votée), qui ne dit pas ce qu'elle devrait dire, en laissant dans l'ombre et dans le non-dit nos "vides" constitutionnels et légaux, n'y sera pas pour rien.

 

 

Catherine Kintzler

 

Sur la forme de l'argument "double bind". Je pense (mais je ne suis nullement experte) que celui-ci pointe, d'une manière ou d'une autre, une prescription ou un interdit impossible du genre "je t'ordonne de me désobéir", de telle manière que, quoi que l'on fasse, on ne peut jamais y satisfaire. Ce qui n'est pas le cas pour une interdiction de la cagoule intégrale : respecter une telle interdiction n'entraîne aucune situation paradoxale de ce type.

 

Sur votre analyse de la situation "désespérée" dans laquelle un interdit de la cagoule intégrale mettrait, selon vous, les "burqistes". Celle-ci repose si j'ai bien compris sur la question de l'identité. Je me permets de la formaliser ainsi : "On me demande, en m'interdisant le voile intégral, de renoncer à mon identité".

 

1° Il ne faut pas confondre identité personnelle (singulière) et processus identitaire collectif (s'identifier à), ce sont des opérations disjointes. Je m'identifie, par exemple, à un groupe de supporters du Stade français en arborant un tee-shirt "Pink is beautiful", mais cela n'épuise pas mon identité personnelle qui est distincte de cette identification et qui n'est même pas la somme de mes identifications collectives. Cela n'est pas une raison, bien entendu, pour interdire toute identification collective, mais on n'a pas affaire à la même identification dans les deux cas.

2° Si des personnes prétendent que leur identité est réduite à néant si on ne leur laisse pas porter un insigne nazi, va-t-on faire des états d'âme pour le leur interdire ? Va-t-on s'apitoyer sur le désespoir que cela ne manquera pas de produire en eux ? Le fait qu'un système de valeurs soit délirant doit-il le mettre au-dessus de tout et forcer sinon le respect, du moins des attentions particulières ?

3° Le voile intégral, dans ce processus identitaire, est de plus très spécial : il ne se contente pas de proclamer une double segmentation de l'humanité (entre hommes et femmes de manière générale ; et dans chaque situation concrète particulière entre celle qui le porte et le reste de l'humanité présente - autrui étant mis à une distance infinie dans une problématique d'intouchabilité), il impose à celle qui le porte d'afficher l'effacement de toute trace visible d'identité personnelle et de s'y tenir constamment. Le paradoxe serait plutôt pour ceux qui la regardent : un "moi" qui déclarerait "je ne suis moi qu'à la condition d'abolir de manière permanente toute indication visible de la singularité de ce moi". L'identité serait donc ici produite et entièrement épuisée par l'affichage de l'abolition de l'identité singulière (en ce sens niqab et burqa atteignent le summum de l'identification collective, le moment où elle s'effectue non pas seulement aux dépens de l'identité singulière, mais par son anéantissement) : ce point a été abordé à plusieurs reprises dans les textes en ligne sur ce blog, je me permets donc de ne pas y revenir.

 

Il est vrai que le renoncement à l'identité personnelle peut faire partie d'une démarche méditative, l'anéantissement en Dieu par exemple, et que cela n'est pas nouveau : pourquoi l'admettrait-on pour des moines et on pas pour des voilées intégrales ? J'ai déjà eu cette discussion avec Laurent Fedi - voir ci-dessus commentaire n°6 et réponse, voir aussi la discussion qui suit l'article plus ancien La burqa, masque et prison.., commentaire n°2 et réponse.C'est pourquoi je ne souscris pas à votre proposition - que je trouve excessive - d'un article constitutionnel empêchant cette négation et ce renoncement : ce serait s'en prendre à l'intimité de la pensée. Or une loi, selon moi, doit s'en tenir à ce qui est extérieur et à ce qui a des conséquences sur autrui. Le refus public et constant de la possibilité d'identification remplit ces conditions (cela atteint autrui, par exemple dans le cas d'une recherche de témoin, le problème du témoignage a été abordé sur ce blog dans le texte de l'UFAL).

 

Le désespoir des "burqistes" ? On nous a déjà fait le coup pour l'interdiction des signes religieux à l'école publique. Et on ne nous a fait le coup, bien entendu et d'une manière qui caractérise assez bien la discrimination bienpensante, que pour le voile islamique : demander à un chrétien de ne pas montrer sa croix, à un juif de ne pas porter la kippa, cela n'atteint pas leur identité... Mais demander à une jeune musulmane qui porte le voile (car la plupart ne le portent pas, on l'oublie souvent) d'y renoncer à l'école alors là c'était grave, on allait les pousser au désespoir, on allait les mettre dans une situation impossible, prises entre leur père (ce serait d'ailleurs plutôt leurs frères) et l'école (comme si cette situation n'était pas fréquente par ailleurs, comme si l'école n'avait pas obligé par exemple les paysans à renoncer à la force de travail que représentaient les enfants et en particulier les filles), c'est comme si on leur demandait de se déshabiller entièrement, on allait voir ce qu'on allait voir, on allait mettre l'école à feu et à sang, on allait s'exposer à une multiplication de voiles impossible à endiguer... On a déjà entendu tout cela, et cela a fait flop une fois la loi de 2004 votée. La question a été, là aussi, largement abordée sur ce blog, notamment dans l'article Pour lutter contre l'intégrisme faut-il commencer par baisser les bras ?

