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  • : Solutions politiques (ou + de 400 propositions de réformes politiques...)
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  • : Analyses et propositions de réformes politiques institutionnelles, économiques, fiscales, sociales, juridiques, et autres, issues de ma pratique professionnelle et de la vie tout simplement ; pour vraiment changer...
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Sommaire

 

Sélection partiale des derniers articles mis en ligne

Faire-part...

À mes lectrices et lecteurs : avertissements importants !

« Après moi le déluge ! » : constats « navrants » sur plus on sait et plus on est con...

Changer par la loi et pour une « vraie révolution fiscale »... sans sortir de l’Europe...

« La société du spectacle » et « No future », nos seuls avenirs ?...

L’irrésistible progression des souverainistes et des nationalistes : l’horreur absolue... Qui est responsable ?...

Homoparentalité et « mariage pour tous » : de la réalité à la loi...

« Nul ne peut s’enrichir sans cause » : une jurisprudence malheureusement oubliée...

Rapport Gallois et compétitivité... De qui se moque-t-on ?...

« Double contrainte » : 40 ans d’accords internationaux et de lois, qui rendent fou...

La propriété privée et la finitude : des nœuds systémiques centraux...

 

Quelques classiques et textes fondateurs

Imprécis précis de fiscalité… pour en finir avec les « croyances populaires »… si, c’est possible…

(3) - Mises au point et compléments sur la TVA sociale… 

Les dettes publiques : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c’est quoi la pensée virtuelle ?

Histoires de dettes interbancaires : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c'est quoi l'économie virtuelle ?…

Exercises appliqués d’analyse systémique sur la mondialisation et à propos de la décroissance…

À ceux qui prônent un retour au Franc… et aux autres, qui manquent d’arguments pour leur répondre…

(1) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche... (début)

(1) Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur... (début)

(1) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (début)

 

Une toute petite sélection d'articles qui aurait pu figurer sous une rubrique « On ne vous dit pas tout »

Le faux débat sur l'évasion fiscale et les paradis fiscaux...

Solidarités sociales et retraites : ce qu’il faut savoir et ce qu'on ne vous dit pas ou si peu...

Vélib' : problèmes d'arithmétique élémentaires, niveau CM1…

 


Tout les articles publiés (regroupés dans l'ordre de leur parution par catégorie : du plus ancien au plus récent)

  A - Préambules

Introduction et justifications de ce blog

D’où je viens, comment je me situe, philosophie et cadre général des propositions

Petites mises au point pour comprendre la logique de ce blog et des 400 propositions…

 

B - Le programme de réformes

1 - Les institutions

2 - Les institutions

1 - Economie et fiscalité

2 - Economie et fiscalité

Santé, Sécurité Sociale et retraites

1 - Droit du travail

2 - Droit du travail

Formation - Éducation - Recherche

Justice

Emplois

Sécurité et qualité de vie

Europe

Plan de mise en œuvre des propositions

Pour conclure provisoirement

 

D - Anecdotes, réflexions et solutions suggérées

Voirie parisienne : l’honneur perdu de Delanoë qui cautionne l’ayatholisme de Baupin et Contassot

(1) - Déficit de la Sécurité Sociale… mes expériences dans l’univers kafkaïen des services de "santé" (début)

(2) - Déficit de la Sécurité Sociale… mes expériences dans l’univers kafkaïen des services de "santé" (fin)

Violence des cités… : Quand on n’a pas les mots et qu’on a tous les maux, il reste le passage à l’acte violent…

A propos d'éducation - Une lettre à Science & Vie

Médias : leur responsabilité dans l'absence de pensée…

Politique internationale : Attentats du 11 Septembre - Au-delà du bien et du mal, il me manque les mots…

Politique internationale : Combien de temps encore nous ferons-nous la guerre pour les fautes des pères ?

(1) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche… (début)

(2) - Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche… (fin)

Perversions des systèmes : la démocratie en danger

Nicolas Hulot : l'équation économique insoluble et insolvable…

Quelques problèmes auxquels, je réfléchis sans vraiment trouver de remède pratique…

Un problème qui me pose vraiment problème : la société du spectacle, c'est maintenant…

Suite aux présidentielles : politique-fiction sur le mode de scrutin...

(1) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (début)

(2) - TVA et TVA sociale substitutive : une arme pour le développement économique et de transparence démocratique… (fin)

(3) - Mises au point et compléments sur la TVA sociale…

(1) - Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur... (début)

(2) - Travailler plus intelligemment, produire utile et modifier les structures, pour travailler moins et créer de la valeur… (fin)

À propos de l’intéressement des salariés aux résultats de l’entreprise…

Pour redonner à la monnaie son équivalence travail et empêcher qu’elle soit gérée comme une marchandise, faut-il éliminer les spéculateurs ?...

Souvenirs d'un vieux con, à propos du féminisme... + Épilogue

Tribune de l'action...

Tribune de l'action : rêvons un peu… avec les banques…

Divagations sur la crise... L'inconscient, cette donnée incontournable oubliée par la politique...

Le faux débat sur l'évasion fiscale et les paradis fiscaux...

Solidarités sociales et retraites : ce qu’il faut savoir et ce qu’on ne vous dit pas ou si peu…

Juste deux ou trois choses qui personnellement me soucient bien plus que l’avenir des retraites !

(1) - Burqa et loi : un débat démocratique entre citoyens - Catherine Kintzler et Incognitototo (début)

(2) - Burqa et loi : un débat démocratique entre citoyens - Catherine Kintzler et Incognitototo (suite et fin ?)

Réchauffement climatique global ou pas ? Religiosité et politique : les Verts et Europe Écologie, la nouvelle secte des béni-oui-oui…

À ceux qui prônent un retour au Franc… et aux autres, qui manquent d’arguments pour leur répondre…

(1) - Euro contre Franc : un débat démocratique entre citoyens - Laurent Pinsolle et Incognitototo (début)

(2) - Euro contre Franc : un débat démocratique entre citoyens - Laurent Pinsolle et Incognitototo (suite et fin ?)

Exercices appliqués d’analyse systémique sur la mondialisation et à propos de la décroissance…

La « lutte des places » : la septicémie de notre démocratie...

Histoires de dettes interbancaires : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c'est quoi l'économie virtuelle ?…

Les dettes publiques : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c’est quoi la pensée virtuelle ?

Imprécis précis de fiscalité… pour en finir avec les « croyances populaires »… si, c’est possible…

La propriété privée et la finitude : des nœuds systémiques centraux...

Tous les extrémistes sont de dangereux malades mentaux...

Sciences et politique : un mauvais mélange... Le cas des réchauffistes...

« Double contrainte » : 40 ans d’accords internationaux et de lois, qui rendent fou...

Rapport Gallois et compétitivité... De qui se moque-t-on ?...

« Nul ne peut s’enrichir sans cause » : une jurisprudence malheureusement oubliée...

Homoparentalité et « mariage pour tous » : de la réalité à la loi...

La politique virtuelle contre « l’économie réelle »...

L’irrésistible progression des souverainistes et des nationalistes : l’horreur absolue... Qui est responsable ?...

« La société du spectacle » et « No future », nos seuls avenirs ?...

Changer par la loi et pour une « vraie révolution fiscale »... sans sortir de l’Europe...

« Après moi le déluge ! » : constats « navrants » sur plus on sait et plus on est con...

 

G - Actualité

Investiture socialiste, quand les vieux gouvernent la France,… étonnant, non ?

A propos de la Démocratie Participative...

Un débat presque oublié… Ou comment choisir notre futur(e) président(e) ?

Tramway parisien, ils persistent et ils signent... et les conneries continuent...

Mon raisonnement à la con pour choisir un Président…

Delanoë menteur et médias complices !!!

Quelques réflexions en vrac sur les résultats du premier tour des présidentielles… et notre système démocratique.

Débat télévisé des présidentiables… le degré zéro de la politique...

Quelques sentiments et idées en vrac, avant la mise en sommeil…

Hommage à Madame Benazir Bhutto…

Constitution européenne : Appels contre le traité de Lisbonne et le déni de démocratie

Edvige, Cristina et tous les autres...

Crise financière mondiale et faillite de la banque Lehman Brothers

Burqa : la liberté et le doute doivent-ils profiter à l’obscurantisme ?… Réflexions et solutions alternatives…

Revue de presse et informations complémentaires sur les retraites…

L’Islande, oubli ou désinformation ?... La révolution, dont (presque) personne ne parle…

Islande, les suites de leur révolution… ou les débats que nous évitons en France…

Mitterrand : l’imposture de la gauche - 10 mai 1981 : la commémoration du deuil de la gauche…

Les dettes souveraines : l’arnaque d’un demi-siècle de mensonges, ou de qui se moque-t-on ?…

11 septembre : la commémoration des amnésiques…

Primaires socialistes : allez-y...

« Votez, pour eux !... »

Croyances et politique : variations et élucubrations sur un second tour...

En vrac...

Compte-rendu d'étape de la présidence Hollande : toujours plus de la même chose : 1 / changement : 0,001

C’est la rentrée... Tous les gens qui s’offusquent de l’incivisme ou de l’immoralité de Bernard Arnault m’emmerdent...

Tribune de l’action : séparer les activités des banques (urgent et important !)... 

Fin de la souveraineté économique des pays et de la démocratie européenne...

À mes lectrices et lecteurs : avertissements importants !

 

E - Émotions, sentiments, humeurs, rires...

Une lettre anonyme que l'INSEE ne recevra pas...

Europe, après la victoire du "non" : les politiques me fatiguent et les journalistes aussi...

Nouvelles cartes grises : carton rouge aux eurocrates qui ont encore frappé très fort…

Quelqu'un connaît-il un descendant de Champollion ? Ou de quoi parlent 2 amis experts-comptables quand ils se rencontrent ?

Insécurité routière... pardonnez-moi, je me défoule...

Je n’ai rien à dire… ou presque…

Lettre à la direction d’un hôpital ou comment sont utilisés nos impôts...

Sarkozy élu… pour partager ma bile… et message(s) à cette gauche atteinte de crétinisme avancé…

Tous derrière Delanoë… pour sauver le monde en plantant des carottes…

Tramway parisien : le bal des cocus continue… et la mascarade passe…

ASSEDIC (et autres) : qui sont les crétins qui écrivent les directives ?...

Une journée dans les bas-fonds de la justice française...

Michel Onfray… Au secours ! La pensée dogmatique et l’ostracisme sont de retour…

Juste pour rire... le langage politique… 

Service des urgences de l’hôpital Tenon : la « honte » de nos services de santé…

Divagations sur le consentement, la sexualité et autres considérations sociales…

Partage d’émotions : quand les humains comprennent ce qui les réunit plus que ce qui les divise...

Une symbolique de 2012 : pour rire jaune… 

Récréation philosophique…

Mes interrogations du moment... ou quand le vide politique ne présage rien de bon...

Nouvelles du « monde du travail » dans la France d’aujourd’hui… interdit au moins de 18 ans…

Nouvelles de la barbarie, de l’individualisme et de l’indifférence…

11 Novembre, hommage et mémoire…

Chine-USA : « Une guerre sans limite »…

Spécial vœux 2012, le temps des bilans… hommage posthume au Diceros bicornis longipes...

"L’Université des Va-nu-pieds", quand les hommes comprennent ce qui les relie…

Faire-part de vie...

Être un homme de gauche, par Alex Métayer...

Le pouvoir des banques, le cas d’école : Goldman Sachs...

Des vœux pour 2014 que je fais miens !...  

Faire-part...

 

  F - Ville de Paris : urbanisme et politique...

Informations sur la catégorie : "Ville de Paris : urbanisme et politique..."

Voirie parisienne : l'honneur perdu de Delanoë qui cautionne l'ayatholisme de Baupin et Contassot

A propos de la Démocratie Participative...

Violence des cités... : Quand on n'a pas les mots et qu'on a tous les maux, il reste le passage à l'acte violent...

Tramway parisien, ils persistent et ils signent... et les conneries continuent...

Delanoë menteur et médias complices !!!

Insécurité routière... pardonnez-moi, je me défoule...

Tous derrière Delanoë… pour sauver le monde en plantant des carottes…

L’Omerta sur Michel Charzat, liste différente de Paris 20ème

Tramway parisien : le bal des cocus continue… et la mascarade passe…

Vélib' : problèmes d'arithmétique élémentaires, niveau CM1…

 

H - Livre d'or des commentaires et autres...

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 16:00

Première date de publication : 18/02/2011
Date de la dernière mise à jour : 18/02/2011

 

 

Je vous parle souvent sur ce blog de l’analyse systémique, comme d’un outil conceptuel permettant de mieux comprendre les lois et forces en présence par rapport à un problème donné, mais également de savoir comment trouver des solutions efficaces.

Je voudrais vous illustrer ces propos avec deux exemples concrets :

- l’un global, à propos de la mondialisation,

- l’autre factuel, à propos du débat sur la décroissance.

 

Il faut faire une mise au point tout de suite : réfléchir en fonction d’un cadre systémique suppose d’abandonner préalablement toute notion de bien et de mal, du moins au niveau de l’analyse, car aborder les problèmes de ce point de vue, c’est déjà rentrer dans un cadre qui empêchera de remonter aux sources des problèmes.

L’analyse systémique ne se demande pas si c’est bien ou mal, elle se demande quelles sont les lois qui aboutissent à un résultat donné et comment ces lois rétroagissent sur le système pour le perpétuer indéfiniment. Elle réfléchit en fonction des effets, des rétro-effets et des objectifs, en analysant d’abord ce qui se passe dans la « boîte noire ».

Tant que ces lois (ou mécanismes) ne sont pas identifiées, démasquées et dites, il est illusoire de penser qu’on va pouvoir modifier le système au bon endroit pour qu’il produise un résultat différent. Dans sa façon de réfléchir aux problèmes, elle adopte le fonctionnalisme pour le décryptage des résultats, puis le mode itératif que l’on peut appliquer à la résolution des inéquations d’une programmation linéaire ; et seules les capacités humaines à englober tous les paramètres d’un système complexe fixe les limites à sa puissance d’intervention ; cependant, que l’informatique semble de plus en plus pouvoir nous affranchir de ces limites dans les domaines des sciences…

 

La branche psychosociologique de l'analyse systémique s’est principalement intéressée à l’action des paradoxes structurels sur le comportement des individus et des groupes sociaux. L’Ecole de Palo Alto et Watzlawick en sont les principaux créateurs.

Selon cette école ce sont les paradoxes insolubles de double contrainte qui produisent les "maladies" aussi bien au niveau des individus que des institutions.

 

Les fondements de cette école de penser et d'action peuvent se résumer de la façon suivante :

- Outre leur capacité d'adaptation et de transformation (la "morphogénie"), les "systèmes" génèrent une maladie qui s’appelle "l’homéostasie" ; où les buts qu’ils poursuivent sont supplantés par la survie de la structure elle-même, et la perpétuation des lois, généralement non dites, qui la constituent (exemple : le courant de l’antipsychiatrie a très bien démontré comment l’institution n’avait aucun intérêt à guérir ses « malades »).

- Les "maladies" se cristallisent à partir des nœuds paradoxaux ("paradoxe" et son adjectif "paradoxal", au sens systémique du terme : qualifie un système qui, en situation de doubles contraintes, produit des réponses automatiques et inadaptées au contexte).

- Il faut identifier les nœuds paradoxaux pour espérer "traiter" et faire évoluer le système, donc avant tout discerner les lois qui régissent le système et qui se perpétueront même en cas de changement de forme.

- Toute action qui s'attaque directement aux nœuds paradoxaux est vouée à l'échec, car le système développe une réponse de résistance proportionnelle à l'attaque elle-même, et c'est logique puisqu'il se sent atteint dans ce qui fonde sa survie la plus primaire. De même, il est illusoire d'espérer qu'un système englué dans ses paradoxes arrive à se réformer lui-même, car il faudrait qu'il puisse admettre qu'il doit remettre en cause sa survie, ce qui est impossible.

- Les meilleures chances de changement sont celles qui, au lieu d'essayer de répondre aux paradoxes qui sont par nature insolubles, déplacent les réponses à des endroits où le système homéostatique n'aura plus de prise ; ou comme dirait A. Einstein : "On ne règle pas un problème en utilisant le système de pensée qui l'a engendré."

 

Passons aux exercices pratiques…

 

 

À propos de la mondialisation 

 

Je lis, probablement comme vous, énormément d’analyses sur les raisons qui expliqueraient la crise, le déclin occidental avec cette « logique libérale » que rien ne semble pouvoir arrêter. Mais je n’en ai jamais lu qui m’ait vraiment convaincu, c'est-à-dire qui me dise à partir de quel moment et pourquoi, nous avons basculé et le monde entier avec nous.

Qu’est-ce qui a fait sauter toutes les sécurités qui ont permis à l’Europe de se reconstruire après la guerre, de donner du travail à tout le monde et de partager les richesses produites de façon un peu plus équitablement qu’aujourd’hui ?

 

Je vous passe toutes les explications soumises à itérations, que j’ai explorées qui ne me satisfont pas.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, j’en suis arrivé à la conclusion qu’un seul fait a tout changé. Le vrai tournant politique est avant tout un changement de paradigme économique : quand les Américains ont décidé de supprimer la convertibilité or/dollar (15 août 1971) et de confier aux marchés la fixation des valeurs monétaires par l'offre et la demande, la terre entière a basculé dans une réaction en chaîne, qui ne s’est pas arrêtée depuis, d’où découlent toutes les logiques libérales que nous subissons, sans discontinuité et sans arriver à trouver la sortie...

On connait tous, sous la présidence Nixon, cette fameuse répartie du Secrétaire au Trésor américain, John Connally face aux préoccupations européennes de surévaluation du dollar : "le dollar est notre devise, mais c’est votre problème"...