 

Et si l'interdit du masque intégral poussait au désespoir les cagoulés et autres braqueurs masqués ? Que ceux qui se prennent pour Zorro se retrouvent, non pas "en taule" comme vous le dites exagérément, mais devant l'obligation de payer une amende de 150 Euros (car on est dans le domaine de l'infraction, et non du délit et encore moins du crime : pas de quoi se désespérer, c'est comparable à un stationnement illicite...) ne me gêne pas. Bien au contraire, c'est précisément parce que ceux qui mettent des cagoules sont exposés à la même sanction que je trouve cette proposition de loi plutôt bien ficelée : on n'a pas à sonder les reins et les cœurs. Ce qui m'amène au dernier point.

 

Sur votre "digression" - je ne trouve pas du tout que ce soit une digression car elle porte sur ce qui fait, à mon avis, notre désaccord, à savoir la conception de la loi. Je ne peux que réaffirmer mon attachement à l'extériorité de la loi juridique, comme je l'ai fait à maintes reprises. Cela repose sur une distinction très classique entre loi juridique et loi morale. Je reste fidèle à une ligne minimaliste et textuelle qui me semble, malgré ses défauts et les reproches souvent justifiés que vous évoquez, moins dangereuse qu'une conception plus explicite, plus complète, (plus bavarde !).

 

Les propositions que vous formulez visent la complétude et visent à tenir compte des intentions, elles restreignent d'autant le champ du silence de la loi, qui est le meilleur espace de liberté. Il faudrait une formation juridique (que je n'ai pas) pour les étudier en détail et faire des scénarios sur leurs conséquences, mais par principe je me méfie des formulations trop "complètes" ou qui ne sont pas négatives, encore plus de celles qui tentent de tenir compte des intentions en matière d'infractions. J'imagine trop bien ce que donnerait un article constitutionnel qui prétendrait protéger "la continuité des liens sociaux" et la "fraternité" : on irait vers la pénalisation des "asociaux" parmi lesquels je me flatte (peut-être à tort) de figurer ! Je pense qu'il n'appartient pas à la loi d'instruire et de "moraliser" - même si on peut constater assez souvent - et contrairement à ce que vous croyez - que l'interdit "sec" amène à comprendre ce qu'on refusait de comprendre , le professeur que j'ai été peut en témoigner !

 

Tenir compte des intentions me semble particulièrement dangereux ; maints exemples tragiques dans l'histoire, de l'Inquisition aux procès staliniens, montrent où cela peut mener. Si cela (prendre en compte l'intention) se justifie en matière criminelle (c'est notamment ce qui différencie l'homicide et le meurtre), et parfois - quoique rarement - en matière délictueuse (par exemple lorsqu'on a des preuves de préparation d'un hold-up sans passage à l'acte), cela serait effrayant en matière d'infraction, et ici nous sommes, avec la loi sur le masque intégral, dans le domaine de l'infraction le plus léger ! Il ne s'agit ni de "mettre en taule" et encore moins de "couper des têtes", mais de coller une amende de quelques dizaines d'Euros. Lors d'un débat sur la loi de 2004 avec un de mes collègues, celui-ci, exaspéré, m'a dit "mais alors, celles qui refusent, qu'est-ce que vous faites, vous leur tirez dessus ?" La salle a éclaté de rire lorsque j'ai répondu "est-ce qu'on tire sur quelqu'un qui brûle un feu ou qui fume là où c'est interdit ?" Il faut arrêter avec l'hyperbole qui fait comme si les sanctions étaient hors de proportion avec les délits.

 

Un peu d'art contemporain pour finir et pour faire écho à votre slip kangourou sur la tête. Si cette loi n'est pas votée au final, ou si elle est amendée, je me fabrique une cagoule style kkk, je la porte dans la rue avec dessus une inscription à la Magritte "ceci n'est pas une cagoule kkk". En fait j'hésite entre le modèle kkk et un modèle rose fluo en l'honneur de mon équipe de rugby préférée qui a bien besoin d'être encouragée après une année décevante. Et, c'est bien le problème, je ne me sentirai pas agressée si on me demande de l'enlever en public (plus difficile pour un slip, mais vous avez bien dit qu'il serait porté sur la tête ?).

 

 

Incognitototo

 

J’entends bien, du moins il me semble…

 

Vous ne voulez pas rentrer dans les arcanes psychiques, qui sous-tendent ce que je pense qu’il faudrait expliciter pour que cette loi soit perçue au bon niveau. Vous pensez que ce n’est pas le rôle de la loi, ni de ceux qui réfléchissent dessus.

En l’occurrence, il n’y a pas que le problème identitaire (que vous avez très justement reformulé), si ça n’était que ça, je serais moins "sûr" de ce que j’avance sur la double contrainte… Il y a aussi le problème d’une loi qui s’adresse à une instance psychique "qui fait loi" pour ceux qui la vivent. Identité personnelle et processus identitaire collectif sont vécus comme confondus pour les burqistes (c’est d’ailleurs le même mécanisme à l’œuvre pour les supporters fanatiques qui finissent par devenir violents parce "qu’on s’attaque" à leur équipe) et c’est pourquoi, je persiste à penser que nous sommes bien dans un système de double contrainte. Pour autant, je ne prône pas de traitement spécial, ni de pitié particulière, juste d’autres façons d’aborder le problème pour les régler au fond, pas seulement en surface.

En l’espèce, il me semble que c’est très différent d’interdire le port d’un insigne nazi (ce qui ne me pose pas de problème, bien que je pense que ce n’est pas ça qui résoudra le fond) à des gens qui ne font que penser que leur doctrine devrait s’imposer à tous, par rapport à d’autres signes de gens qui "vivent" et sont "structurés" avec leurs lois délirantes. Les premiers vont pouvoir continuer à penser ce qu’ils pensent, les deuxièmes je ne sais pas… ; et je n’évoquais le désespoir (avec une emphase un peu exagérée, il est vrai) que pour signifier qu’il ne se passera pas rien…

Mon expérience de dirigeant et d’auditeur d’entreprises, c’est que quand on tape à ce genre d’endroit, sans avoir dénoué avant d’autres problématiques, les "retours de bâton" sont nombreux et souvent très inattendus ; exactement ce que nous apprend l’analyse systémique (c’est un de mes sujets de thèse de DEC, donc c’est possible que je sois particulièrement sensibilisé à ce propos ;o)).

Vous citez la loi de 2004 comme exemple d’une loi devenue nécessaire, c’est oublié que ce problème, très localisé à l’école, est devenu depuis un vrai phénomène de société qui s’est développé partout comme une trainée de poudre… Vraiment, aucun rapport entre cette loi et ce phénomène de "mode" ?

Mais attendons donc, les effets de cette loi sur la burqa ; mes avis, qu’outre mes craintes déjà exposées, nos burqistes vont pouvoir se faire financer à flot continu (en France et par l’étranger) pour payer les amendes auxquelles ils seront soumis et surtout faire de nouveaux adeptes… alors que Zorro devra payer ses PV tout seul.

 

Nous n’avons pas la même conception des domaines d’intervention de la loi, vous pensez que c’est une grave erreur d’inscrire dans notre Constitution des lois qui se défendraient des dérives et des tentations fascistes, quelles qu’elles soient ; alors que je pense qu’elles nous ont fait et continuent de nous faire cruellement défaut, sur beaucoup de problèmes, notamment de société (sectes, emprise, oppression, fascisme, etc.). Je pense qu’on peut distinguer le "moral" du "juridique" même dans ces cas-là, vous pas.

Vous savez, à défaut de pouvoir lire des analyses convaincantes là-dessus, je m’interroge depuis très longtemps sur l’expérience de Milgram (et d’autres du même ordre, qui ont été faites depuis), qui démontre (entre autres) que notre Histoire dramatique ne semble avoir rien appris à la grande majorité des citoyens.

Mon hypothèse est que nous aurions des citoyens bien plus "conscientisés", si notre Constitution contenait aussi les cas où il devient un devoir de désobéir, de résister, de se défendre, même par des actions qui pourraient apparaître comme transgressives à d’autres lois ; à l’image du Code militaire américain qui contient ce genre d’articles en rappelant les intérêts supérieurs avec lesquels, on ne peut pas transiger.

Vous pensez vraiment qu’on ne peut pas et qu’on ne doit pas formuler ce qui fait qu’un de Gaulle (et d’autres avec lui) a désobéi en 1940 ? Que ce n’est pas possible d’en faire des lois sans y introduire de notion morale ?

Aussi, ce n’est pas tant la complétude que je vise que de combler l’absence de certaines formulations qui aboutit à ce que nous manquions d’outils pour que notre Déclaration des droits de l’homme et du citoyen se défende par elle-même de toute interprétation pervertie, principalement d’ailleurs, par rapport à certains dogmes et doctrines, et qu’elle en protège également les citoyens.

Je ne vise nullement à travers cela les moines, pour lesquels, il n’y a pas l’ombre d’une ambigüité pour moi… Là encore, c’est très différent de faire des choix de vie qui ne regardent que ceux qui les font en restant respectueux des lois républicaines, par rapport à ceux qui font du prosélytisme ou qui déclarent que tous les autres choix de vie devraient être anéantis ou encore qui signifient par leur attitude la segmentation de leur vision de l’humanité.

Il est vrai que nous serions obligés d’introduire une conception paradoxale de la liberté, celle qui est dite aujourd’hui, plus une qui dirait que la liberté a le devoir de se défendre par l’interdiction de ceux qui voudraient s’en servir pour en priver les autres (c’est une idée, évidemment, pas parfaite dans sa formulation, parce qu’elle laisse encore du champ à une interprétation erronée, mais complétée par d’autres elle ne souffrirait plus de ce défaut).

Vous pensez vraiment que ce serait si terrible que ça et que vous seriez immédiatement assimilable à une asociale ? Bé alors, nous serions tout deux en prison, mais pas dans la même, dommage pour le débat démocratique…

 

Nous avons vraisemblablement épuisé nos argumentaires et il est probable que nous ne ferions que nous répéter, et tous les deux nous avons horreur de ça ;o)

Je vous remercie infiniment de cet échange, très instructif et très riche.