Force est de constater qu'au lieu de répondre à cette cynique déclaration de guerre, nous n'avons fait que nous "adapter" et courir derrière "le nouvel ordre économique" que nous imposaient les Américains, pour pouvoir continuer à financer leurs guerres, leur conquête spatiale et consommer toujours plus à crédit ; et il n’y a pas d’autres raisons à cette décision unilatérale des Américains. Sauf à ponctionner et entraver leur développement économique, ils étaient acculés budgétairement, aussi ils ont « tout simplement » profité de la place que tenait déjà le dollar, comme monnaie de réserve des banques centrales et d’échanges internationaux, pour mettre sans concertation le monde entier devant le fait accompli. Le plus ubuesque de cette affaire, c’est qu’officiellement les Américains ont pris cette décision parce que les Allemands réclamaient la conversion de leurs dollars excédentaires en or… ces effrontés réclamaient juste que les Américains respectent leur part des accords de Bretton Woods, incroyable non ?

Désormais ce sont les marchés par l’offre et la demande qui décideraient de la valeur des monnaies et les USA pouvaient continuer à faire fonctionner la planche à billets sans avoir plus aucun compte à rendre à personne … L’effroi (dont nous ne sommes, à mon avis, pas encore remis) qui a saisi les pays occidentaux à cette époque est à la mesure du piège qui s’est refermé sur nous tous ; puisque le dollar supprimait sa convertibilité or, les accords de Bretton Woods devenaient de fait caducs. En 1973 fut adoptés officiellement le système des changes flottants et en 1976 toute référence à la convertibilité or des monnaies est totalement abandonnée dans les accords de la Jamaïque.

 

Face à cette décision unilatérale des USA, soit les banques centrales se défaisaient de leurs réserves et faisaient plonger le dollar et leur propre monnaie avec, soit elles continuaient à réguler la valeur du dollar à la place des États-Unis, en absorbant les excédents monétaires de ces derniers. Première contrainte paradoxale, dans les deux cas les gouvernements à travers les banques centrales, savaient qu’ils perdraient, mais comme ils craignaient plus que tout, une spirale déflationniste et récessive, c’est la deuxième solution qui a été adoptée, contrainte et forcée… et l’inflation des Américains s’est, en conséquence, exportée en Europe (plus en France qu’en Allemagne, à cause de nos stupides dévaluations « compétitives »), avec tous les cycles infernaux qui en découlent…

Il n’y avait aucun risque pour les États-Unis à jouer cette carte, même en cas de rebuffade de l’Europe, dans tous les cas ils auraient été gagnants. Mais en tout état de cause, ils savaient que les pays européens n’avaient pas le choix, d’autant plus qu’ils étaient encore à l’époque le rempart militaire de l’Europe face à l’ex-URSS. Dans la foulée, pour permettre que cette fuite en avant monétaire puisse se perpétuer telle une vente pyramidale, il devenait indispensable que le système s’étende au monde entier en créant de « nouveaux clients » du dollar, en conséquence la libre-circulation des capitaux et le libre-échange des marchandises sont devenus le nouveau credo politique des États-Unis, tandis que la cavalerie devenait le nouveau système de valorisation monétaire… et progressivement de l’Europe également, qui espérait, probablement ainsi, déplacer « leur » problème ailleurs. .

Seulement au final, tout le monde (y inclus les Américains aujourd’hui avec leurs 17 % de chômeurs), est « bloqué » par ce nouveau système et se retrouve face au problème paradoxal, à multiples contraintes antagonistes, que pose cette nouvelle donne… ou plus personne n’ose même évoquer ce tabou de l’économie mondiale qu’est la place et la valeur du dollar dans notre système d’échange, avec une planche à billets américaine (sous forme de monnaie ou de bons du Trésor) qui fonctionne en continu pour financer les déficits et la consommation américaine. En 2006, quand la Fed a décidé, encore unilatéralement (sans aucune protestation des États à nouveau soumis aux diktats US), qu’elle ne publierait plus les agrégats monétaires M3 (et en conséquence M4 non plus), il est devenu évident que la « fin » devenait proche… et nous n’avons pas eu longtemps à attendre avant que la crise systémique financière se déclenche… Je voudrais bien vous rassurer en faisant de l’autopersuasion et vous dire (comme notre gouvernement) que la crise est finie, mais il n’en est rien ; elle ne fait que commencer, car aucune des lois qui l’ont provoquée n’a été modifiée.

 

Les Chinois qui thésaurisent leurs excédents monétaires ont très bien compris comment tirer parti de cette situation bloquée, où le premier qui bouge a perdu. Ils rachètent (avec cette monnaie qui ne vaut mathématiquement plus rien depuis longtemps) à tour de bras toutes les valeurs qui leur permettent de s’approprier les technologies, les ressources énergétiques et de matières premières, sans oublier la « reconnaissance » des États quand ils les aident à restructurer leurs dettes publiques. Un vrai jeu de go mondial où nous serons forcément perdants ; avec une seule question, quand les Chinois se sentiront-ils suffisamment en position de force pour dire ce qu’ils exigent ? En commençant, peut-être, par le retour de Taïwan dans leur « république »…

Ce n’est pas de la science-fiction politique que de poser ce genre de questions., car dans l’indifférence générale la Chine a annexé début 2011, 1% des terres du Tadjikistan ; et qui pourrait l’empêcher de continuer ?  Elle est déjà actuellement, seul maître à bord de son jeu monétaire ; elle a, en conséquence, déjà envoyé paitre plusieurs fois les Américains qui lui demandaient de réévaluer le Yuan. Productrice de 97 % des terres rares (indispensables à toutes nos technologies), elle vient également de décider unilatéralement qu’elle en réduisait ses exportations de 35 %, provoquant l’affolement général des marchés… et des politiques…. L’étau se resserre autour de nos parties génitales et je ne cesse de me demander qu’est-ce que nous attendons avant d’agir pour y faire face, et prendre les mesures qui nous permettraient de nous réapproprier nos centres de décision.

 

Ce qu’il faut comprendre dans ces rappels historiques, c’est qu’à partir de 1971 toutes les politiques européennes n'ont fait que s'ajuster au chantage permanent qu'a exercé, et exerce toujours, les États-Unis, de laisser s'effondrer la valeur du dollar, et non accessoirement, de retirer leur protection militaire. Mais, nous n'avons jamais réussi à reprendre la main (même en accélérant la construction de cette Europe, usine à gaz, et en en créant l’Euro) et tout le reste en découle, y inclus nos « politiques libérales » avec l'abandon de nos services publics, sans oublier les concentrations financières et la financiarisation qui ne sont que des adaptations structurelles à ces nouvelles donnes...

1971 est l'année traumatique qui a fait basculer le monde entier (pas, tel que j’ai pu le lire ici ou là, le choc pétrolier qui en ait une conséquence). Les renoncements du PS confronté à cette donne mondiale, dès 1981, sont à la mesure des contraintes internationales qui ne sont jamais rappelées dans les explications politiques données ; cependant, que les réponses face à ces dépendances procèdent d'une realpolitik mal digérée et sans vision du long terme.

 

On pourrait imaginer et croire à un complot du capitalisme, des banquiers, des Illuminati, des Bilderberg (nouveau groupe à la mode pressenti pour remplacer le judéo-maçonnique, qui n’est plus politiquement correct), ... et pourquoi pas des scientologues ou de ma boulangère pendant qu’on y est... Mais non, aucun complot, ni volonté concertée là-dedans ; juste des dirigeants, responsables de groupes sociaux, qui prennent des décisions en fonction des contraintes qu’ils subissent, sans imaginer les conséquences à moyen et long terme des choix qui s’imposent à eux, quand ils relient mécaniquement les causes aux solutions. Il n’y a plus d’or pour respecter les accords sans être mis en faillite, hé bien on supprime la convertibilité or, sans mesurer qu’en aucune manière, cela ne règle les problèmes systémiques qui ont conduit à cette situation. Et pour nous européens, juste le résultat de la bêtise humaine et du manque de volonté politique (qu’on pourrait également appeler lâcheté), face à des menaces en tenaille, entre les USA et l'ex-URSS, remplacée maintenant par la Chine pour d'autres raisons ; un trivial rapport de force que nous n’avons jamais pu rééquilibrer depuis la guerre.

En fait, nos décideurs sont totalement dépassés par la boite de pandore qu'ils ont ouverte et ils ne savent plus comment faire machine arrière et/ou modifier l'histoire. Ils se croient même obligés de défendre des valeurs auxquelles, ils ne croient pas eux-mêmes, tant le chien du pistolet que les Américains tiennent derrière notre nuque est toujours armé ; avec pour conséquence un vrai Syndrome de Stockholm généralisé à l’économie mondiale. D’ailleurs à part quelques isolés, plus personne ne tient en France (et même en Europe) de discours anti-américain ou pour le moins rappelant le chantage monétaire permanent auquel ils nous soumettent, c’est devenu tout simplement tabou. Depuis les analyses du PCF dans les années 70 sur ce sujet, plus personne n’a jamais osé reprendre ces thèses.

 

Cette soumission à un système qui nous dépouille de notre indépendance, explique le déplacement des centres de décision sur des entités supranationales, généralement économiques, ainsi que bien d’autres faits qui nous paraissent insurmontables. Peu de gens le comprennent vraiment et en tirent les conséquences qui devraient aller avec ; et nos parodies de démocratie sont à la mesure de ce basculement systémique, où les politiques voudraient nous faire croire qu'ils peuvent encore, alors que leurs marges de manœuvre sont extrêmement réduites. Ces derniers ont, cependant, une réelle responsabilité, parce qu’ils continuent à réfléchir aux problèmes avec les outils conceptuels des années 70, sans avoir intégré les changements de monde que nous avons subis. Ou peut-être que les ayant trop bien intégrés, ils en ont conclu qu’on ne peut rien faire…. et alors, on est en droit de se demander ce qu’ils font encore là, à s’accrocher à leur mandat comme des sangsues…

Pourtant, il y a des solutions, tel que j’essaye de vous le démontrer tout au long de ce blog, mais dans l’état de blocage homéostatique de notre classe politique, il semble que si un espoir de modifier le système global peut naître, il viendra des pays émergents qui ne sont pas aussi impliqués que nous dans des dépendances paradoxales. Le Brésil vient d’élever la voix, pour rappeler que les USA et la Chine devaient cesser de manipuler leurs taux de change et il compte porter le problème devant l’OMC. Ce pays a déjà obtenu en 2009 (après une bataille de 7 ans), des sanctions financières contre les USA, qui sont les champions du non-respect des règles qu’ils ont eux-mêmes édictées.

Les Européens seraient bien inspirés de soutenir cette démarche. Nous allons, d’ailleurs, pouvoir constater à cette occasion, si nos dirigeants politiques ont totalement renoncé à modifier les règles mortifères imposées par les Américains ; d’autant que comme on peut le constater tous les jours depuis 40 ans, les marchés ne régulent pas du tout le système tel qu’ils sont supposés le faire et tel que les théories orthodoxes libérales s’obstinent à le croire, sinon le dollar ne devrait même plus servir de monnaie d’échange. Les solutions proposées par le FMI paraissent bien dérisoires, elles se demandent comment prolonger ce système pervers agonisant, au lieu de promouvoir un nouveau changement de paradigme qui extrairait les monnaies du système marchand global.

C’est ce que ne veulent pas comprendre les thuriféraires d’un retour au Franc, tant que le système global reste ce qu’il est aujourd’hui et compte tenu des rapports de force, non seulement ça ne sert à rien, mais en plus, ça ne pourrait être que pire, d’aller seul à la bataille.


En 2006, à propos des présidentielles, j’écrivais entre autres et en substance : un programme politique est un mensonge en soi, s'il ne nous dit pas comment :

- il va aller à la bagarre européenne et internationale, pour se donner les marges de manœuvre économiques, dont il a besoin pour s'appliquer,

- il se propose de réformer en profondeur et/ou contrer les lois internationales, dont nous dépendons,

- il va agir pour se ré-approprier les centres de décision qui nous échappent actuellement, notamment en réformant en profondeur notre système démocratique...

Un programme qui ne vous promet que le meilleur, sans vous dire que vous aurez des sacrifices et des choix à faire, pour relocaliser notre économie et retrouver notre indépendance, est tout autant un leurre.

  Je n’ai rien à retirer à cela.

 

 

À propos du débat sur la décroissance

 

Je vais essayer de faire plus court pour cette partie là d’autant que j’ai déjà exprimé dans cet article, C - 9 - Nicolas Hulot : l'équation économique insoluble et insolvable... , ce que je pense qu’il y a de totalement irréaliste et irréalisable dans les propositions des écolos.

Il n’en reste pas moins vrai que je partage totalement leurs préoccupations. La terre a des ressources finies et nous ne pouvons pas continuer à la saccager sans en subir des conséquences désastreuses pour tous.

 

C’est en visionnant une émission d’Arte ("Prêt à jeter") sur l’obsolescence programmée que j’ai compris, plus profondément, en quoi les cycles industriels, l’innovation et l’économie de croissance s’opposaient apparemment aux objectifs écologistes.

Nous sommes dans un système à multiples contraintes :

- les investissements industriels demandent des temps d’amortissements longs (généralement autour de 15 à 20 ans, bien que nos financiers actuels demandent des retours sur investissements de plus en plus rapides),

- les marchés de consommateurs, qui amortissent ces investissements, doivent donc être conséquents pour justifier les mises de départ…. Et immédiatement, en imaginant que nous soyons en capacité de créer des biens à durée de vie longue (ce qui est vrai pour beaucoup de produits), se posent 3 problèmes :

- celui de la pérennité de l’entreprise après que le marché ait été satisfait,

- celui du devenir et du « recyclage » des salariés, une fois les besoins satisfaits, mais également celui de la disparition de la dynamique redistributive des revenus,

- celui d’une inadaptation des produits aux innovations technologiques et aux changements de goûts et/ou de besoins des consommateurs… On comprend bien que si on achetait un véhicule, un réfrigérateur ou un ordinateur pour la vie, on vivrait encore comme dans les années 60… et on polluerait encore plus…

 

Face à ces contraintes, et non accessoirement bien évidemment pour préserver et pérenniser leurs profits, les industriels ont inventé l’obsolescence programmée des produits. Plusieurs exemples sont donnés dans le documentaire d’Arte (ampoule, informatique, véhicules, et cetera) et le cynisme des industriels, qui ont mis en place des cartels et des ententes pour contrôler leurs marchés, fait froid dans le dos… mais, ils ne font, comme tous, que lutter pour leur survie et leurs profits. Et si nous pouvons objectivement juger que cette manipulation des marchés est en-soi détestable et répréhensible, nous ne pouvons pas enlever aux industriels d’avoir également permis ainsi, le confort matériel que nous vivons aujourd’hui, mais également les progrès technologiques et parfois scientifiques, qui nous permettent, par exemple, de détecter un cancer avant qu’il ne soit mortel…

 

Face à cela la proposition écologiste de transformer les industriels en fournisseurs de services (par exemple : on louerait les véhicules au lieu de les acheter) parait bien dérisoire pour les forcer à créer des biens durables ; en tout état de cause, elle annihile de nombreux autres objectifs, notamment celui de l’innovation ou de l’évolution des besoins. De même, la logique de la décroissance est totalement illusoire, à moins qu’on puisse apprendre à la population à vivre avec un SMIC et à avoir beaucoup de temps libre ; ce qui ne me semble pas réalisable pour demain…

 

L’échange qui a suivi le documentaire m’a donné une partie des solutions… Où créer les contraintes ou nouvelles lois qui permettraient d’atteindre les objectifs écologistes en préservant le développement ?

C’est assez simple, plusieurs directions se profilent :

- obliger les industriels à créer des objets et produits 100 % recyclables, que ce soit par la réutilisation des matériaux ou leur intégration dans d’autres processus de production. On sait faire et si on ne sait pas faire, on peut apprendre. De plus, cette contrainte imposerait aux industriels d’utiliser moins de matières toxiques pour arriver aux 100 %. Après une probable augmentation des prix, qu’on peut rendre moins douloureuse en fixant des objectifs de recyclage par paliers, atteindre les seuils de coût marginaux ramènerait logiquement les prix à ceux d’origine.

- prévoir, les processus de recyclage et de réutilisation des produits dès leur création, et en inclure le coût dans les prix de vente, l’industriel producteur devenant également responsable de son recyclage.

- certains produits se prêtent à des évolutions modulaires (les ordinateurs par exemple). Modifier l’offre et la conception des produits, en conséquence en habituant les consommateurs à ne changer que ce qui est nécessaire.

- inclure le coût énergétique et écologique de production et de transport dans les coûts. J’ai déjà exposé cette mesure d’une taxe au kilomètre parcouru qui pourrait être complétée par une taxe supplémentaire tant que le produit n’est pas 100 % recyclable.

- généraliser une remise en fonction de l’obsolescence du produit en cas de rachat du même type de produit. Simple et très incitatif pour le consommateur qui ramènerait son produit directement au lieu de vente pour obtenir une remise sur l’achat suivant (bien évidemment en fournissant les justificatifs adéquats).

- …

 

Soit au total, des mesures aussi incitatives pour les industriels que pour les consommateurs qui ne génèrent aucune entrave à la poursuite du développement économique (bien au contraire) et favorisent les processus écologiques en responsabilisant tout le monde plutôt que de les matraquer par des taxes qui pénalisent, au final, toujours les mêmes. Cependant, comme à chaque fois que l’on décide ce genre de mutation, il est évident qu’il faut empêcher, notamment par un système de surtaxation, tous les produits provenant de l’étranger qui ne correspondent pas à nos normes, de trouver des débouchés chez nous.

Encore un problème de « volonté » politique, voir conclusion du développement précédent.