 

Je n’ai qu’un regret à formuler, c’est de ne pas avoir su vous transmettre certaines de mes certitudes (à propos des lois) qui me sont chevillées aux tripes, parce qu’issues de mon expérience des groupes sociaux (entreprises, institutions et autres) et d’une longue pratique introspective. J’ai bien du mal à vous faire partager cet acquis et malheureusement pas seulement à vous.

Je mets plus ça sur le compte du fait que nous avons suivi des chemins cognitifs différents pour résoudre les problèmes, plutôt que sur des divergences de fond, car, à aucun moment je ne me sens en désaccord avec vos arguments, ni les objectifs que je trouve parfaitement fondés. À mon sens, nos différences se réduisent à des divergences d’appréciation sur l’efficience, la pertinence et la façon d’utiliser les outils légaux à notre disposition, pas tellement plus.

 

La nature humaine a horreur du vide identitaire et nos "déboires" avec les fascismes ne sont pas près de s’éteindre, tant le contexte politique et social sont d’une rare violence et incohérence pour tous ceux qui ne sont ou qui ne se sentent personne.

J’espère juste, qu’à force de ne pas vouloir affronter "l’hydre bestiale" dans ses fondements et de repousser toujours à demain toutes les confrontations nécessaires, nous n’aurons pas à nous retrouver un jour, vous (avec votre cagoule kkk fluo qui n’en est pas une) et moi (avec mon slip kangourou, … oui, sur la tête), dans la même manif pour contrer une réelle menace fasciste, d’où qu’elle puisse venir.

 

 

Catherine Kintzler

 

Je n'ai jamais dit qu'il soit impossible ou inopportun de formuler un "devoir de désobéissance" ; mais comme on peut le voir en examinant la formulation de la Déclaration des droits (1789) il s'agit de la déclaration d'un principe fondamental (article 2 : la résistance à l'oppression est au nombre des droits imprescriptibles), et non d'une loi à proprement parler. Il y aurait beaucoup à dire sur les différences à ce sujet - et sur d'autres - avec la Déclaration de 93, mais ici je ne ferais que répéter Condorcet, lui qui a critiqué cette dernière Déclaration au péril de sa vie.

 

Bon, je m'en tiens là ; vous avez raison sur l’issue de notre débat qui, s'il se prolongeait, retrouverait d'une manière ou d'une autre des éléments déjà abordés : à mon avis aussi, nos désaccords portent essentiellement sur la question des outils légaux, sur la formulation et l'objet des lois. Pour ma part, effectivement, je ne ferais que me répéter.

 

Merci beaucoup pour cette discussion, j'espère que les lecteurs de Mezetulle en tireront autant de plaisir et de profit que j'en ai eu à la mener avec vous.

 

 

Un bonus pour celles et ceux qui sont arrivés jusqu’ici

 

 

Sondage sur les argumentaires
Après avoir tout lu...
- Je suis plus convaincu par les arguments de Catherine Kintzler
- Je suis plus convaincu par les arguments d’Incognitototo
- Je ne suis convaincu ni par l’un, ni par l’autre
- Je suis pour qu’on foute la paix aux burqistes
- Je ne sais pas, sans opinion, et je l’assume
- Je ne sais pas, sans opinion, mes parents ont oublié de me doter d’un cerveau et du libre arbitre et la société n’y a pas pourvu non plus
- Je ne peux pas vous parler ni vous répondre, mon mari ou mon dieu m’interdit d’exprimer une opinion personnelle
- Autre

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Publié par : Catherine Kintzler et Incognitototo - dans D - Anecdotes et réflexions...
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castougne 03/08/2010 07:33



Bonjour Incognitototo,


Comme vos échanges sont riches, je me permet de vous faire lire un autre point de vue philosophique sur ce thème, au cas ou vos nombreuses activités ne vous auraient pas permis de le lire par
ailleurs.


http://www.lescrutateur.com/article-la-burqa-est-contre-la-civilisation-par-robert-redeker-54851889.html



Incognitototo 03/08/2010 15:44



Merci Castougne, pour ce lien que je redonne in extenso et que les lecteurs pourront lire avec profit : "La burqa est contre la civilisation" ; cependant, personnellement,
même si je partage, en partie, cette analyse, j'aurais plutôt intitulé cet article "La burqa est contre notre civilisation". C'eût été plus clair et plus juste... d'autant que la
notion de civilisation est éminemment discutable en soi ; il n'est pas si loin le temps où notre "civilisation" brulait les sorcières ou plus récemment faisait ami ami avec les nazis et il y a
des exemples encore plus récents que nos principes ne sont pas toujours ce qui dicte nos actes (par exemple, la "complaisance" que nous entretenons avec beaucoup de dictatures, surtout pour leur
vendre des armes d'ailleurs, ou avoir accès à leurs matières premières)...


Je n'ai pas de désaccords fondamentaux avec ceux qui prônent l'interdiction du port de la burqa par rapport à notre "pacte social" (fût-il non dit dans notre Constitution), juste des divergences
sur les moyens à mettre en place pour remédier aux problèmes.



27/07/2010 18:20



Bé moi j'ai du mal, là !


Je te le dis, faudra que j'y revienne pour espérer tout comprendre à tout !