 

 

Pour conclure provisoirement

 

Je ne sais pas si j’ai réussi à vous intéresser à la logique systémique, l’une globale et l’autre factuelle, mais ce dont je suis sûr, c’est que ne pas vouloir voir les arguments et lois qui justifient certains faits, est le meilleur moyen de ne pas trouver de solutions efficaces. Par exemple, ce n’est pas en créant des embouteillages (comme à Paris) qu’on incite les citoyens à laisser leur véhicule au garage, mais en leur proposant un maillage, une fréquence et une qualité des transports collectifs qui répondent à leurs besoins. Vous me direz, ce n’est pas nécessaire de faire appel à l’analyse systémique pour comprendre cela. C’est exact, encore qu’il faudrait pouvoir expliquer et convaincre certains du pourquoi ils se trompent et là ça devient beaucoup plus compliqué, si on ne décompose pas les lois qui les agissent, souvent à leur insu… D’ailleurs, l’analyse systémique porte une autre dénomination dans la population, on l’appelle le « bon sens ».

Seulement, à cette dernière notion que personne n’arrive d’ailleurs à vraiment définir, ni qu’on ne peut apprendre, elle rajoute plusieurs choses. C’est une théorie de l’information qui stipule et démontre que si on n’arrive pas à obtenir un résultat, c’est qu’il manque des données dans la réflexion ou encore, qu’il y a asymétrie de l’information ; mais également que le système est plus attaché à répéter son système de croyances et les automatismes qui justifient sa survie, qu’à innover, au risque de disparaître… ça semble évident, mais peu de gens en tirent vraiment les enseignements et conséquences qui en découlent en termes politiques.

Il serait vraiment profitable de se pencher sur tous les non-dits politiques qui gangrènent le jugement des citoyens, et malheureusement ce n’est pas avec le niveau d’information que nous avons en France qu’on y arrivera. Et puis, il serait également intéressant de se pencher sur les forclusions psychanalytiques qu'elles recouvrent… Vaste programme qui fera peut-être un jour l’objet d’un autre article...

 

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commentaires

sglsgl 05/05/2012 09:29


La tentation du prince rationnel agissant sur un système par des lois plus intelligentes que les actuelles.

Pratiquement aucune des solutions évoquées ne sont à la portée de la France et même de l'Europe.

Par contre, les mouvements qui réuniraient des consommateurs éclairés et se regroupant en centrales d'achats me semblent plausibles, avec Internet.
n
Cependant, pour changer de rythme, notamment l'allonger, il faut du capital, et c'est ce qui manque le plus en Europe et chez les masses de consommateurs. C.f. les abonnements mobiles où
l'opérateur finance le coût de l'appareil pour le masquer  au décideur-acheteur-abonné.


Comment démarrer quel changement de façon réaliste et qui serait viral est le vrai sujet pas encore vraiment abordé ici. 
Conseiller du prince est la tentation de l'intellectuel, l'espoir du raccourci entre sa pensée rationnelle et la réalité.
Mais les pseudos princes n'ont plus bcp de pouvoirs.
Les seuls changements organisés le seront non par dans les urnes mais dans la viralité de choix supérieurs que les autres imiteront... et pourront imiter.

Incognitototo 06/05/2012 01:48



Totalement faux, lisez le programme de propositions, vous constaterez que je m'y affranchi très largement des contraintes internationales, en prenant le système à son propre jeu... ce qui
constitue d'ailleurs un des fils directeurs de ce blog... Il ne faut pas confondre realpolitik et politique dictée par la réalité, comme le font nos politiques depuis 40 ans...

D'ailleurs, je ne crois pas à la faisabilité des solutions macros, pas plus qu'au fait que nous devrions attendre que tout le monde soit d'accord pour agir... Je pense que c'est par nos décisions
locales et nationales, que nous créerons les dynamiques pour sortir des doubles contraintes dans lesquelles sont prisonnières les politiques actuelles... en servant, par surcroit, de valeur
d'exemple aux autres pays européens...

Je ne vous suis pas sur vos histoires de Prince et de conseiller...



Donatien 10/12/2011 19:25


"la logique de la décroissance est totalement illusoire, à moins qu’on puisse apprendre à la population à vivre avec un SMIC et à avoir beaucoup
de temps libre". C'est justement ça l'idée centrale, à ceci près que la démarche n'est pas descendante ("apprendre à la population"). D'ailleurs, je ne dirais pas qu'il s'agit d'apprendre mais
plutôt de se rappeler.


Vous semblez accorder une grande importance à l'évolution des besoins, ce qui me semble être une pure construction intellectuelle. L'espèce
humaine évolue-t-elle si rapidement que ça ? En tout cas, au regard par exemple de la consommation d'antidépresseurs, je pense que ce sont plutôt nos besoins non matériels qui ne sont pas
satisfaits, et la réponse ne se trouve donc pas dans la technologie et l'innovation. Le progrès technique reste tout de même souhaitable, mais ce n'est pas une priorité dans la mesure où les
besoins matériels fondamentaux pourraient déjà être satisfaits. Ils ne le sont pas surtout pour des raisons sociales, économique
et politiques.


Enfin, je ne comprends pas en quoi vos principes d'une économie circulaire ne constritueraient un entrave au développement économique. La
contrainte réglementaire semble lourde. Je ne doute pas que si on la présentait telle quelle aux industriels, ceux-ci nous mettraient en garde contre des impossibilités techniques et des risques
de suppression d'emplois.

Incognitototo 11/12/2011 04:02



Pour le premier point, ce n'est pas moi qu'il faut convaincre, mais les 8 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté en France, ou encore, les chômeurs qui continuent à avoir le
plus fort taux de fréquence de suicides (malgré la forte concurrence médiatique d'autres catégories professionnelles), ou encore mieux, les 200 personnes sans logis, qui vivent sous des tentes à
50 mètres de chez moi...
Si vous y parvenez, alors je considèrerai définitivement que les "pouvoirs de l'esprit" peuvent tout... De plus, je ne pense pas "que les besoins matériels fondamentaux pourraient déjà être
satisfaits"... nous en sommes même très loin, si on considère le monde dans sa globalité... Bien évidemment, une meilleure répartition des richesses en France ferait déjà beaucoup, ici, mais en aucune manière cela ne résoudrait
tous les besoins...
Par ailleurs, ce qui me frappe, à chaque fois que je regarde un documentaire sur un peuple, une tribu ou une culture lointaine, c'est que même si ces humains veulent préserver leur culture,
souvent faite de frugalité, en réalité ils disent et espèrent tous, que leurs enfants pourront posséder ce qu'eux-mêmes n'ont jamais eu : une voiture, une position professionnelle valorisante,
une télé, et cetera... Il y a quelques millions (milliards ?) de personnes qui frappent à notre porte, pour avoir eux aussi leur "part du progrès" et ça va être très compliqué de leur dire :
désolé, non, vous vous n'y aurez pas droit, parce qu'on a déjà presque tout pris et que ce qui reste est pour nous... alors, je pense qu'on n'a pas d'autre choix que d'oeuvrer à ce que cette
mutation se passe le mieux possible pour que nous n'en mourions pas tous...

Les "belles idées", ça marche quand on ne manque de rien ou dans les religions, dans la réalité c'est beaucoup plus dur, et les névroses sociales dues au manque et à la misère, sont les
"maladies" les plus partagées... Lisez ou relisez Reich, Deleuze, Guattari et bien d'autres...

Pour le deuxième point, c'est que vous n'avez pas bien suivi les raisonnements et propositions.... C'est très différent de proposer des mesures incitatives, où tout le monde peut gagner quelque
chose, contrairement, par exemple, à une simple taxe qui ne ferait qu'augmenter les prix à la consommation et c'est tout.
Dans mon dispositif, le consommateur peut récupérer le surcoût initial (comme avec nos anciennes consignes de bouteille), et l'industriel y verra une incitation pour maximiser son profit sur la
récupération, sans que ça n'entrave aucun progrès technique, ce qui est un des gros défauts de "l'économie circulaire" proposée par Hulot... Simple, mais surement trop, pour les "écolos
intégristes"...



Michel Martin 22/11/2011 16:21


Tiens, le plan
du FMI de remise à plat du système monétaire et qui date d'avril 2010. Ce plan a toutes les chances de voir le jour sous peu, au train où ça se pète la figure!


D'après la figure 1, ce plan s'orienterait sur le long terme vers une monnaie globale, ce qui me semble une idiotie, parce que ça implique une gouvernace mondiale et ne me semble pas une bonne
idée, ni pour limiter les effets de concentration ni de dettes et réduire les risques systémiques. Quand tu vois qu'on ne réussit pas à se mettre d'accord sur les politiques dans la zone Euro à
cause de questions culturelles, tu vois le binz à l'échelle mondiale.


C'est pour cette raison que je préfères (mais c'est pas moi qui choisit!-)) de loin le bancor ou un autre système qui n'empèche pas le contact entre les économies mais limite la marchandisation
de la monnaie, ce qui préserve la capacité d'autonomie  de politique monétaire de chaque pays.

Incognitototo 24/11/2011 01:17



Je n'ai pas un avis très arrêté par rapport au système monétaire... J'avoue mes limites là... Les seules choses, dont je suis à peu près sûr, c'est  :
- qu'il faut extraire la valeur monétaire du système marchand,
- qu'il faut que les USA arrêtent de créer du dollar plus vite que leur ombre,
- qu'actuellement, la valeur monétaire est une conséquence, pas une cause...  et qu'on peut se passer de tripatouiller le système, si on retourne à quelques fondamentaux économiques....
C'est comme dans une entreprise, tu sais, si ta trésorerie et tes comptes sont sains, c'est toi qui imposes tes conditions aux banquiers et eux qui sont à ton service, mais si tu commences à
avoir besoin d'eux, alors à un moment ou un autre, c'est toi qui bosses pour eux... Le Japon avec ses 200 % d'endettement est un excellent exemple à ce propos... Leur dette est détenue
principalement par les nationaux, le rendement de leurs avoirs à l'étranger représente un an de leur besoin en matières premières, et cetera, donc tout le monde leur fout la paix (sauf sur leur
monnaie) et tout le monde est prêt à leur prêter ce qu'ils souhaiteraient...

Le Bancor me parait une bonne solution, mais elle a déjà été refusée une fois (après la guerre) par les Américains et je ne vois pas bien non plus, les Chinois accepter que la valeur de leur
monnaie soit mécaniquement réévaluée à cause de leurs excédents commerciaux... Il ne faut pas attendre de solutions de ce système-là, il faut en détourner les lois pour les utiliser à notre
profit...



Michel Martin 21/11/2011 16:02


Un peu de biblio sur les systèmes.


Le réseau de contrôle global apr les grandes
firmes.


Comme c'est une traduction, les graphiques ont disparu, ils sont dans l'article original:


The network of global corporate control.


En gros, environ 50 firmes transnationales (dont 45 banques) constituent le risque systémique actuel. Pas besoin de théorie du complot, juste de la concentration et un réseau d'interconnexions
dense.

Incognitototo 21/11/2011 18:07



Oui, vraiment intéressant ! C'est bien de prouver scientifiquement ce que tout le monde sait intuitivement, ou parce qu'il a eu comme moi, les organigrammes des filiales de grandes entreprises
sous les yeux, et que je n'en revenais pas de l'imbrication des entités et des effets de leviers démultipliés pour que seulement quelques-uns décident...

Juste un chiffre, la capitalisation boursière de la première banque chinoise est de 238 milliards de $ (environ 183 milliards d'€), ce qui veut dire (si on respecte le ratio haut bancaire
d'engagement possible) que sa puissance d'intervention financière est à peu près de 1 830 milliards d'euros : soit, 96 % de notre PIB !!!... Et plus du double, si on se réfère au ratio bas
!!!!!!

L'illusion du "pouvoir politique" a vécu, et d'une certaine façon, c'est tant mieux que les réalités se dévoilent au grand jour....
Reste qu'en terme de propositions pour mettre fin à cette dictature oligarchique qui ne dit pas son nom, il y a encore du boulot de cohérence à faire, pour réunir tous ceux qui s'y opposent...



Michel MARTIN 13/03/2011 21:42



Toto,


ça fait plusieurs fois que tu pointes mes "coups de coeur", et ce que tu m'en renvoies ne colle pas avec mon ressenti (ce qui ne prouve rien). D'une façon, je suis la plupart du
temps d'accord avec tes critiques, avec tes réticences, ce qui te conduit au rejet, alors que de mon côté, ce n'est pas un problème pour apprécier ce que j'apprécie.


Voilà une petite histoire que j'avais inventée pour un de mes gamins qui avait une institutrice particulièrement ingrate. Je lui avais dit que sa maîtresse était un peu comme une chataigne,
que ce n'était pas parce qu'elle était piquante comme une bogue de chataigne qu'elle n'avait rien de bon à leur offrir, à leur apprendre. Est-ce que ça te précise mon attitude? C'est d'ailleurs
ce qui m'a permis de surmonter certains aspects du style de ton blog que je trouve particulièrement rebutants!



Incognitototo 13/03/2011 23:41



Ce ne sont pas tes coups de coeur (que je partage souvent) que je pointe, ... mais, parfois ton manque de discernement qui te fait t'emballer pour des personnes, qui au fond ne disent ou ne
proposent pas grand-chose... ou qui du fait qu'elles n'ont jamais vécu en cohérence avec leur discours démontrent rapidement à quel point, ce qu'elles racontent n'est pas fondé par
l'expérience.
Et l'histoire de la mariée qui était trop belle, tu la connais ?... Mais, je te le redis tu as droit à tes errances amoureuses...
Merci pour ta patience à découvrir le fond sans t'arrêter à la forme, si rebutante de ce blog.



Michel MARTIN 12/03/2011 13:09



A Gilles et Toto,


j'ai bien envie de défendre Jean Zin. Il propose des coopératives municipales qui me semblent assez intéressantes.


Sur le plan de l'analyse des systèmes, je suis certain que si Toto et Zin voulaient discuter, ça pourraît etre tres intéressant. D'ailleurs il est venu voir ton article Toto, voici ce qu'il en dit. 


Jean Zin est intéressant parce que bien que sensible aux attractions altermondialistes, il a des outils d'analyse qui lui évitent de décoller à la verticale, justement parce qu'il a de bonnes
notions de systèmes et aussi une mémoire de l'histoire. C'est donc un bon repère.


Sur le plan plus général de l'attente de nouveauté incessante, c'est bien un trait de notre culture qui use tout sur son passage, qui fait que toute idée est vieille avant d'avoir servi.


Sur le plan culturel général, j'ai l'intuition qu'on a souvent en arrière plan une logique d'exclusion (de "ou bien ou bien") qu'on s'appuie sur les différences pour exclure. Dans le cas de
Jean Zin, je trouve que sa pensée consolide une analyse lucide, alors pour moi, il fait largement partie des plus.



Incognitototo 12/03/2011 13:37



Oui, Michel, et tu trouves sa réponse à mon texte, correcte ? Franchement, ne pas voir que la lutte contre l'inflation (qu'il situe lui comme la principale cause) est une conséquence de ce que je
dis (en oubliant au passage les doubles contraintes que je détaille), ça n'est pas faire preuve d'une très grande clairvoyance systémique... d'autant qu'il étaye ça, avec dés généralités et des
généralisations qui ne mènent à rien.
À part ça, je suis d'accord sur le "drame de la gauche" qu'il pointe, et je travaille dessus justement, pour peut-être proposer une autre vision de cette "diversité" paralysante et
contreproductive : j'en parlais dès l'ouverture en 2006 de ce blog
et cette profusion est bien le principal obstacle à un changement en profondeur de notre société...
Tes "élans d'amour" m'étonneront toujours... des fois, ils sont extrêmement pertinents et justifiés, et des fois je ne comprends pas ce qui t'éblouit...



gilles 12/03/2011 12:40



L'article de « 20 minutes » ne s'est pas bien inséré, alors je donne le lien : 


 


http://www.20minutes.fr/article/685020/politique-tirer-sort-hommes-politiques-plus-efficace-voter-


 


Et si, finalement, les Grecs avaient trouvé la meilleure solution avec la Boulè et le tirage au sort des membres du Parlement? C'est le point
de vue du mathématicien Alessandro Pluchino et de ses collègues de l'université de Catane.
Selon leurs recherches, reprises par la Technology Review du MIT, un système avec un Parlement basé sur deux
partis fonctionne mieux si les députés et les sénateurs sont tirés au sort avec un nombre optimal d'élus indépendants introduit.

Dans le système actuel, en caricaturant, des centaines de millions d'euros sont dépensés dans de longues campagnes, des heures sont perdues en obstruction parlementaire et les systèmes
n'échappent en général pas à la corruption, avec certains élus qui font passer leur intérêt, ou celui d'un groupe avant celui de l'ensemble de la société.

S'appuyant sur des travaux de l'économiste et historien Carlo Cipolla, Pluchino et son équipe ont ont divisés la population entre quatre catégories:

• les personnes intelligentes, dont les actions produisent un gain pour eux et les autres
• les naïfs (perte pour eux, gain pour les autres)
• les bandits (gain pour eux, perte pour les autres)
• les stupides (perte pour tout le monde)

Dans leur modèle, les élus peuvent soit proposer un projet de loi et voter pour/contre. Via des formules mathématiques compliquées, ils concluent que dans un système bipartite, les hommes
politiques élus ont tendance à graviter autour d'un même comportement qui n'est que rarement le point optimal pour un gain pour le reste de la société.
Selon eux, plus on introduit des parlementaires indépendants tirés au sort, et plus le nombre de lois ajoutant de la valeur pour l'ensemble des citoyens augmente.
Et pendant ce temps-là, les socialistes s'apprêtent à s'entredéchirer...



Incognitototo 12/03/2011 14:25



Oui, Gilles, il y a même une expérience de psychologie expérimentale qui démontre qu'à terme et dans la durée, des chimpanzés confrontés à des choix d'investissements sur les marchés financiers
(et qui prennent donc leurs "décisions" au hasard), font aussi bien qu'un groupe témoin de traders.

J'ai eu l'occasion de parler avec Étienne de cette proposition qui est centrale pour lui (et pour d'autres aussi puisqu'I-Cube y adhère), mais je ne me résous pas à sa pertinence.
Pour moi, elle serait un terrible aveu d'échec des fondements des paris de la démocratie :
- des humains libres de choisir leurs représentants,
- des humains libres de se tromper,
- des humains libres de collaborer,
- des humains auxquels on demande de faire des choix d’adulte, même si leur âge mental, leur éducation ou leur culture (ou autres), les rend manipulables,
- des humains en lesquels, on a suffisamment confiance pour croire qu’ils sauront prendre leurs responsabilités et choisir ce qui est le meilleur pour eux…

Il y a d'autres façons de résoudre les terribles perversions de
notre système actuel, sans basculer dans un autre qui apporterait probablement d'autres types de perversions, comme l'instauration de pouvoirs occultes, encore plus manipulateurs
qu'aujourd'hui.
On a toujours tort de penser que la forme emporte le fond, et cette affirmation est d'autant plus vraie, quand elle s'applique aux groupes sociaux et à leur structuration. Le tirage au sort ne
nous protègerait en rien d'un pouvoir parallèle, au contraire, je pense qu'il l'exacerberait...

P.-S. : dommage que vous n'ayez pas mis votre commentaire à l'endroit où il aurait pu intéresser les lecteurs dans la partie "réformes institutionnelles" ; et je vous rappelle qu'il est déconseillé de faire des copier/coller à partir de
Word qui introduit du code parasite... Merci d'utiliser le format texte uniquement.



gilles 12/03/2011 12:33



Pour Jean Zin, je suis d'accord avec l'hôte incognitotototo, rien de transcendant, ni de neuf dans son analyse, nous pouvions lire cela chez lui il y a déjà trois ans, en tout cas, c'est ce que
personnellement j'avais lu chez lui, il y a trois ans : le localisme. 


Sur les limites du système politique actuel, rien de neuf. Je préfère les analyses d'Étienne Chouard :


Le suffrage universel choisit les meilleurs pour les mettre au pouvoir, c'est la définition de l'aristocratie http://fr.wikipedia.org/wiki/Aristocratie


 


Cela n'a rien à voir avec le pouvoir du peuple qui ne passe pas par les grandes gueules, mais bien comme à Athènes dans l'Antiquité par le tirage au sort.


On ne change pas un système avec le mode de pensée qui l'a engendré.


 



Tirer au sort des hommes politiques, plus efficace que de voter ? 
C'est ce qu'affirment des mathématiciens qui ont tenté de modéliser le fonctionnement du Parlement...

http://www.20minutes.fr/article/685020/ … ace-voter-





Et si, finalement, les Grecs avaient trouvé la meilleure solution avec la Boulè et le tirage au sort des membres du Parlement? C'est
le point de vue du mathématicien Alessandro Pluchino et de ses collègues de l'université de Catane.

Selon leurs recherches, reprises par
la Technology Review du MIT, un système avec un Parlement basé sur deux partis fonctionne mieux si les députés et les sénateurs sont tirés au sort avec un nombre optimal d'élus
indépendants introduit.

Dans le système actuel, en caricaturant, des centaines de millions d'euros sont dépensés dans de longues campagnes, des heures sont perdues en obstruction parlementaire et les systèmes
n'échappent en général pas à la corruption, avec certains élus qui font passer leur intérêt, ou celui d'un groupe avant celui de l'ensemble de la société.

S'appuyant sur des travaux de l'économiste et historien Carlo Cipolla, Pluchino et son équipe ont ont divisés la population entre quatre catégories:

• les personnes intelligentes, dont les actions produisent un gain pour eux et les autres 
• les naïfs (perte pour eux, gain pour les autres) 
• les bandits (gain pour eux, perte pour les autres) 
• les stupides (perte pour tout le monde) 

Dans leur modèle, les élus peuvent soit proposer un projet de loi et voter pour/contre. Via des formules mathématiques compliquées, ils concluent
que dans un système bipartite, les hommes politiques élus ont tendance à graviter autour d'un même comportement qui n'est que rarement le point optimal pour un gain pour le reste de la
société.

Selon eux, plus on introduit des parlementaires indépendants tirés au sort, et plus le nombre de lois ajoutant
de la valeur pour l'ensemble des citoyens augmente. Et pendant ce temps-là, les socialistes s'apprêtent à s'entredéchirer...







 


http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=10281#p10281



Michel MARTIN 09/03/2011 21:40



Hé hé, t'es quand même un mec un peu difficile. Il fait très bien le pont entre le monde intellectuel déconnecté qu'il décode très bien et les possibles. C'est pas si courant. En plus, c'est un
gars on ne peu plus ouvert à la discussion et à la controverse qui ne se berce pas d'illusions et qui ne s'enferme dans aucune tour d'ivoire. Et puis, les petits ruisseaux font les grandes
rivières, alors quand un gars comme lui pousse dans la même direction que toi, c'est pas le moment de trop faire la fine bouche.



Incognitototo 09/03/2011 22:04



Difficile, pourquoi ? Parce que quand je lis quelque chose, j'attends que cela apporte un plus à ma propre pensée ? Je fais pas la fine bouche, je dis juste qu'il ne m'apprend rien et qu'il ne
propose rien... Tant mieux, si nous pensons dans le même sens, mais il devrait assortir sa pensée d'un peu plus de propositions quand même... sinon à quoi ça sert de constater que les idéologies
se mentent à elles-mêmes et de faire la leçon à tout le monde ?



Michel MARTIN 09/03/2011 17:32



Un texte de Jean Zin sur la révolution qui
intègre les leçons de l'histoire et les questions systémiques à sa façon. A lire de mon point de vue, même si j'ai une approche un peu différente de lui, en laquelle il ne croit pas du tout
d'ailleurs. On partage au moins le point de vue que ce qu'on fait concrètement chaque jour peut donner une prise à la vision d'un autre scénario que l'issue populiste ou bureaucratique aux
projets se réclamant de démocratie, aux bonnes intentions.



Incognitototo 09/03/2011 19:13



Hou lala, ton lien c'est beaucoup de blabla, de généralités et de constats que toux ceux qui vivent les yeux ouverts font... C'est bien s'il croit que les peuples arabes luttent pour la
démocratie et notre modèle, tant mieux pour lui... moi, j'attends de voir. Et il faut vraiment lire entre les lignes pour le comprendre.

La seule proposition concrète "faisons du localisme"... Bé oui, mais je ne l'ai pas attendu pour ça, puisque ça fait 35 ans que j'essaye de vivre conformément à mes idées, sans attendre rien de
personne, ni d'aucun parti politique, et encore moins d'une "révolution". Si, ne serait-ce que la moitié du "peuple de gauche" en faisant autant, tu sais, ça ferait longtemps que nous aurions
changé d'époque...



gilles 07/03/2011 17:51



Paradoxe des groupes, plus le nombre d'individus augmente plus la responsabilité, la solidarité, l'individualité, le discernement et bien d'autres qualités humaines
baissent et/ou disparaissent... Piaget résumait cela en disant : « un groupe fonctionne toujours au plus bas niveau, du plus bas niveau de ses membres ». Au cours de ma gestion des groupes
sociaux, j'ai pu vérifier de multiples fois toute la clairvoyance de cette assertion.


C'est aussi pour ces raisons que l'Union Européenne n'est pas pertinente, elle fonctionne toujours au plus bas niveau, du plus bas niveau du plus bas de ses membres.
Que pourrait l'analyse systémique pour retrouver un pouvoir de décision plus autonome et plus responsable à un niveau de bon sens, celui de l'échelle démocratique nationale ?



Incognitototo 08/03/2011 03:48



Absolument d'accord Gilles, et c'est bien pour cela, entre autres, que j'ai voté "non" en 2005. Pas à cause des analyses diverses et variées qui étaient proposées, mais parce qu'il était évident
que la structure institutionnelle (que j'avais qualifié d'usine à gaz à l'époque et qui démontre tous les jours qu'elle l'est) qui nous était proposée allait nous faire perdre notre autonomie et
notre responsabilité par rapport à des centres de décisions que je considérais comme ne regardant pas l'Europe ; mais surtout aggraver l'immobilisme sur des sujets cruciaux (par exemple, sur
la gestion monétaire ou en politique étrangère).

Vous me demandez ce que l'analyse systémique peut faire... à part, décrypter les perversions d'une structure.
Je peux vous répondre ce que j'ai fait dans des entreprises où les associés avaient des intérêts et des valeurs divergents et même parfois incompatibles. Ça n'est pas très différent de ce que
nous aurions pu faire pour l'Europe, si nous étions moins embourbés dans les méthodes politiques du passé...
 
La première étape consiste d'abord à identifier et nommer ces valeurs divergentes et/ou incompatibles. Par exemple, sous le vocable "libre-échange", il est assez évident que ni les Anglais, ni
les Allemands, ni les Français, sans même évoquer tous les autres pays, n'en ont la même conception, ni ne le veulent pour les mêmes raisons. Mais cette clarification n'a jamais été faite. Tout
le monde a cru qu'il pourrait s'en arranger, ce qui a conduit à l'acceptation de cette loi sans aucune restriction, alors même que personne ne parlait de la même chose. Vous voyez l'analyse
systémique se fout de savoir sur quoi on est d'accord, seul l'intéresse ce qui va rentrer en conflit et les effets que cela produira... vous remarquerez que les démarches politiques de
"construction" se situent aux antipodes de cette méthode.
Nous préférons déclarer que nous sommes tous libres et égaux, alors qu'à l'évidence nous ne le sommes pas et nous efforcer ensuite de nous ajuster par rapport à ces déclarations ; plutôt que de
dire nous ne sommes pas tous libres et égaux, mais c'est de notre devoir d'atteindre ces objectifs. Beaucoup pensent que c'est accessoire et moi je pense que c'est typiquement en refusant de voir
les réalités qu'on s'empêche d'atteindre les objectifs et qu'on génère des perversions.

Deuxième étape, quand on a identifié les divergences, on cherche les plus petits dénominateurs communs et ce sont eux qui doivent servir de base au pacte et pas les grandes idées qui ne
recouvrent aucune réalité. Puis pour les divergences qui ne recouvrent pas le même degré d'importance, on pondère les valeurs en fonction de la priorité que leur accorde chaque associé. Dans une
entreprise, il est ensuite assez aisé de mettre en place des tables de décision qui feront loi commune, soit à partir de moyennes, soit à partir de moyennes pondérées selon le système
démocratique qu'on aura adopté préalablement. Cependant, que pour des institutions et une constitution, il est évident qu'il faut intégrer les points de divergences, sinon la structure qui en
résulte passe son temps à combattre un "ennemi invisible" au lieu d'avancer sur ses objectifs.

Bref, l'analyse systémique est totalement opérationnelle pour proposer des systèmes démocratiques et structurels qui tiennent compte des objectifs que l'on veut atteindre. Si vous souhaitez un
exemple concret, vous pouvez lire mes propositions de réformes institutionnelles françaises... ou encore ce que j'écrivais à propos de l'Europe (je pourrais d'ailleurs en dire plus aujourd'hui, si j'avais plus de temps), avant que
l'oligarchie politique européenne ne fasse un putsch... 



castougne 05/03/2011 07:48



Bonjour Incognitoto,


Merci pour cette analyse qui comme d'habitude me donne l'impression d'être devenu initié et intelligent !


Des faits têtus m'interpellent dans plusieurs domaines.


A titre individuel, le bon sens fonctionne le plus souvent à quelques exceptions près.


Dès que l'on passe au stade de la collectivité, si minime soit-elle, des intérêts divergents se manifestent et bloquent toute évolution et
chance d'aboutir à la pertinence de l'analyse systémique.


L'histoire démontre que ces réactions ne remontent pas à hier et que l'Homme ne semble pas construit pshychologiquement pour vivre et faire
preuve de bon sens, pour un intérêt collectif qui le dépasse, dès que le stade du village est franchi... et encore ! le village est déjà souvent trop volumineux .


Il n'est qu'à voir la désaffection pour la Politique, alors que la Politique est indispensable en collectivité.


Mais alors comment faire sauter ces blocages ?


Au plan financier, nerf de la guerre ; le Financier (système ou individu) a mis la Politique aux ordres, et cette main mise ne cesse de
progresser au détriment de l'individu, vous qui maîtrisez bien le sujet, est-ce une grande nébuleuse du crabe, ou bien le système agit-il  en strates organisées et aux ordres d'un Dieu
unique,  organisateur , stratège ou maître des basses œuvres ?


Ce système est pourtant activé par des êtres de chair qui mesurent, pour la majorité, les dégâts occasionnés par la perversion et la culture du
seul profit des marchés de tous types.


Faut-il que ces acteurs aient assurés leurs arrières et protégés leurs familles pour imaginer se sortir de situations dangereuses et
instables qui ne manqueront pas de faire sauter un jour le couvercle... quand le jouet sera cassé, seront-ils toujours gagnant ?


Quand aux systèmes politiques, vous parlez de l'URSS et de son système totalitaire que de nombreux autochtones hors mafia, regrettent !


Malgré les aléas, il a permis a des millions de gens de vivre dans un confort moral et financier relatif mais qui leur évitaient de penser à
l'avenir ; en 1989, il a eu le succès que le monde dit libre attendait.


En ce qui nous concerne, même si de nombreux Français se disent moroses, il n'est pas particulièrement d' actualité que nous nous
préoccupions de l'avenir de nos descendances, tout le monde ou presque, profite, consomme, fait quelques dettes et tout en disant mon chéri à leurs chers petits, ne se privent pas de piller
avec un bonne conscience la planète qui hébergera aussi nos survivants...


Qu'avons nous de meilleur que les Russes, la chute ou la récession  est inéluctable, et apparemment personne ne prépare les appuis pour se
rattraper en cas de chute brutale... Je pense que l'Homme est ainsi fait et  que tant que la tête dépasse du cloaque, il respire sans trop penser au lendemain.


Il est bien dommage que vos analyses de fond, n'aient pas  d'échos plus médiatisés ; pour une fois que les articles seraient
pertinents et forceraient à réfléchir.


Bonne journée .



Incognitototo 06/03/2011 03:23



Bonjour Castougne,

De rien, ravi de vous avoir "initié", plus il y aura de personnes informées, moins il y en aura prêtes à croire n'importe quoi et plus les valeurs humanistes, la démocratie et la politique
risquent d'y gagner.

Hum, hum, croyez-vous vraiment "qu'à titre individuel, le bon sens fonctionne le plus souvent à quelques exceptions près " ? Tout indique le contraire... Si vous ne considérez, par
exemple, que les comportements à risques (fumeurs, alcoolismes, conduite sur la route, et cetera, et cetera, et cetera), nous sommes tous pris dans un flot d'irrationalités et d'incohérences
perpétuelles, et cela forme la grande majorité de la population ; et on peut prendre d'autres catégories d'incohérences et y retrouver la même propension à faire et à dire n'importe quoi, en
dépit de ce que notre raison nous dicte... Seules la loi, notre culture et notre éducation nous protègent de nous-mêmes...
 
Votre prémisse est donc erronée, même si par rapport aux groupes sociaux, vous avez raison  : c'est plus facile de convaincre et de gérer une personne, que 3, que 15, que 50, ... et au-delà
de 250 les phénomènes d'irresponsabilité nécessitent des structures externes pour que le groupe n'adopte pas des comportements de meute ou totalement asociaux (comme on en voit dans le métro
quand personne n'intervient face à l'agression de quelqu'un d'autre)... sans même évoquer les phénomènes de foule...
Paradoxe des groupes, plus le nombre d'individus augmente plus la responsabilité, la solidarité, l'individualité, le discernement et bien d'autres qualités humaines baissent et/ou
disparaissent... Piaget résumait cela en disant : "un groupe fonctionne toujours au plus
bas niveau, du plus bas niveau de ses membres". Au cours de ma gestion des groupes sociaux, j'ai pu vérifier de multiples fois toute la clairvoyance de cette assertion.
Ce qui est étonnant d'ailleurs, c'est que si vous dénombrez le nombre de personnes qui dans un groupe social pose problème, ils sont toujours une extrême minorité (rarement au-delà de 10 % de
l'ensemble du groupe et généralement plutôt autour de 1 à 2 %), et pourtant ils arrivent à perturber l'ensemble du fonctionnement groupal, jusqu’'à le rendre complice ou littéralement fou, comme
cela se passe dans nos banlieues...
Il n'y a qu'à voir comment le discours médiatique se focalise et est fasciné par les comportements déviants, alors qu'ils sont une infime minorité, créant également un sentiment dans la
population que l'horreur est partout, pour se rendre compte qu'on est totalement au-delà d'une appréciation rationnelle des phénomènes.

À la base, je pense même que c'est cette emprise/fascination sur notre rationalité qui nous empêche d'avoir les bonnes réponses.

Comment un groupe d'une vingtaine de jeunes peut-il, par exemple, arriver à réellement pourrir la vie et terroriser plusieurs centaines de personnes ? Comment est-ce possible que les gens
concernés ne s'organisent pas et ne se solidarisent pas pour faire face et affronter la violence de ces jeunes ? Pourquoi réclament-t-ils plus de police, alors qu'il parait évident que s'ils
descendaient tous dans la rue pour occuper l'espace, ces jeunes n'auraient pas d'autre alternative que d'accepter les contraintes sociales ou d'aller voir ailleurs...
Étonnant, non, quand on songe à tout ce que l'humain pourrait faire pour résoudre ses propres problèmes, alors qu'il attend qu'on le fasse pour lui... comme ceux qui continuent à dénoncer le
capitalisme, alors que rien ne les empêche de vivre conformément à leur souhait de solidarité et de partage des richesses, en créant leur propre entreprise...