Incognitototo 27/07/2010 18:35



Prends ton temps on n'est pas aux pièces... d'autant plus que nous abordons beaucoup de sujets qui mériteraient quasiment chacun des développements particuliers....



Catherine Kintzler 26/07/2010 23:40



Au sujet de la "prévision du nazisme" : il me semble clair que le nazisme répond aux critères  de l'oppression tels que je les ai suggérés dans mon dernier commentaire : la Déclaration n'a
pas été prise en défaut, c'est hélas la capacité de résistance de la France qui l'a été. Il ne suffit pas d'avoir une bonne Déclaration des droits : encore faut-il avoir le courage de s'en servir
et de s'en donner les moyens  - et inversement il ne suffit pas non plus d'avoir une bonne Déclaration pour échapper soi-même au statut d'oppresseur : encore faut-il avoir le courage de
consentir à appliquer les droits aussi à ceux qu'on prétend coloniser et priver ainsi de droits.


Pour revenir à la lutte contre le nazisme et à l'histoire de la seconde guerre  mondiale, si l'exemple de la France n'est pas très glorieux - ou du moins s'il est contrasté - celui de la
Suède n'est probablement pas le meilleur.



Pour le reste de ce parallèle avec la Suède je pense que vous comparez ce qui n'est pas comparable : le royaume de Suède (au fait c'est plutôt rigolo de voir qui est l'aïeul pas si lointain du
monarque) compte moins d'habitants que l'Ile de France, l'histoire démographique n'y est pas la même (l'histoire démographique de la Suède au XXe siècle est très intéressante, je vous assure), et
les questions qui se posent ne sont pas les mêmes non plus.



Incognitototo 27/07/2010 19:29



Ha... Il me semble que j'ai compris... Vous ne voulez pas aborder, ni tenir compte du problème des "maladies sociales" (ou maladies systémiques) provoquées ou consécutives aux lois et même au
cadre des lois ou à leur absence...
Je ne citais pas la Suède comme un exemple pouvant s'adapter à la France (ni même comme étant exemplaire), juste comme une illustration d'une autre façon d'aborder la formulation des lois ; ce
qui a des incidences, très importantes et très concrètes, sur la façon dont les citoyens vivent, ou pas, avec les lois, ce qu'ils sont capables ou pas d'entendre, et ça induit même un autre
rapport à la responsabilité (80 à 92 % de participation aux élections générales depuis 30 ans).
C'est pourquoi, je maintiens mon hypothèse de l'inadaptation de notre Constitution face à certains problèmes sociaux et même historiques...



26/07/2010 18:10



Passionnant !


J'ai voté "Autre" : Fallait urgeamment que je dégôte une dose d'acide ascétylsalicilique...


 


Mais je reviendrai, maintenant que je suis prévenu.



Incognitototo 26/07/2010 18:21



Ha, tu vois que même avec un neurone, on peut arriver à réfléchir, je parle pour moi, bien sûr



Catherine Kintzler 24/07/2010 23:18



Vous situez à mon avis très bien notre débat. Comment clarifier la loi sans la rendre dispersive, incohérente, trop précise, ou trop inquisitoriale ? Je préfère, en tout état de cause et dans le
doute, les formulations les moins "bavardes" et laisser un maximum de champ au silence :  de manière générale le minimalisme est plus favorable à la liberté qui se loge dans ce que la loi ne
dit pas. Ce n'est pas seulement une position a priori issue d'une méditation spéculative, c'est aussi par expérience... sans doute pas la même que la vôtre. Expérience des
réglementations trop complexes et de leurs effets pervers, expérience aussi de la rédaction de statuts associatifs, etc.



Sur l'article 2 de la Déclaration. Il me semble préférable de laisser le champ d'interprétation du terme "oppression" le plus large possible et de s'en tenir à sa détermination
négative : ce que suggère, me semble-t-il, cet article, c'est qu'il y a oppression chaque fois qu'un droit énoncé dans la même déclaration est aboli, nié ou bafoué. Le préciser de
manière "positive" risquerait de le restreindre aux formes connues d'oppression - qu'il serait déjà bien long d'énumérer exhaustivement. Il faut aussi et surtout se prémunir contre les
oppressions qui n'existent pas encore (de façon analogue, j'ai essayé de montrer que la laïcité admet toutes les croyances et incroyances, toutes les positions, y compris celles qui
n'existent pas encore). S'agissant de plus d'une déclaration, on n'est pas dans le domaine de la loi mais de son cadre, de ses conditions de possibilité et de nécessité, de sa finalité
et de ses limites.


Vous vous demandez si une burqiste peut se considérer comme opprimée. La question bien évidemment excède l'appréciation particulière ou même collective (les petits malins qui refusent d'observer
les feux tricolores considèrent le feu rouge comme oppressif, mais faisant cela ils réclament un droit qui ne peut pas se conjuguer universellement : ils réclament un droit pour eux seuls,
quelque nombreux qu'ils soient). Il faut bien sûr poser la question du point de vue du droit de manière générale, pour tout sujet du droit : le fait que des personnes
constamment et intégralement masquées puissent circuler sans aucune restriction dans l'espace civil a-t-il des conséquences restrictives sur l'exercice des droits par toute personne
(c'est notamment un argument avancé par le texte de l'UFAL que j'ai déjà cité) ?