C'est pareil pour la finance internationale, seuls quelques un sont vraiment nocifs, parasites, profiteurs et prédateurs, mais ils bénéficient de la complicité d'une immense majorité. Ils ne faut
pas croire que seuls quelques spéculateurs sont en cause, non, derrière eux il y a une immense majorité de petits porteurs qui poussent le système à s'amplifier et à s'étendre. Donc non, pas la
volonté d'une seule personne, ni même d'un groupe, mais un système tout entier où les mêmes causes produisent les mêmes effets en chaine. À ce titre, je le répète, je suis très curieux de savoir
ce qui va se passer en Islande, où pour la première fois un peuple dit non à cette "logique"...

Mais, je n'ai pas plus de réponses que d'autres pour changer ces phénomènes, je me contente de les constater et d'essayer de faire avec, ce qui est déjà pas mal par rapport à d'autres qui les
nient. En tous les cas, il y a une chose dont je suis sûr (également issue de mon expérience), on ne peut jamais changer personne contre sa volonté.
Toutes les expériences de comportement de groupe différent que j'ai vécues, provenaient avant tout de volontés individuelles additionnées qui se manifestaient dans un collectif et qui voulaient
se donner les moyens d'atteindre des valeurs communes, avec une humilité commune, les individus avouaient leur incapacité, à réussir sans être guidés.
Étonnamment, quand leur volonté est médiatisée, reformulée, accompagnée par quelqu'un d'extérieur, ça fonctionne et je ne me suis jamais vraiment expliqué ce "miracle" ; et malheureusement, c'est
ce que ne savent plus faire nos politiques. 

Comme quoi, nous avons tout en nous, sauf les outils de discernement qui nous permettraient de faire les bons choix seuls face à un groupe ou à un pouvoir ; mais les faisons-nous vraiment a
contrario quand nous sommes seuls en cause ?... À mon avis non. Un vrai problème pour toutes les valeurs dites de gauche, il n'y a absolument rien d'inné dans un comportement social collaboratif
et responsable, tout, absolument tout est acquis par la loi, l'expérience, l'éducation, la culture, ... en dehors de ça, nous nous comporterions exactement comme nos cousins les grands singes, ni
plus, ni moins... et il faut dire que même armés intellectuellement et prévenus de nos risques régressifs, tout le monde se laisse régulièrement aller à ses "instincts" les plus animaux.

Mais je m'éloigne de vos questions et considérations initiales...

Bon dimanche.



I-Cube 03/03/2011 11:15



La libération d'otage, c'est un coup à la "Chi". Ca eut failli marché en 88 !


Et c'est plus "posistif" : J'opte pour !


 


J'étais en grande conversation avec VRCM ce matin. Il constate comme moi que "Bling-bling" faut tout comme si il était sûr de se faire réelire.


Il doit y avoir des raisons...


 


Pour le reste (tu sais que je bosse la nuit en dormant), une autre partie de la réponse m'est venue ce matin : Elle tiendrait à la façon dont on pose les frontières entre ce qui est possible et
ce qui ne l'est pas.


Je pense à tes élections pour le moins pire et à mon système à un tour plus Sénat tiré au sort sur les listes et perpétuellement renouvelé par tiers tous les ans.


Dans les deux cas, on veut éviter des "co-habitations" qui empêchent de gouverner sur la longue durée tout en assurant une représentation "équitable" des courants de pensées et préoccupations qui
traversent le pays.


Et on parvient à deux systèmes totalement différents...


 


Une anedocte de mes jeunes années : Je faisais le guignol de jeune kon pour un service de l'Etat et un jour de 81 ou 82, je me retrouve face à des cégétistes à qui j'explique la jurisprudence du
CE sur un point de droit assez technique qui contredisait un de leurs délires.


Et tu sais quoi que j'ai reçu comme réponse ?


"Le CE pliera à nos demandes où il disparaîtra ! Nous en avons les moyens..."


Trente ans après, j'en rigole encore : Il y a des choses qui restent possible en théorie, mais qui ne voit jamais le jour parce que le champ des mises en application reste nettement plus
restreint que dans les livres (et les dogmes).


 


Bonne journée !



Incognitototo 05/03/2011 03:39



Oui, les frontières... Il y a une théorie psy là-dessus qui sépare le monde entre ceux qui sont dans la loi et ceux qui sont dans le lien, et nos réponses aux problèmes seraient déterminées par
notre position entre ces deux extrêmes. Mais je trouve ça trop réducteur parce qu'il y a énormément de typologies à partir des opposés, en commençant par principe de plaisir ou de réalité, que tu
résumes, d'ailleurs, par ton anecdote cégétiste...
Je continue à chercher, en espérant qu'il y ait quelque chose à trouver..



I-Cube 02/03/2011 19:33



Il n'y aura pas d'attentat la veille des élections de "Bling-bling"...


En espagne, souviens-toi de ce que ça a durablement donné. Zaparetto était gagnant et du jour au lendemain il a disparu.


La CIA n'a pas actuellement meilleur allié sur le continent (et ses ports de haute mer en façade atlantique pour débouler jusqu'au tréfonds du proche-orient sans passer par Gibraltar, trop
facilement "minable" par quiconque).


 


Pour le reste, on y voit quand même le fait d'une "main invisible" qui dicte ses conditions, effectivement.


 


Quant à savoir pourquoi des mêmes situations, des mêmes analyses donne des "moyens différents" pour un même objectif, il y a naturellement nos pré-requis individuels et culturels, nos formations
éparses, qui y joue un rôle.


Mais pose-toi la question de leurs propres origines (et pas seulement au plan des croyances), dans le "formatage" de nos esprits.


Et là encore tu y verras peut-être "une main invisible" mais bien réelle. Je décrypte moi-même au fil du temps, ma nouvelle rubrique des "maîtres du monde" (qui y laissent leur traces).


Mais pas seulement : Il y a forcément une origine commune, un yin et un yang unique.


Je te laisse faire en attendant de te lire, parce que là, à cette heure-ci, mon unique neurone a démissionné depuis un moment : C'est même l'heure de l'apéro et le foie a ses exigences que
l'exigence "d'enculturage" ne saurait contrarier...


 


Bonne soirée à toi !



Incognitototo 03/03/2011 02:33



Attention, je dis bien un attentat déjoué, pas un attentat "réussi" comme en Espagne... Un attentat réussi, c'est la honte et la preuve que le gouvernement ne sert à rien... Un
attentat déjoué, c'est la justification de tout ce qui a pu être fait avant et un succès pour un gouvernement... On ouvre les paris ? Ou tu préfères des libérations d'otages quelques semaines
avant les élections ?...

Pour le reste, on en reparlera quand j'aurai avancé dans des propositions concrètes... et puis tu as raison il faut s'occuper de nos vieux corps malmenés.

Bonne nuit l'Ami.



I-Cube 02/03/2011 16:59



Oui enfin, faut avouer que mes "petites modélisations" se sont aussi plantées.


Ma prédiction (qui n'était pas seulement "systémique") donnait 2004 (et depuis le milieu des années 90 : Ce qui m'avait même fait anticiper largement mon retournement de carrière, ne me sentant
"à l'abri" absolument nulle part "chez les autres") !


Pas 2008.


 


Avec le recul, j'estime aujourd'hui que le "système" a pondu 2001 et les twins par terre pour se "sauvegarder".


Mais je serai bien incapable de le démontrer "mathématiquement" encore aujourd'hui.


 


Tout comme mes "petites modélisations" n'ont pas été capables de prédire le renversement des tyrans du sud de la méditerranée...


Bien que je t'avais fait un post "circonstancié", pas tout à fait sur le même sujet, puisqu'il s'agissait de "ruptureS" (http://infreequentable.over-blog.com/article-dur-dur-65241797.html). Mais on était déjà "dedans", là où personne n'avait
rien vu venir, faut-il rajouter...


 


Je vien d'avoir une longue conversation, plutôt deux, avec mon pote Marocain (un X-Central retourné au pays) qui s'inquiète.


Le Maroc, pour lui, depuis Mohamed VI, a commencé à prendre un "virage de la modernité" mais n'est pas à l'abri non plus d'une brutale rupture, pour cause.... justement de modernité.


Et ma "pote" Japonaise, pour qui la vraie graine du changement "systémique", c'est l'avénement d'Internet.


Non pas parce que des émeutiers se sont servis de "fesse-book" pour bousculer les pouvoir en place, ça c'est de l'événementiel, mais parce que se sont constitués sans le dire des "réseaux de
pensée" convergents, un peu comme on le fait à travers no blogs respectifs : Nous ne nous connaissons pas et pourtant, sans forcément partager les mêmes valeurs (t'es un ignoble de Gôche à hacher
menu, je suis un infreequentable de drôate à pendre haut et court), mais au moins les mêmes analyses, les mêmes préoccupations.


Et que l'on se croise sans se connaître...


15 ans que ça existe utilement, peut-être un peu moins, mais ça porte déjà ses fruits, d'autant mieux que nos gosses nous donnent des leçons tellement ils sont accros aux NTIC.


 


Je le disais dans mon post ci-dessus référencés dans mon commentaire : Tout ça me fait penser à Asimov et "Fondation", la Psycho-histoire, mais l'arrivée du "Mulet", qui n'était pas prévue.


Et pourtant, la modélisation, au fil des siècles, a de moins en moins de déviances constatées, post-rupture (tes noeuds systémiques).


 


Bref, un post (et des commentaires) très intéressants : Merci !



Incognitototo 02/03/2011 18:16



Ça c'est "drôle", tu as totalement raison pour les Twins, je fais exactement la même analyse que toi !!!... Ce drame, qu'il ait été subi ou provoqué (peu importe au fond), a largement contribué à
maintenir et renforcer le système en place et très certainement à retarder sa chute... C'est sa "fonction" la plus évidente, quand on se demande "à qui profite le crime ?".

Depuis, on ne peut plus rien refuser aux Américains, ni qu'ils envahissent un pays (l'Irak) sur un dossier de menaces monté de toutes pièces, ni surtout qu'ils fassent fonctionner à plein régime
la planche à billets pour financer leurs guerres (essentiellement économiques), puisque c'est pour "nous sauver" du terrorisme international... Un nouveau piège qui renforce et régénère le
système de la "dette sans fin"...

Un des autres versants de ces faits, est qu'ils justifient de plus en plus le contrôle de la population et de ce qu'elle doit penser, sans qu'on puisse lui opposer quoi que ce soit, puisque c'est
pour nous garder en vie... Un petit attentat déjoué avant les élections présidentielles, devrait, d'ailleurs, contribuer à la réélection de Sarko...

Pour les pays arabes, je ne sais pas et tous ceux qui disent qu'ils savent sont à prendre avec des pincettes... Le nombre de "forces" en présence est tellement important (notamment à cause du
système tribal, toujours
très présent dans le monde arabe) , les enjeux géostratégiques tellement colossaux, que bien malin celui qui pourra faire une prospective exacte à 10, 20 ou 30 ans... sans la déterminer aux
dés.

Tu sais, on peut faire de l'analyse systémique, comme M. Jourdain, ce qu'il me semble tu fais parfois très bien quand tu n'es pas aveuglé par tes origines idéologiques...
Un jour il faudra que tu nous fasses un article sur ce qui fait la différence entre la gauche et la droite, en dehors des caricatures, parce que personnellement, je ne sais plus très bien ce que
cela veut dire. Je le sais par rapport aux droites et aux gauches que nous connaissons médiatiquement, mais si tu regardes uniquement le plan des analyses, quelles différences entre celles que
font, par exemple, un NDA et un Mélenchon ? Ou même, très souvent entre toi et moi ?
Les divergences bizarrement réapparaissent quand on passe aux moyens pour résoudre les problèmes et là il y a des vraies différences, dont je ne m'explique pas bien l'origine, autre que par des
atavismes et des croyances culturels. C'est étonnant, des analyses convergentes devraient en principe déboucher sur des propositions tout également similaires... Hé non, il n'en est rien, même à
l'intérieur d'une même famille politique... Mais je buche depuis un certain moment là-dessus et je ne désespère pas d'y apporter quelques réponses bientôt.



I-Cube 02/03/2011 09:37



Pas totalement faux !


Ce que je voulais dire (mais tu avais compris, je n'en doute pas), c'est que la "rupture systémique" est justement ce que le "système" fuit.


Naturellement que quand il s'écroule, il est remplacé ipso-facto par un autre.


D'à peu près la même nature, bien sûr : Un "système" est "atemporel".


Ce n'est qu'une analyse, un outil, comme les maths ou la géométrie.


 


Notre "rupture" à nous, comparable à l'enclosure britanique, ça eu été le cadastre (issu de la Révolution qui voulait mettre tout le monde sur un pied d'égalité face à la charge de la chose
publique (

Incognitototo 02/03/2011 16:11



Bé oui, je confirme non seulement un système fuit toute rupture, mais en plus il met en place des mécanismes de défense (l'homéostasie) qui lui permettront de survivre, même en cas de changement
de forme ; et c'est bien pourquoi, les révolutions ne sont pas intrinsèquement des changements systémiques. D'ailleurs, quand on analyse l'histoire, on se rend compte que les grands changements,
ceux qui ont opéré des basculements de valeurs en chaîne, se sont quasiment toujours produits à partir de faits et de lois apparemment anodins, comme celui que je rappelle pour l'Angleterre et
toi pour la France.

Sur la non prédictivité des analyses systémiques, par contre, je serai plus nuancé. Elle sait très bien repérer dans un système si les doubles contraintes ont été résolues ou pas, et dans la
mesure, où, celles-ci perdurent, elle ne prend pas un grand risque en affirmant que crises et symptômes vont également continuer. Ce que nous avons fait toi comme moi par rapport à la crise de
2008. 20 ans que je savais qu'elle était inéluctable, seul le point de rupture m'échappait ; de même que nous savons que nous n'en sommes aucunement sortis et que d'autres crises nous
attendent... Donc non, l'analyse est bien prédictive, mais comme dans tous les systèmes à base d'humains et probabilistes, elle ne sait pas toujours identifier les "marges de tolérance" et donc
leur impact sur le quand "ça va arriver".
Par contre, je peux te dire que dans les thérapies familiales (groupe social moins complexe qu'une population), elle sait très bien prédire les effets et rétro-effets des lois/valeurs et quoi et
quand, ça va arriver.

Ça fait longtemps que je travaille sur un modèle économique prédictif plus fin, c'est à dire chiffré et qui ferait apparaître les points de rupture, qui font basculer dans la crise, en disant
qui, quoi, quand, où et comment... Malheureusement, la seule grande matheuse (également informaticienne) que je connais qui aurait pu m'aider pour finaliser le monstrueux système d'équations et
d'inéquations à résoudre, préfère se sauver elle-même plutôt que le monde... tant pis, je n'aurai donc pas le prix Nobel d'économie...



I-Cube 01/03/2011 17:41



Intéressante ta réponse à Michel.


D'autant que paradoxalement, tu démontres (mais est-e exprès ou inconscient ?) les limites de l'analyse systémique.


Qui jamais ne prend en compte (elle ne peut pas) les "ruptures" d'un système.


Or, on a vu au moins deux sinon trois dans notre passé : 1789 et la révolution d'octobre.


Plus récemment, celle de l'explosion du pacte de Varsorvie (quoique...) et de l'URSS.


Une autre se profile au sud de la méditerranée, là sous notre nez (encore que, on ne se posera la question que quand on en arrivera au bout).


Mais merci, ça a le mérite d'être clair !



Incognitototo 02/03/2011 02:18



Bien sûr que l'analyse systémique a des limites, notamment quand les systèmes deviennent trop complexes, sinon je serais déjà le maître du monde et nous serions en train de vider toi, moi et nos
amis(es) les caves de l'Élysée... et ça n'est pas parce qu'on a compris, où agir pour vraiment changer les choses, qu'on a les moyens et le pouvoir de le faire, ou tout simplement envie et le
courage.
Cependant, ce que tu appelles "rupture" est défini, comme des symptômes et/ou des crises par l'analyse systémique, pas forcément comme des "vrais changements", qui impliqueraient une dissolution
des noeuds paradoxaux de doubles contraintes.

Fondamentalement, pour reprendre tes exemples qu'est-ce que la Révolution française ou russe a changé ? C'est le "peuple" plutôt que les conspirateurs qui ont assassiné le roi ou le tsar, est-ce
que ça fait une différence ? Elles ont surtout fait passer le pouvoir d'une certaine classe sociale à une autre, sans que les fondamentaux systémiques pré-existants, les noeuds paradoxaux,
n'aient été, le moins du monde, modifiés fonctionnellement. Il y a toujours des dominants et des dominés, et ce ne sont pas les simulacres de démocratie (du moins, pour nous), qui y ont changé
quoi que ce soit. Il n'y a pas eu remise en cause du pouvoir pyramidal et descendant, juste une modification de sa nature, de son visage et de son expression. À ce titre 1848, avec la première
instauration du suffrage universel (où enfin, tout le monde a le pouvoir de choisir ses maîtres ; tu parles d'une révolution...), puis 1944 sont bien plus "révolutionnaires" que 1789 et tous les
systèmes censitaires qui ont suivi.
C'est déjà beaucoup, mais personnellement, je n'appelle pas ça un changement, juste une évolution de nature. D'ailleurs, tu le sais comme moi, puisque nous passons une partie de notre temps à
dénoncer cette démocratie bidon et ses "représentants" (c'est pourquoi par ailleurs, les évènements islandais me paraissent un excellent laboratoire de ce que pourrait être une "vraie
démocratie").