Incognitototo 26/07/2010 16:59



Bon, nous n'y arriverons probablement pas... J'ai rarement été plus en accord avec quelqu'un sur tous les fondamentaux, sans arriver à me mettre d'accord sur les moyens et leur priorité.
 
Il n'y pas que la liberté qui se loge dans les silences de la loi, il y a aussi les perversions interprétatives et l'impossibilité pour ceux qui la reçoivent de "faire corps" avec les valeurs qui
la sous-tendent. Vous expliquez bien à un enfant pourquoi vous lui interdisez de traverser quand, c'est vert pour les automobilistes, et pourquoi cette loi est absolue selon le principe
fondamental de respect de sa vie et de celle des autres, et non accessoirement que c'est parce que vous l'aimez et que vous ne voulez pas le perdre que vous lui posez cet interdit. Non ?
Vous trouvez ça trop "bavard" ? Et qu'est-ce qui vaut mieux ?
J'eusse aimé que pendant la dernière guerre les milliers de fonctionnaires qui ont collaboré aient pu trouver dans nos principes fondateurs de quoi se sentir légitimé à désobéir.

Vous dites "il faut aussi et surtout se prémunir contre les oppressions qui n'existent pas encore" et moi, je pense que notre Déclaration a raté son objectif à ce niveau-là (d'ailleurs,
comment aurait-elle pu prévoir le nazisme ? Nos représentants n'étaient pas assez "tordus" à l'époque pour imaginer qu'une telle horreur serait possible...). Notre Constitution ne recèle pas
assez d'anticorps antifascismes qui permettraient de faire la différence entre une loi oppressive et une loi structurante qui donne une liberté ; que cela soit formulé de manière positive ou
négative (forme que je préfère aussi), ses absences et ses manques se retrouvent après, dans la complexité légale et le pointillisme que nous avons dû mettre en place en désespoir de cause et
pour suppléer aux carences initiales...
Lisez la Constitution suédoise par exemple (très "bavarde" et qui recèle d'autres problèmes
à mon sens), la "moralité politique" découle directement de celle-ci et on comprend mieux pourquoi, avec ses "casseroles", un Chirac ou d'autres politiques français n'auraient jamais pu être élus
là-bas, ni même d'ailleurs se présenter aux suffrages des citoyens... La Suède a interdit sans état d'âme le port de la burqa dans les lieux publics, mais quand on connaît les dispositifs
destinés à éduquer et intégrer les émigrés ("devoir d'éducation" qui est également inscrit dans leur Constitution), on comprend bien qu'effectivement c'est totalement cohérent. Nous sommes une
république bananière pour eux et fondamentalement, ils n'ont pas tort quand on analyse la "variabilité" et "l'imprécision" de nos lois.
Vous savez dans les entreprises qui étouffaient sous les procédures sclérosantes (notamment les normes ISO qui sont de vrais délires d'obsessionnels mortifères en-soi), il suffisait souvent de
redéfinir les responsabilités, les objectifs et les résultats attendus pour que tout refonctionne comme par enchantement. Pas besoin de document qui détaille geste par geste ce que chacun doit
faire (vous n'imaginez pas les univers kafkaïens et "braziliens" que j'ai dû affronter), si les grands principes permettent au mieux une adhésion et au pire un respect des valeurs
fondamentales.
Je vous donne un exemple concret, en tant que dirigeant d'entreprise, je n'ai jamais raisonné par rapport au temps passé par les salariés à leur poste de travail (j'ai même dû en virer "parce
qu'ils en faisaient trop"), ils n'avaient que 2 valeurs simples à respecter : atteindre les objectifs fixés (et ils pouvaient disposer des temps économisés, comme ils voulaient) et me rendre
compte des problèmes qu'ils rencontraient en cas d'impossibilité d'atteindre les objectifs dans le temps total légal, pour que je puisse prendre des décisions en conséquence. Ça n'a l'air de
rien, mais cette clarification des valeurs fondamentales m'a permis plus d'une fois de détendre le climat social, de remettre les gens au boulot, ainsi bien évidemment que de booster le
développement des entreprises.