Un changement systémique, c'est typiquement la fin de la conversion or des monnaies qui modifie tous les équilibres, toutes les valeurs et toutes les références fonctionnelles en chaîne, Ou
encore, c'est, par exemple, la pratique de "l'enclosure", dès le XVIIième
siècle (entérinée par la loi en 1801) en Angleterre qui oblige, paysans et propriétaires, à clôturer par des murs ou des haies leurs parcelles de terre. Cette agriculture, - qui était avant cela,
coopérative, solidaire, communautaire et où tout le monde se foutait bien de savoir quoi appartenait à qui, en un mot anarchiste - est devenue progressivement celle que nous connaissons
aujourd'hui. Les paysans ont commencé par s'entretuer pour savoir quoi appartenait à qui ; ceux qui avaient des parcelles plus petites et non viables ont dû vendre à d'autres, et cetera... Bref
en modifiant une loi/valeur du système, c'est tout un monde qui a basculé provoquant les remembrements nécessaires à une agriculture plus productiviste, envoyant vers les villes toute une
population corvéable à merci (c'est entre autres pourquoi l'Angleterre est rentrée dans l'âge industriel bien plus tôt que nous), et modifiant profondément les valeurs et la nature des liens
sociaux qui étaient avant le quotidien d'une grande majorité de la population. Certains analystes situent même la naissance du capitalisme, comme consécutive à cette loi.
Les crises et les révolutions ne sont donc pas des bons indicateurs que le système se modifie à l'endroit où il devrait l'être, juste trop souvent des poussées de fièvre pour éradiquer les
"infections surnuméraires", avant que la "maladie" des lois/valeurs dont seule la forme a changé, ne se remette à agir en silence.

Tu sais, c'est bien une des raisons qui m'a fait évoluer de mes positions "radicales et révolutionnaires" de jeunesse à une vision du monde quelque peu plus pragmatique, sans pour autant perdre
de vue les objectifs.
L'histoire nous apprend tout, seulement il faut savoir la comprendre au-delà de ses fanfreluches et de ses mythes... tu remarqueras néanmoins qu'il est plus facile à gauche comme à droite de
continuer à croire à ces mythes, plutôt que de prendre la mesure de l'inefficacité et de l'échec des idéologies comme moyen d'action, du moins celles qui lient les causes et les effets, sans
tenir compte des nécessités fonctionnelles.



Filantrop 26/02/2011 14:47



Suis né en 1932, donc pour le procès des parents, ce serait à titre posthume! C'est peut-être pas anormal que les raideurs se déplacent à mon âge, mais bon, tu perds rien pour attendre. La
vieillesse est un naufrage et y'a pas de survivant.



Incognitototo 27/02/2011 18:38



Ha alors, il faut t'en prendre à Dieu ou à la nature, selon tes choix idéologiques, qui ont inventé la mortalité... Mais tu sais, je ne suis pas épargné par l'outrage des ans, j'ai mon lot aussi.
Mais est-ce bien l'endroit pour papoter de ce genre de chose ?... Je ne crois pas.



Michel MARTIN 26/02/2011 14:44



Après lecture attentive, je reste un peu sur ma faim. Comment détecte-t'on un noeud paradoxal? Quelle méthode pour agir en un point du système ne présentant pas d'homéostasie. D'accord, le bon
sens, mais encore?


Sur la première application, je dirais que le dispositif était en place à Bretton Woods, puisque dès qu'un créditeur de poids allait demander l'application du traité aux américains, il était
déjà écrit que les américains renonceraient à leurs devoir. J'avais cru lire quelque part que les français avaient quand même réussi à se faire payer en or, suite à quoi la demande allemande
était la goutte d'or qui fit débordrer le vase.


Si on veut remonter encore un peu plus loin et un peu plus profondément dans notre inconscient, je crois qu'un des noeuds paradoxaux peut s'exprimer ainsi: notre culture nous murmure "sois le
meilleur à tout prix", y compris au prix de se détruire ou au moins se brutaliser et détruire les autres. Dans le couple coopération/compétition dont nous parle Darwin, nous avons surtout retenu
le volet compétition. Or, ce qui est paradoxal, c'est que pour être le meilleur, il faut se connaître soi-même, c'est à dire ne pas dépasser ses limites, c'est à dire être bienveillant avec
soi-même. Notre immense besoin en psychanalyse à des fins thérapeutiques me semble tirer sa source de ce paradoxe. Donc, on ne saura résoudre efficacement ni la crise économique ni la crise de
notre modèle de développement mortifère que si on s'attaque à ce "sois le meilleur à tout prix" pour le remplacer par l'inusable "connais-toi toi-même" Grecque, ce qui est aussi équivalent, bien
que pas si évident et source de confusion à "vis au présent".



Incognitototo 27/02/2011 18:05



Ha bonnes questions, où je vais pouvoir étaler, pas ma science, mais mon expérience (qui est la tienne également en tant qu'ingénieur)...

En fait, j'utilise deux outils :
1 - l'analyse fonctionnelle : pour le cadre de décryptage des situations, (du moins sa branche psychosociologique et ethnologique, dont un des principaux inventeurs fut Bronislaw Malinowski) 
2 - l'analyse systémique : pour l'exploration des points de blocages et la recherche opérationnelle de solution à partir des interactions fonctionnelles.
Cette dernière a comblé la principale critique qui était faite à Bronislaw Malinowski, à propos de son développement de la théorie fonctionnaliste, qui était de ne pas avoir su sortir d'une sorte
de raisonnement statique en boucle, auto-descriptif qui, poussé à son comble, aboutit à autodéfinir le rôle d'une fonction par elle-même ; sans pour autant expliquer comment cela structure
le groupe social ou encore sans en extraire un sens indiscutable ou une hiérarchie des valeurs. Il est dommage que Bronislaw Malinowski n'ait pas pu rencontrer les tenants de l'école systémique
qui, dix ans plus tard, ont apporté les mises en perspectives pratiques qui lui faisaient défaut, à travers la reconnaissance des valeurs, de leurs interactions (dynamiques et rétroactives) et
des éléments spécifiquement à l'oeuvre dans tous les systèmes.

Mais pour revenir aux aspects pratiques, on commence donc par décomposer les conséquences (qui elles sont toujours appréhendables puisqu'on ne fait que constater des résultats) en autant de lois
qui les soutiennent ou les justifient.
Face à un problème, plutôt que de se demander "pourquoi ?" (question introspective qui ne conduit généralement qu'à un autre "pourquoi"), ces deux approches posent la question du "comment, en
fonction de à quoi ça sert et/ou d'un objectif" (question qui exclut de fait les jugements moraux et qui formalise des descriptions de situations, pour lesquelles, nous pouvons visualiser
quasiment immédiatement également "comment faire autrement").

En fait, c'est un approfondissement du "C" du "QQOCCP" :
- par l’analyse fonctionnelle pour décrire, quantifier et qualifier les fonctions du système,
- par l’analyse systémique pour hiérarchiser et déceler à l’intérieur de la description fonctionnelle les points de blocages et les interactions "irrationnelles".

Le sens se dévoile à travers le "comment" des faits et non pas par une hypothétique et subjective explication du "pourquoi".
Une fois que les valeurs ont été quantifiées et qualifiées, que le cadre de la problématique a été défini fonctionnellement, l'approche systémique fixe le périmètre des points nodaux (ceux qui
sont en contradiction) à décrypter pour trouver des réponses opérationnelles aux dysfonctionnements. C’est ainsi qu’elle met l'accent sur les systèmes paradoxaux qui génèrent blocages et
répétitions stériles des situations.

Concrètement, pour cet article je suis parti d'une interrogation : qu'est-ce qui a fait basculer le monde dans notre système de libre échange et pourquoi cela semble impossible (à nos politiques)
d'en modifier les effets pervers ?
Dans tout système qui se répète homéostatiquement, il y a forcément du non-dit contraignant, menaçant, insoluble dans les paradoxes qui s'imposent au système. Si ce dernier pouvait parler, la
prosopopée serait la suivante : "j'agis ainsi parce que je suis en situation de double contraintes et que toute réponse qui tendrait à supprimer cette double contrainte (venant de l'intérieur
ou de l'extérieur) signifierait la disparition de mon système tout entier".
Les forces qui s'opposent au changement sont donc colossales et c'est déjà un travail en soi d'arriver à correctement les identifier, tant elles sont noyées souvent dans une marée, où il est
difficile d'identifier et de faire la différence entre les causes et les conséquences.
C'est pour ça que je vous ai épargné pour cet article les nombreuses itérations sur lesquelles, j'ai réfléchi avant de vous proposer le point nodal qui a fini par s'imposer comme une évidence et
qui explique en chaîne tout ce que nous subissons depuis et jusqu'à aujourd'hui, ainsi que demain également. En fait quand je suis arrivé à l'explication qui explique toutes les autres en
chaînes, j'ai considéré que c'était le point nodal. On pourrait bien sûr, remonter encore plus loin et trouver d'autres points nodaux qui expliqueraient comment nous sommes arrivés à celui que
j'ai retenu, mais ils n'apporteraient rien de plus, pour trouver des réponses aux contraintes paradoxales que nous subissons.
Tu remarqueras d'ailleurs, que je n'ai pas proposé de solutions directes au système paradoxal que nous vivons, parce qu'il y en a pas, du moins pas directement à propos de la place du dollar, et
c'est ce qui finit par me convaincre que je suis bien au coeur du problème. Nous sommes bien en situation de doubles contraintes et même de multiples contraintes, où toute solution directe
conduirait à un effondrement systémique global.

Si, fort de ce que nous avons compris sur les causes de nos malheurs, à propos du rôle du dollar et de la façon dont sa valeur est gérée, nous faisons, comme la plupart des analystes qui pensent
en termes de causalité (en liant la cause aux solutions) et qui ne traitent pas les fonctions exercées par le problème à résoudre, alors on ne peut proposer que des mauvaises
solutions.
Faisons une hypothèse possible, parmi d'autres, imaginons par exemple, que L'Europe décide unilatéralement (comme elle en a théoriquement le pouvoir) de ne plus payer qu'avec des Euros, sans plus
passer par le dollar et de se défaire, en conséquence, de ses réserves de change devenues inutiles... Qu'est-ce qui se passerait ? Le dollar subirait de fait une dévaluation accélérée et tout le
monde serait plongé dans un chaos à l'issue incertaine. Les milliers de milliards de dollars détenus par tous les pays ne vaudraient plus tripette et nous nous mettrions de facto nous-mêmes en
faillite, parce que l'autre contrainte du système, c'est la valeur dépendant de l'offre et de la demande.
Plus de demandes ou trop d'offres = plus aucune valeur. Plus aucune valeur du dollar = plus aucune valeur des réserves qui étaient avant le gage de solvabilité pour tout le monde. Plus aucune
confiance dans la solvabilité = taux d'intérêts qui flambent = inflation = dépression = et cetera. Bref, c'est insoluble, alors même qu'il est évident que le dollar n'a plus aucune valeur
intrinsèque compte tenu des fondamentaux économiques américains qui sont en perdition depuis fort longtemps... Sa valeur de marché ne tient que parce que l'économie mondiale absorbe, bon an mal
an, les surplus de création monétaire (avec la "complicité" de tous pour des raisons faciles à comprendre, voir ci-avant)... et quand ça devient trop, il se dévalue "naturellement" faisant
supporter à tous le remboursement des dettes par sa dépréciation ; ou autre scénario similaire, les bulles spéculatives, créées par les surplus monétaires, s'effondrent et tous les gogos
retournent à la case départ ; et, compte tenu que rien n'a été modifié au niveau des points nodaux, on sait que bien d'autres crises sont en attente...
Les Allemands devaient aller acheter leur pain avec une brouette de deutsche marks pendant la grande crise, mais les Américains devraient y aller avec une camionnette remplie de billets, si la
valeur du dollar retrouvait un jour sa correspondance avec l'économie réelle de ce pays...
 
En fait, si toutes les solutions frontales que je peux inventer pour faire face au problème aggravent le problème ou le déplacent ailleurs, c'est que j'ai correctement identifié "la cause de
tout".

C'est à partir de ce genre de constat que l'analyse systémique a développé tout un tas d'outils pour éviter le conflit frontal avec les noyaux paradoxaux (généralement non-dits), tout en
permettant une sortie des problèmes, en quelque sorte, en déplaçant l'attention ailleurs.
On me fait souvent le reproche à propos de mes propositions de faire du "tout ou rien", c'est exact, mais c'est parce que ceux qui pensent ainsi, n'ont pas saisi qu'on ne règle aucun problème
systémique avec une seule réponse ; ça n'existe tout simplement pas. Par exemple, on constate que les spéculateurs sont un cancer, ce qui est vrai ; alors, interdisons-les, c'est simple, efficace
et direct. Sauf que ceux qui proposent cela sans nuance, oublient juste qu'ils ont également des fonctions de développement économique vitales et que si on ne remplace pas ces fonctions par
quelque chose qui y supplée aussi efficacement, nous retournerions au moyen-âge économique... et que dire des "rêveurs" qui croient que le retour au Franc résoudrait tous nos probèmes... juste
qu'ils n'ont rien compris aux dynamiques fonctionnelles...
Pour le dollar, je réfléchis à une réponse globale et mondiale, mais le nombre de paramètres à prendre en compte est tellement important que pour l'instant ça me dépasse un peu... on est bien
dans un problème homéostatique extrêmement grave qui peut se résumer ainsi : si tu touches à une seule brique de l'édifice artificiel qui s'est greffé autour du dollar, c'est tout le bâtiment qui
s'écroule... Les solutions pour en sortir sont donc ailleurs, notamment, dans toutes les politiques qui peuvent nous permettre de réacquérir notre indépendance économique... et ce blog en est
plein. On irait plus tranquillement à la bataille qu'il faudra bien mener un jour, si la chute des Américains n'impliquait pas également celle de la Chine, des autres, et surtout la nôtre...

C'est plus clair ? Sinon, dis-moi, on est pile-poil dans le sujet...

Tu sais le couple coopération/compétition de Darwin a lui-même un noeud paradoxal que tu connais qui s'appelle la lutte des places ou encore la lutte pour la survie ou encore la lutte pour la
meilleure place... Depuis toujours les Américains n'ont jamais été d'accord pour lâcher le moindre signe de leur opulence pour servir autre chose qu'eux-mêmes... et tous les marchés de dupe
qu'ils ont passés avec le reste du monde, ont toujours eu des contre-parties qu'ils nous ont imposées en nous mettant, quand il le fallait, le couteau sous la gorge.
Nous avons eux besoin d'eux pour gagner la dernière guerre, nous reconstruire, et même nous protéger de la menace soviétique, dommage.... et nous n'avons pas fini de le payer. Ils ont inventé
depuis la "dette sans fin", dans tous les sens du terme, et ça ne va pas être facile de se sortir de ce piège.
Tu sais c'est un peu comme avec un banquier, si tu as 10 euros de découvert, il clôture sans scrupule ton compte et te matraque en plus de frais pour que ça te coûte un max, si tu lui dois
quelques millions ou milliards, "bizarrement" il est très conciliant et jamais il ne mettra en acte ses éventuelles menaces. Un trivial rapport de force de la terreur, où on sait qu'attaquer
l'adversaire entrainerait de facto notre défaite, comme avec les bombes atomiques...
Les États-Unis tiennent tout le monde par la barbichette avec les dettes colossales qu'ils ont accumulées chez tous et on n'est pas près d'en voir le bout... du moins jusqu’'au jour où plus aucun
actif n'appartiendra à un Américain... Comme les Japonais avant eux, les Chinois ont tout compris à ce jeu-là...



Filantrop 25/02/2011 21:09



Dis donc Incognitototo, toi qui connais tout des systèmes, tu saurais pas réparer un vieux corps (un système donc) qui devient raide partout où il faut pas? Parce que mon toubib, je crois qu'il a
renoncé.



Incognitototo 25/02/2011 23:02



Hé y a pas écrit Jésus sur mon front... pour les miracles je demande 48 heures ; sinon tu peux faire un procès à tes parents si tu les as encore, pour tromperie sur la marchandise... ça sert à
rien, mais ça soulage (des fois).



jasmin 24/02/2011 11:09



Le VRAI problème de notre société, mais de l'Europe surtout, c'est l'oligarchie dominante. Et ils (elles) ne sont pas prêts de lacher du lest. Que ce soit Sarko ou DSK, pour ne citer que ces deux
là, omni présents dans les médias. Si on en perd un, on n'a pas gagné avec l'autre


La position de l'oligarchie est d'autant plus assurée qu'elle n'a pas besoin d'établir de théorie pour agir dans la mesure où le monde est adapté à leurs besoins : l'adoration du libéralisme. Ils
ont encore de beaux jours devant eux, tout est verrouillé et ils sont suffisamment discrets pour que cela perdure.


Mais je dois confondre tout et rien du tout sans doute....pppffftttt. Je serais mieux inspirée d'aller lire la flûte à six schtroumfs !



jasmin 24/02/2011 10:58



@ Inco


Ben voyons ! Je dois être idiote quelque part...


Non je ne confonds rien du tout !



I-Cube 24/02/2011 09:25



Alors repose-toi au lieu de râler.


Il n'est bien évidemment pas question de réduire la qualité de nos services publics.


Mais juste de faire mieux (avec moins si possible, la différence allant vers le désendettement).


Mais ce que j'en dis ou pisser dans un violon, n'est-ce pas...



jasmin 23/02/2011 19:59



Jean ZIEGLER dans "l'ordre cannibale du monde" expose une version que je trouve intéressante.