Je mets, moi, la priorité dans la clarification des principes fondateurs et dans les lois absolues qui peuvent en découler ; c'est pourquoi en l'absence d'une Constitution claire, j'ai préféré
attaquer le problème "par la bande".
Je maintiens que si, notre Constitution était plus claire sur la notion "d'oppression", de "liberté" et même de "propriété" (car parmi tous les délires, cette burqa est aussi l'expression d'une
appartenance exclusive de la femme à son homme), ou de bien d'autres valeurs par ailleurs, ça serait quand même plus simple de dire tout simplement : "le port de la burqa et du niqab sont
interdits sur tout le territoire français, à l'exception des lieux privés, pour raisons médicales et en période de carnaval".
Comme dans l'état actuel de notre droit, il n'est pas possible de dire ça, alors il y a votre "solution", qui vous m'excuserez du terme, mais en soi a quelque chose de "rapporté" ; interdire le
masquage intégral du visage, ça ne correspond à aucune valeur fondamentale pour moi, en tous les cas aucune valeur dite par notre Constitution, tant que ces gens n'essayent pas de m'imposer leurs
croyances, tant qu'ils respectent nos lois d'identification dans les espaces publics et tant qu'ils pratiquent volontairement... Vous déduisez cette valeur d'identification de notre pacte social
(et je la partage), mais ça n'est dit nulle part que "le déni d’identification publique qui procède à une dépersonnalisation négatrice de toute singularité" est répréhensible ou doit
être interdit...
D'ailleurs, la justification centrale du texte de
l'UFAL est : "Nous considérons en effet que le voile intégral est bien plus qu'un signe religieux : il est l'emblème d'un projet politique, et d'un projet politique que nous qualifions de
"séparateur"". Pourquoi notre Constitution ne devrait-elle pas intégrer dans ses textes fondamentaux, qu'elle a le devoir de combattre et d'interdire tous ceux qui prônent la "séparation"
des individus et la "segmentation" de la société ? Cela se déduit clairement et sans ambiguïté des valeurs de liberté et d'égalité, et, toute réserve mise à part sur une formulation qui
introduirait une ambiguïté supplémentaire, je ne vois toujours pas le problème à ce que nous l'intégrions dans nos textes fondateurs...
Si mes propositions attaquent le problème par d'autres biais, qui se fondent bien eux sur notre Constitution, c'est parce que je crains que nous n'ayons même pas actuellement les moyens d'imposer
une loi qui sera de toute façon sujette à discussion publique perpétuelle, que le Conseil constitutionnel valide ou non sa constitutionnalité. 
C'est vraiment trop dommage de "jouer au plus fin" avec les expressions et symptômes fascistes, d'autant plus que la structuration psychique de ceux qui y adhèrent "réclame un pouvoir fort". Ce
qui n'est pas dit génère différentes formes de "maladie psychique" ; avec "votre" loi, nous leur laissons le champ libre pour devenir encore plus "malades" qu'ils ne le sont actuellement...

Vous évoquez vos déboires avec les règlementations complexes ou des statuts inadaptés, je les partage totalement. Sauf que mon expérience, au risque de me répéter, c'est aussi que la complexité
provient du fait que les lois fondamentales ont été perdues de vu pour des raisons que j'évoque en partie dans cet article. C'est si vrai que pour répondre aux silences de nos lois et satisfaire des besoins
légitimes non prévus par celles-ci (comme le souhait unanime des associés de respecter des répartitions "inégalitaires" des bénéfices liées à des critères humains, sans rapports avec la
répartition de capitaux), j'ai dû souvent monter des usines à gaz juridiques (des vraies). Cette "hypocrisie" des lois est un poison qui à mon avis nous mène dans le pire des cas à "Brazil" et
dans le pire du pire des cas à des régimes totalitaires qui ne diront pas forcément leur nom...
Mais peut-être n'avons-nous pas la même vision de ce qui doit rester silencieux dans la loi et de ce qui doit être dit sous peine en l'absence de développer des "maladies sociales"...



Catherine Kintzler 23/07/2010 22:06



Précisément, cher Incognitoto, c'est parce que je pense que la loi, autant que possible (je me suis expliquée là-dessus dans notre débat ci-dessus et j'ai donné quelques exemples), doit éviter de
"sonder les reins et les coeurs" que j'ai écrit que je trouve cette proposition de loi plutôt astucieuse : le fait retenu est le port d'un masque intégral.


Il n'y a à cet égard pas de différence entre une "burqiste", un porteur de cagoule kkk, Zorro (quoique... mais j'y reviendrai plus loin) et un braqueur cagoulé ; de même que, lorsque je brûle un
feu rouge, peu importe si je le fais par provocation ou parce que me trouve plus maligne que les autres ou par étourderie. J'ai écrit aussi qu'il y aurait discrimination si on faisant des
distinctions et si on n'interdisait que le niqab et la burqa. Il n'y a donc nulle contradiction : je m'en tiens, en la matière, à l'extériorité. C'est aussi pour cela que j'ai imaginé la manif en
cagoule rose fluo.


 


Ce qui, à mon avis, vous trouble est la fin de l'article à l'origine de
notre discussion, car j'y aborde un autre argument, celui de la "dépersonnalisation indifférenciée". Or il ne s'agit pas là d'une intention, mais de faits supplémentaires
perceptibles : c'est la permanence de ce port et son effet d'indifférenciation totale qui aboutissent à la dépersonnalisation, cela est appréciable de l'extérieur et n'a nul besoin d'une enquête
sur les motifs. La dépersonnalisation est produite par des faits extérieurs qui constituent ce que j'ai appelé le déni d'identification : permanence du masque intégral dans les espaces
accessibles au public et refus de l'enlever, uniformité et multiplicité (formation d'une collection d'indiscernables absolus dans l'espace civil).


Cela différencie Zorro des "burqistes", mais il se trouve que la proposition de loi actuelle s'en tient au seul masquage total, et il semble pour le moment que, aux yeux du législateur, cela soit
suffisant.


 


Une remarque enfin pour nous faire plaisir car nous nous inquiétons tous deux de Zorro.


D'abord Zorro n'est pas intégralement masqué (en fait on reconnaît très bien Don Diego), ensuite il agit de manière "éclair" (la permanence lui est contraire), enfin il signe et
son action n'a de sens que s'il est seul à apparaître : toute son "existence" repose sur la constitution intermittente d'une singularité qui est aux antipodes de la multiplicité
collective dont je fais état dans mon article. Ce n'est pas uniquement par l'intention que Zorro est le contraire des burqistes : c'est par son mode d'apparition. Mais ce sont là des subtilités
dans lesquelles n'entre pas, semble-t-il, le législateur en la matière !



Incognitototo 24/07/2010 02:51



Ça, c'est déloyal, ;-))))... j'ai du mal à écrire, tellement, je ris avec votre dernier paragraphe sur Zorro ! Serais-je démasqué ? Bon Dieu, si on pouvait apprendre l'humour aux burqistes, on
aurait déjà fait la moitié du chemin... d'ailleurs, c'est un mode d'intervention préconisé par l'analyse systémique, alors je ne peux être que pour. Alors d'accord pour Zorro, mais que
faites-vous de Batman et Robin ?

Ce qui me trouble, c'est plutôt vos réserves sur une démarche plus globale de clarification légale et constitutionnelle, alors que c'est quand même à partir de ce qui compose déjà notre pacte de
vie en commun que vous justifiez votre proposition de loi... Mais, j'ai bien compris que vous pensez que la loi doit rester minimaliste (pour des raisons que je partage également) et c'est
sûrement là que nos avis divergent le plus, sur les techniques de combat pour permettre à la loi de rester minimaliste.
J'ai passé ma vie professionnelle à clarifier les lois et valeurs non-dites des entreprises institutions et autres groupes sociaux et à les débarrasser de leurs "croyances" surnuméraires, pour
les sortir des problèmes et blocages qu'ils rencontraient ; et au vu des résultats, je peux témoigner que ça ne leur a pas trop mal réussi. Peut-être fais-je une erreur d'appréciation, en pensant
que ce qui fonctionne dans des microsociétés pourrait fonctionner d'une façon plus générale ; cependant, comme on n'a jamais essayé, difficile de dire si je me trompe ou pas.
Vous parliez dans une de vos réponses de notre pointillisme juridisant et nous sommes au moins deux à le déplorer. Tous les efforts des propositions de ce blog sont de nous libérer de ce
pointillisme et de recadrer, clarifier, réaffirmer, les grandes lois intangibles, exactement ce que j'ai toujours fait dans les entités que j'ai conseillées ou dirigées, avec un vrai succès au
niveau de la "libération des énergies" et du développement de ces groupes.
Plus que des raisonnements conceptuels (où, sans aucune flagornerie, il est bien évident que je ne vous arrive pas à la cheville), ce sont les fruits de mes expériences que je vous livre à
travers mes dires... et j'essaye de comprendre (en espérant que vous ne prenez pas ça pour du harcèlement), pourquoi vous pensez que leurs enseignements ne sont pas applicables aux lois
républicaines.
Ha, encore une chose, l'article 2 de notre Déclaration est l'exemple type de principe fondamental qui mériterait d'être clarifié : entre autres, "l'oppression" de qui, de quoi ? À qui devons-nous résister
s'il tient le bâton ? De quelle forme d'oppression parlons-nous ? Ne sommes-nous pas des oppresseurs pour les burqistes ?
Je ne le pense évidemment pas une seconde, cependant, en l'état, ce principe fondateur, qui ne dit pas le contexte où il s'applique, rend possible toutes les interprétations perverties.



Incognitototo 23/07/2010 18:53



Chère Catherine,

Il me semble que j’ai manqué d’à-propos sur un point important de notre discussion… Par rapport à un principe légal fondamental pour moi "une loi qui ne sait pas distinguer l'intention du fait,
n'est pas une bonne loi", vous répondez que "tenir compte des intentions vous semble particulièrement dangereux…". Deux questions :
- c’est pourtant bien à partir de l’intention, renvoyée et perçue, que vous pensez qu’une loi contre le masquage du visage est nécessaire. N’y a-t-il pas comme une contradiction ? Surtout que
vous réaffirmez à plusieurs reprises "qu’on n’a pas à sonder les cœurs et les reins"…
- de la même façon, dans une réponse à un
commentaire vous distinguez bien l’intention, du fait et du contexte pour justifier qu’on puisse franchir une ligne continue en cas de danger. Vous vous basez donc bien sur une hiérarchie des
lois par rapport aux intentions et au contexte. Cependant, vous continuez à penser que c’est impossible et non souhaitable d’inscrire cela dans nos lois. N’y a-t-il pas encore une contradiction
?

Je comprends bien vos réserves parfaitement justifiées sur l’aspect inquisiteur, totalitaire et liberticide de lois qui pourraient faire référence à des intentions par rapport à des idéologies
(c’est une évidence également pour moi). Mais mon sentiment c’est que, bien que complexe, nous ne sommes pas dans un système insoluble, justement parce que la hiérarchie des lois nous protège des
dérives qui pourraient nous faire assimiler le moine à un burqiste, ou encore n'importe quel "asocial" à un nazi…

Tout ça n’a bien évidemment pas d’autre but que de permettre à Zorro, dont la survie me préoccupe beaucoup, de continuer sa vie sans être assimilé à un burqiste…