Incognitototo 23/02/2011 20:32



Tu fais des confusions Jasmin, entre monnaie scripturale et monnaie papier, ainsi que sur les buts du système actuels... auxquels, j'ai déjà répondu dans les commentaires.



jasmin 23/02/2011 19:56



Si je peux me permettre, j'aimerais tout de même vous rappeler que les "banques centrales", n'ont de "centrale" que le nom. Elles sont dirigées par des conseils privés. De quoi ne pas être
surpris des dérives auxquelles on assiste. Les banques nationales  ont été dépouillées de leur pouvoir régalien, entre autres "créer de la monnaie", au seul profit des banques
privées ou banques d'affaires qui pillent les finances des états en toute quiétude.  



I-Cube 23/02/2011 19:36



Euh, pour sortir des diktat des marchés, faudrait commencer par ne plus être emprunteur.


Si vous saviez, tous les deux comme je me la coule douce depuis que je ne dois plus d'argent à personne...


Alors qu'avent, c'était l'enfer tous les jours répétés, à se taper la tête contre les murs.


 


Et puis alors là, quand on y sera arrivés et que nous deviendrons "prêteurs", je ne vous raconte pas le pied !


Comme en "helvétie appiliquée"...


Un vrai paradis.


 


Mais ce n'est pas pour les "Gaulois", tant qu'ils auront des élus qui ne vivent que pour dépenser (le pognon d'autrui).


Faut dire, pour avoir été "acheteur" (avec le pognon de mes patrons passés), que c'est la place de toutes les "facilités oiseuses".


Tellement confortable de pouvoir dégommer n'importe qui en lui refusant d'acheter sa camelotte... Qui en vaut une autre, je vous assure.



Incognitototo 23/02/2011 20:27



On l'a connait cette rengaine I-Cube... et alors tu veux faire quoi ? Supprimer tous les services publics pour faire des économies ? Même s'il est évident qu'on peut faire beaucoup mieux (je
propose moi-même 263 milliards d'économies et de prélèvements supplémentaires avec mes mesures), ce discours sur l'État dépensier me fatigue... ça n'apporte rien au débat.



Ettepuohc 22/02/2011 13:18



Une contre-attaque démocratique, cela pourrait ressembler à cela?


 


"


L'Assemblée de Corse désavoue la politique du gouvernement en matière d'éducation


 


Si le problème de l'école ne se pose pas uniquement en termes de moyens, nous ne saurions oublier que l'actuel gouvernement se signale par une politique éducative particulièrement régressive,
parce qu'essentiellement comptable :  16000 postes d'enseignants en moins pour 62000 élèves en plus, selon la FSU. D'où la nécessité d'instaurer des contre-pouvoirs pour l'endiguer.


(...)


Indirectement, ce sont par conséquent le recteur de l'académie (avec ses fameuses "primes" à la casse du service public) et la politique du
gouvernement lui-même en matière d'éducation qui ont été mis en cause par une assemblée élue. [c'est moi qui souligne]. Une démarche qui pourrait faire tache
d'huile...


"


 


Billet complet sur:


http://generation69.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/02/19/l-assemblee-de-corse-desavoue-la-politique-du-gouvernement-e.html#more


 


 


Incognitototo, dans le cas de vos propositions - pour lesquelles vous précisez bien qu'elles n'auraient de pertinence que COORDONNEES-, toutefois, je doute que même par effet tache d'huile, ce
genre de contre-pouvoir démocratique puisse apporter la réponse aux inerties/inepties poliques en cours.


 


Cas de conscience: difficile d'imaginer la reprise en main politique autrement que par petites touches citoyennes; et en même temps, difficile de croire que la nécessaire cohérence, pour sortir
du marasme, de ces petites touches, puisse alors réellement avoir lieu.


 


Alors?


Alors pour finir, une citation qui convient à l'esprit que je perçois de votre blog:


"La décadence d’une société commence quand l’homme se demande : "Que va-t-il arriver ?" au lieu de se demander : "Que puis-je faire ?".



[Denis de Rougemont], paraît-il.


 


Salutations,


 


'Puohc


 



Incognitototo 22/02/2011 14:38



Oui, vous avez parfaitement compris l'esprit de ce blog qui préfère se demander "comment on fait pour agir au bon endroit", dans un esprit citoyen et de responsabilité, plutôt que de revendiquer
que les autres changent. D'ailleurs, je viens de rajouter cette citation à ma liste : "Le pessimiste se plaint du vent, l'optimiste espère qu'il va changer, le réaliste ajuste ses voiles."
(William Arthur Ward) ; et je vais probablement rajouter la vôtre, après avoir réfléchi dessus.

Tout ce qui nous permet de prendre conscience des incohérences est libérateur... l'action de l'Assemblée Corse est donc une pierre parmi d'autres... Mais des réformes de fond ne peuvent se faire,
effectivement, que coordonnées à d'autres qui les corrigent, sinon isolées, elles portent en elles-mêmes leurs problèmes.

Reste que je reste interrogatif sur "qu'est-ce qui fait vraiment bouger les peuples ?".
J'en parlais ce matin sur le blog d'I-Cube. Voilà un type (Berlusconi) qui sans discontinuité, a été mêlé à des affaires politico-financières de corruption, de détournement de fonds, de
favoritisme, d'entente, de fraude, d'abus de position dominante (dans les médias qu'il contrôle depuis 30 ans), de collusion, de conflit d'intérêts, d'abus de pouvoir, et cetera, et cetera, sans
oublier qu'il faudrait inventer un terme juridique pour : "l'action qui consiste pour un voyou à s'autogracier en faisant passer des lois qui lui sont favorables" (c'est tellement incroyable que
le droit démocratique n'a même pas prévu un terme pour ça)... Et le peuple l'a élu et réélu !!! Presque sans broncher...
Et qu'est-ce qui risque de le faire tomber, qui mobilise les foules et la justice ? Une "banale" affaire de sexe !!!
Bien qu'on sache que si on veut attirer l'attention d'une foule il vaut mieux crier "sexe" ou "au feu", "qu'au secours", j'en reste comme deux ronds de flan, pour ce qui concerne les motivations
du peuple...

La relation psychanalytique qui relie sexe et pouvoir semble bien se confirmer...

Bien cordialement.



Abdallah Aboubacar-Lorenzo 21/02/2011 19:35



Je fais cette analyse, mais comme je suis un optimiste modéré : je caresse l'espoir que nous aurons en France prochainement quelqu'un qui ne soit pas inféodé aux puissances de l'argent, et qui
porte en lui le destin d'un pays.


 


En effet des solutions existent, mais il faut avoir le courage de vouloir les mettre en œuvre ne serait-ce que l'interdiction de produits extrêmement spéculatifs qui permettent de vendre des
produits pour lesquels on n’a même pas encore déboursé un centime. Cette décision a été prise par l'Allemagne, en France  on attend toujours et notre VRP de service s'agite comme une
girouette au gré du son de ses conseillers. Il compte sur le G20 pour trouver un accord, alors que l'on sait très bien que dans ce cadre il faut plusieurs rounds (cf. des dizaines d'années) pour
faire converger des intérêts divergents.



Incognitototo 22/02/2011 01:58



J'aimerais bien avoir un tout petit peu de votre optimisme, même modéré... Malheureusement, sans être pessimiste, je suis plutôt un réaliste forcené et nous avons perdu tellement de temps que je
me demande si ça ne sera pas trop tard... Il y a des effets de seuil en économie, comme ailleurs, et à la vitesse où le monde change, ces dirigeants qui passent leur temps à discuter, en essayant
de nous faire croire qu'ils agissent, risquent de laisser passer le train de l'histoire et nous resterons sur le quai.

On n'a pas besoin d'attendre que tout le monde soit d'accord pour agir et nous sommes à peu près les seuls en Europe qui n'avons encore rien fait pour remédier aux problèmes systémiques.
C'est quand même insensé que nous ayons à la tête de l'État 2 avocats d'affaires, dont une qui est, en plus, une hyper spécialiste de la finance (et de la fraude) internationale, madame Lagarde
pour ne pas la nommer, et que depuis bientôt 4 ans, ils n'aient pas pondu une seule loi ne serait-ce que pour réguler et mieux contrôler les marchés...
Il n'y a pas de doute qu'ils vont rester dans l'histoire ces deux-là ; surtout comme ceux qui auront passé leur temps à courir derrière les voleurs de poules, pendant que la finance
internationale braquait l'État français en toute impunité...



Abdallah Aboubacar-Lorenzo 21/02/2011 10:22



Je ne sais pas si tout le monde comprendra les agrégats M1, M2, M3, M4 ou P1, P2, P3, mais je lirai avec intérêt votre cours si vous le mettez en ligne.


 


Pour ce qui me concerne dans ce débat relatif à la création monétaire, je souhaite simplement que les nations retrouvent leur souveraineté et ne soient pas constamment soumises au diktat des
agences de notations et autres banquiers spéculateurs ou hedge founds. Et pour en sortir de ce cycle infernal, je pense que l'UE et l'Euro sont un excellent levier, plus efficace que les
incantations d'un retour au franc susceptible de régler tous nos problèmes.


 


Bien évidemment cette mesure ne sera pas la seule à mettre en oeuvre, il faudra d'autres mesures pour reconstituer un tissu industriel afin de créer de l'emploi. En d'autres termes ce n'est pas
l'emploi qui crée l'économie, mais l'activité économique et industriel.



Incognitototo 21/02/2011 13:51



@ I-Cube et Abdallah,

On n'est pas prêt de trouver un consensus sur le fonctionnement monétaire et encore moins sur les réformes financières à adopter pour vraiment nous sortir de la crise, tant les intérêts
des pays sont divergents.

Ce qui est assez extraordinaire dans cette affaire, c'est qu'à peu près tous les analystes sont d'accord sur les causes de nos problèmes mondiaux, mais que personne n'est d'accord sur les mesures
à mettre en place pour y remédier.

C'est pourquoi, je suis intimement persuadé que le salut ne peut, en aucune façon, venir de l'extérieur ; sauf que ni l'Europe et encore moins la France, ne démontrent leur volonté d'affronter
les problèmes là où ils sont.

On n'est pas dans la m..., on est carrément dans la fosse à purin et on respire avec un tuba... Les pudeurs de DSK, hier soir, qui a confirmé que nous n'étions en aucune façon sortis de la crise,
sont à la mesure de l'hypocrisie politique ambiante, qui nous ne dit pas à quel point nos dirigeants sont totalement dépassés par les problèmes à traiter.

Interrogeons nos parents et/ou grands-parents, pour savoir comment, ils faisaient pour survivre en économie de guerre... malheureusement, nous allons avoir besoin de leur expérience sur ce
sujet-là.



I-Cube 21/02/2011 08:30



Je rappelle, question "création monétaire", que notre "système moderne" n'est pas non plus très vieux.


Juqu'à Charlemagne, tous les roitelets et autres baronnies frappaient monnaie.


Charlemagne a tenté de leur interdire de le faire en fermant "les usines", mais rapidement ils ont recommencer à en user et abuser : c'était une source de financements des "frais fixes" des
pouvours en place.


 


Je crois (mais n'en suis pas sûr) que François 1er a tenté à son tour d'imposer la monnaie royale envers "les marchands" (créateurs de lettre de change depuis le bas moyen-âge, la première
monnaie scripturale).


Mais depuis la renaissance, le recours à l'emprunt des pouvoirs centraux (et l'importation massive d'or d'amérique, provoquant une inflation mondiale... au moins en Europe), n'a pas arrangé les
choses.


On en est toujours là, malgré les tentatives d'unifications régionales (comme avec l'euro).


 


Faudra un jour que je vous fasse une "petite histoire de la monnaie", qu'il faut rattacher à "ma" petite histoire de la fiscalité...


Car les problèmes Corses, Inco, c'est tellement complexe...



Abdallah Aboubacar-Lorenzo 19/02/2011 22:30



En effet, il est fort intéressant ce débat que vous avez eu avec Laurent Pinsolle. Il oscille entre principe de réalité, dogme, certitude et volontarisme de type yaka faukon. Et, toutes mes
félicitations pour le plébiscite que vous propositions ont recueillies. Donc, chapeau bas ! Et je me dois reconnaître que votre argumentation me séduit et me rappelle les émissions de François de
Closet que j'aimais regarder car elles étaient très didactiques. En revanche, il est certain que vous auriez beaucoup de mal, à convaincre un bon souverainiste comme Monsieur Pinsolle (malgré le
respect que vous lui témoignez) qui prône mors aux dents un retour au franc, et ce même si vous arriviez à lui démontrer que les marchés financiers sont plus fort que les Etats avec la kyrielle
d'instruments qu'elles ont mis en place pour spéculer.


 


Dans ce débat, je me rappelle qu'au plus fort de la crise, un père de l'orthodoxie libérale européenne, Monsieur Trichet a déclaré qu'en cas de nécessité la BCE pourrait racheter la dette
publique d'un Etat en difficulté, ce qui est bien une opération de monétisation de la dette contraire à l'article 123 du Traité de Lisbonne. Indirectement, pour rassurer les marchés, il apporte
la preuve comme quoi la soi-disant théorie selon laquelle il serait catastrophique de monétiser la dette est infondée. En ce qui me concerne, j'y vois l'occasion de mettre de l'ordre entre les
banques d'affaires et les banques de dépôts, ce qui permettrait de redonner du souffle à l'économie en permettant aux banques de recréer de la monnaie en finançant véritablement les entreprises
et les particuliers. Et en cas de crise spéculative plus  besoin de dire « too big to fail ».


 


L’argumentation que fait l'expert Incognitototo d'une sortie de la zone Euro est claire, et met en lumière tout ce que nos économistes avaient professé jusqu'à présent, à savoir que pour peser
sur un échiquier mondialisé il fallait atteindre une taille critique. En ce sens l'Europe a atteint cet objectif, mais elle se refuse obstinément à remplir le rôle pour lequel nous avons soutenu
en majorité son élargissement. Et à ce niveau on pourrait accuser nos politiques de forfaiture  et de désertion car l’UE actuel profite plus aux US et maintenant à la chine via le rachat des
dettes souveraines et de nos entreprises.


 


Enfin, c'est peut être l'occasion pour moi de m'avancer sur ce blog, oh combien sérieux, car si je me trompe je pense que j'aurai rapidement une réponse circonstanciée. Pour ma part, je pense que
monétiser la dette de la France et des autres pays de l'UE tout en mettant en place une TVAS dans le cadre d'une politique concertée reviendrait à créer un point d'inflation et au pire 3 point ce
qui reste acceptable, sans conséquence sur l'emploi tout en procurant de nouvelles marges de manœuvre. Ce n'est qu'un début de solution, d'autres mesures doivent êtres mises en œuvre dans le même
temps. 


Bref, vouloir jouer cavalier seul dans un contexte mondialisé, alors que l'on n’a pas de position dominante (à part le luxe et l'agroalimentaire en baisse) c'est s'exposer. En effet, pourquoi
vouloir prendre tant de risque, alors que la majorité de nos échanges se font au sein de l'UE et que nous sommes très dépendants de l'extérieur pour nos matières premières et des produits
manufacturés que nous avons sciemment délocalisés afin de créer de la valeur pour les actionnaires (chose normale quand on sait qu'une entreprise n'a pas de but philanthropique).


Il n'y a que les idéologues pour ne pas comprendre qu’avec un taux de couverture structurellement négatif, vouloir un retour au franc c'est devoir faire face à une perte constante de pouvoir
d'achat  puisque les marchés joueront constamment à la baisse notre monnaie et ce tant qu'ils pourront se goberger.


 


Enfin, c'est un vrai plaisir de fréquenter ce blog.



Incognitototo 20/02/2011 00:41



Merci Aboubacar.

Juste deux choses :
- je ne l'ai pas calculé moi-même, mais la monétisation (levier auquel je ne suis pas opposé, si on met en place concomitamment des mesures pour préserver le pouvoir d'achat des plus pauvres) de
l'intégralité des dettes publiques générerait d'après certains économistes, plutôt autour de 15 % de dévaluation et/ou inflation,
- on a aussi le droit de rigoler sur ce blog

À part ça, je n'ai rien à rajouter (pour une fois) à vos remarques puisque je les partage toutes. 



Abdallah Aboubacar-Lorenzo 19/02/2011 13:25



J'ai oublié de dire une chose, dans ma petite tête de républicain battre monnaie fait partie des quatre missions régaliennes
de l'Etat qui sont :


 



Etre garant d'une justice équitable


Défendre a souveraineté économique et financière en émettant de la monnaie, notamment par le biais d'une banque centrale.




Assurer la sécurité des citoyens à l'intérieur comme à l'extérieur


Gérer les relations diplomatiques




Incognitototo 19/02/2011 15:06



Je ne vous réponds que sur votre dernier point, car pour le reste vous découvrirez mes réponses dans l'article cité ou encore dans "Le marxisme est-il une drogue dure ? Ou quel est le véritable opium du peuple ? Essai de
plaidoyer pour une révolution systémique des modes de pensée et des solutions de gauche...", pour ce qui concerne votre vision du partage du PIB.

Attention à ne pas confondre monnaie scripturale et monnaie papier... ce sont toujours les États, à travers leur banque centrale, qui ont seuls la maîtrise de cette dernière ; et avec l'émission
des bons du Trésor, ainsi qu'avec les règles de cautionnement des prêts bancaires, ils restent aux États des instruments d'intervention extrêmement puissants.

Même si par principe, je suis d'accord avec le fait que seuls les États devraient avoir le droit de créer leur propre monnaie scripturale, je ne suis pas sûr que cela ait une incidence si
significative sur le système global national, et en tout état de cause ce levier d'action n'est pas aussi pertinent et efficace que certains voudraient le laisser penser, notamment parce qu'il
faudrait alors, également subvenir par d'autres moyens aux fonctions que ce système permet.
Bien évidemment, l'État et les citoyens, surpayent de l'ordre de 1 à 2 %, les intérêts des dettes étatiques par rapport à un emprunt direct à la banque centrale.... et on ne peut être que choqué
par ce cadeau fait aux financiers.
Cependant, c'est parce que la plupart des gens ne comprennent pas les dynamiques financières qu'ils s'arrêtent à ce seul point. En réalité ce qu'ils oublient de voir, c'est que ce système est une
façon détournée d'apporter dans les circuits économiques de l'argent qui prêté d'une autre façon, serait considéré comme des subventions (interdites par l'OMC et l'Europe).
Les 2 % en question s'ils partent en infime partie en bénéfices distribués, servent avant tout à créer un effet de levier : ils se multiplieront par 10 (ratio des engagements possibles des
banques) pour aller alimenter les besoins économiques, de plus ils sont également pour une part de ces 20 % à nouveau reversés à la banque centrale comme cautionnement, ce qui amenuise encore le
coût final. C'est donc un des systèmes inventés par nos technocrates pour alimenter l'économie sans déroger aux règles de libre concurrence... et si on supprimait cette possibilité aux banques,
nous assècherions de manière significative les besoins des circuits économiques ; ce qui provoquerait immanquablement une récession...

Les seuls vrais problèmes de tous les systèmes que nous avons testés, c'est qu'actuellement quelle que soit la façon dont nous réinjectons de l'argent dans les circuits économiques, celui-ci
finit immanquablement par atterrir pour plus des 2/3 tiers en dehors de l'Europe et donc finance  notre chute, sans oublier tout l'argent qui se porte sur des opérations purement
spéculatives, qui ne génèrent rien en termes économiques réels... C'est ça les vrais noeuds systémiques que nos dirigeants n'arrivent pas à résoudre... Le reste est littérature pour ceux qui
n'arrivent pas à saisir les dynamiques globales en jeu...

Bonne lecture pour vos autres affirmations et questions.

P.-S. : évitez de faire des copier/coller à partir de Word, cela pourrit le code html... utilisez plutôt un éditeur de texte. Merci.



Abdallah Aboubacar-Lorenzo 19/02/2011 13:03



Merci pour la réponse. Je vais m'empresser de prendre connaissance de votre échange avec
Monsieur Pinsolle. Mais avant je tenais à dire ce qui suit :


Oui, je partage votre raisonnement sur le fait que l'UE entend à terme
pouvoir proposer l'Euro comme monnaie d'échange international. A moyen terme, je ne crois pas qu'elle se donne les moyens pour atteindre cet objectif étant donné le peu de volonté commune
manifestée, la multiplicité des partis qui siègent à Bruxelles est représentative de cette division. Par ailleurs, depuis quelques années l'UE est devenue l'anti chambre d'orchestration des
décisions de l'OMC en s'imposant des règles que mêmes les USA ne respectent pas (au passage on peut dire merci à Monsieur Lamy pour sa fulgurance libérale ou liberticide comme vous
voulez).





Idem pour la règle concernant le fait de battre monnaie, je n'ignore pas la
relation inflationniste qui existe, mais pour moi c'est une règle normale sinon sans création de masse monétaire c'est la déflation. Je ne connais pas d’agent économique qui accepterait de voir
dévaluer sa production. En ce qui me concerne, je trouve inadmissible que le rôle de battre monnaie soit dévolu à des banques privées (au passage on peut dire merci à VGE !)car cela leur
permet d’encaisser des revenus conséquents sans être en mesure d'assumer les conséquences d'une crise vu qu’on est dans l’obligation de recourir au contribuable pour les renflouer (la dernière
crise en date, consécutive à leurs turpides spéculatives, est un parfait exemple et ce n’est pas terminé). Donc, je propose tout bonnement de revenir sur cette règle est de confier le rôle de
création de masse monétaire aux banques centrales européennes ce qui leur permettra de prêter aux Etats à moindre frais, de s'exonérer du couperet des agences de notations et de se servir des
intérêts pour abonder les caisses de l’UE dans le cadre des politiques de soutient à l'économie et de développement, exemple FEDER. Enfin, loin de moi d’être favorable a une politique de
dévaluation compétitive car si tout le monde s'y met le résultat est nul, je suis simplement favorable à plus d'efficience et une meilleure utilisation des règles économiques.





Pour ce qui est du Brésil, je ne suis pas un spécialiste de ce pays, mais il me semble qu'en
2002 le gouvernement à procéder à une forte dévaluation du real ce qui a permis d'augmenter les exportations, puis il a rembourser par anticipation le dette du Brésil vis à vis du FMI ce qui fait
qu'aujourd'hui le Brésil est moins dépendant de créancier extérieur ce qui est loin d'être notre cas avec notre politique stupide d'emprunt sur les marchés internationaux, même le Japon ne
s'applique pas cette règle alors que l'Etat est très endetté, mais vis à vis des Japonais.





Enfin, je constate que vous êtes maître de la relativité puisque vous avez pris la peine de
ramener le PIB mondial par tête d'habitant ce qui est plus parlant que les billions de dollars. Mais entre 470 euros/mois équivalent RSA et le 1,4 milliard de personnes vivant avec 1 dollar par
jour selon les chiffres du PNUD, il y a un écart que je trouve difficilement acceptable. Dans le même temps cette organisation déclare que pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le
Développement en 2015, elle consacre 1 milliard de dollar pour lutter contre la pauvreté. Allez chercher l'erreur !





Bref, c'est ma petite réaction avant de prendre connaissance des
échanges que vous avez eu ave Monsieur Pinsolle.



Abdallah Aboubacar-Lorenzo 19/02/2011 01:35



Vu que vous semblez maîtriser plus que moi le sujet :


quel risque encourt-on de remettre en cause la suprématie du dollar et de redonner les
pleins pouvoir à nos banques la possibilité de battre monnaie et non de confier ce rôle aux banques privées ?


Autrement dit est-ce que les européens ont la latitude de remettre en cause ce système et de
poursuivre le chemin de la construction européenne sur une base solidaire et non ultralibérale ?


Je suis impatient de vous lire ?


 



Incognitototo 19/02/2011 03:07



Vous trouverez toutes vos réponses à travers cet article d'échanges : Euro contre
Franc : un débat démocratique entre citoyens - Laurent Pinsolle et Incognitototo.
Un peul long à lire, mais il balaye toutes les questions que vous vous posez.

Mais pour vous répondre en gros, ...

Ce n'est pas de l'ordre de la "décision" que de dire "désormais nous ne payons plus en dollar, mais uniquement avec notre monnaie". C'est ce que vise l'Europe avec l'Euro, mais nous sommes encore
très loin de pouvoir l'imposer, notamment parce que toutes les banques centrales regorgent de montagne de dollars, dont elles ne sauraient plus quoi faire.

Par ailleurs, avec nos règles actuelles qui sont celles des marchés, plus vous augmentez l'offre de monnaie (qui que ce soit qui la crée), plus sa valeur baisse (sauf pour le dollar justement qui
bénéficie d'une situation particulière), donc plus vous payez cher vos importations, donc plus vous créez d'inflation, donc plus les salaires voudront rattraper leur perte de pouvoir d'achat,
donc plus vous perdrez de compétitivité (3 fois : par le renchérissement des MP, des salaires et des intérêts financiers)... donc plus vous perdez d'emplois, d'investisseurs et plus vous payez
cher en intérêts financiers. En environnement spéculatif battre monnaie signifie provoquer une dévaluation et contrairement à ce que croient encore certains qui rêvent sur la dévaluation
compétitive, nous ne sommes plus du tout en situation de jouer à ce genre de jeu... sans y laisser énormément de plumes.

En fait, les solutions sont ailleurs que dans les trafics monétaires, qui ne sont à utiliser que très à la marge. Le Brésil avec Lula a montré l'exemple, il faut retourner contre les USA et la
Chine leurs propres règles (comme je l'expose tout au long des solutions que je propose). Là oui, il faudrait une certaine dose de courage politique, dont les Européens semblent singulièrement
manquer.

P.-S. : n'oubliez pas à propos du PIB mondial, que les chiffres que vous donnez, ne représentent (si on les partageait égalitairement), que 470 euros par mois et par habitant (notre RSA)... Vous
pourriez vivre vous avec ça ? La terre n'est pas encore aussi riche que certains voudraient le croire...



Abdallah Aboubacar-Lorenzo 18/02/2011 20:17



Votre analyse à propos de la mondialisation et le débat sur la décroissance est très intéressante pour rendre compte de l’analyse systémique. Même pour quelqu’un comme moi qui a utilisé un
logiciel de modélisation pour conceptualiser la gestion d’une communauté, je ne suis pas certain d’avoir tout compris tant la matière économique est complexe puisque qu’elle se base sur des
calculs mathématiques et statistiques que je me suis refusé à un moment donné de ne plus vouloir chercher à comprendre. Mais je suis comme beaucoup de personnes et en cela je me fie à mon bon
sens pour essayer de comprendre les interactions qu’il y a entre nos actions et notre environnement.


Dire que le dollar exerce une position dominante dévastatrice sur l’économie mondiale est une évidence, mais il ne faut pas oublier dans le même temps de dire que nos monnaies, notamment le franc
et l’euro ont eu le même effet dévastateur sur les économies africaines de la CDAO où nous avons exporté durant des décennies notre inflation. Bref, il n’y a pas que les américains qui sont des
prédateurs, les chinois font de même aujourd’hui avec leurs excédents monétaires en rachetant tout ce qu’ils peuvent car ils ont très bien compris que la valeur des monnaies repose sur un marché
de dupe. Et si John Connally s’est permis de prononcer cette phrase historique pleine de morgue « le dollar est notre devise, mais c’est votre problème », elle est symptomatique du
laisser faire des européens et du reste du monde qui ont ainsi décidé d’acheter la paix.


Par ailleurs, rendre responsable la mondialisation du déclin de l’industrie française et européenne comme il m’arrive de le lire ici et là, est un raccourci qui dédouane facilement nos
industriels de leurs responsabilités. Que je sache personne ne leur a pointé un pistolet sur la tempe pour les contraindre à délocaliser. En cela  vous avez raison de souligner que l’analyse systémique peut permettre de mieux appréhender la complexité du système et apporter les correctifs, mais pour moi la
boîte noire se résume à un comportement  moutonnier de nos décideurs que j’explique par l’appétence à l’intérêt personnel mis en avant au dépend de
l’intérêt collectif


Tout ce je constate, alors que la population mondiale est estimée à 6,793 milliards de personnes pour un PIB mondial de 58,228 billion en 2009, la pauvreté ne cesse de croître.   A qui profite le larcin ?



Incognitototo 19/02/2011 01:08



Rien à redire Aboubacar, tout ce que vous dites est juste, notamment la façon dont le Franc faisait supporter aux pays du Franc CFA, ce que nous-mêmes nous subissions des Américains...
d'ailleurs, ça dure encore puisque le Franc CFA est toujours lié et indexé à l'Euro. On est toujours l'oppresseur de quelqu'un, mais en haut de la pyramide les USA continuent à tenir la première
place et à dicter à tous, leurs règles du jeu, sans les respecter eux-mêmes.

Cependant, ce que je voulais faire comprendre dans cet article, c'est le basculement de système qu'ont imposé les Américains de façon unilatérale, qui nous a fait plonger dans la logique
libérale, globale et mondiale sans aucun garde-fou, avec toutes les perversions qui en découlent.
L'attitude des industriels et des financiers ne sont qu'une adaptation à cette nouvelle donne. Une entreprise n'a pas de visées philanthropiques, ni même citoyennes et quand elle le fait c'est en
plus. Sa seule règle de survie et de pérennité est celle du profit ; donc, elle va là où elle espérera en tirer le plus ; changez les règles en lui permettant de satisfaire son profit en
France et elle y reviendra sans aucun état d'âme. Ça n'est malheureusement pas plus compliqué que ça. Donc pas un comportement moutonnier, mais juste une attitude dictée par des contraintes et
bien souvent des menaces de mort, pour lesquelles ces gens-là n'ont pas vu d'autres issues que celles qui s'imposaient , de fait, à eux par le changement de système.

Enfin, ce basculement n'a pas eu que du mauvais... Il est aussi ce qui a permis l'effondrement d'un des plus grands états totalitaires, l'ex-URSS. De même qu'il a autorisé beaucoup de pays à
sortir du féodalisme, de la misère généralisée et des famines, comme la Chine.
Reste qu'un système qui enrichit certains en créant la misère ailleurs, recèle des perversions que nous devons combattre... au bon endroit et sans se tromper d'ennemi ; pour ces deux derniers
points, c'est ce à quoi sert en principe l'analyse systémique. 



Ettepuohc 18/02/2011 15:22



Ecrit par Incognitototo


"(...) À mon avis, tu es un des rares lecteurs que ce genre d'article intéresse... (...)"


**********


 


Bonjour,


 


permettez que je postule pour la catégorie des anonymes et silencieux "rares lecteurs que (ou qui)...".


Simultanément (je parie que ce n'est pas un hasard), j'appartiens à cette catégorie des minoritaires qui ne regardent jamais la télévision (que je n'ai pas) et cherchent l'information entre
autres par internet et par recoupements...d'où mon arrivée et fréquentation de votre blog.


:o)


Je regrette, malheureusement, de ne pas  vraiment saisir partie (hélas majeure, je le crains) de vos propositions, développements, arguments et explications: carence évidente en culture
économique de ma part, qu'il est laborieux de combler en autodidacte.


 


Ce qui ne m'empêche pas d'apprécier la qualité de vos articles, très accessibles malgré mes carences, car me permettant facilement de repérer où se situent mes manques pour pouvoir me hisser aux
niveaux de réflexions auxquels vous invitez le lecteur.


 


Merci, donc, de faire exister ce blog.


Au plaisir de continuer à m'instruire en passant par chez vous,


 


Cordialement,


 


'Puohc


 



Incognitototo 18/02/2011 20:12



Merci à vous Ettepuohc, de vous intéresser à ce qui se dit sur ce blog et merci de vos encouragements.

J'essaye de faire tout ce que je peux pour rendre accessibles des sujets souvent fort complexes et il semble que ça fonctionne (parfois) avec vous.

Alors bienvenue, parmi ceux qui ne se contentent pas des discours officiels, ni de l'impuissance de nos politiques.

Je reste à votre disposition si vous avez besoin d'explications... C'est important pour moi, de savoir ce que je n'ai pas su expliquer.

Cordialement.



I-Cube 18/02/2011 15:13



Oui je sais : J'ai l'occasion de l'appliquer aussi dans le cadre de redressement d'entreprises.


Mais la situation est telle que c'est à ma portée.


Des "comme toi", je ne leur ar.rive pas à la cheville, sur ce plan-là !


Car ton exposé a le mérite d'être clair et concis...


Dommage que ce soit si peu lu (d'après ce que tu dis).


 


 


Pour ce qui est d'Aléria (j'étais jeune), j'ai fait la démarche "d'Utopia".


Au plan institutionnel (j'étais en plein dans le vif du sujet avec Cadart en droit constitutionnel et Vedel en droit administratif) et au plan économique.


Cette Île (et ses autochtones) ne manque pas d'atout "économico-social", elle a très, très long passé "démocratique avancé", une culture bigarée et en plus un passé colonialiste aigü à plus
d'un titre.


Il y avait de quoi faire, si le nationalisme ambiant n'avait pas été exacerbé et radicalisé par Ponia et "Giskard-A-la-barre".


Que des erreurs de casting, renforcées par "Deux-fer-au-feu" et "Tonton Yoyo"...


Un vrai délire qui rend la situation invraisemblable.


 


J'attends la nouvelle génération "éduquée" à la marge, pour oser avancer encore un peu.


Car je te signale, que j'ai eu dans ma famille (et de tout temps) des gens très impliqués dans l'hitoirs de ce "morceau de montagne dans l'eau".


Et le dernier était conseiller d'Etat et patron d'une mission sur le problème. Nous nous adorions, mais il était radicalement contre les évolutions que je proposais pour être un "grand et fidèle"
serviteur de l'Etat "Gaulois" : Il fait parti de "mon cimetière", maintenant.


Et je tarde à le rejoindre, finalement (puisque je fais du "rab" une troisième fois !)



Incognitototo 18/02/2011 20:13



Fais-nous un article là-dessus... Je ne comprends tellement rien aux méandres corses, que ça ne pourra que nous faire du bien.



I-Cube 18/02/2011 09:27



Excellent, "jeune homme" !


(Je dis "jeune", parce que l'analyse systémique est une "science jeune" et en évolution à venir : Pour l'heure, ses principaux ressorts seulement sont acquis).


 


Maintenant, on peut aussi penser faire aboutir un "système" novateur en lieu et place à celui qui devient moribon. Mais ce n'est pas joué, loin de là.


Je l'avais envisagé un temps (au plan conceptuel seulement) après les événements d'Aléria, pour "mon" Île de beauté.


Trop tôt pour avancer...



Incognitototo 18/02/2011 13:47



À mon avis, tu es un des rares lecteurs que ce genre d'article intéresse... dommage, ... d'autant que tu remarqueras que le type d'analyse que je fais sur la crise financière est très rarement
évoqué... Un vrai sujet tabou !

Tu sais, l'analyse systémique n'est pas si jeune que ça et elle a déjà fait ses preuves... Ce sont ses concepts (qui permettent de gérer les systèmes complexes) qui nous ont permis de marcher sur
la lune et elle est tous les jours appliquée dans les process d'ingénierie ; dans le domaine psy, elle démontre depuis 40 ans qu'elle sait "guérir" des cas psys considérés comme incurables
par la psychiatrie traditionnelle ; dans le domaine institutionnel (celui que je connais le mieux, pour l'avoir de nombreuses fois utilisée), c'est un puissant outil de mutations structurelles...
Bref si les concepts sont relativement jeunes, elle démontre tous les jours et depuis longtemps, son efficacité.
Tous les problèmes apparemment insolubles procèdent de lois non dites, à toi de voir comment cela s'applique pour "Aléria" et ses suites...